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interviewLe Média· 12 août 2025 30 min

UN RETOUR DES GILETS JAUNES ? LES VÉRITÉS DE "SOLIDAIRES" SUR LE 10 SEPTEMBRE ET LE BUDGET BAYROU

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247, et d'activer la cloche. Licenciement massif dans les entreprises qui font des milliards de profits, un budget injuste porté par le gouvernement de François Bairou qui demande toujours plus d'efforts au plus précair pendant que les plus riches et bien continuent de s'enrichir. Et dans ce climat social sous tension, une extrême droite qui progresse toujours et encore plus.

Un contexte explosif dont on va parler avec Murel Gilbert, l'une des codéguées générales de l'Union syndicale solidaire. Alors que dit le syndicat face à ces entreprises qui sacrifient leurs salariés tout en multipliant les dividendes ? Pourquoi le budget porté par Baou est-il considéré par Solidaire comme une machine à broyer les plus modestes ?

Et comment résister collectivement à cette montée d'une extrême droite qui derrière un vernis social propose en réalité une société d'exclusion et de répression que propose Solidaire pour le 10 septembre ? Beaucoup de questions, on va tenter d'y répondre tout de suite avec notre invité, c'est l'entretien. [Musique] Muriel Gilbert, bonjour.

Bonjour. Merci d'être avec nous aujourd'hui. Alors, on va tout d'abord commencer par le vandalisme des locaux de de solidaire qui ont lieu en de semaines he de mi-juillet à fin juillet.

Il y a tout récemment, c'était dans la nuit du 24 au 25 juillet. Les locaux de l'Orient qui ont été vandalisés. Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit-là ?

Alors euh bah les camarades se sont aperçus le lendemain que bah il y avait des tags euh sur les locaux de solidair de la peinture qui avait aussi euh des serrures qui ont été forcées, des boîtes aux lettres vandalisées euh avec des messages voilà qui font référence à à Pétin euh des messages racistes. Donc on a pas de doute sur l'origine l'extrême droite qui veut s'attaquer en fait localement mais plus globalement à Solidaire. Et quelques jours avant, c'était les locaux de de Brest qui étaient dégradés et en plus ça faisait plusieurs semaines.

Oui. Alors là, c'est ça c'est des autocollants qui disaient zones nationalistes, voilà, qui ont été posées partout sur les locaux, mais là aussi avec des dégradations de serrure. On voit que c'est un peu plus que juste mettre un peu de peinture. et la volonté vraiment de de dégrader en fait les locaux de solidaire euh et c'est pas nouveau mais ça a pris une ampleur là cet été effectivement qui est assez inquiétante.

Il y a aussi le local de solidaire sur l'université de Peau qui a été cette fois-ci cambriolé. Donc c'est sûr c'est un militant d'extrême droite qui en est à l'origine. Comment vous le savez ?

Alors là euh il y a eu euh cambriolage euh effectivement des locaux de solidaires étudiants, étudiantes euh sur le campus à peau euh avec euh bah matériel euh dérobé euh voilà des drapeaux euh des choses qui devaient être distribuées aux étudiants, aux étudiantes. Et ça s'est su en fait par rapport à des images retrouvées sur les réseaux sociaux où des néonazies se ventaient en fait avec des photos des drapeaux piétinés et cetera dans une espèce de mascarade en genre on a on a réussi notre coup. Euh il y a eu une arrestation d'une personne pour recelle de matériel volé.

Tout ça c'est clairement signé par les mouvances d'extrême droite. Euh comme je disais, c'est pas nouveau en soi. Euh ça s'est multiplié quand même ces ces dernières années partout aussi hein.

Il y a eu aussi Lyon, Nant même sur notre siège au niveau national à Paris il y a 2 3 ans. Mais ce qui est aussi inquiétant, très inquiétant, c'est qu'il y a aussi des des donc c'est pas nouveau. Mais alors pourquoi ça s'intensifie selon vous ?

Alors non, je voulais juste rajouter que c'est ce qui est grave aussi, c'est qu'il y a il y a des militants he qui sont inquiétés, qui sont intimidés euh où il y a eu des sortes de coups de force après les manifestations retraite en en 2023 où il y a eu des des gens qui ont été menacés directement, pas tabassés mais quasiment. Euh et ça tout ça ça s'intenfie parce que on on est dans un contexte global où euh les idées d'extrême droite, les idées racistes se banalise euh fortement où finalement on peut dire des choses euh racistes. On peut désigner des bouqumes, les étrangers, les immigrants, les immigrantes euh à longueur de temps sur les médias.

C'est relayé par les hommes politiques et ça voilà, ça inclut même les lois sur l'immigration. Ils sont clairement racistes selon nous. Donc quelque part ça bah ça donne la confiance comme on dit à des gens d'extrême droite qui pensent que du coup ils peuvent aussi bah s'arroger le droit en fait de bah de de vandaliser en fait ceux et celles qui contestent ces ces politiques là.

Alors on a parlé de l'extrême droite, on va également parler du budget de François Baou. Vous êtes très actif he au niveau de solidaire là-dessus. Il l'a présenté le 15 juillet.

Il a présenté tous les axes. Vous avez initié une pétition qui a récolté 300000 signatures à ce stade-là. C'est bien ça ? 300000 ?

Ouais. 315000 quand j'ai regardé hier, mais je pense que ça va encore monter parce que je pense qu'à la rentrée, voilà, passer les le temps des vacances, tout le monde va se rendre compte de ce que ça veut dire en fait ce ce budget là qui est délété en fait pour les plus précaires mais pas seulement en fait pour l'ensemble de la population, particulièrement pour les les salariés, pour les retraités, pour les personnes qui sont malades. Quel votre communiqué pour vous, c'est une offensive envers les plus pauvres.

Il y a pas de d'autres mots ? Euh en fait c'est oui euh depuis quelques années déjà, on a ce discours sur la dette euh qui culpabilise, qui dit ben pas possible de faire autrement et qui euh et qui en fait euh légitime un certain nombre de mesures bah qui vont taper directement dans le portefeuille euh de ceux qui gagnent le moins. Je pense qu'on va reparler de l'assurance chômage.

Il y a plein de choses dans ce budget. C'est c'est il y a tellement de choses que il y a pas de redistribution, pas de justice sociale, mais quelles sont les mesures qui vous ont le plus frappé ? Bah, je pense que l'année blanche euh qui est décrétée euh c'est quand même quelque chose euh qui euh touche tout le monde en fait, qui va toucher euh tout le monde parce que ça veut dire euh pas de revalorisation des prestations sociales.

Hm hm. Et euh là-dedans, bah on sait euh que là effectivement, elle est plus précaire ceux qui on ont plus besoin, les personnes handicapées, les étudiants, les étudiantes, euh ceux qui n'arrivent pas à s'en sortir, euh ceux qui sont au chômage vont se reprendre. en plus la réforme sur le chômage.

Donc cette année blanche c'est vraiment le signe que tout le monde va perdre en fait. Et puis qui dit blanche dit gel du barelm de l'impôts. Voilà.

Qu'est-ce que ça veut dire pour Et ça ça veut dire très concrètement qu'il y a des personnes qui vont rebasculer qui étaient exonéré d'impôts auparavant mais qui vont rebasculer qui vont changer de tranche qui vont changer qui vont être imposés euh clairement. Et ça veut dire que en gros on on voilà le dogme libéral dit à chaque fois qu'il peut qu' qu'il n'augmente pas les impôts mais là en fait c'est une augmentation déguisée. Alors nous solidaire, on n'est pas contre une augmentation des impôts, mais pourvu qu'elle soit juste socialement et là c'est tout sauf juste socialement puisque malgré la petite contribution annoncée parou sur les haut revenus euh c'est rien par rapport à en fait ce qui pourrait être récolté, je dirais avec une taxation des hauts revenus qui a été chiffré elle si on taxait les ceux qui gagnent plus de 200 millions.

En fait, on on récolterait les 20 milliards. Euh là, avec cette mesure là sur le gel du barê de l'impôt sur le revenu, bah tout le monde va payer un peu plus et ceux qui payent pas et qui qui sont exonérés, ce qui veut dire aussi qu'il bénéficient de certaines aides parce qu'ils sont exonérés, bah ils vont devoir payer et ils risquent aussi de perdre certaines aides sociales en cascade. Donc là, c'est vraiment le le la chose la plus injuste.

Je parlais aussi des fonctionnaires qui n'ont pas été revalorisés depuis des années. On a calculé que depuis 20 ans en fait c'est une perte de pouvoir d'achat comme on dit de 26 % pour les fonctionnaires. Donc là c'est encore un gel cette année.

Et puis on s'attaque du coup aussi au services publics puisque 3000 suppressions d'emploi. Voilà, on va aussi dissoudre un certain nombre d'organismes de la fonction publique. Tout ça, c'est des fonctionnaires à moins et c'est pas un fétichisme du fonctionnaire qu'on a, c'est que derrière ce sont des services publics qui marchent moins bien.

Ce sont des services publics qui sont plus accessibles, y compris physiquement de plus en plus. Euh et on sait que justement les les services publics, c'est un élément fondamental en fait euh dans notre société et euh et aussi par rapport à ce qu'on a vu sur le vote de l'extrême droite sur la possibilité d'avoir des territoires qui soient pas désertifiés et avec justement aussi du coup un vote de colère sociale qui voilà qui rejoint le l'extrême droite. Justement quand parlons du public, on va parler de l'éducation de l'hôpital. ces deux secteurs qui nous ont beaucoup frappé.

On a vu les effets du sous-éavancissement ces ces dernières années. Vous dites à Solidaire que ça va empirer. C'est quoi selon vous la ligne rouge ?

Alors, c'est difficile à dire parce qu'en fait les lignes rouges, elles sont dépassées à mon sens, à notre sens depuis un moment. Euh et d'ailleurs, on a euh on a l'information que les hôpitaux publics de Paris veulent se réunir en assemblée générale fin août, euh discuter des voilà des actions qu'ils veulent entreprendre. On sent que tout est à fleur de peau en fait parce que c'est du personnel soignant qui qui voilà qui n'arrive plus à travailler correctement.

Euh ça concerne l'hôpital mais ça concerne aussi voilà les épades, ça concerne euh tout ce qui est le social, la psychiatrie, enfin les planning familiaux. Voilà. On on sait qu'il y a vraiment là ben tout ce qui touche à la santé en fait, ça touche l'ensemble de la population et on est presque étonné qu'il y a pas plus de réaction de la population par rapport à ça, par rapport à la maltraitance et et aussi les risques mortels que ça que ça que ce que ça veut dire derrière.

Vous avez vraiment deux lectures différentes, Solidaire et et Baou parce que Baou pour lui il faut faire il faut faire de la des économies sur le budget de la santé. Ils vont faire 5,5 milliards il me semble. Vous évoquez justement le risque d'un renoncement de soin à cause de cette austérité qui est qui est proposée.

Est-ce que vous craignez qu'on bascule vers un système de santé à à deux vitesses où les plus riches peuvent se soigner, les plus pauvres ne peuvent pas ? B je pense que c'est déjà en partie le cas. Comme je disais, la désertification, ça veut dire que il faut avoir les moyens d'aller ailleurs que si on est en province véhiculé, faut pouvoir payer l'essence, faut pouvoir trouver voilà un médecin, faut pouvoir accéder aux hôpitaux.

On voit ce que ça fait aussi sur la fermeture des maternités, le nombre de naissances qui qui sont arrivées, voilà, qui sont dans les camions des pompiers. Euh il y a des conséquences très concrètes. Euh et c'est vrai que le cynisme de Bairou euh sur euh sur euh le remboursement euh des soins de longue durée, euh ça c'est quelque chose qui est très choquant en fait, euh y compris c'est espèce de d'économie de bout de ficelle sur on va réutiliser le matériel voilà qui sert à se déplacer par rapport aux personnes âgées et cetera.

Enfin, c'est vraiment ridicule. Euh alors que justement ça lui permet de pas regarder en fait ce qui n'a pas été fait sur la remise en cause par exemple ou le questionnement euh des niches fiscales des niches sociales, des exonérations de cotisation sociale euh sur les distributions d'aide aux entreprises qui ont atteint 221 milliards cette année sans qu'il y ait en fait de conditionnalité sur l'emploi, sur l'environnement, sur des questions sociales. Donc voilà, il y a tout ça en fait. euh qui en gros qui focalise l'attention sur des petites choses, des petites économies mais qui touchent grandement en fait le le vécu et le quotidien de l'ensemble de la population.

Avec la santé, c'est 5,5 milliards, vous l'avez dit hein, les aides publiques aux entreprises, c'est 221 milliards entre 210 et 220 en 2023. On a eu justement le le sénateur Fabien Gu qui est venu en inviter ici, il a porté cette commission rapport sur les les euh les aides publiques. Justement, qu'est-ce que vous en pensez ?

Bah, on est on est content qu'il ait ce genre de rapport qui puisse sortir et qui puisse valider ce qu'on dit depuis un certain nombre d'années. Euh et d'ailleurs euh y compris l'intersyndical euh à 8, euh ça fait maintenant depuis plusieurs années hein qu'on pointe cet élément-là des aides aux entreprises sans conditionnalité. On se souvient du fameux crédit d'impôts euh à l'emploi euh voilà qui était équivalent à 15 milliards de distribués aux entreprises par an, y compris à des entreprises qui après ont fermé ou ont délocalisé.

Donc euh et sans parler de bah ce budget-là en fait, il il pointe certaines économies sur je dirais la la vie des des gens, le quotidien, les services publics euh qui qui vont être impactés. Euh en passant, on augmente quand même le budget de la défense, on augmente euh voilà le le volet du ministère budgétaire du du ministère de l'intérieur. On voit bien vers quoi en fait on oriente bah nos argent commun euh et les thématiques qui sont aussi cruciales, on en sent un peu déjà les effets, enfin grandement les effets. tout ce qui est en fait les efforts à faire sur le climat, les mesures à prendre assez radicales sur le climat, là il y a rien.

Alors justement, il en a pas vraiment parlé. Ben justement non, c'est voilà, c'est un sujet quoi. Donc je dirais que tout ce qui tout ce qui fait la vie sociale, tout ce qui fait notre avenir par rapport à aux menaces des crises climatiques, y compris sur l'emploi, euh ça il y a il y a zéro zéro pensé là-dessus.

Donc on nous prône une société qui finalement va vers une militarisation comme si aussi on nous met dans la tête mais depuis un moment Macron nous dit de toute façon voilà c'est on est en guerre on était déjà en guerre avec le Covid là effectivement évidemment qu'il se passe des choses au niveau international et que la géopolitique a un impact sur voilà sur tout le monde. Mais c'est pas le choix en fait de de faire en sorte que qu'on évite les guerres. Le choix c'est on va on va gérer ça.

On va gérer ça en augmentant le budget la défense et puis en en mettant plus de de policiers dans la rue parce que c'est la répression finalement qui qui sera le l'alpha et l'oméga de de notre avenir. Est-ce que à un moment donné, il y a pas eu même un petit peu hein dans ce projet un moment vous êtes dit bon on n'y est pas encore mais il y a une petite base. Il y a rien qui va.

Ah, il y a la seule chose, il a parlé de de revoir les les niches fiscales, mais bon, il a pas précisé lesquels. Je pense que ça aussi c'est en plus de chez Solidaire, justement, qu'est-ce que vous proposez ? Bah nous, on pense que il y a il y a certaines aides qui doivent vraiment être revues.

Euh des aides aux entreprises euh principalement, c'est pas tellement euh la remise en cause de l'aide ménagère en fait euh qui peut aider notamment quand il y a des On va juste redonner les chiffres hein pour que les téléspectateurs se rendent compte. Euh François Bairou veut faire 44 ou 45 milliards d'économie et les aides publiques aux entreprises, c'est 211 milliards et des aides sans condition. D'ailleurs, on l'a appris aujourd'hui.

Novasco a été placé en redressement judiciaire. C'est justement une entreprise qui verçue des millions d'aides publiques. Ben en fait euh oui, ces grandes entreprises euh elles viennent, elles bénéficient de cette politique qui euh table tout sur un investissement industriel qui met ça en icône et après ben pour les mêmes euh raisons dogmatiques, ces entreprises ben partent ailleurs euh se délocalisent pour avoir un coût de production moindre et engranger encore plus de bénéfices parce que derrière ces aides aux entreprises, ce qu'il faut bien voir c'est que bah c'est c'est autant de dividendes ensuite qui sont distribués aux actionnaires.

Euh c'est 92 milliards de distribuer cette année aux actionnaires du CAC 40 en France. Donc là aussi euh voilà et on n pas vu encore ce qu'avait annoncé comprend le cheminement de l'argent en fait ça le donne aux entreprises qui licencient mais qui distribuellement n'est pas du tout présent comme l'avait annoncé Macron il y a il y a quelques années. Euh au contraire là on sert la ceinture encore des des plus pauvres.

Alors François Baou a également une autre idée hein pour ce pour ce budget, c'est la suppression des deux jours fériers. Alors les syndicats, les partenaires sociaux ont reçu une lettre vendredi. Déjà, est-ce que vous avez reçu cette lettre en tant que solidaire ?

Alors euh non, on est dit non représentatif au niveau national. Du coup, ce gouvernement fait le choix de pas du tout nous consulter alors qu'on a quand même 110000 adhérents et adhérentes au sein de Solidaire. Euh les gouvernements en fait successifs varient.

Euh certains nous reçoivent quand même, certains non. Bah ce gouvernement Bairou fait vraiment clairement le choix de penser que solidaire n'existe pas alors qu'on est quand même représentatif aussi sur 35 branches voilà professionnelles. Donc c'est pas rien.

Donc on est déjà on dira un mépris. Et sur les de jours fériers, il faut bien voir que là aussi c'est on veut gratter 4 milliards mais c'est bien sur le dos des salariés parce que en fait voilà ils vont travailler. Il y aura un reversement qui est prévu par les employeurs mais on sait pas du tout à quel niveau.

Donc en en passant, on pense qu'il va y avoir aussi un cadeau pour les employeurs pour faire passer le truc et puis parce que voilà, il faut produire produire, travailler travailler. C'est c'est toujours en fait c'est c ces dogmes là qu'on nous inculque, qu'on nous rabat à longueur de temps sur les médias mainstream, on dira. Et et ça c'est des choses qui sont jamais remises en cause.

Alors que y compris dans le discours de Bairou sur sur la dette, il y a eu quand même des contrevérités énormes. Voilà, on veut toujours culpabiliser chacun, se dire "Ah bah oui, je vais oui, je vais me serrer la ceinture, mais en gros, c'est pas pour le bien collectif, on m'explique que j'ai pas le choix alors que les choix politiques en fait sont hautement là sur ces questions budgétaires. C'est c'est pas juste on fait en sorte et puis on on se sauve parce qu'on peut pas faire autrement, c'est clairement parce que on choisit euh de chercher l'argent voilà sur sur ceux qui produisent, ceux qui travaillent. euh et pas du tout euh sur ceux qui euh engrangent le capital, on dira.

Alors, on a un constat chez Solidaire, j'ai beaucoup de français, hein. Une montée de l'extrême droite, un budget euh qui ne va pas du tout, une pétition qui a recueilli plus de 300000 signatures alors que vous le disiez, vous avez 110000 1100 adhérents. Donc, on a le le triple de signataires.

Donc, on a envie de savoir qu'est-ce que vous allez faire chez Solidaire pour le 10 septembre parce que FO s'est positionné, la CGT également, en tout cas quelques branches de la CGT. se sont positionnés, ils appellent à manifester le 10 septembre. Quelle est votre position chez Solidaire ?

Alors, d'abord, c'est juste préciser que la pétition, elle est intersyndicale, hein, donc potentiellement, il y a beaucoup plus de signatures possibles. Là, je pense que c'est quand même l'effet euh vacances. Tout le monde, je pense a besoin aussi de faire une coupure.

C'est ce que c'est ce que je constate aussi que la population est complètement angoissé en fait euh par rapport à l'ensemble des mesures à aux questions de la guerre. Donc pour moi, elle sera là, elle sera au rendez-vous à la rentrée. Donc euh la pétition euh voilà, ce sera pas seulement les adhérentes solidaires, c'est beaucoup plus large que ça.

On espère que ben ça fasse un effet un peu comme contre la loi du plomb qui a engrangé les 2 millions. On est loin pour l'instant mais euh on pense que vraiment ça peut ça peut monter fortement. Euh et après sur ce qu'on va faire euh c'est des décisions démocratiques au sein de Solidaire.

Donc c'est pas encore décidé. Donc ça commence à discuter en fait un peu partout euh je dirais sur les territoires d'abord euh parce que il y a un ancrage visiblement un peu territorial de de ce 10 septembre là. Pour l'instant, vous avez pas peur de louper le train si vous positionnez trop tard ?

Attendez, non, on va pas En tout cas par rapport à EFO ou CGT. Alors Eff a posé pour l'instant juste un préavis de grève, ce qui veut pas dire qu'ils appellent en fait au 10 septembre pour l'instant. Euh il y a une intersyndicale le 1er septembre qui sera importante parce que là on sera à 8 à décider euh est-ce qu'on part sur une date intersyndicale de grève et cetera quand ?

Euh donc ça veut dire que lors de cette réunion, vous pouvez décider d'un autre jour que le 10 septembre. C'est ça que ça veut dire ? Je pense qu'il y a il y a plusieurs choses.

Le 10 septembre en fait, il faut voir que c'est une date qui a émergé et qui commence en fait à être je dirais un peu sur toutes les lèvres en tout cas dans certains milieux militants et un peu plus aussi dans les médias. Euh nous, on se base à Solidaire sur le fait que on est toujours preneur de la colère sociale parce que notre objectif, c'est bien que cette colère sociale, elle puisse déboucher en fait sur la satisfaction de revendication et de revendication qu'on porte depuis euh pas mal d'années. Donc euh je dirais que pour l'instant en fait nous ce qu'on va faire c'est réunir l'ensemble euh des organisations de solidaires. il y en a quand même 55 fin août euh parce qu'on pense que il faut cette discussion collective et qu'elle est importante pour nous au sein d'une organisation de respecter respecter cette démocratie interne parce que si on décide d'y appeler euh c'est clairement mettre tous les tous nos moyens à la disposition d'une réussite d'une date.

Voilà, on est clairement sur la nécessité d'avoir une mobilisation importante, massive et unie et unie. Et on a en tête quand même ce qui s'est passé sur les retraites où on avait une mobilisation importante et unie pendant presque 6 mois, mais où Macron a réussi à finalement ne pas faire euh ce qu'on ce que demandait en fait l'ensemble de la population. Donc on pense à Solidaire que la question de la grève, elle est pas anodine dans ces mobilisations et que elle devra être pensée aussi euh si on veut faire basculer des choses clairement en terme de de partage des richesses, de justice sociale.

Donc on voit pour l'instant le 10 septembre, voilà avec bah la bien la bienveillance je dirais de solidaire parce que nous on s'est toujours considéré comme une organisation qui est un outil un outil au service évidemment de valeur et de revendication et que toutes ceux et celles qui veulent se servir de cet outil sont bienvenus. Voilà, donc c'était notre position notamment par rapport au aux gilets jaunes, à la période où il y avait les gilets jaunes. Bon, je pense que ce mouvement est pas forcément dans la même mouvance.

En tout cas, je pense qu'il y a des choses qui vont encore se dessiner là dans les semaines qui viennent. Euh, on n' pas encore non plus de précision sur les véritables modes d'action qui veut être qui vont être mises en œuvre ce 10 septembre. Mais en tout cas euh pour nous euh le fait qu'il y ait euh de la colère sociale et que ça monte et que ça s'organise et que ça s'auto-organise même euh pour nous c'est plutôt une chose positive à ce stade.

Et est-ce que chez Solidaire on on a peur que les que l'extrême droite s'accapare un peu ce mouvement comme ça a été le cas pour les gilets jaunes ? Alors, je pense qu'il y a eu déjà des là des tentatives de de prise en main par l'extrême droite. Euh évidemment que nous on n'appellera pas un mouvement qui dirait par exemple que bah voilà faut sortir les immigrés, que c'est ça la solution ou qu'il faut établir la préférence nationale et hors de question.

Euh il semblerait que on est plutôt passé euh de voilà de certains de certains groupuscules. Donc enfin je sais pas peut-être pas faut faut pas les appeler groupuscules mais enfin des appels qui étaient pas très clairs. Maintenant quelque chose qui semble être plus justement à affirmer des valeurs et justement à mettre des lignes rouges par rapport à ce que porte l'extrême droite.

Mais on sait aussi que l'extrême droite et on a vu les derniers votes, bah voilà, il puis aussi son électorat largement. Donc on pense qu'il y a aussi des personnes qui ont voté extrême droite mais qui sont pas forcément dans la dans la mouvance extrême droite voilà à être dans le racisme et cetera qui peut se sentir concerné par ces questionsl. On sait qu'il y a la colère sociale, elle a voilà, elle multiple.

Maintenant euh pour nous les lignes rouges sont claires, solidaires. On a bien vu aussi ce qu'on se prend comme dégradation et comme voilà par à l'extrême droite et puis comme menace euh pour nous euh il question de participer à quelque chose qui aurait une coloration extrême droite. Alors avant de finir cette interview, on va parler de de vous et de votre codéléguée Julie Ferua qui est également venu ici au médiat dans le cadre du journal des luttes.

Donc ce sont deux femmes à la tête de Solidaire et pour ça vous avez dû changer les statutes. Racontez-nous un peu ce qui s'est passé cette histoire. Alors déjà on a été je pense que on est un des seuls syndicats au niveau national à être en binô.

C'est aussi un choix euh là qui est en qui est qui est assez récent finalement euh parce que le binôme ça permet aussi que ben qu'il y ait pas une surreprésentation sur une personne euh du syndicat. Euh et ça s'est passé dans le sens où on a considéré que finalement lors de notre dernier congrès euh pour nous euh le fait que il y ait à minima une femme euh c'était ça la règle qui devait s'imposer. On a on a on a au-delà de la la parité homme-femme en se disant bah à minima une femme coprésentante de solidaire, ça veut dire que ça peut être deux femmes.

Ça veut être ça peut être aussi une femme avec une personne bah qui voilà qui est non binaire. En tout cas pas deux hommes. Non, pas deux hommes parce qu'on est encore dans un système patriarcal et que voilà il y a encore des conséquences évidemment y compris en terme de symbole de représentation euh sur la présence des hommes à la tête des syndicats.

Même si ça a nettement évolué aussi. fait une petite tribune qui s'appelait "Je ve plus être la seule sur la photo parce que la première photo qu'on avait faite lors du mouvement retraite de 2023, ben j'étais la seule femme sur la photo. Là, ça a bien évolué puisqu'il y a d'autres Bin et Julie Fer Julie Ferrua, il y a Maris Lis Léon et il y a Caroline Chevet de la FSU.

Donc maintenant, on est une une intersyndicale majoritairement féminine. Euh et je pense que c'est voilà au-delà de du fait du du symbole, je pense que c'est aussi donné le signe en fait euh ce soit dans les syndicats mais les associations, les organisations euh que la représentation, elle peut être assurée et elle doit aussi être assurée par les femmes et que ça ça envoie un signe vraiment positif sur la mise en œuvre de ce qu'on prône sur les questions féministes. Murelle Guilbert, merci d'abord.

été avec nous aujourd'hui. Merci à vous. Merci pour cet entretien.

Merci et vous l'aurez compris hein, c'est la fin de cette interview. Merci de nous suivre sur le média et excellente journée. Ok. [Musique]

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