Les invités d'Apolline Matin : Xavier Daney et Sébastien Delavoux - 24/07
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 1:04OuverteRéponse directe
Comment se passe l'évacuation de la presqu'île du Cap Ferré ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Racontez-nous votre nuit au PC de sécurité avec les forces et les pompiers.
- 3:19FerméeRéponse partielle
Combien de maisons ont été touchées par les flammes ce matin ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui attend les pompiers pour cette journée ? Le feu menace-t-il la presqu'île ?
- 4:30OuverteRéponse directe
800 pompiers attendent des renforts, notamment aériens. Ces renforts sont-ils attendus par les pompiers ?
- 6:26OuverteRéponse directe
Quel est l'état des forces ? Qu'est-ce qui vous remonte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:30PrésentateurChiffre
« Il y a 800 pompiers, en tout cas c'est le dernier chiffre qu'on a, 800 pompiers sur place, mais qui attendent des renforts. »
- 4:35PrésentateurFait
« Il y a notamment des moyens aériens qui vont arriver de Croatie, du Portugal. »
- 6:43InvitéFait
« le feu de Dix, le feu dans le 73, on a eu un collègue décédé »
- 7:16InvitéChiffre
« en 2021, on a rencontré le ministère de l'Intérieur et on leur a expliqué qu'on avait perdu 1000 camions depuis 2006 dédiés à la lutte contre le feu de forêt »
- 7:44InvitéFait
« le président de la République, il annonce qu'on va recommander 1000 camions qui ne sont pas tous des porteurs d'eau »
- 7:49InvitéFait
« les 1000 qu'on a perdus, c'est bien tous des porteurs d'eau »
- 8:53InvitéFait
« on a rencontré avec toutes les organisations syndicales, le cabinet du Premier ministre le 27 mai, pour leur dire que la sécurité civile avait le pantalon sur les chevilles »
- 9:05InvitéChiffre
« 80% des agents sont volontaires »
- 9:32InvitéFait
« la semaine dernière, on est arrivé le premier engin 1h20 après l'appel »
- 9:41InvitéFait
« il y a eu un feu de récolte, mais comme tous les engins étaient engagés, le premier engin déclenché était à 50 km du feu »
Temps de parole
- Présentateur38 %
- Invité33 %
- Invité 230 %
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Vous écoutez RMC, RMC, jusqu'à 9h, Apolline Matin, Sébastien Krebs. Il est 7h43 et vous êtes bien sur RMC et RMC Story. Plus de 6400 hectares brûlés en Gironde, 2500 du côté des Langues. Les pompiers viennent de passer une nouvelle nuit dans l'enfer des flammes. Et nous retournons sur place en direct ce matin tout près du Cap Ferré, Presqu'Île, qui est en train d'être évacuée depuis très très tôt ce matin. Bonjour Xavier Danais.
Oui, bonjour.
Merci d'être avec nous en direct ce matin. Vous êtes le maire d'Ares, qui est une commune limitrophe, toute proche de l'Aige-Cap-Ferré. On est en ligne ce matin avec Sébastien Delavoux. Bonjour à vous. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes sapeur-pompier. Vous êtes porte-parole du collectif CGT des SDIS, les services de départementaux de secours. On parlera des moyens, évidemment, et de l'état des forces avec vous. D'abord, la situation sur place. Monsieur le maire, au cœur de la nuit, il y a eu cette alerte. La presqu'île du Cap Ferré doit être évacuée. Cette évacuation est en cours. Comment ça se passe ?
Oui, l'évacuation de la ville de l'Aige-Cap-Ferré est en cours depuis cette nuit. Je ne saurais dire l'heure, puisqu'on a passé la nuit au poste de commandement. Donc, elle s'effectue. Là, je viens de faire une reconnaissance. Puisqu'il passe par la départementale 106, ça se fait à peu près dans une fluidité régulière. C'est-à-dire, il y a un flux de véhicules qui est évacué par la route, par la voie terrestre, la ville de l'Aige-Cap-Ferré. Et aujourd'hui, on parle d'une évacuation d'une partie de ma commune également qui porte cette D106.
Évacuation par la route, il y a aussi des évacuations par la mer avec des navettes, des bateaux qui viennent chercher les habitants, les vacanciers de cette presqu'île du Cap-Ferré.
Alors, je ne voudrais surtout pas parler à la place de mon collègue de la ville de l'Aige-Cap-Ferré. Mais dans le scénario, dans un des scénarios, dans le scénario envisagé, il y a une possibilité, effectivement, d'une évacuation par voie maritime dans un dernier recours, c'est-à-dire, quand la piste, la route 106 n'est plus libre. Donc, à ce moment-là, il saurait envisager, effectivement, une évacuation maritime.
Racontez-nous, M. le maire, votre nuit. Vous dites que vous avez passé la nuit au PC de sécurité avec les forces, avec les pompiers. Ce qu'on comprend d'ici, c'est que la ligne que défendait les pompiers a été traversée par le feu cette nuit et que le feu menace désormais, ou en tout cas, a déjà même attaqué les habitations.
Oui, une nuit, ça fait deux nuits. En deux nuits, j'ai dormi deux heures. Donc, ce sont des journées denses, des journées émouvantes et des journées stressantes. Donc, on passe la nuit aux côtés des forces de l'ordre, aux côtés des sapeurs-pompiers, à aller ravitailler, à, effectivement, envisager ce que l'on peut faire pour protéger. Notre premier rôle en nous, en tant qu'élu, c'est de protéger, de protéger. D'abord, les personnes, de protéger les biens au maximum et de protéger notre bien extraordinaire qu'est la forêt.
Est-ce que vous savez nous dire combien de maisons ont été touchées par les flammes ce matin ?
Non, je ne saurais vous dire, parce que sur ma commune, il n'y en a pas, mais il y en a plus d'une dizaine, effectivement, qui ont été touchées par les flammes.
Plus d'une dizaine ?
Oui, absolument.
Plus d'une dizaine touchées par les flammes sur la commune de l'Aige-Caféret. Est-ce qu'il y a toujours une inquiétude ce matin chez les pompiers, alors que le jour s'est levé ? J'imagine que les rotations aériennes vont reprendre. Qu'est-ce qui nous attend pour cette journée ? Si on évacue la presqu'île, est-ce que ça veut dire qu'on pense que le feu va atteindre cette presqu'île ?
Alors, il y a deux choses, effectivement. Il y a la prévention. On ne peut pas, sur cette presqu'île qui n'a qu'un accès, ne pas prévoir, ne pas anticiper. C'est un premier point. C'est aussi pour permettre de rassurer la population. Ce n'est pas parce qu'on évacue que demain ou que tout à l'heure, leur maison va brûler. On anticipe parce qu'on ne peut pas se permettre demain de le faire dans l'urgence. C'est aussi cette fluidité. On a une presqu'île qui est toute en longueur. Il faut le faire dans la fluidité, dans le respect des uns et des autres pour qu'il n'y ait pas d'emboutillage, qu'il n'y ait pas d'accident et que tout le monde puisse évacuer tranquillement.
Il y a 800 pompiers, en tout cas c'est le dernier chiffre qu'on a, 800 pompiers sur place, mais qui attendent des renforts. Il y a notamment des moyens aériens qui vont arriver de Croatie, du Portugal. C'est la solidarité européenne. Ces renforts, ils sont très attendus par les pompiers que vous côtoyez sur place ?
Bien sûr, tous les renforts, tous les renforts aériens, tous les renforts terrestres sont les bienvenus. Les soldats du feu combattent maintenant les flammes depuis de nombreuses heures. Il y a la fatigue, il y a la chaleur extrême que l'on connaît sur notre territoire. Et au-delà, confrontés aux flammes, la fatigue, la chaleur font que l'on est moins performant, que l'on est moins en sécurité également. Donc les renforts sont toujours les bienvenus. Et je tiens à saluer, à ce moment-là de mes propos, l'extraordinaire professionnalisme et courage de ces femmes et de ces hommes qui combattent le feu avec abnégation. Et voilà, ils y vont. Ils ne réfléchissent pas, on y va.
On a une bataille à mener. Et cette bataille, c'est pour le bien. Cette bataille, c'est pour le vivant. Et donc, on ne peut qu'être émus quand on les voit travailler et qu'on en parle.
Et on pense évidemment tous à ces pompiers qui sont sur le front parce que c'est un combat maison par maison, disent certains pompiers. Et il y a cette solidarité sur place dont vous parliez puisque vous, maire de l'une des communes qui bordent le bassin d'Arcachon, vous dites qu'on accompagne ces pompiers, on leur donne à manger, on leur donne aussi de quoi se restaurer, de quoi se reposer. Merci beaucoup d'avoir été en direct avec nous ce matin. Xavier Dané, maire d'Arrest, commune voisine de la commune de Lèvche-Cap-Ferré qui est la plus menacée encore ce matin. On est en ligne donc avec Sébastien Dalvoux également. Rebonjour à vous.
Vous êtes donc sapeur-pompier, porte-parole du collectif CGT des SDIS, les services départementaux de secours. Quel est l'état des forces ? Qu'est-ce qui vous remonte ? Est-ce que vous arrivez à avoir des nouvelles de vos collègues sur place ?
Oui, Sébastien Dalvoux, je corrige la prononciation de mon nom. Effectivement, aujourd'hui, on a beaucoup de gens qui sont engagés, que ce soit dans les feux de Gironde ou ailleurs, parce que le feu de Dix, le feu dans le 73, on a eu un collègue décédé, le feu des Pérénées-Orientales ne sont pas forcément totalement éteints. Il y a encore des gens qui font le noyage, parce que c'est un travail qui est moins impressionnant à l'image, il n'y a pas de flamme. Mais c'est un travail astreignant, qui demande beaucoup de professionnalisme et beaucoup d'engagement, et qui est très long.
Ce qui est énervant, c'est d'entendre qu'on n'a pas besoin de moyens, comme ont entendu les différents membres du gouvernement l'affirmer. Et nous, on peut vous dire qu'en 2021, on a rencontré le ministère de l'Intérieur et on leur a expliqué qu'on avait perdu 1000 camions depuis 2006 dédiés à la lutte contre le feu de forêt, alors que la superficie de la forêt augmente et que les risques, tout le monde en est d'accord, on en est là ce matin pour en parler, ils augmentent. Ils augmentent en intensité, ils augmentent en aires géographiques concernées et la saison commence plus tôt et finit plus tard. Donc, ils n'étaient pas au courant qu'ils avaient perdu 1000 camions.
En 2022, on prend un coup de pied au cul, le président de la République, il annonce qu'on va recommander 1000 camions qui ne sont pas tous des porteurs d'eau, mais les 1000 qu'on a perdus, c'est bien tous des porteurs d'eau. Et puis, il y a la question du personnel pour les armées, parce qu'on parle de gens qui sont venus de l'extérieur, mais je peux vous dire qu'il y a des gens qui sont arrivés d'Ile-de-France hier qui ont été engagés dès qu'ils sont arrivés sur place après s'être tapés 8 ou 9 heures de camion. Ça montre la faiblesse des moyens, en tout cas le manque de moyens pour pouvoir respecter les temps de repos, avoir de la fatigue.
Quand le ministre dit « Nous faisons face, la France bashing », en fait, il dit « La France bashing, ça suffit, nous faisons face, on sait gérer les crises », en fait, c'est grâce au dévouement des pompiers qu'ils donnent beaucoup.
Ah ben, ils donnent beaucoup. Je reviens à ma colonne d'Ile-de-France. La majorité sont sapeurs-pompiers professionnels, et ils sont partis sous statut sapeurs-pompiers volontaires parce qu'on ne les autorise pas à partir sur du temps de travail. Certains ont posé des congés pour venir éteindre les feux à l'autre bout de la France dont on connaît la dangerosité. C'est ça qu'on doit interroger. On a rencontré avec toutes les organisations syndicales, le cabinet du Premier ministre le 27 mai, pour leur dire que la sécurité civile avait le pantalon sur les chevilles, et à ce moment-là, il n'y avait pas de feu.
Parce que notre problème, ce n'est pas au moment des feux, notre problème, il est déjà au quotidien, pour savoir comment on fait partir un fourgon de proximité, un mercredi matin, parce que 80% des agents sont volontaires, et des fois, ils ne sont pas disponibles. Il n'y a pas à les incriminer, mais on a à garantir une égalité des citoyens face aux secours d'urgence. Et dans tout un tas de situations, je peux vous en décrire quelques-unes là, j'ai un collègue dans l'Est de la France qui m'a dit, la semaine dernière, on est arrivé le premier engin 1h20 après l'appel.
Avant-hier, il y a 4 jours, il y avait, dans un département d'Île-de-France, parmi les plus importants, il y a eu un feu de récolte, mais comme tous les engins étaient engagés, le premier engin déclenché était à 50 km du feu.
C'est ça qu'on dénonce. Ce matin, tout ça, j'imagine que pour vous, c'est des risques, et on pense évidemment à tous les pompiers qui, on le disait, donnent beaucoup, sont mobilisés dans des conditions qui peuvent être extrêmement difficiles. Merci beaucoup, on a bien entendu votre alerte, Sébastien Delavoue, sapeur-pompier, porte-parole de la CGT, des services départementaux d'incendie et de secours.