Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewAssemblée nationale (sur YouTube)· 2 juillet 2025 72 min

🔴 Le ministre des affaires étrangères présente la diplomatie féministe de la France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

sur notre diplomatie féministe. Une délégation de une large délégation de la DDF s'est rendue au côté d'une délégation du Sénat à New York en mars dernier à l'occasion de la CSW et nous avons rencontré un certain nombre de représentants d'ONG, d'agences des Nations- Unies, de nos homologues de différents pays et d'activistes. Nous avons pu constater l'influence grandissante des pays des mouvements conservateurs dans et en dehors des grandes enceintes multirilatérales.

Alors, ces mouvements font peser une menace réelle sur nos démocraties. Il est essentiel de renforcer les fondations, les ambitions et les moyens d'une diplomatie féministe ferme résolue. Je voudrais saluer la présence de notre collègue Myiam Saldana qui est notre collègue mexicaine rencontrée lors de la conférence mondiale des femmes organisées à Mexico mois de mars dernier par l'Union interparlementaire. alors la France est dotée en 2019 d'une diplomatie féministe.

Notre pays accueillera la 4e conférence internationale sur les politiques étrangères féministes cet automne. Monsieur le ministre, la France au côté de ses partenaires internationaux doit jouer un rôle moteur, porter un contrediscours, bâtir de nouvelles alliances, soutenir activement les mouvements féministes et assurer la pérennité notamment financière de la diplomatie féministe au niveau européen et mondial. Quels sont les résultats attendus de cette conférence ?

Quels sont les alliés sur lesquels nous pouvons compter ? Quels sont les pays qui restent encore à convaincre ? Nous souhaiterions qu'il y ait un volet parlementaire et qu'il y ait également un volet de la société civile à cette conférence.

Euh ma deuxème question, monsieur le ministre, portera sur l'agenda femme, paix et sécurité dont la France s'est fait le relais sur la scène internationale. Nous savons que les zones de conflit, les femmes et les enfants figurent parmi les premières victimes, mais aussi trop souvent les grandes absences des processus de négociation et de reconstruction. Que fait aujourd'hui la France pour favoriser la participation effective des femmes à la résolution des conflits, à la prévention des violences sexuelles ? en temps de guerre, mais aussi au soutien concret apporté aux survivantes et à leurs enfants.

L'engagement de la France est-il aujourd'hui traduit en action, en financement à la hauteur des enjeux. Je souhaite également attirer votre attention sur le fond de soutien aux organisations féministes que nous saluons unanimement au sein de la délégation. C'est un outil unique euh qui a démontré son efficacité sur le terrain, notamment dans des contextes complexes euh où peu de financement sont accessibles aux associations locales.

Pouvez-vous nous confirmer que ce fond sera maintenu à son niveau de financement actuel, voire renforcé dans les années à venir ? La régularité, la prévisibilité de ces financements sont essentiels pour garantir un impact durable. Enfin, je voudrais évoquer une autre urgence, celle de la protection des militantes féministes et des activistes des droits humains à travers le monde.

Dans de nombreux pays, ces femmes font face à des menaces, des arrestations arbitraires, voire à des violences physiques ou des assassinats pour leur engagement. Alors, quelles actions concrètes la France envisage-t-elle pour renforcer leur protection, leur apporter un soutien diplomatique, juridique ou humanitaire et faire de leur sécurité une priorité dans notre politique étrangères ? Je vous remercie par avance pour vos réponses et pour votre engagement à faire vivre une diplomatie féministe à la fois ambitieuse, incarnée.

Je vous laisse la parole pour quelques propos liminaires, puis ensuite nous aurons nos orateurs de groupe. Je vous remercie. Merci beaucoup madame la présidente, mesdames et messieurs les membres de la délégation, merci de me donner l'occasion de vous présenter les principales orientation de la diplomatie féministe de la France, mais surtout merci d'y contribuer activement parce que la diplomatie parlementaire est complémentaire de celle qui est menée par le Kedoré et la délégation qui s'est rendue il y a New York il y a quelques mois témoigne de l'importance de votre engagement pour faire entendre la voix de la France et défendre la diplomatie féministe.

Je reviendrai d'abord sur l'environnement international que vous avez abordé également qui rend notre diplomatie féministe plus nécessaire que jamais. Ensuite sur notre stratégie pour la structurer, la porter toujours plus efficacement et puis enfin sur les prochaines initiatives qui sont seront portées par la France qui témoignent de notre mobilisation. On commence par l'environnement, celui dans lequel nous agissons, mais en danger des acquis en matière de droit des femmes et des filles et d'égalité de genre.

En effet, les crises se multiplient et leurs conséquences sur les femmes et les filles s'aggrav sur tous les théâtres de crise humanitaire, climatique ou sanitaire, les femmes voient leur droit bafoué quand elles ne sont pas la cible d'atrocité. Nous le savons, les femmes sont les premières victimes des menaces à la paix, à la sécurité internationale. Leur liberté, leurs droits, leur dignité, leur participation au processus de paix sont remis en cause.

C'est pourquoi notre diplomatie agit partout où les crises ébrandentlent le tissu social, à Gaza, en République démocratique du Congo, à Haïti ou encore au Soudan. En Afghanistan, la politique de ségrégation à l'encontre des femmes et des filles heurte particulièrement notre conscience. Depuis le mois de mai 2021, la France a accordé une protection aux femmes et aux filles afghanes.

Elle a accueilli plus de 17000 ressortissants afghans, parmi lesquels des afghanes militantes, journalistes ou artistes menacés. La France a aussi demandé au procureur de la Cour pénale internationale de considérer les crimes commis à l'égard des femmes et des filles dans ses enquêtes en Afghanistan. Le procureur nous a entendu.

Des mandats d'arrêt à l'encontre de plusieurs dirigeants talibans ont été requis. En Ukraine, la guerre d'agression menée par la Russie a entraîné le déplacement de 2,7 millions de femmes. La France est particulièrement mobiliser pour les victimes de violence sexuelle.

Nous avons agi à travers le fond mondial pour les survivantes et la fondation Mouwegé qui a permis l'établissement d'un fond d'indemnisation d'urgence. En 2024, notre appui financier à ONU femme a également permis de soutenir la formation professionnelle de 12000 femmes ukrainiennes afin de leur permettre de sortir de la précarité. Au Proch Orient, les contributions de la de la France à l'UNICEF en 2024 ont permis de mettre en place à Gaza des services de santé sexuelle et reproductive.

L'année dernière, nous avons aussi apporté un soutien de 200000 € pour accompagner les victimes de crill sexuel perpétré par le Hamas lors des attaques du 7 octobre. Plus généralement, cette année, nous avons contribué à hauteur de 4,5 millions d'euros au fond des femmes pour la paix et l'action humanitaire. le fond spécial des Nations-Unies le plus important soutenant les femmes et les organisations de la société civile dans les contextes de crise et de conflit.

Aujourd'hui, les alliances qui cherchent à remettre en cause les acquis de ces dernières années montent en puissance. Vous l'avez dit, madame la présidente, nous assistons à une offensive déterminée dans un environnement international propice aux voies les plus réactionnaires. Face à ces pressions, des pays historiquement engagés pour l'égalité basculent dans l'opposition ou le silence.

C'est le cas sur notre propre continent. Après la Suède, les Pays-Bas ont annoncé il y a quelques mois leur retrait du groupe des pays portant une diplomatie féministe à New York. En France même, certains remettent en cause le caractère prioritaire de notre engagement pour les droits humains, pour les droits des femmes et des filles, pour l'égalité de genre.

Il y a quelques mois, j'ai entendu une députée française au Parlement européen parler de W Power pour qualifier notre politique de solidarité internationale. Tout le sens de notre engagement repose sur la dignité de la personne humaine, l'égalité entre les femmes et les hommes, car telle est la conception française des droits de l'homme. Une conception qui nous engage à mener le combat pour l'égalité et contre les violences sexistes et sexuelles.

Une conception qui nous engage à défendre le droit fondamental à l'éducation. Alors que dans le monde 122 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées. C'est pourquoi la moitié de notre contribution au partenariat mondial pour l'éducation est dédié à l'éducation des filles.

Notre diplomatie féministe s'adapte aussi au nouveaux défis qui se posent à nous. Je pense à la loi de mai 2024 visant à sécuriser l'espace numérique qui a fait de la France un état pionnier en matière de régulation des contenus haineux et des violences en ligne ainsi que de l'accès des mineurs à la pornographie. Je pense au sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle.

Nous nous avons obtenu pour la première fois une déclaration qui intègre l'égalité de genre dans le développement de l'intelligence artificielle. Désormais, notre méthode est connue et reconnue non seulement par nos partenaires internationaux mais aussi par les acteurs de la société civile. Et quand je dis notre méthode, je partage ce nôtre avec l'action que vous menez.

La France est l'un des premiers bailleurs mondiaux pour les organisations féministes dans les pays du sud. Nous avons soutenu plus de 1400 associations dans 75 pays pour un total de plus de 254 millions d'euros entre 2020 et 2024 à travers le fond de soutien aux organisations féministes. C'est un record alors même que ces organisations reçoivent moins de 1 % du total mondial de l'aide publique au développement.

Les associations que nous soutenons sur le terrain au Sénégal, au Népal, au Bénin, en Colombie fournissent des services très concrets et souvent indispensable aux fines. Voilà les quelques mots que je voulais euh vous livrer s'agissant de l'environnement. Je passe maintenant à notre stratégie pour l'avenir en évoquant la structuration de notre engagement et et son inscription dans le temps long au travers de la stratégie internationale de la France pour une diplomatie féministe pour 2025-2030.

Cette stratégie internationale a été élaborée avec plus de 200 acteurs. Les ministères, le réseau diplomatique, les opérateurs, la société civile et vous-même. Elle fixe un cap placer les droits des femmes et des filles et l'égalité de genre au cœur de notre politique étrangère.

Elle est notre feuille de route pour les cinq prochaines années et elle mobilise l'ensemble de notre arsenal diplomatique, nos ressortissantes, nos partenaires internationaux et nos agentes. Je commence donc par ce que nous entendons faire au service de nos ressortissantes, nos compatriotes françaises à l'étranger. Où qu'elles soi dans le monde, les Françaises victimes de violence doivent pouvoir compter sur une protection efficace et immédiate.

Nos postes consulaires sont en première ligne pour porter assistance aux victimes, les orienter et les accompagner dans leur démarche. Sont une aide pour palier la complexité juridique et administrative locale ainsi que les situations d'isolement ou de dépendance économique. Concrètement, depuis 2022, le ministère a traité 471 cas de violence conjugale, 119 affaires de viol et 34 cas de mariage forcé.

J'ai également demandé que chaque poste diplomatique désigne un référent chargé de l'accueil de nos ressortissantes victimes de violence et qu'une formation spécifique soit dispensé à cet effet. Notre action permet ainsi de proposer à chaque victime des solutions concrètes adaptées à sa situation. Notre diplomatie féministe est au cœur de notre de nos dialogues bilatéraux.

Pour défendre nos valeurs, nous cherchons sans cesse de nouveaux alliés. Nous adoptons des cadres de coopération bilatéraux en faveur de la diplomatie féministe comme avec la Colombie, la Chili et la Blivie. Avec la Colombie, nous sommes en première ligne en faveur des droits et de la santé sexuelle et reproductive.

Nous travaillons avec la Corée du Sud et le Royaume-Uni pour avancer dans les dans la lutte contre les violences basées sur le genre en ligne et notamment les deep fake pornographiques. Nous intégrons des actions conjointes de diplomatie féministe dans les feuilles de route qui nous lient à la Tanzanie, au Brésil, à la à l'Arménie pour ne citer que quelques exemples. Notre diplomatie féministe se renforce aussi au sein d'enceinte multilatérale.

À New York, la France préside cette année au côté de la Colombie le groupe des pays mettant en œuvre une diplomatie féministe. Nous avons réussi à raller de nouveaux États dont le Maroc et la Slovénie. À l'Assemblée générale des Nations- Unies, vous vous en souvenez, la résolution porté par la France et les Pays-Bas sur la prévention et l'élimination de toutes les formes de violence contre les femmes et les filles dans l'environnement numérique a été adopté en décembre 2024 avec 174 voix pour et zéro contre.

Un record. Au Conseil de l'Europe, nous multiplions les démarches pour que la Convention d'Istanbul sur la lutte contre les violences faites aux femmes soient signées, ratifié et mise en œuvre par un maximum d'état pour qu'elle ait une valeur universelle. Au sein de l'Organisation internationale de la francophonie, lors du sommet de la francophonie à Villercoter en octobre 2024, la France a lancé l'alliance féministe francophone.

Pour renforcer la voie des organisations féministes francophones, nous avons également lancé au côté du Québec le réseau francophone pour l'égalité et les droits des femmes. s'ajoute à cela notre engagement au côté des collectivités territoriales dans le cadre de leur politique de coopération décentralisé dans le cadre des assises de la diplomatie parlementaire et de la coopération décentralisée prévue en octobre 2025. Un groupe de travail sera spécifiquement dédié à la diplomatie féministe.

Les élus et les territoires auront un rôle très important à jouer. Voilà pour les ressortissants, voilà pour notre action vis-à-vis de nos partenaires et j'en viens à l'action que nous menons au sein même du ministère de l'Europe et des affaires étrangères où la diplomatie féministe continue à se décliner. Le ministère lutte fermement contre toutes les formes de discrimination, de harcèlement moral et de violence sexiste et sexuelle.

Il œuvre à l'éradication des stéréotypes de genre qui nuisent à la progression des de carrière des femmes et à leur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Cet engagement est reconnu par une double labisation de l'Association française de Normalisation LAFNOR. Pour aller plus loin, le ministère s'est doté d'un second plan d'action en faveur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Ce plan vise notamment à sensibiliser les agentes et les agents aux questions d'égalité et assurer un meilleur traitement des cas de violence sexiste et sexuelle, y compris dans le cadre privé. Poursuivre le rééquilibrage des viviers et garantir l' légal accès au poste d'encadrement. En 2024, 52 % euh de femmes ambassadrices primopartantes, ce qui est conforme aux engagements que nous avions pris.

Renforcer ensuite l'équilibre vie privée et vie professionnelle et mieux intégrer enfin la santé des agentes dans la prévention et la prise en charge médicale des équipes. Ce plan d'action interne donc s'appuie sur un réseau de 300 référentes et référents égalité répartis dans les différents postes à l'étranger et les directions d'administration centrale. Enfin et je terminerai par là, la France va aller encore plus loin.

Elle accueillera la 4e conférence sur les politiques étrangères féministes. Je vous annonce la date, les 27 et 28 octobre 2025 à Paris. 80 ans après la création des Nations- Unies, 30 ans après l'adoption de la déclaration de Pékin, 25 ans après l'adoption de la résolution 1325, nous accueillirons cet événement majeur pour accélérer la dynamique internationale en faveur des droits des fins à la veille du forum de Paris pour la paix, la conférence aura vocation à rassembler plus d'une cinquantaine d'États, les organisations internationales, la société civile, les acteurs de la recherche et de la philanthropie et bien évidemment les parlementaires.

Je sais pouvoir compter sur votre mobilisation pour nous aider à faire de ce rendez-vous un véritable succès politique et diplomatique. Un tournant. Nous bâtirons sur les acquis des éditions précédentes en Allemagne, au Pays-Bas et au Mexique pour poser les jalons d'une action cohérente et coordonnée.

Nous montrerons que les droits des femmes sont plus que jamais un enjeu de diplomatie et de puissance dans un monde polarisé. Nous montrerons que la France, leader reconnu dans la défense de l'égalité de Gor, est en mesure de rassembler une coalition d'État du Nord et du Sud qui réaffirmeront solennellement leur engagement indéfectible pour le droit des femmes face au coup de butoir de l'international réactionnaire comme l'a appelé le président de la République. Comme vous le voyez, nous maintenons le CAP en défendant nos valeurs, en respectant le droit international pour un modèle de société juste et égalitaire où la dignité et les libertés sont respectées et garanties pour toutes et tous.

Merci beaucoup et à votre disposition pour répondre à toute question. Merci monsieur le ministre. Je propose qu'on qu'on passe aux orateurs oratrices de groupe pour le groupe ensemble pour la République Graziela Melkyor.

Ah c'est Julie ? Non c'est moi. Ah Priscat TV.

Bon très bien. J'ai une émotion. Elle a eu une émotion.

Alors madame la présidente, merci monsieur le ministre. Depuis 2017, la France s'est comme vous l'avez dit parmi les leaders mondiaux d'une action extérieure plaçant l'égalité de genre au cœur de ces principes. Et je tiens ici à saluer cet engagement constant que vous appuyez également dans votre action aussi bien à l'extérieur que dans votre propre ministère.

Des moyens inédits ont été mobilisés. le fond de soutien aux organisations féministes porté de 120 à 250 millions d'euros, mais aussi 400 millions d'euros d'engagement en faveur des droits de la santé sexuelle et reproductif des femmes et des filles et de 135 millions d'euros pour l'initiative visant à faciliter l'accès des femmes au financement en Afrique. Le leadership de la France s'est renforcé avec le lancement en 2023 de la stratégie internationale en matière de DSSR 2023-2027 et l'inscription le 4 mars 2024 de la liberté de recourir à l'IVG dans notre constitution.

J'ajoute les efforts de la transformation de notre appareil diplomatique comme vous l'avez souligné. 36 % d'ambassadrice en 2024 contre 23 en 2019 et une formation antisexiste devenue maintenant obligatoire. Mais aucun acquis est irréversible.

Le phénomène de baclash s'intensifie dans de nombreux pays, dans plusieurs États américains mais également en Europe où le droit de l'IVG recule. Ailleurs, en Iran, la loi chasteté et hijab criminalise toujours plus l'autonomie corporelle. En Afghanistan, l'éducation des filles et bannie.

Dans ce contexte, la diplomatie féministe française doit non seulement afficher son ambition, mais aussi démontrer son impact au moyen d'indicateur clair, d'un budget sécurisé et d'une véritable redevabilité publique. Ma question est donc la suivante : au-delà de la feuille de route et du planning très précis que nous avez que vous nous avez donné, monsieur le ministre, pouvez-vous nous indiquer quels sont les indicateurs de suivi que vous allez pouvoir nous communiquer afin que nous puissions suivre précisément la mise en place de votre feuille d'action ? Je vous remercie.

Merci chers collègues pour la France insoumise Gabrielle Catala. Merci madame la présidente. Monsieur le ministre, vous avez présenté récemment la stratégie pour une diplomatie féministe de la France.

C'était le 8 mars et dans votre discours de présentation, monsieur le ministre, vous avez dit la chose suivante : "Notre diplomatie féministe est une diplomatie qui prend pleinement en compte les droits des femmes partout où ils sont bafoués." Vous avez mentionné à juste titre les femmes ukrainiennes, afghanes, yzidi, congolaises, syriennes, les femmes victimes des atrocités du 7 octobre, mais vous n'avez pas mentionné les femmes soudanaises qui subissent un record de viol de guerre, ni les haïtiennes, ni les iraniennes qui ne seront pas libérées du fondamentalisme religieux sous les bombes de Netaniaou et encore moins les femmes palestiniennes qui subissent un génocide depuis 21 mois maintenant. Plus de 28000 femmes et filles ont été tuées à Gaza et selon Fam, c'est une femme et une fille tuée toutes les heures à Gaza.

Plus d'un million sont en état d'insécurité alimentaire. Des dizaines ont été victimes de viol de guerre commis par l'armée israélienne et plus de 90 % ont été déplacés sans compter les petites filles qui n'ont bien sûr plus d'école. Alors, je crois que si le féminisme de la diplomatie française était réellement universel, vous auriez depuis longtemps mis en place des mesures fortes pour faire cesser tous ces crimes commis par Benjamin Netaniaou.

Malheureusement, malgré le travail de des agents du ministère que que je veux saluer, je crois que comme la grande cause du quinquena à l'heure actuelle, cette diplomatie féministe s'apparente à un coup de com. Premièrement, moi je me demande comment la France peut défendre une diplomatie féministe avec 2,3 milliards en moins sur l'aide publique au développement dans le budget pour 2025. Budget qui avait déjà été réduit l'année précédente et qui a de nouveau été réduit le 25 avril par décret puisque quand on lit le décret, on voit qu'il y a eu 133 millions en moins pour la sans compter les 73 millions qui ont été supprimés du budget action extérieure de l'État incluant 18 millions pour la diplomatie culturelle et d'influence.

C'est des reculs budgétaires qui sont dramatiques puisque on a aux États-Unis euh des coûts de tronçonneuse dans le budget de l'USID fait par Donald Trump et aujourd'hui c'est Onufam qui nous dit que 90 % des organisations féministes à travers le monde sont menacées de disparition faute de financement. Comment la France compte donc palier à ses ses besoins dans les mois et les années à venir ? Et ensuite, je voulais rappeler que bien que la France, je crois, a fait un grand pas en inscrivant le droit à l'IVG dans la Constitution l'année dernière avant de donner des grandes leçons de féminisme au monde entier, ce bien ce serait bien parfois de balayer devant sa porte.

On a 130 centres d'IVG qui ont fermé au cours de ces 15 dernières années. S'agissant de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, seul 15 % des élèves le les suivent suivent ces cours-là en France. On a le planning familial et les CIDF qui sont en danger de fermeture. 25 permanences de CIDF ont dû fermer et le planning a dû ouvrir une une cagnotte pour souvenir à ses besoins.

Alors pour avant de défendre une diplomatie féministe, est-ce qu'il faudrait pas avoir des budgets, défendre des budgets à la hauteur de nos ambitions et surtout balayer devant notre porte ? Merci beaucoup. Prochaine oratrice pour les écologistes Marie-Charlotte Garin.

Merci madame la présidente, monsieur le ministre, la elle représente moins de 1 % du budget de l'État français et pourtant même pour le budget 2025, c'était une coupe de 2,5 milliards d'euros. Pour rappel, en août 2021, la France, elle s'est engagée à ce que 75 % de son APT soutienne l'égalité de genre. À ce stade, aujourd'hui, on est à moins de la moitié de l'APT qui soutient cet objectif.

C'était en 2021. Aujourd'hui, on est en 2025. Autre engagement a loué 0,7 % de notre revenu national brut à la en 2025.

Cet objectif aujourd'hui, il a été repoussé à 2030 et très très concrètement, ça entraîne un manque à gagner de 10 milliards d'euros pour les projets en faveur de l'égalité fem homme. Alors, derrière toute cette question de financement, très concrètement, c'est des vies qui sont affectées et notamment la vie de jeunes femmes et de jeunes filles. On était un certain nombre à avoir pu rencontrer ONU femme et l'UNICEF lors de notre déplacement à New York cette année.

Et elles nous l'ont rappelé en fait les organisations que très concrètement les baisses de budget, ça se traduit par des services essentiels liés à la santé, à l'éducation notamment pour les jeunes filles qui n'existent plus et qui sont entravés. L'UNICEF estime que plus de 250000 jeunes filles seront dans le monde entier impacté par les coûts budgétaires. On le sait dans un contexte extrêmement compliqué avec notamment le retrait des financements américains et tout ça concrètement côté santé, ça se traduit par 75 % des nouvelles infections au VIH en Afrique substaraienne qui concerne notamment les adolescentes qui a un public assez laissé de côté sur on va dire le le paysage et les chéquier des droits des femmes mondiales et 30 % d'entre elles qui souffrent d'anémie.

Très concrètement, ça se traduit évidemment en violence faite aux enfants et à ces jeunes filles. Donc c'est par exemple 12 millions de fillettes qui se marient chaque année, enfin qui sont forcées he d'être marié chaque année. C'est 15 % des femmes âgées de 20 à 24 ans qui deviennent mères avant 18 ans.

Et c'est une adolescente sur 4 mariée ou en couple qui va être victime de violence physique ou sexuelle de la part de son partenaire. On a sur le terrain énormément d'associations qui fournissent un travail exceptionnel et je crois que unanimement ici on le salue mais elles le font aussi pour compenser l'abandon total de l'État. notre État en France, mais à l'international des États dans lesquels elle travaille et on a une solidarité internationale qui s'organise et qui fait ses preuves mais en fait ça suffit pas.

Et aujourd'hui ce qu'on attend c'est que la France elle prenne sa place et elle soit à la hauteur de l'affichage qu'elle fait. Elle se tar beaucoup, on se tarque beaucoup d'une diplomatie féministe, mais dans un contexte où le backlash est exacerbé, ce qu'on attend, c'est pas juste un maintien des activités, c'est d'aller compenser les pertes et les baisses de financement des autres pays. Et donc, si les droits des femmes, comme vous l'avez dit, monsieur le ministre, sont un enjeu de diplomatie et de puissance, ma question c'est où est l'argent qui va avec et que comptez-vous faire pour compenser le manque à gagner de 10 milliards d'euros pour les projets liés à l'égalité de genre ?

Je vous remercie. Pour le groupe des socialistes, Marie-Noelle Baptistel. Merci madame la présidente, monsieur le ministre, les 27 et 28 octobre prochain, sous les G de votre ministère, la France accueillera à Paris la 4e conférence internationale sur les politiques étrangères féministes.

Dans un monde où selon l'ONU, les droits des femmes ont reculé dans un pays un pays sur quits se multiplient, cet événement ne saurait être une simple vitrine. Il doit être un électrochoc et permettre de réaffirmer haut effort que les droits des femmes ne sont ni accessoires ni négociables, que là où les droits des femmes régressent, ce sont les démocraties entières qui vacillent. Vous le rappelez dans la stratégie de diplomatie féministe pour 2025-2030, les grands défis de notre siècle, la crise climatique, numérique, intelligence artificielle ne peuvent être pensés sans une approche féministe.

Si nous saluons le fait que la France dote d'un cadre structuré pour sa diplomatie féministe comme nous l'avons fait avec succès des pays comme la Suède, nous nous inquiétons toutefois que l'ambition affichée soit fragilisée par un faible niveau d'engagement financier. Conditions évidemment syéquanon de sa concrétisation. Le fond de soutien par exemple aux organisations féministes lancées en 2020 à l'occasion de la présidence française du G7 avec un premier appel à projet à 15 millions d'euros ne réparti aujourd'hui plus que 3,9 millions d'euros.

En 2022 et 2023, seul 6,3 % de l'aide publique au développement bilatéral française visait l'égalité femme homme comme objectif principal, là où la loi de programmation du développement de 2021 fixait une cible de 20 %. Et en 2025, l'aide publique au développement a subi elle aussi une baisse brutale de 2,3 milliards d'euros. Selon ONU France, 90 % des organisations féministes sont aujourd'hui menacées de disparition dans le monde.

Ce sont des projets humanitaires qui s'annulent, des antennes qui ferment, des milliers de femmes abandonnées à elles-mêmes. Or, ceci n'est pas une fatalité comme on voudrait nous le faire croire, mais nous nous avons collectivement les moyens d'y mettre fin. En 2026, la France prendra la présidence du G7.

Notre pays doit, comme il l'a fait en 2020, renouveler ses ambitions et reprend la tête reprendre la tête de la diplomatie féministe mondiale en se donnant les moyens de son ambition et en se saisant de toutes les opportunités pour faire du féminisme une priorité internationale. Cette bataille contre les mouvements masculinistes, nous ne pouvons pas la perdre. Alors, monsieur le premier, monsieur le ministre, excusez-moi, j'anticipe, j'anticipe.

C'est l'ascension de tout à l'heure. Je suis désolé. Comment allez-vous redonner à la diplomatie féministe les moyens d'agir pour revaloriser, péréniser durablement le fond de soutien aux organisations féministes ?

Et comment comptez-vous respecter les engagements de la loi de programmation de 2021 en matière d'aide publique au développement ? Je vous remercie monsieur. Merci chers collègues.

La parole est au groupe Horizon avec Anne Cécile Violent. Merci madame la présidente. Monsieur le ministre, chers collègues, ces dernières années, notamment depuis 2019, la France s'est engagée de manière notable dans la féminisation de la diplomatie.

Elle promeut la représentation des femmes et des filles dans tous les secteurs de la société. sans stéréotype de genre reste engagé à honorer cinq priorités visant à promouvoir l'égalité, à lutter contre les violences et à placer les droits des femmes et l'égalité de genre au cœur de l'agenda multilatéral. Cette stratégie s'engage pleinement pour leur permettre de participer pleinement à la vie politique, économique, sociale du pays.

Malgré ces avancées, la diplomatie française demeure encore largement marquée par une sous-représentation des femmes au poste de direction et dans certaines ambassades stratégiques. Le taux de femme, par exemple au poste régalien en France est de 0 %. Un chiffre éclairant.

Malheureusement de manière limpide, une France promouvant davantage la parité au dépit de l'égalité. Face à cette réalité, quelle est la politique stratégique mise en place par le ministère pour féminiser davantage des carrières diplomatiques ? garantir une réelle égalité des genres et travaillez-vous de concert avec le ministère de l'éducation nationale, le ministère de l'enseignement supérieur pour inciter les jeunes femmes à choisir des filières diplomatiques concernant les droits sexuels et reproductifs des femmes, considéré comme parmi les objectifs stratégiques de notre pays, la France compte-elle continuer à soutenir de manière pérenne les fonds d'aide au développement ?

Enfin, quelle mesure entendez-vous per mettre en place pour garantir un suivi transparent et public des engagements pris par la France ? Je vous remercie. Merci.

Pour la droite républicaine, Verchini Dubulire. Merci madame la présidente. Monsieur le ministre, selon le dernier rapport mondial sur l'insécurité alimentaire dans le monde Sophie, on estime que 733 millions de personnes souffrent de la faim.

Les femmes et les filles sont les plus touchées. L'association Action contre la fin dans le cadre de la CSW69 a souligné le lien entre lutte contre la fin pour les droits des femmes et contre les inégalités de genre qui sont à la fois une cause et une conséquence de la fin. La malnutrition des femmes et des filles est enracinée dans divers secteurs : santé, genre, climat, système alimentaire, protection sociale et éducation.

Une approche multisectorielle et transformative des politiques publiques favorisant un accès équitable aux droits et services fondamentaux est donc essentiel pour lutter efficacement contre la malnutrition. Dans ce sens, la France participe au financement du fond Muscoa ayant pour objectif de renforcer les actions de santé en Afrique de l'Ouest et du centre. Ce fond créé en 2010 a été renouvelé jusqu'en 2026 et il permet d'améliorer la santé, le bien-être et la nutrition des femmes, des nouveaux nés, des enfants, des adolescents et des jeunes.

Cette action a pour objectif d'autonomiser les femmes et les filles ainsi que de leur donner accès à la santé sexuelle et reproductive. Par une loi du 4 août 2021, la France reconnaît officiellement sa politique extérieure féministe. 2025 marque un tournant puisque le 7 mars, une stratégie dédiée à la diplomatie féministe a été lancée.

La diplomatie féministe place la promotion des droits des femmes et des filles et de l'égalité de genre au cœur de l'action extérieure de la France. C'est un enjeu diplomatique majeur. Toutefois, plusieurs interrogations persistent.

Les contours de cette stratégie restent vague. Elle n'a pas été rendue publique dans sa globalité. Les indicateurs, le rôle des parlementaires et de la société civile n'est pas défini.

Aucun budget spécifique n'a été alloué pour sa mise en œuvre en dehors d'une contribution ponctuelle au Women's Peace and Humanitarian Fund. Aucun engagement financier supplémentaire n'a été annoncé et les cibles d'APD prenant en compte le genre fixé dans le cadre de la LOP DS ILIM de 2021 ne figure pas dans les engagements. De nombreux événements internationaux majeurs se profilent dans les mois et années à venir et qui sont autant d'occasions pour la France d'affirmer sa stratégie de diplomatie féminine.

La 4ème conférence internationale sur le financement du développement à Séville, la conférence sur les politiques étrangères féministes les 27 et 28 octobre en France, la COP 30 à BM qui aura pour objectif l'adoption d'un nouveau plan d'action genre et enfin la présidence française du G7 en 2026 que nous aurons l'honneur d'accueillir à Évian en Haute Savoie. Ainsi, monsieur le ministre, à quel moment le gouvernement envisage-t-il la publication de la stratégie et comment le gouvernement compte-t-il consolider les engagements de la France pour lutter contre la malnutrition et l'égalité de genre dans le monde ? Quels outils de financement pourraient être déployés pour prévenir les crises humanitaires et sanitaires ?

Et comment la diplomatie féministe sera articulée avec les autres les autres stratégies pour être systématiquement transversal et contribuer à l'atteinte de l'ODD2 0 fin et l'ODD5 égalité de genre ? Merci. Merci.

Chers collègues, pour information, il nous reste une oratrice puis deux questions. Donc, je vous propose d'aller au bout des questions. Nous suspendrons pour pouvoir aller voter.

Euh nous avons un vote prévu à 17h15. Donc euh euh on écoute nos oratrices et questions et on suspend. Donc, prochaine oratrice pour le modèle Delphine Lingman.

Merci madame la présidente, monsieur le ministre, au nom du groupe démocrate, je tiens à saluer vos actions en matière de diplomatie et en particulier de diplomatie féministe. Alors, vous ne serez pas étonné, je vais vous parler d'Allemagne. Il y a bientôt 2 ans, la ministre fédérale des affaires étrangères d'alors Annel Berbock a lancé un vaste point pour créer une véritable diplomatie féministe avec une innovation notable, la nomination d'une ambassadrice chargée euh de mettre en œuvre la diplomatie féministe.

Cela fait directement écho à la stratégie du ministère français des affaires étrangères qui lui aussi s'est doté d'un d'une stratégie claire en mars dernier. Alors dès lors, monsieur le ministre, serait-il envisageable que la France suive cet exemple en désignant à son tour une personnalité chargée de porter cette stratégie de manière transversale, de coordonner les acteurs concernés pour une diplomatie féministe tant en interne qu'auprès de nos partenaires internationaux encore plus efficaces. J'aimerais également vous interroger sur la place des femmes au sein de la diplomatie française.

La voie oriente du l'INP l'INSP a susciter 367 candidatures en 2025. Monsieur le ministre, pourriez-vous nous préciser quelle part de ces candidatures revient à des femmes ? Quel est leur taux d'admission ?

Observons-nous une véritable parité dès la phase de sélection ou subsiste-t-il des écarts ? Quelles actions serait à envisager pour inciter les jeunes femmes à mener des carrières au sein de la diplomatie française ? À cela s'ajoute le programme Tremplin qui a reçu en avril dernier la victoire de l'innovation ou encore l'Académie diplomatique d'été qui rassemble chaque année de nombreuses femmes.

Alors, sur la base de toutes ces initiatives dont il convient de relever la pertinence, ne serait-il pas intéressant dès lors de structurer un programme national complet, un programme englobant l'orientation, la préparation au concours, le mentorat, le soutien par des bourses ciblées et la gestion de carrière afin d'encourager les femmes à s'engager dans la diplomatie française. Je vous remercie. Merci.

Je vous propose de passer aux questions alors pour le groupe EPR, Marie-Pierre. Merci madame la présidente, monsieur le ministre, depuis la prise de pouvoir des Talibans en août 2021, la situation des femmes en Afghanistan se dégrade de manière alarmante de jour en jour. Contrairement aux engagements initiaux des nouvelles autorités qui avaient affirmé à l'époque, je cite, vouloir respecter certains droits fondamentaux des femmes, une politique systématique d'effacement des femmes de la société afghane s'est progressivement mise en place.

Cette situation repose sur une discrimination institutionnalisée et un ensemble de mesures libertices qui font des femmes, des citoyennes de seconde zone exclus de la vie publique, professionnelle et sociale. Une situation de ségrégation qui s'apparente, il faut bien le dire, à un régime d'appartête de genre. Ce n'est pas moins que 50 décrets qui visent à restreindre les droits des femmes qui ont été adoptés depuis 2021 par le régime islamique des Talibans.

Parmi ces mesures figurent l'interdiction pour les femmes de se déplacer sans un accompagnateur masculin, d'accéder à l'enseignement secondaire et universitaire et dernièrement d'ailleurs les formations médicales d'exercer de nombreuses professions notamment pour les organisations donc gouvernementales et les agences des Nations-Unies. Les conséquences de cet appartêque de genre sont multiples à la fois sur le plan sanitaire, sur le plan économique, évidemment sur le plan psychologique. Malgré ces restrictions inhumaines, la résistance des femmes afghanes demeure exemplaire.

Des réseaux clandestins de scolarisation se développent envers et contre tous, risquant parfois des sanctions pouvant jusqu'à aller jusqu'à la mise à mort. Dans ce contexte, la communauté internationale ne peut fermer les yeux et rester passive face à cette entreprise de répression systématique. Que pouvez-vous nous indiquer dans votre volontarisme pour inscrire dans le droit international l'appareil de genre notamment au stade où il est pratiqué aujourd'hui en Afghanistan.

Nous indiquer également quelles mesures la France ont en prendre pour simplifier et accélérer les procédures de demande de visa humanitaire pour les femmes afghanes dans depuis les pays tiers. renforcer les dispositifs d'accueil spécifiques pour les femmes notamment en lien avec les associations et les collectivités territoriales et enfin faciliter leur intégration en France notamment en matière d'apprentissage de la langue, d'accès au logement et à l'emploi et de reconnaissance des diplômes et des compétences AGI en Afghanistan. Merci beaucoup.

Merci chers collègue. Je rappelle que nos questions c'est plutôt une minute donc on on suspend dès que possible. Louis Boyard, je vous rassure madame la présidente, je serai beaucoup plus court.

Monsieur le ministre, vous avez parlé de crime sexuel à Gaza. Vous me permettrez d'observer que chaque fois que vous parlez de crime à Gaza, vous manquez toujours de mentionner le coupable. Il s'appelle Israël.

C'est Israël qui est coupable de crimes de guerre à Gaza, notamment de crimes sexuel. Et c'est un rapport de l'ONU d'avril 2025 qui le dit. Il y a un autre rapport de 2025 qui a été fait par l'ONU et qui indique "Les autorités israéliennes ont détruit la capacité des Palestiniennes à Gaza en tant que groupe à faire des enfants à travers la destruction systématique des soins de santé sexuelle et reproductive." C'est un des points que la Cour internationale de justice avait retenu pour parler de risque de génocide.

Risque de génocide. En 2024, nous sommes en juillet 2025. 21 mois plus tard, nous ne sommes plus dans le risque de génocide.

Nous sommes dans le génocide. Mais vous n'utilisez pas ce mot. Vous ne prenez aucune sanction contre le gouvernement israélien.

Vous ne faites même pas arrêter le premier ministre israélien qui survole la France. Il est sous mandat d'arrêt international. Monsieur le ministre, alors j'ai une question très précise pour vous.

Le 18 juin 2024, la France a voté une résolution à l'ONU qui l'engage à interdire les exportations d'armes en Israël et l'importation de tout produit issus des colonies israéliennes. Vous avez parlé, vous avez voté. Alors, monsieur le ministre des affaires étrangères, qu'avez-vous fait pour respecter cet engagement pris au nom de la France ?

Allez, on a une dernière question après. Ah oui, d'accord. OK.

Alors, on suspend. On se retrouve après le vote solanel. ше Nous reprenons notre Nous reprenons notre audition avec une question de Julie Delpêche.

Merci madame la présidente. Monsieur le ministre, la présidence française du G7 en 2026 sera un moment clé pour affirmer la stratégie de diplomatie féministe de la France. Ce rendez-vous comme la conférence sur les politiques étrangères féministes prévues en octobre où la COP 30 à BM doit permettre de faire avancer des engagement concret en matière de droits des femmes, de financement et de participation des organisations féministes.

Lors du G7 de 2019, la France avait posé les bases de sa diplomatie féministe en lançant notamment le fond de soutien aux organisations féministes. Ce cadre doit désormais être consolidé, élargi et doté de moyens à la hauteur des ambitions affichées. Dans cette perspective, comment la France entend-elle faire de l'égalité de genre un axe structurant de sa présidence du G7 ?

Je vous remercie. Merci chers collègues, monsieur le ministre, je vous laisse la parole pour répondre à l'ensemble de nos orateurs et questions à vous. Merci beaucoup madame la présidente.

Mesdames et messieurs les députés, Priscat Tevna m'a interrogé sur la la redevabilité et et les indicateurs d'impact. Il y a plusieurs niveaux de réponse à sa question. Il y a bien sûr la redevabilité dans le cadre de la stratégie internationale que j'évoqué à grand trait dans mon introduction.

Euh la redevabilité de la la version précédente était fondée sur 70 indicateurs. Euh la la nouvelle stratégie euh sera suivie à partir de 15 indicateurs qui sont en cours d'élaboration euh avant que cette stratégie internationale soit publiée. Le deuxième niveau, c'est la redevabilité dans le cadre de l'aide publique au développement et de du principal opérateur qui est l'Agence française de développement.

Sur l'aide publique au développement, comme vous le savez, l'objectif qui avait été fixé par la loi de programmation en 2021, c'est à l'horizon 2027 % de l'aide publique au développement intégrant une dimension de genre et 20 % de l'aide publique au développement dédié au genre. C'est cet horizon des 75 % pour la les l'APD intégrant une dimension de genre et les 20 % d'APD dédié au genre devrait se retrouver dans le contrat d'objectif et de moyens de l'Agence française de développement qui est en cours d'élaboration et qui n'est pas encore qui n'a pas encore atteint ces deux ces deux seuils de 75 % et de 20 % mais dont l'objectif est de les atteindre à l'horizon 2027. Et puis le troisème niveau, c'est la mesure d'impact plus général que nous sommes en train de mettre en place au sein du ministère, pas uniquement sur la question de la diplomatie féministe et de l'égalité de genre, mais plus généralement sur les politiques que nous menons.

Nous avons constitué une une équipe d'une trentaine de personnes sur une base volontaire issue de toutes les directions qui réfléchissent à l'établissement de quelques grands indices, un indicateur d'impact dans toutes les dimensions de nos missions. le service public des Français à l'étranger, la défense des intérêts de la France par les canaux bilatéraux, multilatéraux, européens et puis l'information sur les positions de la France à l'étranger, l'information des Français sur ce qui se passe dans le reste du monde. Et donc les objectifs d'égalité de George se reflèteront eux aussi dans ces indicateurs d'impact de l'action du ministère.

Gabriel Catala d'abord sur le les crises humanitaires dont les femmes sont évidemment les premières victime et en particulier la crise du Soudan et la crise à Gaza. Je voudrais rappeler que dans ces deux cas, la France a été à l'initiative de la de l'organisation des premières conférences internationales de levée de fond. Pour le Soudan, ça s'est passé le 15 avril 2024. 2 milliards d'euros ont été levés à cette occasion et la contribution de la France depuis le début de cette guerre au Soudan, c'est 200 millions d'euros.

Et puis à Gaza, c'est le 9 novembre 2024 qu'une conférence internationale a été organisée à Paris qui a permis de lever 1 milliard d'euros et à Gaza. C'est depuis le 8 octobre 2023 millions d'euros d'aide humanitaire apporté par la France, 1200 tonnes de frais humanitaire. Ensuite pour faire la jonction entre les remarques de Gabriel Catala, de Marie-Charlotte Garin, de Marie Noël Baptistel sur les moyens, il est vrai que l'année dernière les crédits du programme 209 l'aide publique au développement ont été très considérablement réduits.

Et d'ailleurs, je je je dire je je ne m'en suis pas félicité. J'ai même dû défendre ou en tout cas oui défendre le rejet d'amendement appelant à des à des réductions supplémentaires des crédits du programme 209. Je vais vous dire comment moi je m'y prends pour défendre ces crédits.

Donc je suis convaincu qu'il contribue à à ou qui concour à la défense des intérêts de la France et des et des Français à l'international. D'abord, c'est en appelant tous les opérateurs de cette politique, au premier rang desquels la FD, à rendre des comptes de manière encore plus précise et détaillée de l'impact de leur politique pour les bénéficiaires, mais aussi de l'impact rétroactif pour les Françaises et les Français des politiques qui sont menées parce bien des bien des politiques d'APD qui sont parfois critiquées sur certaines sur certains bancs de l'hémicycle de l'Assemblée national contribue en réalité à apporter des réponses au aux préoccupations majeures des Français en matière de santé, en matière même de sécurité. Je pense à des actions de de l'AFD qui qui contribuent à créer des cultures de substitution à la culture du pau par exemple, mais aussi à à enrayer le risque pandémique.

C'est un peu la même chose pour l'égalité de genre et je crois que ceux qui croient dans cette politique doivent dans cette période où des efforts budgétaires apparaissent nécessaires et bien appeler l'attention de de vos collègues parlementaires du gouvernement si nécessaire sur la nécessité de préserver ses crédits. Cependant, dans un contexte où les crédits ont fortement baissé l'année dernière, les crédits concourants au SOF au fond de soutien aux organisations féministes qui fait de la France l'un des tout premiers bailleurs dans ce domaine ont été préservés et c'est l'une des rares lignes qui a été préservée l'année dernière dans le programme 209 avec 50 millions d'euros de moyens. Si nous voulons poursuivre, il faut évidemment que les crédits du programme 209 qui ont déjà été largement mis à contribution soit préservé autant que possible.

Sinon, il y a un moment donné où malgré tous nos efforts, ces ces lignes que nous avons sanctuarisé l'année dernière finiront par elles aussi être mises à contribution. Anne-Cécile Violent m'interroge sur la sur l'évolution de la représentation des femmes dans l'encadrement du ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Euh comme ça a été rappelé tout à l'heure par madame Lychman, je crois, c'est 36 % des des ambassadrices et des ambassadeurs qui sont des ambassadrices.

J'ajoute à ça que l'année dernière 52 % des primos partants étaient des femmes. Donc des des des agents du ministère qui deviennent ambassadrices ou ambassadeur pour la première fois. On a on atteint la parité, ce qui nous permet de cheminer progressivement vers une représentation paritaire des ambassadrices et des ambassadeurs.

Il en va de même s'agissant de de l'encadrement dans l'administration centrale. Si on prend les postes de secrétaires du de la secrétaire générale, des directrices et directeurs généraux et des postes de direction, on est aujourd'hui à 45 % de représentation des femmes. Donc on on atteint progressivement la la parité.

Euh euh aux questions de Virginie Dubi Müller sur d'abord le fond Muscota qui est un fond emblématique Muscoa pardon qui est un fond emblématique en matière de santé maternelle néonatale et infantile en Afrique de l'Ouest et central. Depuis 2021, nous avons mobilisé 50 millions d'euros et ce que nous avons programmé à date, même si on nous demande de ne pas faire trop d'annonces, s'agissant du du projet de loi de finance 2026, c'est une nouvelle contribution de 2 millions 10 millions d'euros que j'espère pouvoir vous confirmer à l'automne. d'interroger aussi sur la diffusion de la stratégie internationale.

Je j'évoquais tout à l'heure en réponse à à la question de Priscat que le cadre de redevabilité était en cours de d'élaboration et et de perfectionnement. On doit aussi euh mettre en place un comité de pilotage à la rentrée et on devrait être alors après avoir consulter les parlementaires également être en mesure de diffuser la stratégie internationale. à la question de Delphine Lychman, il y a une secrétaire général de la conférence internationale des des diplomatie féministes qui a occupé le le la place de d'ambassadrice au droits des femmes si l'on peut dire.

C'est Delphine Haisé pour faire de ce cette conférence internationale un un grand succès sur la proportion des femmes dans les candidatures au concours voie d'Orient. J'ai malheureusement pas la réponse mais je m'assurerai de vous la trouver. et je vous remercie d'avoir également mis en valeur le programme Tremplin qui a été lancé en 2023 qui rassemble 20 personnes dans le ministère chaque année et qui vise à étoffer le vivier des femmes dans l'encadrement supérieur pour précisément nous permettre d'aller au-delà des 45 % que j'évoqué tout à l'heure. il va il va au-delà des je dirais des postes de direction de secrétariat général puisqu'il concerne des catégories A et B et il permet au lauréate de ce programme de bénéficier d'un accompagnement personnalisé.

Je vais prendre un peu plus de temps pour répondre à la question de Marie-Pierre Rixin sur le soutien de la France aux femmes afghanes. Vous savez que la communauté internationale a fixé des conditions claires à la normalisation des relations avec le régime taliban dans la résolution 2593 du conseil de sécurité. Euh aucune des cinq conditions opposées par ce conseil n'est aujourd'hui respectée par les talibans, en particulier au regard du sort réservé aux femmes et aux filles, sont effacé de la société victime de multiples violations de leurs droits les plus élémentaires.

La politique de ségrégation à l'encontre des femmes et des filles heurte notre humanité. Le premier ministre l'a rappelé dans son discours de politique générale. À l'heure de la rentrée scolaire en Afghanistan, le 20 mars, plus de 2 millions de jeunes filles sont privés d'éducation pour la 3e année consécutive en raison de l'interdiction est dictée par les talibans.

Nous avons condamné la loi talibane dit du vice et de la vertu du 21 août 2024. Évidemment, nouvelle illustration de l'acharnement systématique contre les femmes et les filles. Nous avons condamné le 5 décembre dernier dans les termes les plus fermes, l'interdiction faite par les talibans aux femmes afghanes d'accéder aux établissements d'enseignement médical.

Nous avons poursuivi notre politique d'aide humanitaire aux femmes et aux filles afghanes. Cette assistance repose sur le principe de délivrance par et pour les femmes. Nos projets visent avant tout à aider les femmes et les filles dans le domaine de la santé pour protéger leur intégrité physique et leur vie maintenu notre soutien à l'Institut médical français pour la mère et l'enfant à Kabou.

Depuis août 2021, l'aide globale de la France à l'Afghanistan se chiffre à plus de 170 millions d'euros et cette aide est déclinée en tenant compte en priorité de son impact pour les femmes et les filles afghanes. J'évoquéis tout à l'heure le le chiffre des 17000 ressortissants afghans qui ont été protégés par la France depuis mai 2021 parmi lesquels des Afghans, militants, journalistes ou encore artistes menacés. Puis enfin, le programme femme en danger est destiné en particulier aux femmes afghanes.

Ce cadre, la France a permis la réinstallation en lien avec le HCR de 300 femmes afghanes vulnérable en 2024. Marie-Pierre Rixin m'a interrogé aussi sur la lutte contre l'impunité. La France s'engage dans le cadre des initiatives multilatérales pour condamner les multiples violations dont sont victimes les femmes et les filles afghanes.

Des démarches conjointes ont été entreprises pour demander au procureur de la Cour pénationale internationale, je disais tout à l'heure, de considérer les crimes commis à l'égard des femmes et des filles dans ces enquêtes en Afghanistan. À la suite de ces démarches, le bureau du procureur a requisit des mandats d'arrêt à l'encontre de plusieurs dirigeants talibans. Leur responsabilité pénale étant engagé pour le crime contre l'humanité de persécution liée au genre.

Puis nous investissons dans les travaux relatifs au projets de convention sur les crimes contre l'humanité aux Nations-Unies. Le 22 novembre 24, la 6e Commission des Nations Unies a approuvé à l'unanimité la conférence plénie potentiaire des Nations-Unies sur la prévention et la répression des crimes contre l'humanité par l'adoption d'une résolution coparinée par la France. Cette décision ouvre la voie à l'adoption de l'instrument juridiquement contraignant qui fournit un cadre juridique clair et universel pour définir, prévenir et punir les crimes contre l'humanité qui pourra s'appliquer au cas des femmes afghanes.

Euh à la question de aux remarques de Louis Boyard, je vous ai répondu sur l'aide humanitaire. J'évoquéis dans mon introduction les dispositifs spécifiques en soutien aux femmes palestiniennes à à Gaza. Simplement quelques éléments de correction ou de clarification.

Euh nous avons pris des sanctions à la quête à la à l'encontre de colon extrémistes et violent à la fois au titre national et au titre européen. Nous avons condamné toutes les violations par Israël du droit international. Nous n'hésitons jamais à le faire et à le dire.

Euh et s'agissant du soutien aux Palestiniens, il s'est manifesté par cette conférence internationale accueillie à Paris le 9 novembre 2023. Il s'est manifesté par l'envoi à à proximité du rivage de Gaza du porte hélicoptère français le Dixmud pour soigner des pal des Palestiniens blessés. Nous sommes le premier premier pays occidentaux à l'avoir fait.

Il se manifeste aussi par le soutien de la France qui est l'un des seuls pays à le faire, soutien budgétaire direct à l'autorité palestinienne et par la condamnation des des violations par le gouvernement israélien de ces obligations au titre du droit international. La résolution à laquelle vous avez fait référence du 18 juin 202 sûr de l'avoir retrouvé. Il y en a une qui a été adoptée le 10 juin 2024 qui euh qui a été adoptée par le conseil qui précise un cadre pour la cessation des hostilités à Gaza avec le cesser le feu, la libération des otages du Hamas, le l'accès sans entrave de l'aide humanitaire euh mais euh mais qui n'évoque pas certains des points que vous avez soulevé dans votre intervention.

Donc je vous propose qu'on qu'on en reparle à l'issue de cette séance. Et puis euh s'agissant de des remarques de Julie Delpêche qui appelle comme d'autres l'ont fait et en particulier Virginie Dubim Müller parce qu'elle est concernée au première loge si je puis dire la présidence française du G7 le président de la République a et Anne Cécile pardon. Oui.

Euh le le le le président de la République a a pris l'engagement de faire de l'égalité de genre une priorité de sa de la présidence française en 2026. C'était déjà un engagement de la France au G7 de 2019 puisque nous avions lancé le partenariat de Biarit pour l'égalité entre les femmes et les hommes avec la protection contre contre les violences et l'accès des filles à l'éducation. Euh ce que nous souhaitons, c'est qu'en 2026 soit également intégré la dimension numérique de la protection des femmes dans la dans la lancée de la résolution que nous avons faite adoptée par l'Assemblée générale des Nations- Unies au mois de décembre dernier.

Monsieur le ministre, merci infiniment pour ces réponses précises. On voit que la France est engagée dans cette diplomatie féministe. Vous pourrez compter.

Et en tout cas, on souhaite que les parlementaires aient une place dans cette conférence pour la diplomatie féministe et vous avez appelé à notre vigilance concernant le budget. Vous pourrez également compter sur nous rendez-vous bien avant l'automne en tout cas pour le mois de septembre. Je vous remercie infiniment.

Merci beaucoup. Nous allons suspendre un instant et nous poursuivons donc nos travaux avec l'audition de madame la ministre à l'égalité Aurore Berger.