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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 18 janvier 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSantéSolidarités & famille

Couvre-feu, réforme de l'assurance chômage, suppressions de postes chez Sanofi... Le "8h30 franceinfo" de Philippe Martinez

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes inquiet pour l'économie ?

  • 0:49OuverteRéponse directe

    Vous souhaiteriez qu'on passe à combien ?

  • 1:02RelanceRéponse directe

    Parce que le couvre-feu ne change rien pour l'emploi.

  • 1:28RelanceRéponse partielle

    On a un PIB qui a plongé l'an dernier en France de 9% de mémoire. C'est le bon moment pour réduire le temps de travail ?

  • 1:39RelanceRéponse partielle

    La question qui est posée... Au moment où on a le moins de vent dans les voiles, où l'économie plonge...

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Parlez de Sanofi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueFait
    « Non, non, pas inquiet pour l'économie. »
  • 0:38Invité politiquePromesse
    « D'ailleurs, vous le savez peut-être, nous avons proposé au gouvernement de baisser le temps de travail pour s'adapter à ces nouvelles contraintes liées au couvre-feu. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « Ça dépend des entreprises, mais on pourrait partir une heure plus tôt tous les jours, par exemple, ou libérer une après-midi pour faire des tâches quotidiennes qu'on ne peut plus faire parce qu'il y a le couvre-feu. »
  • 1:28PrésentateurChiffre
    « On a un PIB qui a plongé l'an dernier en France de 9% de mémoire. »
  • 3:00Invité politiqueChiffre
    « Vous savez que la moyenne hebdomadaire de travail en France est bien au-delà des 35 heures. »
  • 6:48Invité politiqueChiffre
    « 84%. »
  • 7:38Invité politiqueChiffre
    « 1%. »
  • 7:39Invité politiqueChiffre
    « Enfin, 0,99, vous allez me reprendre, 0,99. »
  • 10:26Invité politiqueFait
    « Il y a déjà des vaccins obligatoires pour voyager, vous le savez, dans d'autres pays. »
  • 13:36InvitéChiffre
    « Sanofi veut supprimer 400 postes en recherche et développement. »
  • 14:25Invité politiqueChiffre
    « Et qui a distribué également une prime de 1 500 euros à 15 000 personnes de l'entreprise. »
  • 18:33PrésentateurFait
    « Dès aujourd'hui, il faut présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures et se soumettre à un isolement pour 7 jours. »
  • 18:40PrésentateurFait
    « Deux vaccins approuvés au Brésil, celui d'AstraZeneca et le chinois CoronaVac. »
  • 18:44PrésentateurChiffre
    « Le Brésil qui peut donc lancer sa campagne de vaccination alors que le bilan approche les 210 000 morts dans le pays depuis le début de la pandémie. »

Temps de parole

  • Invité politique61 %
  • Présentateur18 %
  • Invité9 %
  • Présentateur 28 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Philippe Martinez. Bonjour. Cela fait bientôt 3 jours que la France entière est sous couvre-feu à 18h, que les commerces, les entreprises baissent le rideau un peu plus tôt, chaque fin d'après-midi. Est-ce que vous êtes inquiet pour l'économie ?

0:11
Invité politique

Non, non, pas inquiet pour l'économie. Je suis inquiet pour des salariés qui vont voir leur mode de travail, l'organisation du travail changer. C'est pour ça qu'y compris pour aller chercher les enfants à l'école, pour aller faire des courses, etc. Pour la vie quotidienne, ça bouleverse complètement. C'est pour ça qu'il aurait fallu, comme d'habitude, mais ce n'est pas le cas du gouvernement, prévenir un petit peu en avance pour que l'organisation du travail puisse se mettre en place. D'ailleurs, vous le savez peut-être, nous avons proposé au gouvernement de baisser le temps de travail pour s'adapter à ces nouvelles contraintes liées au couvre-feu. Vous souhaiteriez qu'on passe à combien ?

Ça dépend des entreprises, mais on pourrait partir une heure plus tôt tous les jours, par exemple, ou libérer une après-midi pour faire des tâches quotidiennes qu'on ne peut plus faire parce qu'il y a le couvre-feu.

1:02
Invité

Parce que le couvre-feu ne change rien pour l'emploi. On peut rentrer à la maison avec une attestation employeur ou une attestation ferme.

1:09
Invité politique

Oui, oui, tout n'est pas fermé. Effectivement, tout n'est pas fermé. Les entreprises continuent à travailler. Ceci dit, il y a quand même des contraintes nouvelles. Personne ne peut le nier qu'il y a des contraintes nouvelles. Les commerçants ferment. Donc même si vous avez une attestation pour sortir après 18 heures, vous ne pouvez pas faire vos courses, par exemple, en cas de besoin.

1:28
Présentateur

On a un PIB qui a plongé l'an dernier en France de 9% de mémoire. C'est le bon moment pour réduire le temps de travail ? Mais il n'y a pas de mauvais moment. La question qui est posée... Au moment où on a le moins de vent dans les voiles, où l'économie plonge...

1:42
Invité politique

Premièrement, il faut être un peu plus mesuré. Il y a quand même des entreprises qui vont très bien. Je crois que vous en avez cité quelques-unes dans vos journaux précédents. Parlez de Sanofi ? Sanofi, par exemple, des livraisons de repas à domicile. Mais Iverro, ce n'est pas une entreprise française, c'est une entreprise britannique. Vous savez qu'il y a beaucoup de salariés, des pseudo-salariés français, qui travaillent sur leur vélo ou sur leur mobilette pour aller livrer des repas. Donc ça concerne beaucoup de monde. La grande distribution n'a pas souffert de la crise sanitaire. Au contraire, c'est plus mesuré, en tout cas, c'est plus déséquilibré que ce qu'on veut bien dire.

Et puis après, c'est une période où tout le monde doit faire preuve de solidarité, y compris les entreprises. Parce qu'on ne remet pas les compteurs à zéro chaque année. Vous savez, il y a des entreprises qui allaient très bien, qui ont distribué des tas de dividendes à leurs actionnaires et qui, aujourd'hui, pleurent pour avoir des prêts garantis d'État, des aides, etc. J'en connais plein.

2:41
Invité

Vous, vous dites qu'il faut travailler moins, mais Bruno Le Maire dit qu'on ne travaille pas assez, justement, et qu'après la crise...

2:45
Invité politique

J'avais remarqué qu'on n'était pas d'accord, Bruno Le Maire et moi, déjà, avant ça.

2:49
Invité

Oui, alors, comment ça se fait que vous constatez les mêmes choses, mais vous n'en tirez pas les mêmes conclusions ?

2:55
Invité politique

Parce que, premièrement, les Français travaillent déjà plus que ce qu'on dit. Vous savez que la moyenne hebdomadaire de travail en France est bien au-delà des 35 heures. Plus, si on prend les catégories ingénieurs et cadres, c'est autour de 45-46 heures.

3:10
Invité

Donc, ce n'est pas la réalité, effectivement, les 35 heures ?

3:12
Invité politique

Oui, oui. Donc, et si on veut redonner de la place pour ceux qui n'ont pas d'emploi, il y en a beaucoup, eh bien, il faut que ceux qui ont du travail, travaillent moins pour libérer de la place pour ceux qui n'en ont pas. C'est valable à la semaine, durant sa vie active, et puis pour les retraites aussi, on le dit depuis maintenant plus de deux ans.

3:32
Présentateur

Vous parliez des grandes entreprises, Philippe Martinez, il y a aussi toutes les petites, aujourd'hui, qui souffrent, en ce moment, qui souffrent sans doute encore plus avec le couvre-feu, ce sont des ventes en moins, souvent. Est-ce qu'il faut, ces petites entreprises-là, les autoriser à étendre leurs horaires, et notamment à travailler le dimanche ?

3:49
Invité politique

Je crois, enfin, pour en croiser quelques-uns de petits artisans, ce n'est pas ça qu'ils demandent, y compris quand ça va bien. Ils disent qu'il faut des règlements qui ne permettent pas, justement, aux grandes enseignes d'ouvrir le dimanche. Parce qu'eux aussi, ils n'ont qu'un seul salarié, parfois c'est le couple qui travaille, et ils ont besoin aussi de journées de repos.

4:06
Présentateur

Vous préférez qu'on ferme les grandes, plutôt qu'on ouvre, je prends un exemple, un artisan qui travaillerait tout seul dans sa boutique, qui souhaiterait travailler le dimanche, est-ce qu'il faut qu'il puisse le faire dans les semaines qui viennent ?

4:16
Invité politique

Je vous dis que la majorité de ceux que je croise, de ceux que j'entends, considèrent qu'il y a de la concurrence inégale, parce qu'on autorise les grands magasins à ouvrir le dimanche, et eux, sont obligés de travailler presque 7 jours sur 7, et ils sont comme les autres, il faut du repos et de madère. Donc on ferme les grandes surfaces le dimanche, là où elles sont ouvertes ? Évidemment, évidemment. Vous savez, si on travaille moins... Y compris en cette période où on dit qu'il faut étaler les courses le plus possible, parce qu'il y a un couvre-feu... Nous, on fait des propositions.

Si on travaillait moins, on pourrait aller faire ces courses en semaine, et puis ça permettrait à tout le monde de se reposer le dimanche. D'autres pays le font, vous le savez, certains de nos voisins ferment dès le samedi 17h, et je ne crois pas que leur économie soit plus mauvaise que la nôtre.

5:02
Invité

Enfin, Philippe Martinez, il y a quand même des fédérations de commerçants qui demandent au ministère du Travail d'avoir cette liberté-là, d'ouvrir tous les dimanches. Les soldes arrivent, ils vont pouvoir ouvrir pendant ces dimanches de soldes. D'ailleurs, est-ce qu'il faut repousser cette période de soldes avec la crise sanitaire, l'épidémie qui reprend ?

5:20
Invité politique

Écoutez, je ne suis pas spécialiste des soldes, donc je ne sais pas.

5:24
Invité

Vous voyez l'afflux de clients qui peuvent arriver dans les magasins ?

5:26
Invité politique

D'accord. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il faut permettre à ces clients de pouvoir avoir des plages horaires plus grandes pour aller consommer, et non pas qu'ils se ruent tous au même moment. Enfin, vous voyez, c'est là où il y a des incompréhensions. Aller dans un centre commercial, je ne le fais pas souvent, mais ça m'arrive, moi je préfère les petits commerçants, mais le samedi, et là, ce samedi-là, il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. Et puis, on restreint d'autres activités, je pense aux sports d'hiver, je pense...

6:01
Présentateur

Mais s'il y a beaucoup de monde le samedi et qu'on ferme le week-end les grandes surfaces, il y aura, dites-moi si je me trompe, encore plus de monde en semaine, non ?

6:08
Invité politique

Mais si on permet...

6:10
Invité

Si on travaille moins.

6:10
Invité politique

Si on permet aux salariés, aux gens de travailler moins, si vous finissez à 16h, vous pouvez aller faire vos courses de 16h à 18h, et ne pas y aller le samedi.

6:21
Présentateur

La ministre du Travail, Philippe Martinez, Elisabeth Borne, promet que l'État va continuer à prendre en charge à 100% l'activité partielle dans les entreprises. Est-ce que sur ce point, uniquement sur ce point, vous trouvez que le gouvernement fait bien le job ? À peu près.

6:36
Invité politique

À peu près ? Oui, parce qu'il faut être précis. L'État rembourse à 100% les entreprises, mais les salariés ne perçoivent pas 100% de leur salaire. C'est 85% ? 84%. 84, pardon. Votre précision vous honore. Mais je suis là aussi pour vous filer un coup de main. Et non, sérieusement, mais plus sérieusement, il y a des salariés qui, depuis plusieurs mois, touchent 84% de leur salaire. Et quand un salaire complet n'est pas suffisant pour finir la fin du mois, quand on a 16% en moins, c'est encore plus dur. Donc, oui, il y a des aides, et c'est bien.

Et ça montre que notre État et notre République, et notamment en matière sociale, n'est pas si mauvaise que ça, pour ceux qui voulaient tout casser, dont le Président de la République. Mais il faut filer un coup de main, pas un coup de pouce, un coup de main, à tous ceux qui perdent de l'argent tous les mois. Et puis, je pense qu'au-delà, on parle beaucoup des deuxièmes lignes, qui sont souvent SMICAR. Vous avez vu l'augmentation du SMIC de la fin de l'année. 1%. Enfin, 0,99, vous allez me reprendre, 0,99. C'est important. Non, je ne vais pas vous prendre.

7:42
Présentateur

Vous avez dit, on vous a cité ici même, Philippe Martinez, que le gouvernement n'avait même pas eu la décence d'arrondir le chiffre à 1%. Mais bien sûr, vous vous rendez compte. Vous voyez qu'on vous écoute et qu'on vous cite même parfois.

7:49
Invité politique

Je vous écoute aussi parce que j'ai trouvé ça très bien que vous repreniez cette phrase. Parce que, vous voyez, c'est ce monde, ceux qui n'ont pas les pieds sur terre, qui disent, ah non, on n'arrondirait même pas à 1%. C'est indécent.

8:03
Présentateur

On va parler du vaccin dans un instant, Philippe Martinez, juste après le fil info, puisqu'il est 8h41. C'est Diane Ferschit. Pour se rendre en Martinique ou en Guadeloupe, il faudra s'isoler pendant 7 jours à l'arrivée en plus d'un test PCR négatif à présenter. Au moment du départ, on a des visiteurs très inquiets qui préfèrent tout simplement annuler. Regrette sur France Info le comité de tourisme de Martinique, test PCR et isolement. Ce sont aussi les nouvelles restrictions qui entrent en vigueur aux frontières françaises pour les voyageurs venus de pays hors Union européenne.

Et le début ce lundi de la campagne de vaccination contre le Covid des plus de 75 ans qui ne sont pas en EHPAD et des personnes fragiles, atteintes d'un cancer ou d'une insuffisance rénale. Par exemple, 6 millions et demi de françaises sont concernées. 51 articles de loi, près de 1700 amendements. Les députés ouvrent en commission les débats sur le projet de loi confortant les principes de la République. Des sujets très sensibles, l'instruction en famille, le financement des cultes ou encore la lutte contre la haine en ligne. La disparition d'une légende, le producteur américain Phil Spector à l'âge de 81 ans.

Une carrière marquée par des collaborations avec les plus grands, les Beatles, Leonard Cohen. Phil Spector mort alors qu'il purgeait une peine de prison pour le meurtre d'une actrice en 2003. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel

9:19
Invité

Toujours avec le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. Il y a dix jours, sur ce plateau, Geoffroy Roude-Bézieux, le patron du MEDEF, se disait favorable à la mise en place d'un passeport sanitaire pour certaines activités. On l'écoute. On peut réfléchir à des événements professionnels sur une base de volontariat. Vous avez un salon professionnel. Obligation de montrer qu'on a été vacciné à l'entrée. Mais obligation, vous n'êtes pas obligé d'aller au salon professionnel. Soyons clairs, ce n'est pas une obligation de vaccin. Vous allez réunir dix mille personnes du monde entier dans un salon professionnel.

On peut leur dire que vous ne pouvez vous inscrire que si vous avez ce passeport sanitaire. Est-ce que vous, vous êtes pour un passeport vaccinal, un passeport sanitaire dans le cadre professionnel ?

10:01
Invité politique

Écoutez, c'est une question difficile, mais a priori non. Pourquoi ? Parce que ça peut générer des discriminations. On fera le point dans quelques mois, peut-être dans quelques années. Pour l'instant, le problème, c'est de se faire vacciner. Est-ce qu'il y a suffisamment de vaccins, etc. Donc, je pense que c'est une question qu'il faudra se poser plus tard. C'est-à-dire qu'il y a des vaccins qui sont obligatoires. Il y a des vaccins qui sont obligatoires déjà aujourd'hui. Mais pour l'instant, ça peut être une mesure discriminatoire. Et je pense que ce n'est pas le moment de faire ça.

10:38
Présentateur

Mais plus tard, quand les vaccins auront été livrés en masse, quand tout le monde aura eu la possibilité de se faire vacciner, et si le vaccin protège contre la contamination, ce qui pour l'instant n'est pas entièrement établi, pourquoi pas pour fixer le retour en entreprise des gens qui sont en télétravail ?

10:51
Invité politique

Non, mais par exemple, il y a déjà des vaccins obligatoires pour voyager, vous le savez, dans d'autres pays. C'est possible. Mais aujourd'hui, ça risque d'être une mesure discriminatoire pour rentrer quelque part, même pour aller au boulot. Donc, il n'y a pas suffisant. Pour l'instant, on démarre la vaccination avec tous les aléas qu'on connaît. On en reparlera plus tard.

11:13
Présentateur

Est-ce que vous souhaitez que la vaccination puisse se faire aussi en entreprise ?

11:17
Invité politique

J'ai eu l'occasion de le dire. Pourquoi pas ? À condition que ça soit fait par des professionnels. Or, les professionnels, médecins, infirmières, il y en a de moins en moins dans les entreprises, vu ce que dérouille la médecine du travail, qu'il n'y ait pas d'inégalité, on en parlait, entre petites et grandes entreprises. Et puis, le secret médical doit être la règle absolue. C'est-à-dire qu'il est hors d'eux. Exactement.

11:43
Invité

Est-ce que vous, vous allez vous faire vacciner, Philippe Martinez ?

11:49
Invité politique

Quand il y aura des vaccins et que ça sera à mon tour, oui.

11:51
Invité

Et vous conseillez aux Français qui vous écoutent, là, de se faire vacciner ?

11:56
Invité politique

Moi, je n'ai pas d'a priori sur la science et la recherche. Je fais confiance au corps médical. Ceci dit, depuis le début de cette crise, je vous le répète, il y a quand même, on va appeler ça publiquement des balbutiements dans la politique du gouvernement. Et on voit bien qu'aujourd'hui encore, sur la vaccination, manque de vaccins, les délais d'attente se rallongent.

12:21
Présentateur

Balbutiements que vous attribuez, à quoi le gouvernement laisse entendre régulièrement que c'est la faute de la bureaucratie, qu'il y a trop de couches, trop de strates, que les ARS, les agences régionales de santé ne sont pas capables de répondre à l'urgence. D'ailleurs, on a fait le choix, par exemple, de confier à des plateformes privées, dont Doctolib, les inscriptions pour la vaccination.

12:40
Invité politique

La bureaucratie à bon dos, et les fonctionnaires sont toujours montrés du doigt dans ce pays. Heureusement qu'ils sont là, d'ailleurs. Je pense que c'est une stratégie du gouvernement. Vous l'avez bien vu, il fallait commencer progressivement, il fallait y aller doucement. Quand le président de la République s'est rendu compte qu'il y avait un tollé général sur la différence entre le nombre de vaccinés en France et les pays alentours, il a fait une déclaration musclée en disant non, non, ça va changer, comme si ce n'était pas lui qui avait décidé de commencer doucement.

13:09
Invité

Donc c'est le gouvernement qui n'est pas à la hauteur et pas l'administration.

13:11
Invité politique

Exactement, exactement. L'administration a fait ce qu'elle peut. L'administration a des directives qui viennent des ministres, qui viennent du président de la République. Et vous savez que le personnel soignant qu'il faut saluer, mais pas uniquement avec les mots, il faut les saluer par les emplois créés, par les salaires revalorisés. Je crois que c'est ça qu'il faut faire.

13:31
Invité

Philippe Martinez, le groupe pharmaceutique Sanofi veut supprimer 400 postes en recherche et développement. Décision révélée par France Inter ce matin. La direction refuse de confirmer ce chiffre. Est-ce que vous, vous avez plus d'infos via vos salariés syndicalistes dans le groupe ?

13:45
Invité politique

Non, non. J'ai eu l'occasion d'entendre le délégué central CGT de Sanofi qui dit qu'il y aura des suppressions d'emplois. Si vous me permettez, ce n'est pas la première fois. C'est plusieurs années successives avec des plans de restructuration, notamment dans la recherche et le développement. Et on peut s'interroger si le retard du développement du vaccin chez Sanofi n'est pas lié à cette perte de compétence, cette perte de savoir-faire. Et on citait des entreprises qui se portent bien, on l'a évoqué tout à l'heure.

S'il y en a une qui se porte bien et qui pourrait investir dans l'emploi et dans les salaires, c'est bien Sanofi qui, je crois, va continuer à distribuer les dividendes à ses actionnaires cette année. Et qui a distribué également une prime de 1 500 euros à 15 000 personnes de l'entreprise. Oui, mais on a déjà eu l'occasion d'en discuter. Vous savez que les primes, ce n'est pas du salaire. Et le salaire, c'est mieux parce que ça fait des cotisations sociales. C'est bon pour la santé. C'est bon pour la retraite. C'est bon pour l'assurance chômage.

14:42
Présentateur

On a vu un ministre de l'économie récemment, Philippe Martinez, Bruno Le Maire, intervenir dans un dossier entre deux entreprises privées qui sont le canadien Couchetard et le français Carrefour. Est-ce que vous lui demandez de faire la même chose aujourd'hui sur Sanofi et de revenir sur ces sous-pressions de postes au nom de la sécurité sanitaire française et des futurs vaccins ?

14:59
Invité politique

Évidemment. Comme quoi, quand ils volent, ils peuvent. Vous savez, cette petite phrase qui consiste à dire l'État ne peut pas tout, l'État ne peut pas se mêler à la situation des entreprises privées. Là, ils font la démonstration. Il fait la démonstration qu'il peut le faire. Donc, il devrait pouvoir le faire en toutes circonstances.

15:17
Invité

Là, c'est avec l'argument de la souveraineté alimentaire.

15:19
Invité politique

Pour Sanofi ? On pourrait le faire au nom de l'emploi. On pourrait le faire au nom de la solidarité nationale. C'est ce qu'on demandait. Pas de versement de dividendos actionnaires au nom de la solidarité pour aider les deuxièmes lignes, pour maintenir l'emploi, etc. Vous voyez, quand ils volent, ils peuvent le faire. Sauf que c'est très, très, très exceptionnel.

15:39
Présentateur

Les règles du télétravail viennent d'être assouplies. Philippe Partinez, c'était il y a une dizaine de jours. La règle avant, c'était tout le monde à la maison tout le temps. Pour ceux qui le peuvent, évidemment, désormais, les personnes qui étaient en télétravail peuvent revenir au moins une journée par semaine en présentiel. Au bureau. Au bureau, à l'usine, au travail. Au travail. Sur ce point-là aussi, est-ce que vous êtes d'accord avec le gouvernement ? Une journée par semaine pour ceux qui n'en pouvaient plus ?

16:03
Invité politique

Oui, oui, il faut, on l'a constaté, y compris dans les équipes de la CGT, passer tout le temps, toute sa vie à la maison pour travailler, ce n'est pas bon. On a besoin de liens sociaux, on a besoin de discuter avec ses collègues, etc. Donc oui, le problème du télétravail, ce n'est pas celui-là. C'est les règles. C'est pour ça que nous n'avons pas signé l'accord national interprofessionnel. Ce sont des règles plus strictes concernant tous les salariés. Ça ne peut pas être une négociation de gré à gré entre le salarié et son employeur le fonctionnement du télétravail. Vous auriez voulu la même grille

16:37
Présentateur

pour toute la France, pour toutes les entreprises,

16:38
Invité politique

les mêmes règles ? Un socle minimum pour tout le monde. Je vais vous citer deux exemples. Le matériel, qui le fournit, comment il est protégé, si on n'a pas des mesures de protection sur son ordinateur à la maison, qui est responsable s'il y a des fuites de données ? On peut... S'il y a des problèmes de santé, on va dire aux salariés, c'est ta chaise chez toi qui n'est pas bonne ou ta table qui est trop haute ou tout, etc., etc. À la CGT, par exemple, comment ça se passe ? À la CGT ? Vous fournissez tout, les ordinateurs ? Oui, oui. Et on vient... J'espère que le syndicat CGT de la CGT va signer... Il est chez lui, normalement, un citoyen.

Le syndicat CGT de la CGT, j'espère qu'il ne vient pas voir le patron de la CGT toutes les semaines. Non, mais en tout cas, on a négocié un accord de télétravail, je pourrais vous le fournir, si vous voulez, où il y a des règles précises pour tout le monde, mais qui favorisent justement la possibilité d'avoir du matériel, d'être remboursé de ces frais liés au télétravail, etc., etc. C'est-à-dire rembourser des frais ? Vous versez quoi comme frais aux personnes qui sont en télétravail ? Ce n'est pas moi qui les négocié, mais il y a une indemnité... La facture EDF, par exemple ? Il y a une indemnité sur l'abonnement, je crois que c'est l'abonnement Internet, etc., etc. Mais je vous l'enverrai.

Avec grand plaisir. On s'interrompt. On pourrait négocier ici, comme ça.

17:53
Présentateur

Un instant. Vous le soumettrez, en tout cas, au syndicat et à la direction de Radio France compte sur vous, Philippe Martinez, pour le faire. On s'interrompt quelques instants. Il est 8h51, c'est le Fil Info avec Diane Ferschit. Nous avons 50 doses par jour pour nos 17 centres de vaccination. La colère sur France Info du président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. Les prises de rendez-vous sont ininterrompues, dit-il, alors que débute aujourd'hui la campagne de vaccination contre le Covid dès 75 ans et plus et des personnes fragiles.

Pour se rendre d'un pays hors Union européenne vers la France, mais aussi de la métropole vers les Outre-mer, les conditions d'accès se durcissent. Dès aujourd'hui, il faut présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures et se soumettre à un isolement pour 7 jours. A l'issue de cette septaine, il faudra faire un nouveau test. Deux vaccins approuvés au Brésil, celui d'AstraZeneca et le chinois CoronaVac. Le Brésil qui peut donc lancer sa campagne de vaccination alors que le bilan approche les 210 000 morts dans le pays depuis le début de la pandémie. Lyon 3e du classement de Ligue 1 ce matin.

Après sa défaite à 1-0 face à Metz pour le compte de la 20e journée, le PSG prend la tête du championnat à égalité de points avec Lille. France Info Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel

19:05
Invité

Philippe Martinez le secrétaire général de la CGT. D'après le Parisien aujourd'hui en France qui a cité plusieurs responsables syndicaux de la SNCF, les conducteurs de TGV n'ont plus l'obligation de se déclarer grévistes à l'avance ce qui permettait de mieux informer les passagers et cela en raison de l'ouverture à la concurrence du TGV. Est-ce que vous confirmez cette information ?

19:27
Invité politique

Je ne suis pas au courant. Jusqu'à présent il y a une loi que nous contestons qui oblige les salariés des transports en général à se déclarer en avance mais je ne peux pas vous répondre à cette question.

19:40
Invité

Donc pas de changement pour vous aujourd'hui ?

19:42
Invité politique

Je ne peux pas vous dire une bêtise.

19:44
Invité

Oui.

19:47
Présentateur

Le gouvernement a fixé la semaine dernière à la sortie d'un séminaire les quatre chantiers qui sont pour lui prioritaires jusqu'à la fin du quinquennat. Vous aurez sans doute remarqué Philippe Martinez que la réforme des retraites n'en faisait pas partie de ces quatre chantiers prioritaires. Vous faites le nom de la tête quand je dis ça. Pourquoi ?

20:03
Invité politique

Bruno Le Maire en parle souvent en tout cas.

20:05
Présentateur

Oui mais le gouvernement ne le met plus en haut de la pile. C'est un membre imminent

20:08
Invité politique

du gouvernement Bruno Le Maire.

20:10
Présentateur

Mais c'est le Premier ministre qui décide a priori non ? Est-ce que vous avez été rassuré quand vous avez entendu cette liste ?

20:15
Invité politique

Je pense que c'est le Président de la République. Il y a toujours cette petite musique d'ailleurs vous l'avez rappelé qu'il faudrait travailler plus plus longtemps et la réforme des retraites fait partie de ses objectifs de nous faire travailler plus longtemps. Je vous expliquais notre position. Je ne comprends toujours pas comment on peut combattre le chômage en laissant ceux qui ont du boulot plus de temps au boulot. Je ne comprends pas.

20:38
Invité

Un mot sur la réforme de l'assurance chômage qui elle doit être mise en place en avril prochain. Une priorité pour la ministre du Travail. Une entrée en vigueur en avril prochain c'est-à-dire dans quatre mois c'est crédible ?

20:50
Invité politique

En tout cas nous ferons tout et je pense que vous l'avez constaté il y a une inimité de l'ensemble des syndicats pour dire que cette réforme elle est mauvaise y compris dans sa première phase d'application et donc il faut la retirer et rediscuter de l'assurance chômage dans sa globalité sans que le gouvernement s'en mêle puisque l'objectif du gouvernement c'est de faire des économies sur les privés d'emploi.

21:12
Présentateur

Peut-on vous faire écouter Philippe Martinez ce qu'en disait Elisabeth Borne que vous connaissez bien la ministre du Travail sur ce plateau il y a quelques jours ?

21:18
Invité

Il y a cinq syndicats qui réclament l'abandon pur et simple de cette réforme est-ce qu'il y a des choses il y a des points sur lesquels vous allez négocier et vous allez reculer avant la mise en place de cette réforme ? On a des sujets sur la table le bonus malus pour dissuader le recours au contrat court les modes de calcul de l'allocation chômage pour avoir plus d'équité Il est sur la table lui aussi le mode de calcul ? Oui le mode de calcul est sur la table

21:41
Présentateur

qu'on connaît de la réforme ne sera pas forcément celle qui entrera en vigueur

21:43
Invité

Non non si on fait une concertation c'est pas pour faire exactement ce qui était prévu avant

21:47
Présentateur

Le bonus malus par exemple taxer les entreprises qui ont le plus recours au CDD sur ce point de la réforme vous signez ?

21:54
Invité politique

Malus oui bonus non Malus malus Malus Malus quand des entreprises abusent du travail précaire des intérimaires il faut les sanctionner

22:05
Présentateur

On ne peut pas récompenser celles qui embauchent en CDI par exemple ou ont moins recours aux contrats courts

22:11
Invité politique

Elles sont déjà récompensées avec des remises sur les cotisations sociales il y a beaucoup d'aides pour les entreprises donc pourquoi donner de nouvelles aides aux entreprises ? Par contre sanctionner celles qui ne respectent celles qui abusent de la précarité oui c'est une chose mais vous avez noté que la ministre parle beaucoup de concertation et quand c'est vous qui lui dites mais les 5 syndicats sont contre là la concertation c'est fini quoi donc quand il y a unanimité des syndicats pour dire quelque chose et bien on n'en tient pas compte

22:40
Invité

Vous allez la revoir la ministre du travail

22:41
Invité politique

Je ne suis pas sûr que la date soit fixée mais enfin c'était prévu avant la fin du mois sur ce sujet

22:47
Présentateur

Avec le sentiment que le gouvernement veut maintenir cette réforme est prêt à la modifier y compris dans des points majeurs de la réforme de l'assurance chômage ou pas du tout ?

22:56
Invité politique

Non non la philosophie reste la même c'est à dire qu'on culpabilise ceux qui n'ont pas emploi est-ce que vous connaissez peut-être ça existe un ou deux mais quelqu'un qui fait des études pour dire je veux être chômeur moi je n'en connais pas donc on considère que quand on est au chômage c'est un choix de vie c'est absolument scandaleux je pense à tous ces milliers de salariés dont l'emploi est supprimé c'est absolument scandaleux de raisonner comme ça

23:21
Présentateur

Vous avez rappelé il y a quelques instants votre opposition à la réforme des retraites pareil même question il n'y avait rien à garder dans cette réforme des retraites la pension minimum de 1000 euros pour les gens qui ont eu une carrière complète même si jusqu'à présent ils ne pouvaient pas atteindre ça le fait de rattraper les carrières des femmes par rapport aux hommes il n'y a absolument rien de bon si on vous met deux mains autour de la table et qu'on vous demande de garder simplement quelques points de cette réforme est-ce que vous entourerez quelques mesures ou est-ce que vous renvoyez tout sur la table du gouvernement ?

23:51
Invité politique

Il y a une ou deux mesures Les 1000 euros ? Non non parce que la retraite ça dépend de son salaire durant toute sa vie donc si on augmente les salaires et notamment les femmes pourquoi encore aujourd'hui ? Ça devrait augmenter rétroactivement les salaires sur les 40 dernières années pour obtenir ça Mais pourquoi encore aujourd'hui c'est une grande cause nationale les femmes sont payées 25% de moins que les hommes Vous avez raison Pourquoi on n'a rien fait ? Pourquoi on ne fait rien ? La retraite ça dépend de son salaire donc s'il y a moins de chômeurs si on augmente le SMIC ça donnera des retraites

24:21
Présentateur

Mais ça c'est dans 40 ans que ça fera des effets pour la réforme des retraites

24:23
Invité politique

le temps que ça a pu se jouer sur toute la carrière 0,99% c'était pas dans 40 ans c'était le 31 décembre Donc voilà il faut travailler enfin augmenter les salaires faire en sorte que ceux qui sont en temps partiel obligés contraints et bien soit c'est souvent des femmes d'ailleurs et bien soit revalorisés Voilà des mesures concrètes Merci à vous Philippe Martinelle Et bien merci à vous Invité ce matin de France Info Sous-titrage Société Radio-Canada