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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 15 avril 2025 26 min

Pierre Ouzoulias : « Il faut redonner des marges de fiscalités aux collectivités »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pierre Ousouias, vous êtes sénateur communiste des Hautes Scèes. On va commencer en regardant ensemble les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois.

D'abord la une de la dépêche du midi, budget nouveau tour de vis. Et cette photo de François Bairou, la potion qui s'annonce à M. Le gouvernement envisage de réduire les dépenses de 40 à 50 milliards.

Mais où trouver l'argent ? C'est la question. La deuxième une, c'est celle du populaire du centre. les voix de la colère, él entrepreneurs, usagers qui sont partis ce matin à l'assaut de Paris pour dénoncer le sort réservé aux lignes ferroviaires Paris, Limoche, Toulouse ainsi que Paris Clermont.

Et puis la dernière, c'est celle de la Provence drogue à Marseille vers une catastrophe sanitaire. C'est la question la une du journal. Face à une consommation en haut, c'est des risques de santé publique.

Les associations réclament l'ouverture d'une salle de shoot à Marseille. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ? Ah alors moi, j'aurais bien aimé envie prendre les voix de la colère parce que la ligne Paris Limoge, je la connais bien mais je vais quand même prendre le budget parce que je trouve que c'est la question.

On en parlera si vous voulez nous parler de Paris Limoge, on parlera du budget quand même volontiers de la correspondance pour mes Mac. Non mais vous comprenez évidemment cette colère, vous connaissez cette ligne des des usagers, des élus. La connaît très bien et qui pénalise le ce territoire.

Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Il y a une grande entreprise de de produits électriques à Limoge dont je donnerai pas le nom qui aujourd'hui se demande si elle va rester sur ce territoire parce que c'est c'est devenu très compliqué d'aller d'aller à Paris et moi je prends régulièrement le train pour aller par là et une fois sur deux, il y a pas de correspondance à Limoge. Allez, on parle du budget évidemment puisque vous vouliez en parler.

François Vaot qui réunit donc aujourd'hui une conférence pour sensibiliser aux pathologies des finances publiques. Déjà, est-ce que sur la méthode c'est utile pour vous ? Il y a un problème de fond hein.

Alors le premier ministre parle de pathologie. Oui. Oui.

Il y a un mal il y a un mal français qui est terrible. C'est que aujourd'hui les collectivités sont sous curatel budgétaire, c'est-à-dire qu'elles n'ont plus les moyens de décider de leur propre fiscalité. Elles doivent quasiment en totalité leur leur budget euh à l'État.

Donc l'État est dans la situation où seul il peut décider de ce que de ce que seront euh les budgets des collectivités. C'est insupportable et c'est anticonstitutionnel parce que la Constitution garantit le libre exercice des communes. Donc il faut revenir là-dessus et il faut trouver une fiscalité propre à chacune des collectivités pour la commune, pour le département, pour la région.

Là, on n'en prend pas du tout du tout du tout le chemin. Et moi, j'invite mes collègues de la majorité sénatoriale de droite à déposer un projet de loi avant le budget pour redonner des marges de fiscalité aux collectivités. Elles les ont totalement perdues.

Donc, il contiendrait quoi ce projet de loi ? Qu'est-ce que vous en attendez ? Et ben, il faut décider ensemble quels sont les les impôts qui vont être collectés directement par les collectivités.

Aujourd'hui, il y en a plus. vous savez bien euh suppression de la taxe d'habitation et cetera. Euh Macron en très peu de temps a supprimé la totalité de la de la fiscalité euh des collectivités.

Donc il faut leur redonner cette marge de liberté. Elle est absolument essentielle. L'association des maires de France, elle boycotte ce comité d'alerte.

Elle dit ne pas souhaiter être des figurants d'une séquence de communication. Vous vous comprenez ce boycotte ? Totalement.

Totalement. Et le terme figurant est juste, c'est-à-dire que comme je vous le disais, c'est l'État qui va décider seul du budget des collectivités. Sauf qu'on arrive bientôt aux élections municipales dans un an.

Et comment vous voulez-vous vous présenter devant la population quand c'est l'État qui décide de votre budget ? Il y a une perte, il y a une perte d'indépendance, une perte d'autonomie et il y a un moment donné, il y a un problème politique, c'est-à-dire que les élections municipales vont se faire sur la base de budget qui sont décidés par l'État. il y a un problème de fond qu'il faut résoudre.

Donc le boycott est parfaitement justifié. Petite parenthèse parce qu'on va reparler du budget mais on est en direct avec le le maire de Dinan Didé les chiens. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.

Vous êtes maire de DINAN, c'est dans les côtes d'armor. Vous êtes vous membre de l'association des petites villes de France. Vous ne boycottez pas vous le rendez-vous.

Est-ce que vous comprenez le choix de la MF de le boycotter ? Oui, Christophe Bouillon, notre président, sera présent ce matin à la conférence. Voilà.

Moi, moi je comprends l'exaspération des maires hein. Le sénateur l'a rappelé tout à l'heure. Euh exaspération des maires, transfert de compétences, baisse des recettes, des recettes qui sont désormais entièrement dépendantes de la bonne volonté de l'État.

Et on se retrouve dans une situation budgétaire extrêmement compliquée avec une responsabilité qui n'est pas la nôtre. Nous ne sommes pas responsables des déficits de l'État et nous avons des missions de services publics, des investissements réalisés. Donc, il y a une vraie exaspération aujourd'hui euh des maires, des élus locaux.

Euh maintenant, il faut être dans le dialogue. La situation budgétaire du pays est quand même extrêmement euh tendue et les collectivités territoriales qui sont des collectivités de la République ont aussi euh eu, je dirais euh un rôle à jouer dans la de rétablissement de la situation financière. Rosulia.

Oui. Oui. Oui.

Je partage ce que ce que le Premier ministre dit, c'est qu'il faut une une remise à plat totale du budget. Moi, j'encourage vivement le Premier ministre à écouter les auditions qui sont menées par mon collègue le sénateur Fabien Gu. Il travaille sur les aides de l'État aux entreprises.

L'État est dans l'incapacité de nous donner au milliards près ce que nous versons tous les sens à ces entreprises sans aucune compensation. Il faut commencer par là. Moi, je pense qu'il faut aider les entreprises, c'est absolument nécessaire, mais il faut le faire de façon transparente.

Il faut qu'on sache ce qu'on leur donne et avec quelle réciprocité. Donc, plutôt que de commencer par les collectivités qui n'en peut mais peut-être commencer par une révision des politiques en faveur des entreprises. Monsieur le maire, qu'est-ce que vous attendez vous de ce rendez-vous ?

Est-ce que vous craignez que l'État touche aux finances des collectivités ? Bien évidemment la la crainte que nous avons, c'est une une baisse des dotations de l'État. Euh c'est et donc de nous retrouver à nouveau dans une situation extrêmement compliquée.

Comme je le disais tout à l'heure, nous avons des missions de service public, nous avons des investissements à réaliser. Je dirais que nous avons des populations auxquelles il y a des besoins qui sont exprimés. Nous devons faire face à ces besoins.

Les les les communes, on est vraiment, je dirais, en contact direct avec la population. Donc toute réduction des dotations de l'État, toute réduction des aides qui peuvent nous être accordé bien évidemment un impact direct sur le sur notre budget. Donc une grande inquiétude.

Oui, vous restez avec nous he évidemment monsieur le maire. On va parler de l'assurabilité des communes. Autre annonce de François Bairou hier.

Au-delà des collectivités, Pierre Ozouia, Éric Lombard, on l'a dit, il annonce un effort de de 40 milliards. On les trouve où ces 40 milliards pour ? Mais il y a déjà alors 5 milliards maintenant là dès maintenant hein puisque le gouvernement a annoncé que il allait annuler ou geler pour 5 milliards d'euros de crédit.

Donc ça c'est les budgets 2025. Je pense que c'est pas la dernière annonce de gel. Il y en aura sans doute une autre derrière.

Donc sur le budget 2025. Bon, je crois pas me tromper. On va finir déjà à 10 milliards, hein.

Euh 10 milliards sans vote du parlement parce que je vous rappelle dans quelles conditions le budget a été voté. Et après 40 milliards, comment on les trouve ? Bah vous a bien compris euh les collectivités, les retraités hein là pour vous, ils seront impactés les retraités, ils vont être impaqués, vous avez bien compris.

On va leur supprimer leur leur histoun fiscale de de 10 %. Voilà. Donc c'est euh nous tous euh nous tous euh qui allons payer euh cette somme.

Je mets en garde le gouvernement. Euh quand on s'intéresse plus euh aux salariés, aux classes populaires, aux classes moyennes, il arrive ce qui est arrivé au aux États-Unis. Derrière, on a une une révolution conservatrice d'extrême droite.

Voilà, ça c'est ce qui nous pend euh en cause euh la situation des classes populaires, d'ailleurs, on a le populisme. C'est c'est aussi simple que ça. Donc c'est une une condition de la démocratie que les services publics puissent continuer à réaliser leur mission parce que c'est une nécessité absolue.

C'est ce qu'on vit au quotidien. Le Éric Lombard, il dit aussi lui qu'il faut mettre à contribution les haut revenus. veut par exemple péréniser euh la contribution des revenus qui pour le moment est exceptionnelle.

Est-ce que là vous dites c'est une bonne nouvelle ? Ah mais mais depuis combien de temps nous nous demandons que de nouveau il y a un impôt sur les grands fortunes ? Depuis 2017, depuis que Macron est élu, c'est ce que c'est ce qu'on réclame.

Donc maintenant seulement on est entendu. Moi, je regrette que pendant très longtemps, l'État est considéré que sa seule politique fiscale, c'était de diminuer l'impôt des plus riches. Vous vous souvenez la théorie du russellement et cetera ?

On a vu c'est une catastrophe. On a vu c'est une catastrophe. Quand vous diminuez l'impôt des plus riches, de toute façon, il vous demande toujours plus.

Et ce qu'il demande c'est de plus payer d'impôts du tout. Euh donc l'impôt euh c'est quelque chose de fondamental, c'est un outil de la démocratie. C'est ce qui permet de faire supporter à l'ensemble de la population française à proportion de ses revenus la charge des services publics.

C'est c'est un outil. Donc le dogme, pas d'augmentation d'impôts pour vous, c'est pas un bon dogme. Non mais non, mais bien sûr.

Mais bien sûr. C'est pas même si la France a le taux de prélèvement, un taux de prélèvement obligatoire très élevé. Oui, mais la France, elle a un taux de prélèvement très élevé, mais elle a aussi un taux de service public extrêmement élevé.

Donc il faut dire aux français qu'est-ce que vous préférez ? Payer des impôts un peu plus importants que les autres et avoir très bons services publics ou payer moins d'impôts et avoir des services publics complètement catastrophiques ? Vous allez voir parce que là on n'est pas dans la situationù les Français ils payent beaucoup d'impôts avec des services publics qui sont pas à la hauteur.

On a les deux. C'est le problème. C'est le problème.

Mais quand vous allez voir ce qui'est le système de santé américain, bon ben les Français je pense qu'ils ont à défendre l'hôpital public. Je crois que c'est encore ce qui nous reste justement sur sur les dépenses sociales puisque vous parlez du système de santé. Est-ce qu'on peut vraiment se passer d'une baisse des dépenses sociales ?

Non non non. Mais je vous l'ai dit si on baisse si on baisse le niveau de de d'aide d'aide sociale, ce qu'on ce qu'on va voir, c'est une augmentation de la misère. Dans notre pays, il y a une augmentation de la misère.

Il y a pas d'économie à faire pour vous dans le dans les dépenses sociales ? Je pense que dans le social, il faut d'abord permettre aux collectivité d'assurer pleinement leur rôle. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Ce n'est plus le cas. Monsieur le maire de Dinan a tout à fait raison. L'État a transféré les compétences sans transférer les financements.

Donc il faut revoir les financements en fonction des compétences. Et encore une fois, ce qui distingue l'identité de la France. Voilà, le premier ministre, il veut travailler sur l'identité de la France.

L'identité de la France, elle est là. C'est le service public. C'est ce que nous avons obtenu en 1945 après la débat que vous connaissez.

Donc ça c'est consubstantiel de notre démocratie. Il faut pas y toucher. Allez, on le retrouve justement le le maire de Dinan.

Merci beaucoup d'être resté avec nous, monsieur le maire. On va parler d'un autre sujet. 1500 communes qui sont aujourd'hui sans assurance.

François Bairou a fait des annonces hier, vous y étiez. Il annonce notamment une cellule d'accompagnement pour les maires est-ce que pour vous c'est la bonne réponse ? Est-ce que vous attendiez ?

Alors déjà, il faut saluer, je dirais le fait que le gouvernement se soit emparé de ce sujet. Ça fait plusieurs années que nous attendions des gestes forts de la part des pouvoirs publics puisque un grand nombre de collectivités, notamment de villes moyennes, se sont retrouvées sans assurance, parfois de façon brutale et des difficultés réelles à trouver des assureurs. Donc les annonces qui ont été faites par le gouvernement, c'est un premier pas.

Euh maintenant, il va falloir bien évidemment aller plus loin, rétablir aussi, je crois que c'est important, une relation de confiance entre les collectivité locales et les compagnies d'assurance, notamment les compagnies nationales. Euh juste pour que on comprenne bien euh comment ça se passe dans une commune comme la vôtre, dans la commune de 10 ans, comment ça se traduit ces difficultés à s'assurer ? Ça s'est d'abord traduit par une résiliation presque unilatérale de je dirais de notre contrat d'assurance he puisque nous avons reçu un jour un courrier de notre assureur nous disant voilà je résil le contrat ensuite difficulté à trouver un nouvel assureur procédure de marché public pas de réponse impossible de savoir qui pouvait nous assurer et pour quelle raison ne voulait plus nous assurer et finalement Grâce à un courtier et bien nous avons trouvé un assureur à l'étranger, un assureur japonais pour 50 % et un assureur anglo-américain pour 50 autres %.

Une situation quelque part un petit peu hubesque puisque devoir trouver des assureurs un peu exotiques pour assurer le patrimoine d'une collectivité de la République, c'est quand même pas quelque chose de commun. Restez avec nous hein, monsieur le maire. Vous entendez hein ce que dit le le maire de Dinan c'est terrifiant parce que on parle du réarmement de la France de la souveraineté de la France et monsieur le maire de Dinan est obligé de s'assurer au Japon.

Franchement, franchement pourquoi pas pourquoi pas en Chine voire même aux États-Unis. Non, ce qui est ce qui est dramatique dans cette histoire, c'est que je crois que on touche du doigt pour la première fois les conséquences financières du réchauffement climatique. Le réchauffement climatique, on l'a vu, il provoque des catastrophes naturelles de plus en plus importantes qui coûtent de plus en plus d'argent. et euh les sociétés d'assurance qui font pas de la philanthropie à un moment donné bah il faut qu'elle faut qu'elle récupère de l'argent.

Euh donc ben elle elles soumettent les collectivités à des pressions euh financières qui sont de plus en plus fortes. Ce que je regrette dans tout cette histoire, c'est que sur l'environnement euh le gouvernement il fait machine arrière hein et je suis intiment euh persuadé que la nécessité de supprimer les moteurs à explosion va passer très loin derrière la nécessité de sauver l'industrie automobile allemande. Vous allez voir, c'est ce qui va se passer.

On va nous expliquer dans peu de temps que finalement la fin du moteur explosion, c'est plus possible. Il faut sauver Mercedes, hein. Euh je parle grossièrement mais ça va être après ça.

Donc face aux difficultés de l'assurance, il faut aller beaucoup plus loin dans la défense de l'environnement et dans la fin de de l'utilisation du carbone. On fait exactement l'inverse d'un point de vue national. Et alors d'un point de vue international, vous savez très bien ce qui se passe aux États-Unis.

Je suis très inquiet pour les générations suivantes. Si on prend pas à bras le corps ce problème du réchauffement, il y aura plus du tout d'assurance, ça sera fini. Un dernier mot, monsieur le maire, vous avez été auditionné vous au Sénat il y a il y a quelques jours, hein, c'était le 4 mars dernier.

Hier, François Rissamen, il a dit qu'il excluait pas une loi d'ici la fin de l'année si les communes ne trouvaient toujours pas d'assureur. Qu'est-ce que vous avez envie de dire au parlementaires et et au sénateur Pierre Ousouia ? Qu'est-ce que vous en attendez ? que le problème des assurances des collectivités locales, c'est un vrai sujet pour nous.

J'ai j'ai exprimé tout à l'heure la colère des des maires des élus locaux et et ça y participe aussi car on se retrouve dans une situation extrêmement inconfortable lorsqu'on n' pas d'assurance et qu'il arrive quelque chose, c'est autant d'argent qui n'est pas mobilisé pour nos services publics pour faire des investissements. Donc c'est une vraie source d'appréhension, d'angoisse pour les mères et pour nos collectivités. Donc, il y a nécessité, je dirais, à intervenir.

Euh, le sénateur Husson, je crois, va déposer aussi une PPL sur sur le sujet. Ce sera l'occasion de poursuivre ce dialogue, cet échange avec le Sénat et pour aussi faire, je dirais, connaître les préoccupations des des collectivités territoriales, en particulier des villes, trouver des pistes d'amélioration. Alors, j'ai entendu que le premier ministre parlait de un peu de roclore décentralisé.

Pourquoi pas ? permettra de régler au plus près les difficultés que peuvent rencontrer les collectivités territoriales sur le sujet. Mais néanmoins, il va nous falloir des gestes fort.

On peut pas accepter que des communes soient sans assurance. Un dernier mot ? Entièrement d'accord.

Entièrement d'accord. Mais ce que je dirais, c'est que l'État est son propre assureur. L'État n'est pas assuré à l'étranger.

L'État pourrait parfaitement être son propre assureur et l'assureur des collectivités, hein. Et la charge de l'assurance serait rise répartie sur la totalité de la population via l'impôt. C'est un système très simple, il y a même pas besoin de loi.

Merci beaucoup, monsieur le maire. Merci beaucoup Did le chien maire de Dinan dans les côtes d'armor. Merci que je rejoins tout à l'heure.

Je suis à Paris là. Oui, on le voit juste derrière vous. Bon retour à Dinan.

Merci beaucoup d'avoir été avec nous. On passe à l'actualité du Sénat. Faut-il revoir les modalités de vote des sénateurs.

La question a été posé par certains d'entre eux mais finalement rejeté sur certains points. On va voir tout ça avec Alex Poussard qui nous rejoint. [Musique] Bonjour Alex.

Bonjour Arian. Bonjour Pierre. Bonjour et Alex.

La semaine dernière les sénateurs ont donc voté à propos de leur propre mode de vote. Et oui c'est ça c'est ça Orian. Les les sénateurs débattaient du règlement du Sénat et lors de ce débat et bien la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gonterie a déposé un amendement visant à supprimer ce qu'on appelle le scrutin public par groupe.

Alors concrètement qu'est-ce que c'est ? Au Sénat, il y a deux manières de voter dans l'hémicycle qui sont très utilisées. D'abord le vote à main levée, c'est la méthode la plus courante et puis il y a le scrutin public.

Dans un scrutin public, un sénateur vote par voie électronique en son nom, mais il peut aussi voter au nom des autres sénateur de son groupe politique. Il reçoit ce qu'on appelle une délégation de vote de la part de ses collègues. Cela permet en cas d'absence de certains sénateurs dans l'hémicycle et bien de conserver le poids politique de son groupe lors d'un vote.

Alors, ce système, il n'existe plus dans l'autre chambre du parlement à l'Assemblée nationale. Il a été supprimé en 1993 par Philippe Seguin qui présidait l'Assemblée à l'époque. Et aujourd'hui à l'Assemblée, un député peut recevoir la délégation de vote d'un seul de ses collègues mais pas de l'ensemble de son groupe et les sénateurs socialistes aimeraient arriver à un fonctionnement similaire.

Lorsque je suis devenue sénatrice et lorsque dans cet hémicycle à la première occasion un scrutin public ordinaire a été organisé, qu'elle ne fut ma surprise de constater que une seule personne votait pour l'ensemble de son groupe ? Je n'avais jamais eu affaire à ce type de modalité quel étit les assemblées auxquelles j'ai pu participer. Et pour les sénateurs socialistes, ce mode de vote au Sénat serait contraire à notre Constitution et à son article 27 qui stipule, je cite, que le droit de vote des membres du Parlement est personnel et nul ne peut recevoir délégation de plus d'un mandat.

Euh mais pour la majorité de droite du Sénat, et bien le scrutin public par groupe est très utile pour la clarté politique des débats. Le scrutin public, il est utile à tout le monde, il est utile à la majorité, il est utile à l'opposition. D'ailleurs, c'est pour ça que vous l'avez demandé tout à l'heure et euh je crois que ça permet aussi de palier parfois une présence un peu fluctuante, mais ça permet aussi de trancher clairement des enjeux politiques.

C'est ce que nous faisons tous régulièrement et je crois que ne serait-ce que pour cet élément, il faut conserver ce scrutin public ordinaire. Alors au final, une majorité de sénateurs, les républicains centristes et du groupe RDPI, les sénateurs macronistes ont voté pour maintenir ce système du scrutin public par groupe au Sénat. Les socialistes et les écologistes ont voté pour sa suppression.

Et ironie de l'histoire, ce vote s'est fait par Scrutin public. Alors Pierreouia, je disais he les socialistes et les écologistes ont souhaité supprimer ce système mais pas les communistes qui se sont abstenus lors de ce vote. On voté contre.

Les communistes ont voté contre. Alors pourquoi ce choix ? Parce que alors je comprends ce que dit Marie-Pierre de la ganterie.

C'est choquant de voir un seul sénateur pouvoir engager la totalité de son groupe. Quand c'est les républicains, c'est plus de 140. C'est c'est choquant.

Mais par ailleurs, le scrutin public, c'est ce qui permet l'expression politique du vote de chaque sénateur. C'est-à-dire que quand on demande un scrutin public, vous savez ce qu'on voter de façon absolue les 348 sénateurs. Le citoyen français peut aller voir ce qu' a voté exactement son sénateur qui fait régulièrement.

Ce qui fait régulièrement, c'est très bien fait. Sur le site du Sénat, vous avez une rubrique scrutin public. Vous savez, vous pouvez savoir ce qui se passe à à l'Assemblée nationale où il y a pas ce scrut, c'est que quand vous êtes un député qui est un peu embarrassé par un vote, vous sortez de l'émycle et on ne sait pas si vous avez vou voulu vous abstenir, pas voter.

On ne sait pas, on ne connaît pas votre position. Donc le scrutin public du Sénat, il a au moins cet avantage et euh euh en effet, l'opposition l'utilise pour de temps en temps montrer qu'il peut y avoir des fractures au sein de la majorité sénatoriale et qu'elle vote pas comme un seul homme. Moi, je l'ai fait très régulièrement.

La dernière fois, je m'en souviens, c'était à propos de l'interdiction du voile dans les écoles catholiques. Je disais républicain, écoutez, vous me donnez des leçons de laïcité, mais dans les écoles privées catholiques, vous acceptez le voile. Voilà.

Mais là-dessus, j'ai fait un scrutin public pour que chacun sache que il y avait une forme d'hypocrisie de de la droite. Et le scrutin public, il sert à ça, à montrer à à faire une démonstration politique. Mais on ne peut pas arriver à un système avec un scrutin public où le vote du sénateur est rendu public pour le citoyen, mais il n'a qu'une délégation de vote pour un seul de ses collègues et pas pour l'ensemble du groupe.

Mais ce qui se passe ce qui se passe là, faut rentrer dans notre dans notre cuisine interne. Quand on sent que sur un vote, il peut y avoir des des différences d'appréciation dans notre groupe, ça arrive régulièrement. on vote pas tous comme un seul homme.

Il y a des consignes qui sont transmises au président de groupe et qui et qui permet ensuite de voter en fonction de la sensibilité de chaque sénateur. Et c'est ça qui est fort. C'est ça qui est fort parce que ça permet aussi une forme de pluralisme hein.

Quand vous avez comme à l'Assemblée nationale le système où c'est quelques députés qui votent, il y a une forme de frustration. D'ailleurs, vous vous regardez très souvent les les scrutins de l'Assemblée nationale, c'est 10 pour 20 contre. Est-ce que c'est encore du sens ?

Est-ce que c'est encore du sens ? Merci Alex. À tout à l'heure tout à l'heure et dans une demi-heure dans le club, on parlera des niches fiscales avec les pistes d'économie pour le gouvernement et ce sera à suivre évidemment dans une demi-heure.

On termine en parlant des tensions entre la France et l'Algérie. Alors, on pensait que ça s'était un peu calmé. C'est reparti hier avec la décision d'Alger d'expulser 12 agents français de l'ambassade de France.

Une décision qui a été défendue hier soir par Alger qui est évidemment condamné par la France Alger qui cible le ministre de l'intérieur Bruno Rotaillot défendu ce matin par son collègue du qu d'ors Jean- Noël Barreot qui n'exclut pas une riposte. On l'écoute. Il était sur France 2.

Bruno Retaillot n'a rien à voir avec cette affaire judiciaire. La justice est indépendante. C'est une procédure judiciaire qui a été engagée depuis des mois et qui n'a rien à voir avec le dialogue que nous avons initié il y a quel réinitié il y a quelques semaines avec le gouvernement algérien.

Si les autorités algériennes persistent, si elles font le choix de l'escalade, et bien nous répondrons avec la plus grande fermeté. Vous approuvez les propos du mise d'ad. Ah ben quand on m'explique que la justice est indépendante, oui, je suis d'accord.

Et vous voyez à quoi je fais allusion. Non, ce que ce que je pense qui est qui est qui est terrible dans cette situation, c'est que bon, monsieur Rota il est il est en piste pour la candidature des Républicains et il utilise l'Algérie pour montrer que il a la stature d'un homme d'état qui sera inflexible. Et de l'autre côté, vous avez une petite dictature de militaire qui est au pouvoir en Algérie depuis très longtemps, trop longtemps et qui utilise la France comme un épouvantail.

Donc les deux ont besoin de l'un de l'autre, c'est je t'aime moi non plus. Donc il faudrait que tout ça revienne à un niveau de rationalité qui permettent de discuter. Nous avons des relations privilégiées avec l'Algérie qui sont dues à l'histoire, qui sont d aussi au grand nombre de franco-algériens qui vivent sur notre territoire.

Donc pour vous, la méthode Retaillo, c'est pas la bonne. Bah on voit le résultat. On voit le résultat pour l'instant c'est c'est une catastrophe.

ça fonctionne pas parce qu'on ne forcera pas le gouvernement algérien par cette méthode. Et le gouvernement néo le gouvernement algérien dit très justement qu'il y a une forme de néocolonialisme et on comprend. Donc il faut changer Jean Noël Barre, il y est allé le weekend dernier avec une méthode plus diplomatique.

Est-ce que vous trouvez que ça a mieux marché ? Par exemple, il y a pas d'avancée sur le cadre de Wallem Sensal. C'est pas ce que j'ai entendu de la bouche du président de la République, monsieur Macron.

Euh au contraire, il disait qu'il pouvait y avoir une libération que je souhaite ardemment. ardemment, hein. On peut pas mettre des écrivains aux prison nulle part, que ça soit en Algérie euh ou ailleurs, quel que soit quelle que soit leur opinion.

Mais je pense qu'il faut euh laisser faire la diplomatie jusqu'au bout. Ensuite euh on le dit pas mais il y a il y a le problème du Sara occidental. Euh la France a fait un choix à madame Datti était sur place, monsieur monsieur l'archer aussi.

Et donc sur un sujet pour lequel la France avait évité de prendre partie depuis très longtemps, il y a une position diplomatique qui a été assumée que vous regrettez que je regrette parce que je pense que c'est pas comme ça qu'il fallait faire. Il fallait mettre tout le monde autour de la table. Là, la France a choisi le Maroc contre l'Algérie.

Ben évidemment, il y a des conséquences hein. Merci Pierre Bouulia. Merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure.

On accueille tout de suite notre prochaine invité. C'est Pepp Parole du PS Gage qui nous rejoint. Yeah.