Le Vaudésir : une histoire de rencontre et de liens au cœur de Paris
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et à cette heure-là, tout l'été, Sud Radio s'invite au comptoir des bistrots et cafés à travers la France, et ce, afin de prendre le pouls du pays, de ses habitants, de ses territoires. Ce matin, on a rendez-vous à Paris, tenez, dans la capitale, dans le 14e arrondissement, avec notre hôte, Pierre-Christophe Hans. Bonjour. Oui, bonjour. Vous m'entendez ? Parfaitement. Et vous, vous m'entendez ? Oui, impeccable. Bon, c'est super. Votre bistro, il s'appelle le Vaudésir. Vous l'avez repris il y a 25 ans, mais il a une très, très longue histoire, il faut le dire, à Pierre-Christophe Hans.
Oui, tout à fait. C'est un très vieux bistrot, qui est peut-être un des derniers bistrots de Paris totalement dans son jus, parce qu'il a le décor du 19e siècle, l'idée tout en moulure, avec des angelots, des grappes de raisin. C'est magnifique. C'est un témoignage des bistrots Toulouse-Lautrec, fin 19e, début 20e. J'ai encore une glacière, moi, au comptoir, où je stocke mes boissons fraîches. Bon, c'est clair, je n'y mets plus des packs de... Je n'y mets plus des glaçons, mais ça a été remotorisé dans les années 60. Mais tout ça est d'époque et dans son jus. Donc, c'est un magnifique bistrot, mais qui vit 100% avec son époque. Donc, voilà.
Je n'en doute pas. En tout cas, vous l'avez repris il y a 25 ans, ce bistrot. Comment ça s'est fait ? Racontez-nous.
Eh bien, en fait, moi, j'aimais bien les bistrots. J'étais étudiant. D'abord, lycéen, étudiant. Comme tout le monde, je fréquentais les troquets, les rades. J'ai fait mes études jusqu'à un doctorat de droit. Je me suis interrompu un petit peu là-dedans. Et à un moment de ma vie, vers 35 ans, j'étais un petit peu dans une impasse. Je ne savais pas quoi faire. J'avais quelques économies. Et ça m'a pris un jour. J'ai ouvert le journal Le Parisien, là, pour le coup. Et je me suis dit, mais il y a des commerces à vendre. Ça existe. Tiens, pourquoi je ne me renseignerais pas là-dessus ? Et c'est comme ça que j'ai visité le Vaudésir et que je l'ai acheté en francs en 2001 pour pas bien cher.
C'était 500 000 francs, voilà, 75 000 euros à l'époque. Ce n'était pas bien cher.
Est-ce que personne ne voulait reprendre ce bistrot ?
Eh bien, ouais, déjà à l'époque, les petits bistrots comme ça, dans les petites rues, et pas vraiment, si vous voulez, aux normes modernes. Le rideau, c'est une manivelle. Tout est un petit peu ancien. Tout est, vous voyez, puis c'est vraiment une rue de série Z. Ce n'est pas un lieu très passant. Donc déjà, à l'époque, c'était des affaires dures à vendre. Maintenant, c'est plutôt une affaire qui vaut le coup parce qu'il n'y en a plus, si vous voulez. Donc on est plutôt connu et reconnu pour ça.
Vous allez vendre ou pas ? Non, vous gardez.
Non, là, ce n'est pas le projet. Mais de toute façon, même si c'était vendu, et ce qui va l'être vraisemblablement dans pas longtemps, parce que moi, j'approche des 61 ans maintenant, voilà, un jour ou l'autre, je vais passer la main. J'ai un jeune qui s'intéresse. J'ai une belle équipe avec Maéva en cuisine qui est jeune. Tout le monde est jeune. Tout le monde est à la pêche. Moi, j'ai toujours la pêche, mais bon, je vieillis. Mais ça, c'est typiquement une affaire qui peut traverser les siècles sans problème.
Ben oui, 1886, l'ouverture de ce bistrot, quand même. Exactement. Le bistrot, c'est la vie, c'est l'échange, c'est les discussions. C'est ça, véritablement. La convivialité, finalement, c'est ça.
Exactement. C'est ce qu'on pratique, nous, tous les jours. On ouvre à 7h30, on ferme à 23h30, on ferme parfois plus tard quand il y a un anniversaire, quand il y a un match de foot qui se finit tard, quand on a des choses à fêter. Et puis, on accueille vraiment tout le monde. Moi, j'ai énormément d'ouvriers le matin qui viennent boire le café. On fait le café au comptoir, pas cher. Après, c'est les apéros dans la matinée. Après, c'est le déjeuner. Moi, j'ai un plat du jour à 9,10 euros, vous voyez, donc c'est pas bien cher. Donc, on essaye de rassembler tout le monde. C'est quoi, aujourd'hui, le plat du jour ?
Aujourd'hui, je pense qu'on va faire un plat français, mais de l'île de la Réunion, un rougail saucisse avec du riz. Et voilà, il nous reste un petit peu d'hier, on avait fait une assiette fraîche parce qu'avec les températures caniculaires, je vous cache pas que c'était quand même très dur d'attirer le chaland. Donc, on avait fait une assiette avec du melon, du jambon, une salade de pâtes, du tzatziki, une assiette fraîche comme ça, et c'est un plat trop mal marché. Mais il m'en reste un peu, donc on va passer ça aussi.
Ben voilà, on va pouvoir en profiter encore aujourd'hui. Bon, merci beaucoup, Pierre-Christophe Hans, d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio. Le Vaudésir, Bistrot, dans le 14e arrondissement de Paris. Donnez-nous l'adresse, s'il vous plaît.
Alors, c'est 41 rue Daro, c'est près d'Enfer Rochereau, du parc Montsouris. Et puis surtout, je vous remercie, vous, Sud Radio, de mettre un coup de, pas de projecteur, mais un coup de micro plutôt, sur les bistrots de Paris, de France, des villages, parce que c'est hyper important, c'est ce qui fait la cohésion du pays, et c'est là où on discute et où on refait le monde et où on passe des bons moments tous ensemble.
Vous avez tout dit, vous avez tout dit, Pierre-Christophe Hans. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio. Le Vaudésir, à Paris 41 rue Daro, c'est dans le 14e arrondissement. Et donc, rougail saucisse, vous avez entendu comme plat du jeu. Ouais, ça marche. Merci. Allez, bonne journée.