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interviewBLAST (sur YouTube)· 28 octobre 2021 9 min

CHÈQUE INFLATION : MACRON S'ACHÈTE DES ÉLECTEURS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C’est une indemnité “classe moyenne”. Son caractère uniforme et calé sur le seul revenu, en fait un dispositif profondément injuste. Le chèque inflation c’est un chèque électoral.

C’est une mauvaise idée, c’est “donne-moi ta montre et je te dirai l’heure”. Le gouvernement refuse de prendre l’argent là où il est pour le mettre là où il en a besoin. Le président de la République, c’est le président du pouvoir d’achat.

Les cent euros du gouvernement pour compenser l’inflation, la polémique entre Gérald Darmanin et le maire de Lyon sur la vidéosurveillance, c’est le sommaire du numéro 21 d’un Bourbon Sinon Rien. Ah, ça, il était content notre Premier ministre ! Ce n’est pas tous les jours qu’un chef de gouvernement a l’occasion de distribuer de l’argent à 38 millions d’électeurs.

C’était jeudi soir sur TF1. Noël avant l’heure. Nous allons décider d’une sorte “d’indemnité inflation” de 100 euros, j’ai parlé de 80 euros tout à l’heure de surcoût, de 100 euros qui sera versée aux Français, c’est une indemnité “classe moyenne” si vous voulez en quelque sorte, aux Français qui gagnent moins de 2000 euros net par mois. 100 euros.

D’abord pour compenser les hausses de carburant : Ça fait une hausse sur l’année, un supplément, de 80 euros. Restent donc 20 euros pour l’année. À ce tarif-là, il est préférable d’aimer les pâtes, mais sans beurre, sans sauce tomate et sans fromage.

Et encore mieux, sans farine. Bien évidemment, la mesure passe mal auprès des élus de terrain. Mardi, l’un d’entre eux, Jérôme Nury, député LR de l’Orne, a expliqué au Premier ministre pourquoi son chèque inflation était injuste : Son caractère uniforme et calé sur le seul revenu en fait un dispositif profondément injuste puisqu’il n’est pas tenu compte du tout du nombre de personnes qui composent le foyer, pas plus qu’il n’est tenu compte de l’usage ou non d’un véhicule personnel pour des trajets quotidiens.

Ainsi votre chèque va accompagner de la même manière un Parisien qui prend le métro chaque jour et dont le ticket ou le forfait Navigo n’a pas augmenté, qu’un Ornais qui prend sa voiture au quotidien pour faire 30 ou 40 kilomètres pour aller au travail, et qui, lui, fait des pleins d’essence ou de gasoil chaque semaine qui lui coûtent en moyenne 15 à 20 euros de plus qu’il y a quelques mois. De même, vous allez verser 100 euros à un célibataire comme vous allez verser seulement 100 euros à une maman qui élève seule ses deux ou trois enfants. Là aussi, nous sommes au cœur d’une immense injustice.

Car avoir des enfants, notamment en campagne, c’est faire au quotidien de nombreux trajets pour les emmener à l’école, au sport, à leurs loisirs, et donc avoir des frais de carburant supplémentaires. Bref, ce chèque qui se voulait simple et pragmatique, et en fait totalement inadapté. Et il y a encore plus scandaleux.

Si vous avez un couple qui est assujetti à l’IFI, qui a 200 000 euros de revenus par an, et avec l'un des conjoints qui ne travaille pas, il aura droit à ses 100 euros. Il y a un certain nombre d’incongruités. Le gouvernement serait-il en train d’acheter les voix des Français, comme dans une vulgaire république bananière ?

Allons donc ! Pour Damien Abad, ça ne fait aucun doute. Le chèque inflation c’est un chèque électoral qui consiste à donner des euros aux Français pour qu’ils votent pour le président de la République sortant.

Mais les Français ne sont pas dupes, ils ont parfaitement compris qu’on les roulait dans la farine et que s’il n’y avait pas eu une élection présidentielle en 2022, on n’aurait pas fait un chèque de 100 euros. Et après, il y a un autre problème avec ce chèque-là, c’est qu’aujourd’hui, ce qu’on ne dit pas, c’est que ce sont les employeurs, ce sont les entreprises qui vont payer. Moi, j’ai beaucoup de PME qui nous alertent en disant : “Nous, on va faire l’avance pour l’État et quand on sait comment l’État rembourse mal, il y a de quoi être inquiet.” On résume : le gouvernement distribue de l’argent public qu’il se fait avancer par les entreprises.

À ce niveau, ce n’est plus du clientélisme, c’est de l’art. C’est une mauvaise idée, c’est “donne-moi ta montre et je te dirai l’heure”. C’est de l’argent public qui sert à compenser la hausse.

Alors c’est toujours pareil, évidemment, pour les gens qui gagnent moins de 2000 euros, on a découvert d’ailleurs au passage que c’est le salaire médian dans ce pays, 2000 euros, 38 millions de personnes seraient concernées. C’est de l’argent public qui sert à compenser pour que les profits des groupes privés continuent. Moi je suis un partageux, et je pense que quand il y a des groupes privés qui s‘enrichissent sur le dos par des effets spéculatifs, ce sont eux qu’il faut solliciter par un moyen qui n’a rien en soi de confiscatoire, c’est l’impôt.

Des taxes, puisque certains font des surprofits, elles doivent être compensées. Nous, on propose qu’il y ait notamment 10% qui soient prélevés sur ces surprofits. Mettre à contribution les profiteurs de la crise.

Le PC est également sur cette ligne. Les 100 euros envisagés ne couvrent pas cet effondrement du pouvoir d’achat. Deuxième élément, force est de constater que le gouvernement refuse de prendre l’argent là où il est, le rétablissement de l’ISF est le symbole de ça, pour le mettre là où il y en a besoin, sur les salaires, sur les retraites.

L’augmentation des salaires et des retraites, notamment du salaire minimum, n’a pas été à l’ordre du jour. L’augmentation du SMIC n’est pas à l’ordre du jour. Et cela risque de durer un bon moment.

Car, voyez-vous, tout va bien en France sous la conduite éclairée du président de la République. Jean Castex nous l’a rappelé. Le président de la République, c’est le président du pouvoir d’achat.

Je vous rappelle qu’en faisant, en prenant la décision pragmatique que je vous annonce ce soir, après celle que je vous ai indiquée le 30 septembre par rapport aux prix du gaz et de l’électricité, nous sommes dans la continuité. Je veux confirmer ce soir ce que je vous ai dit à cette antenne le 30 septembre : en 2021, le pouvoir d’achat des Françaises et des Français augmentera. Je vous donne rendez-vous, m’entendez bien, augmentera.

Pari tenu. Un récent sondage de l’IPSOS confirme que le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français, loin devant les autres. Mieux, cette inquiétude progresse de mois en mois.

Le Premier ministre devrait se souvenir que la politique, c’est comme la météo : Ce n’est pas la température exacte qui compte, mais celle qui est ressentie par les gens. Et en ce moment, on se gèle. Lundi, 3 policiers de la BAC ont été la cible de tirs d’armes à feu dans le quartier de la Duchère à Lyon.

Une agression qui a provoqué une polémique entre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le maire de Lyon, l’écologiste Grégory Doucet. Les lieux étaient en effet dépourvus de caméras de vidéosurveillance. Je veux aussi déplorer, et j’ai écrit ce matin à monsieur le maire de Lyon, que, dans certains quartiers où nous luttons contre les trafics de drogue, il n’y a pas de caméras de vidéoprotection.

Nous appelons les maires de France, singulièrement monsieur le maire de Lyon, de sortir de l’idéologie et d’aider les policiers en mettant des caméras de vidéoprotection. Sortir de l’idéologie ! Pas de chance, en l’occurrence il ne s’agit pas d’une opposition de principe à la vidéosurveillance, mais d’un problème d’implantation des caméras.

La réponse de Grégory Doucet n’a pas tardé. Sur le quartier de la Duchère, il y a déjà 60 caméras d’installées. On ne peut pas dire que le quartier n’est pas vidéoprotégé.

J’ai demandé à ce qu’on déplace certaines caméras pour justement pouvoir couvrir cette petite bande de territoire. On a réaffecté certaines caméras, c’est en cours. Mais au fait, comment s’appelait le prédécesseur de Grégory Doucet ?

Le maire qui avait implanté les caméras dans le quartier de la Duchère ? Il s’agit de Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron en 2017 et 2018. Un homme qui n’est pas suspect de s’abandonner à une quelconque idéologie, puisqu’il est passé du PS à La République en marche avant de se rallier à LR pour les Municipales.

Hier, il est allé de son commentaire sur les caméras de vidéosurveillance. On devait mettre un certain nombre de caméras dans cet endroit-là, les reprendre d’un autre endroit de la Duchère pour les installer là, et cela n’a pas été fait. De manière plus générale, on s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’y a pas une véritable volonté de lutter contre la délinquance.

Si l’on comprend bien, l’ancien édile reproche à son successeur de ne pas avoir fait ce que lui-même a été incapable de faire pendant son mandat. Mais à part ça, Gérard Collomb n’est pas de mauvaise foi… Quant aux dealers qui ont tiré sur la police, ils courent toujours. Et la polémique sur les caméras doit bien les amuser.

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Et à lundi pour le troisième numéro de La Guerre du trône, ma chronique sur l’élection présidentielle.

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