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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 27 mars 2025 7 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôts

Économie : "Les retards de paiement, qui diminuaient chaque année avant le Covid, sont repartis dans l'autre sens", alerte le Médiateur des entreprises Pierre Pélouzet

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 13 %Défensif 13 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:16InvitéFait
    « Les retards de paiement diminuaient d'année en année. »
  • 1:22InvitéFait
    « On est reparti dans l'autre sens, à un moment où les entreprises sont très tendues. »
  • 1:44InvitéFait
    « Tout ça a beaucoup secoué le monde économique. »
  • 3:59InvitéPromesse
    « C'est un secteur qui a appris à se parler. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur22 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, c'est un bon observateur de l'économie française, des relations entre entreprises, de par son rôle de médiateur. Le médiateur des entreprises publie son bilan annuel aujourd'hui. Pierre Pellouzet, bonsoir.

0:16
Invité

Bonsoir, j'ai l'air à vous.

0:17
Présentateur

Invité éco de France Info ce soir, médiateur des entreprises, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?

0:22
Invité

Ça veut dire tout simplement qu'on va effectivement aider les entreprises quand elles ont une difficulté entre elles, surtout quand c'est une petite entreprise face à une grosse, ou avec une administration, notamment dans le cadre des marchés publics. On est là pour offrir un service public, c'est-à-dire gratuit et confidentiel, de médiation pour les aider.

0:39
Présentateur

Alors, venons-en à votre bilan pour l'année écoulée. Les délais de paiement sont de 45 jours, mais beaucoup d'entreprises souffrent de ne pas être payées, ce qui évidemment les met en difficulté. C'est une grosse partie de votre travail.

0:52
Invité

C'est effectivement pratiquement 40% de nos saisines, parce qu'effectivement, c'est la vie d'une entreprise. Si une entreprise n'est pas payée, sa trésorerie descend, et à force d'avoir une, deux, trois factures qui arrivent en retard, l'entreprise se retrouve très rapidement en difficulté. Donc, les entreprises nous saisissent beaucoup sur ce sujet-là, de plus en plus, et c'est un sujet qui, malheureusement, est de plus en plus grave. On voit qu'autant avant le Covid, les retards de paiement diminuaient d'année en année, autant aujourd'hui, malheureusement, on est reparti dans l'autre sens, à un moment où les entreprises sont très tendues par tous les événements qui nous entourent.

1:25
Présentateur

Et comment est-ce que vous l'expliquez, Pierre Pelouzé ?

1:27
Invité

Il y a eu plusieurs choses qui se sont passées. On a vécu, et on le voit dans nos médiations, on a vécu le grand choc Covid, et puis après, il y a eu une sorte de réplique. On a eu la flambée des matières premières, on a eu la flambée de l'énergie, on a eu l'inflation, on a eu la hausse des taux d'intérêt. Tout ça a beaucoup secoué le monde économique, et du coup, les relations se sont tendues, et un certain nombre d'entreprises se sont dit, tiens, ma trésorerie, surtout dans l'incertitude que nous connaissons, je vais peut-être la garder un peu pour moi, plutôt que de la donner à mes fournisseurs.

Évidemment, c'est d'abord hors-la-loi, et en plus dangereux, parce qu'on peut abîmer tout le tissu des fournisseurs, et c'est pour ça que nous sommes là pour rétablir le dialogue, et leur permettre de sortir par le haut de cette difficulté.

2:06
Présentateur

Parce qu'il suffit parfois d'un coup de fil, en fait. Et alors, ce qui est intéressant, c'est que ce sont souvent les petites et les très petites entreprises qui font appel à vous, et deuxième chose intéressante, c'est qu'on dit souvent que l'État est mauvais payeur, en fait, pas du tout. Le gros des affaires, ce sont des entreprises entre elles.

2:21
Invité

Effectivement, vous avez raison sur les deux points, nous sommes saisis, et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on a mis en place un service public. Ce n'est pas pour les grandes entreprises qui peuvent se débrouiller, qui ont des juristes, des avocats, tout ce qu'il faut, mais la petite entreprise, l'entrepreneur unipersonnel, l'artisan qui se retrouve face à un plus gros client public ou privé, il n'a pas le loisir d'avoir tout ça. Donc, il a besoin de quelqu'un pour l'aider.

On n'est pas son avocat, mais on va l'aider à avoir un vrai dialogue en toute confidentialité avec son client et comprendre ce qui se passe, trouver des solutions et recréer un lien de confiance pour qu'ils puissent retravailler ensemble. Et vous y arrivez ? Et on y arrive, puisque statistiquement, dans 70% des cas, les médiations se concluent par un résultat positif, que ce soit sur les délais de paiement d'ailleurs et sur tous les autres sujets, les ruptures de contrats, les fins de chantier qui se passent mal, les relations avec les fournisseurs d'énergie ou de télécom. Enfin, on a plein de sujets, évidemment, au-delà des retards de paiement, mais ça, c'est un de nos sujets principaux.

3:16
Présentateur

Alors, sur les trois dernières années, il y a eu quasiment autant de médiations menées que pendant la décennie précédente. Vous l'avez expliqué, notamment l'effet post-Covid, l'inflation. Est-ce qu'il y a des secteurs qui sont particulièrement concernés ?

3:29
Invité

Alors oui, il y a un secteur qu'on a voulu mettre en avant cette année parce que, d'abord, on travaille beaucoup avec lui et il a subi à peu près tous les chocs que je vous ai décrits. C'est le secteur du BTP. Le secteur du BTP, l'afflambée des matières premières, évidemment, ça les a affectés. L'énergie, la difficulté à recruter et maintenant, les taux d'intérêt qui sont montés et qui ont mis à mal les promoteurs immobiliers, tout ça fait que c'est un secteur qui a connu beaucoup de chocs et donc beaucoup de médiations.

Ce qui est plutôt bien, c'est-à-dire, quand je dis c'est bien, ce n'est pas que je suis content que ce secteur ait des difficultés, mais c'est un secteur qui a appris à se parler. Nous, le but, c'est ça. Ce n'est pas qu'il n'y ait pas de difficultés. Ça, on ne peut pas refaire le monde, surtout en ce moment, mais ce qu'on peut faire, c'est que les gens réapprennent à se parler et à trouver des solutions par le dialogue plutôt que dans le rapport de force.

4:11
Présentateur

Et donc, le BTP est un des secteurs particulièrement concernés. Est-ce qu'il y en a d'autres auxquels vous pensez ?

4:15
Invité

Oui, alors, le BTP, évidemment. L'automobile est un secteur qui connaît aussi ses difficultés avec lequel on travaille beaucoup, mais j'allais dire, dans tous les secteurs, on peut trouver des tensions, soit parce que le secteur est en difficulté, soit au contraire, parce qu'il est en forte croissance. Là aussi, ça peut tirailler. On voit des secteurs comme l'aéronautique, par exemple, où ça commence à se tendre quand il y a une forte montée en puissance.

Et puis, un secteur sur lequel on va beaucoup travailler qui est évidemment le secteur de l'armement avec ce qu'on appelle l'économie de guerre, mais qui se traduit par une montée extrêmement forte en puissance de toute la chaîne de production.

4:48
Présentateur

Alors, comment a commencé 2025 ? Est-ce que l'inflation, enfin, l'inflation a disparu, mais la croissance aussi ? Quel sont... Un premier bilan pour ce premier trimestre ?

4:56
Invité

Alors, premier trimestre, on voit qu'on continue... Alors, on était sur un plateau élevé depuis le Covid. On est un minima sur ce même plateau, voire même sur un petit peu plus. Ça, c'est les premiers chiffres qu'on peut donner sur le trimestre. Encore une fois, c'est à la fois un bon et un mauvais signe. Ça veut dire qu'il y a une tension, mais ça veut dire aussi qu'il y a de plus en plus d'entreprises qui apprennent à venir en médiation et à venir résoudre par le dialogue leurs difficultés. Donc, tous ces phénomènes se cumulent et font en sorte que nous aidions de plus en plus d'entreprises, ce qui, évidemment, est notre but et notre objectif.

5:28
Présentateur

Alors, il y a la loi simplification de débats à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qu'elle va concrètement changer pour les entreprises ?

5:35
Invité

Il y a beaucoup de choses. Moi, je vais me focaliser sur une mesure qui nous intéresse particulièrement puisqu'on la porte. On a vu que la médiation entre entreprises et administrations, ça marchait très bien sur les marchés publics que nous portons. C'est quasiment 20% de nos médiations. Et puis, petit à petit, on nous a dit, tiens, il n'y a pas que les marchés publics qui posent problème entre les entreprises et les administrations. Il y a tous les sujets de normes, d'application des lois, d'autorisation administrative divers et variés. Et ce serait pas mal si on mettait, là aussi, des médiateurs sur tous les sujets.

Et donc, le texte de loi qui est en cours d'études à l'Assemblée nationale prévoit ça. Évidemment, si la loi passe, nous allons accompagner ce mouvement de manière à ce qu'à terme, l'entreprise, quel que soit le sujet...

6:16
Présentateur

C'est ça, c'est une sorte de guichet unique.

6:17
Invité

Alors, ce ne sera pas un guichet unique puisque ce sera un guichet par administration. Il y aura, par exemple, un médiateur au ministère de la Santé, au ministère de la Justice, etc. Mais au moins, dans chaque administration de l'État, vous aurez un médiateur qui pourra vous aider à rétablir un dialogue quand vous vous trouvez face à une situation où ça semble bloqué.

6:34
Présentateur

Merci beaucoup, Pierre Pellouzet. Médiateur des entreprises, services donc confidentiels et gratuits. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.

6:43
Invité

Merci à vous. Merci à vous.