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interviewBFMTV· 24 juin 2025 6 min

Guerre Israël-Iran: la prise de parole d'Emmanuel Macron en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Emmanuel Macron

Écoutez, la situation, on le voit bien, reste volatile et instable. Je pense que c'est une très bonne chose que le président Trump ait appelé à la cessation du feu. Vous savez, c'est ce que nous plaisons depuis le début. Et donc je pense qu'il y a eu des déclarations importantes et tout à fait positives pour appeler chacun à revenir à la table des discussions à ce que le feu cesse. Mais les dernières minutes ont montré que la situation demeurait très fragile, donc il faut la suivre avec beaucoup de vigilance. Et il faut que chacun mette le maximum de poids pour que le feu cesse, que les discussions reprennent.

Il en va de la stabilité de la région, des vies qui sont en jeu, mais également du sérieux avec lequel on peut collectivement reprendre le suivi du dossier nucléaire iranien. Je le rappelle, notre objectif à tous, c'est que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire. C'est donc qu'on puisse reprendre le contrôle et la transparence sur le suivi de leur programme civil. Et c'est aussi qu'on retrouve de la stabilité dans la région. C'est pourquoi, au-delà de ce qui se passe sur l'Iran, je redis ici la nécessité d'obtenir un cessez-le-feu à Gaza et de reprendre l'aide humanitaire à Gaza. C'est absolument prioritaire.

1:09
Présentateur

Est-ce que vous avez échangé avec le président Trump ? Ou est-ce que vous allez le voir dans les prochaines heures, face à face, lors du sommet de l'OTAN ?

1:15
Emmanuel Macron

J'ai eu l'occasion d'échanger ces derniers jours. Je n'ai pas échangé ces dernières heures depuis que je suis ici en Norvège avec lui, compris parce que je le fais rarement depuis l'étranger. Je le verrai tout à l'heure, normalement en fin d'après-midi. Et oui, j'aurai comme toujours l'occasion d'échanger avec d'autres et en tête à tête avec lui à l'occasion de ce sommet.

1:33
Invité

Est-ce que vous repritez, monsieur le président, un an ?

1:35
Emmanuel Macron

Que les États-Unis d'Amérique, après avoir mené ces frappes contre les centrales nucléaires, aient appelé à un cessez-le-feu, est une très bonne chose.

1:53
Invité

Monsieur le Président, est-ce que vous redoutez un enrichissement clandestin, en quelque sorte, de l'uranium iranien, en dehors de tout regard international et de tout regard de l'IEA désormais, et peut-être une fuite en avant de l'Iran dans cet enrichissement clandestin ?

2:08
Emmanuel Macron

C'est évidemment un risque qui existe, que nous redoutons depuis que le JCPOA a été fragilisé et contre lequel nous avons toujours cherché à lutter. Et cela depuis maintenant 7 ans que le cadre du JCPOA a été fragilisé. Et ce risque est accru, en effet, avec ce qui s'est passé récemment. J'ai eu l'occasion d'échanger avec le directeur général de l'IEA, monsieur Grossi. Je le verrai à mon retour. Et je pense que c'est un des risques principaux pour la région et la communauté internationale. C'est pourquoi il nous faut garder le contact, ce que j'ai veillé faire pendant tous ces jours et ces semaines, et il nous faut absolument éviter qu'il y en aille sur ce chemin.

Il serait un chemin irresponsable, à la fois pour la sécurité régionale, pour la prolifération nucléaire internationale, mais également pour les dirigeants eux-mêmes. Donc je pense qu'il y a un autre chemin possible, mais ce que vous évoquez est un véritable risque.

3:01
Invité

Est-ce que votre ministre des Affaires étrangères a évoqué... Votre ministre des Affaires étrangères hier a estimé que l'Iran était une base existentielle pour la France ? Est-ce que vous reprendriez ces mots ? Est-ce que si c'est le cas, la diplomatie à un moment donné peut ne plus suffire ?

3:15
Emmanuel Macron

Écoutez, aujourd'hui en tout cas, nous considérons que pour faire face au risque qui est en fait le cumul du risque des capacités balistiques de l'Iran et de la possibilité de passer les seuils d'enrichissement et d'avoir à la fois un engin nucléaire et de le vectoriser, pardon de rentrer dans la technique, mais c'est ça dont il s'agit, c'est un risque réel. C'est un risque réel pour la région, pour Israël et pour tous les pays qui seraient à portée de tels missiles, ce qui serait le cas de la France. Et donc ce risque est là, c'est un risque potentiel. Et donc c'est pour ça que nous considérons depuis le début que la discussion exigeante avec l'Iran est la bonne voie.

Et donc nous allons continuer de suivre ce chemin. Chaque jour suffit sa peine et je me garderai bien de faire de la politique fiction sur ce sujet. Est-ce que la voix des Européens porte depuis le début de ce conflit, vous diriez ? Je pense que la voix des Européens est constante. J'ai bien conscience que quand les armes frappent, quand on ne participe pas à ces frappes, on peut avoir le sentiment d'être marginalisé, ce que j'entends parfois dans les commentaires des uns et des autres. Moi, je pense que quand on a décidé de ne pas frapper, mais qu'on est constant sur ces positions, stratégiquement et à long terme, on gagne.

Et je veux simplement dire que la France, et avec elle les grands pays européens, sont constants depuis dix ans sur la question iranienne. Nous avons participé à la fin de la négociation sur le JCPOA. Nous avons défendu une grande exigence à l'égard d'un enrichissement possible par les Iraniens. Nous avons été les plus exigeants. C'est la France qui a porté le mécanisme du snapback. Et ensuite, nous n'avons jamais quitté le cadre de cet accord. Et quand d'autres ont changé, l'ont fragilisé, nous, nous n'avons jamais cédé.

Je rappelle qu'ensuite, en 2018-2019, c'est la France qui s'est activée pour reprendre une discussion qui puisse toucher la question du balistique et des activités régionales, et réengager un dialogue direct entre l'Iran et les Etats-Unis. Et c'est la France qui reste fidèle à ce cadre et à son exigence. Et je crois que c'est une garantie, en tout cas, de confiance, de lisibilité, ce qui a de la valeur dans ce monde. Ensuite, quand je regarde les dernières années, pour tous les partenaires de la région, du Proche et Moyen-Orient, la France est aussi un partenaire de confiance. Quand ils sont attaqués, nous sommes là. Nous sommes là même quand ils ne le demandent pas.

Et nous n'avons pas de double standard. Et ça, je crois aussi que c'est une spécificité de la voie de la France. C'est-à-dire que partout où la souveraineté, l'intégrité territoriale, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes sont attaqués, nous nous exprimons et nous prenons des décisions cohérentes, de l'Ukraine à Gaza, en allant jusqu'à la question iranienne. Et je pense que c'est une bonne chose d'avoir de telles positions parce que dans la durée, c'est ça qui paye.

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