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Podcast / conversationyoutube.com· 12 mai 2020 124 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéTravail & emploiSolidarités & famille

Réouverture des écoles en pleine pandémie | Live d'Anasse Kazib avec Benjamin Amar et autres invités

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 9 %Attaque 57 %Défensif 35 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 12:28OuverteRéponse directe

    Comment tu as vu ce lundi 11 mai, cette journée de déconfinement national ?

  • 18:10RelanceRéponse directe

    Tu n'as pas l'impression qu'ils sont en train de jouer avec la vie ?

  • 20:57OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu penses que ça va péter ?

  • 25:07OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu penses qu'il n'est pas temps d'essayer de taper à l'offensive, de commencer à essayer de réclamer plus largement des augmentations de salaire ?

  • 27:20OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu réponds à ces gens qui vont te dire que tu n'es qu'un sale gauchiste et que tu veux plonger le pays dans la récession économique ?

  • 30:24OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu penses que le patronat est en panique un petit peu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 15:02InvitéFait
    « Cette crise, c'est la crise de la civilisation libérale. »
  • 22:17InvitéFait
    « Pour que les salariés bénéficient du chômage partiel à 100%, il faut accepter de monétiser une partie de ces congés payés, rien que ça. »
  • 22:24InvitéFait
    « Ils vont faire le chômage à la crise et à la récession pour imposer toutes les régressions. »
  • 22:56InvitéChiffre
    « Contrairement à ce que disent certains médias, les dividendes continuent à être versés. »
  • 26:57InvitéFait
    « Si on pouvait mieux nous payer, ce serait encore mieux. »
  • 29:08InvitéFait
    « Est-ce que c'est le moment de baffer les actionnaires ? »
  • 34:23InvitéFait
    « La France a une politique et une stratégie d'apprenti sorcier. »
  • 39:54InvitéFait
    « ils n'ont pas embauché, c'est-à-dire qu'il y a des agents qui ont pu reprendre et d'autres qui n'ont pas pu par rapport aux antécédents médicaux »
  • 40:04InvitéFait
    « dans mon équipe, on est quatre titulaires et il s'avère que, dans notre équipe, il y en a une, elle ne pourra pas reprendre »
  • 43:34InvitéChiffre
    « je fais 9h45, 19h, donc jusqu'à 19h »
  • 44:26InvitéFait
    « sur ma commune, on a des selfs en élémentaire. Donc, les selfs sont fermés »
  • 46:21InvitéFait
    « pour l'accueil du matin, je ne sais pas trop parce que c'est les enseignants qui font l'accueil du matin »
  • 47:43InvitéFait
    « il n'y aura pas l'espoir collectif, donc ce qui était football, tout ce qu'il y avait, des fois, entre midi et deux, ça n'y sera pas »
  • 48:59InvitéFait
    « les enfants, ils ne vont pas arrêter un mètre l'un de l'autre, non, je vais être franche avec toi, ça va être impossible »
  • 50:01InvitéFait
    « moi, à vie personnelle, je trouve que faire des rentrées d'école maintenant, c'est très prématuré »
  • 51:30InvitéFait
    « les produits, je sais que oui, je me suis renseignée. C'est des trucs à base d'hydroalcoolique, j'ai regardé, c'est bon »
  • 51:47InvitéFait
    « Des masques chirurgicaux que vous avez, ce n'est pas les FFP2 ? »
  • 56:24InvitéFait
    « moi personnellement je ramène à manger à mes élèves »
  • 57:43InvitéFait
    « le jeudi matin notre ministre il disait non non mais c'est pas du tout prévu dans les plans de fermer les écoles et le jeudi soir tu avais le président qui fermait les écoles »
  • 1:00:12InvitéFait
    « le protocole il est ingérable »
  • 1:03:28InvitéFait
    « nous la rentrée elle a été repoussée au 25 mai »
  • 1:03:59InvitéChiffre
    « dans ma classe bon j'ai 20 élèves t'as franchement les deux tiers qui ne remettent pas leurs gamins à l'école »
  • 1:04:21InvitéChiffre
    « moi par exemple déjà dans ma classe j'en ai zéro »
  • 1:05:05InvitéChiffre
    « nous il n'y en a pas les gens ils ne reviennent pas mais nous c'est du 99% qui ne revient pas »
  • 1:05:43InvitéFait
    « c'est pas de l'école »
  • 1:05:50InvitéFait
    « moi si je vais une journée sur l'accueil des gamins de soignants ou quoi »
  • 1:06:06InvitéFait
    « la garderie du MEDEF »
  • 1:06:44InvitéFait
    « on va t'empêcher d'avoir ton doudou et ça c'est du vécu »
  • 1:06:53InvitéFait
    « il n'a pas voulu répondre hier »
  • 1:07:00InvitéFait
    « le protocole il ne va pas être suivi »
  • 1:07:08InvitéFait
    « c'est faire de la popote »
  • 1:07:21InvitéFait
    « c'est le bordel intergalactique »
  • 1:07:40InvitéFait
    « ils sont obligés de mettre le masque »
  • 1:08:07InvitéFait
    « il y a du Covid dans les selles des enfants »
  • 1:08:15InvitéFait
    « ça va se transmettre »
  • 1:08:20InvitéFait
    « il y a des politiques de droit de retrait »
  • 1:11:05InvitéFait
    « Blanquer qui dit que c'est du gâchis de dépister les profs »
  • 1:32:32InvitéFait
    « il y a une réticence parce que c'est vrai qu'il n'y a pas cette culture-là du droit de retrait »
  • 1:34:15InvitéFait
    « le vrai problème il n'est pas sur les syndicats, la limite les gens qui sont syndiqués »
  • 1:36:31InvitéFait
    « l'école et d'ailleurs le lycée il a été créé par Napoléon après la révolution, après la commune et compagnie »
  • 1:37:45InvitéFait
    « le rôle idéologique de l'école c'est vraiment quelque chose qui est à questionner »
  • 1:41:49InvitéFait
    « ce numérique là ne remplacera jamais l'enseignant »
  • 1:45:41InvitéFait
    « des pédiatres qui encouragent à remettre les gamins à l'école parce que ce serait des effets psychologiques désastreux s'ils restent à la maison »
  • 2:00:00PrésentateurFait
    « ce sont des charlatans qui ne font rien d'autre que jouer à la roulette russe avec nous »
  • 2:01:00PrésentateurChiffre
    « il y a eu plus de 12 500 personnes de la santé qui ont été contaminées »
  • 2:01:14PrésentateurFait
    « on nous disait qu'il n'y avait pas suffisamment de masques »
  • 2:01:57PrésentateurFait
    « le gouvernement le plus bourgeois et bien tu peux être un gouvernement qui a une gestion criminelle et catastrophique »
  • 2:02:43PrésentateurFait
    « ils donnent ça pour faire des masses essuyez avec la vaisselle mais ne pensez pas que vous allez vous protéger avec en tout cas ça ne protège rien du tout »
  • 2:02:55PrésentateurFait
    « il faut mettre une tige métallique mais ils ne la fournissent pas »
  • 2:03:09PrésentateurFait
    « il est nécessaire on ne sait pas quand est-ce que va être l'explosion sociale mais elle va arriver ça c'est sûr et certain »

Temps de parole

  • Présentateur44 %
  • Invité15 %
  • Invité 212 %
  • Invité 312 %
  • Invité 49 %
  • Invité 57 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous. Frédéric, salut à toi, chers camarades. Un live exceptionnel aujourd'hui, c'est le premier jour du déconfinement, ce qu'ils appellent un déconfinement. On est lundi 11 mai, il est 19h. On va passer un peu de temps ensemble et notamment, on va essayer d'aborder un sujet qui est crucial pour beaucoup de parents, notamment, c'est celui de la reprise de l'école. Mais on ne va pas parler uniquement que de la situation autour de l'éducation nationale, mais on va également essayer de traiter un peu de la question autour du déconfinement et notamment cette journée aujourd'hui. Vous pourrez réagir aussi avec nous en live, comme vous le faites d'habitude, par message écrit.

On essaiera de prendre quelques questions pour interagir avec les intervenants. J'ai le plaisir notamment aujourd'hui d'avoir notre camarade Benjamin Amard, qui est membre de la Confédération CGT, mais également qui est enseignant dans le 94 dans le Val-de-Marne. On aura également Pauline, qui est une agent de nettoyage et agent technique, c'est-à-dire qu'elle s'occupe également des cantines dans le secteur élémentaire en Gironde. Pauline va nous donner sa vision aujourd'hui de comment elle vit.

Elle a travaillé aujourd'hui, elle va nous expliquer en fait tout ce qui concerne protocoles sanitaires et autres et également le danger pour ce personnel de santé qui va être là pour nettoyer notamment et qui est en première ligne de celles et ceux qui peuvent être contaminés le plus facilement et plus rapidement par le Covid-19. On va également avoir trois autres camarades qui sont enseignantes et enseignants dans le premier degré également au collège. Il y aura Gwenaëlle qui est enseignante dans le Val-d'Oise, donc à Sarcelles, qui est enseignante en primaire.

On va avoir également Marion qui est enseignante, professeure en collège dans le 93 à Aubervilliers et William qui est également enseignant en primaire. On sait qu'il y a des CM2 notamment. William, il est enseignant sur la ville de Villemonde. Donc, chers amis, connectez-vous. Le temps qu'il y ait un peu plus de monde et puis on démarra d'ici quelques minutes, le temps pour moi de saluer un peu tout le monde, celles et ceux qui se sont connectés. J'ai vu des salutations de la Gironde, j'ai vu du Bordeaux 33. Dites-nous d'où vous venez, où vous êtes également et comment vous, vous avez vécu aujourd'hui ce confinement.

J'introduirai ce live et puis derrière, on aura l'occasion d'échanger directement avec Benjamin Amar pendant un peu plus d'un quart d'heure ensemble et puis également de lui poser certaines des questions que vous allez avoir dans ce live, chers amis. Salut à toi, Benoît. Bonsoir, Benoît. Oui, effectivement, il est 19h, mais ça va, il fait encore jour. Salut à toi, Corinne. Le salut de Lille. Les Lillois sont présents avec nous. Salut à toi, Fifi. Les Gilets jaunes. Salut, Thouness. Salut à toi, camarade. Le 80 est là. Le 41. Salut, Bruno. Salut à toi et salut au 41. Michel du 64. Lydie. Le 80 est là. Frédéric, salut à toi. La Belgique. La Belgique est présente.

Salut à toi, Sandro, un fidèle des lives de Révolution Permanente. J'ai eu un camarade, j'ai eu la chance d'avoir des camarades de la Stib. La Stib, c'est la société de transport. Au niveau de la Stib, aujourd'hui, ce matin, il y a eu un droit de retrait massif parmi le personnel de la Stib, notamment, pour exercer leur droit de retrait car ils ont considéré que leur entreprise, l'entreprise de transport bruxelloise, les mettait en danger. Donc, on va essayer de suivre ça. Et je pense, sur Révolution Permanente, on essaiera de communiquer là-dessus pour essayer de donner un maximum d'informations. Et on le dit, sur Révolution Permanente, on est internationaliste.

Et pour nous, il est primordial d'avoir un œil, notamment dans cette crise, cette pandémie internationale, de savoir ce qui se passe partout dans le monde. Et notamment, peut-être qu'il y aura des mouvements. Vous avez vu sûrement ce qui s'est passé hier du côté de Hong Kong avec des manifestations très importantes. Il y a eu également au niveau de… en Allemagne, à Berlin, hier, des manifestations aussi importantes par rapport au déconfinement. Et peut-être que ça va péter aussi très rapidement en France. Et peut-être que demain, on aura aussi des manifestations et des grèves qui vont se déclencher un peu partout. Salut à toi, Christophe, du 89, le 90 est avec nous.

Les camarades du 34, le 13. Salut, Marseille. Les lampes sont là. Salut, Patrice. Salut à toutes et à tous, chers amis. Connectez-vous, repartagez ce live sur WhatsApp, sur vos groupes Facebook, sur les différents groupes sur lesquels vous pouvez les partager. Plus on est fou, plus on rit comme on dit et plus on est nombreux et plus l'information, elle circule. Et l'information qu'on va essayer de donner aujourd'hui, comme on dit sur Révolution Permanente, c'est une information du bon côté de la barricade, loin des grands médias bourgeois.

Vous savez, on a pu, si vous avez regardé un peu les quelques chaînes d'information, on est partis nous filmer la défense, on est partis nous filmer le parvis de la défense pour essayer de faire croire que le confinement se passait bien et en fait, et que tout était dans l'ordre. Et puis, il y a la réalité du terrain, celle qu'on a vue sur les réseaux sociaux notamment, celle d'images de RER, de métro bondés dès le matin. Et on voit à quel point on a été frappé par ces images qui montrent plusieurs choses.

D'une part, ces inégalités sociales, mais également ces inégalités raciales qu'on voit, on voit à quel point il y a énormément de gens issus des quartiers populaires, des gens issus de l'immigration, comme on dit, qui sont présents dans ces métros, dans ces RER, parfois qui n'ont pas la possibilité d'avoir des masques, des gants ou autres pour pouvoir se protéger, mais également qui sont tous collés les uns sur les autres parce qu'il manque du matériel roulant, il manque énormément de personnel pour pouvoir filtrer. On peut voir également qu'il n'y a pas de cabine de désinfection à l'entrée des gares, à l'entrée des métros et, excusez-moi, et autre, il n'y a pas de gel.

Il y a un peu une communication que la RATP essaye de faire, notamment autour des stickers et autour de ces intérimaires. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de les voir, notamment, ils tournaient aujourd'hui au niveau de la dalle souterraine de Châtelet, des intérimaires, des étudiants, généralement, à qui on donne une sorte de bonbonne de gel avec un petit pistolet et qui sont là, justement, pour essayer de donner un peu de gel aux usagers, aux usagères. Et on est dans la com' totale, d'une part, car on utilise des intérimaires et comme quoi, risquer sa vie et risquer d'attraper le Covid-19, ça ne mérite pas un CDI pour la RATP.

Donc, ils utilisent des intérimaires plutôt que d'essayer de créer des emplois. Et notamment, il va y avoir la nécessité, chers camarades, et d'autant plus dans les transports, à créer massivement des emplois. On sait que les patrons essayent d'expliquer qu'il y a une crise économique et que, du coup, pour eux, la justification va être de licencier et donc d'envoyer les gens au chômage. Sauf que nous, on considère qu'au contraire, dans cette crise sanitaire, il est encore plus urgent de créer des emplois et notamment dans le côté de l'entretien et de la désinfection, que ce soit dans les gares et autres.

Il va falloir justement que dans les transports publics, celles et ceux qui prennent les transports ne prennent pas ces transports-là en essayant de risquer d'attraper le Covid-19. Donc, il va falloir distribuer des masques gratuitement. Il va falloir désinfecter, permettre aux gens de pouvoir se désinfecter les mains, permettre aux gens de pouvoir changer de gant, s'il faut permettre aux gens de monter, d'emprunter des rames qui soient propres et désinfectées, pas une fois tous les 150 ans.

Mais après chaque circulation, il faudrait que chaque rame qui rentre dans les voies de service puisse être désinfectée par le système, notamment celui qui est utilisé un peu dans certains pays, celui de la nébulisation. Vous savez, c'est d'asperger des produits désinfectants, antibactériens et antivirus, notamment pour essayer de permettre, lorsque la rame ressort, aux usagers et aux usagères de ne pas se retrouver avec du virus qui traînerait dans les rames. Donc, il y a énormément de choses et je pense que vous avez vu sûrement ces intérimaires-là et sachez que c'est que de la com' parce que derrière, il y a plus de 300 stations de métro rien que sur la région parisienne.

300 stations de métro, vous imaginez bien que la RATP n'a pas mis les moyens humains et matériels pour faire en sorte que dans n'importe quelle station de métro, n'importe quelle station de RER ou de train de la SNCF, vous puissiez disposer de gel ou vous puissiez avoir des masques. Vous avez eu notamment la déclaration du ministre Djébari, secrétaire des transports, qui nous a expliqué qu'il y a 4 millions de masques à disposition. Vous doutez bien que les 4 millions de masques, avec les milliers et les milliers de personnes, sinon les millions qui empruntent les transports, ne serait-ce que dans la région Île-de-France, 4 millions, ça va disparaître aujourd'hui.

Donc, ils essayent de nous faire un coup de com' aujourd'hui, lundi 11 mai. Mais, chers camarades, et c'est là l'objet de ce live, c'est qu'en réalité, le déconfinement, il n'a pas vraiment commencé encore. On a vu que les trains, les métros étaient déjà bondés. Sauf qu'aujourd'hui, c'est en gros la rentrée des enseignants, des enseignants. D'accord ? Parce que c'est la pré-rentrée pour eux. C'est les jours, c'est aujourd'hui et notamment demain, journée dans lesquelles on essaye de leur expliquer les protocoles sanitaires et de leur expliquer comment ils vont devoir, notamment, gérer leur classe. Mais on n'a pas encore la masse de monde qui a repris le travail.

Et notamment, si déjà aujourd'hui, lundi 11 mai, vous avez vu le monde qu'il y avait dans les transports en commun. Je ne vous raconte même pas ce que ça va être jeudi ou vendredi, lorsque là, réellement, il y aura encore plus de prolétaires qui prendront les transports, car ils auront déposé leurs enfants à l'école. Je vais demander à mon camarade Arnaud, qui est notre petite main invisible, qui est en régie, qui nous remontera également les questions, de me connecter avec notre camarade Benjamin Amart pour démarrer ce live directement avec lui et échanger sur la situation. Salut à toi Benjamin. Salut camarade. Benjamin, je te présente très rapidement.

Donc, tu es un des membres du bureau confédéral de la commission exécutive confédérale. Excuse-moi, tu m'as dit ? De la commission exécutive confédérale. Je ne suis pas au bureau. De la commission exécutive confédérale de la CGT. Tu es également enseignant toi-même dans le Val-de-Marne, dans le 94. Et puis, Benjamin Amart, pour celles et ceux qui n'ont pas suivi, a été frappé de plein fouet par le Covid-19. Et je pense peut-être même que tu nous diras quelques mots. Il y a, je te dirais, cette vidéo que tu as fait sur ton lit en sortant de réanimation, branchée par tuyaux, affaiblie. Je suis très heureux de voir que tu as repris la forme et que tu as repris des belles couleurs.

Sache en tout cas, camarade, en toute sincérité, j'ai été très ému par la vidéo lorsque je l'ai vue. Parce que tu imagines bien qu'en tant que syndicaliste, même si on n'est pas dans le même syndicat, on a tous les deux, on péraille, comme on dit sur les plateaux de télé. Et souvent, je ne sais pas pour toi, mais souvent, on nous compare l'un à l'autre. Peut-être parce qu'on est bien remplis et qu'on a de la barbe.

11:40
Invité

Est-ce qu'on a des têtes de Suédois aussi ?

11:42
Locuteur

Voilà.

11:43
Invité

Peut-être parce qu'on a aussi deux têtes de Suédois.

11:46
Présentateur

Je me suis mis à ta place. Je me suis mis très sincèrement à ta place. Je sais que lorsqu'on est un syndicaliste et que d'autant plus, on est reconnu, notamment par les passages télé et autres, on est reconnu par cette ferveur et cette force et cette niaque qu'on a, notamment sur les plateaux télé à ferrailler. Et c'est vrai que de voir un camarade affaibli comme ça, ça fait mal au cœur. Et ça m'a énormément ému, en tout cas, cette période-là. Et moi, j'avais mon beau-père, malheureusement, qui lui est décédé du Covid-19, mais qui était en réanimation. Et vraiment, ça m'avait extrêmement touché. Je suis très heureux, Benjamin, que tu sois avec nous dans ce live. Merci, Anas.

Comment tu as vu ce lundi 11 mai, cette journée de déconfinement national ? C'est quoi ta vision aujourd'hui sur cette annonce et sur notamment ce démarrage de déconfinement ? On a vu les transports bondés, les rues qui se remplissent, le périphérique, les premiers bouchons qu'on n'avait pas revus depuis plus de deux mois, les premiers bouchons sur l'autoroute et le périphérique.

12:52
Invité

Alors, écoute, d'abord, juste quelques propos liminaires. D'abord, je te remercie de tes mots de soutien et de solidarité. Ça fait chaud au cœur. Pour la petite anecdote, effectivement, un jour, au CHU de Bicêtre, où j'étais, il y a effectivement un personnel hospitalier qui s'est arrêté et qui m'a dit « Ah, mais c'est vous qui passez aux grandes gueules ! » Donc, ça m'a fait rigoler, ça m'a fait marrer un coup, ce qui m'a confondu avec toi. Et autrement, le truc, c'est qu'effectivement, je suis aussi un jitien. Autrement, ils vont m'en vouloir si je ne le signale pas. Mais en plus, j'y tiens particulièrement.

Je suis aussi un des dirigeants de l'Union départementale CGT du Val-de-Marne, qui est connu pour sa combativité. Et alors, tu as évoqué ma, comment dire, mon expérience du Covid-19. Et fatalement, j'y reviens un petit peu avant d'aborder justement la question de la rentrée. Parce qu'en fait, j'ai fait cette vidéo dont tu parles. Parce qu'en fait, bon, d'abord, comme n'importe qui qui traverse cette épreuve-là, j'ai bien cru pendant de 24 à 48 heures que j'allais passer l'arme à gauche, très clairement. D'ailleurs, les médecins qui m'entouraient, qui me soignaient aussi. Et donc, fatalement, j'ai eu un moment, au moment où j'ai fait cette vidéo, en fait, une colère profonde.

Parce que moi, j'ai respecté scrupuleusement le confinement, mais scrupuleusement. Je me suis même confiné, en fait, 24 heures avant la déclaration, effectivement, du gouvernement. Et je ne suis pas sorti de chez moi. Donc, je suis respecté scrupuleusement. Et je me suis dit, mais… Parce qu'ensuite, quand j'ai allumé la télévision, je voyais toute cette incurie, tout ce baratin sur « on n'a pas besoin des masques ». Et puis, finalement, on en aurait peut-être besoin. Cette pénurie de tests, de masques. Et je me suis dit, voilà, cette crise, en fait, c'est la crise de la civilisation libérale. D'abord, on passe notre temps à attaquer…

Enfin, les libéraux passent leur temps, avec leur logique de vautour et de rapace, d'attaquer les ressources du vivant. Et donc, maintenant, tous les 5-6 ans, des virus infâmes sortent des entrailles de la Terre parce que l'écosystème se défend. Et puis ensuite, les délocalisations ont fait qu'on est un foutu, nous, la sixième puissance économique du monde, de produire des masques. Et la seule solution de Macron et de Philippe, c'est de proposer à la France de redevenir un grand atelier de couture en disant aux gens « faites vos masques vous-mêmes ». On a des respirateurs en sous-effectifs et quand ils sont produits, ils sont inadaptés à la pathologie du Covid.

Enfin, voilà, on a liquidé, on a affaibli notre patrimoine industriel avec les délocalisations. On est passé à deux doigts de la catastrophe parce que moi, je parlais avec les médecins, avec les aides-soignants, avec les infirmiers. Eux, ils disaient « mais nous, on n'est pas des héros, on veut juste des moyens pour travailler ». Et donc, on voyait qu'on est passé à deux doigts de la catastrophe parce que si ça a tenu, c'est parce que les personnels se sont mobilisés, mais d'une manière incroyable.

Moi, j'étais soigné par des gens qui venaient de l'autre bout de la France, qui venaient du secteur privé, mais qui venaient filer un coup de main au service public hospitalier, par des gens qui venaient d'autres CHU de l'agglomération parisienne. Donc, si vous voulez, c'est pour ça que ça a tenu, parce que les gens se sont mobilisés, les personnels hospitaliers se sont mobilisés d'une manière incroyable. Mais les libéraux ont saccagé le service public hospitalier. Donc, la colère, elle est là. Et avant de venir ici, de discuter avec vous, j'ai fait le grand écart parce que je viens d'être interviewé par David Pujadas et ses éditorialistes. Alors, ça, c'est le grand écart.

Écoutez, franchement, il y avait un petit préambule, là, sur la première journée du confinement, mais on rêve. On était, je veux dire, ces gens sont dans l'hyperespace. Ils ne sont même pas hors sol, ils sont dans l'hyperespace. Et alors, c'était fantastique sur les transports. Ils te disent, écoutez, bilan très positif. Bon, c'est vrai que sur la ligne 13, sur l'ERB, il y a eu quelques problèmes. Et puis là, ils ont fait venir une infectiologue au service du pouvoir qui disait, non, mais ne vous inquiétez pas, dès lors qu'on a des masques, pas de problème, donc n'importe quoi, parce qu'on a passé deux mois à dire aux gens distanciation physique.

Et elle disait, alors, en plus, c'est incroyable, parce qu'il y a un certain nombre de mandarins qui viennent dire n'importe quoi sous prétexte qu'ils sont médecins. C'est la contradiction permanente. Ce n'est pas la révolution permanente. C'est la contradiction permanente. Elle était en train de dire, non, mais le transport du virus sur les matières inertes, c'est très limité. Alors que pendant deux mois, on disait aux gens, lavez vos vêtements, lavez vos blouses, lavez vos masques. Enfin, c'est sidérant. Et donc, on a effectivement, si on regarde bien ce qui s'est passé, on m'a envoyé des vidéos et des photos du RERB et de la ligne E13.

Mais attendez, en termes, quand on, moi, je ne sais pas si vous avez vu la petite expérience au Japon qu'ils ont fait, où on mettait du virus, enfin, ils mettaient sur la main d'un convive une matière fluorescente pour voir à quel point, par le contact, les choses circulent très vite. Et à la fin du buffet, tout le monde avait de la matière transparente, de la matière fluorescente, ce qui signifie que dès lors qu'on est dans la promiscuité, la contagion file comme la poudre. Et quand on voit ces images sur le RERB ou dans la ligne E13…

18:10
Présentateur

Tu n'as pas l'impression qu'ils sont en train de jouer avec la vie ? En réalité, on parle souvent… Bien sûr ! Il y a ces expressions, on voyait les gens à l'abattoir, la roulette russe, etc. Mais moi, j'ai été frappé par le fait même, parce qu'il y a un déconfinement de poids de mesure, c'est-à-dire qu'il y a du télétravail. Bien sûr, il y a beaucoup de gens qui télétravaillent, qui ne sont pas des cadres dirigeants ou autres, mais il y a dans le télétravail, beaucoup de managers et de dirigeants d'entreprises qui peuvent télétravailler.

Et moi, j'ai été frappé, je ne sais pas pour toi, mais ce matin, dans les vidéos qu'on a vues, c'est des prolos de chez Prolo, c'est des fans de ménage, c'est des agents de sécurité, des livreurs, etc. C'est vraiment la classe ouvrière la plus profonde.

18:58
Invité

J'ai fait un tweet justement sur la base d'une des photos du RERB, en disant deux choses. Remarque numéro un, costaud, le protocole sanitaire, très convaincant. Et puis, point numéro deux, qu'on regarde un petit peu qui est en première ligne, c'est-à-dire les travailleurs d'origine étrangère qui sont vilipendés, qui sont accusés par les fachos et les droitiers de toutes sortes en permanence d'être des paresseux, des apprentis terroristes ou des délinquants. Eh bien, regardez qui part au turbin et regardez qui est en première ligne. Et bien évidemment, cette crise, elle cristallise toutes les inégalités.

Et vous le savez, les RG ont pointé le risque d'une déflagration sociale dans les semaines et les mois qui viennent. Et donc, moi, je pense que notre rôle, c'est effectivement d'être à contre-courant de la pensée dominante qui, en réalité, ne souhaite qu'une chose, c'est l'union sacrée. Eh bien, vous savez quoi, l'union sacrée, ils peuvent s'asseoir dessus. En tout cas, nous, on s'assoira dessus, très clairement. Et moi, je... Alors, effectivement, on n'est pas dans la même organisation syndicale, toi et moi, mais on a souvent été dans des combats communs. Et moi, quand je les vois cracher sur mon organisation, écoutez, moi, ça me va très bien.

Tant que les droitiers, les libéraux, nous crachent dessus, ça veut dire qu'on est dans la bonne direction. Et ce qu'il faut, c'est rendre coup pour coup. Moi, je pense qu'il faut rendre coup pour coup. Il faut être à contre-courant totalement de l'union sacrée. Il faut défendre les travailleurs parce qu'en ce moment, dans la situation dans laquelle nous sommes, les libéraux sont une bête, en réalité. Ils savent qu'ils sont dans le boxe des accusés. Et donc, ils vont être particulièrement hargneux parce que la meilleure défense, c'est l'attaque. Et donc, il va falloir leur rendre coup pour coup parce que cette crise, c'est la crise de la civilisation libérale.

Et donc, il faut effectivement occuper le terrain. Et alors là, en l'occurrence, ils sont fous furieux quand nous faisons de la protection des travailleurs, l'alpha et l'oméga. Et bien, il faut continuer et leur dire oui, oui, au-dessus des profits, il y a la vie des gens, tout simplement.

20:53
Présentateur

Et c'est une question qui revient souvent, Benjamin, que je suis obligé de te poser. Mais est-ce que tu penses que ça va péter ? Et tout le monde demande, est-ce qu'il va y avoir une explosion sociale rapidement ?

21:04
Invité

Moi, je pense qu'il y a un certain nombre de conditions qui sont réunies. Il y a un certain nombre de conditions qui sont réunies. Et attention, les camarades, on n'en est qu'au début. C'est-à-dire que là, le chômage s'annonce massif. La question, effectivement, de la répartition des richesses qui, en temps normal, est déjà très problématique. Là, que l'on mesure ce qui attend le salariat, vous avez vu ce qu'ils sont en train de... Vous avez entendu les déclarations de Roux-de-Bézieux sur le temps de travail. Vous avez vu les propositions de l'Institut Montaigne qui sont scandaleuses. Moi, j'ai débattu avec un économiste de l'Institut Montaigne.

Je lui en ai mis plein la tronche parce que c'est un scandale. Ces gens sont des apprentis sortiers. Ces gens sont des fous furieux. Et donc, il va falloir combattre cela pied à pied. Et je pense que ça va passer par des mobilisations très, très fortes. Regardez ce qui s'est passé chez PSA au début du mois d'avril. Regardez ce qui s'est passé chez Renault. Ou avec la complicité d'organisations syndicales jaunes, je dis bien jaunes, qui ont signé des accords honteux.

Si on prend par exemple ce qui s'est passé chez Renault, et c'est en plus les mêmes qui nous font la leçon sur Sandouville, ils ont signé il y a peu de temps un accord qui dit que pour que les salariés bénéficient du chômage partiel à 100%, il faut accepter de monétiser une partie de ces congés payés, rien que ça. Et il faut accepter de travailler 6 jours par semaine pendant 6 semaines. Et ça, c'est que le début. Parce que bien évidemment, ils vont faire le chômage à la crise et à la récession pour imposer toutes les régressions. Écoutez, là, il n'y aura qu'une solution, la lutte et la mobilisation. Il va falloir être là, mais pas dans une incantation, bien évidemment.

Il va falloir être là solide, il va falloir être là, il va falloir quadriller le terrain, il va falloir retrousser nos manches. Et c'est comme ça qu'on va faire effectivement monter la sauce. Après, je pense que dans le salariat, il y a une vraie colère. Il y a une vraie colère. Il faut rappeler qu'en ce moment même, on continue à verser des dividendes. Contrairement à ce que disent certains médias, les dividendes continuent à être versés. Certains les augmentent. C'est le cas chez Vivendi, c'est le cas chez Sanofi. Et d'autres, même s'ils les diminuent, continuent à verser des sommes exorbitantes. Bon, ben voilà, c'est là-dessus qu'il faut travailler.

23:09
Présentateur

Et je ne sais pas pour toi, moi, je suis frappé également par… Effectivement, après, c'est vrai qu'on ne peut pas faire de politique de la boule de cristal, comme on dit. On ne peut pas savoir quand est-ce qu'il y aura une explosion sociale. Après, il est clair que lorsqu'on a vu les gilets jaunes, lorsqu'on a vu cette grève importante contre la réforme des retraites et qu'on se dit qu'on n'était même pas encore dans cette crise qu'on est en train de vivre aujourd'hui, déjà, il y avait un niveau de défiance sans précédent en réalité contre le gouvernement. Aujourd'hui, moi, il y a un truc qui me plaît et que je trouve qui est vraiment positif pour la suite.

Je ne sais pas si tu as le même sentiment. C'est toutes ces personnes, en fait, qui sont en train de se politiser de plus en plus, des salariés, des ouvriers, des travailleuses, des travailleurs, qui posent des questions qui, avant, ils s'en foutaient un peu. Et aujourd'hui, ils posent énormément de questions. Comment on fait un droit de retrait sur la question du chômage partiel ? Est-ce que ça, c'est normal que le patron… C'est-à-dire que cette crise sanitaire, c'est quand même quelque chose d'incroyable. Elle a mixé tout en même temps, en fait.

C'est-à-dire qu'elle a fait prendre conscience aux gens avec une rapidité, en fait, qu'est-ce que la réalité du capitalisme, le comportement du patronat, qu'est-ce qu'en réalité appartenir à la classe ouvrière, etc. Et c'est vrai que les gens, ils voient à quel point cet éditorialiste, que je pense que tu connais également, Dominique Seux, qui officie sur France Interne et notamment souvent sur LCI, il a dit… Aux échos ! Excuse-moi ? Il est aussi aux échos. Aux échos également, oui.

Et Dominique Seux, il disait à quel point, en fait, cette crise sanitaire, elle a montré, elle a remis en question la question de la valeur travail et de la valeur financière, en fait, qu'au fond, c'était celles et ceux qui ont un travail le plus utile, qui sont les moins bien payés, notamment, il faisait référence aux caissiers, caissières et autres, et il disait « Attention au patronat, car les primes ne seront pas suffisantes ».

Est-ce que tu penses, toi, du coup, parce que je sais que ça, c'est une des revendications un peu les plus importantes de la CGT, c'est celle des augmentations de salaire, est-ce que tu penses, notamment, parce que ça revient souvent aussi, ça, dans les commentaires, est-ce que tu penses qu'il n'est pas temps d'essayer de taper, tu vois ce que je veux dire, à l'offensive, en fait, de commencer à essayer de réclamer plus largement des augmentations de salaire ?

25:31
Invité

Alors, d'abord, pointer ça, c'est important, parce que Dominique Seux, ce n'est pas Jean-Claude Dacier, quoi. Ce n'est pas un pitre, c'est quelqu'un dont la voix porte au sein du libéralisme en France, et que Dominique Seux dise ça, c'est très révélateur. Moi, je pense que les libéraux les plus intelligents, c'est-à-dire les plus dangereux, mais les plus intelligents, savent très bien que l'heure est grave. Voilà, ils le savent très bien.

Moi, je suis convaincu qu'il y a toute une partie des éditorialistes, des responsables politiques et patronaux qui ont le trouillomètre à zéro, parce qu'ils se disent, en 2018, on a eu, enfin, en 2019, pardon, on a eu les gilets jaunes, en 2020, on a eu ce mouvement sur les retraites, là, on a le Covid, ça fait beaucoup. Alors, moi, tu me poses la question, je suis en charge des salaires, la question des salaires à la CGT, et oui, bien évidemment, très clairement, qu'on ne compte pas sur nous pour s'imaginer en train de dire que, bah oui, la situation est compliquée, donc, bah non, il va falloir s'asseoir sur les exigences salariales, au contraire.

On a vu les hospitaliers, le meilleur exemple, c'est les hospitaliers, c'est-à-dire que tous les soirs, à 8h, on les applaudissait, c'est très bien, donc ça veut dire qu'on peut les augmenter, alors, parce qu'on ne paye pas ses courses avec des applaudissements, on est bien d'accord. Donc, quand Roux et le CRIEF s'extasient, ou quand un certain nombre de responsables du gouvernement s'extasient devant ça, bah écoutez, ils sont bien mignons, mais moi, j'ai discuté avec les personnels là-dessus, à 8h, très souvent, je discutais, j'ai regardé, on vous applaudit, et ils disaient, mais si on pouvait mieux nous payer, ce serait mieux.

Moi, je me souviens d'une jeune infirmière qui m'a dit, mais si on pouvait mieux nous payer, ce serait encore mieux. Voilà, si on nous applaudissait un peu moins et qu'on nous augmentait un peu plus, ce serait très, très bien. Donc, je pense qu'il faut utiliser cela très clairement, parce qu'en réalité, on s'est rendu compte, oui, qui était indispensable ? Ben, ce n'est pas les financiers. Voilà, ceux qui sont indispensables, ce sont bien sûr les premières mains, et donc, il faut exiger plus que jamais des augmentations salariales.

27:18
Présentateur

Je vais mettre ma casquette, du coup, de diablotin, de libéral, mais qu'est-ce que tu réponds, du coup, à ces gens qui vont te dire que tu n'es qu'un sale gauchiste et que tu veux plonger le pays dans la récession économique, que déjà, les patrons n'ont pas de quoi vivre, etc. Qu'est-ce que tu leur réponds à toutes ces personnes-là qui vont te dire « Mais vous comprenez, les patrons, ça fait deux mois qu'ils n'ont pas ouvert boutique, vous êtes déjà là en train de leur demander, il faut faire des efforts, etc. » Vous leur demandez des augmentations de salaire. Parce que ça, tu sais pourquoi je te taquine là-dessus ?

Parce que malheureusement, il y a énormément parmi nos camarades qui, c'est normal, ils se disent « Non, il ne faut pas fermer notre gueule là parce que c'est un moment spécial. »

28:02
Invité

Eh bien, écoute, non, on ne va pas fermer nos gueules tout simplement pour une raison simple. Pourquoi on va continuer à utiliser notre salive et pourquoi est-ce qu'on va continuer à faire entendre notre voix ? Pourquoi est-ce qu'on va ouvrir nos gueules ? Parce que les dividendes y continuent. Voilà. C'est-à-dire que moi, ce que je vais demander très très vite, c'est pour l'année 2020, la réalité des dividendes. Allez regarder, allez sur Google et taper « Dividend CAC 40 Covid ». Vous allez voir. Vous allez voir ce qui tombe. Et donc, effectivement, en plus, c'est incroyable. Parce que vous tombez sur des articles de presse, des titres qui vous induisent en erreur.

Quand vous lisez l'article, il y a une contradiction avec le titre. C'est-à-dire qu'en gros, on vous dit, tu as l'impression quand tu lis le titre que les dividendes, ça s'arrête. Et quand tu lis l'article, tu ne comprends que pas du tout. Donc, les dividendes, ils continuent à tomber. Si les dividendes, ils continuent à tomber, ça veut dire que les vautours et les charognards, ils continuent à servir. Bon, et bien donc, ça veut dire qu'à ce moment-là, on trouve de l'argent pour les salaires. Moi, je pense qu'une revendication que les Français partageraient complètement, ce serait l'arrêt complet des dividendes sur la période, à minima sur la période.

Non, franchement, ce n'est pas la prise du palais d'hiver. Est-ce que c'est le moment de baffer les actionnaires ? Sans rire, c'est le moment de baffer les actionnaires. Donc, tant qu'il y a de l'argent pour le capitalisme financier, je n'entendrai pas qu'il n'y a pas d'argent pour les travailleurs. Tout simplement. Cette crise, encore une fois, il faut le dire, il faut le marteler, c'est la crise de la civilisation libérale. C'est le libéralisme, vous savez ce que disait Marx, le capital est plus de choses, les travailleurs et la nature. Voilà.

Donc, qui est responsable, je veux dire, quand on arrête cinq minutes, qui est responsable du chaos environnemental, politique et social dans lequel nous vivons ? Depuis 1991, le système capitalisme règne en maître. Donc, ce capitalisme financier, il est responsable. Ce n'est pas le pangolin le responsable. Ce n'est pas le pangolin, c'est ce que je disais dans ma vidéo. Le responsable, c'est le capitalisme libéral qui fait qu'on saccage l'environnement et donc on a ce genre de désastre. Et puis, en plus, derrière ce capitalisme libéral, il saccage notre potentiel industriel, il saccage nos services publics et donc le roi est nu, on est à poil.

Donc, il faut en finir et donc on ne va pas continuer à ronronner selon les principes précédents. Moi, je le dis clairement. La question de la répartition des richesses, on ne peut pas dire aux salariés, il n'y a pas de pognon pour vous pendant que les dividendes continuent à être versés par milliard. Ce n'est pas possible. Ou alors, effectivement, on ne sert à rien.

30:23
Présentateur

Est-ce que tu penses que le patronat est en panique un petit peu, je ne sais pas, toi, via la Confédération CGT, les échanges que tu peux avoir, etc., peut-être avec les syndicats patronaux, tu le sens comment, en fait, c'est quoi un peu les retours que vous avez ? Est-ce que tu sens qu'ils sont en train de marcher sur des oeufs et qu'ils vont essayer de tenter de gratter ou bien est-ce qu'ils disent ? Bon, il va falloir commencer à faire gaffe parce qu'on peut perdre beaucoup plus que ce qu'on va essayer de gagner.

30:51
Invité

Alors, moi, je pense qu'ils sont dans une optique où, clairement, ils marchent sur des oeufs. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas comment le vent va tourner. Moi, j'ai débattu avec la porte-parole vice-présidente du MEDEF. Elle l'a jouée moderato cantabile. Elle n'avait pas la gueule en avant et elle était là en train de dire « Oui, oui, la sécurité. Oui, oui, les conditions de protection sanitaire, etc. » Et puis, moi, je n'arrêtais pas de marteler et de lui remettre sur le coin de la tronche ce qui se passe dans la réalité des entreprises et elle cherchait à l'ouvoyer. Elle n'était pas du tout dans une attitude de confrontation. Après, on ne se leurre de rien.

Bien évidemment, chaque dégueulasserie qu'ils pourront imposer, ils le feront. On est naïf de rien. Je pense que ce qui compte, c'est le rapport de force. Je pense que, vraiment, ce qu'il va falloir faire, c'est être omniprésent aux côtés des salariés pour justement faire en sorte que la résignation, la culpabilisation, les vieilles stratégies des libéraux sous l'angle de « Mais enfin, la période est compliquée. » Je veux dire, ne revendiquez pas trop. Ça, il faut l'éviter à tout prix. Plus que jamais, il faut revendiquer.

31:52
Présentateur

Du coup, on va faire un petit peu une petite transition pour les deux petites dernières questions que je voulais te poser. On est dans un live exceptionnel autour, notamment, de la question de l'éducation nationale. Mais c'est pour ça que je voulais qu'on introduise un peu ensemble autour de la question un peu plus large qui concerne les travailleuses et les travailleurs, notamment dans cette période de déconfinement. Là, maintenant, en tant qu'enseignant dans le 94, c'est quoi ta vision par rapport à cette, d'une part, cette question de reprise de l'école ?

On a souvent entendu ce, on va dire, c'est un peu le slogan que martèrent un peu les profs, c'est « On n'est pas la garderie du MEDEF ». Est-ce que toi, tu as ce sentiment également autour de la question d'être la garderie du MEDEF ?

Et quel message tu transmettrais à l'ensemble de tes camarades de l'éducation nationale qui aujourd'hui vont être en première ligne et notamment face à des enfants qui ne vont pas pouvoir respecter les gestes barrières ou vont toucher les copains, toucher le matériel, etc., pour qui ça va être très difficile et notamment ces enseignants qui ont peur d'attraper le Covid-19 tout simplement, qui ont peur d'en mourir, qui ont peur de contaminer un proche qui a une maladie auto-immune comme on dit, un proche qui a de l'hypertension, du diabète ou autre, et peut-être de se dire demain, est-ce que c'est moi qui vais tuer mon père ou ma mère parce que j'ai tenu ma classe de CE1 ?

C'est quoi un peu ta vision là-dessus en tant qu'enseignant ?

33:24
Invité

Je vais essayer d'être synthétique parce qu'à 19h40, je suis censé rejoindre Radio-Occitanie qui m'a sollicité pour un entretien.

Donc, je vais essayer d'être le plus synthétique possible, très clairement, moi, de ce que j'ai du Val-de-Marne, alors moi, j'enseigne dans le secondaire, donc c'est le primaire qui est convoqué pour le mois de mai, mes camarades m'ont expliqué que c'était hallucinant, c'est un bordel sans nom parce qu'entre les maires et l'éducation nationale, on se passe la patate chaude, les profs sont dans l'incapacité de savoir quelles sont les consignes, quel est le cadre précis, en réalité, ils sont obligés de tout faire, eux-mêmes, moi, j'ai plein de collègues dans les écoles qui sont obligés eux-mêmes de déplacer les chaises, de mettre en place la distanciation physique au sol, rien n'est organisé, les CHSCT académiques et départementaux sont attendus avec impatience parce qu'on a un flou artistique complet, mais écoutez, les choses sont très simples, moi je le dis très clairement, la CGT Éducation, mon syndicat, avec d'autres d'ailleurs en intersyndicale, a développé toute une campagne sur le droit de retrait, c'est très clair, soit au moment de la reprise, demain, puisqu'aujourd'hui c'était la pré-rentrée, demain, ou bien le 18, enfin, au moment où l'enseignant est convoqué pour reprendre le boulot, soit effectivement la situation est convenable et satisfaisante avec des règles sanitaires draconiennes et drastiques, soit individuellement parce que ce sont des droits individuels, mais qu'on est capable de les organiser collectivement, même si ce sont des droits individuels, on peut s'organiser de manière collective, on met en place le droit d'alerte et le droit de retrait, voilà, c'est très simple, en l'occurrence, la France a une politique et une stratégie d'apprenti sorcier, je rappelle qu'en Espagne, en Italie, la rentrée, c'est en septembre, c'est-à-dire les pays où la contamination était comparable à la France, ça ne sert à rien de nous comparer avec la Finlande, il y a eu 20 fois moins de morts, donc voilà, les choses sont très claires de ce point de vue-là.

35:25
Présentateur

Benjamin, je te remercie énormément, il y a beaucoup de messages en tout cas de soutien, de personnes qui ont appris également, qui n'étaient pas au courant que tu avais été frappé par le Covid-19 et voilà, qui saluent en tout cas ton courage, ta combativité après cette épreuve-là, je te remercie énormément au nom de l'ensemble de la révolution permanente et j'espère te retrouver très rapidement dans la rue. Salut, en révolution permanente. Salut camarades, merci beaucoup.

Voilà, on était, chers amis, on était avec Benjamin Amard qui est un des membres de la Confédération CGT, également de l'Union Locale CGT du 94 et également enseignant, vous l'avez entendu dans ses derniers propos, enseignant dans le secondaire, pour l'instant, au niveau du secondaire, on a dit, il n'y avait pas de reprise et c'est l'objet justement de ce live-là, c'est la reprise ce 11 mai mais également la reprise à venir dans le premier degré, le premier degré, c'est notamment les maternelles et l'école primaire et puis également les collégiens qui vont rentrer pour beaucoup à partir de la mi-mai. On va essayer d'échanger le plus largement possible.

Je vais demander à mon camarade Arnaud d'essayer de mettre tout le monde sur ce live-là pour qu'on puisse les présenter un par un. Alors, salut ! Bonsoir à toutes et à tous, toutes celles et ceux qui se connaissent sur le live. On est ensemble depuis 19h, on est avec Benjamin Amard qui est un des membres de la Confédération CGT et également de la CGT 94 et enseignants dans le secondaire pour une première introduction sur la question de cette crise sanitaire, notamment de cette gestion criminelle de la part du gouvernement et de ce déconfinement.

On est encore ensemble pour quelques temps pour traiter de cette question de l'éducation nationale et j'ai envie de dire qu'il n'y a pas meilleure personne avec qui discuter de l'éducation nationale que celles et ceux avec lesquels je suis sur ce live. Donc, je vais vous présenter tout d'abord Pauline, Pauline qui est agent d'entretien et de nettoyage en école élémentaire et également agent technique, c'est-à-dire qu'elle gère la partie restauration, cantine et hôte pour les enfants en école élémentaire. On a notre camarade William, William qui est enseignant dans le premier degré, donc en primaire également du côté de Villemonde dans le 93.

on a Marion qui est professeure en collège dans le 93 à Aubervilliers et enfin Gwen, Gwenaëlle qui est professeure également en primaire du côté de Sarcelles dans le 95. Bonjour à vous tous. On va commencer tout d'abord avec Pauline, Pauline avec qui on va discuter de cette situation notamment de reprise. Aujourd'hui, Pauline, tu as repris le travail, tu étais au travail. Est-ce que tu peux nous expliquer quelle a été ta journée et notamment toute la question autour des protocoles sanitaires ?

38:42
Invité

Donc, alors, déjà, au niveau des protocoles sanitaires, ce qui est le plus important, on a eu des consignes, donc c'est-à-dire beaucoup plus, c'est-à-dire de faire un nettoyage beaucoup plus approfondi de ce qu'on peut faire d'habitude, tout ce qui est, bien sûr, les poignées, les interrupteurs, les écrans d'ordinateur, photocopieuses, c'est-à-dire faire vraiment, vraiment attention aux…

faire vraiment attention les endroits où on désinfecte, faire vraiment attention où il y a beaucoup de passages, par exemple, voilà, où il y a beaucoup de personnes qui manipulent, comme dans les écoles, les photocopieurs, les poignées des portes, les sanitaires, et c'est-à-dire que ce qu'on faisait déjà avant, ça va être encore plus régulier dans la journée, c'est-à-dire qu'après un passage, il va falloir automatiquement qu'il y en ait une de nous qui se décharge pour aller mettre un petit coup de nettoyage au sanitaire, un petit coup sur les poignées, les interrupteurs, en fonction du passage, surtout derrière les enfants et les adultes.

39:46
Présentateur

Mais ma première question, Pauline, est-ce qu'ils ont embauché du coup ou pas ? Vous allez faire ça comment ?

39:53
Invité

Alors, ils n'ont pas embauché, c'est-à-dire qu'il y a des agents qui ont pu reprendre et d'autres qui n'ont pas pu par rapport aux antécédents médicaux. Donc, nous, l'avantage qu'on a, c'est qu'on a des remplacements, c'est-à-dire que, par exemple, nous, à la base, dans mon équipe, on est quatre titulaires et il s'avère que, dans notre équipe, il y en a une, elle ne pourra pas reprendre. Donc, il y a un remplacement qui a été mis en place dès demain matin, 6 heures, pour la première équipe de nettoyage qui s'occupe du matin. Donc, au final, on revient au même nombre que quand on est les quatre titulaires ensemble.

40:27
Présentateur

D'accord. Donc, en fait, ils n'ont rien embauché du tout, mais parce que, si tu dois nettoyer les toilettes à chaque fois qu'il y a un enfant qui va aller aux toilettes, c'est incroyable, ça. C'est-à-dire que, c'est pour ça. Tu ne vas pas aller nettoyer l'imprimante s'il faut aller après retourner à l'imprimante, enfin.

40:41
Invité

C'est-à-dire que, c'est pour ça que ça va être, c'est dans ce sens-là, voilà, j'allais en venir que ça va être compliqué parce que, c'est-à-dire que, quand il y en a une, il y a une collègue à moi ou moi, je suis prise ailleurs, entre-temps, qui va se détacher pour aller désinfecter ? Enfin, mathématiquement, c'est, je ne sais pas comment on va faire. Honnêtement, j'ai réfléchi depuis ce matin, on a réfléchi avec des collègues, je ne sais pas, on va le faire, mais comment, c'est impressionnant.

41:14
Présentateur

Et ta journée, consistant en quoi, aujourd'hui exactement, ils ont essayé de vous expliquer, qu'est-ce qu'ils vous expliquaient ?

41:19
Invité

Alors, aujourd'hui, c'était une organisation, c'est-à-dire que c'était une pré-rentrée pour les enseignants et aussi, nous, une organisation pour savoir comment on va fonctionner avec tout le personnel sur l'école, entre autres, enseignants, animateurs qui font les périscolaires pour savoir, voilà, comment on va procéder au niveau des organisations par rapport au passage ou au geste barrière et au nombre d'enfants, des groupes d'enfants, voilà. Après, c'est vrai que on va vous donner des infos.

41:46
Présentateur

Plusieurs questions. chers amis déjà, celles et ceux qui sont sur le live, n'hésitez pas à poser des questions, j'essaierai de transmettre au fur et à mesure, vous avez la chance, on a Pauline, Pauline, j'ai envie de dire, elle nettoie la merde de vos gamins, d'accord ? Elle nettoie la merde de vos gamins et elle donne à bouffer à vos gamins, c'est-à-dire qu'elle joue le rôle d'une mère, d'un père, de tout, le moment où vous, vous êtes au travail pendant plus de 8 heures. Donc Pauline, elle va être en première ligne, non pas avec un enfant ou deux enfants ou trois enfants comme vous, vous pouvez en avoir, mais avec des centaines de gamins.

La première question, Pauline, est-ce que les écoles vont être désinfectées de fond en comble, en fait, par ce qu'on appelle le système de nébulisation ? Est-ce qu'après chaque journée, les enfants, ils vont retrouver l'école et les classes complètement désinfectées au niveau de l'air et des sols et autres ?

42:42
Invité

Alors, nous, dans les protocoles qu'on a reçus, on a aussi les manières, enfin, les techniques qu'il va y avoir de nettoyage qui sont un peu différentes des autres, donc déjà, les aérations de tous les locaux quand les enfants seront partis un cycle personnel, pas d'aspirateur, pas de balayage humide, enfin, c'est-à-dire qu'à partir du moment où l'école sera terminée, on n'a plus personne sur l'école et moi et ma collègue qui ont une équipe de deux le soir, on va désinfecter murs, portes, poignées et surtout bien aérer tous les locaux, voilà, avec un protocole différent des autres mais beaucoup plus, beaucoup plus important par rapport

43:22
Présentateur

à ce virus. Et ça tient dans le nombre d'heures que tu fais par jour ou tu vas devoir dépasser le nombre d'horaires ?

43:30
Invité

Non, je ne pense pas être obligée de dépasser le nombre d'horaires parce qu'à la base, je fais 9h45, 19h, donc jusqu'à 19h, ça va être, non, c'est faisable. Honnêtement, c'est faisable, mais il va falloir vraiment trouver une organisation et ce qu'on appréhende, c'est plus la journée. Si tu veux, le temps du ménage du soir, au final, on n'aura plus personne sur l'école donc on se dit, bon, on va pouvoir là automatiquement, mais nous, c'est vraiment le moment du, par exemple, où j'embauche à 9h45 jusqu'à la fin de l'école. C'est là que ça va vraiment…

44:02
Présentateur

La deuxième question que j'ai vue, c'est autour de la cantine. Comment ça va se passer au niveau de la cantine pour les enfants ? Est-ce que du coup, il y a des enfants qui vont être interdits de venir manger ou est-ce que tous les enfants vont être acceptés ? Est-ce qu'il y a une distance physique entre les gamins ? Comment ça va se passer ? Est-ce qu'ils vont devoir se démerder tout seuls et vous, vous n'êtes pas là ? Comment ça se passe ?

44:25
Invité

Non, alors au système des cantines, moi, sur ma commune, on a des selfs en élémentaire. Donc, les selfs sont fermés, interdits d'interdiction de faire quoi que ce soit au niveau des selfs. Ils auront des plateaux, des barquettes individuelles toutes prêtes qu'on leur distribuera, donc c'est-à-dire qu'ils sont autonomes pour manger. Et après, tous les enfants seront acceptés. Après, il y en a des fois qui rentrent manger chez eux, donc ça, je ne sais pas encore trop comment ça va s'organiser. Et pour la distance, le respect des gestes barrières, il va y avoir une double vigilance au niveau des lavages des mains, surtout, avant de rentrer dans la cantine.

Il va y avoir vraiment des petits groupes d'enfants qui vont rentrer, donc on va s'organiser demain. Et là, aujourd'hui, ce qu'on a fait, c'est qu'on a déjà installé les tables, les chaises, en délimitant bien ce qu'il fallait, en mettant deux, grand max, trois, bien écartés, parce que c'est des grandes tables sur les tables de la cantine. Donc, à ce niveau-là, il n'y a pas de souci, ils seront mis en sécurité.

45:27
Présentateur

Et est-ce que tu peux nous dire si tu sais comment ça va se passer au niveau de l'entrée des enfants dans l'école ? Tu sais, on voit souvent ces petites vidéos, notamment en Chine, au Japon, etc., etc., de l'enfant à qui on retire son masque, on lui remet un nouveau masque, etc., on lui nettoie les baskets, on lui change les gants, etc. Il y a cette vidéo, notamment, qui a été assez virale, ces derniers jours, là, où on voit ce petit enfant, où, justement, il y a même un robot qui lui prend sa température. Est-ce que vous, vous allez être là pour gérer, enfant après enfant, en fait, de leur prendre la température, de leur changer, de leur donner un masque ? Est-ce qu'il y aura des masques ?

Est-ce que vous allez leur demander de désinfecter les baskets, les manteaux ? Comment ça va se passer, ça, au niveau de ton école ?

46:19
Invité

Alors, pour l'accueil du matin, je ne sais pas trop parce que c'est les enseignants qui font l'accueil du matin. Donc, ça, je ne peux pas te dire. Par contre, au niveau des portes-manteaux, je sais qu'ils vont avoir un porte-manteau attitré. C'est-à-dire que, d'habitude, ils mettent un peu partout. Là, il va falloir faire en sorte qu'ils gardent un porte-manteau attitré. C'est-à-dire qu'on désinfectera, bien sûr, mais il faut toujours qu'ils mettent leur manteau sur ce porte-manteau, leur veste, ce qu'ils veulent. Et après, alors, au niveau… Non, alors, désinfecter les baskets, non, je n'en ai pas entendu parler.

Mais, par contre, après, ouais, non, alors, sur ça, je sais pour les porte-manteaux, mais après, ça, je ne sais pas trop. Ça, c'est les enseignants, en fait, qui ont dû organiser l'entrée de l'école.

47:04
Présentateur

Ça tombe bien, il y en a après toi. Donc, comme ça, on pourra leur poser la question, savoir si c'est eux qui vont aller demander aux enfants de laver leurs mains avant la classe. Autre chose que je voulais te demander, est-ce que tu peux nous dire, en gros, qu'est-ce qui est catégoriquement interdit dans l'école, là, qui n'était pas interdit avant, les trucs qui vous ont dit, ça, c'est interdit, ça, c'est fermé, ça, il ne faudra pas y toucher, etc., etc. Je ne sais pas, est-ce que le gymnase, est-ce qu'il y aura du sport ou est-ce qu'il n'y a plus de sport, tu vois ce que je veux dire, il y a quoi qu'on vous a enlevé dans votre journée de travail ?

47:41
Invité

Alors, déjà, il n'y aura pas l'espoir collectif, donc ce qui était football, tout ce qu'il y avait, des fois, entre midi et deux, ça n'y sera pas.

Après, au niveau du passage, c'est vrai qu'il y a des moments, si des parents sont nés, on les faisait rentrer dans l'école s'ils voulaient voir un enseignant ou un directeur, ou le directeur, là, en l'occurrence, ça risque de se faire à travers le portail, pour éviter au maximum les bas et viens, et ensuite, suivre les traçages qui auront été faits au sol, et éviter de, par exemple, les enseignants, je sais que dans les classes, ils ont essayé de minimiser, par exemple, les étagères où il y a des livres, ou qu'ils manipulent le moins possible, mais vraiment, voilà, nous, ça va être vraiment, ce qui nous concerne pour le midi et deux, ça va être les sports collectifs, parce que ce qui est bien, c'est que sur ma commune, ils ont des animateurs qui viennent, ils leur font faire du football, ils leur font faire, mais là, du coup, non, il n'y aura pas de, ils seront dans la cour, on essaiera de faire le maximum qu'on peut faire pour surveiller, faire en sorte que, ce qu'on dit de faire tous les gamins, jouer ensemble, être collés, enfin, voilà, ça va être compliqué.

Je pense que c'est impossible,

48:52
Présentateur

enfin,

48:52
Invité

les enfants, ils ne vont pas arrêter un mètre l'un de l'autre, non, je vais être franche avec toi, ça va être impossible, et nous, ça nous fait énormément mal au cœur, moi, la première, parce que je suis en train de me visualiser, en train de dire à un enfant, non, tu n'approches pas, non, c'est pour eux, à leur âge, c'est ouf, c'est terrible, on va leur dire, ne fais pas, alors qu'ils veulent juste aller voir un copain ou une copine, non, enfin, c'est moi, c'est franchement, ça, c'est le truc qui m'a vraiment…

49:23
Présentateur

Tu es mère de famille, toi, Pauline ? Non. Non ? C'est quoi tes inquiétudes avec cette reprise-là, en tant que salariée, en tant que travailleuse du nettoyage, c'est quoi ta crainte là-dessus de reprendre ? Est-ce que tu es sereine ? Est-ce que tu as en réalité envie de reprendre ? Ou est-ce que tu penses que c'est trop prématuré ? C'est quoi un peu… Qu'est-ce que tu aurais envie de revendiquer s'il y avait Blanquer qui regarde ce live et peut-être qui regarde ce live là, le rectorat de Gironde ? Est-ce que c'est quoi que tu as envie de leur transmettre comme message en fait par rapport à tes inquiétudes ?

49:58
Invité

Alors, déjà, pour ce qui est de prématuré, moi, à vie personnelle, je trouve que faire des rentrées d'école maintenant, c'est très prématuré. En plus, il ne faut pas oublier que c'est des enfants en élémentaire, donc au niveau des gestes barrières et tout, ça va être très dur aussi. Après, où j'ai peur aussi, c'est déjà pour ma santé, parce que c'est vrai que désinfecter toute la journée derrière des passages adultes, enfants, ça va être… il va falloir être vigilante en fait, mais c'est vrai que là-dessus, j'appréhende un petit peu.

Aussi, au niveau culpabilité, parce qu'on va se dire est-ce que là, on a bien désinfecté, est-ce que donc toujours être sur le kilis va se remémorer dans la tête qu'est-ce qu'on a oublié, qu'est-ce qu'on a fait, qu'est-ce qu'on n'a pas fait, enfin. Et après aussi, ce qui me fait peur, c'est surtout… Comment dire ? C'est pas tant le… Je cherche comment le dire en fait, parce que c'est pas… Ce qui me fait vraiment peur en fait, c'est qu'au niveau des enfants, c'est-à-dire ce qui me fait vraiment peur, moi, pour ma santé, c'est que je me dis est-ce que vraiment…

Normalement, bon, on a le matériel qu'il faut, mais est-ce qu'au stade où on en est avec ce COVID, est-ce que vraiment le matériel qu'on a est vraiment, vraiment efficace ? Alors, les produits, je sais que oui, je me suis renseignée. C'est des trucs à base d'hydroalcoolique, j'ai regardé, c'est bon. Mais est-ce que nous, tu vois, pour nous, par exemple, avec une blouse de ménage, enfin, est-ce que tu vois, le masque, oui, on a le masque, on a les gants, on a… Des masques chirurgicaux

51:47
Présentateur

que vous avez,

51:48
Invité

ce n'est pas les FFP2 ? Non, chirurgicaux, qu'on changera toutes les 4 heures.

51:54
Présentateur

D'accord, ok.

51:56
Invité

Mais voilà, la plus grosse peur, c'est vraiment… Et pour les autres, déjà pour les autres, parce que moi, franchement, comme j'ai dit, je le fais, je le fais, parce que ça me… Mais je le fais pour les enfants, je le fais pour le personnel qui va être sur l'école, mes collègues enseignants, mais tout le personnel. Mais après, oui, je ne te cache pas que pour moi aussi, je ne suis pas sereine. Mais bon, après, en étant vigilant et en faisant le maximum attention à tout, mais il ne va pas y avoir le choix. Il va falloir avoir toujours les yeux partout et être vigilant tout le temps.

52:29
Présentateur

Écoute, je te remercie énormément, Pauline, pour ce témoignage fantastique du bon côté de la barricade. On n'a jamais l'occasion et je suis content de t'avoir parce que on a généralement des professeurs, des enseignantes, des enseignants. Et c'est pareil pour le personnel de santé. Généralement, on va parler uniquement de l'infirmière, l'aide-soignante et autres et on ne parle pas du métier d'ASH, celles et ceux qui nettoient justement les hôpitaux et qui risquent encore plus leur vie en réalité parce qu'ils démultiplient le risque d'attraper le Covid-19.

En tout cas, il y a quelques jours, on était avec une camarade Fernande Bagou qui est agent de nettoyage dans les gares parisiennes et notamment on avait présenté le film Les petites mains invisibles et donc c'est pour ça que je suis content de t'avoir aujourd'hui dans ce live-là et de te mettre en priorité avant les enseignantes et les enseignants qu'on va recevoir et du coup qui pourront rebondir notamment sur tes inquiétudes parce que tes inquiétudes à toi, j'ai envie de dire par effet miroir, par ricochet, ça va être les inquiétudes également des enseignantes et des enseignants de savoir est-ce qu'ils vont être bien protégés, est-ce que derrière le nettoyage il va pouvoir bien se faire et notamment il y a tout intérêt que dans l'éducation nationale tous les corps de métier se rassemblent et s'organisent ensemble collectivement pour essayer de faire bloc et de ne pas laisser une catégorie de travailleuses ou de travailleurs de côté en pensant que c'est uniquement aux profs de se mobiliser il va falloir se mobiliser collectivement je te remercie énormément Pauline et puis à très bientôt ça marche à bientôt et je vais demander à mon camarade Arnaud d'enchaîner de nous mettre les camarades qui vont partager cette deuxième partie de live ensemble spécial éducation nationale autour notamment de la reprise de l'école le 11 mai et notamment vu que l'école ne reprend uniquement en élémentaire donc c'est-à-dire maternelle, primaire et collège pour les lycées pour les lycées pardon pour l'instant il n'y a pas d'ouverture de prévu et pour les collèges notamment Marion qui est professeure en collège nous en parlera à la fin de ce live exactement pour essayer de nous dire un peu plus comment ça va être la situation en collège je vais commencer par Gwen Gwen qui est enseignante en école élémentaire et avec qui on va essayer d'échanger notamment il y a William aussi qui est enseignant pareil en école élémentaire également et on va commencer par Gwen honneur aux dames pour savoir un petit peu c'est quoi ta vision aujourd'hui est-ce que tu étais déjà à l'école

55:11
Invité

ouais ouais alors en fait nous le truc c'est qu'en fait on y est depuis le début tu sais il y a souvent on entend vachement oui on va reprendre on va reprendre c'est la rentrée c'est la reprise mais excuse tu vois si bête en fait on est au front pareil depuis le début quoi enfin vraiment depuis le début ça a été le chaos moi je suis déjà épuisée tu vois on me reparle de reprise la semaine prochaine alors moi j'ai un peu de chance c'est-à-dire que je suis sur sarcelle je fais partie des maires qui ont signé vraiment qui ont signé le document contre la reprise etc sauf au service minimum ce qu'on souhaitait mais tu as l'impression que c'est que des batailles en fait depuis le début donc sur les ducs notamment sur le 95 sur le 93 où évidemment tu vois le problème c'est que tu as une explosion déjà de toutes les inégalités qui ressort donc nous tu viens de nous parler d'inégalités là directement oui d'inégalités sociales etc mais du château fort là-haut non mais franchement honnêtement déjà depuis le début c'est déjà inégal donc nous déjà on a toutes les morts on a le maximum de morts le maximum de violences policières les amendes le confinement il est le plus douloureux mais du coup à l'école mais ça a été ça a été déjà chaotique de base du coup donc déjà il faut bien que les gens prennent conscience de ça j'ai l'impression parce qu'on nous parle de continuité pédagogique mais moi personnellement je ramène à manger à mes élèves tu vois je ramène mais j'ai dû j'ai dû appeler le 115 avec mon école parce qu'on a des gamins qui vivent dehors déjà de base qui n'ont pas de maison et donc là pendant le confinement qui se retrouvaient dehors ça je te parle des gamins de ma classe je ne suis pas en train de t'inventer un truc dans un pays d'à côté moi à l'heure actuelle ma fonction ça a été de ramener à manger aux gens tu vois d'aller ramener des sacs de course et là tu as là tu as toute la solidarité qui vient donc c'est là où tu vois qu'on est bien aussi pendant le confinement tu parles pendant le confinement c'est ça ?

bien sûr pendant le confinement là je te parle des dernières semaines donc moi je suis prof je suis un style donc tu te doutes bien que pour moi la continuité pédagogique avec des mômes qui n'ont pas de matos évidemment parce que tu as des familles les plus précaires déjà c'est dur pour eux c'est compliqué ils pleuraient les mômes parce que l'école aussi il y a une énorme proximité en fait avec les parents avec les familles ça c'est quelque chose par exemple qu'on travaille chez nous et qui est hyper important qui a été hyper important qui l'est toujours et qui va falloir renforcer peut-être que ça sera un des effets positifs aussi de cette crise là c'est que là il faut profiter vraiment pour se rapprocher et des familles et des gens et faire bloc tous ensemble et c'est déjà ce qui se passe en fait mais juste pour dire tu vois que tu as plein d'enseignants comme moi déjà ils s'occupent de donner à bouffer à leurs gamins tu vois on en était là donc tu me dis chez nous ça n'avait pas d'ordinateur ça n'avait pas de tablette ça n'avait pas d'ENT en plus on n'est pas formé pour ça on a été prévenu au dernier moment c'est à dire que le jeudi matin notre ministre il disait non non mais c'est pas du tout prévu dans les plans de fermer les écoles et le jeudi soir tu avais le président qui fermait les écoles tu vois mais t'imagines déjà la crédibilité du truc et c'est vraiment là où je rejoins les collègues c'est que c'est un flou mais un bordel incroyable au niveau de l'éduc il n'y a pas une journée où on ne se questionne pas où on ne se prend pas la tête où on n'est pas en train de s'arracher des petites bribes de droit donc moi je me suis galéré à aller des tablettes on a demandé des tablettes au moins à des gars pour que les gamins ils puissent suivre mais elles ne sont même pas arrivées on nous a dit au bout de trois semaines quand c'était les vacances ça faisait déjà trois semaines qu'on était en train de galérer on a tous fini aux photocopieuses chez nous c'est ça qui s'est passé moi je vais aux photocopieuses je mets sur le clé USB j'amène le travail à l'hôtel du 115 du môme qui est là-bas tu ramènes tu fais des pochettes devant l'école mais nous la continuité pédagogique mais si on ne s'est pas démené c'était anormal nous la continuité pédagogique qui nous fait rigoler là tu vois nous on a ramené nos tablettes personnelles tu vois ce que je veux dire donc c'était que de l'organisation en fait de toute ta tenue avec l'organisation des gens en fait des parents alors moi les parents franchement je les admire je suis contente d'ailleurs qu'il y ait eu le témoignage de la camarade tout à l'heure sur ceux qui nettoient effectivement ceux qui sont restés au front mais ça a été que de l'organisation de nous-mêmes voilà c'était vraiment que ça déjà

59:00
Présentateur

et du coup ta journée parce que tu nous en as pas parlé de ta journée aujourd'hui c'est quoi comment s'est passé cette pré-rentrée au niveau de ton école est-ce que t'as fait ta pré-rentrée est-ce que t'as eu le directeur ou la directrice qu'est-ce qu'ils t'ont demandé qu'est-ce que tu dois respecter

59:22
Invité

tu veux que je te dis la vérité là les proto ça doit se décider aujourd'hui on est censé faire des pré-rentrées demain on n'est pas au courant moi de comment on va faire avec les gamins ce qui va se passer tout est à l'arrache on n'arrête pas de dire tout le monde dit il faut reprendre en septembre là c'est dangereux vous mettez les gens en danger en fait on a un énorme problème en fait si tu mets le doigt dessus le protocole qui a été imposé par le conseil des médecins est fort justement c'est nécessaire c'est indispensable sauf qu'en fait on se retrouve dans une problématique qui est insolvable en gros les enseignants on se retrouve tous là-dedans soit on met en place le protocole on sait déjà que ça ne va pas être possible mais tout le monde d'ailleurs tu vas voir les profs ils ne remettent pas leurs gosses moi je ne remets pas mes gosses j'ai des gosses ni au collège never on ne les remet pas on a mal pour ceux qui sont vraiment obligés on essaie de faire tout pour qu'ils ne le fassent pas mais là ce n'est pas le moment de remettre ces mots à l'école sincèrement le protocole il est ingérable tous les profs à l'unanimité te le disent on le sait tous on l'a tous signalé on a fait des motions sur les bahus on a tout fait il ne passera pas pardon si tu me laisses dérouler Anas je déroule

1:00:24
Présentateur

avec plaisir parce que je vois que William hoche la tête et William il est enseignant également en école élémentaire à Ville-Monde il y a peut-être 50 kilomètres qui vous séparent mais est-ce que c'est le même ressenti de ton côté aussi est-ce que le protocole il n'est pas possible d'être respecté par toi

1:00:45
Invité

il est indigeste il fait je ne sais pas combien de pages honnêtement moi je t'avoue je l'ai lu de manière transverselle pour voir à peu près les principes à appliquer mais on les connaît de toute façon je veux dire 64 pages je crois enfin voilà à peu près ou un peu moins parce que je crois qu'ils l'ont réduit ce protocole il est juste impossible à appliquer en totalité en fait il ne tient pas compte de la réalité vraiment du terrain il ne tient pas compte du fait que les enfants sont super imprévisibles que selon les écoles et bien forcément le protocole il ne sera pas appliqué de la même manière et c'est aussi au gène même de le lire parce que en fait clairement on met en place le confinement le déconfinement mais en fait finalement les gamins on va les confiner dans des classes clairement parce qu'ils vont être assignés à des places ils ne vont pratiquement pas bouger de leur place puisqu'il faut limiter au maximum la circulation dans les classes garder les distances de la distance je veux dire pour des gamins c'est complètement contre nature interdiction de toucher au matériel enfin en tout cas le moins possible sinon à chaque fois qu'on touche un matériel il faudra le désinfecter enfin c'est tu vois juste ça c'est avec quoi on va bosser on nous parle de continuité pédagogique on nous parle de de remettre les élèves en selle mais avec quoi on va travailler est-ce même on pourra donner des bouquins aux élèves ça va être compliqué tout tout tout devra être sous contrôle et c'est super compliqué à mettre en place clairement

1:02:36
Présentateur

on me demande comment vous faites la sélection pour savoir quels sont les enfants qui vont retourner à l'école ou pas parce qu'en fonction des secteurs il y a soit c'est les parents qui décident et il y a en fonction d'autres secteurs c'est l'école qui appellerait les plus en difficulté en fait c'est comment ça va se passer au niveau de de de vos deux écoles d'abord William et après Gwen pour savoir déjà si vous pouvez nous dire en même temps au passage il y a combien de de de de pourcentage de parents en gros d'élèves qui ne viendront pas et de savoir comment la sélection elle s'est faite vas-y William

1:03:14
Invité

ouais ben justement aujourd'hui on a passé notre journée à faire ça clairement le matin à rappeler tous les parents voilà donc pour savoir s'ils comptaient ou pas remettre leurs enfants à l'école alors il faut savoir nous la rentrée elle a été repoussée au 25 mai d'accord donc le maire il fait partie des maires qui ont signé la tribune avec qui il y avait 394 maires d'île de France qui ont signé la tribune appelant Macron à repousser la rentrée en septembre donc lui le maire il n'est pas super chaud et en même temps on a les conditions sanitaires actuelles ne sont pas réunies donc ce matin on a appelé les familles moi juste pour donner un ordre d'idée dans ma classe bon j'ai 20 élèves t'as franchement les deux tiers qui ne remettent pas leurs gamins à l'école et dans les dans les 13 autres classes la proportion c'est au moins de la moitié pareil aux deux tiers qui vont pas remettre non plus leurs gamins

1:04:15
Présentateur

à l'école et Gwen c'est quoi de ton côté

1:04:18
Invité

mais moi je vais te faire rêver tu sais moi par exemple déjà dans ma classe j'en ai zéro moi il n'y en a pas ils ne reviennent pas et dans mon groupe scolaire t'as 400 gamins il y en a 5 il y en a 5 s'il te plaît donc en fait moi j'aime bien aussi qu'on dise tu vois oui mais les gens c'est dur pour eux d'être confinés ils sont dans des petits appartements mais même à l'hôtel ils ne remettent pas leurs gamins moi dans mon école il n'y en a pas ils ne reviennent pas parce que du coup on a aussi on est avec eux ils savent ils voient ça a été demandé nous il y a ces quelques écoles qui sont ouvertes pour accueillir un service minimum d'enfants de soignants et d'enfants de personnel prioritaire ou de cas particulier mais déjà c'est la mairie qui le détermine c'est pas nous c'est pas à nous de dire ah bah toi ok toi ok etc donc il y a ça qui se passe déjà on ne voulait pas prendre cette responsabilité là maintenant il fallait il fallait que les gens soient conscients les gens soient informés nous il n'y en a pas les gens ils ne reviennent pas mais nous c'est du 99% qui ne revient pas donc on se casse la tête avec un protocole tu sais le problème du protocole c'est quoi en fait c'est que si on ne le met pas en place exactement tel qu'il est parce qu'il est légitime le protocole si tu ne veux pas que le virus se transmette il faut que tu fasses ça si tu ne le fais pas tu mets en danger de mort mais si tu le fais tu es maltraitant en fait on est on devient maltraitant l'école qui va se passer là qui va ouvrir parce que si tu veux que le protocole il soit mis en place il va falloir que les mots ils ne bougent pas on ne va déjà pas du tout faire de continuité pédagogique ça va être de la garderie mais déjà on n'a même plus nos classes on a des groupes en fonction des gens qui viennent c'est pas de l'école c'est vraiment vraiment pas de l'école il ne va pas y avoir de continuité moi si je vais une journée sur l'accueil des gamins de soignants ou quoi je vais avoir des gamins de CP des gamins de grande section etc moi en tant que prof déjà ça a été une bataille de pouvoir ne pas remettre mes propres gamins mais nous on n'est pas personnel essentiel à quelle heure c'est essentiel de dérouvrir les ducs non c'est juste effectivement mais là la garderie du MEDEF mais tout le monde en est conscient vraiment tu vois on garde les enfants pour que les gens aient tapé donc du coup s'il y a des gens qui ont vraiment besoin j'en sais rien tu vois je ne connais pas les situations de tout le monde ok mais à un moment donné il y a peut-être aussi des gens qui vont devoir recoller leurs enfants dans des écoles mais vraiment mal dans leur coeur et moi je dis ça en tant que parent parce que moi je l'ai vécu d'être mal en fait moi je n'ai pas envie que tu remettes mes gamins à l'école pas dans ces conditions parce que tout est sur les côtés parce qu'ils vont être avec des gens qu'ils ne connaissent pas par exemple tu as des collègues de ma terre ils ont des petites puces en petite section en grande section ils vont être mis sur une école avec des gens qu'ils ne connaissent pas avec un masque sur la tronche comme ça et en fait on va t'empêcher d'avoir ton doudou et ça c'est du vécu ça c'est des témoignages c'est déjà le cas dans les écoles en fait tu n'auras pas de doudou tu n'auras pas de tétine donc tu pleures donc on n'a pas le droit de te consoler parce que concrètement il n'a pas voulu répondre hier mais si tu suis le protocole tu ne vas pas le consoler sauf que personne ne va faire ça donc ça c'est vraiment la certitude que le protocole il ne va pas être suivi que du coup on va être obligé vraiment la chose qu'il ne faut vraiment pas qu'on fasse c'est faire de la popote c'est la popote interne partout moi sur ma ville c'est comme ça tu vois même là il a même signé à la même tribune le maire du collègue mais tu vois en fait ça va être autre chose et l'autre c'est autre chose vraiment le mot d'ordre c'est le bordel intergalactique c'est la popote interne et c'est tous les enseignants qui sont stressés les parents les gamins tout le monde et moi c'est moi 9h je remets mes gosses à l'école même au collège à quelle heure dis à tes gamins de mettre un masque toute la journée moi j'ai testé sur mes gosses en mode cobaye ouais mettez un masque toute la journée mais ils veulent même pas ils tiennent même pas une heure ils sont obligés ils sont obligés de mettre le masque Gwenn dans ton état non au collège au collège ah oui au collège oui oui d'accord mais non mais nous ils ont dit que c'était pas logique c'est à dire que nous c'est normal que les mômes tu leur mettes pas un masque mais du coup on est potentiellement affecté c'est à dire que nous forcément on va recevoir parce qu'on n'a pas non plus les super masques de la mort on a les masques classiques donc on va se manger les postillons on va se manger les transferts à quelle heure on sait qu'il y a du Covid dans les selles des enfants ils vont aller aux toilettes mais à quelle heure on va désinfecter derrière eux never tu vois c'est sûr et certain que de toute façon ça va se transmettre donc après il faut se poser la question du droit de retrait effectivement je suis complètement d'accord il y a des politiques de droit de retrait si là il y a des checklists qui sont faites qui nous ont pas été données d'ailleurs ça dépend des villes c'est partout vraiment la popote interne si tu checks que tu vois que ton école elle passe pas sur le protocole elle va pas passer ben là il faut faire remonter il faut assumer d'être en droit de retrait sinon d'un côté on participe à la pandémie et là je rejoins le camarade ça sert à quoi de taper des mains à 20h et après alors que moi j'ai des gamins de parents de soignants des gamins de soignants les parents je dis des fois ils sont désespérés ils disent mais vous allez on va tous refaire partir le truc le 11 mai et à un moment donné ça suffit de taper enfin pour moi ça suffit de taper dans les mains et en même temps après de pas faire front il va pas falloir faire la popote interne

1:09:04
Présentateur

c'est mon objet pour stopper Gwen

1:09:05
Invité

pardon geste barrière

1:09:07
Présentateur

geste barrière Gwen c'est une barrière la déroule c'est mon geste barrière

1:09:13
Invité

arrête Anas c'est ta faute

1:09:16
Présentateur

il y a un commentaire super intéressant Tariq Bourbia qui me dit donc bonsoir Anas passe cette info le maire de ma commune de Beaucerre dans le Gard dans le département le numéro 30 en Occitanie laisse les écoles fermées jusqu'à septembre c'est officiel dans cette commune il n'y a pas d'école jusqu'à fin septembre je veux faire la transition avec Marion c'est quoi du coup les revendications là Marion qu'est-ce qui doit se passer aujourd'hui en école élémentaire Marion qui est prof en collège et pour qui le collège ne reouvre pas encore tu nous diras ensuite quand est-ce que ça réouvre de ton côté mais par rapport à ce qu'a dit Gwen et William c'est quoi un peu ta vision de ce que devrait faire parce qu'on voit ils ne sont pas dans la même école mais les mêmes problématiques et les mêmes inquiétudes donc qu'est-ce que doivent faire les profs et j'ai envie de même dire on rajoute Pauline qui auparavant Pauline est agent d'entretien et qui nettoie les classes l'école en entier tout le monde a la même inquiétude c'est quoi la revendication de base à mettre au sommet déjà pour l'ensemble du corps enseignant et et et de agents d'entretien

1:10:36
Invité

ah ouais non moi déjà je voudrais rebondir sur ce que disent là Gwen et William parce que je pense que c'est hyper important de déjà dénoncer un peu l'insulte qui nous est fait depuis une ou deux semaines de dire en fait c'est la reprise comme si on s'était arrêté de travailler et que là on allait reprendre enfin je ne sais pas mais il n'y en a aucun de nous qui s'est arrêté de travailler voire même on a dû bosser plus donc ce truc de reprise en fait c'est une insulte monumentale qui nous est fait depuis deux semaines et ça ça anime un peu la colère quoi plus on a eu pas mal de sorties Blanquer qui dit que c'est du gâchis de dépister les profs ça nous a un petit peu énervé aussi il nous a refait d'autres sorties de ce style là il faut dire que là il y a un bouillonnement qui est enfin voilà dont témoignent tous ceux qui sont passés avant et surtout qu'on n'a toujours pas de garantie sanitaire donc il y a un peu un truc d'angoisse et comme le disent très bien Gwen et William le truc c'est qu'on va sur une école maltraitante et dangereuse et en fait ça c'est pas possible pour nous enfin je veux dire on n'arrête pas de dire non à la garderie du MEDEF les gamins c'est pas des cobayes on veut pas que la deuxième vague elle passe par les enfants enfin je sais pas

1:11:41
Présentateur

en fait on a vu d'ailleurs à Chauvigny à Chauvigny dans la Vienne il y a eu un cluster qui a été détecté en fait il n'y a même pas encore d'enfants qui ont mis les pieds dans l'école tu connais tu peux raconter l'histoire William vite fait si tu la connais

1:11:56
Invité

je la connais pas trop mais enfin je pense qu'on a à peu près tous vu dans les journaux donc en fait c'est il préparait c'est dans un collège il préparait une journée de pré-rentrée à partir du 18 et donc il s'était réuni et effectivement il n'y a même pas encore d'élèves voilà il y a eu 4 je ne sais plus 4K je crois 4K détecté ouais voilà une pré-rentrée voilà sans élève il doit y en avoir chez nous il y en a chez nous c'est sûr ça va sortir tu vas voir il y a eu aussi alors dernièrement j'ai vu un commentaire Gwenn

1:12:39
Présentateur

elle parle comme si c'était un Whatsapp

1:12:41
Invité

c'est un live

1:12:44
Présentateur

on est en live sur les questions permanentes chers camarades avec Gwenn William et Marion qui sont enseignantes et enseignants en primaire et en collège Marion tu avais la parole je te laisse terminer continuer ton intervention sur l'école maltraitante tu disais

1:13:02
Invité

oui non mais de ouf de ouf c'est voilà et puis Blancard aujourd'hui qui nous dit qu'en fait c'est plus sûr de sortir que de rester chez soi donc on ne comprend pas trop bien la logique qu'il a de toute façon depuis le début il ne fallait pas faire le confinement puis on était prêt puis finalement on va cueillir des fraises il y a un phénomène d'usure qui est un peu lourd là dans les ducs et on n'a plus confiance ça c'est le truc qui revient de ouf et c'est pour ça qu'il y a un phénomène de panique et tout et au delà de dire c'est la garderie du MEDEF il y a un autre aspect qu'on voit beaucoup c'est que ça nous occupe énormément le cerveau leur flou de merde là parce qu'on ne sait pas où on va enfin il n'y en a aucun de nous comme ils disent là les camarades on ne sait pas en fait comment on va appliquer leur protocole à la con hier il y a un message elle me disait on est en train de faire des petits sacs de jouets pour que les gamins ils restent attachés à leur chaise toute la journée à 3 mètres de distance je ne sais pas si vous avez vu les photos avec leur petit sac de jouets devant eux pour ne pas qu'ils contaminent les autres jouets mais ils vont passer la journée comme ça les gamins dans la tête des sacs de jouets c'est un cauchemar donc maltraitance totale et nous ce qu'on peut faire ce qu'on peut proposer déjà c'est de réinitier du collectif dans la période parce qu'en fait on voit il y a beaucoup de colère mais elles sont isolées et du coup ça crée un peu des trucs de frustration de tension et puis vraiment ils nous occupent le cerveau à ne pas être très clair sur où on va et surtout à ne pas nous donner le minimum de garantie sanitaire on a fait une campagne la semaine dernière pour avoir des masques gratuits c'est le minimum les masques surtout qu'en fait ils font comme si la question des dépistages ça n'avait plus ça n'avait plus raison d'être mais en fait il faut toujours nous dépister le cas de la Vienne ça nous dit ça donc ça c'est tous ces trucs là il y a minimum et après moi si je peux avancer un peu sur les trucs il y a des initiatives locales qui commencent à se mettre en place et qui sont à généraliser typiquement aujourd'hui sur le lycée qui est attenant à mon collège on a été fabriquer des masques pour les élèves depuis l'atelier mode du lycée je pense que ça c'est des initiatives qu'on peut développer il y a aussi des dans le 93 particulièrement mais à Marseille aussi je pense il n'y a pas qu'une situation de pandémie en fait il y a une crise économique sous-jacente qui est en train de s'accentuer dans la période et du coup il y a des élèves qui sont en confinement en train de crever la dalle en fait et ça c'est une des préoccupations qu'on doit avoir nous aussi en tant que profs parce qu'on a un lien social avec les élèves avec les familles et qu'il faut l'entretenir Gwen elle dit elle va aider quelques familles pour des repas etc nous on a fait une distribution alimentaire aussi sur le collège c'est des trucs qu'il faut développer parce qu'en fait on ne veut pas que nos gamins ils crèvent de faim qu'ils aient pas le choix les gamins aujourd'hui entre crever du Covid ou crever de faim c'est un délire c'est quoi la société qu'on est en train de leur proposer

1:15:41
Présentateur

avant d'arriver aux revendications et au volet plus comment on s'organise etc il y a une petite question peut-être pour William mais on demande c'est quoi l'utilité au-delà du truc de garderie du MEDEF qu'on a un peu bien compris mais c'est quoi l'utilité concrètement pour un gamin demain de revenir notamment toi ton école c'est le 25 mai donc c'est quoi le but en fait qu'il revienne le 25 mai tu vas lui faire quoi il va apprendre quoi à partir du 25 mai

1:16:12
Invité

déjà pour rebondir par rapport à la question que tu posais sur quels critères on choisissait les gamins qui reviennent à l'école car déjà sur la base du volontariat des parents sauf qu'on sait très bien déjà à partir de juin certains parents n'auront pas le choix puisque il n'y aura plus le chômage partiel ce sera à la fois du chômage partiel donc moi c'est le cas dans ma classe là tu en as au moins trois ou quatre qui vont revenir en juin on nous parle aussi oui Blanquer il dit oui le but c'est de rattraper les 4% de décrocheurs scolaires moi concrètement enfin les décrocheurs scolaires ils ne reviennent pas moi j'en ai mais ils ne vont pas revenir quoi donc moi avec les gamins qui vont me rester ce que je vais faire franchement la période va être très courte parce que c'est déjà en demi-groupe donc le temps d'enseignement il va pratiquement être divisé par deux il va rester quoi un mois si tu divises par deux allez peut-être trois semaines d'enseignement et encore même pas parce que dans la journée si tu prends une journée type tu arrives le matin il faut qu'ils aillent se laver les mains avant de rentrer en classe il faut qu'ils s'installent ensuite à chaque fois qu'ils vont tousser il va falloir passer du gel quand ils vont se déplacer il va falloir faire très attention à ne pas toucher trop le mobilier pour les récréations les récréations vont être échelonnées donc il va falloir il va falloir encore passer aux toilettes pour remonter après la récréation encore se laver les mains en fait on va passer aller peut-être un tiers du temps à nettoyer les mains des gamins et puis à nettoyer le matériel donc déjà chaque jour donc déjà en fait sur les deux trois semaines du temps d'apprentissage tu peux pratiquement enlever presque une semaine allez on va peut-être faire deux semaines

1:18:02
Présentateur

et c'est combien de jours par semaine c'est deux jours par semaine c'est ça

1:18:05
Invité

oui c'est normalement voilà c'est des demi-groupes et donc c'est comme je te dis voilà le temps d'enseignement il est déjà divisé par deux puisque c'est c'est en fait la classe c'est indé en deux groupes donc il y a un groupe qui va faire deux jours et puis l'autre l'autre groupe qui va faire les deux autres jours de la semaine ou alors ça va être un jour sur deux ou une semaine sur deux ça dépend en fait de l'organisation des écoles donc en gros

1:18:31
Présentateur

il n'y a pas grand chose quoi à tout casser un enfant il va faire peut-être dix jours de classe quoi en présentiel

1:18:38
Invité

ouais ouais ouais et d'autant plus on nous a bien dit vraiment axé sur le minimum enfin sur les besoins de l'élève français mat ça va se limiter forcément qu'à ça parce que moi

1:18:52
Présentateur

je me rappelais au mois de mai enfin je ne sais pas vous à l'époque mais nous au mois de mai on jouait au Scrabble et on buvait du Banga ouais ouais le mois de mai je jouais à l'école c'était ça c'était Scrabble Mikado et tu venais avec une pochette

1:19:06
Locuteur 9

il y avait une pochette

1:19:09
Présentateur

avec un critérium et une feuille blanche histoire d'eux mais au final il y avait on ne faisait rien du tout

1:19:14
Invité

là Blanquer il veut clairement pousser jusqu'à juillet s'il peut jusqu'au dernier jour voire même pendant les vacances on l'écoute bien

1:19:21
Présentateur

Gwen une question pour toi qu'on nous demande comment ça va se passer pour les enfants du coup qui ne sont pas volontaires pour retourner à l'école comment vous allez gérer la classe en même temps vous allez avoir des enfants en présentiel et on nous dit les enfants qui restent à domicile ça va se passer comment ces choses là est-ce que vous allez juste leur donner des devoirs est-ce qu'ils vont devoir se connecter en live pendant toute votre classe comment ça va se passer

1:19:51
Invité

voilà en fait c'est un énorme problème qui relevait vraiment une énorme majorité des profs c'est comment tu fais du présentiel et du distanciel voilà c'est qu'en fait tu vas avoir 5 élèves dans ta classe par contre tu en as 20 autres là-bas mais eux tu vas les abandonner si tu es en présentiel c'était ça le premier mais en fait ça change tout le temps il faut que tu te dises que tous les deux jours ça change et que c'est pas pareil d'une ville à l'autre c'est vraiment voilà c'est ça donc tu vois nous par exemple moi je veux pas arrêter le distanciel parce qu'en fait on s'est cassé les pieds comme pas possible à mettre ça en place mais vraiment c'était douloureux c'était compliqué on n'endormait pas on se cassait la tête on a ramené des tablettes etc on met le truc en place ça y est on y arrive ça y est on commence à se l'approprier c'est chaud ça génère plein de problèmes mais on commence à s'en sortir et ça y est on va virer tout cela donc tous ceux aussi c'est de la discrimination tous ceux qui ont des PAI c'est à dire des gamins qui sont ou alors par exemple ta famille tu as quelqu'un de fragile dans ta famille toi c'est double peine parce que toi tu te dis ah désolé on ne te prend pas désolé toi ta famille elle est malade elle est fragile tu vis avec ta grand-mère ou ta mère désolé toi on ne te prend pas déjà toi tu es malade ah toi tu es handicapé ah non désolé par contre on va essayer de négocier mais tu sais c'est que de l'oral tu vois on te le dit donc moi ce qu'on va faire en fait c'est qu'ils savent très bien ce qui va se passer c'est qu'en vrai tout le monde va faire le double table personne ne va abandonner ces gamins là-bas donc en fait ils le savent ils le disent même à l'oral on sait que vous n'allez pas le faire mais vous allez gérer les tirs en présentiel et aussi en distanciel donc nous vraiment nous on est vraiment les dindons tu vois vraiment parce que personne ne va accepter de laisser ces mots je ne connais pas un collègue qui va accepter de laisser ces gamins en fait c'est ça le truc qu'on a c'est le lien que tu as avec tes élèves et avec la société et du coup

1:21:32
Présentateur

ça te passe comment pour vous du coup parce que parce qu'en fait les enfants d'enseignantes et d'enseignants sont obligés d'aller à l'école ou comment ça se passe parce que ah ça c'est une bagarre

1:21:45
Invité

voilà alors ça par exemple moi je me suis bagarrée pour ça ça il n'y a pas longtemps ça y est enfin ils nous ont répondu on va avoir des autorisations mais au début c'était pas gagné au début et en plus ça dépend des endroits d'une circonscription à une autre il y a des IUN il y a certaines personnes on va dire des chefs qui sont en freelance c'est à dire qu'ils vont se permettre de dire bah non vous vous venez vous par exemple à côté de chez moi une ville à côté à Gousse par exemple bah tu vois ça demande ouais ok il n'y a pas d'élèves l'école elle est fermée mais elle demande à tous les enseignants de venir sur l'école pour travailler en distanciel tellement ils pensent qu'on ne fait rien je ne sais pas il y a aussi ce truc qui prévaut comme quoi les enseignants tu sais il y a un truc un peu on est des glandeurs on n'a pas envie d'aller travailler il y a beaucoup de cas comme ça dans le 77 vas-y William dans le 77 ce que dit Gwen c'est vrai il y a beaucoup de cas comme ça où la rentrée a été reportée vers le 25 mai et où on demande clairement aux enseignants de venir sur place à l'école pour assurer du distanciel donc là tu te dis mais enfin ils sont complètement sur notre planète quoi faire du distanciel à l'école en sachant que tu n'as pas le matériel parfois tu n'as carrément pas de connexion enfin voilà et on demande même toujours dans ce même département on demande même parfois aux enseignants de déplacer si jamais ils n'ont pas assez de place pour mettre les élèves dans les salles d'aller bouger le mobilier de le foutre ailleurs pour que tous les élèves puissent rentrer dans la salle en respectant bien sûr les 4 mètres carrés entre chaque élève ça c'est demain ça c'est la pré-rentrée de demain dans mon école ça va être demain pour les gamins en service minimum demain ça va dans les écoles ça organise sauf qu'en fait nous on n'est pas compétents pour assurer le sanitaire il nous faut des gens sanitaires pour valider nous on prend quelle responsabilité déjà qu'on n'est pas d'accord ça suit pas le conseil scientifique le conseil scientifique avait dit reprend en septembre ben oui parce qu'on va pas rester confinés toute la vie à un moment donné il va bien falloir qu'on reprenne c'est clair et net mais il faut qu'on ait du temps pour y réfléchir pour justement on puisse et appliquer ce protocole et en même temps pas être maltraitant parce que là tout est dans l'urgence on est nous dans le mal on est nous maltraités on va aller maltraiter les autres il y a les agents de nettoyage justement et les parents d'élèves qui sont en stress mais pourquoi justement la question pédagogique est importante pour pas grand chose mais vraiment ça va pas changer la vie un mois donc c'est vraiment pas ça et puis si c'était vraiment les problématiques scolaires qui étaient un problème pourquoi on réouvre les écoles pourquoi tu réouvres les crèches dans ce cas là ah ouais c'est vraiment drôle scolaire ça c'est la première pilule déjà

1:24:20
Présentateur

du coup pour passer n'hésitez pas chers amis sur Révolution Permanente il y a plein plein de réactions du coup tout le monde réagit sur la question de maltraitance Marion tu as le droit à des petits cœurs aussi Gwen elle a le droit à des petits cœurs William tu n'as pas de petits cœurs non pourquoi on ne fait pas de petits cœurs à William ça se réam c'est incroyable faites des petits cœurs à William s'il vous plaît dans les commentaires non mais plus sérieusement plus sérieusement chers amis connectés abonnés de la page Révolution Permanente on est encore ensemble quelques minutes pour finir de décortiquer cette reprise notamment dans des écoles dites-nous déjà vous si vous avez envie d'envoyer vos enfants à l'école est-ce que vous allez les envoyer à l'école ou est-ce que vous n'êtes pas du tout rassuré par ce que vous dit Gwen William et Marion et que vous êtes en train peut-être de vous dire finalement je vais peut-être les garder avec moi du coup je vais passer à Marion c'est quoi la revendication ultime Marion est-ce que la revendication première c'est la question de septembre qu'est-ce que tu penses toi de la reprise de l'école au mois de septembre est-ce que ça c'est une revendication que vous vous devez avoir au niveau de l'éducation nationale

1:25:38
Invité

non mais oui et non c'est à dire qu'en fait il y a une inégalité territoriale de la pandémie et du coup ça dépend vraiment au cas par cas là-dessus on peut être d'accord que en fait c'est pas la même chose dans l'Oise avec ce qui s'est passé ou dans des collèges où il y a eu des cas comme Benjamin Amar et il y a des profs par ailleurs qui sont morts il faut le dire je pense que c'est important de signaler ça même des parents d'élèves qui sont décédés on fait comme si tout ça n'avait pas eu lieu en fait comme si c'était une page de tournée mais en fait il y a encore des gens qui sont décédés même pendant ce week-end un chauffeur RATP qui est décédé ce week-end à Pavillon qui est une ville qui n'est pas loin de chez nous c'est des choses

1:26:13
Présentateur

le sixième mort à la RATP

1:26:16
Invité

le sixième mort à la RATP ça arrive avant-hier et on fait comme si on tournait la page et c'est bon c'était fini on va sur une réouverture sur un déconfinement mais la page elle n'est pas tournée ce n'est pas vrai la pandémie ne s'est pas arrêtée à partir du 11 mai et elle ne va pas s'arrêter à partir du 11 mai donc en effet la question c'est comment on réadapte une école qui déjà ne fonctionne pas en temps normal parce que ça ne fonctionne pas en temps normal déjà en temps normal on n'a pas les moyens on n'a déjà pas de garantie sanitaire en temps normal on n'a pas assez d'agents on n'a pas assez de CPE on n'a pas assez d'AED on a trop d'élèves par classe on a des locaux vétustes et comment en fait on va faire avec tout ça dans cette pandémie donc on nous dit oui moins d'élèves du gel des masques les masques ils sont détournés c'est une grosse blague on a vraiment l'impression d'être dans un film de science-fiction donc en fait ce qu'il nous faut c'est un minimum de garantie sanitaire et ce qu'il faut surtout c'est que ce soit à nous d'imposer nos conditions parce que les gens qui ont écrit ces protocoles je ne sais pas qui c'est je ne les connais pas mais je sais qu'ils ne travaillent pas à l'école ça j'en suis sûre parce qu'en fait pour écrire ce qu'ils ont écrit ils n'ont jamais foutu les pieds dans une école tout le monde rigole en mode que les élèves amènent leur sandwich à l'école dans la classe et qu'ils soient à trois mètres de distance les uns des autres enfin je ne sais pas est-ce que ces gens ont déjà mis des pieds à 8h moins 5 devant un collège ou devant une école ce n'est pas envisageable en vérité donc ce protocole c'est juste n'importe quoi est-ce que vous avez des FFP2

1:27:41
Présentateur

est-ce que vous avez des FFP2 les profs en tant que masque

1:27:46
Invité

nous on dit on aura demain peut-être on ne sait pas enfin il devrait arriver demain c'est-à-dire ça doit ouvrir mais on n'a pas on n'a ni le protocole précis ni les masques ni rien alors moi c'est masque grand public catégorie 1 on en a deux par jour

1:28:01
Présentateur

c'est incroyable et deuxième question importante est-ce que vous êtes testé est-ce que vous parce que ça parce que depuis tout à l'heure vous faites les malins à avoir peur de nos enfants mais nous on doit avoir peur de vous aussi c'est la peur doit régner est-ce que vous êtes testé chers camarades non

1:28:21
Invité

malheureusement on n'est pas des grands sportifs Anas donc on n'a pas le droit à des dépistages et par ailleurs Blanquer comme je disais tout à l'heure il a dit que c'était du gâchis de dépister les profs on pense que c'est du gâchis de dépister les mecs comme lui en fait qui ne travaillent pas et qui ne sont pas au contact des enfants comme nous on va l'être mais du coup c'est toutes ces aberrations qui sont là en fait et qui

1:28:41
Présentateur

c'est incroyable peut-être un prof est positif au Covid-19 et qui va reprendre sa classe

1:28:45
Invité

oui bien sûr

1:28:47
Présentateur

et en plus

1:28:49
Invité

je ne sais pas mais en premier moi je vois en collège bon déjà il y a plein de trucs qu'on ne pourra pas faire mais en premier degré où ils apprennent à lire à écrire mais un prof qui parle comme ça je ne sais pas c'est une aberration en vérité de faire court avec des masques tout est un peu délirant comme ça et en fait on voit que ces gens ne connaissent pas notre quotidien et du coup c'est à nous de poser des solutions on essaye sur mon collège de réfléchir comment on pourrait accueillir quelles seraient les conditions minimum avec quelles élèves etc et du coup on voit en fait que c'est plus aux travailleurs de poser leurs conditions de travail et par ailleurs aussi de préparer les batailles d'après parce que ça nous occupe énormément le cerveau toute cette situation et qu'on n'est pas en train de réfléchir à comment on va militer et ça c'est quelque chose qu'ils ont gagné quelque part en fait William

1:29:40
Présentateur

est-ce que c'est pas aux profs de s'organiser enfin quand je dis aux profs et les agents techniques les surveillants et autres est-ce que c'est pas à vous de vous organiser entre vous pour décider ce qui doit se faire ou pas faire dans votre école une sorte de contrôle ouvrier de l'éducation nationale est-ce que c'est pas ça qui doit se passer pour être sûr et avoir la garantie de ce que vous allez mettre en place aussi bien au niveau sanitaire c'est-à-dire qu'en termes

1:30:09
Invité

de...

Et là justement aujourd'hui avec les collègues on se demandait comment on allait s'organiser pour demain parce que demain nous on a une seconde journée de pré-rentrée comment on allait s'organiser pour baliser le parcours des élèves parce que clairement les collègues leur inquiétude c'est que clairement c'est d'éviter le brassage des élèves donc comment faire pour organiser le sens de circulation les distances de sécurité là demain tu as des collègues qui sont prêts à emmener eux-mêmes leur scotch et machin et compagnie alors que normalement ça c'est c'est un travail que la mairie devrait faire normalement la mairie devrait assurer ce travail-là puisque d'une part si c'est eux qui font ce travail-là quelque part ils vont se couvrir alors que s'ils laissent les enseignants faire ça engager leur responsabilité si le travail n'a pas été bien fait mais en tout cas toujours est-il que le mieux c'est qu'on puisse faire ça en concertation avec la mairie on aurait bien eu l'idée de faire venir des agents de la mairie pour le faire ensemble et leur dire exactement comment nous on voit le parcours comment on voit parce que clairement c'est nous qui sommes dans l'école qui avons une vision claire de la façon dont il faut que s'organisent les choses on ne peut pas juste comme ça la mairie venir mettre des croix des distances et puis nous arriver et puis voir qu'il y a des choses qui ne vont pas au niveau du du parcours des élèves pour pas qu'ils se croisent dans les couloirs etc donc là si tu veux tu as des collègues qui sont prêts en quelque sorte à se substituer au travail que les agents de la mairie devraient faire quoi et tu penses qu'il y a des collègues

1:31:48
Présentateur

qui vont faire des droits de retrait chez toi ou autour de toi peut-être pas dans ton école spécialement mais mais on a là parce que je dis pourquoi je dis ça et peut-être même tous vous avez un peu une réponse chacun mais on dirait qu'il y a un petit truc de pas spécialement envie de faire de droit de retrait vous savez le truc de la tâche de l'éducation nationale de ce sont des enfants ça se fait déjà il y a un peu ça avec la grève et j'ai l'impression qu'avec le droit de retrait on voit aussi bien de faire un droit de retrait lorsque je ne sais pas moi on est maçon peut-être on se dit bon si je me mets en danger sur le tracteur je ne vais pas le faire sur le Manitou je ne vais pas le faire mais qu'à l'école il y a peut-être une réticence

1:32:31
Invité

il y a une réticence parce que c'est vrai qu'il n'y a pas cette culture-là du droit de retrait on se dit qu'on est avec des enfants on enseigne et qu'il n'y a pas cette notion de danger comme tu dis comme on peut l'avoir sur un chantier ou quelqu'un qui va monter en haut d'une grue ou qui va travailler à des températures extrêmes nous on n'est pas dans ce cas-là donc finalement c'est vrai que ce Covid finalement révèle des choses qu'on n'a jamais envisagé d'exercer et moi je sais que dans mon école il n'y a personne qui parle du droit de retrait au pire ce qu'ils envisagent c'est de faire à la circonscription s'il y a des points du protocole qui sont inapplicables tu vois exercer on va dire un droit d'alerte mais le droit de retrait franchement il n'y a personne qui l'envisage

1:33:22
Présentateur

Gwen tu trouves toi aussi ça incantatoire en fait notamment parce que ça c'est un peu le refuge des directions syndicales c'est un peu on dit ouais nous on invite les gens à faire un droit de retrait mais après le droit de retrait il faut le formaliser il faut qu'il y ait des équipes derrière parce qu'on sait comment ça se passe quand le mec tu le mets face au patron ou un directeur il va se manger un coup de pression il va lui dire mec ton truc il n'est pas légal tu as un masque tu as machin il n'y a rien qui justifie ton droit de retrait et on sait comment ça se finit et notamment enfin on voit mal un enseignant qui va aller abandonner 10 gamins ou 15 gamins dans sa classe pour aller se mettre en retrait donc est-ce que Gwen tu trouves ça un peu incantatoire ce truc là des directions syndicales qui viseraient simplement un peu à se dédouaner un peu le cœur et la pensée en se disant bon nous on vous a dit de faire des droits de retrait maintenant si vous vous ne faites pas de droits de retrait ça vous regarde un peu

1:34:13
Invité

moi je pense que le vrai problème il n'est pas sur les syndicats la limite les gens qui sont syndiqués c'est déjà les gens qui essayent de s'organiser alors moi je pense que les collectifs aussi c'est vraiment important en ce moment il faut qu'on se mette ensemble dans des collectifs qu'on s'organise ensemble qu'on se regroupe qu'on ne reste pas tout seul mais moi je pense qu'un des problèmes c'est vraiment c'est comme par rapport à un patron en fait les gens ils ont peur de l'autorité tu te prends une pression tu as peur de l'autorité alors qu'on est fonctionnaire on risque rien mais ça moi tu vois c'est là où j'irai vraiment plus loin en fait il y a ce côté moi je suis une je suis une inconditionnelle de Damasio tu vois j'ai l'impression qu'on est dans une dystopie pour ceux qui connaissent un petit peu ils parlent de dystopie de système de contrôle et de résistance justement la volte moi c'est quelque chose qui me parle et qu'on soit révolté c'est hyper important on a de quoi être révolté mille fois mais à un moment donné il va falloir être volté ça veut dire être créatif il va falloir vraiment qu'on s'organise moi le concept de volte c'est quelque chose qui me tient à coeur on est révolté mais maintenant on va aussi être volté c'est à dire qu'il faut qu'on s'organise il faut qu'on se rassemble il faut qu'on aille voir il faut qu'on s'informe il faut qu'on se soutienne il faut qu'on arrive à créer ensemble pas que on t'interduque à un moment donné on a tous le nez dans l'assiette il faut qu'on lève la tête et qu'on regarde le banquet en fait tu vois il y a les soignants qui sont là il y a plein de monde moi je pense que l'éducation nationale vraiment pour partir plus loin encore une fois qu'on aura fini là on est dans des combats de tous les jours notre cerveau il est occupé c'est exactement ce qu'elle disait Marion en fait nous on a une responsabilité parce qu'en fait à l'éducation nationale nous on a été éduqués nous même toute notre génération tu devais obéir à un enseignant t'as un enseignant qui est là il t'explique pas pourquoi aujourd'hui il a décidé qu'il te faisait travailler les maths aujourd'hui il a décidé qu'il te faisait ça en fait c'est toute la pédagogie qui est à remettre en question mais il y a des pédagogies qui existent depuis longtemps où t'émancipes les gens en fait et pour moi le vrai enjeu sur l'éducation ça va être quand tu vois en plus là les gens comme ils sont frileux comme nous dans l'éduc ils ont peur mais dans d'autres endroits tu vois bien les mouvements de grève alors il y a eu des gros mouvements effectivement c'était bien c'était l'interpro il y a eu des belles choses qui se sont passées mais il y a eu aussi plein de gens qui ne se sont pas bougés alors que c'est quand même catastrophique que tout le monde est d'accord sur ça sur le système capitaliste les problématiques environnementales etc.

moi je pense que du point de vue de l'éduc on a un rôle à jouer sur les pédagogies qu'on va mettre en place que t'apprennes aux gens à discuter à penser à remettre en question l'autorité tu vois toutes ces pédagogies émancipatrices à base de Freinet de Ouri enfin vraiment les pédagogies institutionnelles en fait on est face à un groupe je pense que l'école et d'ailleurs le lycée il a été créé par Napoléon après la révolution après la commune et compagnie juste pour calmer tout le monde parce qu'il n'arrivait plus à contrôler les révolutionnaires les gens qui foutaient le bordel donc ils ont créé le lycée pour cadrer tout le monde et je pense qu'on a ce modèle-là dans l'éduc où t'as l'enseignant c'est Dieu et même par rapport aux parents d'élèves enfin il y a un travail à faire au niveau des enseignants parce qu'il y a un petit côté tu vois les parents des fois ils n'osent pas ça dépend des endroits moi nous on galère alors nous on n'a pas fait comme ça je te dis franchement nos pédagogies c'est pas comme ça mais que les élèves tu les incites à coopérer à créer à participer que tu les prennes en considération c'est un truc qui a développé tu vois vraiment largement pardon j'arrête moi je suis voltée moi je suis damasio je veux pas être dans une vidéo

1:37:13
Présentateur

avec Gwen à l'école on aurait passé des bonnes années nous on se faisait enfin moi je me galérais un peu à l'école j'avais madame Pouget à Sarcelles Jean Mermouz 2 qu'est-ce qu'on se faisait avec madame Pouget madame Pouget si vous regardez ce live arrête

1:37:29
Invité

je sais pas c'est la bien Marion

1:37:32
Présentateur

pour aller un peu sur la fin et vous laisser tous un mot de conclusion etc je te laisse Marion vas-y

1:37:41
Invité

j'arrive pas à couler mes mots non mais ce que vient de dire Gwen en fait enfin moi je pense c'est central le rôle idéologique de l'école c'est vraiment quelque chose qui est à questionner puisque ce qu'elle disait en fait Gwen qui moi me parle beaucoup c'est comment en fait nous on a un relais idéologique de l'État et du système capitaliste en dernière instance et comment en fait on est en train de notre rôle un petit peu c'est de rythmer les cours enfin voilà tout ce qu'elle a décrit juste avant et comment en fait dans une période comme celle-ci où on a rompu un peu profondément avec le quotidien de cette école on peut en fait se dire tiens ça serait quoi l'école d'après puisque là en fait on est passé d'un enfin voilà d'un quotidien horrible où les gamins ils se levaient à 8h moins 5 ils étaient à moitié endormis sur leur cours ils enchaînaient sur pour côté collège 5 à 6 matières dans le truc on les balade de locaux en locaux ils comprennent même pas ce qu'ils apprennent et ils apprennent pour apprendre pour nous faire plaisir et pas parce qu'ils ont plaisir à apprendre et du coup ça c'est tout ce que vient de dire Gwen et comment en fait tout ça on le re-questionne profondément aujourd'hui puisqu'en fait avec cette continuité pédagogique à la noix on a rompu avec notre quotidien un peu de scolarité normale et nous on ne veut pas en fait que l'école d'après Covid ce soit le retour à l'avant le retour à cette espèce de carcan idéologique dont on était le relais et dont on était le moteur et en fait on veut construire des individus critiques pour cette société on veut en fait c'est ça qu'elle dit Gwen et moi je pense que c'est très important dès aujourd'hui de s'organiser de réfléchir profondément à quel est notre rôle en tant que travailleurs de l'éducation qu'est-ce qu'on est en train de faire avec les élèves et qu'est-ce qu'on est en train de leur laisser comme société et ça c'est des questions qui se posent urgentement aujourd'hui et du coup pour ça évidemment il faut s'organiser etc.

par ailleurs moi je vais faire un peu ma pub mais avec les camarades de Révolution Permanente dans l'éducation on fait nos comités on fait des comités éduc-nat régulièrement donc on vous invite à les rejoindre mais il y a une urgence à s'organiser à se poser les bonnes questions et à revendiquer des choses à la fois par rapport à la situation de pandémie à la fois par rapport à la situation de crise économique mais aussi plus largement à quelle société on veut laisser à ses enfants à ses élèves qui sont en train de vivre des situations très rudes et on voit que le capitalisme n'est en rien une solution par rapport à la situation moi je terminerai là-dessus

1:40:04
Présentateur

William t'attends quoi pour demain pour demain ou plutôt

1:40:12
Invité

pour faire quoi pour beaucoup plus tard clairement c'est clair il y a eu un avant avant Covid un pendant Covid et il y aura forcément un après Covid et pendant cette période-là il y a quand même quelque chose qui est passé c'est l'ère du numérique le numérique que monsieur Blanca a voulu à tout prix mettre en avant mais je crois que c'est un projet qu'il a en tête depuis un beau moment d'ailleurs dès qu'on a été confiné la première chose qu'il a dit dont il s'est réjoui c'est de dire que tout était déjà mis en place et laissant sous-entendre que comment dire que les outils numériques étaient déjà en place depuis un petit moment et qu'on aurait prêt à les utiliser ce qui n'a pas du tout été le cas puisque ce qui s'est surtout organisé c'est l'inventivité des enseignants et moi ce que je note beaucoup en tout cas moi où j'ai enseigné c'est qu'il y a vraiment une chaîne de solidarité qui s'est organisée entre les familles vraiment moi j'avais des élèves qui n'avaient pas du tout de connexion au début qui ne savaient pas comment utiliser les outils et tu avais le voisin d'un élève qui allait voir le camarade pour lui apporter les devoirs tu avais des moi j'ai vu aussi des élèves qui travaillaient ensemble et cette chaîne de solidarité voilà je pense que je pense que même ça marquera aussi mais ce qu'il faut dire c'est que ce numérique là ne remplacera jamais l'enseignant j'ai clairement coupé en fait les liens qui existent entre les enseignants et les automates et le numérique clairement pour empêcher ou ternir toute réflexion et négociation c'est un peu j'ai envie de dire ce qui se passe un peu à une échelle un peu plus large je veux dire on sabote les négociations on sabote les syndicats en fait on veut clairement

1:42:24
Présentateur

je vais me ranger mon fils dans le live beaucoup il va nous donner sa vision c'est le premier live sur internet où un enfant en CE1 va dire lui ce qu'il veut pour le déconfinement donc clairement

1:42:37
Invité

il veut je vais terminer en fait clairement ce numérique là ne remplacera jamais en fait les liens affectifs sociologiques que l'enseignant peut développer avec ses élèves donc voilà c'est vraiment le message que je veux passer et quand j'entends monsieur Blanquer qui espère alors rentrer parce qu'il dit qu'il va falloir qu'on vive avec le Covid développer davantage l'enseignement à distance j'ai envie de lui dire que en fait ce qu'il aurait fallu faire c'est plutôt le développer maintenant l'enseignement à distance nous laisser dans l'enseignement à distance puisqu'on avait réussi à s'habituer aux outils numériques pour progressivement sortir justement du confinement et ne pas inspirer justement de deuxième vague à l'avenir

1:43:29
Présentateur

merci William je donne la parole à mon fils oui vas-y assis-toi prends ma place je me présente toi

1:43:43
Locuteur 1

t'as que des maîtresses devant toi

1:43:55
Présentateur

elle faut pas et un maître et un maître il y a que des maîtresses et est-ce que t'as envie de retourner à l'école est-ce que t'as envie d'être déconfiné toi ou pas ouais c'est vrai t'es sûr t'as envie d'être déconfiné

1:44:09
Locuteur 1

ah pas ah ok c'est pour aller à l'école

1:44:21
Invité

que tu veux être déconfiné

1:44:22
Locuteur 1

des fois quand il parle

1:44:51
Présentateur

on dirait il est un peu bourré mais vous on a l'habitude en haut mais

1:44:56
Invité

non mais Coco tu préfères être à l'école ou être c'est embêtant aussi

1:45:04
Présentateur

parce que eux ils ont dit est-ce que toi toi si tu vas à l'école mais tu peux pas toucher à tes copains est-ce que t'as envie d'aller à l'école mais t'as le droit de toucher tu touches pas à tes copains

1:45:13
Invité

sans toucher tes copains ni les jouets

1:45:19
Présentateur

mais comment tu vas jouer avec eux si tu dois pas les toucher

1:45:21
Invité

bah ouais

1:45:24
Présentateur

c'est difficile mais à voir

1:45:26
Invité

on en a tous marre en vrai en vrai on en a marre ça a raison c'est juste que là c'est l'illusion un peu des élèves ils ont pas conscience ils pensent qu'ils vont pouvoir serrer leurs copains dans les bras et voilà quoi enfin quand t'entends des pédiatres qui encouragent à remettre les gamins à l'école parce que ce serait des effets psychologiques désastreux s'ils restent à la maison si on fait la balance je pense qu'il peut avoir autant d'effets désastreux si on justement il retourne à l'école parce que là il va se prendre la réalité en pleine face ça va tu arrives à suivre

1:46:04
Présentateur

quand t'es à l'école la classe avec l'ordinateur c'est quoi tes difficultés ? est-ce que tu trouves que c'est facile à faire la classe comme ça ?

1:46:13
Locuteur 1

c'est facile encore plus c'est quoi j'imaginais

1:46:16
Présentateur

c'est vrai ?

1:46:17
Locuteur 1

oui

1:46:17
Présentateur

donc tu préfères rester maintenant par ordinateur ?

1:46:21
Locuteur 1

oui

1:46:21
Présentateur

ok bon bah merci à tout le monde merci je vous remercie j'en relève j'en relève le prochain qui fera les lives viens Imran Imran t'es où ? Imran il va vous dérégler hein ? qu'est-ce que tu dis ? Imran il va vous dérégler Imran il veut plus retourner à l'école il a dit ça je veux travailler maintenant ah bon ? je plaisante Gwen c'est quoi le pour demain ? c'est quoi ton rêve ton rêve pour demain ?

1:46:55
Invité

demain je reste chez moi perso tu vois franchement je m'occupe des petites non moi ce que vraiment c'est ton rêve c'est qu'on se fédère en fait c'est qu'on arrive à travailler ensemble c'est qu'on poursuive ce qui s'est passé un petit peu au dernier mouvement tu vois on a commencé à être dans l'interpro à être ensemble à être ouais venez on va manifester avec les soignantes venez on va manifester avec les cheminots venez les cheminots vous venez chez nous bloquer les lycées parce qu'on a un bac de merde parce qu'en fait notre société on est tous ensemble et en fait on a vraiment besoin de se soutenir et on a besoin que les gens voilà arrivent à sortir ça parce que je pense qu'il y a plein de gens qu'on sent en eux et qui s'en rendent pas compte qui sont bloqués enfin vraiment on s'est fait éclater par le système vraiment et on a ça à sortir et je pense que l'école pour le coup pas que mais elle peut vraiment jouer un rôle parce qu'on a l'école de tous les gens en fait et je pense que ça génère beaucoup aussi la société et j'espère que que nos petits loups tu vois que les tiens par exemple et bien ils seront dans des écoles émancipatrices où ils seront plus à même de s'exprimer de s'entraider vraiment de faire attention aux autres de créer d'être créatif et voilà et de pouvoir choisir et de pouvoir être curieux quoi et ça pour l'instant l'école qu'on a vécu nous elle était pas forcément comme ça il faudrait vraiment vraiment oeuvrer en ce sens là je pense qu'on a un vrai rôle à jouer une vraie responsabilité dans ce bordel aussi en ceci étant

1:48:10
Présentateur

voilà Mario le mot de la fin t'espère quoi pour le confinement

1:48:20
Invité

t'aimerais quoi on discute souvent avec Gwen et il y a un truc qu'elle dit souvent que j'aime bien c'est qu'on n'oubliera pas on va leur faire payer la facture et ça pour leur faire payer la facture il faut dès aujourd'hui s'organiser c'est un truc qui est central dans la période c'est à dire les AG virtuels les liens avec les parents avec les agents avec les collègues en effet l'école elle est au coeur de cette société donc elle peut en fait permettre des regroupements très forts pour pouvoir justement préparer les batailles d'après donc on est en train de réfléchir à comment on peut penser dans la période des embryons d'auto-organisation pour l'après et par ailleurs on a déjà des revendications dans la période et on a déjà des façons aussi de pouvoir militer moi je vous disais tout à l'heure l'urgence de l'aide alimentaire dans le 93 je pense qu'elle est sous-estimée très fortement qu'on me dit souvent c'est à l'État de s'en occuper mais l'État ne s'en occupera pas et moi je ne vais pas laisser mes élèves crever par exemple donc ça c'est des préoccupations immédiates super importantes et beaucoup d'autres aspects on est en train de traverser on a traversé un moment difficile et peut-être qu'on va devoir le revivre on ne sait pas etc s'il y aura une seconde vague et s'il faudra de nouveau se reconfiner blablabla mais en tout cas les moments qui nous attendent ne seront pas plus tendres et ils ne seront pas plus tendres pourquoi ?

parce qu'en haut ils font n'importe quoi que c'est un système capitaliste qui nous exploite qui nous opprime etc et qu'il faut qu'on dès aujourd'hui qu'on commence à se poser les bonnes questions de comment on va s'y attaquer en profondeur et en effet par le biais de l'école il y a beaucoup de choses à penser et à poser dès maintenant et voilà moi je m'arrête là

1:49:57
Présentateur

William tu as eu plusieurs petits cœurs je tenais à te le dire parce que j'en ai liké

1:50:03
Invité

un ou deux je crois

1:50:04
Présentateur

t'as réussi à en liker donc voilà il y a Linda qui vous dit honnêtement chapeau bas à tous les enseignants car s'improviser maîtresse d'école a été pour moi durant ces 55 jours très compliqué alors bravo à vous Chris mon camarade Chris qui a mis ils n'ont même pas le droit de se passer d'objet ni de ballon dans le protocole évidemment que c'est désastreux de les remettre à l'école ils ne peuvent rien faire tac tac tac ils veulent juste que les parents Charlotte ils veulent juste que les parents bossent point barre ils s'en foutent de nos gamins l'école est le principal lieu de socialisation des enfants pourquoi Blanquer veut que les gosses reviennent au moins une fois au bahu enfin bref chers camarades je voulais vous remercier toutes et tous tu voulais dire un truc William vas-y

1:50:54
Invité

non non mais pourquoi oui c'est je crois que le dernier commentaire il fait référence à ce que Blanquer a dit dernièrement qu'il veut que tous les gamins reviennent au moins une fois bon déjà je ne comprends même pas pourquoi il dit ça parce qu'en réalité déjà c'est sur la date des volontariats déjà donc il y a des parents qui vont décider de ne pas ramener leur gamin à l'école donc je ne sais pas pourquoi il sort ça en plus toutes les écoles ne vont pas ouvrir en même moment et il se peut même qu'il y ait des écoles qui n'ouvrent pas du tout des établissements qui ne vont pas ouvrir donc en fait chaque jour ils nous sortent des trucs complètement sortis de leur contexte et contradictoires enfin bon on risque un reconfinement c'est tout vas-y Marion on risque un reconfinement moi juste un truc parce qu'en fait on n'en a pas parlé mais ce soir il y avait un rassemblement contre les violences policières vu que c'était le premier jour de déconfinement peut-être tu l'as

1:51:48
Présentateur

j'allais en parler j'allais en parler rassemblement là ce soir depuis quelques à peu près une heure et demie à Saint-Denis à l'île Saint-Denis l'île Saint-Denis c'est là où il y a ce camarade là vous avez entendu cette phrase raciste d'un policier qui a dit un bico comme lui ça nage pas ça coule donc voilà il faut savoir que la police demande également que l'on voyait dans son pays d'origine parce qu'il serait en situation irrégulière donc voilà en fait l'acharnement le moment où vous osez parler à la presse lorsque vous osez dénoncer les violences dont vous êtes victime et bien la police elle essaye derrière de vous faire payer le prix comme on dit pour faire fermer la gueule à tout le monde derrière si demain quelqu'un aurait le malheur de dénoncer des violences policières ou la répression qu'ils subissent chers camarades on était tout à l'heure avec Benjamin Amard camarade de la Confédération CGT et enseignant dans le 94 on était encore avec on était avec Pauline qui est agent d'entretien qui nettoie les écoles élémentaires dans en Gironde au niveau de Bordeaux et on était avec Gwen qui est enseignante à Sarcelles dans le 95 en primaire William qui est également enseignant dans le 93 à Villemomble en école élémentaire Marion qui est professeure en collège sur plusieurs collèges dans le 93 au niveau d'Aubervilliers moi pour faire la synthèse de ce live je vois à quel point en fait ce sont les mêmes qui nous ont dit qu'ils étaient prêts à gérer la crise sanitaire qu'ils nous disent qu'ils sont les mêmes à être prêts à déconfiner au final on voit à quel point c'est une grande mascarade ce sont des charlatans il n'y a pas plus grand charlatan que le gouvernement d'Emmanuel Macron depuis le départ ils ont montré que pendant les deux mois de confinement ils n'ont servi à rien du tout ils n'ont rien fait ils auraient pu tester massivement ils auraient pu détourner des lignes de production à PSA Renault Airbus ou d'autres pour fabriquer des lits des respirateurs artificiels des masques et autres pour permettre à tout le monde d'avoir les moyens nécessaires pour pouvoir se protéger or ils ne l'ont pas fait jusqu'au bout du bout ils ont banalisé cette crise sanitaire cette épidémie de Covid-19 et encore aujourd'hui on voit que à quel point en fait ils ont l'impression que ça va disparaître comme un enchantement en fait ça partirait or on voit et tout le monde le voit que au moins dans les six mois sinon les un an ou les deux ans à venir il va falloir vivre totalement différemment et notamment travailler totalement différemment c'est-à-dire agrandir les écoles construire des écoles plus grandes construire des nouveaux hôpitaux des cliniques et autres essayer de fabriquer des moyens dans les transports en commun différents dans lesquels les gens en fait ils seraient moins agglutinés moins les transports seraient moins bondés il y a beaucoup de choses à faire on a vu que pendant ces deux mois en tout cas le minimum il n'a pas été fait c'est-à-dire celui de produire des masques celui de produire du gel en nombre et celui de permettre de tester massivement on teste et on confine on teste et on confine on ne fait pas n'importe quoi on ne renvoie pas des professeurs dans des écoles face à des gamins alors que le prof il peut avoir le Covid-19 il était tout seul peut-être confiné chez lui personne ne savait qu'il a le Covid-19 et bien maintenant il va le refourguer sûrement aux 15 gamins qui sont autour de lui et les 15 gamins ils vont aller le refourguer à leurs parents et peut-être tuer leurs parents demain et les parents vont le refourguer autour d'eux donc ça va être des nouveaux clusters géants et une deuxième vague c'est fort possible qu'une deuxième vague revienne en tout cas à travers la réouverture de ces écoles notamment et de la reprise dans l'éducation nationale donc chers camarades moi je pense une chose c'est qu'au-delà des revendications immédiates je pense que déjà l'ensemble des personnes qui ont affaire dans l'éducation nationale doivent réclamer des FFP2 on ne doit pas autoriser la réouverture d'une seule classe déjà à minima il n'y a même pas la possibilité de se protéger du FFP2 je rappelle que les masques chirurgicaux ça vous permet si vous vous avez le COVID-19 d'empêcher de le transmettre de minimiser la possibilité de transmission mais en aucun cas un masque chirurgical ne permet à un professeur d'être protégé si un élève tous éternu ou même ce qu'on appelle l'effet d'aérosolisation c'est-à-dire les petites particules fines lorsqu'un enfant va répondre à des questions ou autre ou va parler et lorsqu'on sait qu'on est dans une classe confinée et bien ça circule dans l'air et voilà donc il va falloir que les profs et pas que les camarades comme Pauline réclament des masques FFP2 c'est le minimum l'autre minimum ça va être le fait d'être testé on ne peut pas accepter de retourner à l'école sans être testé sans savoir si vous êtes porteur ou pas si demain en fait un enseignant apprend qu'il a transmis le Covid-19 à un enfant et en plus on sait qu'il y a cette maladie de Kawasaki où il y a eu un premier enfant qui est décédé très récemment de cette maladie et on sait qu'elle est combinée au coronavirus il y a énormément d'inquiétudes et j'ai envie de remettre cela dans l'aspect de tout ce qu'on vit aujourd'hui notamment dans les transports en commun parce que les enseignants aussi pour aller à l'école ils prennent les transports et c'est là où ils peuvent prendre des risques encore plus graves et peut-être qu'ils vont prendre le Covid chez un enfant et puis après ils vont le remettre dans le RERV etc.

on voit chers amis que c'est très difficile et si on ne met pas les moyens en tout cas de désinfecter de protéger ça va être très difficile et pourquoi je dis ça parce qu'il va falloir qu'il y ait une union et une solidarité dans la lutte déjà à tout niveau il va falloir que déjà au niveau de l'éducation nationale l'ensemble du personnel de l'éducation nationale se solidarise et fasse bloc on ne peut pas accepter des droits de retrait individuels parce que ça voudrait dire qu'il n'y a qu'une seule personne qui considère que c'est dangereux et les autres qui considèrent que ce n'est pas dangereux on voit à quel point ça ne tient pas la route il va falloir qu'il y ait des droits de retrait collectifs et massifs il va falloir que les enseignants le personnel de l'éducation nationale de la cantine du nettoyage et autres comme Pauline avec les directeurs et les directrices s'organisent face des assemblées générales des collectifs il faut qu'il y ait du contrôle ouvrier partout dans les écoles de savoir qu'est-ce qui sera fait ou pas demain de mettre en place des dispositifs que l'éducation nationale que Blanquer n'a pas pensé pour protéger se protéger soi-même et protéger aussi les élèves demain ça c'est primordial et il va falloir également que tout le monde se solidarise il va falloir que tous les corps en fait on commence à voir demain et à préparer demain parce que William l'a dit tout à l'heure on peut être volontaire au mois de mai mais on voit très bien qu'au mois de juin la question du chômage technique le chômage partiel n'existera très certainement plus et que derrière tout le monde sera obligé de retourner travailler et donc il y a toute nécessité de commencer à s'organiser aujourd'hui parce que si l'éducation nationale aujourd'hui ne reprend pas et bien c'est des parents qui vont pouvoir faire de la garde d'enfants et c'est des transports en commun qui seront moins rebondés et ça permet aux cheminots à l'agent RATP etc.

d'être rassuré dans son travail ça permet à la caissière qui a l'habitude de continuer à prendre les transports pendant le confinement et bien de continuer à travailler sans être inquiété en se disant merde avant ça allait plus ou moins aujourd'hui c'est fini je vais me retrouver à attraper le Covid-19 dans le RERB c'est tout ça les camarades qu'il va falloir qu'on règle et c'est pour ça qu'il est urgent qu'on s'organise et qu'on commence dans chaque métier à mettre en place ces gestes-là nos gestes barrières à nous les gestes barrières de la lutte de classe c'est-à-dire de commencer à s'organiser ensemble pour lutter ensemble et c'est primordial chers amis si on veut éviter en tout cas une deuxième vague je le dis et je le répète ce sont des charlatans qui ne font rien d'autre que jouer à la roulette russe avec nous et de nous envoyer à l'abattoir ils n'en ont que faire de l'intérêt des salariés des travailleuses des travailleurs comme ils n'en ont eu que faire de faire travailler les enfants pendant des années des années avant que le monde ouvrier se rebelle et lutte ils n'avaient que faire de l'amiante ou de plein d'autres scandales qu'on a pu connaître ils s'en foutent au niveau des patrons et il y a mon fils qui vient là est-ce que toi tu veux aller à l'école ou pas ?

même tête

2:00:35
Invité

même tête

2:00:38
Présentateur

lui il est tombé lui il va animer les lives aussi avec Milan donc voilà chers amis il faut prendre soin de nos enfants il faut prendre soin de notre entourage et voilà quoi il va falloir qu'on lutte chers camarades parce que ce n'est pas possible on ne peut pas accepter qu'aujourd'hui les masques ils se retrouvent entre le rasoir Mac 3 et la bouteille de Jack Daniel alors qu'il y a eu plus de 12 500 personnes de la santé qui ont été contaminées des dizaines de morts parmi les médecins les aides-soignantes et autres et aujourd'hui les masques ils se vendent à 40 euros chez Franprix à côté du rasoir et de la bouteille de Jack Daniel alors qu'on nous disait qu'il n'y avait pas suffisamment de masques donc il va falloir insister sur tout ça et il va falloir taper du poing sur la table et se solidariser avec les parents d'élèves il va falloir c'est le moment cette crise sanitaire elle ouvre énormément de choses elle ouvre tous les champs du possible c'est-à-dire tout ce qu'on disait tout à l'heure notamment avec Benjamin Amard c'est-à-dire le fait que les travailleurs commencent à se rendre compte qu'ils font partie d'une seule classe de la même classe la classe ouvrière etc de commencer à voir le rôle des patrons à voir comment on risque ils risquent leur vie etc pour travailler pour un SMIC ou 1500 euros cette crise sanitaire là elle a permis de voir tout ça et également que tu peux être le gouvernement le plus bourgeois et bien tu peux être un gouvernement qui a une gestion criminelle et catastrophique et qu'au final et bien on voit que ça soit notamment dans les quartiers populaires ou l'exemple que Gwen nous a dit également de donner à manger d'aider de participer on voit à quel point que ce sont celles et ceux qui sont les plus précaires les plus en difficulté qu'on stigmatise qu'on méprise dans les médias qu'on qualifie de sauvages de gens de fainéants et autres qui au final depuis le début de ce confinement ont montré le plus grand niveau d'auto-organisation et de solidarité et c'est avec ça en fait qu'il va falloir construire demain en montrant que la classe ouvrière elle est beaucoup plus clairvoyante elle est beaucoup plus solidaire que naît la bourgeoisie c'est-à-dire à rien faire à envoyer un chiffon je ne sais pas si vous l'avez vu la chiffon là un torchon pour essuyer la vaisselle ils donnent ça pour faire des masses essuyez avec la vaisselle mais ne pensez pas que vous allez vous protéger avec en tout cas ça ne protège rien du tout surtout qu'il n'y a pas la tige métallique ils disent il faut mettre une tige métallique mais ils ne la fournissent pas enfin voilà c'est un peu n'importe quoi donc une bande de charlatans et c'est pour ça qu'il va falloir s'organiser dès demain chers camarades ensemble pour essayer de faire front là-dessus et en tout cas il est nécessaire on ne sait pas quand est-ce que va être l'explosion sociale mais elle va arriver ça c'est sûr et certain et c'est pour ça que dès aujourd'hui on doit commencer à poser les jalons de la solidarité de l'entraide et notamment entre les parents d'élèves et les enseignantes et les enseignants c'est primordial parce que ça c'est un peu le point faible on disait souvent qu'il y avait un manque de communication entre l'éducation nationale et les parents d'élèves etc et je pense que c'est dans ces moments-là où eux-mêmes sont également concernés par quel va être le protocole sanitaire comment leurs enfants vont être traités etc qu'il y a moyen de discuter avec eux et peut-être qu'il y aura des gros collectifs dans des écoles etc des assemblées enfin voilà chers camarades je vous remercie énormément et je vous souhaite à toutes et à tous une bonne soirée et à très bientôt et merci à toutes celles et ceux qui ont suivi ce live et bon appétit si vous mangez et sahaftorkom pour ceux qui font le Ramadan

2:03:58
Invité

merci à tout le monde salut

2:04:00
Présentateur

salut les amis à tous

2:04:02
Invité

merci beaucoup merci ciao merci à tous

2:04:04
Locuteur

merci à tous merci à tous