Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCI· 28 mars 2023 20 min

"Nous sommes au bord d'une insurrection populaire", selon Nicolas Dupont-Aignan

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Nicolas Dupont-Aignan, merci beaucoup d'être là ce matin, dixième journée d'action contre cette réforme des retraites à l'appel du syndicat. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a pointé hier des risques très importants, je cite, de violences. Il a décidé de déployer 13 000 policiers et gendarmes dans tout le pays. Est-ce que vous saluez cette mobilisation du ministre et des forces de l'ordre ? Mais d'abord, je soutiens les forces de l'ordre face aux violences dont ils sont l'objet, et je condamne d'ailleurs aussi la manière dont ont été dirigées les forces de l'ordre lors de la dernière manifestation. Tout s'est bien passé pendant huit manifestations.

Donc vous soutenez les policiers, mais pas le ministre de l'Intérieur ? Oui, parce que j'ai beaucoup de policiers qui en ont assez des instructions données, de la pagaille qui règne, parce que, soyons clairs, 99,9% des manifestants sont des Français calmes, qui sont hostiles à cette réforme des retraites, et qui soutiennent des syndicats modérés, comme la CFDT, et qui ne peuvent pas en un instant être assimilés à mille casseurs, qui, comme par hasard, sont rentrés en tête du cortège. Ça veut dire quoi, comme par hasard ?

Comme par hasard, c'est que ça fait à plusieurs reprises, depuis les Gilets jaunes, depuis la loi El Khomri, que l'État n'est pas capable de prévenir l'arrivée sur une manifestation de casseurs bien identifiés, qui, comme par hasard aussi, quand il s'agit d'une coupe du monde de football, sont arrêtés préventivement. Donc il y a un mystère. Vous accusez le ministre de l'Intérieur d'organiser cette pagaille. Je pose une question, je pose une question, et il y a des syndicalistes policiers qui se la posent aussi, qui ne comprennent pas. Donc j'espère que M.

Darmanin a compris, j'espère, qu'il faut bien séparer les casseurs et essayer de les arrêter préventivement, comme le permet la loi, des manifestants. Parce que ce qui se passe depuis deux manifestations est en train de dresser les Français les uns contre les autres. des images de violences terribles et des policiers et gendarmes qui vivent un enfer, et de l'autre, des casseurs qui sont les meilleurs alliés d'Emmanuel Macron. Quand le ministre mobilise 13 000 policiers et gendarmes, ça se passerait bien. Qu'est-ce qu'il faut ? J'espère. Vous savez, j'attends de voir. Mais je vais vous dire, le débat a dérapé, a dérivé. Il y a eu des violences inacceptables, on les condamne tous.

Mais on a l'impression qu'Emmanuel Macron n'a toujours pas compris que les Français ne croyaient plus à ces grosses ficelles. C'est-à-dire de faire croire qu'il est le rempart et qu'il défend l'ordre. Non, il est le responsable premier du désordre. Alors, lui, il prend des responsables, Nicolas Dupréa. Quand on dit que la France insoumise tente de délégitimer l'ordre raisonnable. Je ne suis pas suspect d'être favorable à la France insoumise. Non, mais donc est-ce que vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron ? Complètement désaccord. Emmanuel Macron refuse de reconnaître sa responsabilité. Emmanuel Macron n'a aucune hauteur de chef d'État. Il rentre dans des basses polémiques avec M.

Mélenchon. Ça n'intéresse pas les Français. On attend d'un président de la République qu'il soit le garant de l'unité nationale. On attend d'un président de la République qu'il ne mette pas de l'huile sur le feu à des fins politiciennes minables. Mais est-ce qu'on n'attend pas les élus qu'ils condamnent les violences lorsqu'ils interviennent ? Tout le monde condamne les violences. Arrêté sous ce cinéma, tout le monde condamne les violences. Le problème de fond, c'est qu'on a un président déséquilibré au pouvoir qui ne veut pas reconnaître... Déséquilibré. Déséquilibré. Parce que pour passer... Dans quel sens déséquilibré ? Déséquilibré, politiquement.

Pour passer une réforme des retraites qui suscite l'opposition de 70% des Français, de gauche comme de droite, qui n'a pas eu de vote à la majorité à l'Assemblée. Il n'a pas obtenu de majorité à l'Assemblée sur sa réforme. Avec une crispation de l'opinion aussi intense, avec une hausse des prix, je vous le rappelle, de 15% pour les produits alimentaires, les Français modestes n'arrivent plus à boucler les fins de mois. Comment un homme peut être chef de l'État et se livrer à des manœuvres politiciennes minables, jeter l'huile sur le feu la veille d'une manifestation, refuser de prendre la main tendue, la main tendue n'apaise rien du tout, il faut quand même un moment...

Les Français ont compris. On a un syndicaliste, je n'y suis pas favorable, M. Berger, qui est d'ailleurs un soutien de M. Macron, un homme d'une modération... Alors, pas sur ce dossier de la réforme d'une réforme. Enfin, attendez, M. Berger est un syndicat modéré qui tend la main, qui tend la main, qui propose même une pause, une pause, c'est-à-dire un compromis. Oui, une suspension. Et le président le refuse. Le président le refuse. Est-ce que vous vous dites, Laurent Berger, pour le coup, à raison, à défaut de retirer la réforme, faisons une suspension ? Mais il faut la retirer. Mais déjà, moi, je ne souhaite qu'une chose, c'est que la France se réconcilie.

La France a des défis considérables. Mais justement, Nicolas Dupont-Aignan... Et je suis effarée de voir un président de la République incapable de le faire. C'est exactement ce que dit la Première Ministre hier soir, il y a quelques heures. Elle a publié une série de tweets vers 23h30, après une série de consultations. Elle dit, je veux apaiser le pays, rassembler les bonnes volontés, accélérer les réformes en proposant des mesures aux effets rapides et concrets pour les Français. Tout ça, vous le saluez. Mais qui peut croire des fadesses pareilles ? Mais qui peut croire des fadesses pareilles ? Quand vous vous dites qu'il faut apaiser le pays, c'est souhaitable ?

Et quand elle le dit, c'est souhaitable ? Non, parce qu'elle est passée en force. Elle a refusé d'entendre le Parlement. Elle a imposé une réforme. Et maintenant, elle dit, tout va bien, on va apaiser. Et Isabelle Borne doit partir, bien évidemment. Elle est incapable de rester à mettre un an. Pourquoi, bien évidemment ? Mais parce que quand vous avez échoué, lamentablement, que vous avez méprisé le Parlement, que vous êtes passé en force sur un projet essentiel pour la vie des Français.

Mais vous savez, dans la vie, la Ve République, le général de Gaulle, je suis gaulliste, le général de Gaulle, j'ai lu tous les textes de Michel Debray, de De Gaulle sur la Constitution, le général de Gaulle a donné de grands pouvoirs à l'exécutif. Énorme pouvoir. Mais il y avait une contrepartie. Énorme. Le référendum. Cinq référendums en dix ans. Cinq référendums en dix ans. Et le général de Gaulle est parti sur un référendum perdu. Ce serait la solution pour vous ? Mais en démocratie, M. Gindre, il n'y a que deux solutions. Le suffrage universel ou la violence de la rue. C'est comme ça que ça marche.

Si vous n'avez pas le suffrage universel pour débloquer un conflit, il y a de très beaux textes que je vous renvoie, c'est de Michel Debray. Quand il y a un conflit, il explique, vous retrouverez la vidéo, il explique quand il y a un conflit qui est normal en démocratie, il y a des conflits. Il y a l'arbitrage du peuple. Cet arbitrage du peuple se fait de deux façons sous la Ve République. Deux façons. La dissolution, les Français choisissent une nouvelle majorité. S'ils veulent plus de députés Renaissance, ils votent pour plus de députés Renaissance et ils donnent une majorité à Mme Borne. S'ils n'en veulent pas, ils votent pour d'autres forces politiques.

Et puis l'autre solution qui est plus adaptée, je l'avais réclamée dès le début. Souvenez-vous, j'étais le premier à proposer le référendum initiatif partagé pour apaiser la société française. Mais donc vous dites, s'il n'y a pas de retour aux urnes du... Mais il n'y aura que la violence. Mais c'est évident. Mais comment voulez-vous gouverner un pays avec un chef d'État qui en fait... Vous savez, je réfléchissais à ça avant de venir. Dans les membres du gouvernement, si vous regardez leurs réactions, ils ont toujours raison. Ils n'acceptent jamais la moindre erreur. Mais est-ce que vous, vous reconnaissez des torts ? C'est le propre des hommes politiques, Nicolas Dupoignan. Non, excusez-moi.

Quand on a été élu, comme moi, 22 ans maire, et s'il y avait au gouvernement des gens qui avaient été élus sur le terrain pendant des années, si Emmanuel Macron avait eu un mandat local un jour dans sa vie, il aurait compris que la démocratie, ce n'est pas une décision imposée. Et vous avez tous des convictions et vous défendez vos convictions. Chacun défend ses convictions. Mais Adrien Jeanne, nous ne sommes pas dans une situation normale. Nous sommes au bord d'une insurrection populaire. Le pays prend des risques colossaux. Vous voulez un bain de sang ? On veut un bain de sang en France ? Vous imaginez l'image de la France... Non, mais vous plaisantez.

Vous imaginez l'image de la France aujourd'hui à l'international ? Notre pays a des défis à relever. Il est dirigé par un homme contesté de plus en plus, et je vais vous dire ce qui va se passer. Mais vous n'avez pas, vous, l'impression de plus en plus de Français ? Non, en disant 20 de sang. Mais je le crains. On est en train de parler d'un désaccord sur un texte de loi. Mais vous ne connaissez pas l'histoire de France, Adrien Jeanne ? Je le crains. Je crois que je la connais un peu. Je suis inquiet. Et si vous voulez, moi, je souhaite... On avait des chefs d'État. Jacques Chirac, François Mitterrand, qui n'étaient pas... J'étais très hostile.

On avait des chefs d'État qui connaissaient le peuple français, qui ne le méprisaient pas. On a aussi utilisé le 49.3, fait passer des textes de loi. Non, quand il y a eu des protestations populaires très vives, ils n'ont pas mis en danger le pays. Ils ont su écouter. Même après 68, il y a eu une dissolution. Il y a eu Georges Pompidou qui a fait les grenelles pour comprendre la colère sociale. Si vous ne comprenez pas ce qui se passe dans le pays depuis des mois, des années, eh bien, vous risquez d'enflammer le pays. Moi, je ne souhaite qu'une chose. C'est qu'Emmanuel Macron, qui a la solution en ses mains, la prenne la plus vite possible. Retrait, référendum ou dissolution.

Et ensuite, s'il ne le fait pas... Moi, j'entends dans ma ville ce week-end, j'ai entendu quoi dans ma ville ? Les gens venaient me voir. Ils me disaient quoi ? Macron démission, c'est lui le problème. Et s'il ne fait rien, c'est lui qui va devenir la cible. Mais vous défendez... Et je ne souhaite pas parce que je suis respectueux des institutions. Voilà, vous ne pouvez pas demander le départ du président de la République qui est légitimement élu. Mais il n'est plus légitime aujourd'hui. Il est légal. Il a gagné l'élection présidentielle en 2022. Oui, mais il n'est plus légitime. Il devient illégitime. Il se met en danger. Et comme je suis respectueux des institutions... Ce qu'il veut...

Nicolas Dupoignan, que je comprenne bien, c'est quoi ? C'est les sondages d'opinion qui disent non ? Ce sont les manifestants... C'est de ne pas respecter la démocratie. Mais en quoi il ne respecte pas la démocratie ? Écoutez, il n'y a pas eu de vote de l'Assemblée nationale. Il n'y a pas un pays démocratique... Et nous sommes sûrs qui a été rejeté. Il n'y a pas un pays démocratique. Regardez ce qui se passe en Allemagne. C'est très intéressant. Il y a une grève très dure en Allemagne en ce moment. Qu'est-ce qu'a dit la ministre ? On va négocier. On va écouter. Mais je n'irai pas voir Mme Borne. Pourquoi vous n'irai pas voir Mme Borne ?

Mais parce que je n'irai voir Mme Borne que quand elle retirera le projet ou qu'elle mettra sur pause. Mais la démocratie, est-ce que c'est possible ? Mais discutez avec des gens qui vous tapent dessus, qui vous proposent de parler. Qui tapent sur le peuple. Qui vous tapent. Ils ont fait adopter une réforme dangereuse qui est contestée sans vote du Parlement. Vous savez, Adrien Jeanne, si cette réforme avait été votée par l'Assemblée nationale, je me serais complètement incliné. mais comme tous les Français. Mais il y a eu un vote sur la motion de censure de l'économie. Il n'y a pas eu de vote. Il n'y a pas eu de vote. Il y a eu un vote. C'est un passage en force qui n'a aucun sens.

Vous le savez très bien. Et encore une fois, qu'est-ce qui compte ? C'est que le pays avance. C'est que les institutions soient légitimes. Ce qui compte, le président et la première ministre disent qu'on va travailler sur le plein emploi, l'ordre républicain, l'école, la santé, l'écologie. Est-ce que tout ça, ce n'est pas des sujets sur lesquels le pays doit avancer ? Mais bien évidemment. Mais le préalable, c'est de retirer cette réforme ou de la faire adopter par le suffrage. Qu'il refasse un vote à l'Assemblée, si c'est possible. Ils suspendent ce projet, ils redéposent un projet, ils le font voter. Vous savez, un pays ne tient.

La Ve République donne d'immenses pouvoirs au président à condition qu'il y ait le respect du suffrage universel. Et aujourd'hui, le président se met en danger. Je lui donne le conseil. Je lui donne le conseil. S'il ne veut pas voir tout son quinquennat fichu. Et vous savez, moi je souhaite que la France avance. Je ne veux pas qu'on perde 4 ans encore. Vous ne souhaitez pas l'immobilisme ? Non, je souhaite que mon pays avance. Et je ne peux pas accepter qu'il y ait 4 ans de perdu. Et bien il doit retirer cette réforme ou la faire voter par le suffrage. Il n'y a pas 5 ans de solution. Il est dans une impasse. Et plus il s'entêtera, plus le pays sera en danger. Il met en danger la France.

Mais ça veut dire que ça peut durer indéfiniment. Non, parce que j'ai un scénario où il maintient sa réforme, les protestations continuent et on continue comme ça. Il sera la cible et nos institutions seront en danger. Il sera obligé de démissionner à terme. On ne gardera pas 4 ans un président qui à ce point méprise les Français. Ce n'est pas possible. Donc je lui demande, mais vous savez, même dans la majorité, je voyais hier à l'Assemblée des députés de la majorité qui sont inquiets. Ils se disent mais cet homme, que se passe-t-il à l'Élysée ? Quand va-t-il comprendre ? Il y a urgence. Le pays ne peut pas continuer comme ça.

Nicolas Dupognant, ça veut dire, d'une certaine manière, pour reprendre une formule assez classique, que c'est la rue qui gouverne. Non, pas du tout. Demain, une autre majorité était au Parlement et qu'il y avait des manifestations. Il faut écouter les manifestations. Vous confondez quelque chose. Je vous pose une question. Pas du tout. Je vous le dis, une réforme de cette importance qui concerne la vie de millions de Français qui est rejetée à ce point doit être adoptée par un vote au Parlement ou par un référendum. C'est la loi de toutes les démocraties. Mais ce n'est pas ce que la Constitution prévoit puisqu'elle prend plein de possibilités d'adoption.

La Constitution, je vous le rappelle, c'est un dialogue de sourire. Vous souhaitez qu'on l'applique à géométrie variable ? Non, pas du tout. La Constitution est faite justement avec le référendum. Je vous rappelle que le général de Gaulle l'a utilisé cinq fois en dix ans. Le général de Gaulle et ses successeurs considéraient que face au peuple, il y a le référendum qui est un moyen d'enlever le couvercle de la marmite. Et quand on connaît la situation sociale du pays, l'extrême difficulté des Français à se nourrir, à se nourrir puisque les salaires n'ont pas suivi l'inflation.

Quand on connaît ce qui se passe dans notre pays, l'insécurité, parce qu'il y a des problèmes d'insécurité majeurs, de justice. On a un gardé saumis en examen qui fait des bras d'honneur à l'Assemblée. Il y a une déliquescence des institutions qui est grave. Donc moi, je souhaite qu'on reprenne les choses à la base, à la fois fermeté et justice, vote, voilà. C'est simple. Hier, à votre place, Jean-Pierre Raffarin, l'ancien Premier ministre, disait Emmanuel Macron doit se mettre dans une logique de cohabitation, accepter de gouverner aussi avec des gens qui sont en désaccord avec lui. Dans son esprit, à Jean-Pierre Raffarin, ce sont des gens qui seraient venus du parti LR, des Républicains.

Est-ce que l'idée vous séduit ? Est-ce que vous dites au moins que ça permettrait de faire avancer le pays, de composer un gouvernement peut-être plus large, avec des sensibilités différentes ? Mais faut-il encore que les sensibilités aient envie et qu'Emmanuel Macron nous donne un projet ? Pour moi, je n'irai pas dans cette cohabitation, bien sûr. Mais, je veux dire, quel est le projet aujourd'hui ? On ne le connaît pas. Encore une fois... On l'a dit, plein emploi, ordre républicain, école, santé, écologie, ça, ça passe par des réformes précises, un calendrier. Je prends l'exemple sur l'immigration.

Même les Républicains ont dit que ce projet n'était pas valable puisque c'est une régularisation massive sous prétexte de permis de travail. De fait, le texte va être découpé en morceaux et il va... Vous le voyez bien, vous pourrez le voter Ce qui est terrible dans la situation, si on prend un peu de recul, c'est qu'on ne peut pas gouverner une grande nation comme la France comme ça, par des petites manœuvres. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Donc, il faut, un, apaiser, deux, avoir un projet. Quel est le projet d'Emmanuel Macron ?

Et puis, s'il n'a pas de majorité, soit il débauche des individus comme il a toujours fait, soit il fait une dissolution et les Français choisissent entre des projets différents. C'est le principe de la démocratie. Mais vous avez vu, par exemple, ce dimanche, l'Institut de sondage IFOP pour le journal du dimanche a fait un sondage si les élections législatives avaient lieu maintenant, il en ressort qu'il n'y a aucune majorité claire qui se dégage. On risque d'avoir la même situation avec une assemblée divisée. Je ne suis pas sûr. Vous savez, ce sondage me rappelle, vous n'étiez pas nés peut-être, 97. 97, il y a eu le même type de sondage. Et puis à la fin, il y a eu la dissolution. Voilà.

Jacques Chirac, il se mène après. Moi, je suis convaincu que s'il y avait une dissolution, un rassemblement patriote allant du Rassemblement National, Debout la France, des républicains qui ne veulent pas servir la soupe à Macron et puis des patriotes même venant de la gauche, je suis convaincu qu'on pourrait gagner. Mais vous y croyez toujours ? Tout le monde a fermé la porte ? Les LR ne veulent pas bosser avec Marine Le Pen, Marine Le Pen pas avec les LR ? Vous savez, moi je suis convaincu qu'il y a une alternative pour la France. Je suis convaincu que les Français commencent à comprendre. Et je suis certain qu'il faut redresser le pays et qu'on sait ce qu'il faut faire.

Rétablir l'ordre, fermer les frontières, favoriser le Made in France, aller léger les charges des entreprises, reconstruire nos services publics, aménagement du territoire. On sait ce qu'il faut faire. Le pays est paralysé, oui, mais il faut trancher. Donc, encore une fois, soit Emmanuel Macron est raisonnable, fait un référendum ou retire son contrôle, soit il fait une dissolution. Le pays ne peut pas perdre 4 ans. C'est tout ce que je veux dire aux Français. Il ne peut pas perdre 4 ans. Vous avez dit la situation est prographe sur le terrain. Nicolas Dupagnan, que vous êtes gaulliste. Oui.

Il se trouve que le général de Gaulle avec Michel Debré, entre autres, a contribué à mettre sur pied les institutions qu'on a aujourd'hui. Oui. Vous dites, là, ça ne me convient pas. Est-ce que vous dites qu'il faut changer les institutions ? Emmanuel Macron n'a fait que les utiliser. Pas de la manière que vous souhaitez, il n'a fait que les utiliser. Est-ce que ça veut dire qu'elles sont mauvaises ou déveillantes ? Les institutions, quand on utilise toute la palette et qu'on respecte le peuple français, elles peuvent fonctionner très bien, puisque justement, la Ve République a été faite pour les crises.

Mais, vous prenez n'importe quelle institution, si vous mettez à la tête de l'État quelqu'un qui estime que le vote ne sert à rien, qui n'a jamais été élu à l'exception d'être président de la République, et qui considère... C'est très bien, mais tout à fait. Mais, en revanche, qui ne sait pas ce que c'est qu'un pays, qu'un peuple, et qui le méprise. Et vous savez, il y a un aspect très psychologique aujourd'hui. Je le vois bien, parce que je suis encore élu local, et je circule beaucoup en France à la rencontre des Français. Ce qui m'inquiète, c'est cette haine qu'il y a. Et cette haine, il faut la dégonfler d'urgence.

Parce que la France est un pays qui est très calme, et qui peut devenir très violent. Et je souhaite de tout mon cœur que l'on dégonfle tout ça, et qu'on remette les Français autour d'une table. Mais est-ce que ça ne fait pas aussi de la pondération de tout le monde, y compris des oppositions, Nicolas Dupont-Aignan ? Bien sûr, mais... Est-ce que les clés de l'apaisement ne sont pas aussi en vote entre vos mains ? Mais ce n'est pas moi qui suis au pouvoir, cher Adrien Jean. Non, mais ce sont les oppositions qui contribuent à hystériser le débat. Attendez, qui est-ce... Attendez, qui est-ce qui a hystérisé le débat ? Qui est-ce qui a... Enfin, Il n'y a pas de responsabilité collective.

Mais non, il y a une responsabilité. Qui a proposé le projet de loi qui est très injuste ? Qui a menti sur les 1 200 euros ? Qui a menti autant ? Vous parliez de l'Allemagne tout à l'heure. En Allemagne, on peut avoir des désaccords sans pour autant que ça devienne une crise d'hystérie. Mais ce n'est pas de l'hystérie que de dire qu'on ne peut pas mentir quand on est au pouvoir. Il y a une éthique de gouvernement. Comment peut-on mentir sur les 1 200 euros ?

Vous savez, si les Français, malgré les violences, malgré le désordre qui pèse sur les Français, si les Français sont aussi nombreux, regardez les derniers sondages, à être hostiles, c'est bien parce qu'ils en ont assez d'être gouvernés ainsi. Ce ne sont pas des enfants. Ils n'ont pas à être traités comme ça. Et il est très important de reprendre à zéro les choses. Il est encore temps, mais c'est moins une. Donc, vraiment, je souhaite qu'on le fasse avant qu'il y ait un bain de sang. Nicolas Dupoignan, on aurait dû en ce moment être en pleine visite d'État du roi Charles en France qui est annulé. C'est une honte. Le président doit aller en Chine la semaine prochaine.

Est-ce qu'il doit reporter ce voyage de votre point de vue ? C'est à lui de choisir. Il doit surtout prendre les décisions qui incombent un chef d'État qui est au-dessus de la mêlée et qui ne rentre pas dans la lutte politicienne. Le chef de l'État, il est l'arbitre. Il est le garant de la cohésion nationale. Il n'est pas un petit agitateur.

19:46
Locuteur

Non.

19:46
Présentateur

C'est ce qu'il est aujourd'hui. Oui, malheureusement. Et ça me fait de la peine pour le pays. Merci beaucoup, Nicolas Dupoignan, d'avoir été l'invité de LCI ce matin. Dans un instant, c'était Elisabeth Martichoux pour le temps de l'info. Mais d'abord, c'est l'heure de votre météo, Ange.