Premier ministre : retour à la case départ
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Questions et réponses
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- 3:54OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous la situation politique actuelle ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Quelles incertitudes et conséquences pour les élus locaux ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Et ça aura des conséquences sur les services publics ?
- 6:15RelanceRéponse directe
Vous dites que les collectivités ont suffisamment participé à l'effort, est-ce que ça signifie qu'on ne participe plus ?
- 13:34OuverteRéponse directe
Est-ce que Sébastien Lecornu peut sortir autre chose qu'une dissolution de sa mission ?
- 15:31OuverteRéponse directe
Est-ce que sur la forme et la communication, il a réussi son passage à Matignon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54InvitéChiffre
« En France, sur les 1254 intercommunalités existantes, plus de 900 proposent des solutions de garde d'enfants. »
- 6:01InvitéChiffre
« Avec un effort qui est plus que doublé, une ponction sur les collectivités territoriales qui est plus que doublée, particulièrement pour les intercommunalités. »
- 6:52InvitéChiffre
« L'an dernier, on était partis aussi d'une copie à plus de 5 milliards d'euros demandés aux collectivités, et on a fini autour de 2 milliards d'euros. »
- 12:10InvitéFait
« Je sens qu'un chemin est possible encore, il est difficile. Et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient. »
- 12:31InvitéFait
« Il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites. »
- 19:44InvitéFait
« Oui, c'était un pas très important, et c'était d'ailleurs demandé par les partis socialistes d'abandonner le 49-3. »
- 23:47InvitéFait
« Le projet de budget tel qu'il est présenté aujourd'hui est un projet de budget qui ne peut pas être le nôtre. »
- 30:03InvitéFait
« On va au-delà du miroir et au lieu de rester sur la suspension, on se dit qu'est-ce que ça voudrait dire, comment on peut l'organiser. »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Invité25 %
- Invité 224 %
- Invité 33 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et c'est l'heure de notre reportage en région, direction l'Isère. Alors que se tient aujourd'hui le Congrès des intercommunalités de France, vous vous demandez peut-être à quoi servent-elles. On va voir une illustration concrète de leur mission du côté de la communauté de communes. Cœur de Chartreuse, c'est donc dans l'Isère. Elle a mis en place un système de bébé bus qui fait le tour des communes pour offrir un mode de garde itinérant pour les familles. Clément Guillaumeau.
C'est un bus, pas tout à fait comme les autres qui débarquent ce matin-là dans la ville d'entre-deux-guiers. Dans la communauté de communes Cœur de Chartreuse, le bébé bus s'installe chaque jour dans une salle différente.
Alors ça, c'est les tapis de jeu, ça.
Une halte garderie itinérante qui a tout d'une grande. L'avantage de ce concept, c'est qu'on est dans des salles polyvalentes. On a plus de place que dans une mame ou chez une assistante maternelle. Et on range toujours de la même façon. Donc les enfants, ils retrouvent leur repère en fait d'un jour à l'autre, même si on a changé de salle. Chaque année, le bébé bus accueille plus de 40 enfants âgés de 3 mois à 4 ans. Un principe de garde qui vient en complément des solutions traditionnelles et qui ravit les parents.
Pour ma fille, elle va sur 2 ans. Ça fait un petit peu moins d'un an qu'elle y va. Et après, tous mes autres enfants y ont été avant.
Mes 3 autres, ils sont allés. Toute l'offre qui est proposée, les activités, etc. en journée, c'est parfait. Les horaires qui sont proposés également. Une solution de garde alternative proposée par l'intercommunalité Cœur de Chartreuse, un groupement de 17 communes fédérées autour d'un projet de territoire et d'objectifs communs. Si l'intercommunalité est responsable, entre autres, de la gestion des déchets ou du développement économique, Bonjour ! elle est aussi en charge de la petite enfance. On a la joie d'assumer cette compétence dans toute sa diversité. On accompagne les assistantes maternelles, on a des EAGE, des établissements d'accueil du jeune enfant associatif.
En fait, on a un éventail de possibilités de mode de garde pour les familles qui est optimal. Pour les villages concernés, proposer une telle solution aux parents serait impossible sans l'intercommunalité. Nous n'avons pas de halte-garderie dans chaque village, ce n'est matériellement impossible. C'est vraiment la mise à disposition sur le territoire des capacités qu'une commune ne peut pas avoir et qu'une intercommunalité peut proposer. En France, sur les 1254 intercommunalités existantes, plus de 900 proposent des solutions de garde d'enfants.
Voilà pour l'une des missions des intercommunalités. Les intercommunalités qui sont donc réunies en congrès du côté de Toulouse. On va s'y rendre. Bonjour Sébastien Martin, merci beaucoup d'être avec nous, président d'Intercommunalités de France, président du Grand Chalon, député LR de Saône-et-Loire. Sébastien Martin, on vient de voir un exemple concret des missions des intercommunalités qui sont donc au cœur du quotidien des Français. C'est faire France ensemble, c'est le slogan de votre congrès aujourd'hui, c'est la mission des élus locaux dans cette France fracturée. Tout à fait, je pense que les élus locaux en ce moment sont une forme de repère.
Et particulièrement dans les intercommunalités d'ailleurs, où en réalité des maires de gauche, des maires de droite, des maires du centre, des maires d'un peu partout, sont capables de s'entendre pour mettre en place des services publics, pour assurer le développement économique et puis pour permettre aux familles de faire garder leurs enfants, comme on vient de le voir dans votre reportage. Donc l'intercommunalité, c'est du concret et c'est du compromis qui permet d'avancer. Je crois qu'en ce moment, c'est une leçon qu'on a besoin de méditer. Justement, votre congrès, il se tient dans un contexte politique évidemment compliqué. Comment vous qualifiez, vous, la situation aujourd'hui ?
D'un grand bazar dont on espère qu'il sortira quelque chose. Moi, ce que j'entends depuis hier, on est 2000 participants à ce congrès, c'est le plus important congrès d'élus après le congrès des maires, eh bien, c'est que les gens en ont marre. Les gens sont épuisés, d'une certaine manière, par la situation que l'on vit, notamment depuis dimanche soir. Et les élus locaux qui sont capables, eux, de s'entendre, ne comprennent pas qu'on ne soit pas capable de s'entendre.
Quand on est capable de s'entendre pour l'intérêt supérieur quand il est local, eh bien, quand il s'agit d'un intérêt supérieur qui est celui de la nation, on doit être capable de s'entendre et de trouver, comme l'a dit, j'écoutais Philippe Juvin juste avant vous, de trouver les voies de passage pour qu'il y ait un gouvernement dans ce pays et que, quelque part aussi, les élus locaux puissent travailler sereinement. – Mais justement, quelles incertitudes, quelles conséquences dans le quotidien des élus locaux à cette situation politique ?
– S'il n'y a pas de budget, par exemple, ça pose un problème pour les collectivités, ça pose un problème pour savoir quels sont leurs moyens financiers, ça pose un problème pour savoir quelles sont les politiques qu'elles peuvent conduire. Et donc, à partir de là, forcément, ça aura un impact sur l'économie locale, ça aura un impact sur la vie dans les territoires, et quelque part, on sera à côté de la plaque. Et je crois que les Français ne veulent pas qu'on soit à côté de la plaque, mais qu'on soit à la hauteur de l'événement. – Et ça aura des conséquences à travers les collectivités, sur le quotidien des Français, sur les services publics ?
– Oui, je pense qu'on va avoir un débat budgétaire qui va être intense, parce que ne pas avoir de budget, bien évidemment, pose un problème, mais aussi avoir un budget qui, aujourd'hui, tel qu'on a pu l'apercevoir dans ce qu'avait proposé François Bayrou, avec un effort qui est plus que doublé, une ponction sur les collectivités territoriales qui est plus que doublée, particulièrement pour les intercommunalités, va poser un sujet dans les territoires. En matière, tout simplement, de capacité à continuer à investir, par exemple.
– Donc vous, vous dites, parce qu'à un moment, Sébastien Lecornu parlait d'une meilleure maîtrise des dépenses des collectivités, vous dites que les collectivités, elles ont suffisamment participé à l'effort, là, on ne participe plus ? – On dit, nous sommes des gens responsables. La situation du pays est ce qu'elle est, et il y a un déficit public, il y a une dette publique qui est là, qui est présente, et les collectivités font partie de la nation. Donc quand il y a un problème sur les comptes de la nation, nous ne pouvons pas faire comme si cela ne nous concernait pas du tout. Ce que nous demandons, c'est que cette participation soit raisonnable et mesurée.
L'an dernier, on était partis aussi d'une copie à plus de 5 milliards d'euros demandés aux collectivités, et on a fini autour de 2 milliards d'euros. On a pu travailler avec les parlementaires pour revoir les principes de la contribution des collectivités, notamment en prenant mieux en considération les critères de richesse. Donc je crois qu'il y a un travail qui doit s'engager. On voit bien que la notion de la voie du compromis aujourd'hui est la seule qui permettra de trouver des solutions. Donc nous, on est prêts à se mettre autour de la table, mais sur les principes que je viens d'éditer, c'est-à-dire une contribution juste et une contribution qui soit mesurée.
Les collectivités locales ne peuvent pas être là simplement pour boucher les trous de l'État. Merci beaucoup Sébastien Martin. Merci d'avoir été avec nous depuis Toulouse, où se tient en ce moment le Congrès des intercommunalités que vous présidez. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. On continue à parler de la crise politique, Audrey, puisque c'est évidemment la prise de parole de Sébastien Lecornu, hier soir au 20h de France 2, qui fait la une de nos journaux régionaux. Tout à fait, Oriane, et voici ce que retiennent vos quotidiens des propos du Premier ministre démissionnaire hier.
Il a donc promis qu'Emmanuel Macron nommerait un nouveau Premier ministre sous 48 heures, retient le Berry républicain. De fait, il y a un passage pour éviter la dissolution, précise le courrier Picard. Il y a en tout cas une majorité absolue de députés qui ne veulent pas de cette dissolution, a précisé hier Sébastien Lecornu, qui a aussi été interrogé sur la fameuse réforme des retraites. Tant décrié, un totem, on le sait, pour le camp présidentiel, pour la droite, un chiffon rouge aussi pour la gauche et pour le Rassemblement national. Eh bien, pour Sébastien Lecornu, cité dans le progrès, il faut relancer le débat sans forcément suspendre la réforme.
Le Premier ministre démissionnaire a donc annoncé hier que sa mission était désormais terminée. De fait, pour le Télégramme, vous allez le voir, Emmanuel Macron est désormais seul face aux Français, un président de plus en plus isolé, qui a donc la responsabilité maintenant de nommer un Premier ministre. Et l'actualité aujourd'hui, c'est aussi la panthéonisation de Robert Badinter. À l'ancien garde des Sceaux décédé l'an dernier, la patrie reconnaissante, il rejoint les grands hommes. Aujourd'hui, 9 octobre, c'est une date symbolique, puisque c'est la date anniversaire de l'abolition de la peine de mort, dont il a été à l'origine dans l'inscription de la loi française.
Pour le Républicain Lorrain, regardez, c'est une icône de la justice au Panthéon. Alors, sa dépouille ne sera pas déplacée. Sa femme, Elisabeth Badinter, a demandé à ce qu'elle demeure dans le carré juif du cimetière de Bagneux. Mais des éléments symboliques seront placés dans le cercueil. Il y aura sa robe d'avocat. Trois livres que je vais vous détailler aussi, parce que j'ai trouvé ça assez intéressant. Ils disent que Robert Badinter avait écrit en hommage à sa grand-mère, chose vue de Victor Hugo, et une biographie de Nicolas de Condorcet.
Et puis, pour la petite histoire, Vosge Matin nous rappelle que c'est un dossier vaugien, justement, qui est à l'origine de la lutte de Robert Badinter, une affaire qui remonte aux années 70. C'est ce qu'on va voir quand il défendait un certain Roger Bontemps. L'homme avait participé à une prise d'otage avec son con-détenu dans la prison dans laquelle il purgeait sa peine. Prise d'otage qui va se terminer par la mort d'un surveillant et d'une infirmière. Roger Bontemps clamera qu'il n'a pas porté les coups mortels, que c'est son co-détenu. Il ira quand même à l'échafaud. Robert Badinter dira. Le facteur déclencheur, ça a été d'escorter Bontemps à la guillotine.
Et puis, pardon, c'est à vous de m'en lancer, donc on y va. C'est un autre sujet. On passe complètement à un autre sujet. La sénatrice, Pascale Gruny, s'attaque à la malbouffe. Oui, ça fait la une de laine nouvelle. Regardez, la sénatrice s'attaque à la malbouffe. Pascale Gruny a déposé un projet de loi visant à limiter l'ouverture des fast-foods dans les communes. Tout part d'une affaire à faire entarde de noix. C'est dans l'Aisne, justement. Le maire a tenté de prendre un arrêté municipal pour interdire à l'ouverture d'un nouveau fast-food, parce qu'il y en a vraiment trop dans la rue. Mais son initiative a échoué au nom de la liberté de commerce.
Alors, la sénatrice, Pascale Gruny, entend contourner cela avec sa loi, en invoquant la santé publique contre la malbouffe. Et puis, je termine par la belle histoire. Décidément, je voulais y venir, mais c'est parce qu'elle est vraiment impressionnante. Un tour du monde avec le cancer. Charlie Dalin révèle dans un livre, et ça fait la une de Presse Océan, qu'il a remporté le Vendée Globe en 2024 à 39 ans, alors qu'il luttait déjà contre une tumeur cancéreuse gastro-intestinale de la taille d'un pamplemousse. C'est sûr que ça compliquait un peu la tâche, dit-il, d'avoir cet intrus à bord. Aujourd'hui, je vois cela comme une double victoire sur la course et sur tout ce qui m'est arrivé.
Le skipper lutte toujours contre la maladie, mais chapeau bas pour cet exploit qui dépasse l'entendement. Et vous avez raison, Audrey. – Merci beaucoup, merci Audrey. Allez, on revient à la crise politique. Sébastien Lecornu qui a donc annoncé avoir achevé sa mission hier. Et le juge que la dissolution s'éloigne et qu'un chemin est possible avant d'en parler. Avec nos éditorialistes, on va voir les temps forts de son intervention hier soir. Ils sont résumés par Gaël Fonseca.
– J'ai appris ça au contact de nos militaires, j'ai tout essayé.
– Mission terminée pour Sébastien Lecornu. Ses consultations avec les différents partis politiques à la demande du président de la République se sont achevées.
– Je sens qu'un chemin est possible encore, il est difficile. Et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient.
Un des points de friction entre les forces politiques au Parlement, la réforme des retraites. Sébastien Lecornu était particulièrement attendu sur la question. Pour le moment, pas de suspension ni d'abrogation, mais le totem macroniste est remis sur la table.
– Je l'ai dit au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites.
Le retour au travail parlementaire, c'est le maître mot, selon Sébastien Lecornu, pour la stabilité du pays. Tout d'abord avec un débat sur la fiscalité des plus riches, mais aussi et surtout un débat pour le budget. Le Premier ministre démissionnaire l'espère, la France sera munie de son budget d'ici 2026. Le fruit de ces trois semaines à la tête du gouvernement sera présenté ce lundi par le prochain locataire de Matignon.
– C'est ça qui nous manque, c'est le dernier maître, mais vous entendez bien que je suis plutôt optimiste, c'est la capacité tout simplement à bâtir des compromis dans l'hémicycle.
– Et pour lui, un départ anticipé d'Emmanuel Macron n'est pas souhaitable.
– Je peux vous témoigner que ce n'est pas le moment de changer de président de la République, parce que par définition, la parole de la France à l'étranger.
– Un président de la République qui nommerait un Premier ministre avant demain soir. – Et on va en parler avec nos éditorialistes. Bonjour Michael Dormand. – Bonjour. – Merci d'être avec nous comme tous les jeudis. Bonjour Emile Isabelle. – Bonjour. – Merci d'être la communicante fondatrice de l'agence Emili Conseil. Et on a vu hier Sébastien Lecornu affirmer que sa mission était terminée. J'ai tout essayé, mais forcé de constater que ça n'a pas complètement marché, qu'elle n'est pas complètement réussie, a dit le Premier ministre des missionnaires. Est-ce que quand même, de sa mission, il peut sortir autre chose qu'une dissolution désormais Michael ?
– En tout cas, c'est son souhait. – Oui, manifestement, c'est ce qu'il a voulu exprimer devant les Français hier à la télévision. Et puis, après ce qu'il avait dit, effectivement, au président dans le bureau, ça a été, on va dire, le message principal en disant, voilà, il a trouvé la formule pour que le mot, la formule majorité absolue puisse être prononcée, quelque chose qu'on n'en prononce plus, finalement, en parlant de la politique française depuis bien longtemps. mais assorti à cette non-dissolution. En réalité, maintenant, l'enjeu étant de trouver non pas un accord de non-censure, mais un accord de non-dissolution entre les différents groupes.
Moi, ce qui m'a frappé, quand même, c'est que je me suis dit que c'était quand même la première fois qu'on entendait parler autant Sébastien McCormick. Et on a eu, quand même, une démonstration du style, parce que c'est vrai qu'il ne parle jamais aussi longtemps.
– Il l'a dit, d'ailleurs.
– Aussi longtemps, il a évoqué des mots que d'autres politiques n'évoquent pas en disant « j'ai parlé, j'ai consulté dans le secret, je suis peut-être resté un peu trop en retrait, mais je suis venu vous parler, et puis j'ai échoué. » – J'ai un regret. – J'ai un regret, voilà. Et puis avec des formules, parfois, aussi assez à l'importe pièce, en tout cas assez familières. Vous voyez que je ne cours pas après le job. Il y a eu tout un style comme ça, peut-être qu'on n'en entendra plus, finalement, après, pendant longtemps, je n'en sais rien, mais en tout cas, il y a eu un moment, un moment le corps nu, où il est venu expliquer pourquoi ça n'avait pas marché.
Le problème en politique française, c'est que souvent, les discours de défaite sont toujours bien meilleurs que les discours de victoire ou les promesses avant les campagnes.
– Et c'est intéressant, ce que dit Mickaël-Emilie, vous qui êtes une spécialiste de la communication, est-ce que sur la forme, sur la communication, il a au moins réussi son passage à Matignon, Sébastien ?
– Je dirais sur la forme et sur le fond aussi, par rapport à ce qu'il a utilisé. C'est vrai que sur la forme, très discret au début, presque mutique, à pas humble aussi. D'ailleurs, il se définit comme soldat, moine, moine soldat. Il y a un côté, voilà, je travaille, je fais ça dans le secret, et puis j'essaie de marquer des points au fur et à mesure. Sur le fond, il y a aussi cette idée, d'ailleurs il y a un terme assez important qu'il a cité très rapidement, c'est le partage du pouvoir.
Ce qu'on n'avait pas beaucoup depuis 2017, en parlant des élus, tous les corps intermédiaires, des parlementaires évidemment, lui-même ayant eu cette vie-là, qu'Emmanuel Macron n'a pas eu d'élu, de président, conseil départemental, de sénateur même, il a été sénateur. Donc c'est quelque chose qui a été très différent. Et moi je trouve qu'aussi, on va voir ce qui se passe maintenant, il a imposé aussi l'idée qu'on pouvait être d'accord pour travailler un petit peu ensemble.
Alors on sait que dans les coulisses, c'est pas du tout la même chose, mais il y a quand même cette idée qu'il a présentée hier, et qui n'était pas rassurante, mais en tout cas qui donnait un peu l'idée de responsable politique, un peu responsable, qui puisse se dire, on essaie de s'accorder malgré nos divergences pour essayer d'aller dans le bon sens, et surtout dans le sens d'un budget pour la France.
Et je trouve que ça, c'est quand même assez fort de sa part, même si éventuellement sa mission, il n'a pas réussi, il ouvre des pistes, et on a parlé d'autre chose quand même, on a parlé de plein de sujets dont on ne parlait pas, la retraite, il a mis quand même cette idée de réforme des retraites qui serait remise en débat, taxer les plus riches, il y a eu quand même un an, je trouve qu'il a percé des tabous qui étaient difficiles à percer jusque-là.
– Et un discours peut-être qu'on entend moins aussi, Mickaël, il dit, si j'ai un regret, c'est la composition du gouvernement, il faut que ce soit déconnecté de toute ambition présidentielle. Est-ce que ça aussi, c'est un discours qu'on a moins l'habitude d'entendre, surtout à des postes pareils ? Le fait que lui, il est là pour servir est déconnecté de toute ambition pour 2027.
– Oui, ce qui rendra la difficulté supplémentaire, d'aller trouver des gens qui ne sont pas dans une logique d'ambition présidentielle, et ça, on verra bien pour plus tard, pour la personne qui arrivera. Mais c'est vrai, vous avez raison, que là aussi, il a aussi posé des mots, d'habitude, que ses politiques, que ses responsables politiques, à ce niveau-là, ne formulent pas. C'est vraiment la chose dont on ne parle pas à l'élection présidentielle, alors que tout le monde fait qu'il pensait tout le temps, on connaît l'adage.
– Il dit qu'il faut une équipe qui accepte de se retrousser les manches.
– Déjà, donc ça renvoie aussi à pas mal de critiques pour les autres. Et ce qui m'a frappé, c'est ça, c'est exactement ce que dit Émilie, c'est qu'en fait, il y avait dans ses propos veloutés, il y avait aussi une sorte de droit d'inventaire de la méthode Macron. Et une fois de plus, et on l'avait évoqué quand il a été nommé, c'est un proche paradoxal, en réalité, il est très proche personnellement, très certainement, mais en termes de rapport à la pratique du pouvoir, effectivement de parcours électoral, de lien à l'action politique, il est aux antipodes de Macron.
Et de ce point de vue-là, il a voulu le montrer et le marquer hier de façon, certes, beaucoup plus subtile qu'on ne peut le faire Gabriel Attal et Édouard Philippe, qui quand même ont participé, parce que c'est quand même l'information principale jusqu'à présent, depuis quelques jours, ont participé à l'effondrement de la Macronie, à l'effondrement du système politique.
– On va vous parler justement de cette volonté de compromis, on va écouter à ce propos Aurore Berger, porte-parole démissionnaire du gouvernement, elle était ce matin sur RTL.
– Je pense qu'on a besoin maintenant de se dire, on doit entrer dans le débat parlementaire. En fait, la seule chose dont on a besoin aujourd'hui, qui devrait être quand même quelque chose d'atteignable, c'est juste de commencer le débat. Commencer le débat parlementaire sur le budget. Ce qui ne veut pas dire un point final et une conclusion, mais juste un démarrage.
– Est-ce que ça, c'est quelque chose que Sébastien Lecornu aura fait avancer, de dire, on donne la main au Parlement, quitte à renoncer au 49-3 ?
– Oui, oui, c'était un pas très important, et c'était d'ailleurs demandé par les partis socialistes d'abandonner le 49-3, de laisser les parlementaires discuter. Maintenant, c'est un peu faussé aussi, parce que c'est gentil de dire, il faut que le débat commence. S'il est faussé, c'est-à-dire que si le budget, la copie de départ est si orientée macroniste, ou un peu comme ce qu'avait préparé Bayrou, ça fausse un peu le démarrage des débats. Si on voulait vraiment être honnête et vraiment essayer de discuter en prenant en compte tous les avis, il faudrait être beaucoup plus ouvert. Et c'est là un petit peu que, même si on trouve que Sébastien Lecornu a fait un travail qui était intéressant…
– Après, il dit, j'ai pas eu le temps, j'ai eu trois semaines, donc je pose un budget de budget qui n'est pas parfait.
– Et puis la limite, c'est de savoir si ce socle commun est prêt à lâcher un petit peu plus de mou, comme ils l'ont fait déjà, comme il l'a fait pour le 49-3, pour le débat des retraites, et encore, c'est assez flou finalement ce qu'il propose là. Il faut donner un petit peu plus de mou pour que les parlementaires puissent être en confiance sur le démarrage du budget. Et je pense que là, on n'y est pas encore complètement. C'est pour ça que le PS freine encore, c'est pour ça que les uns et les autres font monter les gages qu'ils ont besoin d'avoir avant de discuter. Mais c'est vrai qu'au moins, il aura permis de montrer comment s'y prendre.
Et maintenant, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Dernier point, c'est vrai que Sébastien Lecornu, autre style, et même autre fond qu'Emmanuel Macron. Mais justement, maintenant, la balle est dans le camp d'Emmanuel Macron pour la nomination du Premier ministre. Est-ce qu'Emmanuel Macron est prêt à aller à l'encontre de la politique qu'il a menée depuis 2017 en nommant un Premier ministre de gauche ? C'est là qu'il y a une grosse question. Alors après, ça ne serait pas réglé pour autant.
Mais déjà, ce pas-là, d'ici demain soir, ça serait vraiment une transformation, enfin quelque chose d'un bouleversement dans ce que propose Emmanuel Macron, s'il nommait, s'il acceptait de nommer un Premier ministre de gauche. – Oui, parce que ça met un peu quand même d'humilité dans tout le système, parce qu'effectivement, on entend Aurore Berger, qui pour l'instant attend, on verra si elle a un conseil des ministres à commenter, mais elle est effectivement démissionnaire et sans sujet. C'est-à-dire que les porte-parole, on ne sait pas quelles paroles. Mais en tout cas, ce qu'elle dit, c'est qu'effectivement, on peut entrer dans le débat parlementaire. On en est là.
Et hier, Sébastien Locornu l'a parfaitement rappelé. Les priorités, c'est d'abord avoir des ministres autour d'un conseil des ministres, une table de conseil des ministres, pour pouvoir déposer le budget, le projet de budget. Parce que c'est ensuite, c'est comme cela qu'il peut arriver au Parlement. Donc, on en est là. Il faut vraiment revenir sur, étape par étape, avant de penser effectivement ce qu'elles seront les grandes machines. Et c'est là, oui, c'est effectivement, on verra quelle sera la décision prise par le président de la République, quel oiseau rare il va trouver.
Mais il a d'autres choix pour éviter une dissolution immédiate que de nommer un premier ministre de gauche maintenant ?
Il peut avoir ce fameux, entre guillemets, profil technique, grand technocrate qui vient. Mais en même temps, on aura tellement besoin de politique. – Mais oui, c'est ça. – Donc, ça paraît… Les technocrates qui savent faire, il y en a plein les bureaux, et souvent, ils le font très bien, parfois, ils le font même trop bien. Mais en réalité, ce qu'il faut, c'est de la politique. – Et d'ailleurs, c'est ce qu'avait dit Sébastien Lecornu, qu'il voulait des ministres qui connaissent la politique pour justement qu'il y ait un travail parlementaire et ce travail sur le budget. Et c'est tout à fait vrai par rapport à la situation. – Et encore une incertitude.
Il y aura très certainement, effectivement, une nomination, quelqu'un. Mais ensuite, pour combien de temps ? Quelle viabilité ? Quelle solidité ? Et pour autant, la crise est-elle terminée ? Et surtout, cette démo-anxiété, on entend beaucoup cette formule qui se met en place maintenant, de la part des Français, est-ce qu'elle va être capable d'être calmée, jugulée, pour pouvoir remettre de la sérénité et de la stabilité ?
– Et un compromis est-il donc possible sur le budget ? C'est désormais la question, on va écouter ce qu'en disait hier Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, c'était à sa sortie de Matignon.
– Le projet de budget tel qu'il est présenté aujourd'hui est un projet de budget qui ne peut pas être le nôtre. Et d'ailleurs, je veux couper court à ce stade à toutes les élucubrations d'un gouvernement commun avec la Macronie. C'est inimaginable.
– Le projet de budget ne peut pas être le nôtre, mais est-ce que dans le travail parlementaire, un compromis est possible ?
– On sent bien que le PS, il fait monter un peu les enchères, parce qu'évidemment, on commence à parler d'un Premier ministre de gauche, ils ne peuvent pas accepter, sous n'importe quelle condition, de participer comme ça et de mener un gouvernement avec un budget qui resterait avec des connotations très macronistes. Moi, ce que je trouve intéressant, encore une fois, c'est qu'on a…
Le contre-budget qu'avait présenté le PS très rapidement a permis d'imposer dans la sphère médiatique, politique et même sociale, des sujets comme la taxe Zuckman, ou en tout cas taxer les ultra-riches, qui étaient déjà dans l'air, mais qui n'étaient pas pris comme ça au sérieux, et ça imposait un petit peu ce sujet-là. Donc, le PS est fort de demander des gages supplémentaires, parce qu'on sent bien qu'il y a un moment gauche dans ce qui se passe, et qu'en plus, ces sujets-là montent énormément. Une grande majorité de Français sont pour ce type de taxation des ultra-riches, ils sont pour aussi la suspension de la réforme des retraites.
Donc, petit à petit, on a vu même des personnalités politiques du socle commun, qui ont commencé à aborder ces sujets-là sans tabou. Donc, voilà, ils ont intérêt à faire monter la sauce, et ils ne peuvent absolument pas participer à un budget qui serait d'office, avant même les discussions, trop connoté macroniste. – Oui, et puis il y a aussi une autre courte à régler, c'est que les Français sont de droite sur les régaliens, et de gauche sur le social. – Oui. – Et donc, il va falloir quand même être capable de réunir tout cela. Certes, ils veulent de l'égalité fiscale, mais ils ne veulent pas que les impôts augmentent.
Donc, la fiscalité, ça va être aussi quelque chose qu'il va falloir gérer de manière extrêmement précise. Et puis, il y aura, si la gauche arrive au pouvoir, quelle gauche on verra, dans quelle configuration, ils auront leur groupe de pression. Il y aura la France insoumise, qui, sauf énorme surprise, ne devrait pas participer à un gouvernement, et donc, qui va faire énormément pression, qui va faire monter les enchères. Or, vous avez les élections municipales qui arrivent, avec toutes les configurations, où on voit bien qu'on s'attend à ce qu'il y ait quand même une part des experts électoraux, ils disent qu'on peut s'attendre à une montée de la France insoumise dans les municipalités.
Et donc, ça fait pression également sur la gauche, et en particulier sur les villes écologistes. Donc, voilà, tout ça est un espèce de rubicube qui est géré en même temps, et qui va, à un moment donné, déterminer, et on sent bien qu'Olivier Faure, lui aussi, il fait monter la pression, parce qu'il veut être le plus libre possible, et mettre la barre le plus haut possible, pour pouvoir, peut-être, amener Emmanuel Macron à dire que ça reste compliqué. – Ce qui est intéressant, c'est quand même ce moment gauche, qu'on n'aurait pas imaginé.
Alors, il y a eu un peu le moment droite LR, avec l'arrivée de Michel Barnier, un peu un revival de ce mouvement-là, et là, c'est à nouveau de l'autre côté, donc ces côtés gauches, où il y a un moment où on a l'impression que ça serait épanoui. Est-ce que c'est les prémices de l'après-Macron qui a tenté, justement, d'effacer la gauche et la droite ? On sent bien qu'il y a une reconstruction qui se fait, qui donne un peu du sens au niveau des mesures qui sont proposées d'un côté ou de l'autre. On va voir comment ça se positionne, mais bon, après, la réussite, ce n'est pas gagné s'il y avait même un Premier ministre de gauche.
– Il y a un autre sujet dans le débat, c'est la question de la réforme des retraites. Hier soir, Sébastien Lecornu dit « Le Président de la République va devoir trouver un chemin pour que ce débat ait lieu ». Ce matin, on posait la question à Philippe Juvin, le député LR. Il y avait une réunion hier soir des parlementaires LR. Il dit « On est contre la suspension, mais hier soir, on n'en a pas fait une condition de censure ». Est-ce que, du coup, un chemin est possible sur cette question ?
– Déjà, techniquement, il faudra expliquer ce qu'est une suspension. Parce que techniquement, c'est impossible. Donc, soit elle est maintenue, soit elle est abrogée. Voilà, donc ça, c'est… Il faut arrêter de… Ça, c'est le propos des politiques. Et ils font leur métier de politique. Mais la réalité, quand vous questionnez les organismes qui sont chargés de mettre en place ce système pour des millions de personnes, la suspension, ils ne savent pas faire. Donc, ça ne veut rien dire. Donc, ça veut dire qu'effectivement, il y a une décision politique à prendre. Et pour LR, l'enjeu est de rester dans cette posture et cette conviction de responsabilité et de stabilité et de ne pas participer à un…
et ne pas être un groupe qui provoque la censure et provoque le chaos. Donc, c'est leur dilemme. Peut-être se sont dit ces choses-là et se sont dit que dans ces cas-là, on peut dire à peu de frais qu'on n'en fera pas une condition de censure parce que la suspension, on ne voit pas ce que ça veut dire. On a pu suspendre le CPE qui était un dispositif à mettre en place il y a très longtemps avec Villepin et Chirac en 2005. Mais là, tout ce qui a été mis en place, c'est comme si on disait on va suspendre le prévoi à la source. Techniquement, c'est impossible. – Moi, je ne suis pas complètement d'accord parce que d'ailleurs, c'est ce qui est en train de se discuter.
C'est-à-dire qu'au-delà de se dire la suspension, c'est un petit peu ce que Sébastien Lecornu aussi a amené. C'est-à-dire, qu'est-ce que ça veut dire ? Et qu'est-ce qu'on suspend ? Qu'est-ce qu'on garde ? Parce qu'il y a d'autres mesures sociales quand même que cette réforme de retraite a amenée qui pourrait encore être corrigée, notamment… – Tout le monde va entendre la mesure d'âge, c'est la seule chose que les gens vont entendre. – Mais bien sûr, mais en tout cas, il y a d'autres mesures.
Et sur la mesure d'âge, je pense, enfin moi, j'ai entendu d'autres possibilités sur stopper par rapport à la progression que ça doit imposer en fonction de sa date de naissance, qui est quand même possible. En fait, ce que je veux dire, c'est qu'on va au-delà du miroir et au lieu de rester sur la suspension, on se dit qu'est-ce que ça voudrait dire, comment on peut l'organiser, et puis surtout, ce qui est important, c'est comment débattre derrière. Parce que les LR, ils sont gentils, mais ils n'ont même pas voté cette réforme des retraites. Donc là, ils jouent la stabilité, le côté responsable. – Oui, à l'Assemblée. – Mais ils ne jouent pas la cohérence, en tout cas.
Donc c'est pour ça qu'ils sont un petit peu coincés aussi, les Républicains, sur ce sujet-là. Maintenant, ce qui va être intéressant, et ce que disait Sébastien Lecornu, voir si Emmanuel Macron est d'accord, c'est comment on remet cette réforme sur le tapis d'une discussion, dans quel cadre, dans quel registre. On a bien vu que le conclave organisé par François Bayrou, ça a été une énorme arnaque, parce que l'âge, en effet, on a fait sauter l'âge, donc c'était ce qui était le plus important, comme vous disiez. Donc comment on arrive à retravailler ça ? Mais encore une fois, je pense que là, tout le monde s'est rendu compte qu'il y a une grande majorité de Français qui restent opposés à ça.
Et ça, si on ne l'entend pas, si les politiques ne l'entendent pas, c'est une bombe à retardement. Il y en a beaucoup de bombes, parce qu'il y a aussi le logement, il y a beaucoup de choses sur le plan social. Et comme vous dites, cette France qu'on dit toujours à droite, je suis désolé, elle est très très à gauche pour beaucoup de sujets, dès qu'on parle du portefeuille, du logement, de l'emploi, du chemin. Donc il va falloir s'en occuper, et c'est peut-être ce qu'a vu aussi le cornu.
Et d'où les voix d'une partie du Bloc central qui appelle à travailler à la fois avec la gauche et la droite, c'est le cas notamment de Marc Fénaud, du Modem, qui était ce matin sur France Info.
Ce qu'on pourrait essayer, c'est de regarder si avec la gauche, avec la droite républicaine, il y a quelque chose d'une... c'est là que le mot plateforme a son sens, d'une plateforme sur un budget, les noms des personnes importent peu. Mais cette idée de... On va épuiser toutes les forces politiques pour au fond derrière servir qui, Mélenchon et Le Pen, pour montrer qu'on est incapables. Ce qu'il faut essayer, c'est d'être responsable. C'est ça qu'il faut vraiment essayer. Parce que le reste, c'est on fait semblant et moi j'ai dit aux responsables socialistes, moi je ne vais pas vous dire allez-y, on verra bien comment vous vous plantez. Ça n'a aucun intérêt.
Une volonté de travailler ensemble et est-ce qu'il a raison dans ce qu'il dit ? C'est-à-dire si cette plateforme stratégique, c'est le nouveau mot pour dire que le commun échoue, ça fait le jeu de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen.
Oui, mais de toute façon, leur jeu est fait depuis longtemps. L'attitude des politiques de gouvernement a été telle que ces partis ont pu progresser. Donc de toute façon, leur jeu se fait tous les jours. Mais là, aujourd'hui, il s'agit de trouver effectivement une solution qui peut rassembler, alors on avait après le camp des raisonnables, maintenant on a un peu le camp des bonnes volontés qui, oui, peuvent dépasser les clivages.
Au fond, sans le dire, c'est le fameux gouvernement de l'Union nationale qui permettrait de s'entendre sur deux, trois sujets sanctuarisés et qui peut rassembler, comme hier Sébastien Lecornu le disait, c'est intéressant la méthodologie quand il dit, ok, on est face à des opposants, mais sur quoi peut-on s'entendre ? Est-ce qu'on peut s'entendre ? Est-ce qu'on ne peut pas s'entendre ? Donc en fait, c'est trouvé, c'est un moyen, peut-être au forceps, ça marche de manière inattendue, d'essayer de faire muter cette fameuse culture politique française qui n'est pas organisée sur le compromis. C'est un leurre de penser que nous sommes des Allemands. Ce n'est pas vrai. – Mais on peut apprendre.
– Ce n'est pas vrai. On peut apprendre, mais il faudra dix ans pour apprendre, pas trois semaines et pas quatre premiers ministres par semaine. Donc de ce point de vue-là, on assiste à des choses absolument incroyables. Et juste pour terminer, c'est vrai qu'on est très dans le commentaire un peu but par but des méthodes, des micro-méthodes, des micro-choix. Mais si on prend un peu de recul, quelle situation on vit quand même vraiment ? Une espèce d'effondrement général d'un pays qui est la France et qui en 2025, en est à chercher les moyens de faire un budget. franchement, ça raconte beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses et ça, ça n'échappe pas aux Français.
– Moi, je trouve ça presque charmant, en fait, cette bonne volonté un peu naïve et positive. Non, mais en plus, je le dis sincèrement… – Mais pour vous, c'est naïf, vous savez qu'il n'y a plus de fois… – Oui, on pourra faire un album d'Astérix. – Franchement, Astérix, c'est le budget. – Je le dis avec Mockery, mais avec beaucoup de série aussi, parce que c'est comme ça aussi, avec des personnalités comme Marc Fénault qui disent, bon, il faut un petit peu sortir des ambitions 2027 et il faut se mettre d'accord. Mais ce qui manque dans cette réflexion, parce qu'on est sur le budget, évidemment, puisqu'il faut le déposer lundi, on est complètement obdumulé par le budget.
Mais ce budget, il pose des questions de fonds beaucoup plus importantes, il pose des questions de projets de société, de choix de société, il pose des questions sur notre système social, est-ce qu'on veut le garder ? Comment on veut le garder ? Et c'est là où il faudrait remonter d'un cran parce que ça donnerait des perspectives. – Les équipes actuelles ne sont pas au niveau pour répondre à ces questions. – Non, mais c'est ça qui est important, c'est les perspectives de la France. Qu'est-ce qu'on veut faire de la France ?
Est-ce qu'on veut faire de la France un pays libéral où chacun paye ses médicaments ou quand on va à l'hôpital, on est obligé de se saigner pour payer les soins de ses enfants ou quoi ? Ou est-ce qu'on veut quelque chose d'autre et comment on le finance ? S'il faut le financer ? Ben oui, mais c'est ça qui mettrait aussi les gens, en tout cas, d'accord ? Souvenez-vous des discussions, le seul atout des discussions du grand débat national, c'est qu'on s'est rendu compte qu'il y avait des gens qui n'étaient pas du tout d'accord sur les partis politiques, sur les opinions, ils se mettaient d'accord sur leurs besoins premiers et sur leur façon de voir la société.
Merci pour ce débat. On termine par l'histoire du jour, on met un peu de légèreté dans cette crise politique. Est-ce que vous connaissez le concours national de légumes géants ? Ah non, pas du tout. Non, je n'ai pas eu trop occasion. Ça fait 30 ans que ça existe. Depuis 1995, c'était la 30e édition il y a quelques jours. Ça se déroule à La Roche-sur-Yon, en Vendée. Ça accueille des milliers de visiteurs. Alors, il faut dire qu'on est sur du légume de compétition. On va regarder le potiron de Samuel. Il a obtenu la médaille de bronze 603 kg, le potiron. Il fait pousser ses légumes mastodontes dans son jardin depuis 13 ans. Alors, il vaut mieux avoir un grand jardin.
Si jamais vous êtes dans la Manche, vous nous regardez, vous êtes dans la Manche, le potiron, il est exposé à Grandville. La première place du concours, elle a été remportée par un habitant de la Sarthe. 774 kg de potiron. Et on est encore loin du record de France. Il est détenu par Mehdi Dao. c'était en 2021. Devinez combien de potiron ?
Je ne sais pas, mille. Presque !
984 kg de potiron. Ça, ça fait un Halloween XXL dans quelques jours.
C'est vrai. On est... Ah, il peut conduire. Là, vous avez les soupes pour vous dire. Et la transition était trouvée entre les grosses légumes et ceux qui nous intéressent.
Merci, Mickaël. Merci beaucoup. Merci, Nili, d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée. L'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Publix Sénat. Sous-titrage Société Radio-Canada
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