Prix des carburants, perspectives de la macronie après les municipales... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon
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Bonjour Maud Bréjean. Bonjour à tous les deux. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. On va parler de votre bilan municipal. Après neuf ans au pouvoir, le macronisme est-il toujours aussi hors sol ? Mais d'abord, les Français, toujours confrontés aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, alors que les prix des carburants ont augmenté en moyenne de plus de 40 centimes depuis le début du conflit. On écoute Jérôme Jourdain, secrétaire général adjoint de l'Union des armateurs de pêche de France. Il demande un geste.
Nous sommes aujourd'hui à quelques jours d'un arrêt massif de la flotte de pêche française si rien n'est fait. Et sans réponse rapide, des navires vont rester à quai. Et s'ils restent à quai, c'est toute la chaîne qui est menacée. Donc nous, ce qu'on demande, c'est une réponse efficace qui soit basée sur une aide de carburant à la pompe.
Maud Bréjean, que fait le gouvernement ? D'abord, nous sommes pleinement conscients de l'impact que ça a sur les Français et de l'impact que cette crise a sur les secteurs économiques. Dans les pêches. Nous avons, dès le début du conflit au Moyen-Orient, rencontré les différents secteurs touchés. Je pense aux pêcheurs, je pense aux agriculteurs, je pense aux transporteurs, je pense aux fédérations qui sont reçues chaque jour pour faire un point d'étape. Et nous avons annoncé hier des plans sectoriels pour répondre aux difficultés, essentiellement des difficultés de trésorerie. Avec une annonce de possibilité de report de charges sociales, de report de charges fiscales.
Pardon, mais notre pêcheur, il parle de l'aide de carburant, pas de la trésorerie.
Nous avons eu une discussion avec la fédération bancaire pour que là encore, il puisse y avoir des mesures spécifiques lorsque les situations le nécessitent. Et donc, nous accompagnons ces secteurs, encore une fois, avec un appui à la trésorerie. Mais visiblement, ça ne suffit pas. J'entends cette demande d'aide. D'abord, il faut être clair, le gasoil pêche, par exemple, puisqu'on parle de cela, est détaxé. Donc, quand j'entends certains parler de bex de taxes, cela ne s'appliquerait pas, par définition, au gasoil pêche. On entend la difficulté qu'il y a pour ce secteur, parce que ça représente une part dans le chiffre d'affaires qui est important.
Et donc, c'est la question de l'équilibre du modèle économique qu'il y a derrière. Mais là encore, c'est pour ça qu'on leur permet ce report de charges fiscales, ce report de charges sociales lorsque c'est nécessaire pour aider les secteurs et leur permettre de passer le cap. L'objectif, c'est qu'on arrive ensemble à passer le cap. Et puis ensuite, il faut rappeler l'origine de tout ça. L'origine de tout ça, c'est la guerre en Iran. Et l'importance des impacts dépendra évidemment de la durée du conflit et de son intensité.
Mais vous répondez à ce pêcheur, il n'y aura pas d'aide supplémentaire pour le carburant à la pompe.
Le premier objectif, c'est encore une fois d'accompagner les difficultés de trésorerie avec des mesures qui sont neutres pour les finances publiques. Je crois qu'il est important d'avoir un discours de vérité. J'entends beaucoup d'oppositions politiques, notamment venir sur vos plateaux avec beaucoup de démagogie, des demandes de baisse de taxes qui avoisinent les 10 ou 15 milliards d'euros. Pour l'État par an, ce n'est pas raisonnable. Nous n'avons plus les moyens du quoi qu'il en coûte. Et la situation n'a rien à voir avec ce qu'elle était en 2022-2023.
Mais je vous avais déjà sorti le carnet de chèques. C'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui, il y a une forme d'incompréhension sur pourquoi on laisse les Français confronter à ces hausses, plus de 40 centimes en moyenne depuis le début du conflit. Vous avez annoncé autre chose hier. Vous faites appel aux raffineurs pour qu'ils augmentent leur capacité de production. Vous êtes aussi en charge de l'énergie. Cette mesure, c'est quoi ? C'est une façon, encore une fois, d'essayer de limiter la hausse, mais sans sortir le carnet de chèques ?
C'est une façon de limiter la hausse et de pallier à d'éventuelles tensions. Vous savez, en France, on raffine 90% de notre essence, mais seulement 50% de notre gasoil. Prenez l'exemple exactement. Et c'est pour ça que le gasoil a notamment davantage augmenté que le sans-plomb à la pompe, les Français le voient. Vous prenez l'exemple de la raffinerie de Gravenchon, qui raffine environ 20% des produits que l'on consomme en France. Elle devrait pouvoir augmenter sa production d'environ 10%. 10%, c'est par exemple 15 000 tonnes de carburant. Ça équivaut à 450 000 pleins par mois. Ça change quoi concrètement ?
Ça change quoi concrètement pour les gens qui vont faire leur preuve ?
Concrètement, le fait d'avoir davantage d'offres, davantage de production, c'est ce qui contribue. C'est une mesure parmi d'autres qui contribue à maîtriser les prix.
Je rappelle plus 40 centimes sur les prix du carburant depuis le début du conflit. Le porte-parole des pétroliers en France, Olivier Gantoit et l'invité de France Info ce matin.
Est-ce que ces volumes supplémentaires feront baisser le marché qui, je le rappelle, est un marché international ? Est-ce que ça suffira pour faire baisser les prix ? Je ne sais pas, mais peut-être à minima, cela suffira-t-il pour éviter une nouvelle hausse ? Qu'est-ce que vous lui répondez ?
C'est une des mesures, encore une fois, qui contribue parce qu'on produit davantage. Chacun comprend que s'il y a davantage d'offres, ça permet de limiter la hausse des prix. C'était au fond la même logique que celle que l'AIE avait appliquée lorsque nous avons annoncé, vous savez, une libération progressive des stocks de carburant. Je le redis à toute fin utile, il n'y a aucun risque à l'heure où on se parle de rupture d'approvisionnement.
C'est quand le risque ? Si le détroit d'ormeus reste bloqué, à partir de quand on rentre en zone rouge ?
Je crois que personne aujourd'hui ne lit dans le mar de café.
Non, mais on a des stocks. Vous avez des projections, vous êtes au gouvernement.
Aujourd'hui, on a des stocks. On a des stocks qui sont importants, plus de 90 jours de consommation. Donc nous ne sommes pas confrontés à un risque de rupture d'approvisionnement. Et c'est important de le rappeler, on le fait régulièrement. Pour autant, on met tout en œuvre, effectivement, pour maintenir les prix le plus bas possible. Si je puis dire, en tout cas, éviter une envolée incontrôlée. Et ça, ça passe par augmenter la production. Ça passe par la libération progressive des stocks. Et puis, pardon, mais ça passe par ce qui se passe au Moyen-Orient et par le rôle de la France sur place, par les initiatives du Président de la République. On va en parler, Maud Bréjou.
Pardonnez-moi, c'est quand même le cœur du sujet. Effectivement, mais pour l'instant, on a un peu l'impression qu'on assiste spectateurs à cette guerre à laquelle on n'est pas partis. Le Président l'a bien précisé. Combien de temps les Français peuvent-ils tenir ? Pardon, mais quand on voit que d'autres pays européens, eux, ils n'ont pas attendu pour agir et pour mettre en place des mesures fortes. Le Portugal a réduit les taxes sur le carburant. L'Espagne a promis 20 euros d'économie pour un plein et d'autres mesures pour soutenir la population. En Italie, il y a un décret qui a fait baisser les prix à la pompe de 25 centimes d'euros.
Nous, que fait-on ? Notre position et ma position ce matin, elle est claire. D'abord, il faut accompagner les secteurs économiques. Parce qu'effectivement, il serait incompréhensible que certaines filières se retrouvent durablement impactées et durablement affaiblies à cause de ce moment difficile que l'on traverse. Pour autant, je le redis, on parle beaucoup, on a beaucoup parlé de déficit public sur votre plateau depuis octobre dernier. On a beaucoup parlé de l'importance de tenir ce déficit à 5%. Et donc, ça, c'est un objectif que l'on doit maintenir.
Donc, on ne le fera rien de plus, même si la guerre dure encore des semaines, des mois ?
Moi, je crois, et encore une fois, tout dépendra de la durée de ce conflit. Tout dépendra de la durée de ce conflit. Donc, ça pourrait peut-être bouger. Mais si ce conflit est limité dans le temps... Mais c'est quoi, limité dans le temps ? Si ce conflit est limité dans le temps, que d'ici à plusieurs semaines, la situation se calme, le trafic peut reprendre petit à petit dans le détroit d'Hormuz, que la situation s'apaise, je crois que nous sommes en capacité de passer ce cap difficile ensemble. Encore une fois, l'État est aux côtés des secteurs économiques. J'entends parfaitement la difficulté que c'est pour certains Français. Justement, sur ces Français qui gagnent moins de 1 500 euros
et qui ont jusqu'à deux voitures qui sont une catégorie sociologique, des Français très touchés. On entend votre volonté sur les finances publiques, les enjeux géopolitiques. Mais qu'est-ce que vous dites à ces Français qui gagnent moins de 1 500 euros par mois et qui sont obligés d'avoir deux voitures pour aller travailler et qui sont vraiment très fortement impactés ?
J'entends parfaitement leurs difficultés. Qu'est-ce que vous faites ? Je sais, pardonnez-moi, je sais qu'ils subissent le prix à la pompe, qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'aller faire le plein pour aller au travail et pour emmener les enfants à l'école. Nous avons toujours été là pour protéger les Français durant les différentes crises. Lorsque les crises ont duré, je vous rappelle ce que nous avons vécu avec le Covid, je vous rappelle ce que nous avons vécu avec la crise énergétique en 2022-2023, le bouclier tarifaire a coûté... Vous avez trop arrosé à un moment et aujourd'hui, les questions... Non, mais les choses sont extrêmement différentes.
Le bouclier tarifaire sur les années 2022-2023 a coûté 70 milliards d'euros. Mais enfin, le gaz avait augmenté dans des proportions sans commune mesure par rapport à ce que nous vivons aujourd'hui. Rappelez-vous, les factures d'électricité qui, là encore, avaient largement augmenté. C'est vrai, Maude Bréjean ? Ce n'est pas le cas. Non, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Pourtant, c'est vous, Maude Bréjean, qui avez dit il y a quelques jours, en parlant des prix, ça s'est envolé bien au-delà de ce qu'on pensait. Je pense qu'il faut savoir dire en politique quand on s'est trompé. Oui, tout à fait. Une ministre, une porte-parole du gouvernement, vous avez reconnu que vous étiez planté ?
Je pense qu'il arrive à chaque responsable politique de parfois se tromper, d'ailleurs. Vous avez sous-estimé la crise ? Comme à chaque être humain. Et ensuite, sans sous-estimer ou sur-estimer la crise, on voit bien qu'on est dans un moment qui est plein d'incertitudes. Mais vous êtes planté à quel niveau ? Vous n'avez pas mesuré que les prix allaient augmenter à ce point, c'est ça ? Je vais vous donner un exemple. Regardez l'évolution du prix du baril, du prix du Brent. Cette évolution-là est quasi directement indexée sur les paroles du président américain, de Donald Trump.
Quand Donald Trump tient une déclaration qui semble dire ou aller vers un apaisement du conflit, le prix du Brent peut perdre 10 ou 15 dollars. A l'inverse, lorsque des infrastructures pétrolières sont ciblées et on le comprend, le prix du Brent peut s'envoler en quelques heures. Ce que j'essaie de vous dire là, c'est qu'on est face à des incertitudes qu'on doit admettre de ne pas entièrement maîtriser. Le prix du Brent
a sauté de 10% hier après les déclarations de Donald Trump.
Exactement. Ça s'appelle chacun à beaucoup d'humilité. Ça vaut pour le gouvernement. Ça vaut aussi pour, là encore, les responsables politiques qui, à tout va, commenceraient à nous demander des baisses de taxes qui sont disproportionnées par rapport à l'ampleur de la situation et complètement irresponsables par rapport à ce que nous devons comme tenue du déficit public.
Maud Bréjean, cette situation est due à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Hormuz. Une vingtaine de pays, dont la France, se sont dit samedi prêts à contribuer aux efforts nécessaires à la réouverture de ce détroit si stratégique alors que, jusqu'à présent, les Européens avaient refusé d'aider Donald Trump. Qu'est-ce que ça signifie ? Ils ont changé d'avis. Est-ce que, samedi, c'était les bases d'une coalition internationale pour libérer Hormuz ?
Le président a toujours été clair. Il a été le premier à prendre une initiative et à appeler à la libération progressive du détroit d'Hormuz. Mais il parlait
l'initiative une fois le conflit apaisé.
On ne peut pas le faire dans le contexte sécuritaire tel que l'on le connaît aujourd'hui au Moyen-Orient. On ne peut pas le faire si un certain nombre de conditions de sécurité, et notamment pour nos armées, ne sont pas remplies. Donc, il faut, dans un premier temps, travailler à une désescalade et c'est le rôle de la France. Au fond, le rôle de la France, c'est tout faire pour contenir ce conflit et éviter, autant que possible, l'embrasement. C'est ce que fait le président de la République.
Et ensuite, il y a ce travail que nous menons avec nos partenaires régionaux, avec nos partenaires européens, avec l'Inde, par exemple, pour, lorsque ce sera possible, dès lors que ce sera possible, travailler à cette libération du détroit. Donc, rien de neuf, rien de temps que le conflit et que le conflit n'est pas apaisé. On sait le faire. On le fait déjà en mer rouge. On a régulièrement parlé sur vos plateaux de l'opération Aspides avec 20 pays membres de l'Union européenne. Depuis 2014, nous menons des opérations pour accompagner les navires, sécuriser les navires. La France a sécurisé le passage de plus de 150 navires depuis 2024.
Donc, nous avons les capacités, nous avons les compétences pour le faire. Mais là encore, ça ne peut pas se faire dans n'importe quelle condition. je crois que c'est frappé du coin du bon sens. Ce sera l'objet du Conseil de Défense ce soir à l'Elysée ? Ça fera partie des sujets évoqués lors du Conseil de Défense.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Maud Bréjon, porte-parole du gouvernement, c'est cette casquette que l'on active maintenant pour faire le bilan de ces élections municipales.
Je ne sais pas si vous avez remarqué la grimace de la porte-parole du gouvernement quand vous avez demandé au début de l'entretien le macronisme est-il toujours autant hors sol ? Au lendemain de ces municipales, vous brandissez deux trophées, victoire à Annecy, victoire à Bordeaux, deux villes de plus de 100 000 habitants, mais vous échouez à Paris, vous échouez à Lyon. Quel est votre bilan de ces municipales ?
Je me permettrais aussi de revenir sur cette ouverture d'interview quand vous m'avez demandé chez Agathe Lambret si le macronisme était toujours hors sol. D'abord, je vous le dis, je trouve que c'est un petit côté un peu insultant, un peu méprisant. C'est vrai que vous n'avez pas réussi à vous implanter localement depuis neuf ans.
Au fond, c'est très décalé par rapport à ce que moi j'observe d'abord de mes collègues parlementaires qui, pour certains, sont élus depuis neuf ans maintenant, qui ont fait un travail remarquable dans leurs circonscriptions, qui, contrairement à ce qu'on dit, ne sont pas que des circonscriptions dans les grandes agglomérations, mais qui sont sur l'ensemble du territoire français. Et puis, c'est décalé par rapport à ce que j'observe de l'évolution du nombre d'élus locaux que nous avons. Alors certes, nous n'avons pas gagné partout. Nous avons évidemment des enseignements à en tirer. Oui, parce que c'était
une question, Maude Bréjean. Donc, vous répondez qu'après ces municipales, vous vous êtes davantage implanté localement ?
Nous progressons. Nous progressons en nombre de maires. Nous progressons en nombre d'élus locaux. Je le vois dans ma circonscription. Des élus locaux issus de notre famille politique. Combien de maires supplémentaires pour renaissance ? De ma famille politique. Mais je ne vais même pas rentrer dans ces...
C'est pas mal de rentrer dedans. La droite à 1267 maires, la gauche 829, horizon 400. Et vous ?
Écoutez, je crois que c'est environ 200 maires qui ont été élus. Mais là encore, je ne vais pas rentrer dans un débat de chiffres. Moi, ce que je vois, ce que je vois, c'est que partout, c'est que partout, nous progressons. Et nous n'avons pas uniquement été dans une stratégie de planter des drapeaux. Nous progressons parce que nous avons davantage de maires qui ont été élus, parce que nous avons intégré des conseils municipaux avec des maires avec lesquels on pouvait travailler. Donc, c'est vrai ça.
Et notamment en nouant des alliances, Maude Bréjean. Tout ça prend du temps. Vous avez noué plusieurs alliances dans ces élections, notamment avec la droite, à Bordeaux, à Toulouse, à Paris, à Marseille. Qu'est-ce que cela dit ? Vous êtes de droite et en même temps de droite ?
C'est fini le dépassement. Ma conviction, elle est simple. Je l'ai dit à plusieurs reprises. Nous devons travailler à l'union du centre et de la droite, du bloc central jusqu'aux républicains, jusqu'à ceux qui refusent l'alliance avec le Rassemblement national. Et ce qu'on voit lorsqu'on regarde le résultat de ces municipales, c'est que dès lors que nous avons été unis, nous avons eu une opportunité de remporter des villes, de faire gagner nos projets, de faire gagner nos candidats. A l'inverse, dès lors que nous avons été divisés, et notamment dès le premier tour, nous l'avons payé cash dans les urnes. On doit en tirer des leçons.
l'union de la droite et du centre, l'union du centre et de la droite, de cette famille politique qui, au fond, est le socle commun, qui gouverne ensemble depuis deux ans maintenant, qui travaille dans les exécutifs locaux. C'est l'espace politique dans lequel on doit construire.
Vous parlez de division à Paris. Vous étiez divisé. Renaissance soutenait Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizon. Quand vous-même et le président de la République soutenez Rachida Dati, distancé de 9 points par Emmanuel Grégoire, comment vous qualifiez ça ? Est-ce que c'est une débâcle et est-ce que c'est une gifle pour le président qui s'est impliqué personnellement dans sa campagne ?
Non, mais nous n'avons pas réussi à convaincre, de toute évidence. Pour autant, là encore, il faut en tirer des leçons. Lorsque vous arrivez au premier tour devant les électeurs en étalant autant de divisions, en étalant des divisions sur les bulletins de vote, mais en les étalant sur les plateaux télé pendant des semaines. Rappelez-vous ce qu'on a pu entendre.
Et vous y avez contribué ? Est-ce que vous-même porte-parole du gouvernement, vous ne souteniez pas le candidat soutenu par votre parti ? Je soutenais ma collègue
ministre au gouvernement, mais là encore, moi je ne lance de grief à personne. Il y a eu une erreur de cacher ou pas ? Je dis, pardonnez-moi, je dis une chose simple. L'unité n'est pas une condition suffisante pour gagner, mais c'est une condition nécessaire. La désunion entraîne nécessairement la défaite. Mais elle avait
un bon poids, Rachida Dati. Sarah Knafo s'est désistée, Pierre-Eve Bournazel a fusionné avec elle, elle avait un boulevard dans l'entre-deux-tours. Il y a probablement... Donc ce n'est pas la désunion qui a provoqué cette défaite. Il y a de toute évidence des leçons en tirer. Mais quoi, par exemple ? Est-ce que ce n'était pas une erreur de casting ? Le macronisme qui s'est installé dans la vie politique sur la moralisation de la vie politique et qui investit une candidate mise en examen, est-ce que ça, pour vous, ce n'est pas contradictoire ?
Y compris en matinée sur France Info jusqu'à ce qu'on a toujours restriété. Ensuite, ne comptez pas sur moi pour tirer à boulet rouge sur nos candidats, sur des membres de nos familles politiques parce qu'ils ont échoué à gagner aux élections il y a deux jours. Enfin, ce serait franchement inélégant. Moi, ce que je dis encore une fois, c'est qu'il faut en tirer les conclusions et en tirer les conclusions pour l'échéance à venir et l'échéance à venir, c'est l'élection présidentielle. C'est une magnifique transition que vous avez fait. Et voilà, je vous laisse faire la transition.
Faut-il une primaire de la droite et du centre ? On écoute la réponse du patron LR hier soir sur France 2. Il faudra se rassembler
et n'avoir qu'un seul candidat. Mais ça ne suffit pas. J'entendais Gérald Darmanin dire qu'il faut se rassembler la droite, le centre et même la gauche républicaine. Mais si on fait ça, ce sera la synthèse molle et ça doit se faire sur un projet puissant et un projet qui sera un projet de rupture.
Votre primaire, madame la porte-parole du gouvernement...
Je n'ai pas parlé de primaire.
D'accord, moi je vous pose la question de la primaire. Est-ce qu'il faut qu'il y ait, par exemple, Gabriel Attal, Edouard Philippe et une primaire qui va jusqu'à Bruno Retaille ? Est-ce que c'est le bon schéma selon vous ?
Il faut un rassemblement qui aille jusqu'à ceux qui refusent l'alliance avec le Rassemblement National. Ça implique plusieurs choses. Ça implique d'abord que le parti des Républicains soit extrêmement clair sur sa ligne politique. Et j'entends que chez eux, un grand nombre de responsables, je pense à Valérie Pécresse, je pense à Xavier Bertrand, je pense à Michel Barnier, à Jean-François Copé, à Gérard Larcher,
clarté absolue. Et pas Bruno Retailleau qui n'a pas su choisir entre Christian Estrosi, le candidat Horizon et Eric Ciotti. J'invite Bruno Retailleau
qui a été mon collègue au gouvernement, qui a travaillé avec nous, qui a des ministres LR au gouvernement à faire preuve de la même clarté. Et moi, je crois qu'ensemble, malgré nos désaccords ponctuels, malgré nos nuances, on doit pouvoir arriver à travailler et à bâtir un projet. Nous sommes d'accord, Agathe Landry ?
Primaire ou pas primaire ? Juste pour comprendre, comment vous allez départager
tous ces candidats ? Moi, j'appelle dans un premier temps l'ensemble des candidats déclarés, potentiels, l'ensemble des chefs de parti du socle commun à se réunir, à se mettre dans une même pièce, à se mettre autour de la table de Gabriel Attal, à Bruyau Retailleau, en passant par évidemment Édouard Philippe, par le Modem, par François Bayrou, par les chefs de groupe éventuellement à l'Assemblée et au Sénat pour discuter, s'accorder, d'abord sur cette nécessité d'avoir une candidature unique dès le premier tour de l'élection présidentielle et travailler un projet. Mais là encore, je crois qu'il faut parler un petit peu de fond. Nous sommes d'accord sur l'économie de marché.
Nous croyons tous à la valeur travail. Nous sommes favorables à une transition énergétique qui fait la part belle au nucléaire. Nous avons des conditions pour l'égalité femmes-hommes, pour l'écologie. Nous croyons qu'il faut davantage de sécurité,
qu'il faut mieux maîtriser l'immigration. On vous entend, mais ça veut dire qu'Édouard Philippe qui a été reconduit au Havre avec près de 48% des voix, il ne s'est pas imposé comme le candidat naturel de votre camp ?
Je crois qu'Édouard Philippe est incontestablement aujourd'hui le mieux placé pour mener cette bataille. Pour autant, j'en reviens à ce que je disais. L'Union, quand bien même, et je suis d'accord avec ce que disait M. Rotaillot, quand bien même ce n'est pas une condition suffisante, c'est une condition nécessaire. Et force est de constater qu'aujourd'hui, il y a encore du chemin pour rassembler les uns et les autres. Jusqu'à la gauche, je ne sais pas.
Est-ce que vous dites comme Gérald Darmanin qu'il faut inclure la gauche républicaine qui refuse la France insoumise dans cette union ?
En tout cas, il ne faut pas s'interdire de discuter avec des figures qui ont été d'une clarté absolue vis-à-vis de la France insoumise. Je pense évidemment à Raphaël Luxman. Je ne suis pas convaincue qu'on arrive à rassembler de Raphaël Luxman à Bruno Rotaillot. Pour autant, je pense qu'il faut s'interdire de discuter avec personne. Il faudrait le faire.
Il va être 8h57 sur France Info, vous le savez. C'est l'heure de la question qui se retire définitivement de la vie politique. Lionel Jospin, l'ancien Premier ministre socialiste, est décédé hier. Emmanuel Macron rend hommage à un homme qui incarnait une autre idée de la République. Un hommage national lui sera rendu jeudi. Est-ce que ça existe encore un homme politique ou une femme politique de cette trempe aujourd'hui dans la France de 2026 et dans votre camp ? Vous en voyez ?
Oui, je crois que ça existe encore. D'abord, je ne suis pas adepte du « c'était mieux avant » parce que je vois autour de moi des femmes et des hommes politiques qui ne sont peut-être pas directement comparables à Lionel Jospin. Là encore, on parle d'une époque qui était bien différente de celle qu'on vit aujourd'hui, mais je vois des femmes et des hommes de grande qualité qui s'investissent pour leur pays, qui font preuve de droiture,
qui font preuve de conviction. C'est ce qu'il incarnait pour vous ? Vous, la macroniste, qu'est-ce qu'il incarnait cet homme de gauche pour vous ? Une gauche républicaine,
beaucoup de droiture, beaucoup de conviction, des batailles pour des acquis sociaux, quelqu'un avec qui j'aurais probablement eu des divergences sur le fond, mais une gauche républicaine dont la France a besoin.
Une gauche de gouvernement structurée, disciplinée, est-ce que cette gauche-là a définitivement disparu pour vous ?
En tout cas, depuis quelques mois, voire quelques années, on assiste à une forme de jour sans fin à gauche entre un parti socialiste qu'on espère s'émanciper de son lien avec la France insoumise et des accords qui se renouent à chaque échéance électorale. Donc moi, je veux vraiment saluer ceux qui ont fait preuve de beaucoup de courage. Merci à Raphaël Jansman, à Jérôme Gued, à François Hollande. Je pense qu'ils honorent cette gauche auquel ils croient. Merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul.
Merci, à demain.
Maud Bregeon