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interviewBFMTV· 12 février 2025 21 min

Immigration, RN, IA...L'interview de Xavier Bertrand (LR) en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Xavier Bertrand. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président de la région Hauts-de-France. Nombreuses questions à vous poser. Mais avant de parler de politique, je voudrais vous interroger sur cette émission anglaise qui, à un moment, prend le paysage des bords de mer de Hauts-de-France en toile de fond. Cette émission s'appelle « Retourne d'où tu viens ? Go back where you came from ». C'est une émission de télé-réalité présentée sur la chaîne, tout à fait une chaîne connue en Angleterre, Channel 4. Cette émission de télé-réalité, elle prétend faire vivre à six candidats le périple des migrants vers l'Europe.

Elle suscite une vive polémique. Dans l'un des épisodes, on voit l'un des candidats qui a 35 ans au pied des falaises de Douvres, de l'autre côté de la Manche, qui appelle la navie britannique, je cite, « à bombarder les migrants dans la Manche ». L'un des défis que devront relever les candidats de cette télé-réalité, c'est de s'embarquer dans la simulation d'une traversée de la Manche sur une petite embarcation. On en est là.

1:11
Xavier Bertrand

L'émission de Vautour ? L'émission de Vautour ? Je pensais qu'avec pas mal d'émissions, on avait touché le fond en matière d'ignominie. Ben non, les Anglais sont capables de faire toujours plus en la matière. J'avais dénoncé cette émission. Parce que de quoi on parle ? On parle de migrants qui ne veulent pas rester en France, veulent passer en Grande-Bretagne, parce qu'en Grande-Bretagne, avec l'hypocrisie de très nombreux responsables britanniques, ils savent qu'ils trouveront du boulot. Il n'y a pas de papier d'identité demandé. Là-bas, même s'ils sont payés avec un lance-pierre, ils pensent que leur avenir sera meilleur. Et il y a des passeurs qui exploitent ça.

Et si on a autant de migrants, c'est parce que les Anglais continuent à les faire venir. C'est ça la réalité. Et après, on va exploiter cette misère humaine pour en faire une émission de télé-réalité. Je vous l'ai dit, j'avais dénoncé cette émission, et j'aimerais bien que les responsables britanniques se fassent entendre également. Il y a des centaines de morts. Il y a des enfants qui sont morts, noyés. Et on en fait une émission. Non mais attendez, dans quel monde on est ? Il y a quelqu'un qui va se réveiller aussi un jour et qui va dire, j'espère d'ailleurs que cette émission s'arrêtera. J'espère qu'il n'y a personne qui va le regarder.

Parce que les Anglais ont une sacrée responsabilité dans le drame qui se joue dans le Calaisie, dans le Dunkerquois, sur les côtes des Hauts-de-France, et surtout dans la mer.

2:26
Présentateur

Vous auriez parlé, vous, Xavier Bertrand, de submersion migratoire ?

2:30
Xavier Bertrand

Moi, je l'ai déjà dit. Le sujet aujourd'hui, c'est que nous devons mettre un vrai coup d'arrêt à l'immigration illégale, et on doit réduire de façon drastique l'immigration légale. Est-ce que, notamment à Mayotte, ça peut continuer comme ça ? Bien sûr que non. Est-ce qu'aujourd'hui, on peut continuer à faire comme si de rien n'était, qu'il n'y avait pas de problème ? Bien sûr que non. Maintenant, je vais être très clair pour répondre très précisément à votre question. Moi, je combats les responsables du Rassemblement national. Je ne me place jamais sur leur terrain, jamais. Je n'utilise pas leurs mots.

Et je sais une chose, c'est que les Français attendent de nous, non pas qu'on utilise des mots forts, mais ils attendent de nous qu'on règle leurs problèmes. Voilà pour être très clair.

3:07
Présentateur

Est-ce qu'à vos yeux, il faut, comme l'invite désormais François Bayrou, que le pays débatte de la question du droit du sol, du droit du sang, et de ce qu'est être français ? C'est quoi pour vous, d'ailleurs, être français ?

3:19
Xavier Bertrand

Être français, c'est l'adhésion aux valeurs de la République. C'est le respect de la loi, le respect de la loi. Et pour celles et ceux qui viennent d'autres pays, c'est la pratique de la langue française. Voilà.

3:33
Présentateur

Qui viennent d'autres pays. Mais maintenant, je vous pose la question aussi de ceux qui sont nés en France.

3:37
Xavier Bertrand

Alors justement, justement.

3:38
Présentateur

Puisque c'est au sourd de cette question-là, de l'automaticité ou non de la nationalité française.

3:42
Xavier Bertrand

Non, non. Le vrai sujet, quand on va nous faire un débat sur c'est quoi être français, alors on va faire quoi ? Il y a les bons français, il y a les mauvais français. Et ensuite, ça va être quoi ? Ça va être l'origine des parents, depuis combien de temps ? Et puis on va faire rentrer quoi aussi ? La morale, peut-être un jour là-dedans. Le débat qui se pose aujourd'hui, c'est est-ce que le gouvernement est capable d'apporter des solutions aux problèmes des Français ? Oui ou non. Et sur la question du droit du sol, moi, ma position est constante. Ma position est constante.

J'estime que quand on est en France de parents étrangers, entre 16 et 21 ans, comme ça a été le cas en France et pas voilà quelques siècles, c'était Charles Pasqua qui l'avait mis en place. Je veux que les jeunes puissent dire, oui, j'ai bien l'intention, j'ai bien envie d'être français avec les droits et devoirs afférents. Mais il faut arrêter aujourd'hui...

4:26
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Pardon, je m'arrête un instant là-dessus. Aujourd'hui, on peut demander en effet de manière anticipée la nationalité française si on est né de parents étrangers, mais sur le sol français. Mais à 18 ans, on le devient automatiquement. Est-ce que vous vous dites, il n'y a plus d'automaticité, il faut cette démarche ?

4:43
Xavier Bertrand

Le droit de la volonté, exactement.

4:44
Présentateur

Donc il faut la démarche ?

4:46
Xavier Bertrand

Exactement. Je veux entendre, je veux comprendre que celles et ceux qui sont nés en France, vous savez qu'il y a une question de résidence pendant 5 ans. 5 ans. Exactement. Je veux entendre que l'on veut être français avec ce que cela veut dire, les droits et les devoirs.

4:59
Présentateur

Vous mettez fin à l'automaticité du droit du sol ?

5:02
Xavier Bertrand

Je ne mets pas fin au droit du sol en soi. Vous voulez que ce droit du sol soit confirmé par une volonté exprimée ? Exactement. Et ce que je vous dis là, c'est aussi d'une certaine façon que la France puisse ne pas confondre les choses. Parce que dans le débat qui est en train de se produire, on confond tout. On confond l'immigration avec la question du droit de la nationalité. Sur l'immigration, je vous l'ai dit pour être très clair et je veux aller plus loin, c'est une position que je défends depuis des années, la France doit choisir qui elle accueille sur son territoire. Et clairement, sur les besoins de l'immigration économique, il faut moins, beaucoup moins.

Les questions de regroupement familial, il nous faut aussi moins de personnes, nous le savons. Et nous savons aussi pertinemment que ce n'est pas à la France de s'adapter aux besoins de l'immigration, c'est l'immigration de bien s'adapter aux besoins de la France. C'est la position que je défends. Vous savez, Apolline de Malheur, moi, je ne suis pas un énervé. Moi, je ne vais pas sur...

5:53
Présentateur

Ça dépend du moment, quand même.

5:55
Xavier Bertrand

Oui, mais enfin...

5:55
Présentateur

En tout cas, vous aimez bien dire que vous n'êtes pas un énervé.

5:57
Xavier Bertrand

Oui, voilà. Non, mais ce n'est pas ça. Bon, dites-le, dites-le. On a le droit de faire preuve de bon sens et d'avoir une colonne vertébrale. Voilà en politique ce qu'on a le droit de faire ou parfois le devoir d'incarner. Et donc, sur ces questions-là, moi, la position que j'ai sur l'immigration, c'est un peu la position qu'a l'Australie ou le Canada. C'est des pays autoritaires, pas du tout. Ils choisissent qui vient sur leur territoire.

6:16
Présentateur

C'est un peu plus facile quand on est en Australie.

6:19
Xavier Bertrand

Oui, c'est un peu plus facile quand on est en Australie. Mais le Canada, la question se pose également.

6:22
Présentateur

Alors, si on choisit ceux qui viennent et ceux qui repartent, je voudrais vous soumettre deux cas très concrets. L'un, c'est ce qui se passe à Luyre, une commune au pied des Vosges. Et l'autre, c'est ce qui se passe à Béziers, avec Robert Ménard, qui est convoqué devant la justice. Luyre, d'abord, commune de 8000 habitants, au pied des Vosges, je le disais. Et c'est là que se trouve exactement sur RMC. Tout à l'heure, je recevais le maire de Luyre, Eric Houlet, qui dit qu'aujourd'hui, il demande des solutions et il demande à être entendu.

Il y a sur sa commune, aujourd'hui, un homme qui s'appelle Karim Mohamed Agad, qui a 34 ans, qui est le frère de l'un des assaillants du Bataclan, qui a lui-même été condamné. Il est fiché S, il s'est rendu en Syrie entre 2013 et 2014. Il est aujourd'hui déchu de sa nationalité française. Il a purgé sa peine et il est donc dans cet entre-deux. Il n'a plus la nationalité française, il doit être expulsé. Mais ni le Maroc ni l'Algérie n'accordent le laisser passer. Entre-temps, il est logé dans un hôtel de cette petite ville de Luyre depuis 8 mois. D'ailleurs, au frais du contribuable, c'est 3000 euros par mois environ que coûte sa présence sur place.

Il est sous surveillance, il doit pointer trois fois par jour. On fait quoi ?

7:35
Xavier Bertrand

On ne le garde pas en France.

7:36
Présentateur

Mais on le met où ?

7:37
Xavier Bertrand

On ne le garde pas en France. Il y a à la fois un nouveau dialogue qui s'est noué, notamment avec le Maroc. Je pense que l'Algérie, on n'a rien à en attendre, même si on devrait aujourd'hui être beaucoup plus dur vis-à-vis de l'Algérie qu'on ne l'est. Quand vous voyez notamment Boilem Sansal, qui aujourd'hui doit être à son 88e jour de détention, qu'est-ce qu'on attend pour engager des actions beaucoup plus fortes pour que les choses changent pour Boilem Sansal ? Et d'autre part, ce monsieur, il doit partir. Donc on discute avec le Maroc pour essayer de trouver cette solution.

Ou alors, on discute avec d'autres pays, comme le font également d'autres pays, pour savoir s'ils acceptent quelqu'un qui est déchu de la nationalité française, mais qu'il ne reste pas en France.

8:14
Présentateur

Honnêtement, qui accepterait d'accueillir quelqu'un ?

8:16
Xavier Bertrand

Il y a des pays qui sont prêts à passer des conventions. Bruno Retailleau a commencé à travailler sur cette question. Mais très clairement, il ne peut pas rester en France. Ce que vous décrivez là, ce n'est pas incompréhensible, c'est inacceptable. Il a été condamné. Mais ce qui est vrai également, c'est que quand il y a condamnation, que la peine en plus a été purgée, c'est dehors.

8:33
Présentateur

Robert Ménard est convoqué par la justice parce que, comme maire de Béziers, en 2023, il voit se présenter en mairie un couple, une femme de nationalité française, un ressortissant algérien, qui est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire et qui est par ailleurs connu des services de police pour vol et violences. Il refuse de les marier.

8:51
Xavier Bertrand

Avant d'aller plus loin, Robert Ménard a raison. Voilà, c'est aussi simple que ça. Et le droit doit changer. Et ce n'est pas le maire qui refuse de célébrer le mariage qui doit se retrouver devant les tribunaux. Voilà.

9:00
Présentateur

C'est qui ? Ça veut dire quoi ? Pour vous, c'est le ressortissant qui doit se retrouver dans les tribunaux ?

9:04
Xavier Bertrand

S'il a une OQTF, il doit partir.

9:06
Présentateur

Donc s'il a une OQTF ?

9:07
Xavier Bertrand

Et Robert Ménard a raison de ne pas le marier.

9:09
Présentateur

D'accord. Donc pour vous, c'est clair, net. Et la justice, et le fait que la justice, éventuellement, il risque jusqu'à 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende et l'inéligibilité ?

9:19
Xavier Bertrand

On ne peut pas dire que je sois un proche de Robert Ménard. Mais il est dans la situation aussi de nombreux maires. Mais là aussi, pardonnez-moi, c'est quoi ? C'est une question de bon sens. C'est une question de bon sens. Et vous ne pouvez pas aujourd'hui avoir des maires qui se retrouvent dans une situation comme celle-ci, alors même que le droit aujourd'hui est devenu...

9:35
Présentateur

Vous ne les auriez pas mariés vous-même ?

9:37
Xavier Bertrand

Ah non plus. Je ne suis plus maire, mais si la même situation s'était présentée, je n'aurais pas procédé au mariage. Et je n'aurais pas fait procéder au mariage par quelqu'un d'autre que moi dans ma mairie.

9:45
Présentateur

Xavier Bertrand, je voudrais qu'on parle emploi. Le sommet sur l'intelligence artificielle vient de se terminer, plutôt sur un succès, et notamment en termes d'investissement en France. Est-ce qu'il y aura des retombées dans votre région ?

9:56
Xavier Bertrand

Bien sûr. Le premier data center dont on parle aujourd'hui, c'est à l'initiative d'un fonds canadien, Brookfield, sera dans les Hauts-France. Ce n'est pas le fait du hasard. Ce n'est pas le fait du hasard parce que c'est une volonté politique que j'ai de faire de la région une vallée de l'IA et une vallée des data centers. Les data centers, aujourd'hui, il faut savoir, ce ne sont pas des usines d'où sortent des voitures, d'où sortent des trains, pas du tout. Mais c'est un outil absolument indispensable pour les entreprises pour prendre le virage de l'intelligence artificielle.

Ce qu'il faut savoir, c'est que derrière ces data centers, vous avez en moyenne entre 300 et 700 emplois, des vrais emplois. Ce qui veut dire que la région des Hauts-de-France est la première à accueillir ce data center, mais on ne va pas être à accueillir seulement un data center. Sur les 36 de français, 8 sont dans les Hauts-de-France. Pourquoi ? Parce que j'ai cette volonté politique que la région prenne un temps d'avance grâce à l'intelligence artificielle. J'ai des terrains disponibles. Depuis maintenant plusieurs années, j'ai voulu constituer des réserves foncières pour des projets économiques.

10:57
Présentateur

On a parlé aussi de la batterie qui s'est beaucoup développée dans les Hauts-de-France.

11:00
Xavier Bertrand

Qui est là, mais je ne voulais pas mettre tous mes œufs dans le même panier. Je ne voulais pas seulement être la vallée européenne de la batterie électrique, je voulais aussi avoir d'autres projets en tête.

11:08
Présentateur

En termes d'emplois, vous avez en tête ce que ça représente ?

11:11
Xavier Bertrand

À terme, ce sera plusieurs milliers d'emplois dans la région des Hauts-de-France parce qu'on ne va pas s'arrêter à ce seul data center. Et la troisième chose qu'il vous faut pour pouvoir avoir des data centers, c'est l'énergie. Nous avons la centrale de Gravelines. Ça fait des années que je me battais pour avoir également les EPR. Ils seront en Normandie, mais pas seulement en Normandie, aussi chez nous. Et donc, nous pourrons continuer à donner et du terrain et de l'énergie facilement accessible. Ce data center dont nous parlons à l'heure actuelle, il commencera ses travaux en tout début d'année prochaine pour une ouverture en 27-28. C'est-à-dire, vous le voyez, un temps d'avance.

Mais Apolline de Malherme, la région des Hauts-de-France, on sera passé des mines à l'intelligence artificielle. Ce qui montre que la transformation est possible. Il faut que les élus s'engagent. Il faut que les élus s'engagent. Pas tout seul. Mais la transformation... Je veux juste finir là-dessus. C'est-à-dire que ça a été des souffrances terribles quand les mines se sont fermées. Ça a été le fait 2e, il n'y a plus d'avenir pour nous. Mais on est capable, quand on se serre les dents, quand on se retrousse les manches, quand on se serre les coudes avec tout le monde, on est capable d'offrir de l'espoir à nouveau.

12:13
Présentateur

En même temps, on entend aussi ArcelorMittal, quasiment le même jour, qui, face à la hausse notamment des droits de douane sur l'acier qui a été annoncé par Donald Trump, laisse entendre qu'il pourrait laisser tomber l'industrie en France, délocalisée en Inde. Est-ce qu'on n'est pas en train de se tromper ? C'est-à-dire que d'un côté, certes, il y a beaucoup d'emplois qui sont créés, mais si dans le même temps, il y en a beaucoup d'autres qui sont détruits, est-ce que c'est vraiment une bonne nouvelle ?

12:39
Xavier Bertrand

Non, moi je ne change pas l'industrie contre l'intelligence artificielle. Absolument pas. Je veux les deux.

12:44
Présentateur

On n'est pas en train de laisser tomber l'industrie.

12:46
Xavier Bertrand

Non, pas du tout. Mais là, il y a une responsabilité européenne. Moi, je vais demander à rencontrer M. Séjournet, le commissaire, parce que là, très clairement, ce que nous disent les gens d'ArcelorMittal, je les connais, ils sont à Dunkerque, c'est qu'ils ont besoin de visibilité pour justement produire de l'acier vert. Voilà, parce que dans les années qui viennent, les constructeurs automobiles vont avoir besoin d'acier vert pour pouvoir justifier que leurs voitures ne sont pas seulement avec des batteries électriques, mais présentent toutes les caractéristiques environnementales. OK.

La France, dans son budget, même si c'est un budget qui n'est pas évident, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a réussi, Marc Ferracci, à préserver justement les avantages donnés. Mais il faut l'Europe en plus. Et là, l'Europe, elle a besoin absolument de se réveiller et de se bouger. Et que l'Europe doit être capable aussi de donner la même visibilité à ArcelorMittal, parce qu'Arcelor, ils ne sont pas seulement chez moi, ils sont à fausse sur mer et ils sont aussi en Belgique. Donc encore une fois, on ne va pas dire à M. Trump, on va faire la guerre avec vous. Par contre, il y a un truc qu'on sait faire chez nous, c'est la résistance. Et il faut être capable de résister.

Mais encore une fois, je vous l'ai dit tout à l'heure, que les élus locaux, régionaux se bougent, c'est bien. Que l'État se bouge, c'est bien. Mais il y a l'Europe qui ne peut pas être aux abonnés absentes. Et l'Europe doit aussi bouger vite. Parce qu'on pense ce qu'on veut, M. Trump. Mais il a été élu en novembre, il prend ses fonctions début janvier. OK ? 5-6 semaines. Mais l'Europe, la Commission européenne, a commencé à être désignée à l'été. Et là, on est quand même en début d'année. Et ils font quoi, là ? Il faut aller vite, quand même. Aujourd'hui, on est dans une course de vitesse. Autant la France ne peut pas se permettre de...

14:14
Présentateur

L'Europe n'est pas rentrée dans le match, quoi.

14:16
Xavier Bertrand

Il faut y aller plus vite et plus fort. Et encore une fois, nous, on peut faire au niveau national. Mais il nous faut l'Europe avec nous. Mais encore une fois, l'intelligence artificielle sera au service de l'industrie. Ce n'est pas de dire, on arrête l'industrie. Vous l'avez dit vous-même. Chez moi, il y a les batteries électriques qui permettent de donner un avenir à l'industrie automobile. Mais il y a aussi l'intelligence artificielle.

14:37
Présentateur

Xavier Bertrand, vous avez failli être Premier ministre. Et puis finalement, semble-t-il, le RN a eu votre peau. Vous avez failli être ministre de la Justice. Là encore, semble-t-il, alors que François Bayrou y était visiblement ouvert, le RN a eu votre peau. Vous auriez fait quoi de différent ?

14:53
Xavier Bertrand

Mais attendez, pourquoi ils ont eu ma peau comme vous dites ? Pourquoi ? C'est une vengeance, pas du tout. C'est parce que Mme Le Pen n'a certainement pas envie que je fasse à la tête du gouvernement ou à la tête d'un ministère ce que je fais dans la région des Hauts-de-France. Dans la région des Hauts-de-France, je ne suis pas un magicien. Les gens ne sont pas amoureux de moi. Mais ils reconnaissent que pour un politique, je me bouge et que je me bats pour eux et que je fais m'enculer les problèmes. Mais là, vous auriez fait quoi ? Attendez, attendez, on va aller jusqu'au bout, raisonnement. Elle ne veut surtout pas que j'ai la possibilité au niveau national de faire ce que je fais.

Entre deux élections régionales, le Rassemblement national a reculé de 17%. Il n'y a aucune région, qu'une ville où le Rassemblement national n'a reculé autant. Elle était élue chez moi, oui bien sûr. Pas à la tête de la région. Elle est un bon monde dans un canton. Et entre deux élections régionales, elle ne s'est pas repointée la deuxième fois. Elle préférait aller dans un canton facile, dans le Pas-de-Calais. Et n'oubliez pas non plus qu'au niveau des élections législatives, deux de mes proches ont battu des députés Rassemblement national sortant.

Ce qui montre très clairement que les gens dans ma région reconnaissent que je me bats et que je cherche moi des solutions aux problèmes quand les dirigeants du Rennes n'ont qu'un seul intérêt. Alors je vous repose la question. N'ont qu'un seul intérêt, c'est que les choses aillent mal.

16:04
Présentateur

Leur intérêt est que ça aille mal ?

16:05
Xavier Bertrand

Évidemment. Comment ? Comment vous voulez que les extrêmes prospèrent dans une France qui va bien ? Eux, ils ont besoin que ça aille mal pour dire, écoutez, ça va mal, choisissez-nous. Je fais partie de ceux qui chargent des solutions.

16:16
Présentateur

Xavier Bertrand, sur la question de la justice, vous voyez par exemple ce matin cette proposition de loi qui émane de Gabriel Attal, qui est soutenue par le gouvernement sur la justice des mineurs.

16:26
Xavier Bertrand

Elle va dans le bon sens.

16:26
Présentateur

Et vous, ministre de la justice, vous l'auriez soutenue ?

16:28
Xavier Bertrand

Oui, j'avais même aussi des idées sur une feuille de route que j'avais présentée à François Bayrou où il y avait cette part importante, mais c'était aussi l'ensemble de la chaîne pénale. La proposition de loi présentée par Gabriel Attal va dans le bon sens. Mais elle est surtout sur la question des 16-18 ans, avec la question de l'excuse de minorité. Et puis il revient, et il a raison, sur ce qui s'est passé avec Mme Belloubet. C'est-à-dire que maintenant il y a une forme de comparution immédiate pour des mineurs, mais qui reconnaît la culpabilité et l'application de la peine, c'est pour plus tard.

Et d'ailleurs vous voyez ce qui s'est passé, rien ne dit que le drame aurait pu être évité, mais dans l'Essonne, où justement les jeunes qui, pour l'instant, sont présumés coupables parce que le jugement n'est pas intervenu... Ou présumés innocents. Oui, non, parce que là la culpabilité a été déjà établie. Il y a eu un premier jugement, mais la peine n'a pas été signalée. Aujourd'hui, dans ce qui se passe depuis Mme Belloubet, vous avez un premier jugement qui reconnaît la culpabilité, et vous aurez ensuite...

17:26
Présentateur

Vous parlez du meurtre de Louise ?

17:28
Xavier Bertrand

Non, pas de Louise.

17:29
Présentateur

Non, oui c'est ça, pardon, pour qu'on précise bien, comme il se trouve que c'est aussi dans l'Essonne, je voulais juste que les choses ne soient pas dans la confusion.

17:34
Xavier Bertrand

Et donc l'idée de dire, c'est que la comparution permet d'établir et la culpabilité s'il y a lieu, et l'appel.

17:40
Présentateur

Ce que vous voulez dire, c'est qu'effectivement, et là je pense que vous faites référence en réalité au jeune Elias. Et là, c'est à Paris. Mais le jeune Elias, effectivement, c'est deux... C'était Paris, pardon. Non, non, mais j'ai bien compris, c'est pas de problème. En tout cas, je voudrais juste qu'on précise les choses. Le jeune Elias, lorsqu'il se retrouve effectivement face à ces deux agresseurs meurtriers, ils sont déjà passés devant un juge.

18:04
Xavier Bertrand

Qui reconnaît la culpabilité.

18:05
Présentateur

Qui reconnaît la culpabilité, mais la deuxième partie désormais de cette justice, de cette manière de rendre la justice pour les mineurs, c'est-à-dire le moment où l'on donne la peine, n'était pas encore arrivé. Mais moi, j'ajoute un troisième moment dans cette justice des mineurs, qui est le moment de l'application réelle des peines. Or, et c'est ce que vous disent les magistrats, il y a en réalité un vrai problème d'application ensuite de la peine et de nombreuses peines qui ne sont jamais appliquées.

18:28
Xavier Bertrand

L'un des sujets numéro un aujourd'hui de la justice, c'est l'exécution des peines. L'exécution des peines qui doit intervenir très vite et qui doit aussi permettre d'avoir la certitude de la sanction. Vous savez, beaucoup de magistrats, beaucoup de policiers disent aujourd'hui qu'on est capable d'interpeller, on est capable d'élucider, on est capable de condamner. Mais quand derrière, il y a un délai entre la sanction prononcée et la sanction exécutée, il y a cette impunité qui est là. Et ce n'est pas possible. Mais ça va effectivement du recouvrement des amendes jusqu'à l'application de la prison à chaque fois que c'est effectivement encouru.

Aujourd'hui, c'est la certitude qui cassera l'impunité. Et si vous cassez l'impunité, vous aurez davantage de sécurité. Et vous voyez notamment sur la justice des mineurs, là aujourd'hui, Gabriel Attal a raison de faire cette proposition et derrière, il faut qu'elle soit votée, que ça devienne la loi de la République. Mais ça ne suffira pas parce que vous devez penser à l'ensemble de la chaîne pénale des mineurs, parce qu'il y a aussi quel type d'incarcération, ou quel type aussi de mode de réinsertion, notamment pour ces jeunes. Et ça, ces débats-là, j'aimerais qu'ils puissent avoir lieu le plus vite possible. Mais ça sera aussi des débats importants au moment de l'élection présidentielle.

Au moment de l'élection présidentielle. Mais on ne va pas attendre l'élection présidentielle pour faire avancer le pays et faire reculer les problèmes.

19:40
Présentateur

Et vous l'avez d'ailleurs dit, vous vous y préparez. Vous avez dit hier à propos de Bruno Retailleau qu'il serait un très bon candidat pour la présidence du parti. Il ferait même un très bon président du parti. Est-ce que c'est parce que vous préférez qu'il soit président du parti que président de la République ?

19:53
Xavier Bertrand

Écoutez, je le dis, il n'y a aucune contradiction.

19:56
Présentateur

Ça vous arrangerait, disons.

19:57
Xavier Bertrand

Entre être ministre de l'Intérieur et être président d'un parti comme LR. Il y a un précédent avec Nicolas Sarkozy. Bon. Le sujet aujourd'hui, c'est que je pense que c'est quelqu'un qui est dans l'action. Et surtout, ce que je vois, il y a nombreux électeurs de droite. Mais il y a aussi beaucoup d'adhérents, de militants de LR qui le souhaitent qu'il soit effectivement... Vous le soutiendrez donc, il est candidat. Je vous donne un exemple. Je vous donne un exemple. Non. Il y a... Non. Pourquoi pas ?

20:20
Présentateur

Alors, vraiment un tout petit exemple. Très rapidement.

20:22
Xavier Bertrand

On avait hier une réunion dans le Pas-de-Calais. où les derniers réunions, il n'y avait quasiment personne. Là, aujourd'hui, il y a plus de monde parce qu'ils se disent que la droite a besoin d'une incarnation. Vous avez raison. Le choix du président pour LR, ça ne sera pas le choix pour 2027. Mais je pense qu'aujourd'hui...

20:34
Présentateur

Est-ce que le président de LR pourra être candidat pour 2027 ?

20:36
Xavier Bertrand

Écoutez, c'est évident. Qu'est-ce qu'il empêcherait ? Mais il n'y a pas de caractère automatique ou systématique. Et pour cette élection, je souhaite qu'il soit candidat.

20:45
Présentateur

Il l'est. Il vient de l'annoncer. Merci, en tout cas, Xavier Bertrand, président de la région Haute-France, d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h53 sur RMC et BFM TV.

Immigration, RN, IA...L'interview de Xavier Bertrand (LR) en intégralité — Xavier Bertrand · Pourquijevote