Prison : les loisirs font-ils partie de la réinsertion ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
aujourd'hui massage et danse country oui c'est un article de La Dépêche qui a lancé la polémique vendredi dernier intitulé des massages de la danse country pour les détenus qui fêtent la Saint-Valentin en prison la colère des surveillants il reprenait un communiqué syndical et rassemblait quelques témoignages d'agents de la maison d'arrêt de se près de Toulouse qui explique nos familles comme tous ceux qui vivent avec un SMIC aimeraiit aussi profiter d'activités gratuites depuis on a appris qu'il ne s'agissait pas vraiment de soins du visage réalisés par des masseurs sur l'argent du contribuable mais d'étudiants en école d'esthétique vous donner B bénévolement des conseils de soin qu'importe il est trop tard lundi le garde d'au gerérald d'manin a déclaré qu'une instruction allait être donnée à tous les directeurs de centre pénitentia pour que les activités en prison se limitent strictement au soutien scolaire et à la langue française à l'activité autour du travail à l'activité sportive à l'intérieur de la prison voici la fin des activités ludiques selon les mots du ministre pour mieux comprendre nous recevons Mathieu quinquise bonjour bonjour vous êtes avocat président de la section française de ob servvatoire internationale des prisons une ONG internationale le premier renseignement de cette histoire Mathieu Quinquis c'est peut-être d'abord les conditions de travail dégradé des agents pénitentiaire c'est le point de départ pour pour ce syndicat mais qui masque une autre réalité notamment à se c'est celle des conditions de détention des personnes détenu on met ici la lumière sur une activité qui a touché une vingtaine de personnes détenues dans cet établissement qui en compte près de 1300 avec un taux d'occupation de plus de 200 % c'est l'un des des 15 établissements les plus surpeuplés de France et et c'est donc une manière d'appréhender la question pénitentiaire qui pose déjà un problème parce que elle elle elle ne révèle pas toute la complexité et surtout tout le sujet prioritaire que devrait dont devrait se saisir le ministre de la Justice aujourd'hui cela dit ces agents pénitentiaires donc dans le communiqué syndical de FO justice ils disent quand même que ils ont eux aussi un manque criant de budget ils disent quatre surveillants en formation ont dû payer leur repas faute d'un budget nécessaire ce qui est étonnant c'est qu'on qu' construisent peut-être leur euh leur revendication en en avec une espèce de jalousie une rancœur avec les les personnels dé avec les personnes détenues qu'est-ce que c'est que cette opposition qu'on oui il y a il y a il y a parfois dans dans des pratiques de certaines organisations syndicales dans le dans le monde pénitentiaire une une manière de percevoir euh les droits des personnes détenues comme des choses qui seraient contre les personnel pénitentiire malheureusement ils sont tous dans le même bateau et les conditions de détention des personnes détenues sont les conditions de travail des personnels pénitentiaaires et ils auraient tout intérêt à à pointer les difficultés ce qui était ce qui était annoncé et évoqué concernant la situation de de certains personnels pénitentiire est une réalité et il y a évidemment un un problème à traiter mais je ne crois pas qu'il pourra être résolu en en pointant des droits qui seraient accordés à à quelques personnes détenues encore une fois et en tout cas voici de nouveau les activités carcérales dans le viseur du ministère je dis de nouveau parce qu'en 2022 déjà il y avait une compétition de karting à freine très médiatisé ERC Dupont Moretti sétait fendu d'une circulaire pour mieux contrôler ses activités alors c'est un peu un appel aux auditeurs je n'ai absolument pas trouvé trace de cette circulaire mentionnée par le H po Le Figaro elle est censée s'appeler promotion pilotage et valorisation des activités des personnes détenu daté du 21 septembre 2022 on n trouve pas de trace je vous en parle Mathieu kinis parce que j'aimerais savoir s'il y a eu véritablement un resserrement des activités après cette épisode et puis pour comprendre un peu le poids réel des déclarations des ministres dans après ce genre de prise de positionosition bah la la question de la publication de cette circulaire elle montre un peu le flou général qui peut encadrer la réglementation en matière pénitentiaire un certain nombre de notes d'instruction qu'ell soit nationale ou locale ne sont pas publiées ne sont pas porté à la connaissance des personnes détenues et donc nous notre travail à l'Observatoire international des prisons c'est un peu de de mettre à jour tout ça et de de révéler les normes qui ne sont pas effectivement publ il y a forcément un décalage entre le discours public et le et le la réalité parce que le resserrement total des activités en détention serait une véritable enfin serait un véritable désastre pour les établissements pénitencières parce que ce sont des soupapes à la fois pour les personnes détenues mais aussi pour les personnels de surveillance ce sont des espaces de respiration des espaces de maigre liberté qui permettent de réduire le niveau de tension le climat de violence au sein des établissements pénitentiaires et donc ce qui est annoncé et rarement ce qui est mis en place parce que dans la pratique c'est inapplicable inapplicable et puis aussi peut-être d'être alors peut-être pas contraire à la loi de 2009 parce que a priori c'est pas le cas on n' pas vu de grands contentieux soudainement mais ce qui est certain c'est que ces activités sont un droit garanti aux personnes détenues donc c'est cette loi en 2009 novembre 2009 je crois qu'est-ce qu'est-ce qu'elle prévoit cette loi puis quel est son esprit alors cette loi de 2009 d'abord c'est la loi pénitentiaire qui a été adoptée sous le quinquetat de Nicolas Sarkozi par un gouvernement de droite il faut quand même le rappeler parce que on présente ici ces activités comme une forme de laxisme qui donc serait associé à certaines franches de de du personnel politique c'est une loi qui en même temps qu'elle reconnaît un droit aux activités aux personnes détenu fixe un devoir à l'administration pénitentière de proposer au moins une activité à chaque personne détenue en France et elle part du principe et du constat que la détention est un temps doisifé contraint pour les personnes détenues et qu'un bon nombre d'entre elles ne bénéficient d'aucun accompagnement en détention et passe la plupart de leur journée en cellule pas de leur plein gré mais parce que l'administration est dans l'incapacité de leur proposer une activité un travail une formation un enseignement scolaire oui j'ai vu pardon je vous interrompes mais j'ai vu qu'en effet en 2023 c'est dans un rapport du ministère de la Justice seul 30 % des détenus bénéficient d'une formation générale ou professionnelle donc en fait on il y a une noisive on reste dans sa cellule individuelle ou non parce que là aussi il y a peine la moitié des détenus ont une cellule individuelle et il n'y a rien à faire et ça c'est déléta en fait c'est ça et dans des cellules qui euh par exemple à la maison d'arrêt de de Toulouse se sont évidemment surpeuplé parce que on compte 580 places pour près de 1300 personnes incarcérées dans l'établissement donc faut imaginer les les conditions dans lesquelles ces personnes vivent et les rapports qui nécessairement se tendent avec l'ensemble de leurs interlocuteurs au premier chef les personnels pénitentiire et l'idée donc de ces activités c'est de prévenir la récidive même c'est c'estàd que au-delà du maintien de l'ordre interne on a quand même l'idée que des activité culturell artistiqu sportive éducativ vont permettre ensuite de mieux sortir de prison bah l'idée de ces activités c'est pas seulement de combler un temps vide c'est aussi d'acquérir des aptitudes psychosociales et de de de de retrouver des apprentissages qui peut-être ont manqué à certains moments c'est l'occasion de d'apprendre à vivre en collectif de construire ensemble des projets de s'ouvrir à de des choses qu'on avait pas eu l'occasion de découvrir aravant et donc évidemment c'est pas nécessairement des projets d'insertion professionnelle qui vont se dégager derrière mais c'est des capacités données à chacun de se situer dans un espace de vie collective qu'il va devoir un jour retrouver à l'extérieur et donc c'est bénéfique pour la personne détenue elle-même pour l'établissement dans son ensemble mais aussi pour la société parce que on on garantit de cette manière-là un retour à la société libre dans de meilleures conditions un mot très rapide des budgets derrière puisque euh en gros le circuit de mise en œuvre de ces activités c'est des associations qui proposent des projets on les discute ensuite par enfin le service pénitentiaire d'insertion et de probation on discute on valide et on finance au niveau de la direction interrégionale des services pénitenciairees quand on regarde la presse on a l'impression qu'en fait c'est un peu ce qui coûte le moins cher qui a le plus souvent lieu et c'est super si c'est gratuit ce qui était le cas de ces soins du visage est-ce qu'on a les budgets derrière ces activités qui sont un droit donc ben les budgets en matière pénitentiire sont effectivement très largement grévés d'abord par la construction de nouvelles places de prison et ensuite par la sécurisation des établissements pénitenties et c'est aussi un axe prioritaire de Gérald armanin au détriment de ces de ces de ces budgets qui servent la prévention de la récidive et la la préparation à la réinsertion et donc on voit que dans certains établissements effectivement et bien on accueille des activités faites par des bénévoles qui ne coûteraient pas grand-chose à l'administration et qui encore une fois serait bénéfique pour l'ensemble de la société merci beaucoup Mathieu KIS merci à vous
Gérald Darmanin