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interviewSud Radio· 27 avril 2025 22 min

Le langage des ados - La vie en mieux

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Academia vous présente La vie en mieux question d'éducation Catherine Bully. Bonjour à tous, merci d'être avec nous sur Sud Radio. Nous sommes ravis de vous retrouver comme chaque dimanche.

Merci pour vos questions. Chaque semaine plus nombreuse. Vous savez que vous pouvez toujours retrouver cette émission sur l'appli Sudradio ou sur le site internet sudradio.fr.

Alors, un sujet ludique, c'est vrai que pour nous, la zone C vacances, mais elle se termine ce soir. Et nous on sort un peu des sentiers battus ce matin et des sujets directement liés à l'éducation de nos enfants puisque nous allons parler de leur façon de s'exprimer des expressions qu'ils utilisent tous les jours alors qui vous agacent peut-être ou qui vous font sourire. Si je vous dis Bertrand Arthur ma poucave sarip depis mamif savait tout.

Waouh vous avez compris ? Moi, j'ai je comprends pas toujours et vous avez peut-être vous non plus l'impression de ne rien comprendre et c'est bien normal si ces mots peuvent être connus pour d'autres, c'est plus compliqué. Évolution des langues, mélange culturel, réseaux sociaux.

D'où viennent ces expressions ? D'où viennent ces mots qui chaque année sortent de la bouche de nos enfants et pour certains d'entre eux qui rentrent dans le dictionnaire. Et nous allons voir comment rentrent-il, comment sont-ils susceptibles d'être intégrés au dictionnaire ?

Et bien nous en parlons aujourd'hui avec notre invité Bertrand Perrier enseignant avocat spécialiste de l'art oratoire. Bonjour [Musique] la vie en mieux question d'éducation. Catherine Bully.

Alors Bertrand chaque année nos ados nous surprennent avec des nouveaux mots, des nouvelles expressions. Certains même sont entrés dans le dictionnaire 2024 bad, goster, avoir un crush. D'où viennent tous ces mots, touses ces expressions bertempé ?

Ils ont des origines diverses euh parfois très classiques comme le verlag chamé euh parfois de langues étrangères, l'anglais comme prank ou glowup euh de l'arabe, la hess ou euh même du langage euh rome, euh par exemple euh le mot poucaave que vous avez employé tout à l'heure. Donc il y a le Verlan, il y a les langues étrangères et puis il y a un phénomène très classique qui est la troncature. C'està-dire abréger un mot.

À ce qui paraît devient asip, charognard devient charot. Et donc vous avez toute une série d'origine ce qui est frappant et vous l'avez dit c'est que leur durée de vie s'abrège. On a l'impression que en 6 mois un mot qui était très à la mode devient totalement tiné.

Je pense à Quakoué par un exemple qui était le grand mot et qui est depuis a totalement disparu et quelqu'un qui l'emploirait mais qui veut rien dire en fait. Non mais il n'était pas destiné à dire quelque chose. C'était la caractéristique de ce mot.

C'était simplement un mot gag, mais ces mots ont, semble-t-il, un carousel de vie extraordinairement bref. Et un mot, c'est un vraiment un un effet de mode de plus en plus rapide, ce qui rend la chose de plus en plus difficile à suivre. Mais moi, ce qui me fascine, c'est la rapidité à laquelle ils intègrent tous ces mots.

Parce qu'à chaque rentrée, finalement, il y en a des nouveaux. Il y a des nouvelles expressions, des façons de s'exprimer qui sont qui sortent là comme des champignons et je me dis mais ils ont une rapidité à les utiliser, à les intégrer dans leur vocabulaire qui est incroyable. Oui, mais parce que ça va aussi avec la rapidité notamment des réseaux sociaux qui propagent euh ces mots et comme on y reviendra peut-être, le langage c'est d'abord une façon de se reconnaître, de faire partie d'un groupe et bien dès qu'on veut à une rentrée s'intégrer dans un nouveau groupe d'élèves, dans un nouveau club sportif, dans un nouveau groupe d'amis, et bien il faut en adopter le langage.

Et à partir du moment où les youtubeurs à partir du moment où les TikTokurs font la loi en matière lexicale et qu'ils invent à chaque fois des nouveaux mots qui sont des effets de mode encore une fois de plus en plus rapide et bien il faut suivre mais c'est vrai que c'est parfois épuisant. Alors il y a des mots whipping. Oui.

Alors tu m'as whipping. Alors tu as whipping. Alors whipping c'est quoi ?

C'est tu as rien compris ? Tu as tout mélangé. Oui, c'est c'est c'est des mots pour le coup qui parfois n'ont aucun sens propre et donc ça relève vraiment du langage crypté.

Mais c'est très important pour nos ados d'avoir un langage crypté, un langage que nous ne comprenons pas parce que le langage c'est à la fois se rassembler mais c'est exclure aussi les autres. Et donc ils ont besoin d'un espace à eux, d'un espace physique qui est leur chambre et d'un espace lexical langagier qui est la série d'expressions hermétique pour nous mais bien confortable pour eux. Alors besta h tu es ma besta, tu es mon besta, tu es mon meilleur ami.

Meilleur ami. Voilà. Alors ça, bon on le voit facilement puisque best ça vient de l'anglais.

Donc mais encore une fois c'est un langage grégaire. Il faut bien comprendre que le rôle de cela, c'est de se reconnaître dans une génération, dans un quartier, dans un milieu social. Et donc ça n'a pas non plus toujours vocation à être compris par tout le monde.

Euh les euh les les louchésbem, les bouchées desales euh avait un langage crypté. Euh l'argot était à l'origine un un langage que parlaient les voyou pour ne pas être reconnu par les policiers. Et donc ce langage a aussi vocation à exclure ceux qui ne le parlent pas.

Alors on entend beaucoup aussi parler d'africation. Ah oui c'estàdire alors l'africation là c'est c'est différent. C'est plutôt une façon de s'exprimer, c'est la prononciation finalement des mots.

Oui, c'est c'est une question de consonne. Alors, il faut tout de suite dire parce que ça a beaucoup excité les passions que à l'africation n'a rien à voir avec l'Afrique. n'a rien à voir.

Enit afriquer une consonne, c'est faire se succéder, pardon, c'est un peu compliqué, une consonne dite occlusive, c'estàd que on prononce avec la bouche fermée comme p de et une consonne dite fricative d'où le mot afriqué qui est une consonne où l'air passe dans les lèvres. Donc si je fais ce succéd, c'est une affrication. Si je dis agriculture, et bien c'est une thé de agriculture.

C'est très répandu. Euh mais certains politiques d'ailleurs l'emploi, par exemple Gabriel Atal dit souvent agriculture euh et donc il y a un ch qui s'est un peu glissé entre le t et le U. Et évidemment c'est un langage qui est issu du milieu marseillais, lui-même issu du milieu pied noir.

Et c'est ainsi que vous avez la cantine, tu vas bien donc le thé le dieu. Voilà. Euh et donc euh c'est c'est très fréquent.

Euh vous avez ça beaucoup chez nos amis québécois euh Tabernacle. Alors c'est plutôt chinté chez eux, vous avez plutôt TS mais euh cet ajout d'une chintante derrière une consone inclusive. Voilà ce qu'on appelle l'africation qui est très ancien dans notre langue mais qui est là encore un marqueur d'une communauté.

Mais vous diriez que cette évolution, elle est particulièrement présente depuis combien d'années ? Elle elle est présente depuis tout le temps. En réalité, on retrouve des des des signes d'africation depuis le début du 20e siècle.

Et les mots les les petits mots qu'ils utilisent entre eux là qui ont des des sources divers. Mais on on a toujours on avait les nôtres chez Bran. Bon bah aujourd'hui on dirait ça, on serait qualifié immédiatement de boomer.

Ah bah ça c'est clair. Et et et donc en été ce qui s'accélère c'est plutôt le rythme mais le principe même d'un langage entre guillemets jeune inaccessible aux adultes et de l'agacement que ça provoque chez les adultes, c'est l'histoire de l'humanité. Est-ce que la culture du rap les réseaux sociaux TikTok a pas renforcé un petit peu ?

Bien évidemment, parce que il faut bien comprendre que les jeunes se nourrissent de modèles et donc vous avez évidemment TikTok, vous avez évidemment YouTube mais vous avez un autre grand modèle pour les jeunes qui est la téléréalité et donc à partir du moment où les comédiens de téléréalité emploient l'africation, emploient des anglicismes, emploie une troncature du Verland, et bien ça sert de modèle parce que encore une fois le langage est un sentiment d'appartenance, c'est une façon d'appartenir, c'est une façon de s'identifier et à partir du moment où les jeunes ont pour idéal de ressembler à tel YouTubeur, tel TikTokeur, tel comédien de téléréalité, ils emploient aussi son langage. Est-ce que vous diriez que c'est on dirait une évolution positive ou non au niveau de notre société ? Ces évolutions de langage, c'était de langage.

La question du jugement de valeur se pose, c'est un fait. On on peut pas lutter contre la marée mais de la même façon on peut pas lutter contre les apports. Le français s'est toujours nourri d'apports extérieurs.

Souvent d'ailleurs, ce sont des des apports et des allers-retours avec l'anglais par exemple. On a des allers-retours, on a un mot euh qui vient euh du français par exemple. Le mot crush vient d'un mot français à la base qui veut dire éclater, croisser.

Et donc il est allé en anglais et puis il revient chez nous sous le sens avoir un coup de cœur à tomber amoureux. Donc il y a des il y a des porosités entre la langue française et d'autres langues. Ça a toujours existé.

Après, on peut s'en désoler si on considère que en réalité, c'est plutôt une question de contexte si vous voulez. Ce qui n'est pas choquant, c'est que ces mots existent. Ce qu'il l' C'est qu'il souhaitent employés dans un contexte d'énonciation qui n'est pas le bon.

Qu'ils emploient cela entre eux pour se reconnaître. C'est très bien à partir du moment où ça vient dans une copie d'examen, dans un oral du bac ou dans une discussion avec des adultes, là c'est inadapté. Donc ce dont on pourrait se désoler, c'est l'absence de conscience que ces mots sont réservés à un certain contexte de dénonciation.

Et en tant qu'enseignant, est-ce que vous constatez que ces jeunes savent finalement faire la différence entre l'utilisation ? Toujours, pas toujours. Alors, il y a autre chose que cela dans les copies d'examen que l'on voit parfois par réflexe, c'est le langage SMS.

Et donc vous avez parfois et là c'est dramatique dans une copie un langage SMS qui s'est glissé parce que avec quel mot par exemple ? Je je n'ai pas d'exemple en tête mais vous avez euh TKT non peut-être pas pour le correcteur mais c'est vrai que vous avez parfois du langage SMS qui surgit dans un contexte qui n'est pas acceptable. Vous restez avec nous.

On se quitte pour une petite page de pub. On se retrouve dans 2 minutes pour parler de ces expressions, de ces mots, de ces ticagutilisent nos ados cours pour communiquer. Entre eux, on se retrouve tout de suite avec Bertrand Perrier.

Academia vous présente la vie en mieux question d'éducation. Catherine Bully. La vie en mieux spécial éducation.

Nous sommes ensemble jusqu'à Mini pour parler de ces titres de langage, de ces nouveaux mots, de ces expressions qu'utilisent vos ados pour communiquer entre eux. Nous sommes avec Bertrand Berrier, enseignant, avocat et spécialiste de l'art oratoire. Est-ce que l'évolution de ce langage pour vous, il y a est-ce qu'il y a un enjeu sociétal derrière ?

Énorme puisque vous savez que le langage est un marqueur social. Dis-moi comment je tu parles, je te dirai qui tu es. Et donc, on se juge inévitablement les uns les autres.

Il y a une statistique assez étonnante. Lorsque vous prenez la parole pour la première fois devant un interlocuteur qui ne vous connaît pas, sachez que cet interlocuteur vous classe dans une catégorie socio-professionnelle au bout de se mots. Vous avez dit sep mots à une personne et elle sait déjà quel type d'étude vous avez faite, quel métier vous exercez, quel milieu social est le vôtre.

Et donc il y a une sorte de jugement social et donc ça peut être très stigmatisant. Quelqu'un qui parle mal ou qui a un accent, il est aussi jugé là-dessus. D'ailleurs, c'était assez amusant de voir que certains députés ont l'accent du sud, par exemple, lorsqu'ils sont dans le sud et le perdent dans le TGV.

Parce que parler, c'est pas seulement dire un message, c'est dire qui l'on est et donc c'est toute la personne que l'on juge sur sa façon de s'exprimer. Mais alors pour les Québécois, ce que vous dites là est quand même un petit peu ennieu parce que c'est vrai que quand on écoute le québécois, on trouve ça charmant. Mais alors, est-ce que ça veut dire que le Québécois avec cet accent est jugé dès la première phrase qu'il prononce ?

Alors, il est peut-être aussi jugé par des gens qui partagent cette base lexicale avec lui, mais c'est vrai que pour nous, un Québécois qui arrive chez nous par exemple à Paris, on le trouve plutôt sympathique. Mais il y a toute une série de stéréotypes sur les façons dont on Par exemple, la question du langage banlieu avec 1000 guillemets autour, c'est une vraie question. Est-ce que on doit le gommer ?

Est-ce que on doit vivre avec ? Et donc en réalité, ça interroge aussi nos stéréotypes de récepteur de la langue. Comment est-ce que je juge quelqu'un ?

Et est-ce que en le jugeant, je ne manie pas des stéréotypes que je devrais interroger ? Donc finalement, vous avez plutôt l'intention de nous dire que ces mots, ces expressions qui évoluent et qui existent depuis toujours finalement ne tuent pas notre langue. Mais non, ils l'enrichissent.

Sinon, si la langue était hermétique à tout, on parlerait latin. Le français est né du latin parce que le latin a été perméable à toute une série d'évolution. Et donc, l'apport est nécessaire à la survie même de la langue.

Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la langue c'est pas un corps fermé. La langue c'est d'abord un usage. C'est quelque chose qui appartient à ceux qui la parlent et donc ceux qui la parlent l'enrichissent parce que le commerce est ouvert, parce que la culture est ouverte.

Et donc cette ouverture du monde crée l'ouverture de la langue. La langue, elle est le reflet d'un monde. Elle peut le construire aussi, mais elle en est d'abord le reflet.

Et donc il est normal qu'à une société mondialisée corresponde aussi une langue plus ouverte et ouverte aussi à des mouvements plus rapide parce que les nouvelles technologies parce que les échanges humains sont eux-mêmes plus rapides. Oui. Et vous avez dit quelque chose tout à l'heure de très important aussi, c'est que ça permet pour nos jeunes notamment d'intégrer un groupe et de se sentir considéré à l'intérieur d'un groupe.

Et en ça, c'est quand même aussi quelque chose d'essentiel, surtout à un moment clé qui est l'adolescence bien sûr où on veut absolument s'intégrer, avoir des amis, mais ça vaut aussi pour les adultes. Nous nous reconnaissons entre professions. Je suis avocat, vous me montrez une lettre, je sais immédiatement si elle est écrite par un avocat.

Et donc c'est la même chose pour un médecin, c'est la même chose pour un notaire. On a des jargons qui nous permettent à la fois d'être plus efficace entre nous parce que on se comprend et puis de créer une bulle de protection. Et nos ados parce qu'ils ont ce langage que nous ne comprenons pas, ils se sentent protégés et ils ont une sorte de petite bulle là qui n'appartient qu'à eux.

Ouais. En fait, c'est quelque part une signature signature absolument de reconnaissance, d'intégration. Euh c'est une façon aussi de faire différemment des parents.

C'est ce que vous disiez. C'est important aussi à leur âge de d'avoir ce mode de communication qui leur appartient et finalement qui n'est pas le langage des entre guillemets des boomers, des darons, des daronnes, bien sûr des parents. Encore une fois, c'est le contexte qui fait tout.

Il y a pas de problème à leur laisser dire ce qu'ils veulent tant que c'est dans un contexte qui est adapté. On ne dit pas d'Aaron d'Aaron chez des amis de ses parents que l'on ne connaît pas. Voilà, c'est juste une question de de contexte.

On ne dit pas daron daron à un proviseur, à un professeur, mais si on le dit à un ami parce que on a ce sole commun, euh ce pacte entre amis qui fait que on a un langage commun, il y a pas de problème. Est-ce qu'on a cette ces petits mots, ces petites expressions à l'étranger de la même manière euh que chez nous en Chine par exemple ? Je je l'ignore pour être parfaitement honnête avec vous Catherine, mais euh je j'imagine les anglais forcément j'imagine que oui parce que l'argot britannique ou new yorkaais euh nous a aussi inspiré et donc il a il y a forcément des mots de slang, c'est-à-dire le le l'argot qui dit à la fois mais mais tous les groupes, ça veut dire les noirs américains ont développé un langage particulier, les prisonniers donc toute communauté humaine a tendance à refléter son instinct grégaire dans un langage autonome.

Alors, on le disait tout à l'heure, il y a certains mots qui pénètrent dans le Lausse ou une 150 à peu près chaque année. Comment ils sont choisis ces mots ? Pourquoi tel ou tel mot ?

Alors, c'est intéressant que vous ayez dit Larousse parce qu'il y a pas il y a plusieurs marques de dictionnaire euh et en réalité le Larousse est le plus ouvert. Traditionnellement, les mots intègrent d'abord le Larousse avant d'intégrer le Robert qui a une dimension plus conservatrice. En réalité, il y a trois critères pour faire entrer un mot dans le dictionnaire.

Vous avez évidemment des lexicographes qui observent l'emploi de la langue. Il y a trois choses. Il y a la fréquence évidemment, on mesure à quel niveau le mot apparaît.

La diffusion, c'est-à-dire quel est l'élargissement de son usage et puis la pérennité pour éviter de faire entrer un mot dans un dictionnaire, ce qui est grave, même si un mot peut aussi sortir du dictionnaire mais parce que c'était simplement un effet de mode. Vous avez l'usage, la fréquence et la pérennité. Et avec tout cela et bien 150 mots entre chaque année dans le dictionnaire qui révèle les nouvelles technologies, qui révèlent les mouvements sociaux, qui révèle tout ce qui fait notre vie quotidienne et qui aussi la change.

Par exemple, il y a eu plein de nouveaux mots qui sont nés de la période Covid et donc cette période qui a été un bouleversement de nos vies a été un bouleversement de notre langue. Oui. Puis des petits mots même d'origine anglaise.

Gosté par exemple qui est qui est rentré. Oui. MV est entré sûr nassé. est entré il y a quelques années parce que on a vu ces manifestations qui étaient nassées.

Enfin voilà, c'est c'est un reflet. Ce qu'il faut bien comprendre dans l'histoire du dictionnaire, c'est que Alain Ray, le grand lexicographe disait "Le dictionnaire est un observatoire et pas un conservatoire." Et il faut bien comprendre que rentrer dans le dictionnaire, c'est pas une approbation.

Il y a plein de mots dans le dictionnaire qu'on approuverait pas du tout. Le mot nazi est dans le dictionnaire et personne n'encourage à l'emploi de ce mot ni l'approuve. Il y a même des mots vulgaires dans euh le dictionnaire.

Simplement le dictionnaire enregistre un usage. Il n'est pas prescripteur. Il ne dit pas "J'approuve cela".

C'est simplement une photographie. C'est la langue telle qu'elle est et non pas la langue telle qu'on voudrait qu'elle soit. Donc parfois on se désole en disant "Ah tel mot entre dans le dictionnaire".

C'est dramatique. Mais le dictionnaire ne fait qu'enregistrer la langue telle qu'elle se parle. Et donc si on veut que tel mot qui est entré en sorte, on n' qu'à plus l'utiliser.

Est-ce que ces mots qui rentrent dans le dictionnaire et qui observe donc les trois critères que vous venez d'énoncer, il durent longtemps ? Est-ce que est-ce il y a une durée de vie ? Non, mais il y a des mots qui sortent parce que en réalité ils ne sont plus usités et la langue vit de son usage.

Elle appartient à chacun d'entre nous. C'est la raison pour laquelle vous avez un autre sujet très urtiquant sur la langue qui est l'écriture inclusive. Oui.

Et bien l'écriture inclusive, certains l'utilisent mais si il s'avère que finalement elle ne sert à rien, si ce n'est à être un langage extrêmement marginal, elle s'apauvrira d'elle-même. S'il s'avère qu'elle correspond à un besoin d'inclusion par la langue, pourquoi ne pas la laisser prospérer ? Peut-être ça peut être un militantisme, peut être ça peut être très marginal, mais la langue encore une fois appartient à ceux qui la parlent ou à ceux qui l'écrivent.

Et donc c'est un usage. L'usage gouverne la langue. Ça ne sert à rien de vouloir encadrer l'usage parce que sinon c'est aussi embrigader la pensée parce que euh la langue c'est d'abord le reflet de la pensée.

La pensée est libre, le langage doit l'être aussi. Et donc encore une fois, le dictionnaire n'approuve rien, il ne prescrit rien, il constate ça. Absolument.

Alors dans cette émission, on a souvent parlé de question d'éducation autour du niveau scolaire. que le niveau scolaire en France baisse. Est-ce que cette nouvelle forme de langage aussi euh qui prédomine quand même leurs échanges, est-ce que quelque part entre les écrans, les réseaux sociaux, euh l'absence de lecture, est-ce que tout ça ne va pas dans le sens peut-être de cette baisse de niveau ?

Justement, deux choses m'inquiètent là-dessus. D'abord euh le plus grand nombre de lieux où les ados sont exclusivement entre eux. Avant les ados avaient, c'est vrai, des moments où ils étaient entre eux, mais la plupart du temps, ils vivaient avec des adultes.

Avec les réseaux sociaux, avec TikTok, avec les boucles WhatsApp, ils vivent de plus en plus dans un monde numérique et fermé et clos. Et donc se développe sur ces boucles beaucoup plus facilement que de notre temps, je m'inclus, j'ai 52 ans, euh des pratiques langagère autonome et virales. Et donc euh c'est vrai que les adultes auraient intérêt à surveiller euh non seulement le temps d'écran, mais le temps d'écran entre ados.

C'est important que les adultes mettent leur grain de sel là-dedans et voi ce qui s'y passe. Première chose, parce que ça ça favorise effectivement l'idée que on parle comme ça parce qu'on parle tout le temps comme ça et donc la barrière de l'usage et du contexte dénonciation devient plus facile à franchir parce que l'habitude de parler comme ça fait que on parle toujours comme ça y compris avec un adulte. Et puis la deuxième chose c'est la durée de lecture.

La durée de lecture est de plus en plus faible. Il y a Non, mais on l'a objectivé l'étude du CNL qui est paru il y a quelques jours sur les pratiques de lecture montre que un euh dans les 15 24 ans c'est vraiment les les ados tardis vraiment lisent pour leur loisirs 28 minutes par jour, c'est-à-dire 13 minutes de moins que l'année dernière. Voyez à quel point et on sait que la lecture crée le vocabulaire, la lecture façonne la langue, façonne la pensée, crée l'imaginaire.

Tout cela est très important. Et là pour le coup, il y a un vrai défi de faire lire nos ados. Merci beaucoup Bertrand Perrier.

Merci. On se retrouve dimanche prochain pour une nouvelle question d'éducation. Bonne semaine à tous.

Academia vous a présenté la vie en mieux question d'éducation. Catherine Bully. M.