Réforme des retraites, grève des transports, municipales... le "8h30 franceinfo" de Guillaume Peltier
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Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. Les Républicains dont vous êtes donc le numéro 2 s'opposent à la réforme des retraites. Vous irez manifester tout à l'heure ?
Non, je suis comme une grande partie des Français opposé à la réforme Macron, mais je considère que le blocage ou les grèves à répétition ne sont pas la solution. Même si, à mon sens, comme à celui de Christian Jacob, tous les Républicains, c'est que le premier responsable de la situation que nous connaissons depuis quelques jours, c'est le Président de la République, c'est Emmanuel Macron et c'est son gouvernement.
Là, on ne parle pas de grève ou de blocage. Un de mes manifestations pacifistes dans la rue cet après-midi, la plupart des partis politiques, à l'exception des marcheurs et des Républicains, y seront. Pourquoi pas vous ?
Parce que, moi, je considère en tout cas que mon rôle de parlementaire, c'est au sein de l'Assemblée nationale de me battre pour proposer un chemin alternatif. Qu'est-ce que nous avons fait avec Christian Jacob et Eurlien Pradier la semaine dernière, dès mercredi dernier ? Nous avons mis sur la table des propositions, reprises d'ailleurs tout au long du week-end par Éric Wörth, par Xavier Bertrand. Nous sommes globalement tous sur la même ligne pour dire la chose suivante. Le statu quo n'est pas possible. Nous devons réformer notre système de retraite. Mais un... C'est mot pour mot ce que dit Jean-Paul Delevoye aussi, le statu quo n'est pas possible.
On pense exactement le contraire parce que eux ce sont des mots, nous ce sont des actes. Qu'est-ce que nous proposons concrètement ? D'abord de dire la vérité aux Français. Oui, nous devons travailler davantage. Un an de travail supplémentaire, c'est 16 milliards d'euros en plus pour financer les retraites. Parce que nous proposons cette réforme courageuse, nous pourrons entamer une réforme juste. Une retraite minimale à 1000 euros, la garantie du pouvoir d'achat de tous les retraités, le maintien des droits familiaux pour toutes les mères de famille, la prise en compte de la pénibilité pour tous les Français concernés par les duretés du travail. Voyez bien qu'à l'inverse de M.
Macron, il faut bien que les Français comprennent, nous avons avec M. Macron la double peine. Nous n'avons pas de réforme et nous avons la grève et les blocages. Avec les Républicains, vous pouvez avoir une réforme courageuse et juste. Parce que l'idéal que portent et qu'attendent les Français, c'est la justice sociale.
Vous faites donc d'Emmanuel Macron le principal responsable des blocages actuels, des difficultés dans les transports, de ces grèves-là. Et vous dites avec les Républicains qu'il n'y en aurait pas. Pourtant, à chaque fois qu'il y a une réforme des retraites, lorsque la droite était de pouvoir, en 2003, en 2010, il y a eu des manifestations et des grèves. François Fillon, il y a quelques semaines, s'amusait même, il considérait Emmanuel Macron comme un petit joueur. Je le cite parce que lui, François Fillon, avait mis, disait-il, 2 millions et demi de personnes dans la rue.
Et Renaud Delis, vous vous souvenez par exemple de la réforme Sarkozy de 2010 ? A quelques mois d'élection présidentielle, quel courage ! 14 journées de manifestations et des millions et des millions de gens dans la rue. Des manifestations et très peu de blocages, mais... Des manifestations, très bien, très peu de blocages, mais... Une réforme incroyablement courageuse pour passer de 60 à 62 ans, qui a garanti la pérennité du système de retraite et le pouvoir d'achat des retraités pendant 10 ans.
Et on sait aussi que Nicolas Sarkozy a renoncé à supprimer les régimes spéciaux, qu'il a reculé finalement.
Non, vous pouvez, Marc Fovelle, si on est totalement honnête, bien sûr qu'on aurait pu, dû, aller plus loin. C'est le premier président de la République, Nicolas Sarkozy, à avoir entamé une réforme des régimes spéciaux.
Qui n'a pas terminé visiblement, puisqu'aujourd'hui le gouvernement tente de les supprimer avec d'autres.
On ne fait pas tout d'un coup. Le premier président dans l'histoire de la Ve République à avoir engagé une réforme des régimes spéciaux et repousser l'âge de départ des bénéficiaires de ces régimes spéciaux, c'est Nicolas Sarkozy. Mais il y a 10 ans, la situation était différente. Nicolas Sarkozy a réussi sa réforme des retraites. Il y a eu certes quelques manifestations, mais le régime, pendant 10 ans, vous imaginez ? Pendant 10 ans, le système a été préservé.
Et là, avec Emmanuel Macron, vous avez non seulement 5 jours de grève, et ça n'est pas fini, des blocages, une agressivité d'ailleurs d'une minorité absolument inacceptable, parce que de la même manière que je suis favorable à la défense du droit de grève, je suis radicalement opposé au droit de blocage ou au droit de prendre en otage les intérimaires, les travailleurs, les non-grévistes.
C'est une autre expression, Guillaume Pelletier, si on peut...
Franchement, Marc Fauvel, quand on voit l'agressivité à l'égard de certains non-grévistes, quand on voit, j'entends les témoignages des parents d'élèves, des intérimaires, des travailleurs, des artisans, des commerçants, de tous ces Français qui se lèvent, qui triment, qui galèrent et qui ne peuvent pas aller travailler librement, oui, j'appelle ça une prise d'otage. Mais la question n'est pas là. Il faut, en politique, s'attaquer non pas à la conséquence, mais à la cause. La cause, c'est l'amateurisme, l'arrogance, je dirais même l'outrecuidance d'Emmanuel Macron. Vous avez vu sa réaction hier, après-midi, lorsqu'il fut interrogé par l'un de vos confrères sur la situation de notre pays.
Il rigole, il ricane, il dit qu'il n'y a pas d'inquiétude et qu'il ne voit pas où il est le problème.
Qui avait dit, Guillaume Pelletier, quand il y a une grève dans ce pays, désormais, ça ne se verra plus ? C'était Nicolas Sarkozy. Il y avait une forme, aussi peut-être, de mépris pour les grévistes dans ses propos.
La grande différence, soyons le plus honnêtes intellectuellement possible, les Français ont le droit de manifester. Certes, le rôle de l'homme public, c'est d'aboutir à une réforme. Nicolas Sarkozy a abouti à une réforme, à quelques mois de l'élection présidentielle, passant de 60 à 62 ans. Emmanuel Macron ne propose rien. Ça fait deux ans et demi qu'il est le président de la République. Concertation, bavardage, agitation, et à la fin, rien.
Une réforme insuffisante, comme vous le disiez, puisque le Conseil d'orientation de la retraite pronostique prévoit un déficit de 8 à 17 milliards d'euros en 2025. Donc la réforme de Nicolas Sarkozy était insuffisante. Est-ce que vous prenez un nouvel allongement, un nouveau report de l'âge légal du départ en retraite jusqu'à 65 ans ?
Oui, c'est exactement ce que je viens de dire. La réforme Sarkozy 2010 a permis de sauver les retraites pendant 10 à 15 ans. Il est temps aujourd'hui... Elle date de 2010, ça fait 9 ans. Oui, le corps c'est 2025. Donc d'une bonne dizaine d'années... Donc 65 ans, âge légal du départ en retraite à 65 ans ? Non, deuxièmement, les temps changent, la natalité baisse et l'espérance de vie augmente. Il faut donc 10 ans après remettre le sujet sur la table. Comment ? Il manque de l'argent, chacun est d'accord. 10, 15 milliards. Une année de travail en plus, c'est 16 milliards d'euros de recettes supplémentaires.
Nous proposons avec les Républicains de passer dans un premier temps à 63 ans, éventuellement en fonction de l'espérance de vie à 64 ans, et grâce à ces quelques 30 milliards d'euros récupérés, d'engager une redistribution de justice sociale pour augmenter les pensions de retraite, pour créer une retraite minimale, pour garantir les droits familiaux de toutes les mères de famille, et pour engager une vraie réforme d'un système de pénibilité pour les Français les plus vulnérables. La réforme que nous proposons est à la fois une réforme de courage et une réforme de justice, l'inverse de ce que propose Emmanuel Macron.
Donc pour terminer sur ce point, Guillaume Pelletier, vous pouvez rassurer les insoumis qui manifestent aujourd'hui, la CGT, les autres syndicats, ce n'est pas une réforme de droite aujourd'hui ?
Ah non, c'est la réforme de l'illusion, du bavardage, d'un capitalisme financier déconnecté du réel. C'est une réforme strictement budgétaire, sans penser à l'humain. Xavier Bertrand a tout à fait raison, Xavier Bertrand a proposé un simulateur. Alors, il a raison, il serait intéressant que M. Philippe, dès demain soir, mette sur la table l'idée d'un simulateur pour que chaque Français voit bien. Est-ce qu'avec la réforme, entre guillemets, Macron, vous gagnez ou vous perdez ? Bien sûr que chacun a compris que les retraites vont baisser avec la réforme Macron, parce qu'elle est tout à la fois injuste et lâche.
Dans la lâcheté et l'injustice, on ne construit rien de bon, à part d'opposer les Français les uns avec les autres. On poursuit cet entretien dans un instant avec vous, Guillaume Pelletier, numéro 2 des Républicains. On s'interrompt quelques instants, le temps du rappel des titres de l'actualité. Il est 9h20, voici Mélanie Delaunay.
Et la mobilisation des enseignants contre la réforme des retraites avec des écoles fermées aujourd'hui. Perturbations surtout à Paris et en région parisienne, dit Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l'Éducation fait état de 12% d'enseignants grévistes dans les écoles maternelles et primaires. Au niveau national, 35% à Paris. Les policiers menacent de durcir leurs actions dès demain. Allianz, UNSA et unité SGP Police demandent des garanties pour leur régime spécifique de retraite. A la veille des annonces d'Edouard Philippe, journée de grève interprofessionnelle, de manifestations, transports toujours extrêmement perturbés.
Un train sur cinq en moyenne, trois liaisons TER sur dix, souvent par autocar. Dix lignes de métro toujours fermées à Paris et des dépôts de bus bloqués. Conséquence encore, beaucoup de bouchons ce matin en Ile-de-France. 400 kilomètres d'embouteillages cumulés au plus fort. La Ligue 1 va revenir sur Canal+. La saison prochaine, la chaîne signe un partenariat avec Beansport, 330 millions d'euros pour retransmettre des matchs jusqu'en 2024. France Info, et tout est plus clair.
Toujours avec le vice-président délégué des Républicains, Guillaume Pelletier, voici ce que dit le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon.
Qu'il s'agit de reporter la mesure, alors faisons le plus simple. Reportons la mesure de deux ans, c'est-à-dire jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Et voyons qui, dans la prochaine élection présidentielle, qui sera élu de quelqu'un qui défendrait la retraite à points et de quelqu'un qui défendrait le contraire, c'est-à-dire l'abolition des mesures antisociales de M. Macron.
Et la raison, Jean-Luc Mélenchon, pour sortir de l'impasse, il faut régler ça dans deux ans à la présidentielle ?
Non, il faut régler ça maintenant. Là où il n'a pas tort, c'est qu'Emmanuel Macron est élu depuis le printemps 2017, que nous arrivons bientôt à 2020, et que ces deux années et demie furent des années perdues. Avec une seule décision du président de la République, c'est de nommer un haut-commissaire, en l'occurrence M. Delevoye, qui, à l'heure où nous parlons, n'a toujours pas de réponse concrète. Donc, arrêtons de tourner en rond. La politique commande du courage, et j'espère que demain, en tout cas, nous demandons solennellement à Edouard Philippe, demain soir, de mettre sur la table des propositions concrètes.
A notre avis, pour sauver les retraites, il faut, un, travailler un peu plus longtemps, et en échange des recettes supplémentaires engrangées, redistribuer à tous les Français qu'ils méritent.
Ce qu'on sait, Guillaume Pelletier, c'est qu'Edouard Philippe, en présentant sa réforme demain, il va évoquer une réforme systémique, un changement de système, une retraite par point. Vous, à titre personnel, vous êtes plutôt favorable à ce système de retraite par point ?
Non, dans mon livre Milieu de Cordée, je disais, comme Eric Wörth, qu'il n'était pas inintéressant de basculer vers un régime universel à la condition que les points soient garantis par les partenaires sociaux. On voit très bien que l'idée... Vous y êtes plutôt favorable à ce système, alors que votre parti est hostile. Non, attendez. D'abord, en politique, chacun a le droit de faire un certain nombre de propositions et d'aller au plus loin de sa réflexion. Même quand on est numéro 2 de son parti, on va avoir des positions en désaccord avec son parti.
On se met d'accord, on travaille ensemble, avec Christian Jacob et l'ensemble des ténors de notre formation politique, à l'issue de plusieurs réunions de travail, nous nous sommes mis d'accord sur les propositions que je viens de vous faire, que je porte au nom des Républicains, au nom de Christian Jacob. Travailler un peu plus longtemps et engager une vraie politique de redistribution sociale pour augmenter les pensions, sauver le régime des retraites et permettre à tous les Français, artisans, commerçants, avocats, maires de famille ou travaillant de manière pénible, d'être mieux récompensés et mieux protégés.
La France mérite du courage et de la protection, du courage, de la justice sociale. C'est l'inverse de la politique de M. Macron.
Précisément sur cette question du point qui sera la base du calcul des pensions du futur système, voici ce que Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire chargé de cette réforme, disait hier lors de la restitution des concertations. Je retiens un consensus pour conserver l'ADN du système de retraite français, un système par répartition. Il y a aussi une demande forte de garantie de la valeur du point. Et beaucoup souhaitent que cela prenne la forme de l'inscription dans la loi du principe que cette valeur du point ne pourra pas baisser.
Pourquoi vous faites non de la tête ? Il est haut-commissaire, ça fait deux ans et demi que le gouvernement est aux responsabilités et donc le gouvernement de M. Macron découvre aujourd'hui que les Français sont attachés à un régime par répartition et qu'il faudrait garantir le point.
S'il est inscrit, Guillaume Pelletier, dans la loi que le point ne peut pas baisser, est-ce que vous y seriez favorable à cette mesure ?
Non, je redis qu'avec les Républicains, la seule proposition qui nous sommes juste aujourd'hui, c'est de dire quelque chose de très simple et de très clair aux Français. Pour sauver les retraites, il faut travailler un peu plus longtemps, 16 milliards d'euros de recettes supplémentaires chaque année, et qu'avec cet argent, nous pourrons garantir les pensions, augmenter les petites retraites et engager une vraie réforme de justice. Le problème d'Emmanuel Macron, c'est que c'est un président injuste, au-delà du fait qu'il est arrogant. Et de cette injustice qu'il incarne,
est en train de naître une immense contestation dans notre pays. Une partie de votre camp demande qu'on réquisitionne les grévistes, notamment à la SNCF. C'est votre cas aussi ou pas ?
Oui, je pense que la proposition de loi de Bruno Retailleau va dans le bon sens. Pourquoi ? Je suis favorable et un défenseur du droit de grève qui est un droit fondamental et qui n'est pas question de remettre en cause, comme du droit de manifester, vous l'évoquiez tout à l'heure. Mais, quand je vois que des dépôts de bus sont bloqués par des grévistes pour empêcher les non-grévistes de circuler, quand je vois comment des non-grévistes, et c'est leur droit aussi, sont attaqués et agressés par certains, quand je vois ces millions de Français qui n'ont pas d'autre choix que d'aller travailler, certains intérimaires qui s'inquiètent même de perdre leur emploi.
Tous ces collégiens, ces lycéens qui sont aujourd'hui en galère, oui, je crois qu'un service minimum garanti est indispensable et que pour garantir ce service minimum, s'il faut aller jusqu'à la réquisition d'un certain nombre de personnel comme cela existe pour les pompiers ou dans les hôpitaux, ce me semble être sage. Si on réquisitionne un gréviste, qu'est-ce qui reste du droit de grève ? Il reste que, dans la plupart des cas, il pourra faire grève. Sauf s'il est inquisitionné. Il ne peut pas faire grève tout le temps, n'importe quand, et au détriment de l'intérêt général et du bien commun. Vous savez, dans la vie, nous avons tous, vous, moi, des droits et des devoirs.
Et dans ce cas-là, vous le faites où ? Dans les transports ? Ah oui, je pense qu'aujourd'hui, que ce soit dans les transports régionaux ou dans les transports nationaux... Dans l'éducation ? Dans l'éducation, on voit qu'aujourd'hui, ça fonctionne, sauf cas exceptionnel, plutôt pas mal, puisque le service minimum, je vous rappelle, existe et qu'il fonctionne. A l'exception de Paris, je connais les difficultés, mais je pense que l'urgence absolue pour remettre la France au travail et permettre à la France du travail d'être défendue, c'est d'engager un service minimum et éventuellement une réquisition dans les transports publics.
Et pourquoi est-ce que la droite ne le faisait pas lorsqu'elle était au pouvoir ?
Il y a dix ans, vous savez qu'il y a une première loi, là encore, initiée par Nicolas Sarkozy, qui a été créée sur le service minimum. Et on voit qu'il n'existe pas. Qui permet la garantie d'un minimum de service, que c'est insuffisant, disons après. Il y a simplement un devoir d'information, aujourd'hui, des usagers. Les pratiques ont changé parce que, hélas, la loi est parfois contournée. Vous savez que la loi Sarkozy, c'est d'obliger 48 heures avant la grève, de se déclarer gréviste pour informer les usagers. Pour informer et permettre à l'entreprise d'organiser le fonctionnement. Cette loi est hélas contournée.
Il faut donc aller plus loin, compte tenu de certaines organisations minoritaires qui ne veulent pas faire grève, qui ne veulent pas manifester, qui veulent bloquer notre pays. Par qui et comment elle est contournée ? Les Républicains, nous sommes le parti de la juste mesure. Nous sommes le parti de l'équilibre. Nous sommes un parti juste. Le droit de grève est manifesté, oui. Le droit de bloquer tout un pays, non. Mais cette loi, aujourd'hui, n'est pas contournée. Elle est appliquée. Elle est contournée par un certain nombre d'organisations syndicales, vous le savez, qui sous-déclarent ou surdéclarent le nombre de grévistes dans les 48 heures.
Donc, ça ne permet pas aux entreprises de s'organiser. C'est la raison pour laquelle, dans ces cas exceptionnels, nous proposons l'éventuelle réquisition.
Parmi les revendications des grévistes dans les transports, il y a la défense du régime spécial en vigueur à la SNCF, du régime de retraite spécial en vigueur à la SNCF ou à la RATP. Vous êtes favorable à la suppression de ces régimes spéciaux, Guillaume Pelletier ?
Oui, d'ici 2025, au plus tard. Pour ma génération, il n'y a plus aucune logique à ce que des régimes spéciaux qui avaient peut-être leur utilité il y a quelques décennies. Aujourd'hui, ça n'a plus lieu d'être. Je vais vous donner un exemple. J'ai été chef d'entreprise et j'ai été professeur d'histoire-géographie. J'ai eu deux métiers. Je ne comprends même pas pourquoi, en tant qu'entrepreneur, j'ai droit à 50% des 25 meilleures années et en tant que fonctionnaire, qui était mon premier métier, j'ai droit à 75% des 6 derniers mois. On n'y comprend plus rien. Ma génération veut une réforme juste, équilibrée, équitable.
Et pour que ce soit juste, il ne peut pas y avoir de privilège des uns par rapport aux autres. Il faut que le travail paye et que le travail paye mieux dans notre pays. C'est la raison pour laquelle nous faisons cette proposition.
Et on réforme aussi le système des sénateurs ?
Ah mais tous les systèmes, vous avez le régime des députés. Les députés ont modifié leur système.
Vous n'êtes pas les sénateurs, Gérard Larcher, pour l'instant, refuse qu'on y touche. Le président du Sénat qui est de votre camp. J'ai été élu en 2017, je n'ai pas profité,
et heureusement, du régime de retraite exceptionnel des députés. Il me semble que tous les Français, et certainement au premier rang, les parlementaires, doivent montrer l'exemple. Et ça, vous allez donc le dire à Gérard Larcher ? On le dit depuis très très longtemps.
Il vous répond quoi ?
On n'a pas échangé directement sur le sujet. C'est aux sénateurs de prendre leurs responsabilités, ce n'est pas aux députés d'imposer... Puisque c'est la particularité, c'est le Sénat lui-même qui gère son propre système, et c'est à lui de le réformer. Mais ne changeons pas de sujet, je vous vois venir. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que le président de la République, que le président de la République et le Premier ministre, proposent et mettent sur la table une réforme juste. Ça n'est pas en parlant aujourd'hui du Sénat, ou de tel ou tel régime spécial, d'ailleurs, dont je n'ai pas parlé... C'est une question d'équité aussi, le régime sénatorial. Là aussi, on est au cœur du sujet.
Je ne peux pas être plus honnête, plus équilibré et plus sincère. Tous les régimes spéciaux doivent être réformés. Attente de la transparence, de l'égalité et de la justice.
9h10 sur France Info, Mélanie Delaunay, pour le rappel de l'actualité. Et on poursuit cet entretien avec vous dans un instant.
On ne peut pas se permettre de faire durer ce mouvement encore des jours et des jours, dit le président de la FNOT d'Île-de-France, la Fédération des Usagers des Transports, sur France Info. Perturbations toujours très importantes. Un train sur cinq en moyenne sur les rails. Très peu de RER, de métro en région parisienne. Au sixième jour de la grève à la SNCF et à la RATP contre la réforme des retraites. Transports en commun au ralenti aussi à Marseille, Bordeaux, Tours et Clermont-Ferrand. Les enseignants sont à nouveau appelés à se mobiliser. Aujourd'hui, ils ne croient plus aux promesses de leur ministre, dit la secrétaire générale du SNES-FSU.
Jean-Michel Blanquer table sur 12% d'enseignants du premier degré en grève contre 51% jeudi dernier. Sur cette réforme, le MEDEF accuse le gouvernement de manquer de clarté. Son vice-président a dénoncé sur France Info un manque de visibilité qui conduit à la mobilisation. Les arbitrages sont attendus demain. Avant cela, ministre et chef de file de la majorité ont rendez-vous à l'Elysée ce soir pour un dîner. Et puis cette question, l'usine Lubrizol de Rouen va-t-elle pouvoir rouvrir ? Réunion décisive aujourd'hui sur une réouverture partielle. 400 salariés sont au chômage technique depuis l'incendie dans cette usine de produits chimiques fin septembre. France Info Et tout est plus clair.
Toujours avec le numéro 2 des Républicains Guillaume Pelletier et avec Renaud Delis pour aborder maintenant la question des municipales.
Aux élections municipales, dans un certain nombre d'endroits dans le pays on voit que le Rassemblement National exerce une certaine attraction sur vos élus locaux. A 7 par exemple, le patron démissionnaire de la Fédération LR va se présenter à la tête d'une liste d'union dite d'union des droites soutenue par le Rassemblement National. Est-ce que vous redoutez cette concurrence du RN municipal ?
Je crois que ça fait une quinzaine d'années qu'avant chaque scrutin municipal 2014, régional 2015, départemental 2015 maintenant municipal 2020 on nous annonce l'effondrement de la digue entre les Républicains et l'extrême droite on nous annonce la possibilité imminente pour l'extrême droite de remporter des collectivités d'importance. Tout ça c'est du vent inventé par l'extrême droite pour masquer son incapacité à nouer des alliances et à s'élargir.
Un élu LR aujourd'hui qui s'allie ou qui s'entend avec l'extrême droite pour les municipales il sera automatiquement exclu des Républicains. C'est le cas de manière systématique.
Nous nous sommes très clairs il y a une frontière étanche entre les Républicains et cette formation politique. Pour autant, nous considérons que tous les Français, y compris les électeurs du Rassemblement National méritent d'être entendus et écoutés et que nous devons nous adresser à tous les Français il n'y a pas de Français de citoyens de seconde zone.
Et en revanche, il n'y a pas une frontière très étanche au municipal entre LR et la République En Marche puisqu'il y a beaucoup d'élus de droite en 2014 par exemple Jean-Luc Moudinck à Toulouse et bien d'autres qui sont soutenus pour ces municipales à la fois par les Républicains et par la République En Marche. On peut être en même temps LR et la République En Marche ?
Non. Renaud Delis, j'étais à Toulouse vendredi soir en réunion publique et j'ai été reçu par Jean-Luc Moudinck auparavant. Nous avons beaucoup échangé. Jean-Luc Moudinck est totalement républicain. Il est soutenu par les Républicains. Et la politique du coucou d'En Marche qui consiste parce qu'ils n'ont pas de candidats parce qu'ils n'ont pas d'implantation locale parce qu'ils ne connaissent pas la France au-delà du périphérique parisien je leur laisse cette responsabilité. Vous savez très bien Guillaume Pellet
qu'il y a beaucoup d'autres cas par exemple à Rouen c'est l'inverse c'est vous les Républicains qui soutenez le candidat de la République En Marche.
Mais ça n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai. La République En Marche n'a pas de candidats dans notre pays. N'a pas de candidats au-delà du périphérique parisien parce que la République En Marche est un parti qui repose uniquement sur l'apparition, la politique et aujourd'hui l'arrogance d'Emmanuel Macron. Ce qui est très clair à Toulouse pour reprendre le cas que vous évoquiez c'est que nous soutenons Jean-Luc Moudinck et qu'ensuite Jean-Luc Moudinck que nous soutenons à 100% constitue sa liste. En allant chercher des responsables associatifs, des hommes et des femmes qui représentent la ville de Toulouse très bien, j'ai été maire d'une commune.
Vous croyez que 100% de ma liste c'était des adhérents des Républicains ? Ça n'est pas comme ça. Pas de sanctions pour un candidat LR qui soit soutenu aussi par la République En Marche. Mais parce que nous avons bien compris la stratégie de la République En Marche qui pratique la politique du coucou. Comme je n'ai pas de candidat et bien j'invente des soutiens illusoires.
Guillaume Pelletier sait aujourd'hui qu'Éric Tecner, jeune cadre des Républicains qui avait notamment organisé la convention de la droite avec Marion Maréchal et Éric Zemmour il y a quelques mois et convoqué devant le comité départemental de la Fédération de Paris. Est-ce qu'il va être exclu pour ces liens avec Marion Maréchal ? Mais quand on passe...
Franchement, je préférais qu'on parle du pouvoir d'achat, des salaires et des grandes difficultés dans notre pays. Mais enfin, je vais répondre à votre question. Quand on passe son temps à cracher sur sa propre famille, je ne suis pas certain qu'on ait vocation à y rester. Une procédure est engagée avec Christian Jacob et Rolien Pradier. Nous souhaitions qu'elle a jusqu'au bout. Éric Zemmour fait partie de la famille
dont vous parlez ? Ce n'est pas un homme politique ? Non. C'est un homme public qui prend des positions publiques et qui participait à ce meeting-là. Là, on parle d'un militant et d'un adhérent des républicains. Il fait partie de la famille de la droite ?
Attendez. Un homme politique, heureusement, et j'espère vous aussi, quand on a envie de s'ouvrir un peu intellectuellement, on a le droit d'aller discuter avec n'importe quel intellectuel, penseur, philosophe, Éric Zemmour vous permet de s'ouvrir intellectuellement ? Moi, ça m'intéresse de discuter avec tout le monde. Oui. Des gens de droite, très à droite, du centre, de gauche, très à gauche. Oui. Moi, ça m'intéresse. Ça m'intéresse de me coucher plus intelligent que je me suis levé et pour être plus intelligent, il faut essayer de rencontrer des gens qui ne pensent pas forcément comme vous. Là, ce n'est pas le sujet.
Ce qui m'intéresse, moi, c'est qu'on soit capable avec les républicains d'ouvrir grand les portes et les fenêtres. Nous avons un grand congrès des idées en juillet prochain. Et avec Christian Jacob, notre objectif, c'est de mettre sur la table des propositions nouvelles et de présenter aux Français une alternative au duel Macron-Le Pen qu'on tente de nous imposer quotidiennement. Trois quarts des Français ne veulent ni de M. Macron ni de Mme Le Pen. Ils sont politiquement orphelins.
À nous, si nous incarnons demain la droite du travail, la droite de la laïcité, la droite des territoires, la droite de l'écologie, la droite de l'école de la République, nous serons en capacité d'intéresser à nouveau les Français et de proposer ce chemin alternatif.
Renaud Delis. Une dernière petite question sur le municipal, Guillaume Pelletier, Patrick Balkany qui a annoncé qu'il voulait être de nouveau candidat à Levallois. Est-ce qu'il aura l'investiture des Républicains ? C'est très difficile
avec vous de parler du fond et de ce qui intéresse les Français. On a fait 20 minutes si vous voulez bien sur la réponse. Il y a d'autres sujets.
La réponse peut être courte.
Patrick Balkany est en prison. Il y a une procédure judiciaire et je ne fais pas partie de ceux qui multiplient les leçons de morale comme ça tous les matins à la radio et à la télévision. Je crois que Patrick Balkany n'a pas eu beaucoup besoin d'un parti politique pour être élu et réélu à Levallois. C'est aux habitants de Levallois de choisir.
Il pourrait être soutenu par les Républicains
éventuellement. Je pense qu'il n'a pas besoin d'investiture. Il ne l'a pas demandé et je crois que c'est aux habitants de Levallois de trancher et de décider. Les Républicains n'investiront pas d'autres candidats à Levallois ? Je viens de vous répondre. Il est en prison un peu de décence. C'est-à-dire est-ce que vous investirez quelqu'un ? Oui, oui. Patrick Balkany
est en prison. Est-ce que vous investirez Le numéro 2 du parti n'a pas d'avis sur cette question ? C'est uniquement une question qui se régulera localement ? L'avis, je viens de le donner de manière très claire.
Je pense qu'il n'a pas besoin d'investiture et je ne serai pas de ceux qui continuent à taper sur un homme qui est aujourd'hui en prison.
Merci beaucoup Guillaume Peltier pour être venu ce matin au micro de France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France.
Guillaume Peltier