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interviewLCP (sur YouTube)· 5 octobre 2025 14 min

Romain Baubry, député RN des Bouches-du-Rhône | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mon invité s'est spécialisé sur les questions de sécurité à l'Assemblée. Il faut dire qu'avant de devenir député des Bouches-du-Rhône, il a été gendarme et policier. Il siège aujourd'hui au sein du groupe Rassemblement National.

Générique Bonjour Romain Baubry. -Bonjour. -J'ai trois photos à vous proposer, trois photos qui sont en lien avec votre histoire personnelle, votre parcours avant la politique.

On les voit s'afficher ici. Je vous laisse les commenter en commençant par la première, celle de gauche. -Je pense que ça fait référence au métier de mes parents qui étaient commerçants, qui tenaient deux boutiques de fleurs dans ma Normandie natale. -Et vous, jamais vous avez eu envie de reprendre le métier ? -Je voyais le nombre d'heures qu'ils passaient au travail pour parfois un salaire qui n'était peut-être pas versé à la fin du mois ou très peu.

Donc ça ne m'a pas prédestiné à reprendre l'affaire familiale. Etre commerçant, c'est de plus en plus difficile par les temps qui courent. -On passe à la deuxième photo, si vous voulez bien.

Photo d'un képi de gendarme. -Oui, parce qu'à l'âge de 18 ans, je me suis engagé au sein de la Gendarmerie nationale. J'ai été affecté dans un peloton de surveillance et d'intervention. -Ca se dit PSIG ? -Le PSIG, c'est ça.

J'y ai passé deux ans, sur les côtes normandes. C'était l'époque où beaucoup de casernes et de brigades ont fermé. Ensuite, de rester de carrière ça a été difficile, donc je me suis ensuite engagé vers un autre corps de la sécurité publique, mais c'est l'objet de mon engagement, c'est servir la France. -Dès les 18 ans, donc c'était une vocation ? -Tout à fait, je signais, le jour de mes 18 ans, mon contrat visant ensuite à passer la sélection. -Et la troisième photo ?

On va la voir. Donc, photo d'un policier municipal. -Oui, parce que quand j'ai quitté la gendarmerie, j'ai passé cinq ans dans l'administration pénitentiaire.

Et ensuite, j'ai fait huit années au sein de deux polices municipales avant de rejoindre la police nationale, avant mon élection en juin 2022. -Là, c'était police nationale, c'est ça ? -C'est ça, effectivement.

C'était le jour de la cérémonie qui finalisait le parcours de formation à l'école de police de Nîmes. -Juste avant que vous ne deveniez député, c'est ça ? -Tout à fait. -Vous n'avez pas pu exercer... -Trois jours après cette photo, j'ai été élu au second tour des élections législatives. -Alors, il manque une étape importante mais vous l'avez évoqué d'un mot, une étape de votre parcours professionnel.

On va en parler avec un extrait du journal télévisé de France 2 du 2 mars 2022. *-Vers 10 h 00 ce matin dans la prison centrale de Arles *où il est incarcéré, Yvan Colonna est violemment agressé *par un autre détenu. *L'homme est condamné pour terrorisme *et jugé particulièrement dangereux. *Les faits se sont déroulés *dans la salle de sport alors qu'ils étaient seuls. *Il n'y avait selon les surveillants aucun différent *entre les deux hommes qui pratiquaient régulièrement *leur séance de sport ensemble.

Alors, j'ai choisi cet extrait de sujet consacré à l'assassinat d'Yvan Colonna pour deux raisons. Parce que vous la connaissez bien cette prison. Et puis parce qu'en tant que député, ensuite, vous avez travaillé sur cette affaire-là. -Tout à fait.

J'ai effectivement exercé deux ans au sein de la maison centrale d'Arles, dans laquelle était incarcéré Yvan Colonna, même lorsque j'exerçais dans cette prison entre 2012 et 2014. Et j'ai été Vice-président de la commission d'enquête parlementaire qui visait à faire la lumière sur les dysfonctionnements au sein de l'administration pénitentiaire qui ont conduit à l'assassinat -d'Yvan Colonna. -Qu'est-ce que ça vous a apporté dans ce travail de la commission d'enquête parlementaire d'avoir été vous-même surveillant pénitentiaire dans cette prison d'Arles, d'avoir connu les conditions d'incarcération d'Yvan Colonna ? -Parce que je connais aussi les difficultés d'exercice du métier de surveillant pénitentiaire.

C'est un métier extrêmement dévalorisé qui est exercé dans des conditions extrêmement difficiles, avec peu de moyens, avec peu de personnel. Je savais à quoi faisaient face les agents de l'administration pénitentiaire dans cette prison pour en connaître les failles, notamment. C'était pour moi important d'être présent dans ces travaux parce que j'avais aussi cet aspect terrain et connaissance du métier que je pouvais mettre à profit du mandat parlementaire. -A l'Assemblée, vous avez aussi travaillé sur les conditions de transfèrement des détenus après l'attaque du convoi pénitentiaire de Mohamed Amra au péage d'Incarville.

C'est dans ce genre d'exercice, en tant que député, que vous vous sentez le plus utile, quand vous pouvez utiliser cette expérience professionnelle passée ? -Vous savez, j'ai exercé pendant 15 ans chez les forces de l'ordre et je suis rentré chez les forces de l'ordre parce que je voulais améliorer le quotidien des Français et assurer leur sécurité. Je me suis aperçu au fur et à mesure des années que le problème était politique parce que c'était les politiques qui prenaient ou qui ne prenaient pas les décisions qu'ils devraient prendre pour assurer la sécurité des Français.

Donc je me sers de ce mandat parlementaire pour faire remonter la réalité du terrain, la réalité de ce que vivent les forces de l'ordre et les Français en général. -Et c'est quand vous étiez dans l'administration pénitentiaire, en 2012, que vous avez rejoint le Front national, à l'époque. Est-ce que vous faites un lien entre les deux ?

Ca a déclenché votre engagement politique ? -Ce qui a d'abord déclenché mon engagement politique, c'était la réalité du quotidien. Et les propositions du Front national, à l'époque, et du Rassemblement national me parlaient.

Parce qu'ils faisaient les bons constats. Les constats qui sont vécues par l'ensemble des Français. Et puis aussi les bonnes propositions pour améliorer le quotidien des Français et assurer davantage leur sécurité.

Donc pour moi, ça a été une évidence. -Au début, au Front national, puis au Rassemblement national, vous avez d'abord été simple militant pendant pas mal d'années. Et puis alors, à partir de 2020, vous êtes présenté à trois élections en trois ans dans les Bouches-du-Rhône à chaque fois, au municipal à Sénas en 2020, au départementales en 2021 et aux législatives en 2022.

Il y a eu un déclic à un moment ? Qu'est-ce qui s'est passé ? -En fait, le déclic est arrivé, je crois, après 2017, où je me suis dit qu'il fallait que je donne davantage d'engagement au niveau politique.

J'ai d'abord aidé quelques candidats sur leur programme lié à la sécurité, dans le cadre des élections municipales de 2020 qu'ils préparaient. Et puis, on m'a proposé d'être le candidat dans ma commune à Sénas. Et après réflexion, voyant aussi les problématiques auxquelles faisait face notre petite commune de 7 500 habitants, aussi touchée par les trafics de drogue, par les cambriolages en série, par des actes de délinquance, je me suis dit que je ne devais pas rester spectateur et qu'il fallait que je m'engage davantage. -Au-delà du rôle de simple militant. -Tout à fait. -Vous avez donc été élu député en 2022, réélu en 2024.

Mais sur le terrain, il y a certains élus qui ne vous ont pas forcément facilité la tâche. On va revoir les images d'une vidéo que vous avez postée vous-même sur vos réseaux sociaux en septembre 2024. C'était à Château-Renard, en présence du maire de la commune. -*...Que la pyramide *se fait et c'est un peu le symbole de notre commune *et de notre agriculture.

Merci. *Non, monsieur le député ne parle pas, *il n'y a pas d'autre discours. *Merci. *-Vous faites ça devant tout le monde ? *-Oui, oui. *-Bravo. *-Quelle honte. -Donc là, on voit clairement le maire prendre le micro, vous empêcher de prendre la parole alors que vous étiez sur la table.

Il était prévu que vous parliez ce jour-là ? -Tout à fait. Ce qui s'est passé, c'est qu'a été mis au jour, en fait, leur sectarisme.

Parce que depuis 2022, de la part de certains élus locaux, je fais face, en fait, à une tentative d'invisibilisation, du non-respect du choix démocratique qui a été fait par leurs administrés, parce que Château-Renard, c'est une commune où on fait plus de 68 % au deuxième tour de l'élection législative. -On vous boycotte localement ? Des élus locaux refusent votre présence ? -Oui, en tout cas, à chaque fois qu'il est possible pour eux, ils font en sorte de ne pas m'inviter sur les événements de leur commune, lors de leur cérémonie des voeux. -Et comment vous expliquez ça ?

Ca tient à quoi ? Ca tient au parti auquel vous appartenez ? Ca tient à vos idées ? -Ca tient surtout, je pense, à leur peur de voir leur mandat leur échapper.

Parce qu'ils s'y accrochent autant que possible, alors que dans leur commune, ils voient bien qu'il y a un électorat qui est davantage de notre côté que du leur. Et ils pensent que d'avoir ce genre de réaction, ce genre de sectarisme envers nous, va leur permettre de conserver le pouvoir localement. -J'aimerais qu'on revienne sur un autre incident qui a eu lieu quelques semaines avant.

Et cette fois, c'est vous qui l'avez déclenché en postant un message sur les réseaux sociaux. C'était juste après les législatives et vous avez désigné nommément plusieurs élus, je crois, 18, en leur reprochant soit d'avoir soutenu un de vos adversaires, soit de ne pas vous avoir soutenu. Et vous avez pris à témoin vos électeurs avec cette phrase : "Pas de place pour les lâches.

J'invite les électeurs à se souvenir du manque de courage de leurs élus et de leur choix." Vous reprochez son comportement au maire de Château-Renard, mais vous, votre propre comportement, est-ce qu'il est plus républicain en faisant ça ? -En fait, ce que j'ai voulu aussi montrer, c'est que...

Voilà. Expliquer aux électeurs qui était qui, qui faisait quoi. Parce que j'ai, lors des élections précédentes, eu le droit à la signature de bon nombre de ces élus locaux dans la lettre de mes adversaires signant le barrage républicain.

Et cette 2024, lors des élections législatives, ils ont voulu que ça ne se sache pas, qu'ils avaient soutenu tel ou tel candidat, parce que je pense qu'ils s'attendaient à ce que le candidat qu'ils allaient soutenir perde l'élection face à moi. -Quand vous dites : "Pas de place pour les lâches" et que vous vous tournez vers vos électeurs, vous craignez pas que certains puissent peut-être réagir de façon violente vis-à-vis de ces personnes que vous désignez. On sait que les élus, aujourd'hui, sont quand même exposés à des violences au quotidien, violences verbales, voire parfois des agressions physiques. -Il le faisait les années précédentes ouvertement de soutenir tel ou tel candidat, donc à aucun moment il n'y avait le risque pour eux d'être attaqués ou violentés.

D'ailleurs, il n'y a eu aucune violence à leur encontre suite à ce message. En revanche, Beaucoup d'électeurs que j'ai pu rencontrer à la suite de cette publication sont venus me dire toute l'indignation qui était la leur de voir que leurs élus locaux, leurs maires, étaient à l'opposé de leurs idées. -On approche de la fin.

J'ai remarqué que, sur vos réseaux sociaux, vous défendez régulièrement les traditions régionales de Camargue, notamment celles liées aux taureaux. Donc, je vous propose un quiz spécial traditions taurines de Camargue pour voir si vous les connaissez bien. L'idée, c'est que je vais vous proposer des mots et puis vous allez devoir m'expliquer ce que c'est.

Qu'est-ce qu'une abrivade ou abrivado ? -On dit abrivade. -Abrivade. -Abrivade, en fait, c'est un lâcher de taureaux dans les rues par les manadiers.

Les manadiers, ce sont ceux qui élèvent les taureaux de race camarguaise. Les taureaux sortent au niveau d'un camion d'un côté de la rue, sont lâchés, ils sont encadrés par des manadiers. Et puis, vous avez les jeunes du village qui essayent de faire échapper le taureau de l'encadrement des manadiers. -Qu'est-ce qu'un rasoteur ? -Un rasoteur, c'est celui qui est dans l'arène lors des courses camarguaises et qui a pour mission d'attraper les attributs qui se trouvent sur la tête du taureau. -Parfait.

Les attributs, il y a une cocarde, il y a deux glands et une ficelle... -La ficelle au niveau du haut des cornes. -Vous êtes au point. -Qu'est-ce qu'une capelado ? -La capélade, c'est, en fait, la cérémonie d'entrée avec les rasoteurs, les arlésiennes qui sont costumées pour l'occasion avant le début de la course camarguaise. -On a l'impression que vous avez grandi en Camargue. -Oui, mais j'ai choisi d'habiter cette région avec ses traditions et sa culture et j'en suis très fier aujourd'hui.

Ces traditions locales, vous les défendez, mais vous les sentez menacées aujourd'hui ? -Elles sont menacées par certains élus, effectivement, qui ne les connaissent pas, qui font parfois aussi la confusion avec la corrida, alors que ça n'a rien à voir. C'est très lié aux traditions locales.

Ca réunit les plus jeunes et les plus anciens de nos villages et c'est quelque chose qu'il faut préserver à tout prix. -Merci beaucoup, Romain Baubry, d'être venu dans "La politique et moi". -Merci à vous.

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