POURQUOI MITTERRAND A SACRIFIÉ ÉDITH CRESSON
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00animateurFait
« On a dit quand Crisson, elle a une actue. On fait un sujet sur Eddit Crresson. »
- 4:00animateurFait
« Elle a une actu, tu peux rien dire, elle a une actue Eddit Cresson. »
- 15:00animateurChiffre
« Plus de 75 % de désapprobation seulement 3 mois après le début de son mandat. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On a dit quand Crisson, elle a une actue. On fait un sujet sur Eddit Crresson. Elle a une actu, tu peux rien dire, elle a une actue Eddit Cresson.
Bonjour et bienvenue dans CPAMU avant, votre émission dans laquelle on revient sur des personnalités et des événements marquants de l'histoire politique de la France et du monde. Et ça y est, ça fait 10 mois que l'épisode est écrit et que j'attends ça et dit Cresson à une actu, il ne vous aura peut-être pas échappé que lors de son arrivée au poste de premier ministre, le premier acte de Sébastien Lecnu a été de supprimer les avantages à vie dont bénéficiaient les anciens premier ministres, genre voiture de fonction par exemple. Une petite mesure un peu progressiste pour camoufler le budget de l'enfer qu'on était en train de nous préparer à ce moment-là.
Et puis en ce début de mois de juillet, on a appris que finalement c'était un peu à la tête du client visiblement puisqu'Edit Crresson, ancienne première ministre de François Mitteran, continuait de bénéficier temporairement de ses avantages. Ça fait d'autant plus raller qu'Edit Crresson est resté très peu de temps en poste, moins d'un an, et que du coup, c'est vraiment des avantages exorbitants par rapport à une fonction qu'elle a occupé très peu de temps et dont elle a été limogée. Et alors, c'est pas tellement de ce sujet précis que j'ai envie de vous parler, mais plutôt et ben des dites crisson en elle-même.
Et pour commencer notre histoire, j'aimerais vous ramener en 2022, juste après la réélection d'Emmanuel Macron en tant que président de la République. On est donc en juin 2022. L'élection présidentielle vient de s'achever.
Les partis de gauche sont en train de négocier les accords de la NUPES et tout le monde politico-médiatique se demande qui est-ce qu'Emmanuel Macron pourrait choisir pour devenir son nouveau Premier ministre. Et il y a une idée qui s'impose au point d'être devenu incontournable. Il faut que ce premier ministre soit une femme.
C'est vrai qu'en 2017, Emmanuel Macron avait été élu sur une promesse de nouveauté et de renouvellement et qu'il avait fini par nommer deux cadors de la droite et deux hommes en tant que premier ministre de ces gouvernements. Nommé une femme, seulement la deuxième dans l'histoire de la République française serait envoyé un signe fort en début de mandat, d'autant plus face à la résurgence d'un mouvement important sur sa gauche. C'est ainsi que pour la première fois de l'histoire de notre pays, la sélection s'est jouée uniquement entre des femmes.
Les candidates potentielles à l'époque, c'était entre autres Florence Parli, ministre des armées, Catherine Vautrin, issu des Républicains, mais aussi Ellisabeth Borne, ministre du travail qui est finalement celle qui est choisie. Ellisabeth Borne devient donc première ministre et elle le reste jusqu'à 2024 où Emmanuel Macron la débranche après l'avoir usé jusqu'à lacorde sur la réforme des retraites et la loi immigration. Et depuis ça et ben c'est comme si une case avait été cochée en fait et qu'on avait plus vraiment besoin de s'en préoccuper.
Non parce qu'on a enchaîné quatre premier ministres depuis Elizabeth Borne et à chaque fois la sélection s'est faite quasi uniquement entre des hommes. Pour Gabriel Atal, ça s'est joué avec Gérald Armanin. Pour Michel Barnier, on a parlé de Bernard Casneu Xavier Bertrand ou encore David Lissard.
Plus récemment, ça s'est joué entre François Bairou, Sébastien Lecnu, Roland l'escur, Olivier Fort, le nom de Catherine Vrin a pu être réévoqué mais pour le reste c'était que des mecs. Alors là, peut-être que vous me direz et Lucy Castet alors ? Bah pour ce qu'on en sait, Lucy Castet n'a jamais été évoqué ni même considéré à un moment par Emmanuel Macron comme une potentielle première ministre.
Mais ouais, justement après la majorité relative remportée par le Nouveau Front populaire en 2024, dans le cadre des négociation entre les partis de gauche pour proposer un nom de premier ministre de cohabitation, il s'est passé exactement la même chose comme signe fort de modernité. Il a été assez clair que le nom proposé serait obligatoirement celui d'une femme. Alors oui, les socialistes ont vaguement tenté d'imposer Olivier Fort comme à la rentrée dernière d'ailleurs, mais pour le reste ça s'est joué entre Hugette Bello, Laurence Tubiana et finalement Lucy Caster.
Et puis et ben pareil, on dirait que c'était un petit peu pour l'occasion et depuis c'est bon, c'est reparti comme avant et ça se joue uniquement entre des mecs. Regardez pour la présidentielle, hormis le cas bien spécifique de Marine Détournement de Font Le Pen, il y a quel nom qui reviennent ? Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Atal, Bruno Retaillot, François Ruffin.
Bon allez, il y a Marine Tondelier aussi et Nathalie Arta et puis c'est à peu près tout. Et pour s'interroger sur ce sexisme politique considérable et qui n'a jamais vraiment disparu, on va s'intéresser au parcours de celle qui fut la première femme à être nommée première ministre d'un gouvernement de la République et qui a été complètement oubliée, hormis pour le fait qu'elle dispose de nichon. Et dit Cresson.
Bah oui, parce que j'aurais beaucoup aimé faire une émission sur Edit Crresson en dissociant complètement ça du fait que c'est une femme, mais en fait c'est quasi impossible de le faire tant toute sa carrière politique a été imprégnée du fait qu'elle était l'une des seules femmes dans un milieu extrêmement masculin. Mais commençons par faire comme on l'a fait dans les autres portraits qu'on a réalisé pour cette émission en parlant de ses origines sociales. Commençons par aller dans les années 50 à 70, une époque où la politique en France était quasi exclusivement une affaire d'homme.
Si des chefs féminines de gouvernement commencent à émerger comme Goldamer en Israël et plus tard Margarette Toucher au Royaume-Uni, en France, cette dynamique paraît inexistante. Et déjà que percer en politique à l'époque en étant pas un homme est extrêmement dur, mais il y a aussi autre chose qui est très dure. Je sais à quoi vous avez pensé, je ferai pas cette blague.
Per en étant issu d'un milieu modeste, c'est c'est ça qui est très dur. Donc ça ne vous surprendra pas si je vous dis qu'Edit Cresson est issu d'un milieu très aisé et qui était déjà proche des milieux politiques et plus particulièrement de la gauche institutionnelle de la première moitié du 20e siècle. Dans un contexte où les hautes études commencent à devenir plus accessibles aux femmes, elle est une contemporaine de l'effondrement de la 4e République et entre enfin en politique en 1965 après sa rencontre avec François Mitterran.
C'est donc dès le début une mitérandienne purjue et c'est pour ça qu'assez logiquement, elle fait son ascension politique dans l'appareil du Parti socialiste après que François Mitteran en a pris la tête. Elle connaît ses premiers succès électoraux en devenant maire de Turé, un petit bled en Akitaine puis députée européenne en 1979. Avec Edit Cresson, on est un peu sur l'archétype du politicien de carrière.
Elle est issue des grandes écoles, exerce des responsabilités locales et nationales. Et c'est logiquement qu'après la victoire de Mitteran à l'élection présidentielle de 1981, elle est nommée ministre de l'agriculture. Edit Cresson était donc la première femme ministre de l'agriculture.
Alors à votre avis, ça a été reçu comment par le milieu agricole ? Réponse A, comme un symbole fort d'égalité et de progrès social. Réponse B avec indifférence, on la jugera sur ses actions.
Réponse C avec un déferlement d'un jure sexiste. Est-ce que j'ai vraiment besoin de répondre ? Et je me souviens quand je suis allé dans la première réunion de la FNSA, il y avait une grande banderole d'un bout à l'autre de la salle où il était écrit et dit "On t'espère meilleur au lit qu'au ministère." Très souvent interrogée à ce sujet, elle aime bien répondre par une petite anecdote, à savoir qu'elle était très bien au ministère de l'agriculture puisque finalement elle avait affaire à des ports.
Si elle n'est pas placée en première ligne, Eddit Cresson devient l'une des indéboulonnables des gouvernements de François Mitterran. Elle est ministre sous Pierre Moroi, Laurent Fabius puis Michel Reocard. Et alors, qu'est-ce qu'elle pense des revirements de François Mitteran comme le tournant de la rigueur par exemple ? et ben pas grand-chose encore aujourd'hui, elle est très évasive sur ses convictions politiques et si vous rajoutez à ça le fait qu'avant d'être premier ministre, elle était aller pantoufler dans une entreprise de conseil et ben s'adresse le portrait d'une technocrate carriériste qui n'avait pas de problème particulier avec le nouveau statut co néolibéral.
Alors ça veut pas dire qu'elle pensait rien parce qu'après tout, elle a quitté le gouvernement de Michel Recard en désaccord avec sa politique européenne. Donc elle avait bien quelques conviction mais pas très affirmé et surtout très en phase avec celle de la majorité des socialistes de son époque. Et ce côté centriste, très affirmé se ressent particulièrement dans l'une des dernières interviews qu'elle a donné pour Paris Match.
Non seulement elle s'y déclare très favorablement à Bairou, à leur premier ministre et parlant des termes élogieux de Jacques Chirac, mais elle estime aussi que le problème du Parti socialiste aujourd'hui, c'est qu'il lui manque un grand leader charismatique comme l'était à ses yeux François Mitteran. Et ça ça un nom, ça s'appelle le bonapartisme ou le gaulisme dans sa forme la plus récente. L'attachement à une figure de sauveur providentiel de la nation qui surplombe les clivage politique et qui est au cœur des institutions de la 5e République.
Donc Eddit Cresson n'est pas une politicienne sans idéologie. C'est une politicienne dont les idéologies étaient très en phase avec celle de son époque, le bonapartisme politique de la 5e République et le néolibéralisme économique. Et c'est donc ce statut de technocrate, le fait qu'elle soit très en phase avec les idéologies de son époque et son côté centriste, qui explique assez logiquement qu'elle ait été nommée première ministre de François Mitteran dans le cadre de sa stratégie d'ouverture.
Et il va peut-être falloir en parler de la stratégie d'ouverture. Quand François Mitterran est réélu en 1988, il l'emporte sur une ligne d'ouverture vers le centre et la droite. Oui, ça ressemble un peu à du Macron et d'ailleurs, ça s'est très très mal fini pour le PS cette histoire vu qu'après 50 centrisme, le parti a pris la pire branlée législative de son histoire. 2017 n'avait pas encore eu lieu, mais on n'y est pas encore.
Aux élections législatives de 1988, le PS obtient une majorité relative. Et plutôt que par exemple de conclure un accord de gouvernement avec les communistes comme en 81 et plus tard en 97, Mitteran confirme son intention d'ouvrir dans l'autre sens en nommant le très libéral et très populaire Michel Rocard pour conclure des accords texte par texte avec les députés démocrates chrétiens du centre-Doit. Puis en 1991, Mitteran qui détestait Michel Recard, l'avait nommé premier ministre pour le flinguer politiquement et constatait que ça n'avait pas marcher, décide de le remplacer par quelqu'un qui lui est plus proche politiquement.
Du coup, vu que l'objectif c'était de gouverner avec le centre, une ministre expérimentée, centriste et très fidèle du président, ça paraissait être le choix parfait pour être premier ministre. Enfin, ça c'est ce que diraient les gens aujourd'hui. Mais à l'époque, c'était plutôt En fait, c'est complètement ridicule.
Voyons, vous avez un vagin. C'est difficile de se représenter l'ampleur des attaques sexistes qui ont visé Cresson. Mais le plus simple, c'est de regarder comment la principale émission de satière politique de son époque a traité la chose.
Ah merde ! Non, attendez, c'est c'est pas ça. Et voici le bébé show pour les R, les Le bébé show, c'était un peu les proto guignoles de l'info et donc les proto proto journal des briques qui passaient sur TF1 à la fin des années 80 et au début des années 90.
Et voilà en substance comment ils ont fait la satire d' dit crisson parce que physiquement hein physiquement elle est pas on la voit pas hein. Allez à ma botte du vent au fourneau. La vaisselle t'attend va torcher les mommes.
Mais enfin ma bisousquette d'amour à la cuisine j'ai dit. Ouais ça résume bien le ton hein. Du coup les médias étaient contre elle droite était contre elle mais vous vous direz qu'au moins le PS la soutenait.
Tellement pas. Pour faire simple, l'état d'esprit des barons masculins du Parti socialiste après l'arrivée à la tête du gouvernement d'Edit Cresson, c'était ça. J'ai perdu une grosesse.
Pendant tout le temps qu'Edit Crresson a passé à Matignon, elle a dû faire face à l'hostilité d'à peu près tous les classiques du PS, surtout ceux qui visaient son poste et avaient le seum de s'être fait doubler. Des gens comme Pierre Bergovois, son ministre des finances, Lionel Jospin, son ministre de l'éducation nationale, Roland Duma, son ministre des affaires étrangère, qu'il soit dans le gouvernement ou proche du groupe parlementaire socialiste, cela ont tout fait pour mettre des bâtons dans les routes crisson, ce dont elle témoigne régulièrement aujourd'hui avec amertume. Vous vous sentez trahi par François Milteran ?
Maintenant, les raisons de l'échec de Cresson ne sont pas à aller chercher uniquement dans la misogynie. Déjà Edit Crresson s'est rendu tristement célèbre pour des petites phrases notamment homophobes et racistes des sorties qui ont fortement entamé son capital symbolique et lui ont valu évidemment des critiques jusque dans ses propres rangs. Mais il y a aussi tout bêtement la politique qui a été conduite et qui était bah pas la politique d'dit Crresson mais la politique de François Mitterrand à savoir une politique de centre gauche et sur le plan économique de la rigueur budgétaire.
Bref, le genre de politique qui n'a pas du tout un gouvernement de gauche à se faire apprécier. Elle fait aussi face à la montée du Front National qui instrumentalise déjà la question de l'immigration. Et comme la plupart des politiciens de ce bord politique à cette époque, elle ne trouve rien de mieux à faire que de courir après Le Pen en tirant sur l'immigration parce que ça avait le mérite d'être un bon moyen de faire oublier l'inflation en hausse et la montée du chômage.
Et est-ce que c'est la faute d'Edit Crresson tout ça ? En vrai, c'est surtout la faute de François Mitteran parce que celui qui donne le politique menée dans la 5e République, c'est le président et le premier ministre, c'est pas le décideur, c'est le fusible qui est là pour prendre les coups à la place du chef de l'État. Sauf que quand les problèmes s'enchaînent, le fusible, il s'use vite.
Outre les soucis économiques, il y a aussi eu des polémiques très médiatisées, comme lorsque l'on découvre le financement illégal du Parti socialiste par les collectivités locales lors de l'affaire urba célèbre affaire du sang contaminé lors de laquelle des centaines voire des milliers de patients ont été victimes de transfusion de sang de personnes atteintes du VIH. Face à ces contraintes et à un parti qui ne la soutenait pas du tout, Edit Crresson devient rapidement très très impopulaire. Plus de 75 % de désapprobation seulement 3 mois après le début de son mandat.
Pour sortir de l'ornière, elle propose à François Mitteran un gros remanement ministériel. Son projet, pour faire simple, c'est de dégager tous les classiques du Parti socialiste imposé par Mitteran et qui lui pourrissent la vie par des personnes en qui est la confiance. Donc en gros, Mitteran a deux options.
Garder Eddit Crisson et lui donner plus d'indépendance ou virer Eddit Crresson pour mettre un autre fusible à la place. Voilà. Bery 11h moc le nouveau premier ministre Pierre Bergovois quitte ses anciens bureaux. 15 minutes plus tard sa voiture s'engouffre sous le porche de l'hôtel Matignon.
Edith Crresson a été indéiablement victime de misogynie dans une société française sexiste. Ce qui était encore plus vrai dans le monde politique quasi exclusivement masculin de cette époque et est encore énormément aujourd'hui en fait. et dans les quelques interviews qu'elle a donné ces dernières années, elle n'a pas caché le fait qu'elle n'a jamais digéré le traitement qui lui a été infligé quand elle était première ministre.
Elle a beaucoup répété son agacement quand tout le monde journalistique l'a rappelé en 2022 après la nomination d'Élisabeth Born. Pour elle, c'était la preuve que la France n'avait pas du tout été capable d'évoluer sur ce point, ce qui est vrai. Mais son échec en tant que premier ministre ne doit pas être réduit au fait que c'était une femme dans un monde d'homme et que c'est la misogénie qui l'a tué.
C'est même très biaisé parce que ça sous-entend qu'à cause de la misogénie, ce serait impossible pour une femme de réussir à Matignon. D'ailleurs, son successeur Pierre Bergovois était tout aussi impopulaire qu'elle. Bref, l'échec d'Edit Cresson à Matignon, s'il témoigne du sexisme des années 90, c'est aussi tout bêtement l'échec de Mitteran lors de son second mandat présidentiel, l'échec d'une ouverture promise mais jamais vraiment réalisée et l'échec d'une politique de centre gauche dont on commençait à voir les limites déjà à l'époque.
C'est la fin de cet épisode de C'était pas mieux avant et j'espère qu'il vous a plu. Vous pouvez toujours nous soutenir si vous voulez permettre aux médias de continuer à vous informer de manière complètement indépendante jusqu'à 2027 et au-delà. À la prochaine.