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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 8 novembre 2022 7 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & élections

Violences sexuelles dans l'Église : "Nous avançons dans un travail de vérité", assure Matthieu Rougé

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteRéponse partielle

    Bonjour Mathieu Rouget.

  • 0:34OuverteRéponse directe

    C'est ce que vous ressentez aussi ?

  • 1:22RelanceRéponse directe

    Vous n'étiez pas du tout au courant ? Vous êtes complètement tombé des nues ?

  • 1:46RelanceRéponse partielle

    Il a mis 35 ans quand même pour avouer les choses.

  • 2:20RelanceRéponse directe

    Pourquoi on les révèle ? Pourquoi vous ne les révélez pas tous si vous dites, justement, que vous êtes sur ce chemin de la transparence ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Il y a trois cas dont on ne sait rien encore. Pas grand-chose, on n'a pas les noms.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Invité politiqueFait
    « Il reconnaît s'être conduit il y a 35 ans de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. »
  • 0:29PrésentateurFait
    « des affaires d'abus sexuels dans lesquelles 10 anciens évêques sont mis en cause. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Nous avons fait pendant cette semaine un grand travail pour essayer de comprendre ce qui s'était passé dans l'histoire de Michel Sentier. »
  • 1:35Invité politiqueFait
    « nous avançons dans le travail de vérité commencé depuis plusieurs années et que nous avons souhaité faire avec la SIAS, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Mais si vous voulez, du point de vue de notre responsabilité, le fait de pouvoir dire les choses comme l'a fait hier avec Domain Beaufort, nous avançons dans un chemin de vérité qui est extrêmement rude, extrêmement dur pour tout le monde, mais qui, me semble-t-il, est important. »
  • 2:28PrésentateurFait
    « Hier, lors de cette conférence de presse, on n'a pas eu les noms de l'ensemble des personnes mises en cause. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « Parce que, dans ces cas-là, précisément, la justice demande qu'ils ne soient pas nommés pour pouvoir laisser l'enquête se faire. »
  • 3:27Invité politiquePromesse
    « Et voilà pourquoi nous allons demander au Saint-Siège de réviser les procédures pour qu'il y ait beaucoup plus... »
  • 4:46Invité politiqueFait
    « Après le rapport de la Sias, donc il y a juste un an, nous avons décidé collectivement que tous les diocèses, pas simplement les archevêchés, tous les diocèses, tous les évêchés, mettraient en place un protocole avec le parquet. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « Alors, en fait, ce qui est inédit, c'est de le dire de cette manière-là, parce que les évêques en question sont tous sans fonction aujourd'hui et ont tous été mis en cause après leur retraite. »
  • 6:06Invité politiqueFait
    « Ma génération d'évêques, nous essayons d'avancer le mieux possible sur ce chemin de vérité en essayant d'ouvrir ce qui doit l'être à un regard plus fin, plus précis, plus juste. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « Je crois que nous y travaillons, mais la vie humaine étant ce qu'elle est, il y aura sûrement toujours des cas difficiles. »

Temps de parole

  • Invité politique60 %
  • Présentateur40 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Mathieu Rouget.

0:01
Invité politique

Bonjour et bonjour à tous les auditeurs.

0:03
Présentateur

Vous êtes à Lourdes pour l'Assemblée plénière des évêques français, Assemblée, qui a connu un coup de tonnerre hier. Votre président a donné une conférence de presse inattendue pour rendre publiques les confessions d'un cardinal, Jean-Pierre Ricard, une figure majeure de l'église de France, ancien archevêque de Bordeaux. Il reconnaît s'être conduit il y a 35 ans de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Le président de la conférence des évêques a également évoqué des affaires d'abus sexuels dans lesquelles 10 anciens évêques sont mis en cause. Depuis hier, de nombreux fidèles font part de leur sidération. C'est ce que vous ressentez aussi ?

0:36
Invité politique

Oui, bien sûr. Quand nous avons entendu le communiqué de Jean-Pierre Ricard, dans l'hémicycle où nous sommes rassemblés, tous les évêques de France, nous étions bouleversés, nous étions abasourdis, nous étions vraiment dans une situation de grande détresse. Nous avons commencé à assembler avec dans le cœur tout ce que nous avaient dit les fidèles au sujet de l'affaire d'un autre évêque, Michel Sentier, ancien évêque de Créteil. Qui nous avait fait part, les fidèles, de leur colère, de leur incompréhension, de leur découragement. Et je dois dire qu'à titre personnel, cette colère, ce découragement, cette incompréhension étaient aussi et sont aussi les miens.

Nous avons fait pendant cette semaine un grand travail pour essayer de comprendre ce qui s'était passé dans l'histoire de Michel Sentier. Et là-dessus arrive ce communiqué de Jean-Pierre Ricard qui nous a, je l'ai redit, bouleversé.

1:22
Présentateur

Vous n'étiez pas du tout au courant ? Vous êtes complètement tombé des nus ?

1:25
Invité politique

Ah oui, vraiment. Mais ce qui est important, c'est qu'il a pris l'initiative de dire les choses. Et je pense que cette assemblée manifeste que nous avançons dans le travail de vérité commencé depuis plusieurs années et que nous avons souhaité faire avec la SIAS, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église. Nous sommes dans un chemin...

1:46
Présentateur

Il a mis 35 ans quand même pour avouer les choses.

1:48
Invité politique

Alors, lui, oui. Mais si vous voulez, du point de vue de notre responsabilité, le fait de pouvoir dire les choses comme l'a fait hier avec Domain Beaufort, nous avançons dans un chemin de vérité qui est extrêmement rude, extrêmement dur pour tout le monde, mais qui, me semble-t-il, est important. Et j'ai été frappé hier de recevoir beaucoup de messages de fidèles qui m'ont dit, nous sommes bouleversés, mais continuer à avancer sur ce chemin de vérité.

2:15
Présentateur

De vérité, vous parlez de vérité, de transparence. Hier, lors de cette conférence de presse, on n'a pas eu les noms de l'ensemble des personnes mises en cause. Pourquoi on les révèle ? Pourquoi vous ne les révélez pas tous si vous dites, justement, que vous êtes sur ce chemin de la transparence ?

2:28
Invité politique

En fait, la plupart se sont déjà révélés parce que leur situation a été connue par la presse.

2:35
Présentateur

Il y a trois cas dont on ne sait rien encore. Pas grand-chose, on n'a pas les noms.

2:38
Invité politique

Parce que, dans ces cas-là, précisément, la justice demande qu'ils ne soient pas nommés pour pouvoir laisser l'enquête se faire.

2:45
Présentateur

Et pourquoi vous n'avez pas révélé l'affaire Michel Sentier, par exemple, il y a un an, au moment du rappeur sauvé ? Pourquoi avez-vous attendu encore un an pour que ça sorte ?

2:59
Invité politique

Alors, en fait, nous n'avons pas attendu. Et c'est tout le travail que nous avons fait cette semaine et qu'a expliqué de manière très détaillée Éric Demain-Beaufort, hier, dans sa conférence de presse, c'est que nous n'étions pas au courant et que la manière de procéder...

3:11
Présentateur

Il y a un an, vous n'étiez pas au courant de l'affaire Michel Sentier.

3:14
Invité politique

La manière de procéder dans l'Église fait que très peu de personnes sont au courant et que, pour cette certaine démarche, la justice, y compris parfois la justice canonique du Saint-Siège, demande le silence. Et voilà pourquoi nous allons demander au Saint-Siège de réviser les procédures pour qu'il y ait beaucoup plus...

3:34
Présentateur

Ah, on a perdu la liaison. Mathieu Rouget, est-ce que vous m'entendez ? Mathieu Rouget avec nous. Alors, attendez, juste, on a une petite coupure.

3:43
Invité politique

Ah, je vous entends très bien, tout à fait.

3:44
Présentateur

Vous étiez en train de dire que vous alliez demander au Vatican de revoir les procédures, c'est-à-dire ? Ça veut dire quoi, concrètement ?

3:50
Invité politique

Eh bien, ça veut dire qu'il y ait davantage d'informations, de rapidité aussi, de capacité, quand des mesures sont prises, à les communiquer, vous voyez, pour que nous ne soyons pas enfermés dans des vérités partielles, détenues par quelques-uns seulement, et que nous puissions être vraiment dans ce chemin de clarté et de vérité.

4:11
Présentateur

Aujourd'hui, est-ce que tous les archevêchés ont mis en place une convention avec la justice ? Ça a été évoqué, notamment, justement, pendant la publication du rapport Sauvé, quand un fait d'abus est signalé au sein d'Église, le fait que les informations soient transmises immédiatement à la justice. On sait, par exemple, que l'archevêché de Bordeaux, il a mis en place cette convention, que l'an dernier, soit après la publication du rapport Sauvé, et après le départ de Mgr Ricard de l'archevêché. On a l'impression que ce n'est pas dans la culture de l'Église catholique, en tout cas.

4:44
Invité politique

Alors, ça le devient. Après le rapport de la Sias, donc il y a juste un an, nous avons décidé collectivement que tous les diocèses, pas simplement les archevêchés, tous les diocèses, tous les évêchés, mettraient en place un protocole avec le parquet. Et je pense que c'est fait, maintenant, dans la plupart des diocèses, je pense, vraiment, pour ce qui me concerne, nous l'avions fait avant le rapport de la Sias.

5:03
Présentateur

Mathieu Rouget, est-ce que vous êtes, vous, du côté de l'ancien archevêque de Paris qui dit qu'il ne faut pas fouiller les poubelles de l'Église, ou des paroissiens qui disent, au contraire, ressortons les poubelles ? C'est la formule qu'ils emploient, et pour nommer ce mouvement qui proteste contre la gestion des abus par la hiérarchie de l'Église.

5:20
Invité politique

Moi, je suis très clairement partisan d'un travail de vérité. L'Évangile nous dit que c'est la vérité qui rend libre. Elle est parfois très dure à regarder en face. Vraiment, nous l'avons vécu intensément ces jours-ci, et nous l'avons vécu nous évêques, mais les fidèles le vivent aussi très douloureusement. Mais c'est la vérité qui rend libre.

5:37
Présentateur

Est-ce que l'institution peut s'en relever ? Est-ce que la hiérarchie de l'Église, telle qu'elle existe aujourd'hui, peut se relever de telles affaires ? Parce que c'est quand même inédit, dix anciens évêques, un cardinal mis en cause, et ça, c'est inédit.

5:51
Invité politique

Alors, en fait, ce qui est inédit, c'est de le dire de cette manière-là, parce que les évêques en question sont tous sans fonction aujourd'hui et ont tous été mis en cause après leur retraite. Donc, c'est inédit, c'est de l'annoncer comme nous le faisons. C'est une épreuve, nous en sommes vraiment conscients. Maintenant, ma génération d'évêques, nous essayons d'avancer le mieux possible sur ce chemin de vérité en essayant d'ouvrir ce qui doit l'être à un regard plus fin, plus précis, plus juste, pour que, non seulement la vérité se fasse, mais aussi que les personnes victimes qui sont au cœur de notre attention soient honorées comme elles le doivent.

6:29
Présentateur

Vous dites « ma génération » d'évêques, parce qu'effectivement, les cas qui ont été dévoilés ou communiqués hier sont des vieilles histoires. On le rappelait, Mgr Ricard, ça date d'il y a 35 ans. Ça veut dire qu'aujourd'hui, il n'y a plus d'affaires cachées récentes, vous pensez ?

6:41
Invité politique

Je crois que nous y travaillons, mais la vie humaine étant ce qu'elle est, il y aura sûrement toujours des cas difficiles. Ce qui est important, c'est de mettre en place des procédures qui les limitent au maximum et qui permettent de les traiter adéquatement quand des drames surviennent.

6:58
Présentateur

Merci Mathieu Rouget, évêque de Nanterre, et invités du 5-7 ce matin.

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