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videoBackseat· 20 septembre 2025 47 min

C'est quoi la VIe république ? avec Clémence Guetté

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pourquoi est-ce que ça doit passer par une élection présidentielle ? C'est ça la question que je pose. Ben parce que pour passer à la 6e République, de fait avec Macron, j'y crois très peu.

Tu es euh député de la 2e circonscription du Val de Marne. Tu es la première vice-présidente de l'Assemblée nationale, responsable du programme de la France insoumise et coprésidente de l'Institut la BOI. Tout à fait.

Merci d'être avec nous. Encore une fois, journée de mobilisation. Aujourd'hui, on a commencé l'émission Pare.

Je voulais t'interroger dessus. Tu as manifesté aujourd'hui à Paris. Euh, comment ça s'est passé pour toi ?

J'ai manifesté en deux endroits. D'abord dans ma circonscription à choisi le roi parce qu'il y a aussi vachement de mobilisation locale. En fait, c'était déjà le cas le 10.

Je suis allée devant Sanofi dans le Val de Marne et donc aujourd'hui il y avait une mobilisation pour les agents territoriaux de la ville. Voilà, c'est pour dire qu'il y avait aussi des manifestations dans des beaucoup plus petites villes et en effet aussi à Paris où là c'était très massif. Alors peut-être certains d'entre vous y étaient aussi aujourd'hui.

Voilà. Bon, c'était extrêmement impressionnant. la CGT d'autres syndicats disent 1 million de personnes.

Donc évidemment c'est très important. Les autorités ministère de l'intérieur dit moitié moins. C'est très important et je pense que c'est un on est dans un moment de mobilisation plus largement parce qu'en fait c'est une séquence entre le 10 aujourd'hui le 18 le 21 il y a déjà des rendez-vous notamment à rendez-vous à République par les organisateurs du du mouvement bloc tout et on peut penser que ça va continuer pendant la suite du mois de septembre parce qu'il y a une vraie colère quoi.

On va parler de la suite de ce mouvement. tu l'as dit euh euh on est dans une phase de mobilisation, c'est particulièrement vrai pour la France insoumise qui est dans une phase de mobilisation autour de votre euh nouveau totem qui est la destitution du président de la République. Euh c'est pas vraiment un nouveau totem.

Non, c'est c'est vrai que là vous avez mis un coup de collier depuis la rentrée quand même. Disons que c'est la c'est la troisème motion d'institution qu'on dépose à l'Assemblée nationale. La première c'était il y a un an donc c'est pas vraiment une nouvelle lubie on va dire.

Ça fait un moment que queon estime que le problème est à l'Élysé. C'est clair parce qu'en fait bon, on a eu des une dissolution, on a eu des élections législatives, on s'est énormément mobilisé, notamment les électeur de gauche et pour beaucoup des gens qui n'allaient plus voter et donc ça généré un espoir immense. Et c'est le troisème premier ministre illégitime que nomme Macron.

Donc là, on est dans un une crise démocratique quand même enquistée, très profonde. Et je pense que c'est pour ça que les mobilisations, elles sont puissantes parce que les gens se disent ça peut pas durer comme ça. La seule perspective qui qui l'offre aux gens, c'est de faire de faire des des réformettes parce qu'en réalité, il fera pas de politique extrêmement ambitieuses vu comment est composée l'Assemblée nationale, des budgets austéritaires par 493 qui fera avaler aux parlementaires et attendre 2027.

Bah nous, on estime que une dissolution réglerait vraisemblablement pas grand-chose. Les projections, c'est à peu près la même assemblée nationale euh ou pire euh le Rassemblement national qui augmenterait ses scores et donc aurait plus de députés et donc qu'il faut abréger un peu la souffrance des gens. Et donc oui, on demande en effet des missions d'institution enfin qu' qu'il identifie comme le font un certain nombre de gens le fait que c'est lui le problème et que c'est la politique qui mène le problème.

On en parlait en première partie. D'ailleurs, on a très peu parlé de Sébastien Lecornu parce que faut je pense faut pas qu'on s'attache trop et on verra après. Mais en effet, les gens ont identifié que le problème c'était c'était Macron et que derrière Macron, le problème c'est le pouvoir des riches, leur pouvoir d'échapper à l'impôt, mais aussi leur pouvoir de de du fait qu'on vit dans leur société un petit peu à leurs mains.

Euh donc du coup, ce qui ça a cristallisé un petit peu sur l'attaque Zukman qui est devenu euh la chose réclamée maintenant, ça a plutôt fait consensus. Je voudrais savoir quelle est la position de la France insoumise. On en discutait nous entre nous en se disant bon c'est c'est il y a un effet de cliquer quand même.

C'est important ce truc de taxer les biens professionnels. Mais est-ce que c'est si fou que ça ? Est-ce que ça peut pas s'accompagner aussi du budget autoritaire si nous donner ça d'une main et et et faire quand même le budget autoritaire de l'autre ?

Est-ce queon défend jusqu'au bout ou est-ce qu'on voilà qu'en pense la France insoumise de cette taxe Nous on est évidemment pour la taxe duman. On l'a voté dès demain à l'Assemblée nationale quand elle est passée parce que je rappelle qu'elle est passée à l'Assemblée nationale. Elle a été enlevée par Non mais condition particulières oui on a eu un débat d'ailleurs passé elle a été adoptée.

Donc il y avait une majorité à l'Assemblée nationale pour taxer de 2 % le patrimoine des ultra riches. Donc évidemment on est pour là où je rejoins le commentaire que tu as fait c'est que ça peut pas être ça et puis on avale tout le reste. C'est une évidence notre notre contrebudget tous les contrebudgets d'ailleurs qu'on a fait quand on disait un peu plus de justice fiscale, on parle évidemment de des milliards que se sont pris les grandes multinationales depuis l'habitant de Macronie.

On parle du patrimoine des ultra riches 2 % c'est une taxe c'est infinitésimal. J'ai j'ai vu des projections marrantes qui montraient ce que ça donne sur le salaire normal de quelqu'un de normal. Je veux dire, c'est rien du tout pour les ultra riches.

Donc quand on parle de somme d'entente, il faut aller bien plus loin. Nous, on est aussi pour le retour de l'ISF, mais on est pour plus de justice fiscale euh largement. On pourrait on pourrait faire l'impôt universel sur les entreprises.

Donc c'est clair que il faut un paquet fiscal. Cela dit, je suis sceptique sur le fait que même cette miette soit accordée dans le budget le corn parce qu'en fait il y a quand même beaucoup de voix dans la macronique qui s'élève déjà pour dire c'est quand même beaucoup, faudrait peut-être faire quelque chose de ponctuel d'un peu sur une assiette plus étroite et cetera. Donc même ça, je ne suis pas sûr que ce gage- làà soit donné par exemple au socialistes contre un accord de de non censure.

On verra bien. Ce qui est certain, c'est qu'on prendra euh ce qu'il faut parce que je veux dire là, on est dans une situation de de d'injustice sur le partage des richesses qui est à proprement parler hallucinante dans le pays. Donc donc voilà, on prendra ça mais c'est pas suffisant.

C'est clair. Clair. Du coup pour vous en l'état actuel, il y a aucune négociation de possible.

Il faut nécessairement la destitution d'Emmanuel Macron ou est-ce que vous pensez qu'il y a encore une marge de manœuvre notamment à l'Assemblée nationale pour essayer de faire passer des choses ou c'est complètement cuit ? Alors on jouera notre rôle de parlementaire. Enfin moi comme les autres on a été élu pour ça.

À chaque fois qu'on a l'occasion de voter. Malheureusement c'est trop rare sur les questions budgétaires. Mais on vote.

Je rappelle 28 493. Enfin moi j'ai jamais voté de budget je le dis mais je suis élu depuis 3 ans. Je n'ai jamais eu l'occasion alors que c'est la prérogative normalement des parlementaires et des représentants du peuple.

H bref, si on a l'occasion de voter, on le fera. Cela dit, non, je ne crois pas qu'il y ait de négociation possible avec le corps nu. C'est vrai qu'on va pas s'y attacher trop.

Moi, je pense qu'il ne qui ne durera pas, qui sera censuré et franchement, j'espère que ce sera le plus tôt possible parce qu'en fait il y a aussi quand même un effet de de de lassitude. On a trois premiers ministres illégitimes pour mener la même politique. À chaque fois, on a les médias qui pendant 15 jours, 3 semaines, parfois le plaisir a duré encore plus longtemps, ça a été 3 mois, qui nous font le coup de il y aura peut-être un premier ministre de gauche, vous allez voir, c'est le changement de cap de la Macronie.

Absolument pas. Enfin, le Cornus et son plus proche ministre des armées. Il est là pour faire un budget austéritaire et pour financer l'armement et le les dépenses militaires et notamment les 5 % de PIB qui ont été octroyés aux dépenses militaires sur ordre de la Commission européenne.

Donc, j'ai aucune illusion sur ça. Euh ce que je vois, c'est un truc relativement minable pour essayer d'arracher une non censure côté LR et côté parti socialiste pour essayer de dégager une majorité autour du bloc macroniste. Je ne sais pas s'il va y arriver.

J'espère que non. Euh mais en tout cas, c'est la seule chose qu'il essaie de faire. Donc voilà, il essaie de donner un petit peu de ça.

Il mettra des il mettra des promesses et des lois racistes pour le Rassemblement national et puis il espéra que tout ce petit monde se tienne à carreau. Moi, j'espère que il y aura suffisamment nos parlementaires pour dès le premier jour de la session ordinaire voter la motion de censure que nous on va déposer assurément. Peut-être pour revenir très brièvement sur ce projet de destitution, enfin parlons voilà avec le un principe de réalité.

Il y a quand même peu de chance pour que ça aboutisse, on est bien d'accord. Alors, factuellement, il faut 2/3 de de parlementaires pour voter la destitution. Il est clair qu'à l'heure actuelle, j'ai pas le sentiment que de tiers des parlementaires soient prêts à voter la destitution.

Sénateur compris, ce qui nous intéresse, c'est d'augmenter le niveau de pression. La première, on l'a déposé tout seul. La seconde, c'était il y a une semaine et demi.

On l'a déposé avec, je crois, 90 parlementaires euh de l'ancien NFP, sauf Parti socialistes, donc des écolos et des communistes. Celle-ci qu'on vient de déposer, on est 104, soit une majorité absolue au sein de l'ancien nouveau Front populaire, toujours sans parti socialiste, mais avec davantage d'écolos, davantage de communistes. Donc, on voit quand même qu'il y a une idée qui progresse chez les responsables politiques et en réalité pas par hasard parce qu'elle progresse dans la rue.

C'est aussi des gens qui vont dans des manifestations. aussi des gens qu'entendent dans leur circonscription le le ralbol et le caractère extrêmement dégagiste de la période. Voilà, qui est tourné vers Macron.

Donc et puis par ailleurs, bon ça c'est pour étudier la gauche. Après il y a des gens qui sans doute par opportunisme ou calcul politique pour leur propre chapelle, par exemple, je pense au républicains, quand PCES dit il doit en effet partir Jean-François Copé, c'est pas du tout pour les mêmes raisons que nous. Il n'empêche que ça fait un son de cloche qui s'alourdit dangereusement pour lui.

En réalité, je pense qu'il le sait d'ailleurs. Enfin, je dire les les les hommes qui l'a placés comme premier premier ministre, c'était euh des fusibles. Il gagnent du temps et je trouve que c'est vraiment de la politique minable, quoi.

C'est vraiment se maintenir coûte que coûte jusqu'à la fin sans avoir plus aucune ambition pour le pays que finir son œuvre au service des ultra riches. Voilà. Safia, pardon.

Alors non, faut pas s'excuser. Alors Clémence Gueté, vous vous parliez de ce moment dégagiste qu'il y a dans la rue avec une journée du 10 septembre et une journée aujourd'hui qui à mon sens est une réussite tout de même au vu du nombre de personnes sorties et de l'inquiétude du pouvoir. Et dans la revue Cont-tetemps au côté d'Adrien Clouet, vous plaidez le fait que de ce mouvement septembr comme vous l'appelez, il pourrait y avoir un moment destituant, c'est-à-dire une démission, une destitution d'Emmanuel Macron qui pourrait se reconstituer autour d'un moment constituant, c'est-à-dire d'une élection présidentielle.

Sauf que pour vous donner mon avis, c'est que ce mouvement bien qu'il balbucit, qu'il est à ses débuts, il a une potentialité extrêmement forte par le bas. Il y a de l'énergie et je ne pense pas que ce mouvement mérite une élection présidentielle quand on sait qu'il y a une forte contestation du système, qu'il y a une forte contestation du présidentialisme, du Sénat qui n'a aucun sens. Euh que il pourrait demander ce mouvement des élus révocables, une assemblée constituante.

Est-ce que ce n'est pas couper l'herbe sous le pied aux ambitions de ce mouvement que de demander une élection présidentielle dans le cadre de la 5e République ? Mais euh bon là vous donnez un avis qui est un avis politique, mais du coup qu'est-ce que vous proposez que que soit proposé à ce mouvement justement Ben je vous propose comme aboutissement ? Non mais puisque vous dites la présidentielle c'est pas la solution politique à apporter au mouvement notamment une assemblée constitu pourrait porter cette ambition pourquoi est-ce que ça doit passer par une élection présidentielle c'est ça la question que je pos parce que pour passer à la 6e république de fait avec Macron j'y crois très peu.

Donc je refais tout le chemin et notamment dans la tribune que vous citez avec Adrien Clouet, on estime que en ce moment il y a eu un très fort dégagisme dans ce mouvement qui est quand même tourné vers le président, pas par comment dire, c'est pas pour personnifier ou personnaliser le le l'objet de la colère, c'est parce que dans la 5e République de fait le président de la République qui s'octroit énormément de pouvoir et Macron en plus a usé abusé de tout ce que permet la 5e République. qu'ensuite le le peuple peut s'instituer, se se sentir peuple et que c'est là qui prend conscience de son pouvoir. Et moi je pense que dans des journée comme le 10, le 18 les gens sentent leur pouvoir comme peuple et les revendications communes qui peuvent avoir avec d'autres personnes et qu'ensuite il faut un mouvement constituant.

Et ça donc je rejoins exactement ce que vous ce que vous dites, c'est que euh il faut à mon à mon sens, il faut changer euh la République et donc la Constitution. Nous, on propose que ce soit fait par une assemblée constituante pour que les gens puissent par eux-mêmes réécrire les règles du jeu parce que malheureusement c'est pas une petite révision de la Constitution de la 5e qui va nous faire changer gros globalement de cadre. Elle a déjà été révisée 24 fois.

Euh ce serait de toute façon à la marge. Ce qu'on estime nous par contre, c'est que pour passer à cette 6e, il faut passer par une présidentielle parce qu'on est dans le cadre de la 5è et qu'elle est hyper présidentialisée et qu'on arrivera pas à faire de constituante si jamais on passe pas par une élection présidentielle. Le problème, c'est que moi je n'ai pas vu un régime s'autoeffrond de lui-même dans ses propres règles.

Pourquoi ne pas donner l'opportunité et l'ambition à ce mouvement de porter lui-même l'Assemblée constituante ? Ah mais c'est pas c'est pas du tout comment dire ? C'est pas du tout quelque chose auquel on s'oppose.

Le fait qu'il y ait des mots d'ordre d'ailleurs qui circulent déjà pour la fin de la 5e, pour la 6e République, pour la constituante, ça rejoint très concrètement ce que nous on demande. Donc ça nous convient très bien. Après moi je suis une responsable politique, je suis par ailleurs élu, je crois dans les élections, je crois dans la révolution citoyenne par les urnes et je pense que politiquement pour y avoir des élections en dehors de la 5e République et je pense que politiquement c'est exactement ce qui nous différencie, vous et moi, vu là où nous militons réciproquement.

Et donc moi, je pense en effet qu'il faut une élection présidentielle pour passer de la 5e à la 6e et que sinon malheureusement ça n'arrivera pas. Et donc du coup concrètement comment ça se passe ? Parce que moi il y a quoi il y a en 2021 j'avais interviewé Mathilde Panot qui me disait bah c'est simple Jean-Luc est élu il se il s'enlève et puis on fait la constituante.

C'est ça qui va se passer. Alors si si Jean-Luc Mélenchon est élu admettons ou peu importe au sein de la France insoumise mais j'imagine bien que ce sera lui qui sera présenté qui se présentera. On en discutera après si vous le voulez bien.

Concrètement qu'est-ce qui se passe ? Il est élu, il se casse, il laisse la place à la constituante. Alors ce qu'on propose, nous on a détaillé vraiment ce plan depuis des années.

En gros, il y a les élections présidentielles, on les gagne. La France insoumise les gagne. On est en capacité d'appliquer notre pouvoir.

On le fait pendant un temps donné dans les contraintes de la 5e et avec les pouvoirs de la 5e. Donc un gouvernement, un président et cetera. Oui, tout à fait.

Un gouvernement, un président. On essaie de faire passer le plus de de mesures possibles notamment pour faire pour pour parer aux urgences, urgence sociale, urgence démocratique, urgence écologique. Dans le même temps, on prévoit un calendrier pour l'élection de cette constituante.

Ça peut pas se faire comme ça. Donc ce qu'on propose, c'est qu'à l'été, mettons, c'est 2027 dont on parle, à l'été 2027, il y a le début d'une campagne pour la constituante. On avait imaginé nous un système avec des constitutionnalistes et des partisans de la 6e République mixte.

C'est-à-dire il y a une part de tirage au sort, une part de de listes, on va dire, de partis politiques ou d'organisations politiques qui veulent former des listes et présenter des candidats. Et les gens au moment de l'élection pour la constituante vont voter soit pour tirage au sort, un bulletin tirage au sort, soit pour une liste d'un candidat auquel il ou elle croit. Et ça ça détermine la composition ensuite de l'Assemblée constituante qui ensuite doit travailler.

On a vu dans les expériences pour garantir la parité sociale, la parité de genre et bien sûr il peut Oui, ça enfin faut quand même les convention citoyennes c'est le cas. Oui oui, il y a des mécanismes il y a h critères d' qui sont appliqués sur le tirage au sort qui permettent de garantir Oui oui bien sûr bien sûr et y compris parité de genre c'est quand même le moment de faire beaucoup mieux que ce que je disais social de genre bien sûr ouais exactement et donc ensuite il faut laisser le temps à la constituante de travailler on a vu dans les expériences internationales il faut nous on estime qu'il faut 1 an voire 2 ans et ensuite il y a le référendum d'approbation de cette nouvelle constitution donc c'est pas quelque chose qui se fait en en 2 minutes évidemment et donc en fait Jean-Luc Mélenchon reste président pendant toute cette année pendant de les 2 ans où on a gagné et où on met en place la constituente, on applique notre programme sans sans sans tarder. Oui.

Et à la mise en place de la 6e, il y a à nouveau des élections. Et ben ça dépend ce que décide la constituante. C'est ça toute la toute l'incertitude de la chose.

Sinon, oui, c'était comme ça entre la 4e et la 5e. C'est à peu près l'idée de tu fais le tu fais vrai. Qu'on revienne aussi parce que c'est vrai qu'on dit constituante constituante mais peut-être expliquer aussi un petit peu ce que c'est euh et ce qu'on ce qu'on disait aussi en conférence de rédaction.

C'est que la constituante, c'est l'idée de de de faire d'imaginer de nouvelles manières de produire de la décision publique et de produire de l'acceptation de cette décision publique. Et là où je comprends aussi Safia et sa méfiance qui est dans ces nouveaux processus qu'il faut qu'on trouve, il faut il va falloir de toute façon vu l'état de défiance du corps social à l'égard de ces élites politiques notamment, il va falloir que le politique apprenne à se déprendre et et c'est dur de faire confiance au politique en disant "Bon bah allez-y, apprenez à vous déprendre." C'est c'est très difficile.

Oui. Et pourquoi ? Parce que et là on peut en venir peut-être à au dernier bouquin que vous avez sorti avec la Boesséie.

Parce que j'imagine que l'intuition c'est que le peuple est a changé. Le peuple est prêt à prendre une plus grande place. Alors est-ce que première question est-ce qu'on peut imaginer on parlait de de convention cito de de d'assemblée citoyenne comment on avait dit convention citoyenne tout à l'heure ?

Quels pourraient être ces mécanismes ? Quelles pourraient être ces institutions de la participation nouvell à créer ? J'imagine que vous avez quand même quelques idées en tête et que c'est des choses qui ont déjà été un petit peu réfléchies et et et il y a des régimes aussi dans lesquels ces processus là parce que le processus constituant c'est un truc qui est très en Amérique latine ça se fait beaucoup pour et parfois aussi avec le contrôle du politique.

Voilà aussi avec un contrôle du politique. Donc comment nous on peut être assuré aussi que ce contrôle là sera pas trop pas trop prenant quoi ? Oui oui c'est clair que c'est hyper exigeant.

C'est sans doute beaucoup plus simple, en tout cas beaucoup plus maîtrisé de faire ce que fait Macron avec la 5e, c'est-à-dire les décisions solitaires d'un homme seul. Nous, ce qu'on a imaginé et ça, j'ai oublié de le dire d'ailleurs dans dans le processus constituant, c'est qu'il y ait aussi des débats au niveau locaux. C'est-à-dire que ce qui a été fait au moment des gilets jaunes avec les cahiers d'oléance qui ensuite ont été mis dans des petits placards fermés et qu'on continue de réclamer d'ailleurs le fait qu'il soit examiné, les les cahiers de doléance et leur participation ont montré que les gens si on leur dit à la mairie, vous pouvez déposer des revendications dans un lieu identifié, il y a une volonté de participation.

Ça a été le cas. Donc nous, on veut aussi qu'il y ait des débats constituants organisés par les communes, pas que ce soit uniquement quelque chose de porté nationalement parce que il y a en effet cet éloignement. Ensuite euh quand je dis on gouverne sans attente dans le cadre de la 5e, ça veut dire aussi et d'ailleurs je reviens à votre interpellation que euh nous on voudrait sans attendre faire passer le RIC euh référendum d'initiative citoyenne qui comporterait plusieurs dimensions euh des propositions d'abrogation de lois, révocation des élus, y compris parce que ce ce processus de participation populaire citoyenne revivifié, il est clair qu'après des années de on a creusé la défiance un éloignement ou l'abstention a atteint des niveaux absolument records, il est clair qu'on a retissé des choses de manière très de manière très profonde.

Et donc pour en arriver au livre qui s'appelle donc Nouveau peuple, nouvelle gauche, l'idée de ce livre c'était de s'interroger sur le rapport de la gauche aux classes populaires de manière générale pour ne pas en rester à des commentaires qui ont très souvent été faits. le rapport Terranova, les classes populaires ou les gens quand ils ont des bass salaires votent à l'extrême droite pour essayer de dépasser ces idées reçues. France périphérique exactement l'analyse spatialisée, la fracture territoriale, l'analyse des fétistes y compris la gauche n'a plus de socle et cetera.

Des chercheurs comme Vincent Tibéri montrent OK, il y a une droitisation des élites par le haut mais finalement le progressisme général augmente plutôt dans notre société. Et donc euh de de se dire que toutes ces analyses-là, elles devaient être un petit peu approfondies. On a travaillé et franchement je suis très fière de ce de ce bouquin avec 20 chercheurs qui sont des sociologues électoraux, qui sont des historiens, qui travaillent sur différents sujets et qui ont dressé un état des lieux de qui sont les classes populaires aujourd'hui, comment elles sont composées, pourquoi elles ont été extrêmement féminisées notamment avec la précarisation très très forte des métiers féminins ? comment la domination raciale s'ajoute à la domination sociale, par exemple, quand on prend le cas des travailleurs ubérisés ou des intérimires, comment quel est le rapport à l'écologie des classes populaires ?

Bref, sur tout un tas de de dimensions, le but c'était d'actualiser un peu notre logiciel et de se dire la classe ouvrière qui était censée gagner et et prendre et prendre le pouvoir et arriver à faire en sorte que ce soit la révolution, cette classe ouvrière n'a jamais réellement existé. Il n'empêche que dans un imaginaire socialiste ou marxiste ou matérialiste de manière générale, il a été elle a été énormément mobilisée. On sait aujourd'hui que les ouvriers, c'est pas la plus grosse part des classes populaires et que par ailleurs, les la figure de l'ouvrier blanc, homme qui habite en milieu rural est totalement myifié et ne correspond pas à la réalité des gens encore une fois qui de fait galèrent, sont les victimes du néolibéralisme et auraient un intérêt matériel à voter pour un programme de rupture de gauche qui change qui change leur quotidien et leur vie.

Et donc euh on a essayé d'actualiser notre logiciel en se disant le matérialisme est toujours notre base idéologique. Euh il y a un renouvellement toutefois quand même des rapports de production et de reproduction du travail parce que le travail n'est plus le même que il y a 40 ans. Euh et également s'ajoute une dimension évidemment intersectionnelle avec l'accumulation des dominations.

Je parlais des dominations racistes mais évidemment aussi sexistes, des dominations néocoloniales, des dominations y compris écologiques et de se dire que toutes ces dominations se justapposent et que à gauche nier ou hiérarchiser ces différentes dominations conduit de fait et c'est mon point de vue à faire le jeu de l'extrême droite ou de l'extrême droitisation de la société et comprendre mieux le corps social c'est produire de meilleures revendication meilleur stratégie de fait une organisation politique si elle n'est pas en prise avec à qui elle compte s'adresser. Enfin, c'est ça en fait notre réflexion, c'est à qui on à qui on s'adresse et donc quels sont les besoins des gens qui doivent être répondus par nos propositions politiques. Voilà.

Et donc c'est l'ambition de ce livre là qui qui sera suivi par d'autres qui est aussi un prétexte militant parce que comme pour le premier livre de l'Institut Labo ici, moi je vais aller le présenter dans des circonscriptions tenues par le Rassemblement national et que la dernière fois on a fait 70 réunions publiques avec un livre et qu'en fait ça donne aussi un prétexte de discussion de voilà on a des on a des questions à vous poser d'ailleurs sur les élections municipales mais je voudrais revenir sur la 6e République parce qu'on voit bien qu'il y a en ce moment à gauche un un clivage qui est assez ancien entre une gauche gauche plutôt radicale, une gauche plus progressiste, une gauche progressiste incarnée par le Parti socialiste qui joue le jeu du compromis de la discussion et du dialogue parlementaire. On les avait vu avec on les a vu avec le cornu et une gauche plus radicale qui est sur une thématique de rupture incarnée par la France insoumise qui veut pas négocier son son programme sur lequel sur lequel il a été élu. Pour vous dans une signque, c'est quel type de parlement qu'on doit avoir ?

Est-ce que c'est le retour aux hégémonies qu'on a connu sur la 5e ? Est-ce que c'est plutôt 4e République avec plein de groupes qui doivent forcément se mettre d'accord ? Comment vous voyez ?

Avant de répondre à votre question, je vais quand même répondre à votre commentaire parce que je le partage pas exactement. Bah déjà moi j'estime être aussi membre de d'un parti progressiste. Enfin je veux dire les deux sont pas antinomiques.

Je sais pas pourquoi tu as dit progressiste que je mo j'ai dit progressiste. Tu voulais dire réformiste je pense. Non réformiste oui j'ai dit progressiste.

Vou autant pour moi je voulais dire réformiste pour le PS en parlant du PS. Oui par ailleurs évidemment que la frationise est progressiste. Bien sûr.

Oui oui on est progressiste aussi. Et en fait le le deuxième commentaire que je voulais faire sur votre commentaire, c'est que les socialistes aussi ont été élus sur le programme de rupture dont vous parlez. La seule différence, c'est que aujourd'hui il le renit et que nous on le on le renit pas, il le négocie.

Enfin, il ils essayent Ah non, il le renit complètement. Est-ce que vous avez regardé le contrebudget du Parti socialiste présenté il y a il y a de semaines ? dedans, il reprend une partie du du programme du une petite partie hein parce que il y a plus l'abrogation de la réforme des retraites, il y a pas l'ISF climatique, il y a pas l'augmentation des petites pensions, il y a pas l'indexation des des de du point d'indice des fonctionnaires, il y a pas le SMIC à 1600 €.

Euh il y a 5,4 milliards reniers sur les agences de l'État. Alors non, moi je ne honnêtement je je j'étais fière du programme qu'on avait porté avec le Nouveau Front Populaire. Je pense que c'était ambitieux.

Euh je ne veux être associé d'aucune façon au contrebudget par exemple socialiste. Non mais c'est c'est pas seulement mon point de vue, c'est que ça n'a rien à voir avec ce sur quoi ils ont été élus il y a 1 an. En fait je je dé programme c'est toujours négociable une fois qu'on est une fois qu'on est au responsable.

Mais c'est négociable une fois qu'on est devant le parlement. C'est-à-dire qu'on accepte de perdre des votes tout simplement. Ça c'est la démocratie. aller devant un premier ministre qui n'est pas de notre camp politique et je veux dire on dit négocier le poids des chaînes mais pour moi c'est c'est réellement ça c'est aller dire voilà les mesurettes d'après lesquelles nous ne vous censurerons pas c'est pas notre rôle on est dans l'opposition politique donc bon je je suis pas au parti socialiste donc il ils font exactement ce qu'ils veulent mais euh ce que ce que je ce que je veux dire quand même c'est juste que vraiment on est devant un reniment et c'est pas des querelles interpersonnelles Il y avait un extrait de de ma discussion un peu musclée avec Philippe Brun.

J'ai rien contre Philippe Brin personnellement. C'est une discussion éminemment politique. Ce que je lui reproche, ce que je lui reproche, c'est de renoncer et de trahir des gens qui lui ont fait confiance à moi.

Mais qu'est-ce que vous pensez de la place de la du compromis dans une démocratie ? Est-ce que c'est une nécessité ? Est-ce qu'il faut passer outre ?

En fait, on s'est habitué à des choses qui sont totalement anormales. Le grand cycle des négociations préformation d'un gouvernement où tous les partis politiques défilent, font leur liste de course et où le premier ministre essaie de trouver un un un équilibre, ça n'est ça n'est pas le fonctionnement prévu par ni par la 5e République, hein. Normalement, Premier ministre, il forme son gouvernement sur la base de sa propre nomination par le président de la République.

Il propose une politique et ensuite il accepte. Ça dépend s'il a une majorité ou pas. il accepte des défaites à l'Assemblée nationale.

Le problème c'est que la Macronie triomphante en 2017 a commencé avec un rouleau compresseur de plus de 300 parlementaires et qu'ils ont pris la fâcheuse habitude d'avoir une majorité absolue que tout passe et de ne jamais accepter le fait qu'il puisse y avoir des majorités alternatives sur d'autres choses parce qu'en fait franchement le je n'aime pas du tout le discours qui consiste à taper sur l'Assemblée nationale parce qu'elle serait il y a en effet trois blocs relativement nets dans les votes mais je veux dire en l'occurrence il y a eu une dissolution on l'a accepté on s'est présenté devant les Français Et ça a donné ça. Des déplort qui autant d'éluen évidemment. C'est pour ça que je vous posais la question sur la 6e République que vous imaginez parce que j'ai l'impression que vous par exemple le système allemand est pas du tout un système qui vous plaît.

Bah c'est c'est un système de coalition exactement euh qui met aujourd'hui l'AFD à environ plus de 20 % je crois. Je pense que c'est pas une solution en tout cas face à la montée de l'extrême droite par exemple. Est-ce qu'on peut aller jusqu'à dire d'ailleurs que euh ce modèle des démocraties libérales avec leur parlement, leur classe politique, leur manière de de composer des gouvernements et cetera, euh là, il est soumis à une à des chocs, à des tensions euh énormes, euh il nous amène à l'extrême droite dans plein de pays.

Est-ce que c'est vous c'est avec ce sentiment d'urgence que vous dites mais même oublions aussi, repensons mais de de la de la cave au grrenier comme on pourrait dire les institutions en entier quoi. Bien, bien sûr. Alors nous pour la 6e République, juste pour répondre à votre question et c'est c'est lié à celle-ci aussi.

Nous, on présentera une liste dans le cadre de la constituente. Je ne peux pas vous dire ce que sera la 6e République. Ce serait parfaitement antinomique avec la façon dont je l'ai présenté juste avant.

Ce que nous on proposerait à la France insoumise par exemple, on estime que le Sénat est pas une institution représentative des Français aujourd'hui. Les grands électeurs, ce système là, les circonscriptions qu' on été taillé, les gens les gens ne comprennent même pas, je pense, cette élection. Je vous donne mon avis très franc sur le Sénat.

Je pense que l'Assemblée nationale a évidemment toute son importance. Je pense que le monarque présidentiel devrait largement perdre du poids dans une dans une 6e République. Donc j'aurais des propositions à faire en matière de d'institution.

Euh toujours est-il que dans le cadre de la 5e, je le redis, le problème des Macronistes, c'est qu'ils n'acceptent pas d'être minoritaires et que donc ils sont allés utiliser tous les outils à leur disposition. J'ai parlé des 493, mais il y a eu des choses euh c'est c'est de la tambouille parlementaire peut-être, mais ce qu'ils ont fait sur la loi du plomb, par exemple, c'est-à-dire de rejeter leur propre texte pour espérer avoir un texte du Sénat, puis une commission mixte paritaire où nous sommes des où nous sommes minoritaires et donc où eux sont majoritaires pour faire un texte de régression environnementale et cetera, c'est contourner totalement le parlement et c'est je pense ça participe du dégoût des gens. Ils se disent après ils se disent évidemment à quoi bon aller voter.

Mon rôle moi c'est de leur dire euh garder confiance. On se bat à pied à pied surtout on ne renonce à rien. Surtout dans la position dans laquelle nous sommes.

On est l'opposition. Mais vous dans la situation de Macron aujourd'hui vous feriez quoi ? Ben j'espère que je serai jamais dans la situation de Macron après 8 ans de brutalité.

Vous pouvez vous poser la question. Admettons, vous arrivez effectivement vous arrivez à être élu, vous êtes au gouvernement, vous êtes peut-être premier ministre, que sais-je, présidente, allez, pourquoi pas ? Et puis vous arrivez effectivement face à cette assemblée nationale qui ne vous soutient plus à fait avec des comme vous disiez c'estes trois blocs.

C'est très difficile de faire passer des choses. Vous voulez quand même faire passer des choses, j'imagine. Qu'est-ce que vous faites ?

Non mais vraiment, je me pose la question et c'est pas une question qui piège ou quoi que ce soit. He non, je comprends très bien. Euh je euh psychologiquement j'ai pas envie de me projeter dans Emmanuel Macron, mais je vais faire abstraction du personnage et me dire voilà et me dire face à cette situation, lui qu'est-ce qu'il devrait faire.

La moindre des choses, me semble-t-il, quand on convoque une dissolution de l'Assemblée nationale, c'est ensuite de respecter la représentation qui est à l'Assemblée nationale. Et donc euh ça veut dire que non, il y a pas de majorité aujourd'hui pour faire le budget qu'il voudrait présenter initialement. Ça veut dire que il y avait pas non plus de majorité en réalité pour la loi du plomb.

Il y avait pas non plus de majorité pour la réforme des retraites. Donc vous auriez nommé un premier ou une première ministre NFP. Ah ben je pense que c'est comme ça qu' a été conçu la 5e République.

Oui, c'est clair. Et d'autres l'ont fait avant, je veux dire les cohabitations, ça a existé. Voilà.

Et en même temps, c'est c'est pour ça qu'on sait ce qu'on demandait à l'époque. D'ailleurs, en même temps, c'est la bagarre. C'est c'est quand c'est quand on est premier ministre, on a aussi quelques pouvoirs de de décret, de nomination, de voilà.

Attendez, parce que des erreurs enfin parfois la la gauche et puis même dans d'autres dans d'autres pays euh n'utilise pas tout ça euh tous les pouvoirs qui sont pour pour gard pour garder le fairplay que n'auraient pas eu ses adversaires. Donc là l'idée aussi de d'aller au premier ministre c'est que il y a plein de il y a plein d'opportunités aussi. L'idée serait de jouer à fond.

Moi, je pensais au fait que pour revenir sur cette constituante parce que moi je commence à de plus en plus à être persuadé que c'est la seule issue euh honorable pour ce pays. Mais euh je Mais comment par exemple tu fais une constituante dans un pays pourri par les médias de l'extrême droite et cetera ? Et donc je conçois en effet que prendre le pouvoir pour installer des bonnes conditions pour faire la constituante parce que c'est pour se retrouver avec des des constituants donc les gens qui seront tirés au sort menacé de mort chez eux de je sais pas quoi la montée de l'extrême droite c'est ça aussi une excellente pardon non non non mais j'allais dire regarde les conventions citoyennes les conditions du débat médiatique sur la question climatique étaient dégueulasse et pourtant les citoyens tirés au s ils ont fait un ass travail aussi ma remarque de tout à l'heure pardon mais ça revient aussi à ma remarque de toute seule interview quand même vas-y on discute On va vous laisser Non mais ça revient à ma remarque de tout à l'heure ou par exemple sur la question du on pourra enchaîner là des questions plus sur le Rassemblement national, comment vous voyez les choses et cetera évidemment mais c'est aussi dans des périodes de mouvement social où le Rassemblement national n'ont rien à dire sur ce qu'il se passe.

Et donc du coup c'est pour ça que je vous posais la question mais envisager aussi une sortie du régime et une assemblée constituante dans le cadre d'un mouvement social qui est certes assez belbuent, c'est pas inintéressant dans la mesure où les éléments les plus réactionnaires n'ont pas leur mot à dire. Voilà, c'est une remarque, je la referme. Mais je je trouve que c'est une question intéressante parce que par exemple au Chili c'est typiquement une situation qui nous a évidemment beaucoup interrogé puisqu'on est partisan d'une constituante et du passage à la 6e.

Il y a eu donc il y a eu une constituante, les gens ont commencé à travailler et cetera et puis il y a eu ensuite et pendant ce temps il y avait une cogestion, on va dire une grande coalition avec des anciens partis très disons que la dimension dégagiste et antisystème qui avait mené à faire une constituante était pas du tout représentée dans le gouvernement qui continuait de gouverner le Chili. Donc un des goûts qui continuaient d'augmenter, une désadhésion populaire plutôt vis-à-vis de la constituante et puis ensuite une campagne au moment de voter la constituante, il y a eu 1,7 euh million qui a été mis euh pour la campagne contre la nouvelle constitution et environ trois ou quatre fois moins pour la campagne pour et financé évidemment par des forces réactionnaires et cetera. Donc il est clair que les influences qu'elles soient médiatiques ou financières enfin on voit le système boloré sterrain et cetera, c'est clair qu'il y a à penser des gardes fous démocratiques pour faire en sorte que si on arrive à mettre en place une constituante, elle puisse travailler dans de bonnes conditions et que le processus puisse aller à son terme.

Mais je ne dis pas que c'est pas des questionnements qui existent, mais ça veut dire qu'il faut se poser ces questions là et faire en sorte que ça puisse advenir quand même. Et qu'est-ce qu'on peut faire à Matignon contre le groupe Boloré immédiatement ? Ah bah on peut quand même proposer une loi anticoncentration des médias par exemple.

Donc euh faire en sorte qu'il y ait pas 9 milliardaires qui possèdent 90 % des médias. On peut on peut aussi euh renforcer les moyens de l'ARCOM pour traiter euh les signalements euh de racisme, de sexisme à la télévision. Il y a eu des chaînes qui se sont fait fermer leurs fréquences.

Ça peut arriver pour celles qui dépassent très régulièrement les la loi en réalité. Donc il y a quand même des choses à faire. Évidemment euh la la destitution du président de la République, je suis comme Léa, j'y crois assez peu, mais j'ai bien compris ce que vous disiez sur le fait que c'est le but, c'est de faire monter la pression.

Ce qui est par contre plus probable, c'est un départ de le corps nu d'une manière ou d'une autre et une dissolution dans la foulée. En cas de dissolution, c'est quoi votre stratégie ? J'ai entendu que vous proposiez une fédération, c'est ça ?

Aux autres parties de la gauche. Une offre fédérative. Une offre fédérative, voilà.

À destination de toutes celles et ceux qui veulent continuer de respecter le programme du nouveau Front populaire sur lequel on a été élu il y a un an. Donc, il y aura plus d'alliance avec le Parti socialiste. Bah, ce sera à lui de nous dire si finalement il renit le document qu'il a produit il y a 2 semaines, si finalement il ne voulait pas aller au gouvernement avec la majorité macroniste et bon, j'avoue que beaucoup de choses politiquement se sont accumulées ces dernières semaines pour que je sois assez sceptique sur Je pense qu'il y a eu il y a il y a eu aussi des déclarations relativement définitives he de certains responsables du Parti socialiste.

Je pense à Boris Vallot qui a dit plus jamais avec Lou était morte et puis vous enf il y a eu le NFP. Oui, mais Johanna Roland qui a été quand même assez partisane du Nouveau Front populaire qui a dit plus jamais d'accordmatique. Bon, je parle pas des comment dire de l'opposition à monsieur Fort qui n'a jamais eu de mots très agréables à notre égard et qui était déjà contre le NFP à l'époque.

Mais euh j'ai le sentiment que le Parti socialiste en vue d'une présidentielle se réaligne quand même idéologiquement avec euh Oui. François Hollande une forme de société si on en croit des offs euh un peu gênant euh saligné derrière Gluxman enfin je sais pas mais visiblement idéologiquement ils prennent une option qui n'est pas celle de travailler avec la France insoumise mais si la si la France insoumise et le Parti socialiste ne sont plus alliés dans des élections législatives ça risque d'être une mauvaise nouvelle pour le PS c'est à peu près sûr pour la France insoumise aussi ça peut être une mauvaise nouvelle en tout cas ce sera une très bonne nouvelle pour l'extrême droite et Jordan Bardella la semaine dernière on on recevait Alexis Corbier qui est devenu un unioniste convaincu qui nous expliquait que face au danger de l'extrême droite, c'est là qu'il faut faire des unions. Qu'est-ce que vous en pensez vous ?

Mais sur ce point, notre position, elle est très claire, c'est que en fait l'union ne peut pas être faite n'importe comment à n'importe quel prix et en disant enfin n'importe quelle proposition. Sinon, et je pense même que en fait ce qui est le pire, c'est que c'est contre-productif. C'est-à-dire que si on dit l'extrême droite est puissante, c'est clair, elle est électoralement dans notre pays et idéologiquement.

L'extrême droite est puissante. Face à ça, on s'al n'importe quelle condition et en proposant à peu près n'importe quoi aux gens que finalement on renirait un peu plus tard. Moi, je suis persuadé et c'est d'ailleurs l'objet du livre aussi que ça provoque de la désaffection, que ça provoque infiné de l'abstention et que ça provoque infiné la montée de l'extrême droite.

Donc, je suis persuadé que l'union à n'importe quel prix sans sans sans un socle idéologique et en l'occurrence moi je veux que ce soit un socle idéologique de rupture parce que je pense que les les dernières élections quand elles étaient de masse comme les élections présidentielles et que l'abstention était un peu moins forte qu'aux dernières élections, je pense que aujourd'hui le rapport de force et le le baris centre de la gauche, les envies, elles sont sur un projet de rupture. Elles sont pas sur sur des réformettes du du bilan Hollande. Je dirais un traumatisme pour des gens de gauche qui ont pu voter Hollande en 2012 qui c'était pas il y a il y a 40 ans.

Les gens se souviennent de la déchéance de nationalité de la Lo comerie de la Casse des services publics de Macron ministre de l'économie. Donc faut pas prendre les gens pour des pour des amnésiques politiquement. Je pense que il y a ce vrai dégoût qui a amené madame Hidalgo à 1,72 % je crois à la dernière élection.

Mais non, c'est pas une question d'incarnation, c'est une question de ligne politique. Mais vous êtes persuadé que c'est c'est une question d'incarnation ? Je pense que ça en fait partie que l'élection présidentielle se joue en grande partie sur l'incarnation.

Le PS a pris cher he franchement. Ah moi je moi je moi je pense moi je pense que c'est une comment dire c'est une déception et un désaveux profond pour une gauche d'accompagnement qui a trahi tous ces engagements qu'elle avait pris pendant sa campagne. Voilà je pense que c'est éminemment politique.

Ça n'a pas grand-chose à voir avec madame Idalgo. Pourant aux européennes, il y a eu une sorte de rééquilibrage et oui mais avec une abstention différentielle et notamment des milieux populaires extrêmement fortes. C'est-à-dire que les les élections européennes, c'est encore des élections où il faut beaucoup s'intéresser à la à la vie politique.

Le Parlement européen, c'est une institution qui a l'air encore plus éloignée que les autres. L'abstention, elle n'est pas lissée sur l'ensemble des catégories socioprofessionnelles au hasard. Les riches, les bourgeois et les gens en plus de droite votent bien davantage aux élections européennes qu'aux élections présidentielles par exemple.

Jul non j'avais rien de je goûé par oui municipal vas-y tu veux introduire non non non si faire ton boulot un peu peut-être les élections les élections municipales les élections municipales en 2020 suivaient le mouvement des gilets jaunes à l'époque la stratégie de de la France insoumise c'était d'apporter son soutien massif à des listes citoyennes on a vu que le résultat avait pas été à la hauteur des espérances quelle est votre stratégie pour ces élections municipales de 2025 et Quid, je complète la question si tu veux bien, Quid des alliances en localement. Alors, en effet euh en 2020, bon c'était des élections municipales pour tout le monde en plein Covid extrêmement compliqué et là aussi avec un taux d'abstention qui était très difficile pour les les forces politiques qui espèrent faire venir les classes populaires aux urnes. Cette parenthèse refermée, en effet, stratégiquement, il y avait une différence qui tenait aussi à la maturité de notre organisation.

La France insoumise était un mouvement qui avait 3 ans. Maintenant, on en a bientôt 10. On a essayé de se structurer et de se préparer différemment pour celle-ci.

Euh, on a essayé de poser la discussion notamment avec les les partenaires qui étaient dans le dans le NFP sur des bases programmatiques histoire de pas nous, contrairement à d'autres formations politiques, on on peut avoir des décisions nationales. C'est-à-dire que c'est pas à Petouchnox et on fait comme ça et puis on fait complètement l'inverse dans un dans une autre ville. Euh on estime que qu'il faut une visibilité nationale, donc des listes qui soient sur le même périmètre politique.

Donc on a posé la discussion sur la base de garantie programmatique qui était en gros des exigences où on disait bah s'il y a des élus insoumis citoyens et peut-être autres partis politiques, il faut qu'il s'engage à respecter un minimum de propositions et à essayer de les mettre en place une fois qu'ils seront dans ces conseils municipaux. Je vous donne un exemple. par exemple RIC, on en a parlé tout à l'heure, le RIC au niveau euh municipal, il est possible à mettre en place, c'est une possibilité prévue par la Constitution et ça permet déjà à un niveau extrêmement local de retisser cette confiance dont on dont on parlait juste avant ou euh les cantines bio et gratuites par exemple.

Non, c'est sur la stratégie effectivement, bah c'est justement lié, c'est-à-dire que les les discussions qu'on a avec tous les potentiels partenaires politiques sur la base de ces de ces garanties programmatiques. Et donc dans les grandes villes là, donnez-nous un peu d'éléments parce qu'on est quand même là ce soir pour avoir des infos. Il fallait que j'ai des scoupes pour les municip.

Laissez-nous quand même au moins un peu de ça. C'est ça back c'est l'émission des scoop du jeudi soir'estce pas un petit scoop s'il vous plaît. Clémence Gué comment ça se joue dans les grandes villes par exemple ?

Est-ce qu'il y a quelles sont les les discussions ? J'ai pas j'ai pas de scoup. Et vous serez candidate.

Moi je ne serai pas candidate. Non. Euh peut-être que c'est un scoop ça.

D'ailleurs, jamais posé la question je crois. Euh non moi j'ai déjà un mandat et je vais je vais voilà je je vais me canton. Est-ce que vous allez bien Clément ?

Ça va très bien merci. Euh c'était vraiment attrap euh donc non dans les dans les grandes villes, la plupart des configuration euh c'est euh soit c'est des villes qui sont tenues par la droite et dans ce cas-là on arrive à avoir généralement des alliances citoyens LFI voire Parti communiste, voire Europe écologie les verts. Pas de PS généralement pas de PS vu le contexte vu le contexte national en ce moment c'est compliqué.

Et ensuite, il y a des villes tenues par le Parti socialiste ou des villes tenues par les écologistes et suivant la façon dont ça s'est passé, généralement, on est dans l'opposition nous, France insoumis. Euh donc on a des listes qui se composent en face. Voilà.

OK. Bon ben pas de scoop en fait. Non mais c'est j'avais pas fait de promesse moi.

Usule. Ouais. Non, je vais l'inverse du je vais élargir.

Moi, j'ai quand même l'impression qu'on est euh que il y a des choses qui vont devoir se dénouer là dans dans pas longtemps, que ça va être en effet soit le socialisme, soit euh l'extrême droite. Mais mais là, il y a une urgence. On est le moment est révolutionnaire.

Le moment est révolutionnaire ou le moment dans l'autre sens aussi, quoi. Et là-dessus et l'Union européenne qui est ballotée entre le Trumpisme d'un côté, Poutine qui fout la pression de l'autre. Dans les deux cas, ça sponsorise plutôt l'extrême moral d'ailleurs et c'est plutôt ce qu'on voit aussi, y compris en Angleterre, en Allemagne, chez nos voisins.

Comment est la gauche européenne ? Est-ce qu'elle est prête à ce moment ? Est-ce que il y a des alliances ?

Est-ce qu'il y a des solidarités ? Et si possible une stratégie et un scope et et quelle est quelle est du coup l'attitude à avoir aussi voilà avec nos au parlement ? Oui.

Oui. Non, c'est clair que l'ambiance réactionnaire dans l'Union européenne, dans les pays de l'Union européenne est extrêmement forte. Et prenons comme base de la discussion de cette inquiétude que je pense on partage, le fait que ça menace des vies très concrètement, les personnes racisées, les personnes LGBT, les femmes, les droits des femmes évidemment et que donc c'est face à ça que il faut essayer de s'organiser.

Moi c'est un c'était une interrogation que j'ai eu très fortement le semestre dernier. C'est pour ça que j'ai fait une tournée de pays européens. Je suis allée dans pas mal de pays européens, Portugal, Belgique, Espagne, Allemagne, Italie et d'autres euh pour rencontrer justement des camarades dans ces pays-là et voir la façon enfin déjà dans quel niveau de forme ils sont parce que dans certains pays, c'est très dur.

Je pense à l'Italie par exemple, bon quand vous êtes opposant de Mélonie et nos partenaires à nous euh ils sont pas très en forme électoralement. Il y a d'autres pays où on euh quand je dis on, c'est euh des des parties euh frères, on va dire, euh sont beaucoup plus en forme. Je pense par exemple à la Pologne où en fait il y a un mouvement de gauche radicale qui est assez fort face euh face euh à la droite ou à l'extrême droite.

Euh dans des pays aussi du nord, il y a des il y a des parties de gauche radical qui sont très en forme. Et donc je suis allée les rencontrer pour qu'on partage déjà nos enseignements sur la période, comment l'extrême droite s'organise nationalement mais aussi au sein de l'Union européenne. Et on a essayé de se doter de moyens un peu en miroir, on va dire parce qu'on se rend bien compte que on n' pas les moyens les mêmes moyens financiers.

C'est clair. Musk et d'autres financent l'extrême droite européenne. Ils y mettent largement des billes à dessin pour leur donner de la force justement.

Mais donc comme nous on n' pas ces financements, il faut qu'on redouble d'organisation. C'est pour ça que on a lancé l'année dernière un nouveau parti de la gauche européenne euh qui a eu son premier congrès à Porto au mois de juin de cette année où je suis allée. Il y a sep parties fondateurs, deux membres observateurs à cette heure tout par non alliance et là c'est l'alliance de la gauche européenne et donc euh et donc on essaie de renforcer nos liens et de bosser encore davantage ensemble.

C'est par exemple pour ça qu'on a fait l'initiative citoyenne européenne, celle qui avait été très réussie sur l'avortement, mais donc on a fait le même mécanisme sur Gaza et sur euh la fin enfin la demande de la fin du génocide pour essayer de mettre une pression coordonnée. C'est pour ça aussi que intellectuellement on va travailler ensemble dans le cadre d'une fondation parce que l'extrême droite s'organise aussi idéologiquement. Euh on parle beaucoup des désaccords à gauche qui existent en fait l'extrême droite y compris au sein de l'Union européenne a beaucoup de désaccords idéologiques.

Mais alors ils ont réussi à se mettre d'accord sur l'immigration et le problème et ils ne parlent que de ça quand ils sont ensemble alors même que parfois ils mènent des politiques quasiment contradictoires dans leur pays euh respectifs. Et donc à gauche, on doit aussi parler de nos points d'accord et de la façon dont on avance chacun dans s'il y avait un point d'accord, ce serait lequel ? dans nos pays respectifs.

Bah franchement, la fin du génocide à Gaza, en tout cas pour notre pour notre camp, euh c'est un point d'appui très évident, notamment parce que au Parlement européen, il y a beaucoup d'élus qui siègent ensemble dans le même groupe, qui se connaissent et qui ont à lutter contre Vleen, son son inaction, le fait qu'il ne rompe pas l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël justement. Donc c'est clair que là en ce moment, on est tous extrêmement mobilisés là-dessus. Mais après, il y a plein d'autres questions.

Par exemple, avec les camarades espagnols, j'ai beaucoup parlé de la question du logement qui est une vraie vraie crise euh en en Espagne et qui est une vraie crise aussi en France et dans plein d'autres pays. Mais donc eux, ils ont par exemple euh organisé des des assemblées de locataires. Euh enfin, il y a il y a aussi des choses qu'on peut dupliquer et je pense que c'est intéressant de réinvente pas l'eau chaude tous les ex, on pourrait réinventer l'eau chaude mais on va devoir s'arrêter là pour cette interview.

Merci beaucoup Clémence Gué d'être venu sur le plateau de Backat et d'avoir répondu à nos questions. [Musique]