À Dunkerque, une future vallée de la batterie à grand renfort d'argent public
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
l'espoir renaît enfin. Plusieurs usines de batteries électriques ont annoncé leur implantation, à grand renfort d'argent public. - Elles sont présentées comme un remède au déclin de l'industrie.
Près de Dunkerque, plusieurs usines de batteries électriques comme celle-ci doivent sortir de terre d'ici quelques années. A la clé, plusieurs milliers d'emplois et autant de salariés à former. A 52 ans, Delphine est l'une de ces nouvelles recrues.
Avant même l'ouverture de sa future usine, elle prépare sa reconversion dans ce centre de formation. Aujourd'hui, elle s'entraîne sur une machine d'embouteillage avant de travailler sur des batteries. - C'est tout nouveau.
Je ne connais pas du tout la batterie. C'est intéressant. Mettre en route...
Voir s'il y a un problème sur la ligne, essayer de régler le problème. - Toute sa carrière, elle a enchaîné les contrats d'intérim dans l'agroalimentaire. Une situation précaire.
L'usine de batteries embauche en CDI. - C'est une bonne opportunité, une bonne expérience. C'est l'avenir, l'électrique et tout ça...
C'est aussi ça que je cherche, un emploi plus stable. En intérim, si on travaille 15 jours, on ne sait pas quel salaire on aura. Mentalement, c'est mieux. - Après le bac, Clara, 19 ans, a enchaîné les petits boulots.
Aujourd'hui, elle pense enfin avoir trouvé sa voie. - Je ne me voyais pas du tout dans l'industrie. Je me disais que c'était en déclin, que ça n'allait pas durer.
Au final, je suis ici et ça me plaît. Les jeunes devraient un peu plus se tourner vers les métiers de l'industrie. Il y a de l'avenir. - Batteries, mais aussi chimie, alimentaire...
Les projets industriels se multiplient et les pouvoirs publics promettent 20 000 nouveaux emplois d'ici 2030. Le maire de Dunkerque fait tout pour attirer les industriels. Ici, l'entreprise taïwanaise ProLogium doit produire des batteries dès 2028. - Ca fait à peu près gagner 2 ans à l'industriel, à tout le travail en amont des études... - Des investissements publics et surtout des sommes colossales. 30 millions d'euros pour l'usine Verkor.
L'urgence, construire 12 000 logements d'ici 10 ans, des commerces ou encore une salle de spectacle. Grâce aux retombées économiques des futures usines, la ville s'apprête à changer de visage. - Ici, on se posait beaucoup de questions par rapport à notre avenir.
On voyait des jeunes quitter le territoire. Depuis 2019, on regagne de la population. C'est une opportunité.
Ca permet de développer des services publics supplémentaires, le loisir, des événements culturels et sportifs, d'avoir une agglomération plus ambitieuse. - La transformation de Dunkerque a encore des obstacles à surmonter. Projets suspendus, retards, des investissements gourmands qui pourraient demander encore plus d'argent public. - A.de Tarlé: Des batteries pour voitures électriques, sauf que l'automobile française est au bord de la rupture, selon la une de "La Tribune". - P.Mabille: On a complètement raté cette révolution que les Chinois ont faite avant nous.
Ils sont en train de dominer le monde et la planète. On a abordé la voiture électrique beaucoup trop tard. On est en train de le rattraper.
On a parlé de déficit. Là, c'est plutôt la France qui pourrait regagner. L'ensemble des territoires qui ont été désindustrialisés peuvent se réindustrialiser par cette nouvelle croissance économique, cette croissance verte qui nous est promise.
Encore faut-il faire les investissements qu'il faut et défendre notre souveraineté industrielle. Aujourd'hui, les batteries et les voitures sont chinoises. Il faut revaloriser tout ça.
C'est au prix de conséquences sociales qui risquent d'être assez lourdes dans la filière automobile. Certains parlent d'un bain de sang social, de fermetures d'usines. Peut-être qu'à la prochaine élection présidentielle, on verra des politiques devant des pneus qui brûlent parce qu'on a trop tardé à faire cette révolution.
Je pense que c'est plutôt positif. Les élus locaux se sont beaucoup démenés pour dépolluer les sols, faire venir ces nouveaux emplois et construire des logements pour les milliers d'ingénieurs qui vont s'installer dans ces nouvelles usines. Encore faut-il qu'on ait le temps qu'elles se mettent en place avant de connaître d'autres fermetures.
Vous avez vu ArcelorMittal... - A.de Tarlé: L'Europe, berceau de l'automobile...
Maintenant, on voit dans la rue des voitures électriques chinoises, BYD. - S.Pierre-Brossolette: La réindustrialisation, c'est bien, mais avec quel système?
Nous sommes les cocus magnifiques des Chinois. - A.de Tarlé: On accepte le dumping chinois? - S.Pierre-Brossolette: Au nom des bons principes, parce qu'on est pour le libéralisme, le libre-échange, le commerce.
Mais ça fait des années qu'on se fait avoir. Il commence à y avoir des yeux qui s'ouvrent à Bruxelles. Depuis quelques années, il ne s'était rien passé.
On s'y prend trop tard. Il y a une casse énorme. Pour rattraper le temps perdu, il faut des investissements colossaux, dont on n'a pas le 1er sou.
Dunkerque, c'est formidable, mais il faudrait faire ça partout et on n'a pas l'argent pour le faire. On va avoir du mal. Une petite lueur, c'est formidable, mais il faudrait bouger sur le reste. - A.de Tarlé: On va regarder la une de "La Nouvelle République".
Même dans les puces électroniques, on n'y arrive pas. On n'y arrive pas dans les t-shirt bas de gamme. Même dans le haut de gamme, on n'arrive pas à avoir les compétences qui nous feraient gagner le XXIe siècle. - S.Villers: On manque cruellement d'ingénieurs.
Pendant des années, on a considéré qu'on était un pays de services et non pas un pays industriel. Là encore, on paye nos mauvaises stratégies passées. Il y a une nouvelle porte en train de s'ouvrir.
On parle de plus en plus De nécessité de construire la défense au niveau de l'Europe. Les chefs de gouvernement se sont réunis à l'Otan pour dire qu'il fallait monter jusqu'à 5 % vers la défense. Ce qui tombe bien, c'est que les Français ont un vrai talent, de l'avance dans ce secteur.
Thalès, Dassault, Safran...
Contrairement aux batteries, où on a pris le train trop tard, où on court après et on n'arrive pas à monter en puissance vis-à-vis de la force chinoise, qui a mis des milliards sur le secteur des véhicules électriques depuis une dizaine d'années...
On peut se dire qu'on va essayer de se concentrer sur là où on est bons. La défense doit se construire au niveau de l'Europe. Si l'Europe veut avoir une défense, elle en a les moyens.
Après la crise covid, l'Europe a été capable de mettre 750 milliards pour financer la transition écologique. Si on doit financer notre défense européenne parce que les Etats-Unis sont partis, il faut quand même voir qu'on a les moyens au niveau européen, mais en France, on a de vrais atouts. - A.de Tarlé: La peur du déclassement est palpable.
On se dit que nos enfants rouleront en voitures made in China. - G.Sliman: Il y a un sujet extrêmement triste, encore plus que nos baromètres mensuels, qui indique que le moral des Français décroît mois après mois...
C'est cette notion sur le temps long. "Avez-vous le sentiment de vivre mieux ou moins bien que vos parents lorsqu'ils avaient le même âge que vous?" Une écrasante majorité nous dit qu'elle vit moins bien que ses parents.
Encore pire, plus de 60 % des Français pensent que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. Il y a un sentiment de déclassement puissant. L'idée des idiots du village international que nous serions, nous, Français, en acceptant des règles de business avec des pays comme la Chine, qui nous désavantagent, au nom de principes de respect du libre-échange, c'est un sentiment extrêmement partagé par nos concitoyens et ça s'est accentué depuis le covid.
Il y a une idée très forte sur le principe de la réindustrialisation. Ce qu'on a vécu au moment du covid, c'est l'illustration concrète: on n'a plus de médicaments, de masques, on les fait venir de Chine et c'est une question de vie ou de mort. Une promesse d'E.Macron a été faite en 2022 sur la réindustrialisation du pays.
François Bayrou