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DébatLCP (sur YouTube)· 20 janvier 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalÉconomie & entreprisesDéfense

Afrique-France : un divorce consommé ? | Les débats de Débatdoc

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Le passé colonial explique-t-il le désamour actuel de l'Afrique envers la France ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que ce rejet soit plus marqué chez les jeunes africains ?

  • 4:05RelanceRéponse partielle

    Emmanuel Macron a-t-il rompu avec la politique africaine traditionnelle de la France ?

  • 6:05OuverteRéponse directe

    Le retrait militaire français du Sahel est-il un échec stratégique ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    La Chine et la Russie remplacent-elles la France en Afrique ?

  • 10:05RelanceRéponse directe

    Les États africains sont-ils passifs dans leurs partenariats internationaux ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le divorce est-il consommé entre l'Afrique et l'ancienne puissance coloniale que représente encore la France ? C'est ce que laisse entendre ce documentaire, cette enquête réalisée par Alexandra Jouset et Xenia Bolchak. Nous allons maintenant en débattre avec nos invités présents aujourd'hui sur ce plateau de débadoc.

Niagalé Bagayoko est tout d'abord avec nous. Bienvenue à vous. Vous êtes politologue et chercheuse, présidente de l'African Security Sector Network et spécialiste des politiques internationales de sécurité et de réforme des systèmes de sécurité en Afrique de l'Ouest, une région qui nous intéresse tout particulièrement, on l'a bien compris après ce film dans cette émission.

Ousman Nandia est également avec nous. Merci. Bienvenue à vous.

Vous êtes journaliste, ancien rédacteur en chef en charge de l'Afrique chez TV5 Monde et auteur de ce livre l'Afrique contre la démocratie Midni et Péril. C'est un ouvrage disponible aux éditions Rivneu et puis enfin avec nous Antoine Lazer. Bienvenue à vous Antoine Lazer.

Vous êtes journaliste, spécialiste de l'Afrique, fondateur et ancien directeur de la lettre du continent. On vous doit entre autres le piège africain de Macron du continent à l'Hxagone. C'est un ouvrage coécrit avec Pascal Hos et publié lui chez Fillard.

Alors, ce film nous a emmené dans des anciennes colonies françaises en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Bénin ou encore au Tchad. Et la base qui frappe peut-être après avoir vu ce film dans un premier temps, c'est le passé qui ne passe pas. C'est un passé qui ne passe pas et ce passé c'est la colonisation.

Est-ce que ça explique pour beaucoup le désamour auquel on s'intéresse aujourd'hui après ce documentaire ? Absolument. C'est le passé qui ne passe pas.

En fait, la France est cru trop longtemps chez elle en Afrique. Elle a exporté sur le quart du continent, elle a exporté non seulement sa culture, son administration, ses militaires en faisant une petite France pendant une période beaucoup trop longue et à la chute du mur de Berlin, ça vient 89 90, au lieu de remettre un peu les choses à plat, elle a continué à faire comme si elle était chez elle, un peu hors sol par rapport aux réalités africaines. Ça veut dire c'est contrairement à la colonisation britannique qui était vraiment chacun dans son club avec le pire la parten en Afrique du Sud le meilleur c'est justement ça veut dire l'identité des pays africains.

C'était pas la il ne dirigeait pas directement la France avec ces dizaines de milliers de coopérants. En Côte d'Ivoire en 80 il y avait encore 50000 Français. Ça veut dire je crois vraiment c'est cette façon de s'être installé sur ce continent et d'avoir pas compris.

Moi, je vois ça une façon historique, une période historique et je pense que l'erreur c'est en 890, la France est restée comme si elle était chez elle alors que elle s'est pas intéressée à l'Afrique des Africains. Elle s'est pas intéressée aux cultures africaines, elle s'est pas intéressée à l'Afrique réelle et c'est ce qu'elle paye actuellement. Ce qui frappe aussi, c'est que ce passé qui ne passe pas euh c'est surtout le cas auprès des jeunes, des pays visités dans dans ce film.

Autrement dit euh des hommes, des femmes qui n'ont pas connu cette période de la colonisation, pas connu non plus la période de la décolonisation qui a été particulièrement violente de certains de ces pays hein. On pense au Cameroun notamment. Ça c'est particulièrement frappant.

C'est orchestré par qui cette Alors moi je pense qu'il est quand même important de se rendre compte qu'il y a incontestablement comme on le voit parfaitement bien dans le film un rejet de la France mais qu'il y a un rejet beaucoup plus large de tous les partenaires traditionnels, notamment des partenaires européens y compris de ceux qui n'ont pas le même passé colonial que la France. Euh il y a aussi un rejet euh assez viscéral euh des organisations multilatérales. Euh l'ONU a dû quitter euh la région euh de manière assez euh violente.

Donc oui, bien sûr, il y a cet héritage qui est lourd à porter, mais je pense qu'on se trompe en pensant que le diagnostic doit uniquement se concentrer sur ce rejet de l'héritage colonial. Il y a plus largement une remise en cause des relations euh asymétriques, des relations perçues comme de domination d'un nord par rapport à des pays du sud. Et comme la France cherche à être extrêmement visible notamment sur le continent africain en se prévalant de la connaissance supérieure à celle de ces autres partenaires européens qu'elle en aurait, c'est elle qui fait l'objet du rejet.

Et parce que vous évoquez évidemment d'autres pays européens qui aussi ont été colonisateurs, hein, on peut évoquer évidemment, vous l'avez évoqué la Grande-Bretagne, les Belges bien entendu, voir les les Allemands. Pour les Belges, ça n'est pas facile. Par exemple, hein, aujourd'hui euh en Afrique centrale notamment en RDC, euh les choses sont compliquées.

Mais on voit aussi que par exemple les politiques de développement d'acteurs comme les Allemands ou comme les pays scandinaves même qui sont pourtant généralement perçus comme des partenaires faciles et sans cet héritage très lourd devient de plus en plus difficile à accepter pour les partenaires africains qui estiment comme le disait très justement Antoine que l'on ne respecte pas leur tradition que ne respecte pas leur savoirs locaux et qui eux aussi deviennent ultra souverainistes. Ousma, vous partagez cette analyse en totalité pour partie peut-être des réserves à ce qui a été dit à l'instant. Donc, je voudrais juste faire un focus sur la jeunesse parce qu'il me semble qu'elle dit beaucoup de choses, elle révèle beaucoup de choses.

Une des choses que la jeunesse révèle, c'est que moi qui ai grandi jusqu' années 90 en Afrique, notre conscience, notre culture politique se construisait sur beaucoup de choses du monde, sur la Palestine, sur sur plein de choses. Aujourd'hui, à partir des années 2000, moi j'ai observé que la culture politique se construisait sur le sur le refus de ce qu'on appelle l'ordre post-colonial. Elle c'est qu'Antoine décrivait euh par la génération de nos pères ont vécu dans la une sorte de suite postconial plus prente je et qu'ils l'ont pas contesté et et c'est des choses très concrètes.

Je donne un exemple très simple. L'université de Dakar qui est la grande université d'Afrique de l'Ouest après l'indépendance elle était dépendante de l'Amie de Bordeaux pendant des pendant une décennie. Donc il y a il y a c'est des choses très concrètes.

Cette génération là en 1068 s'est révolté pour couper le lien. Donc quand on a couper le lien colonial de fait ça s'est poursuivi de façon très pragmatique et ça s'est poursuivi juste dans les années 90 dans une sorte de relative indifférence. Par contre je pense que la jeunesse se réveille parce qu'il ne faut pas sous-estimer les conséquences des politiques d'ici.

Je pense que le monde s'est globalisé. Chaque acte politique immédiatement avec les réseaux sociaux a un a une conséquence immédiate. Je donne un exemple.

Pour moi, il y a il y a deux tournants très importants. 2005, Jacques Chirac, enfin je crois que c'était Sous Chirac, on fait on essaie de faire passer cette loi en France sur les bienfaits de la colonisation après quelques années après le discours de Dakar. Et en fait dans ce temps-là, dans cet espace de Nicolas Sarkozi où il où il montre une Afrique arrière et tout et ça donnait à Lili à une mobilisation incroyable et ça s'est fait d'ailleurs symboliquement à l'université de Dakar.

Donc on a toute une génération qui s'est construit avec comme repère politique avec la France le discours de Dakar, les tentatives de récrure de l'histoire coloniale ou bien et ça on en parle pas beaucoup, les politiques répressives migratoires qui sont perçus là-bas aujourd'hui maintenant parce que la distance s'est rétrécit. Tout ce qui est fait ici a une conséquence immédiate. Et puis dernière chose, faut remarquer que ce qui porte ce combat là, les visages les plus médiatique sur ce combat là, ils sont pas des africains qui ont grandi en Afrique.

C'est des africains qui ont grandi ici, qui ont vécu ici, qui sont français. Autrement dit, c'est la diaspora. Oui, par exemple Kemiseba a grandi dans Kemiseba qui est un des radicaux de ce a grandi à Strasbourg et donc ça refait le lien entre nos politiques d'ici contemporaines et les et ce qui se passe avec la jeunesse africaine.

Alors il y en a un qui a voulu s'inscrire en rupture avec tout cela et d'ailleurs ce documentaire valait aussi par une interview exclusive de l'actuel chef de l'État Emmanuel Macron à propos de la politique africaine. Il dit il n'y a pas de politique africaine de la France aujourd'hui. Ça il le dit hein tout au du tout début du film.

Il nous dit aussi voilà moi je suis le premier président français qui est né après la décolonisation et donc il il veut s'inscrire en rupture avec ses prédécesseurs sur sur cette question. Très clairement il le redit dans ce film. Est-ce que c'est le cas ?

Est-ce que depuis l'arrivée de Macron à l'Élysée, on a assisté à un changement de cap, à une rupture avec le passé du côté des anciennes colonies françaises ? Je pense que Emmanuel Macron, il est resté quand même dans cet anachronisme historique. Ça veut dire il a pas compris ce passé qui ne passe pas.

Il a cru que comme les un peu un peu comme quand on est enfant, on a une ardoise magique. Il a pensé qu'en faisant des rapports sur la colonisation, sur l'Algérie, rapport Stora sur le Cameroun, rapport Ramondi et et sur d'autres rapports et le Rwanda bien évidemment sur le génocide du Rwanda, il a pensé absolument il a pensé que comme ça on allait passer à autre chose. Donc il y a un travail mémoriel.

Il a un travail mémoriel. Mais encore une fois d'abord il avait quand même l'attitude le problème de la de la France et aussi de ses institution. Ça veut dire c'est la parole du chef de l'État et il a montré lui-même en particulier au moment des opérations militaires barcanes dans le Sahel, il avait une telle arrogance quand il parlait au chefs d'État africain quand il allait leur dire "Oui, vous êtes responsable de la mort de des par rapport aux familles des militaires français.

Vous avez eu aussi des milliers de de morts parmi les soldats. Donc il y avait quand même toute une attitude. Je veux dire, est-ce que c'est normal ?

Je je vais être beaucoup plus court. Quand il y a un criquet qui se tridule dans le Sahel, on considère que c'est la responsabilité de la France. Quand vous avez malheureusement les filles de de Shibok qui se font enlever au Nigéria des étudiantes, les Nigériens, ils vont pas demander au premier ministre britannique de s'occuper d'eux.

Est-ce que c'est normal encore en cette période d'Emmanuel Macron qu'il soit en bras de chemise à l'Élysée avec des cartes du Sahel dans son dos en train de lui montrer l'opération barcane, ce que la France allait faire et cetera. C'est aussi une sorte de négation des réalités locales, des troubles, des armées locales. Alors, je ne dis pas que c'est pas bien évidemment c'est vrai que c'est le Mali qui a appelé à l'opération qui était la l'opération Servale qui était quand même une opération, on va pas la contester mais qui avait un sens.

Mais après Barcan 5000 soldats français sur 5 millions de km² après ils ont réduit un peu. Quand vous pensez que les Américains sur 100000 ils avaient 100000 hommes, je veux dire en Afghanistan sur 600000 km² c'est la taille de la France et avec 100000 hommes, ils n'ont pas réussi. Qu'est-ce que la France ?

C'est c'est un peu cette espèce de d'orgueil français. Penser que on est encore chez nous en Afrique et on va gérer l'ensemble du Cel avec notre armée. C'est c'est absurde avec le recul.

C'est pour ça que je parle je parle toujours d'anachronisme historique. On n'a pas compris que les par d'un d'un bilan mitigé en quelque sorte. Il y a surtout là surtout la France n'a pas vu l'Afrique se mondialiser.

La France a cru au moment de la chute du mur de Berlin qu'elle était encore chez elle. Moi je vois bien les propres ambassadeurs qu'on voit européens. C'est à partir du moment la chute du mur pas la partie chute du mur de Berlin quand la France l'armée française s'est fait virer du Sahel.

Vous aviez tous les ambassadeurs à Paris qui voulaient parler de l'Afrique alors qu'avant ils allaient voir le conseiller Afrique, le directeur Afrique du Kai ou le conseiller Afrique du président. Je veux dire, c'était on demandait à la France ce qu'il fallait faire. Vous voyez un peu comment on était dans une autre période historique complètement.

Alors sur le plan militaire néanmoins le le constat est là. On est sur le reculoir, je sais pas si on peut utiliser ce ce terme puisque depuis 2022 euh bien les soldats français ont quitté six pays d'Afrique de l'Ouest et du Cel dont un certain nombre d'entre eux ont été évidemment traités dans ce film. C'est considérable.

Nous n'avons plus qu'une seule base militaire je crois en Afrique aujourd'hui. Il en reste deux he celle de de Dibouti. Il reste une emprise également au Gabon.

Mais effectivement le Gabon Bouti en reste plus que deux. C'est dans la foulée de ce que vient d'indiquer Antoine Glazer, c'est-à-dire l'échec opérationnel stratégique de cette opération militaire barcane qui était menée au Sahel dont les dirigeants ont exigé le départ d'abord au Mali, puis ensuite au Niger et enfin au Tchad. euh ce qui a été euh un véritable choc parce que l'armée française a toujours considéré que le Tchad était le pays sur lequel elle pouvait s'appuyer le plus euh solidement.

Et par la suite, on suivit très rapidement le Sénégal qui n'était absolument pas concerné par l'opération Barcane, si ce n'est pour le trajet des troupes françaises et l'acheminement euh du matériel logistique, hein, depuis les bases prépositionnées françaises. Et enfin, la Côte d'Ivoire. Est-ce que cette présence militaire française euh dénoncée dans ce documentaire par beaucoup euh et ce retrait des de cette présence militaire va peut contribuer à reconstruire une histoire avec euh avec cette partie de l'Afrique, l'Afrique, l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique centrale où nous étions présents.

En tout cas, c'est l'objectif, hein, affiché par les autorités françaises. Il y a un commandement pour l'Afrique qui a été créé qui vise à introduire de nouvelles modalités de coopération ou de partenariat plus exactement pour utiliser les termes institutionnels qui visent davantage à proposer de l'aide de l'accompagnement en matière de renseignement mais de nouveau sur le modèle américain sur le modèle américain avec un fricom et qui intervent ponctuel mais qui renvoie Africom, vous venez de citer ce nom, c'est la branche armée améaire américain en Afrique, tout comme le SENCOM et le commandement militaire américain au Moyen-Orient. En tout cas, le problème c'est que ces nouvelles modalités de coopération ne sont pas aussi inédites qu'on veut bien le dire.

Il s'agit notamment d'offrir une offre beaucoup plus régionale et moins axée sur des partenariats bilatéraux. Mais euh en réalité, on s'aperçoit que ça fait déjà une vingtaine d'années que la coopération euh militaire française avait déjà utilisé ce type de réponse. Et surtout chose très importante parce qu'on parle de politique donc d'action.

Oui. Sur le retrait militaire, faut quand même rappeler que c'est pas un choix politique. C'est ce né de la contestation des R euh Mali, Niger, il y a pas de politique.

Les Français ont été mis d'Or, ils ont été virés. Mais non, on peut le on peut le l'analyser comme une politique du retrait. Non, je pense en fait donc je suis très pessimiste sur l'impact dans la nouvelle relation parce que c'est pas quelque chose qui est construit qui c'est une revendication forte exprimée par des chefs d'état africains concernés par les populations africaines concernés. mais que que la France n'entend pas pendant des années.

Il a fallu une sorte de bouleversement de l'ordre mondial très profond que certains pays d'Afrique peuvent puissent se retourner vers d'autres partenaires, les mettre d'or pour que la France daigne daigne négocier une sorte de départ. Donc pour moi, premier problème, il est là aussi c'està-dire ça ne peut pas changer les choses ou reconstruire une relation parce ça s'est fait dans la rupture et dans la conflictualité. Alors, j'ai une autre question à vous poser.

Après avoir eu ce film, on a le sentiment que d'autres prennent notre place sur le plan militaire. Les Américains étaient déjà sur place en 2000 en 2020 34 bases militaires en Afrique pour les Américains et surtout on voit les Russes militairement prendre place dans les pays que nous avons évoqués. Mali, Burkinafas, Niger.

Alors peut-être que la la roue va tourner également à travers l'exwagner, Africor aujourd'hui. Et puis on voit aussi que les Chinois sont intéressés et aussi et pas seulement sur le plan économique, on va y venir, mais sur le plan militaire. Donc ça veut dire que d'autres vont réinstaller euh pas aussi simple.

Je vais laisser la France, c'est pas aussi simple. Un déjà la Russie tant nouveau un nouvel acteur hein. Par exemple, vous prenez pendant la guerre froide un pays comme le Mali, à un moment donné, il était dans le bloc russe et que aujourd'hui les élites, vous allez au Mali, le premier ministre, le mise à étrangère, une certaine partie des élites ont été formé à Moscou.

Donc c'est quand même un retour de l'histoire. Ouais. Oui.

Alors, vous parlez des Russes, c'est l'Union soviétique à l'époque. Oui. Oui.

À l'époque. Ensuite, ensuite les for de la présence sont fondamentalement différents. Ouais.

Les Russes n'ont pas de base. Ouais. Cherche une.

Oui. Oui. Oui.

Mais pour le moment, ils n'ont pas de base. Enfin, concrètement, ils sont quand même présents auprès des des gouvernements concernés. Oui, mais c'est pas les mêmes formes de présence, c'est pas les mêmes ampleurs.

Vous prenez la présence ministère de ce qu'on appelle Wagner ou Afric Cups, c'est plutôt des gardes prétoriennes qui sont là pour protéger le dictateur ou et cetera. Et en plus, c'est pas que l'apanage des Russes et que ce type de forme de présence militaire subsistait même avant le départ des Français. Vous prenez un pays comme le Cameroun.

La garde prétorienne a toujours été israélienne. Israëli, tout. Donc je pense que c'est pas aussi c'est pas aussi mécanique.

Par contre, ce qu'il y a, c'est que je pense que par opportunisme, ces acteurs-là essayent évidemment de déployer les espaces euh du retrait. Ça c'est très logique dans les relations c'est un peu votre comm tout comme Antoine ou Ousman. Mais euh ce qui est important, c'est qu'en réalité ces présences qu'on présente aujourd'hui comme étant nouvelles ne le sont absolument pas.

La Chine commence à être extrêmement présente en Afrique à la fin des années 90. Israël, euh la Turquie euh également, on parle du rôle des pays du golf. Ils sont extrêmement actifs, y compris d'un point de vue diplomatique comme par exemple les Émirats arabes unis ou le Qatar qui se veulent médiateur de conflits africain.

Il y a aussi la fourniture d'armement par un certain nombre de ces pays moyen-orientaux. On pense au drone turc par exemple et cela n'est absolument pas nouveau. Ce qui est inédit, c'est la façon dont la France et plus largement les Européens ont l'impression d'être mis dehors par de nouveaux acteurs.

Mais c'est tout simplement qu'ils n'ont pas été attentifs aux évolutions de l'ordre international depuis 25 ans quand même. Ça c'était le le volet militaire mais important parce que assez longuement développé hein dans le dans le film que nous avons vu et puis évidemment les le volet commercial, le volet économique et Dieu sait s'il est important aujourd'hui dans ce monde mondialisé, regardez cette carte, elle date de 2022, ce sont les premiers partenaires commerciaux par pays africain aujourd'hui. La Chine est le premier partenaire commercial de l'Afrique aujourd'hui. 295 milliards de dollars d'échange économique en 2024.

Et la Chine prévoit d'ailleurs d'investir d'ici 2035 60 milliards de dollars supplémentaires. Et en 2024, les échanges économiques entre la France et le continent africain ont été eux de 65 milliards de dollars. Voilà.

Voilà la situation aujourd'hui. Et puis sur cette carte, on peut aussi rajouter la présence des Emirats. Vous l'avez évoqué tout à l'heure sur un plan économique.

Bien sûr. L'Union européenne est en bleu. Attention à ce que vous voyez en bleu sur cette carte.

Ce n'est pas la France. Ça ça vaut même si la France est très présente évidemment dans les pays du du Maghreb là aussi pour pour des raisons historiques mais enfin le constat est là. Absolument.

Mais sur cette carte, nous n'existons économiquement pratiquement pas ou peu d'abord de choses pour pour faire un peu le la transition, c'est quand Alibongo a proposé aux Chinois d'installer une base dans son pays qu'il a commencé à avoir des problèmes. Voyez déjà parce que les Européens ont réagi, les Américains aussi dès qu'Ali Bongoadi a été signé à Piquin pour installer une base au Gabon, c'était vraiment là le il avait franchi le Rubicon quelque part. Maintenant la Chine, c'est vrai que la France dans les milieux français, quand vous avez vécu sur le plan économique une rente politique des années 60 jusqu'à la chute du mur de Berlin, la France contrôlait dans son ancien précarré en particulier grâce à sa monnaie le fran CFA 50 à 60 % des marchés.

Pourquoi ? Quand vous étiez une entreprise française, vous yz un contrat, bah vous appeliez la présidence euh ou F Boy ou les autres présidents Mar Bongo et cetera et vous aviez le contrat parce que la France était c'était ce système intégré français qu'on appelle la France-Afrique, la fameuse France-Afrique. la fameuse si on essaie de voir demain demain le véritable enjeu là on est plus sur la France africain hein sur si on constate cette carte plus on monte on monte la carte on monte par exemple bleu l'Union européenne comme s'ils étaient il marchaient comme un seul homme en fait depuis finalement que la France s'est fait virer du continent que les les autres européens n'ont plus besoin de la sécurité de la France pour leurs expatriés ou autres vous pensez bien que maintenant c'est chacun se débrouille c'est open bar l'Afrique je veux C'est dire que ça soit les Allemands, vous pensez bien que les Allemands, les Néerlandais ou autres, chacun se débrouille et s'ils peuvent tailler des croupières aux Français, ils vont pas se gêner.

Donc on dit l'Europe, mais l'Europe ça veut plus rien dire non plus. Donc il faut voir ça pour demain. Mais le véritable enjeu de l'Afrique de demain, c'est la bataille, la nouvelle frontière minière, ça veut dire entre américain et chinois pour les terres rares, tous les matériaux, le continent malheureusement ça va devenir un un enjeu géostratégique sur les mines.

Tu es en train là de nous projeter dans la deuxème partie du siècle avec les deux superpuissances que sont la Chine et l'Afrique et l'Afrique comme terrain de jeu de ces deux grandes on est déjà Trump il y a au moment de la signature de l'accord entre l'Orwanda et la RDC de pays qui sont en conflit Trump a été très clair nous venons pour prendre vos ressources en échange de la paix alors l'avantage de Trump c'est que c'est clairement dit c'est mais c'est très colonialiste comme attitude. Oui, mais Trump l'assume dans cette dans dans cette façon de du coup d'éclat. Et donc c'est clair et et ça et c'était pas seulement une fanfaronade parce que quelques jours après le l'accord de partenariat économique qui est signé c'était la traduction de ça.

C'est-à-dire la politique que nous avons eu en France avec euh ce qu'on appelait les franc la France-Afrique c'estàd cette politique du précaré c'estàd l'accès privilégié de la France aux ressources en fait avec Donald Trump refait la même chose et que l'histoire se répète. Par contre, autant l'attitude de Trump est clair parce qu'on a parlé de Macron qui disait tout à l'heure qu'il n'a pas de politique africaine. Justement, c'est un peu ça le problème.

C'est-à-dire tantôt il a une politique africaine, tantôt il l'a pas de de dans sa propre discours. Et puis on a on a une sorte de contradiction qui que que moi qui me laisse toujours assez pentoi. Je donne un exemple très très simple.

Allez, on on il décide de créer un conseil pour l'Afrique. Oui. Alors, nouveaux enjeux importants.

Les diasporas vont être la clé de voûte de la politique vers l'Afrique. Et tout d'un coup, le conseil pour l'Afrique, on ne sait pas s'il a été dissous. Il n'existe plus rien les argent.

Deuxème exemple, la FD on une méga réforme, ça va être radical. On va changer le nom. Euh pour les 80 pour le 80e anniversaire, ça fait plus de 3 ans.

FDO, faut rappeler ce que c'est hein. L'agence française de développement qui est le premier opérateur euh important qui est vraiment le c'est c'est la banque quoi, c'est la banque de coopération euh de la France et qui euh malgré les annonces de Macron reste encore ce qu'elle était depuis quelques années. Donc il y a pas mal de politiques d'annonces comme ça.

La rupture est tout le temps annoncée. Elle n'est jamais faite. Il y a même ce qu'on reproche à Macron, la politique du M en même temps, on le retrouve en Afrique pas sur le fran CFA, il dit que je me retire mais c'est lui qui annonce la réforme du franfa.

Ouais. réforme he pas voilà officiellement on arrête le fran CFA en réalité il y a deux francs CFA. Si j'ai un tout petit désaccord avec tout ce dont on vient de parler, c'est qu'on a l'impression que l'Afrique est passive, que les acteurs africains sont des jouets aux mains de puissance extérieure qui les manipulent, qui s'imposent à une volonté qui à mon avis en réalité est beaucoup plus forte qu'on ne veut bien le dire.

Les États africains et euh les sociétés africaines aujourd'hui font des choix absolument cyniques de partenariat en cherchant eux aussi à maximiser leurs intérêts. On le voit notamment à travers euh les tentatives, on va voir si elles vont aboutir, mais de nationaliser de plus en plus l'accès aux ressources minières. Vous parlez de la Chine.

Il faut savoir que notamment il y a eu au cours des derniers mois un différent extrêmement sérieux entre la compagnie chinoise d'exploitation du pétrole au Niger et les autorités en place, les autorités militaires en place qui ont décidé d'entrer dans un bras de fer avec les Chinois du même ordre que ils l'ont fait avec les Américains qu'ils ont aussi forcé à quitter le pays, il ne faut pas l'oublier, ou avec les Français. Bah, ça sera malheureusement le mot de la fin parce qu'on aurait voulu passer bien plus de temps avec vous trois pour évoquer ce désamour, ce divorce consommer hein, peut-être avec un point d'interrogation. C'est en tout cas le le thème de cette émission après ce documentaire.

Vos réactions, ça sera sur hashagdbadog. Merci à féliciter Gabalda, Thbo Brosset et Cal qui comme à l'accoutumé m'ont aidé à préparer cette émission et je vous donne rendez-vous pour un prochain lesbadoc, ça sera bien entendu avec son documentaire et son débat. À très bientôt. [musique] [musique]

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