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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 25 avril 2016 9 min

Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Valérie Pécresse. Les partis traditionnels balayés dès le premier tour, le candidat de l'extrême droite en tête avec près de 37% des voix. C'est le résultat de l'élection présidentielle en Autriche. C'est un avant-goût de ce qui nous attend en France dans un an ?

0:14
Valérie Pécresse

En tout cas, il est certain que ce type de signal lancé par l'Autriche doit conduire la droite à avoir une extrême exigence. Elle est en position aujourd'hui de remporter les élections présidentielles, mais elle doit se fixer pour objectif de convaincre au maximum. Le fait d'être deuxième au premier tour pour un grand parti de gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche, est en soi déjà un échec. Et c'est ça qu'il faut qu'on se fixe comme objectif, être devant, être premier au premier tour de cette élection.

0:44
Présentateur

L'Autriche, pour en revenir à ce pays, c'est un pays où la droite et la gauche gouvernaient ensemble depuis 2008 au sein d'une grande coalition. Est-ce que c'est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en France ?

0:56
Valérie Pécresse

Mais ça, on est tous convaincus, enfin en tout cas à de rares exceptions près, que le fait de faire une grande coalition dans un pays comme la France conduirait inéluctablement à installer le FN comme la seule opposition crédible. Et ça, nous ne le voulons pas. Et c'est pour ça que nous avons, nous les Républicains, assumé clairement notre rôle. C'est-à-dire, nous avons un projet différent de la gauche et nous sommes à la fois contre le FN.

1:21
Présentateur

Donc ce serait une erreur, par exemple, d'accepter la main tendue par l'autre côté et par, puisque tout le monde a son nom en tête évidemment ce matin, Emmanuel Macron ?

1:28
Valérie Pécresse

Moi je ne crois pas au ni droite ni gauche. Je n'y crois pas parce que je crois que c'est fondamentalement pas l'histoire de notre pays. Je crois qu'il y a des vraies différences entre la droite et la gauche. Je crois que des personnalités peuvent se retrouver pour faire des choses ensemble. Il y a huit jours, j'ai signé avec Myriam El Khomri un accord pour faire plus de formation en Ile-de-France et réformer la formation professionnelle qui en avait bien besoin. Je signerai dans quelques semaines un accord avec Bernard Cazeneuve pour sécuriser les gares d'Ile-de-France dans le cadre du risque terroriste et renforcer la vidéoprotection.

Et je suis contente de voir que le gouvernement a évolué sur cette question, puisque la gauche régionale ne voulait pas, enfin elle était très hostile à la vidéoprotection dans les rames pendant des années et des années, elle l'a bloquée. Donc voilà, on avance. Quand il y a des personnes de bonne volonté et qu'on est d'accord pour oeuvrer ensemble, pour l'intérêt général, on avance. Mais nier les différences, je crois que ce serait très délétère.

2:19
Présentateur

Valérie Pécresse, ce mois d'avril est marqué par une succession, une multiplication des conflits sociaux. Les intermittents qui bloquent depuis cette nuit un théâtre à Paris, le théâtre de l'Odéon, les cheminots qui débutent leur grève ce soir, les lycéens, la mobilisation contre la loi travail. Est-ce qu'il y a une colère aujourd'hui qui monte en France ?

2:37
Valérie Pécresse

Bien sûr. Contre qui ? Contre quoi ? On voit la déception d'une partie de la gauche vis-à-vis d'un gouvernement qui les a trahis. Mais tout ça remonte à loin. Ça remonte aux promesses non tenues de François Hollande, à ses ambiguïtés de campagne, au fait qu'il avait promis à la gauche réformatrice des réformes qu'il n'a pas faites, à la gauche plus radicale une politique sociale qu'il ne pouvait pas tenir, puisque la générosité a un coût et qu'il n'a pas les moyens de faire une politique de dépenses publiques, à la hauteur de ce qu'il avait promis. Donc on voit bien qu'il y a une désespérance qui se traduit par du conflit.

Mais le conflit à la SNCF est un peu différent, parce que c'est un conflit qui se déroule sur fond de négociation, de renégociation de la convention collective de la SNCF. Et moi je le dis, aujourd'hui je crois qu'il faut mettre fin à cette culture du conflit systématique préalable à la négociation. Je crois qu'aujourd'hui c'est intolérable pour les voyageurs et c'est mauvais pour l'image de marque du service public. On a des statistiques de ponctualité des trains en Ile-de-France qui ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux. Alors évidemment, on est en période de risque terroriste, il y a beaucoup plus de contrôles, notamment des colis suspects.

Mais ça ne suffit pas à expliquer la baisse de performance du service public. Les voyageurs n'en peuvent plus. Et les cheminots, les agents de la SNCF doivent avoir à cœur aussi le service public, le service du public. Alors je leur demande vraiment de réfléchir, parce que ça c'est une grève qui risque de n'être que la première d'une longue série. Je leur demande vraiment de réfléchir. Aujourd'hui, la SNCF, l'image de la SNCF est en jeu, et les cheminots ont toujours su préserver l'image du service public.

4:18
Présentateur

Il faut renforcer, comme vous l'aviez souhaité lors de la longue grève de la SNCF de 2014, il faut renforcer le service minimum sur le rail ?

4:25
Valérie Pécresse

Évidemment, il va falloir que la SNCF, et je l'ai dit à Guillaume Pépi, il va falloir que la SNCF prenne toutes les mesures pour que le service minimum soit assuré pendant cette période. Ça nécessitera beaucoup d'énergie, je l'imagine, mais c'est indispensable. Et le syndicat des transports d'Ile-de-France que je préside veillera à cela. Et puis, nous travaillerons à essayer de voir comment nous pouvons soulager les usagers aussi, et consulager les voyageurs.

4:50
Présentateur

Valérie Pécresse, je voudrais qu'on revienne sur deux mesures qui figuraient dans votre programme pour la région Île-de-France d'abord, ou en tout cas que votre majorité vient de mettre en application. D'abord, le pass contraception, ce dispositif initié il y a quelques années par Ségolène Royal, qui permettait aux jeunes filles franciliennes de consulter gratuitement et anonymement pour se faire prescrire un contraceptif. Vous venez de supprimer le pass contraception. Pourquoi ?

5:13
Valérie Pécresse

Alors d'abord, c'est totalement inexact. Alors vous me permettrez juste... Qu'est-ce qu'il faut ? Je vais vous raconter l'histoire exacte, parce que je voudrais clore cette polémique, qui est une polémique qui ne grandit pas celle qui la relaie. Je vais même dire qui est un peu honteuse.

5:27
Présentateur

Vous pensez à Kina Jadvalo-Belkacem ?

5:28
Valérie Pécresse

Je vous dirai après.

5:29
Présentateur

D'accord.

5:30
Valérie Pécresse

Alors, j'ai commencé. D'abord, un, je n'ai absolument pas mis fin aux campagnes de prévention, contraception, prévention des grossesses précoces IVG que finance la région dans les lycées. Ce n'est pas ma question. C'est notre compétence. Ah non, non, moi je vous parle du pass contraception. Vous allez comprendre. Donc, ces campagnes, j'ai augmenté leur budget de 6%. J'ai augmenté leur budget de 6%, 300 000 euros. Mais, qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai pris acte, tout simplement, de l'arrêt par la gauche, par la gauche, en catimini, fin 2013, de la distribution du pass contraception en Ile-de-France. Il n'y a plus eu, M.

Fauvel, un pass contraception distribué à une lycéenne d'Ile-de-France depuis janvier 2014. Deux ans. Donc, toutes les féministes de salon qui s'offusquent aujourd'hui de la situation auraient peut-être dû aller voir comment ça se passe dans les lycées franciliens et aller regarder ce qui se passe pour les adolescentes. Alors, qu'est-ce que nous allons faire ? Nous allons travailler sur une vraie politique de prévention. Une vraie politique de prévention, et ce sera présenté, mon plan sera présenté d'ici l'été, dans quatre domaines. La sexualité et la contraception, avec un dispositif qui sera efficace. Parce que pourquoi est-ce que le pass a été arrêté ? J'imagine.

Parce que personne ne l'utilisait. Enfin, je souhaite...

6:42
Présentateur

Est-ce qu'il ne fallait pas, dans ces cas-là, en assurer la promotion dans les lycées auprès des jeunes filles concernées ?

6:46
Valérie Pécresse

Alors, rassurez-vous, pour ce qui est du budget com, 500 000 euros ont été dépensés par la région. C'est-à-dire 500 000 euros de budget com sur le pass contraception. C'est-à-dire qu'en réalité, la politique de la gauche en faveur des adolescentes, c'était zéro résultat et 500 000 euros de communication. Voilà ce que c'était. Alors, moi, je vais faire le contraire, vous voyez. Parce que moi, la vérité, c'est que je me soucie de la santé des adolescents et des adolescentes. Et je veux les protéger. Donc, je veux mettre en place un dispositif efficace. Et pas faire de la com en disant que je suis progressiste. Vous voyez ce que je veux dire ? Il y a ceux qui font et il y a ceux qui parlent.

Eh bien, moi, je serai du côté de ceux qui font. Et dans notre politique, on mettra en place un dispositif qui sera en lien avec le nouveau dispositif national qui a été mis en place par Marisol Touraine et le planning familial. Et je souhaite aujourd'hui que nous ayons vraiment un dispositif efficace. C'est-à-dire que les jeunes aillent l'utiliser.

7:37
Présentateur

Il est bon qu'une jeune fille, aujourd'hui, en Ile-de-France ou ailleurs, puisse anonymement et gratuitement avoir un contraceptif ?

7:45
Valérie Pécresse

Bien évidemment, c'est indispensable que nous touchions des jeunes filles et des garçons. Parce que la question des maladies sexuellement transmissibles et la question du sida sont des questions aussi qui sont essentielles pour nous. Il est indispensable, un, qu'il y ait une vraie information faite par la région dans les lycées sur les politiques de contraception. Et deux, que quelqu'un qui se trouve, un jeune qui se trouve dans la détresse, puisse avoir tous les conseils et accès gratuitement, gratuitement à une consultation. Mais ce sera le cas avec la nouvelle politique de prévention que je vais mettre en œuvre.

8:17
Présentateur

Il y a une autre mesure dont on reparlera dans quelques instants, si vous voulez bien, Valérie Pécresse. Ce sont les tests salivaires dans les lycées pour détecter les adolescents qui fument du hachis. Je vous nous dirai, si vous allez le faire, c'était dans votre programme. Comment ? Qui sera au courant des résultats de ces tests ? Notamment, on en parlera juste après la revue de presse.