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Podcast / conversationSud Radio (sur YouTube)· 12 septembre 2026 22 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportSolidarités & famille

Caroline Gueye : "J’ai fait mes études de physique, mais je n’ai jamais lâché mon crayon"

Au micro : Judit Beller Source d'origine 1 locuteur

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:10OuverteÉludée

    Quelle femme a changé votre manière de vous regarder s'il en a une qui a existé comme ça qui a changé votre regard sur vous-même ?

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez qu'il faut désapprendre des choses pour que les femmes soient vraiment réellement libres aujourd'hui ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que le pouvoir a un genre selon vous ?

  • 3:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous on doit faire une différence entre les notions d'équité et les notions d'égalité ?

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Représenter le Sénégal, qu'est-ce que ça veut dire pour vous ?

  • 6:37OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire pour vous cette reconnaissance institutionnelle de votre travail ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:16Caroline GuillerFait
    « Je pense parce que parce qu'en fait désapprendre ça nous fait percevoir les choses différemment. »
  • 3:42Caroline GuillerFait
    « Moi je trouve que équité c'est pas mal parce qu'en fait on l'utilise pas. On parle souvent d'égalité mais en fait quand on regarde techniquement hommes et femme on n'est pas pareil. »
  • 5:10Caroline GuillerFait
    « C'est vraiment un honneur, une très grande responsabilité. Euh c'est quelque chose qu'on prend vraiment au sérieux parce qu'on représente un pays. »
  • 8:48Caroline GuillerFait
    « La valeur ne s'impose pas, elle dépend des conditions du regard. Donc c'est comment vous regardez les choses et quelle valeur vous leur donnez. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

La Caisse despargne [musique] île-de-france fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio [musique] Parlons femmes. Judit Beller. Bonjour. Bonjour. Quand il s'agit de femme, pas de tabou, [musique] pas de détour, vous le savez sur Sud Radio, on dit les choses telles qu'elles sont. Parlons vrai, allez, parlons femme aussi. Aujourd'hui avec Caroline Guiller, une artiste plasticienne sénégalaise formée en astrophysique et oui et en physique atmosphérique. Tout un programme. Bienvenue Caroline. Incroyable. Cette année, vous représentez le Sénégal à la 61e bienale de Venise avec Wous, ça signifie or en Wolof. C'est au Palazzo Navagero. Navagero. Et c'est du 9 mai au 22 novembre.

C'est-à-dire ça continue là faut y aller maintenant hein. Ça fait rêver d'ailleurs. Bravo. Parlons femmes. C'est sur Sud Radio. C'est maintenant

0:46
Non speech

[musique]

0:47
Locuteur

Sud Radio. Parlons femme. Judit B. Alors parlons femme vous pose des questions Caroline. On va commencer par la première. Quelle femme a changé votre manière de vous regarder s'il y en a une qui a existé comme ça qui a changé votre regard sur vous-même ? H un rôle modèle ? Euh non là vraiment qui a changé le regard sur moi-même je je vois pas. Je je je fais beaucoup d'introspection. Je réfléchis beaucoup mais euh qu'une femme aurait changé mon regard. Non non, là je vois pas. C'est bien ça. [rires] OK, vous avez le droit. [souffle coupé] Est-ce [grognement] que vous pensez qu'il faut désapprendre des choses pour que les femmes soient vraiment réellement libres aujourd'hui ? Oui, je pense.

Je pense parce que parce qu'en fait désapprendre ça nous fait percevoir les choses différemment. Ça on peut partir par exemple sur des idées reçues, sur des choses qu'on nous a appris, des l'éducation, mais si on désapprend nous-même, on peut réfléchir et se dire "Ah mais ça en fait, mais pourquoi ?" Euh [raclement de gorge] et réfléchir autrement et se dire "Ben ça, on me l'a inculqué toute ma depuis que je suis petite, c'est pour ça que j'y adhère." Mais en fait, en désapprenant, on se dit "Bah non, en fait, oui, je n'y adhère pas, je vois ça différemment." Oui. Desapprendre. Oui, tout à fait.

apprendre, c'est quand on devient adulte en fait, vous pensez euh je pense que ça se passe quand on on commence à à vraiment prendre conscience de soi et qu'on commence vraiment à réfléchir euh euh en s'éloignant de ce qu'on nous a appris euh du jugement des autres aussi et en ayant le courage Oui. et en ayant le courage aussi d'avoir ses ses propres idées, sa propre pensée malgré malgré tout les carcans dans lesquels on on est construit. Bien sûr. Est-ce que le pouvoir a un genre selon vous ? Question piège. Non, je pense pas. Ouais, je pense qu'il a pas de genre H parce que euh la femme a du pouvoir, l'homme aussi. Mais euh qu'est-ce qu'on dit ?

Derrière tout chaque grand homme, il y a il y a une femme et je pense que c'est souvent vrai. Donc finalement finalement le pouvoir c'est le pouvoir quoi. Il est des des deux côtés maintenant il va y avoir plus d'hommes dans tel domaine. Mais mais on voit qu'il y a aussi de plus en plus de femmes dans d'autres domaines, notamment dans l'artin. Euh il y a il y a des expositions où finalement il y a plus de de femmes même que d'hommes, où il y a plus de Oui, vraiment ça change. Oui. Est-ce que vous pensez qu'il y a des hommes féministes ? Oui. Oui, ça existe. Oui. Oui. Oui. Vous en connaissez vous ? Euh je sais pas si j'en connais. [rires] On ne citera personne. [rires] OK.

Est-ce que pour vous on doit faire une différence Caroline Gaillet entre les notions d'équité et les notions d'égalité ? Et laquelle gagne d'ailleurs ? C'est quand même pas pareil. C'est pas pareil l'équité, l'égalité. Euh je pense qu'il y a Oui, il faudrait faire une différence. Euh laquelle selon vous est la plus équitable en fait finalement entre cette égalité revendiquée et cette équité ? Moi je trouve que équité c'est pas mal parce qu'en fait on l'utilise pas. On parle souvent d'égalité mais en fait quand on regarde techniquement hommes et femme on n'est pas pareil. On est pas Il y en a qui portent des enfants, il y en a qui portent pas d'enfants. Déjà basé là-dessus.

Oui, [rires] je suis d'accord. On n'est pas pareil. Donc, je trouve que l'équipe qui vous aur C'est bien équité hein. On garde ça. [rires] Ouais. Vous imaginez un homme enceinte, ça serait bizarre quand même. Ah ou serait bien. Ils auraient mal au du coup. [rires] Bon, Caroline Guayet, vous présentez carrément, vous représentez le Sénégal hein, votre pays d'origine, on l'a dit, à la bienénale de Venise. He, c'est la 61e bienénale qui est en ce moment. C'est donc la bienénale 2026, c'est au Palazo Navagero, c'est jusqu'au 22 novembre. Le commissaire d'exposition, c'est Massamba Mba. Et c'est un pavillon où les gens peuvent entrer, se balader, c'est gratos quoi hein. Voilà. Oui. Oui.

Représenter le Sénégal, qu'est-ce que ça veut dire pour vous ? C'est vous êtes très jeune. C'est quand même un sacré bagage. Oui. Oui. Oui. C'est vraiment un honneur, une très grande responsabilité. Euh c'est quelque chose qu'on prend vraiment au sérieux parce qu'on représente un pays et et je je voulais vraiment bien faire et quand j'ai vu que ça a été bien reçu, tout le monde était content, les Sénégal présents lors de l'inauguration crée Sénégal. Sénégal donc non mais surtout c'est très très beau ce que vous avez fait, on peut le dire. Merci.

Des sculptures euh en or en fait he de couleur dorée qui est un espèce de chemin comme ça euh où finalement vous ne faites que suggérer ce qu'on a envie d'y voir. Oui, exactement. C'est exactement ce que vous dites. C'est c'est la suggestion parce que effectivement le thème de l'exposition c'est l'or. On n' pas utilisé l'or dans sa matérialité. Donc en fait toutes ces ces sculptures qu'il y a qui qui donnent cette illusion d'or sont en fait en laon et en polymère bronze. D'accord. Et on a choisi le thème de l'or parce qu'on peut parler de différents axes.

Par exemple, la première question que je me suis posée avec ce thème pour représenter le pavillon, c'était mais mais l'or d'où ça vient et ça vient de la collision d'étoiles à neutron. J'adore. [rires] [souffle coupé] Non mais vous êtes astrophysicienne quand même, je retiens à le [rires] préciser. Formation astrophysicienne et artiste contemporaine. Donc l'or ça vient de du ciel quoi. Voilà, ça vient du ciel et les lesion que vous avez, ils sont emportés par des météorites. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Et ensuite, je me suis dit en science ter quoi en fait aussi. C'est l'assemblage de la terre et de l'espace aussi. Exactement. Exactement.

Et autre chose, on utilise beaucoup l'or aussi en science. Vous avez le télescope James WebT. Ses miroirs sont sont en or, sont recouvert d'or parce que c'est un il a des propriétés optiques très bien pour la science, des propriétés ductiles et cetera. Et donc en fait en science l'or n'est pas euh n'est pas euh un matériau économique, c'est vraiment un matériau scientifique. Et si jamais vous alliez sur la Lune ou sur la planète Mars, l'or n'aurait aucune valeur. Ce qui aurait de la valeur, ce serait l'eau. Et le fait de voir qu'en fait c'est vrai que l'eau ça a beaucoup plus de valeur surtout on l'entend beaucoup de de plus en plus d'ailleurs. Oui oui oui.

Donc en fait suivant la perception suivant la condition la valeur change et c'était comme ça qu'on avait abordé qu'on a abordé le le thème de cette exposition et c'est pour ça qu'en fait c'est un parcours qui a été construit spécialement pour cette exposition donc vraiment un parcours architectural pour que le visiteur puisse vivre une expérience et expérimenter les œuvres ensuite les sculptures qui sont qui sont placées et qui font vraiment un parcours où la position du visiteur est très très importante. Tout ça pour Et puis à travers ce métal, il y a les odeurs. On imagine les odeurs, on imagine la douceur de l'air du Sénégal. On voit les couleurs, on voit on voit votre pays quoi.

Oui, on voit le le pays, je pense à travers bon le Laé Laiton, c'est un un métal aussi qu'on utilise au Sénégal. Quand vous entrez dans l'installation, vous avez cette cette œuvre qui est aussi sonore, que vous pouvez toucher, qui accompagne la visite. Ensuite, vous avez aussi un autre endroit du pavillon, une installation avec ses couleurs ambrees très chaudes, jaune qui vont vers le marron, le orange et bon quand vous voyez nos nos vêtements traditionnels aussi, c'est très coloré mais là c'est c'est vrai c'est la terre rouge de l'Afrique hein, le dire. Auss aussi. Euh et vous faites référence aussi à la valeur évidemment.

Alors, c'est la valeur euh cette on peut parler de cette immense richesse hein du souverain de l'empire du Mali au 14e siècle, Mansa Moussa euh justement qui euh qui qui en fait qui est partie intégrante de l'histoire africaine et qui finalement tis ce lien aussi de de finalement de la valeur qu'on donne aux choses parce que ce que c'est un peu ce que vous dites dans une de vos interviews, la valeur ne s'impose pas, elle dépend des conditions du regard. Donc c'est comment vous regardez les choses et quelle valeur vous leur donnez-vous en fait. Voilà, c'est exactement ça.

Et euh donc le le thème de l'or, c'était pour différents axes comme je le disais précédemment etussa des axes euh c'est l'axe historique. Vous avez aussi bon le lexonial, voilà. Et puis aussi l'or c'est aussi c'est c'est un symbole hein d'histoire.

et pour la historique donc siècle lui il était souverain de l'empire du Mali qui s'est allé sur le Sénégal et d'autres pays voilà de voilà et donc il a fait un périple pour aller à la Mecque et lors de de ce ce ce pèlerinage là il a distribué de l'or partout et lors d'une de ses haltes au CER il a distribué tellement d'or que ça a changé l'économie vous imaginez de la ville Et jusqu'à ce jour, il est dit que que c'est l'homme qui est le plus riche de la planète avec cet or. C'est marrant ça. C'est des c'est des histoires de grillot en fait hein.

Ou oui, tout à fait parce que nous on écrit peu notre histoire malheureusement donc ça se transmet de génération en génération et c'est donc c'est ça pourrait être euh c'est quoi le mot ? Pas catalogué mais décrit ainsi. Oui, bien sûr. Euh la fonction en fait de de de ce que vous projetez vous en fait, on a envie de savoir parce que ce lien entre l'astrophysique justement et et aussi votre expression artistique en fait les deux sont intimement liés. On a l'impression qu'il y a une pluridimension, une pluri un pluricens en fait à tout ce que vous faites. C'est toujours double, triple, quadruple et cetera. Oui. Oui. Tout à fait. Tout à fait.

Un peu comme vos sculptures qui qui sont brodées, on peut le dire. C'est comme de la dentelle parfois. Oui. Voilà. Voilà. C'est vraiment un travail d'or fèvre pour ses œuvres en polymère bronze et j'aime aussi travailler avec les ombres beaucoup euh parce qu'elles apportent elles enrichissent l'œuvre. Et quelle était votre question ? [rires] Je disais que vous êtes toujours multiple en fait. Oui oui oui oui oui oui oui parce que j'apprends avec mon background euh d'astrophysique et de physique atomique, je j'approche les choses je pense un peu différemment parce que je me pose certaines questions que peut-être d'autres ne se poseraient pas comme d'où vient l'or mais c'est passionnant.

Merci de vous poser ces questions. [rires] Parle femme, c'est l'émission de celles qui font bouger les lignes. Vous l'aurez compris hein. Là, ça bouge bien. Ce soir, vous écoutez Caroline Guayet qui est artiste plasticienne qui représente le Sénégal à la bienénale de Venise 2026, la 61e bienénale. Restez avec nous à tout de suite. La [musique] Caisse des par Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller. Parlons femmes. Donne la parole à celles qui n'attendent pas qu'on leur donne la permission, la permission d'ailleurs d'exister. C'est tous les samedis à 13h30.

Vous êtes aujourd'hui en compagnie de l'artiste [musique] plasticienne forme en astrophysique et en physique atmosphérique. Non, c'était pas ça. He oui, physique atmosphérique. En fait, j'avais j'avais des modules de physique atmosphérique, radio, protection et sûreté nucléaire. Physique atomique aussi, c'est ça vous disiez. Vous êtes Caroline Guillet donc hein quand même, je termine. Euh vous représentez le Sénégal à la 61e bienale de Venise avecous, ça veut dire or en wallof hein au Sénégal du coup et c'est au Palatzo Navagero, c'est jusqu'au 22 novembre.

Alors, c'est très intéressant euh euh votre travail parce que on est vraiment euh votre formation scientifique finalement, elle nourrit complètement, vous avez commencé à le dire, votre manière de travailler, l'espace, la position aussi que vous allez proposer euh aux visiteurs par rapport à vos œuvres pour s'orienter, pour la voir, pour y projeter ce que lui il a envie d'y projeter aussi. Euh vraiment, c'est aussi une allégorie de de la vie, c'est-à-dire que les situations changent en fonction de les manières de la manière dont on les regarde tout simplement. Oui, tout à fait. Tout à fait, tout à fait. C'est ça. C'est ça.

C'est pour ça que c'est un parcours où le le corps du visiteur est important. Sa position est très importante. Oui. Et pour vous, cette reconnaissance institutionnelle de votre travail, je peux vous demander quel âge vous avez ou pas ? Je cache toujours mon âge, je vous le dirai offline. Jeune. Vous êtes très jeune. Peut-être que j'ai l'air très jeune. D'accord. [rires] Bon, donc cette reconnaissance institutionnelle de d'une jeune artiste [rires] dans mes yeux en tout cas hein, Caroline Guayet, c'est quand même euh c'est pas que vous parlez au nom de tous les Sénégalais, mais c'est que vous imposez pas un récit, mais vous racontez votre Sénégal aussi.

Oui, je pense que le thème de l'or parle à tout le monde. Donc, je pense que chaque Sénégalais en plus dans la culture au Sénégal, l'or c'est tellement important, c'est très important culturellement. Donc je pense que l'or pour le coup, je pense que ça important de le montrer quand on a on en a c'est important. Oui. Les bijoux, les nos grand-mères et tout, elles aiment les gros bijoux. Oui oui oui, ça fait partie aussi. Oui, au Sénégal. Oui, oui, oui. Alors, justement euh c'est ces femmes qui portent de l'or, cet or qui a partout dans la société et cetera, c'est aussi une manière de sublimer euh une culture qui finalement est méconnue, j'ai envie de dire presque.

Oui, c'est sûr que c'est une culture méconnue, c'est sûr. Et là, bon, tout à l'heure, on parlait de la langue, du wallf et cetera. Bon, si vous allez au Sénégal, vous parlez wolof, vous allez dans d'autres pays, c'est c'est c'est plus compliqué. rultançandme internationale, l'américaine qui est répondu partout dans le monde, la chinoise qui reste encore en Chine mais progressivement je pense qu'on va s'y intéresser de plus en plus. Moi je m'y intéresse beaucoup à la Ch. La Chine, elle est très présente en Afrique, hein, justement. Elle est super présente en Afrique.

Moi, j'ai j'ai vécu en Chine aussi et c'est c'est un pays que j'ai trouvé vraiment très intéressant, complètement dépaysant de tout ce que j'avais pu voir avant, que ce soit Europe, Asie, non, Europe, Afrique, Amérique et et là-bas, quand je suis arrivée là-bas, je me suis dit j'ai aucun repère. H mais c'est vraiment vraiment intéressant. C'est Et dans une des œuvres de C'est ça qui est intéressant, c'est de pas avoir de repère. Mais finalement, vous vous faites des œuvres où on met le repère qu'on veut, quoi. Voilà. Et c'est ce que j'aime vraiment, que le visiteur s'approprie l'œuvre. Et dans une des œuvres, il y a une sculpture en laiton, donc un métal sur un papier de calligraphie. Ouais.

Et j'ai aimé le contraste entre les deux parce que la culture asiatique m'intéresse beaucoup et la le papier de calligraphie, vous le retrouvez dans plusieurs pays asiatiqu que ce soit en Chine ou au Japon, même s'ils s'entendent pas, mais voilà quoi. Et et de de d'allier les deux, c'est un quelque chose que j'avais eu en tête depuis longtemps et et là, j'étais très contente. C'est comme la terre, le terre, la terre et le ciel, quoi. C'est ça. Oui, oui, oui, oui. Euh donc vous, on l'a dit, vous êtes avez été vous êtes né, vous avez été élevé au Sénégal et votre grand votre grand-père hein euh Paul Aï euh c'est euh celui qui a créé le le drapeau du Togo. Oui. Oui.

Donc vous avez grandi dans un environnement artistique. Mais c'est génial. Tu cré [rires] drapeau du Togo. Vous êtes super fier. Oui oui oui oui oui. Euh au début quand quand j'ai j'ai commencé à être artiste à temps plein parce que bon je suis j'étais d'abord physicienne he et quand je j'ai voulu avoir cette carrière là on m'a dit mais quand même il a c'est c'est pas de stress ça va avec ton grand-père et cetera mais bon lui c'est c'était de l'art moderne. Moi c'est de l'art contemporain. Ce qu'on fait n'est pas pareil. Il faisait beaucoup de choses. Il faisait du pastel, il faisait des sculptures monumentales. Il a travaillé aussi sur du cuit. avec du feu.

Moi aussi, j'ai utilisé beaucoup de matériaux différents dont du feu mais sur de la cire, pas sur pas sur du Faites attention à vous quand même quand vous faites des manipulations comme ça là. Oui, [rires] parce que bon [souffle coupé] et en fait le le le fait d' de d'avoir eu une première carrière donc qui est l'astrophysique et cetera et d'ensuite avoir changé, est-ce que c'était juste qu'il y avait une volonté de départ que vous avez fini par écouter ou est-ce que c'est une révélation un jour ?

Non, c'est c'est une volonté de départ parce qu'en fait toute petite, bon comme je pense beaucoup d'enfants, j'aimais bien dessiner et après je me suis rendu compte que je savais faire des portraits hyper réalistes mais vraiment comme une photo au crayon à papier h et j'étais vraiment je je créais beaucoup à part les portraits où là je je recopie ok mais sinon j'ai toujours beaucoup aimé imaginer plutôt que recopier et en 4e on a les premiers cours de physique et là le profil était strict il nous donnait plein de devoirs mais j'ai adoré la physique vraiment j'ai adoré tous ces calculs, j'aimais beaucoup et donc j'ai commencé à m'intéresser là à l'astrophysique et au moment du bac, il faut choisir ses études supérieures et là j'hésité entre faire les beaux ou étudier l'astrophysique.

Et il se trouve que mon grand-père là Paul lui il a il a fait les beaux de Lyon de Paris. il est sorti premier prix des beauxards de Paris et il adorait l'astrophysique. Et à ce moment-là, je je lui ai demandé, j'ai dit il faut que je choisisse. Et il m'a dit euh il m'a conseillé de faire de l'astrophysique mais de ne jamais lâcher mon crayon. Et donc c'est ce que j'ai fait. Je suis partie faire mes études de physique mais j'ai toujours continué à créer à côté. Voilà. Et et donc après à un moment donné je suis arrivée à une période où j'ai fait le choix de de vraiment devenir artiste, d'avoir cette carrière artistique parce que finalement j'ai j'ai toujours hésité.

À un moment donné, on se dit que et ça on peut peut-être le donner comme conseil aux jeunes auditrices qui nous écoutent, c'est que si on fait pas les choses à 100 % ça marche pas. Voilà, c'est ça. H oui, c'estd qu'à un moment donné, il a fallu choisir dans votre chemin en fait. Oui. Oui. Oui. Et ça vous a pas c'était pas un crève cœur pour vous d'arrêter l'astrophysique du coup ? Euh c'était un choix très difficile parce que les gens comprennent pas qu'on fasse des études comme ça et qu'après on me dise bon ben on va faire de l'art. Souvent ils comprennent pas et maintenant ils comprennent mieux là. Bon il y en a qui comprennent toujours pas. [rires] OK.

Bon les laisse de côté c'est pas grave. [souffle coupé] Mais mais euh mais mais je je suis très contente d'avoir fait ce choix et puis et de toute façon, il y en a toujours qui comprennent et il y a toujours ceux qui ont cru en vous dès le début et qui savent et qui quand ils voient votre parcours évoluer comme ça, ils savent et ils sont juste contents et ils se disent ça va continuer et ça ça fait vraiment plaisir. C'est important le regard de l'autre. C'est pas important. Je veux dire chacun sa vie. Chacun fait entre guillemets ce qu'il veut. Si si l'autre a a un regard positif, négatif, c'est son problème finalement. Euh je pense qu'il faut pas s'attarder là-dessus.

Euh maintenant, bon euh [grognement] on peut pas s'attarder là-dessus mais c'est important aussi important. Bah oui, surtout quand on est artiste. Ce que ce qu'on fait c'est pour être vu. Oui, c'est pour être vu et c'est pour ça que moi je je vis les vernissages assez d'une façon particulière parce que vous aimez pas ça ? Non. H non parce que c'est on on montre le travail, on montre une partie de nous-même. C'est très intime en fait finalement. Oui oui oui oui oui oui. Vous avez l'impression d'être mise à nu un peu. Oui oui. Et pour quelqu'un qui était à la tête dans les étoiles, c'est difficile. Oui. [rires] Allez racontez-nous un petit truc magique d'astrophysique là avant qu'on se quitte.

Un truc magique d'astrophysique. Qu'est-ce que je pourrais vous raconter ? Vient des comèes. Oui. Là qu'est-ce que je pourrais vous raconter ? Le le schéma qu'on a des planètes qui tournent autour du soleil en fait, c'est pas du tout la réalité parce que le soleil a son propre parcours au sein de la galaxie et en fait quand vous vous regardez le le soleil qui se déplace, vous avez en fait les planètes qui font un tour comme ça tout autour. Donc c'est pas du tout la vue qu'on a du soleil avec juste les planètes autour. D'accord. Bah ça c'est pas mal.

Je vais vous reposer une autre question de l'astrophysique et je vais citer Uber parce que vous évidemment qui est un qui était un grand ponte qui disait qu'il y a forcément de la vie ailleurs. Et vous savez pourquoi il disait ça ? Vous connaissez cette phrase ? Euh bon, ça c'est une question qu'on pose souvent. Est-ce que vous pensez qu'il y a de la vie ailleurs ? Moi je trouve que l'univers, il est il est tellement grand que ça m'étonnerait qu' qu'il en est pas. Et en plus la vie ça veut pas forcément dire des formes humaines comme Ouais. Voilà. Ça peut être un petit truc microscopique. C'est déjà de la vie. Oui. Ouais. Donc il y en a déjà ailleurs en fait.

Ah moi je je enfin les probabilités sont quand même élevées he à mon avis hein élevé et non élevé à la fois mais je pense [rires] qu'il y en a. Oui. Vous avez reçu euh le prix euh CDAO de la meilleure artiste d'Afrique de l'Ouest à la bienénale de Dakar en 2022. Caroline Guiller Oui oui oui oui. C'estd qu'on on en finit plus des reconnaissances là. [rires] C'est quoi le next step ? Le next step vous le découvrirez. Ah, on sera pas l'âge non plus, hein. On saura [rires] pas le next step. Et vous vous nous cachez quoi d'autre alors Caroline ? Des bonnes choses. Ah ! Voilà, on en est sûr avec le rire que vous avez. Allez, un petit conseil aux jeunes artistes qui nous écoutent et qui galèrent.

Euh, ce qui est important, c'est la persistance. Voilà, ça peut être très difficile mais faut pas lâcher parce que c'est la persistance qui fait qu'à un moment ça marche, même si c'est difficile. Ça sera le mot de la fin. Merci beaucoup. [rires] Je vous en prie. Merci à vous. Caroline Guayon. On vous retrouve donc à la 61e bienale de Venise au pavillon sénégalais avec Wous. Ça signifie or he Welof, c'est au Palado, Navageros, c'est jusqu'au 22 novembre. Pour ceux qui ont la chance d'aller se balader à Venise. Emenez-moi dans votre valise tiens d'ailleurs, s'il vous plaît.

Allez, rendez-vous samedi prochain à 13h30 pour découvrir une nouvelle femme d'exception, mais aussi demain, vous le savez, à 19h pour cette excellent. Merci à Day en régie et surtout prenez soin de votre puissance mesdames. Sud Radio parlons femmes, Judith Ber. [musique] avec la Caisse d'Épargn Île-de-France.