Mon cadeau d'anniversaire
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'était mon anniversaire samedi et comme j'avais plus de montre, j'ai demandé à ma famille une montre, pas une Rolex mais une lip, la boîte qui était en autogestion dans les années 70 et qui continue de produire des montres en France. Et là, je rentre dans mon bureau. Qu'est-ce que je trouve ?
Une boîte, une montre à l'intérieur, une montre Hugo Boss et avec ce mot bon anniversaire monsieur le député. L'occasion de vous exprimer toute l'amitié et la confiance que vous méritez. Vous êtes un homme d'acte attentif à nous les travailleuses de l'ombre.
Depuis votre tout premier jour à l'Assemblée, nous vous avons trouvé à nos côtés pour nous aider à reprendre le pouvoir sur nos conditions de travail et nos vies. Et puisque vous courz après le temps pour mener tous vos combats, nous apportons notre contribution avec ce cadeau. Bon anniversaire les femmes de ménage de l'Assemblée.
J'étais à la fois ému et gêné que les femmes de ménage m'offrent un cadeau comme ça. Bon bien sûr, je vais l'accepter, je vais l'apporter avec fierté, mais je vais aller leur payer un coup. Mais surtout au-delà de ça, on va continuer à se bagarrer pour les femmes de ménage d'ici et du pays tout entier.
Parce que tu sais, il y a un truc, elles disent voilà pour tous les combat vous menz, vous avez besoin d'une montre mais qui court encore plus après le temps c'est elle. Tu vois, 4h du matin, c'est debout, le réveil qui sonne, elles prennent le bus, le train, elles arrivent ici, elles repartent chez elles pour s'occuper de leurs enfant et il y a un autre contrat derrière le soir et donc c'est elle qui en vérité court après le temps. Si je laisse comme souvenir quand j'aurais quitté ce bureau, quand j'aurais quitté l'assemblée d'avoir été le député des femmes de ménage, pas seulement d'ici mais de tout le pays et que on continue à se bagarrer pour qu'elles aient temps plein salaire plein pour qu'elles travaillent en journée, pour que elles aient pas à couper avec leur vie sociale, leur vie familiale.
Voilà un grand progrès qu'on peut apporter dans le pays. Et quand même simplement à Jeanette, à toutes ses collègues, je dis merci. Merci, merci, merci.
François Ruffin