Débat critique : "La Danseuse" de Patrick Modiano, un roman "grâcieux, ironique et aérien"
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place à la critique aujourd'hui deux romans l'un est court l'autre long l'un est français l'autre américain et leurs auteurs sont loin d'être des novices j'ai nommé Patrick Modiano d'un côté et Joyce SEM de l'autre et pour en débattre j'accueille ce midi dans les midi de culture Virginie blocl bonjour bonjour vous êtes critique littéraire à Libération et au magazine l à côté de vous islise lpine bonjour islise bonjour journaliste littéraire au point bienvenue à toutes les deux dans les midi de [Musique] culture et on commence avec le dernier roman de Patrick Modiano la danseuse brune non plutôt foncé avec des yeux noirs elle est la seule dont on pourrait retrouver des photos les autres sauf le petit Pierre leurs visages se sont estompé avec le temps d'ailleurs c'était un temps où l'on prenait beaucoup moins de photos qu'aujourd'hui et pourtant certains détails demeurent assez présisant il faudrait en faire une liste mais il serait très difficile de suivre l'ordre chronologique le temps qui aouillé les visages a gommé aussi les points de repère il reste quelques morceaux d'un puzzle séparés les uns des autres pour toujours un nouveau livre de Patrick Modiano prix Nobel 2014 est toujours un événement on parle d'ailleurs du dernier Modiano cette fois-ci ce dernier Modiano ressemble à un condensé de ce qui fait justement un Modiano souvenir flou précision des détails atmosphère d'un Paris oublié inquiétante ettrancheté qui surgit à travers le portrait d'une danseuse qui donne son titre à ce roman le narrateur plonge dans ses débuts littéraires sa discipline à lui pour survivre on penserait presque qu'il il s'agit d'autofiction mais non c'est bien un roman court d'une centaine de pages alors on en pense quoi du fameux dernier Modiano Virginie bloc linez alors je le trouve merveilleux chaque roman de on l'a entendu avec ce ce ce début premières lignes qui sont épuré fluides chaque R de Modiano est un condensé de son univers mais là on a une une quintessence épurée en effet il est bref il y a il y a de l'ironie il y a de enfin c'est aérien c'est gracieux il n'y a pas vraiment d'histoire s'il y a une histoire c'est la rencontre peut-être entre ENF le rapprochement entre deux deux métiers et la formation d'un écrivain le métier de danseuse et le métier d'écrivain et ce ne sont pas n'importe quel n'importe quelle danseuse et n'importe quel écrivain ce sont il pratique le rart avec à pas compter écrit le narrateur et et c'est la façon dont don dont écrit Modiano le narrateur dit aussi donc il est jeune il rencontre cette danseuse il va rencontrer d'autres personnes avec elle et il dit qu'il ne pas insister c'était sa façon d'être et c'est tout tout le roman est comme ça et léger je crois on on le rouvre après l'avoir lu à n'importe quelle page et on retrouve des choses qui nous touchent nous et qui sont flottantes comme ça et qui nous touchent dans la façon dont on dont on vit dont on se conduit avec les autres dont on on dont on avance dans une ville Élise Lespine vous partagez vous aussi cette impression de légèreté d'être à rien on a presque l'impression que vous en parlez comme d'un bijou Virginie bloc lesis Élise Lespine oui moi c'est un roman qui m'a aussi beaucoup touché alors comme effectivement on retrouve à chaque fois avec grand plaisir la plume et l'univers et l'écriture de de Patrick Modiano et moi j'ai trouvé qu'il était particulièrement touchant dans les temps que nous vivons en ce moment il écrit d'ailleurs je cite nous vivions des temps difficiles depuis 3 ans comme je nen avais jamais connu de ma vie et le monde avait changé si vite autour de moi que je m'y sentais un étranger et en fait il ressent ça ce narrateur qui est à la fois entre deux époques l'époque contemporaine et puis cette époque lointaine dans laquelle il remonte quand il remonte le fil de ses souvenirs et je trouve que Patrick Modiano a beaucoup écrit sur des périodes traumatiques il a beaucoup écrit sur la Choa il a beaucoup écrit sur la guerre des périodes post traumatique et là c'est je trouve que c'est la l'une des premières fois où on le on le retrouve saisi un peu d'effroid face à la période qu'il vit en ce moment et ça dit quelque chose sur ce qu'on traverse toutous là en écoutant les titres on se dit mais quelle période eston en train de traverser et je trouve que modianola nous nous partage ce même sentiment d'effroid de d'être un peu perdu d'être un peu traumatisé en fait par par par l'époque contemporaine et cette écriture intemporelle qui est la sienne cet univers intemporel qui est le sien et cette façon de replonger dans le passé je trouve nous rassure et nous apporte beaucoup de réconfort Virginie BL intervenir oui ce que dit lysée est vrai même je je je l'ai lu enfin je l'ai lu y a il y a il y a 15 jours euh et en le relisant là très récemment je il y a une y a a il y a plusieurs phrases qui prennent un autre sens et il écrit notamment il il lui arrive quelque chose il rencontre quelqu'un mais cet épisode était de peu d'importance dans le monde si dur et si incompréhensible où nous vivions depuis quelques temps alors au début j'ai pensé que c'était le confinement en l'ayant lu il y a 15 jours et là ça se ça colle à l'époque mant alors je les critiques ont tendance à faire ça ici dans cette première partie ils disent souvent je suis content de retrouver tel auteur tel cinéaste tel peintre mais pour moi qui n'avait jamais lu de Patrick Modiano j'ai été complètement saisie aussi par quelque chose sans même me dire je retrouve Patrick Modiano je suis retrouve là un condensé j'ai été très frappée par cette sorte de familiarité et d'étrangeté il y a quelque chose d'inquiétant qui monte au fur à mesure des pages alors qu'en fait il y a que 95 pages c'est quand même rien et on s'attend à un drame et en fait non c'est très doux c'est très délicat exactement comme ça Élise lpine oui mais c'est je pense que cette cette inquiétude c'est parce que c'est une écriture du fantôme qu'il est qui qu' qu'il pratique Patrick Modiano il écrit vraiment sur le spectre alors il y a quelque chose de fondamentalement inquiétant dans le fait de convoquer les esprits ou le le le passé ce qui s'est évanoui ce qui revient cette danseuse elle est un peu comme un spectre qui revient dans sa mémoire il se demande quel visage elle a maintenant est-ce que est-ce qu'on peut reconstituer quelque chose d'elle et en même temps elle est très présente donc c'est vraiment une écriture un peu Spirit donc forcément il y a une inquiétante étrangeté dans cette dans cette écriture mais aussi quelque chose de doux qui se déploie comme un fantôme qui nous caresse c'est pas un fantôme qui va surgir derrière nous et et nous mordre au mollet c'est un fantôme qui va venir nous nous caresser nous embrasser c'est ça qui est beau aussi dans cette écriture alors peut-être pour donner plus de B aux auditeurs et aux auditrices tout commence donc par la description on l'a entendu de cette danseuse on entend bien le flou des souvenirs et là le narrateur replonge en fait à la faveur d'une rencontre dans la rue avec quelqu'un un visage qui lui rappelle quelque chose et un nom qui revient c'est verzini et là il replonge à la faveur de cette rencontre dans ses souvenirs là et donc dans cette période où il a côtoyé une danseuse dont il a gardé l'enfant et on a à ce moment-là l'impression effectivement de quelque chose qui pourrait monter entre une histoire d'amour ou alors une histoire inquiétante et non en fait Modiano tient ce fil de cette rencontre sans jamais rentrer dans les détails Virginie blocklen oui c'est c'est un tiseux et la danseuse aussi c'est une tiseuse mais il se passe des choses qui sont un peu inquiétantes lorsqu'il est avec cette danseuse mais qui sont très formatrices il y a des scènes érotiques dans ce roman il y en a trois qu'on est tellement surpris de lirefin moi je les ai la première je l'ai relu pour être sûr d'avoir bien compris euh il se passe pas vraiment de choses inquiétantes mais il note quand même que l'enfant de cette danseuse qui ne voit jamais son père est très seul et il s'en occupe en ayant enfin comme quelqu'un qui qui qui sait ce que c'est qu'être un enfant blessé donc on comprend que le narrateur a eu aussi une enfance difficile elle manque d'argent il y a le manque d'argent euh c'est bizarre en fait et puis elle évolue dans des milieux troubl c'est c'est des boîtes de Dan celui qui s 'occupe d'elle la danseuse qui finance ses cours de Dan a connu son père a connu le père de de son fils on se demande si pourrait pas être proxenette à un moment donné mais rien n'est dit non plus là-dedans mais c'est comme si Modiano en fait ne voulait pas prendre de décision sur ses personnages sur ce qu'il allait leur faire vivre finalement il est fleur il il vaporise il est fleur il dit des des choses inquiétantes quand même puisqu'elle rencontre mais mais il il avec beaucoup de tact il ne fait qu'effleurer ça il se souvient que cette cette danseuse a rencontré un a vu un revenant ce qu'elle appelle un revenant en fait c'est un homme avec lequel elle avait une maille à partir qui l'approche qui la suit elle l'écarte d'un coup de coude elle en parle à verzini cette espèce de messen qui lui dit on va définitivement se débarrasser de lui donc la pègre n'est pas loin mais elle est dans le brouillard c'est c'est Modiano et que dire justement Élise Lespine sur cette peut-être absence qui n'est pas forcément une critique ou un défaut mais d'engagement en fait c'estàd de de dessiner une voix précise les intentions des personnages où ils vont les décisions qu'ils ont pris mais moi je trouve que ça laisse beaucoup de place à l'émotion on parlait de ce petit garçon pierre qui en fait est le l'un des personnages principaux du texte est le plus touchant moi il m'a complètement bouleversé et on voit comme vous le disz très justement on l'entend jamais parler on le voit jouer il fait des puzzles le narrateur vient l'aider à à mettre une pièce dans le puzzle ça dit quelque chose de très fort aussi sur la façon dont Modiano considère la vie et donc quand il considère l'enfance lui-même c'est il l'a raconté dans un pédigré c'est un enfant blessé c'est un enfant qui a été beaucoup seul qui a été beaucoup en pensionnat et il raconte l'histoire de ce petit Pierre dont on sent qu'il est délaissé par cette mère un peu évanescente fantomatique dont on sent qu'il a finalement pas grand monde à qui se raccrocher et puis ce narrateur là lui prend la main l'accompagne sur un bout de chemin l'accompagne finalement toute sa vie puisque toute sa vie va se demander ce qui est devenu pierre et puis on pense que Pierre doit aussi se demander ce qui est devenu cet homme et ce petit garçonl moi m'a énormément touché c'est difficile difficile de parler de Modiano mais là c'est pas très radiophonique mais en disant ça j'ai des petits frissons sur les avant-bras C cette puissance du sentiment cette puissance de l'attachement et cette puissance de la solitude et de l'enfance blessée et quelque chose qui je trouve nous transperse quand on lit l'œuvre de Modiano par petite touche Virginie bloc oui il y a il y a il y a c'est c'est émouvant et il y a du chagrin et il y a aussi de l'ironier peut-être plus enfin il y en a toujours chez Modiano mais il y a des passages drôle alors alors drôle oui explizous alors oui alors il y a un moment où où le narrateur dit que la danseuse le présente comme un quelqu'un qui écrit des des chansons mais c'est comme ça qu'il se présente aussi au tout début oui et verzini dit ah mais vous voulez ou alors le professeur de danse dit vous voulez la faire chanter et là c'est vraiment l'univers de Modiano de la pègre des clandestins des gens qui ont changé d'identité et il y a à la toute fin une scène qui répond à la la scène d'ouverture quelqu'un dans la rue voit le narrateur qui a vieilli pourrait être Modiano maintenant et est persuadé de l'avoir de le reconnaître et il l'appelle l'élégant l'élégant l'élégant le narrateur est furieux et il dit mais là le moment en ce moment c'est vraiment pas le moment de faire l'élégant parce que rien va surtout oui surtout il se décrit et en fait il a une un vieux pantalon des vieilles chaussures et il dit je traînnais dans la rue quoi ou et c'est alors c'est quand on le raconte c'est toujours difficile ça tombe à plat quand on raconte quelque chose d'amusant mais en le lisant c'est drôle parce que c'est ça ça tient en une ligne et c'est c'est c'est c'est c'est on rit un peu jaune enfin voilà la catastrophe n'est pas loin et puis alors je voulais vous poser une chose une question à à toutes les deux qui connaissaient bien Modiano est-ce que on retrouve aussi ce livre s'inscrit dans son œuvre comme une on retrouve ce parallèle entre une géographie intérieure flou perdu entre nonom réel détail et en même temps ville qui s'efface qui voilà il parle de ville étrangère il se reconnaît plus dans Paris dans ce monde incompréhensible et dur est-ce que c'est la même chose ici de ce point de vue du condensé de Modiano moi j'ai trouvé j'ai j'ai relevé une autre phrase les mêmes situations les mêmes pas les mêmes gestes se répètent à travers le temps et ils ne sont pas perdus mais inscrits pour l'éternité sur les trottoirs les murs et les halls de Gard de cette ville l'éternel retour du même et l'éternel retour du même ça c'est l'écriture de Modiano c'est un peu ce que parfois certains lui reprocher avec un peu d'irony en disant c'est toujours le même livre mais oui mais en fait c'est comme quand on traverse le pont des Arts c'est toujours le même pont c'est toujours les mêmes bâtiments c'est toujours la même scène mais enfin la même rivière mais c'est pas les mêmes émotions c'est pas la même lumière c'est pas le même état psychologique c'est pas les mêmes personnes autour de nous et donc c'est toujours renouvelé et effectivement il y a ce ce ce côté de de ville qui est à la fois toujours un peu la même et jamais tout à fait la même non plus et c'est c'est ces personnages qui ont toujours un petit peu le même pédigré pour reprendre un mot de Modiano et en même temps jamais vraiment le même et c'est quelque chose qui moi j'en reviens à ce que je disais au début qui me rassure qui me réconforte et qui m'apporte du beau au cœur donc qu'on n jamais lu Modiano ou qu'on l'ai lu c'est un très bon Modiano Virginie un très bon Modiano et pour ajouter quelque chose sur la ville c'est peut-être là je trouve dans ce roman oui c'est un très bon Modiano dans ce roman la ville enfin Paris le le l'in supporte ah bah ça c'est oui les touristes avec leur sac à dos les bises à roulett ou il jamais enfin c'est là moi qui m'a fait rire parce que en quelques phrase il dit c'est mais c'est où vont ces touristes est-ce qu'il y a une espèce de rassemblement de touristes quelque part et c'est très drôle c'est très drôle et et c'est une façon de dire c'était mieux avant qui est pas quelque chose non plus de très valorisant de dire c'était mieux avant mais en même temps il le fait avec tellement d'humour de délicatesse et de d'espièglerie qu'en fait on est on est d'accord avec lui et on rit voilà moi j'ai [Musique] ri mie les blanch [Musique] br ch de Patrick Modiano est disponible aux éditions galimar jusqu'à 13h30 les midis de culture Nicola herbo Géraldine mosnassvois et nous parlons à présent de l'hôtel des oiseaux de Joyce mard j'avais 27 ans quand j'ai décidé de sauter du Golden Gate Bridge l'après-midi j'avais une vie merveilleuse et une demi-heure plus tard je ne voulais plus que mourir j'ai pris un taxi je suis à arrivé près du pont juste après le coucher du soleil il se dressaiit dans le brouillard avec cette magnifique teinte rouge que j'adorais quand je m'intéressa encore à la couleur des choses et des ponts lorsque je les traversais la vie de Johann est marquée par deux drames le premier enfant quand sa mère meurt dans une explosion de bombe et qu'elle doit changer de vie et de nom le second quand adulte mère et artiste reconnue elle perd son mari et son enfant dans un accident Johann rebaptisé Amélia décide envisage peut-être de se suicider on l'a entendu mais ne le fait pas elle prend un bus sur un coup de tête direction l'Amérique centrale l'hôtel des oiseaux parviendra-t-elle à se reconstruire c'est toute la question de ce 11 11e roman de Joyce Menard roman en forme de compte sur la résilience roman qui pourtant a suscité la polémique aux États-Unis peut-être qu'on peut quand même commencer par là éélise lpine mais oui alors c'est assez incroyable elle le raconte à la toute fin du livre dans une postface où en fait elle explique que quand elle a apporté ce roman à son éditeur et Joy SMARD c'est une autrice qui est très apprécié aux États-Unis très lu adap adap elle a écrit ce livre sur sur sa relation avec singer sa relation d'emprise qui l'a qui à la fois suscité aussi la polémique mais qui en même temps l'a mise en lumière et c'est une grande plume américaine et là elle elle est arrivée auprès de son éditeur avec un livre qui raconte justement l'histoire d'une femme américaine qui part s'installer en Amérique centrale et nous on sait que c'est le Guatemala parce qu'en fait on sait que Joyce Menard a un hôtel ou du moins une un endroit à elle près d'un lac près d'un volcan exactement comme dans ce roman où elle se réfugie depuis 20 ans et où elle a des ateliers d'écriturees elle est proche de la population et cetera et quand elle a apporté ce manuscrit à son éditeur américain il lui a dit je ne publierai pas ça parce que j'ai peur que ce soit de l'appropriation culturelle et c'est assez sidérant parce que oui il y a il peut y avoir des problèmes et c'est sain aujourd'hui de de considérer comment on parle de certaines minorités qui en parle qui le fait et et que disent qu'écrivent les auteurs et les autrices mais là c'est quand même une Américaine qui écrit l'histoire d'une Américaine qui part dans un pays qu'elle connaît et qui ne va pas improviser des choses le fait qu'elle nit été publié que par un très petit éditeur aux États-Unis qu'elleit été complètement goosté si je peux dire par la critique a pas eu Prom pas d'interview pas de pas pas de critique de critique dans les journaux enfin c'est assez incroyable je trouve ça assez inquiétant moi Virginie blocl aussi sur cette polémique oui mais c'est c'est inquiétant en effet je en le sachant avant d'avoir lu la toute fin euh j'ai essayé de de de repérer ce qui avait pu poser problème vous avez trouvé alors moi ça ne me pose pas de problème mais sans révéler ce qui se passe dans le roman il y a un personnage qui est un natif d'Amérique centrale qui se présente comme un voyant dans le village où vient s'installer Johan l'héroïne et qui lorsqu surtout consulté par des femmes et lorsqu'elles viennent il leur fait des massages particuliers les femmes il abuse de d'elle il faut le dire voà lorsqu'elles sortent les femmes ne parlent pas elles ne parlent jamais euh sauf une va finir par parler est-ce que c'est ça qui a posé problème est-ce que c'était voilà parce que ça mais on a du mal en fait à savoir sur quel euh sur quoi dans le roman se figer se fonder euh ces critiques d'appropriation culturelle hormis le fait que ça se passe en fait dans les tris/arts du roman au Guatemala et effectivement il y a des reproches peut-être à faire à ce roman euh autre que que celui-ci peut-être aussi que est-ce que ce roman n'a pas été appréhendé aussi avec l'idée d'une romancière qui vit la moitié du temps au Guatemala et qui s'en valorise s'en glorifie je je voilà moi je connais pas assez Joyce Menard pour ça est-ce que c'est ça qui est peut-être entré en compte je je je pense pas j'ai pas l'impression qu'elle se glorifie de ça c'est vrai qu'elle est très présente sur les réseaux sociaux moi je la suis sur Facebook je crois et donc elle raconte beaucoup mais elle elle le fait avec beaucoup de de tendresse il y a pas du tout ce côté colonialiste j' arrive et je leur tends la main à ces pauvres gens enfin c'est pas du tout quelque chose qu'elle qu'elle cultive ou qu'elle dégage moi je pense que c'est plutôt une question de peur des éditeurs qui suite à l'affaire Janine Cummins notamment qui a été aussi publiée chez philpp Reay pour American dirt et qui a eu voilà beaucoup de problèmes aux États-Unis parce qu'elle avait écrit sur des une migrante mexicaine sans être elle-même mexicaine je pense qu'après les choses se sont un peu scérosées et que les éditeurs se disent restons dans une zone de confort Virginie bloc l et après on va on parle de américains elle les appelle les gringos et elle montre des Américains qui viennent faire des stages d'éveil spirituels en Amérique centrale une critique de l'Amérique finalement il des Américains qui vont là-bas que une appropriation ouis une critique qui n'est pas appuyée qui n'est pas caricaturale mais enfin le mot gringo se revient à et alors est-ce que ce roman est bon qui veut commencer Élise Lespine mais oui moi moi je moi je suis alors j'aime beaucoup Joyce Menard j'aime beaucoup ce qu'elle fait et là elle elle elle elle a aussi comme comme Modiano des thèmes qui lui tiennent très à cœur et son sa grande obsession ce sont les femmes qui perdant tout se reconstruisent et la grande obsession de Joyce Manard c'est aussi le foyer c'est comment refaire foyer quand on a créé quelque chose qu'on a réussi en self-made woman à se faire une maison une famille un métier une carrière et puis que tout ça disparaît et là elle le fait de la manière la plus violente possible puisque c'est la première fois dans son œuvre qu'un enfant meurt en général les enfants lui tournent le dos pour voilà et à 3 ans donc en général c'est plutôt des enfants ados ou et cetera qui sont récupérés par le père ou par d'autres et là l'enfant meurt et tout tout l'enjeu du livre c'est cette femme qui saute dans le premier avion puis dans un bus et puis dans un train et cetera puis qui se retrouve un peu par hasard en Amérique centrale et qui va se recréer un foyer dans cet hôtel et je trouve que ce qui est très touchant dans ce livre c'est que le foyer que trouve le personnage n'est finalement pas l'hôtel en soi je vais pas spoiler hein mais c'est à l'intérieur d'elle-même et j'ai trouvé ça moi j'aime beaucoup ce que ce qui écrit Joyce m ce que c'est qu'être une femme et et de traverser la vie c'est une vie entière c'est 40 ans d'une vie dans ce livre et en fait c'est comment cette femme va échapper à ce ce sort qui vraiment la la déchuire la la détruit pour retrouver en elle-même et non pas dans un lieu matériel la force de se reconstruire et d'avoir de nouveau un foyer un avenir Virginie bloclin est-ce que vous avez été autant emporté que Élise Lépine alors oui et non je l'ai trouvé très long ce roman c'est vrai qu'il fait 520 pages alors après le mod Diano oui oui c'est une autre oui et mais plus plus j'avançais bizarrement plus je plus c'était long et plus ça me plaisait parce que l'héroïne est très attachante Elise l'a très bien dit c'est un un portrait de femme et ça c'est c'est propre à Joyce Menard et elle c'est une femme vaillante c'est une femme qui à laquelle il arrive beaucoup de mes aventures et et elle s'obstine et elle et elle se défend mal elle elle arrive à se reconstruire et je trouve qu'il y a de très beaux passages enfin avec les hommes les relations elle elle va rencontrer plusieurs hommes dans cet hôtel et c'est très joli il y a très jolis alors justement sur est-ce que vous aviez des plus de réserves que la longueur ou pas Virginie bloc lesé non c'est vraiment la longueur mais parfois on en voit pas la fin et ah si j'ai une autre réserve il y a beaucoup de musique il y a beaucoup les disques les chansons les titres des chansons qu'écoutent cette héroïne et qu'ime cette héroïne c'est important parce que ça lui vient de sa mère sont très présents au début et alors je je je je trouve qu'il y a une pluie de de nom de chanson qui qui qui est lourde au début ça s'estompe et ça revient un peu à la fin ça n'apporte pas grand-chose mais c'est mais c'est c'est pas grave c'est pas grave alors pour ma part moi j'ai été un petit peu refroidi non pas par la la longueur mais par le côté collection de personnages qu'elle rencontre au fur et à mesure en fait de sa résidence dans cette dans cet hôtel et idée un petit peu cliché de la reconstruction et de la résilience c'est-à-dire j'ai vraiment l'impression faut mettre un personnage dans une situation où ça va mieux et puis en fait elle repèd tout double drame et là il faut à tout prix qu'elle se reconstruise il a un côté très américain en fait dans ce suivi d'un personnage qui en fait m'a un petit peu refroidi et je me disais je passais les pages en me disant bon alors à quel moment se reconstruit voilà ça ça m'a un petit peu qui qui Virginie voulaz ou éise allez-y moi moi j' moi j'aime ça en fait c'est ce côté collection de petites histoires c'est-à-dire que il y a ce personnage de femme vaillant très intéressant mais il y a aussi plein d'autres petits personnages qui arrivent et qui occupent des chapitres les chapitres sont courts donc ça ça dilue quand même la lourdeur ou la longueur du texte le fait que les chapit soi vif mais c'est comme une histoire de c'est comme c'est comme des contes au coin du feu et je crois que Joyce Menard a écrit ce livre en le lisant à d'autres personnes au fur et à mesure de l'écriture et elle racontait cha cha soir les histoires qu'elle écrivait avec ces nouveaux personnages qu'elle introduit cette cette femme chinoise qui vient chercher un remède à l'infertilité cette femme qui a vécu en France qui a appris à faire des macarons qui fait des macarons maintenant en Amérique enfin tout toutes ces histoires sont effectivement c'est très américain parce que à chaque fois il y a une morale il y a une oui et et oui ça nous donne des espèces de leçons de vie faut faire face personne ne se laisse vraiment alors on touche le fond puis on remonte ça c'est vrai et puis c'est quand le quand quand la nuit est la plus noire qu'ensuite l'au se lève ça c'est un petit peu un petit peu cliché mais moi j'aime bien et je trouve que on est on est pris on est touché et on est on est emballé quand même par le dynamisme de ces histoires qui se qui son tremellent Virginie bloclé pour défendre Jo oui oui comme comme ise aussi je trouve que ce ce pragmatisme américain et il me plaît et il est charmant et il est assez exotique pour une lectrice bah justement alors vous dites exotique est-ce que c'est pas là l'appropriation culturelle c'est que quand elle arrive au Guatemala il y a quand même des des des descriptions sur les cou couleur le on a l'impression que c'est une sorte de refuge presque idéalisé c'est là non seulement on a la résilience qui est quand même un thème qui peut être banal et et fatiguant mais en plus on a la résilience grâce à l'exotisme alors l'exotisme pour moi c'est plus dans le comportement des hommes qu'elle rencontre notamment d'un qui lui dit c'est ça que j'ai trouvé très américain c'est pas grave si on ne s'aime pas l'essentiel c'est d'être à deux on va y arriver VO je trouve qu'elle insiste pas trop sur l'exotisme du décor et sur la le le bonheur que peut apporter ce paysage parce qu'il elle en montre aussi les l'hostilité oui l'hostilité les dangers et je pense pas que ce soit non une appropriation il y a c'est c'estes beaux oiseaux c'est c'est mais ça reste là c'est c'est c'est quand même en lisière c'est pas non c'est pas au cœur du livre merci beaucoup à toutes les deux Élise l'épine et Virginie bloc l'îné l'hôtel des oiseaux de Joyce Menard c'est aux édition Philip pr c'est traduit par Florence Levy Paoloni vous retrouvez toutes les références chers auditeurs auditrices sur le site de France Culture à la page de l'émission Les midi de culture et sur la à Radio France
Matthieu Bloch