Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 26 mai 2020 21 min

L'invité de Bourdin Direct : François Ruffin - 26/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. François Ruffin, député de la Somme, groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Bonjour François Ruffin. Bonjour. Ça va ? Ça va ? Vous allez bien, le déconfinement, ça se passe bien ? Tout va bien ? Pour moi, tout va bien. Et pour ma famille aussi. Bon, c'est l'essentiel. Jeudi, nous connaîtrons la suite du déconfinement. La deuxième phase. Est-ce qu'il faut maintenant accélérer ? Ouvrir les collèges et lycées, les parcs et jardins en zone rouge, les cafés-bars-restaurants en zone verte. Mettre fin à la limite de déplacement, cette fameuse limite de 100 kilomètres.

0:47
François Ruffin

En tout cas, moi, la logique qui aurait été la mienne pour le déconfinement, ça aurait été d'avoir une logique, non pas par les grandes institutions, c'est-à-dire par les écoles, par les transports, qui supposent des déplacements de millions de personnes, mais d'avoir d'abord ce qui peut se passer dans les familles, auprès des amis. Et je pense que les lieux du lien, par exemple, comme les cafés, sont des lieux importants qu'il ne faut pas laisser perdre.

1:07
Présentateur

Donc, il faut ouvrir ?

1:08
François Ruffin

Je ne dis pas qu'il faut rouvrir de manière unilatérale, qu'on soit en zone rouge ou en zone verte, et ainsi de suite. Mais moi, en tout cas, je pense que ce sont des lieux qu'il ne faut pas perdre. Le lien est important. Le lien est l'essentiel de ce qu'il nous faut préserver. Même chose pour les collèges et lycées. Oui, maintenant, j'ai mon gamin qui est au collège. Pour l'instant, il est en zone rouge. On ne sait pas quand est-ce qu'il va rentrer. Il va peut-être rentrer au moins que ça. Il est en sixième. Maintenant, je vais vous dire, moi, c'est qu'est-ce qu'on va réserver à nos gosses, y compris pour ce mois de juin.

Parce que quand on me dit qu'il va devoir porter le masque pendant toute la journée, qu'il y a un sens de déplacement dans les collèges, je me dis, merde, en tout cas, il ne faut pas qu'on s'habitue à ça. Il ne faut pas qu'on ait ça à offrir à nos gosses. Il faut que, pour la suite, on gère les choses autrement.

1:55
Présentateur

Est-il pas essentiel pour certains enfants, certains collégiens, certains lycéens, de retrouver le chemin de l'école ? En tout cas, ce que je crains, moi... C'est ce que disent beaucoup de maires de régions populaires, de communes populaires.

2:12
François Ruffin

J'entends, et c'est pour ça que j'étais très mesuré sur, par exemple, le retour à l'école. Et mesuré en me disant qu'il y avait une des nécessités. Maintenant, ce qu'on voit aussi, c'est que dans le retour à l'école, c'est parfois les gens qui étaient déjà les plus fragiles qui se retrouvent fragilisés, les plus isolés qui s'isolent. Pourquoi ? Parce que cette crise du Covid a été gérée par la psychose. C'est-à-dire, un jour, on vous dit, restez chez vous, tout va bien, on a les masques, on a les tests, il n'y a pas de soucis. Et le lendemain, c'est... Maintenant, enfermez-vous, c'est plus possible de vivre, faites attention à tout.

Donc, comme il y a une montée dans l'angoisse, ceux qui étaient déjà angoissés, ils se sont retrouvés à être hyper éloignés. Et moi, je pense qu'il faut les rattraper, il faut les rattraper, les gamins, sur le plan scolaire. Donc, il faut aller les chercher. Il va falloir aller les chercher, mais voilà. Aller les chercher, il faut les faire revenir. Oui, il faut les faire revenir, mais il faut sans doute aller taper à leur porte. Je le vois dans ma circonscription, il faut aller taper dans leur porte, il faut rediscuter avec les familles, il faut décontracter ce qui a été un climat de psychose pendant deux mois.

3:14
Présentateur

Est-ce qu'il faut encourager la consommation, François Ruffin ? Est-ce qu'aujourd'hui, compte tenu de la situation économique, il faut encourager la consommation ?

3:22
François Ruffin

D'abord, la consommation, c'est pour qui et quoi. C'est-à-dire, encourager la consommation. Il y a des ménages qui ont besoin de davantage consommer. Je veux dire qu'y compris dans mon coin, il y a des familles qui sont dans grande difficulté et qui sont entraînés dans la difficulté par cette crise du Covid. Évidemment, il faut qu'ils puissent s'habiller, se loger, se nourrir, se vêtir, se déplacer, tout ça correctement. Maintenant, donc, qui ? On aide et pourquoi faire ? Pourquoi faire ? Moi, je pense que la consommation et la production, l'hyper-consommation et l'hyper-production nous ont entraînés droit dans le mur écologique avant le Covid.

Je n'ai pas envie qu'on remène sur pied le même monde. Vous savez, on vient de vivre, semble-t-il, l'une des années, à nouveau les plus chaudes, malgré le Covid. La crise écologique, il y a une crise sanitaire. En dessous, il y a une crise sociale. Mais en dessous, il y a une crise écologique et on va foncer à nouveau droit dans le mur. Je crois qu'aussi, cet épisode du Covid est une chance que nous a tendu l'histoire aussi.

4:22
Présentateur

Oui, mais est-ce qu'il ne faut pas relancer la consommation à tout prix pour sauver le désemploi ? Alors, je vous dis... François Ruffin, c'est un vrai débat ! Oui, oui, non, mais... C'est un vrai débat !

4:33
François Ruffin

Alors, écoutez, j'étais hier avec des entrepreneurs du bâtiment.

4:38
Présentateur

Oui.

4:38
François Ruffin

S'il faut relancer la consommation, s'il faut relancer l'emploi, par exemple, eh bien, il nous faut un grand plan sur le logement. Un grand plan logement et bureau aussi, pour qu'on cesse d'avoir 8 millions de passoires thermiques en France. Il nous faut un immense plan là-dessus. Et de cette manière-là, vous réglez des problèmes d'emploi dans l'immédiat, mais vous réglez un problème écologique dans la durée, parce que vous cessez d'avoir des logements qui diffusent des émissions de CO2 tous azimuts.

Et vous avez un apport social, puisque dans la durée, les locataires ou les propriétaires de ces logements-là, les habitants de ces logements-là, n'auront plus des factures de gaz et d'électricité à payer,

5:16
Présentateur

qui sont... Vous n'êtes pas un défenseur, vous êtes écologiste, dans l'âme, mais vous n'êtes pas un défenseur de la décroissance.

5:25
François Ruffin

En tout cas, moi, mon slogan, vous savez, c'est « Consommer moins, répartir mieux ». Oui. Oui, je pense qu'il y a la nécessité de consommer moins, mais ça dépend moins de quoi. Et il y a la nécessité, surtout, de répartir mieux. Et de consommer français, le « Made in France ». Oui, ça, vous savez, ça fait... Moi, j'ai écrit un bouquin, et c'est pas comme si mon engagement est daté d'aujourd'hui, en 2008, qui s'intitulait « Leurs grandes trouilles », journal de mes pulsions protectionnistes. Je suis protectionniste. Je suis favorable à ce qu'on... Vous êtes patriote...

5:55
Présentateur

Vous défendez le patriotisme économique.

5:57
François Ruffin

Moi, ce que je défends... Oui ou non ? Ce que je défends, c'est une relocalisation très importante des emplois. Pourquoi ? Pour d'abord, sur le plan social, évidemment, il faut qu'on ait un outil industriel. Quand je vois, puisqu'on vient de n'être dans cette crise du Covid, que je vois dans mon coin, la Picardie, qui a été, comme le vôtre, un grand coin textile, et que maintenant, on s'est retrouvé incapable de produire des surblouses, et que c'est ma mère, avec ses copines, qui en produisent pour l'hôpital d'Abbeville, chez elle, avec plein d'autres bénévoles, je veux dire, c'est une tragédie. Et moi, ça fait 20 ans, depuis que j'ai lancé mon journal, ça fait 20 ans que j'alerte.

Ça fait 20 ans que je dis, on ne peut pas laisser faire ce dumping social, qui est aussi un dumping environnemental, et parce qu'on assigne des accords de libre-échange, continuer à laisser partir nos vêtements, nos médicaments, et tout vers, en l'occurrence, la ville du Sud-Est. Y compris l'agriculture. Et vous savez, pendant ce temps, où on est en train de dire qu'il faut relocaliser, ainsi de suite, on continue de signer des accords, en l'occurrence avec le Mexique, sur la viande bovine. Qu'est-ce qu'on veut ? Quelle agriculture on veut ?

On veut une agriculture locale, ou bien on veut une agriculture internationalisée, où on exporte des carcasses de viande tous azimés à travers les pays ?

7:10
Présentateur

Alors, la relocalisation, aujourd'hui, est défendue par le Rassemblement National, par une partie des Républicains, par les Verts, par la France Insoumise, et maintenant par le gouvernement. Tout le monde est d'accord, quoi.

7:21
François Ruffin

Vous savez, quand j'ai écrit mon bouquet il y a une dizaine d'années, tout le monde était déjà d'accord sur la relocalisation. Oui. Non, le problème, ce n'est pas la relocalisation, c'est comment on l'a fait, cette relocalisation. Et si je dis, moi, et je le disais déjà il y a 12 ans, je le disais avant Marine Le Pen, si je dis qu'il faut des quotas d'apportation, qu'il faut des taxes frontières, qu'il faut des barrières de rien, oui, il faut des outils de régulation à nos frontières.

7:45
Présentateur

Mais il faut aussi de la mondialisation. On l'a vu à l'occasion de cette crise sanitaire. Les frontières volent en éclats.

7:53
François Ruffin

Je n'ai aucun souci à dire qu'il faut une part de mondialisation, que je suis favorable au commerce. Maintenant, si on achète des produits,

7:59
Présentateur

pardon, je vous coupe François Ruffin, mais si on achète des produits fabriqués en Inde, par exemple, ou dans des pays qui souffrent, on fait baisser la pauvreté aussi.

8:09
François Ruffin

Oui ou non ? Non, ce n'est pas comme ça. Non, non, non. Vous savez, on fait d'abord, on produit d'abord. Pourquoi ça se passe en Inde, par exemple, la production de substances actives ? Ce n'est pas par philanthropie que l'industrie du médicament décide de délocaliser là-bas. Et y compris, les lobbyistes du médicament le disent. Pourquoi ? Parce que c'est un mode de contournement des normes environnementales qui existent en Europe. Et c'est un mode de contournement des progrès sociaux qui ont été acquis en Europe. Donc, nous ne devons pas laisser faire ça.

Nous devons, en effet, avoir une part de l'industrie, pourquoi pas, qui se produit là-bas, mais aussi une grosse part qui continue à se produire sur notre territoire. Vous savez, ce n'est pas nouveau. Keynes s'y disait déjà, tout ce qui peut être produit à l'échelle nationale doit l'être. C'est tout.

8:50
Présentateur

Bien, plan de soutien à l'automobile, indispensable ? François Ruffin. Indispensable. Est-ce que l'État doit investir ? Notre argent. Notre argent. Est-ce que l'État doit investir dans l'automobile aujourd'hui ?

9:06
François Ruffin

Pourquoi faire ? C'est ça la question. Et le problème, c'est qu'on a des dirigeants qui n'ont pas de direction. C'est-à-dire qu'il y a un an, ils reçoivent Renault Alpine, par exemple, qui est produit à Dieppe dans la cour de Matignon. Ils gramment dans la voiture. Ils disent, c'est super, voilà l'industrie de demain. Et aujourd'hui, on met 5 milliards. Renault dit qu'ils vont fermer pour Alpine à Dieppe. Et le gouvernement dit, c'est très bien. Quelle est la direction ?

9:30
Présentateur

On va attendre les décisions. C'est vendredi.

9:32
François Ruffin

Vous pensez que Renault va fermer Dieppe ? En tout cas, c'est ce qu'ils annoncent. Et le gouvernement dit, s'ils veulent le faire, ça peut se faire.

9:36
Présentateur

C'est ce qu'a dit Bruno Le Maire hier matin. Mais il n'a pas annoncé. Ça n'a pas été annoncé à Dieppe. Mais d'accord.

9:41
François Ruffin

Mais si Dieppe est dans la liste. Dieppe est dans la liste. Et donc, simplement, c'est, quel est le cap ? Quel est le cap ? On a eu une loi mobilité à l'Assemblée nationale qui n'a pas fixé cette cap. Quelle est la place de l'automobile dans le panel de déplacement de main ?

9:54
Présentateur

Le gouvernement dit, alors je ne défends pas le gouvernement, que les choses soient très claires. Mais le gouvernement dit, Renault, on va, d'accord, on va aider Renault. Mais en contrepartie, Renault va être obligé de fabriquer toutes ces voitures hybrides rechargeables ou électriques en France.

10:10
François Ruffin

Déjà, comment ça se fait qu'on y songe maintenant ? Où est l'état stratège pour que depuis des décennies qu'on sait qu'il y a un problème avec l'industrie automobile, ça soit maintenant qu'on est dans le mur, qu'on se réveille. Ensuite, là aujourd'hui, il y a une réunion de Macron. Moi, je ne suis pas d'accord pour que Macron se réunisse avec les capitaines d'industrie de l'automobile. Et tout seul. Et qu'un autre jour, il va aller rencontrer Greenpeace, il va rencontrer la Fondation Nicolas Hulot, il va rencontrer la France Nature Environnement. Ce n'est pas possible de fonctionner comme ça.

Il faut mettre tout le monde autour de la table pour savoir demain quelle mobilité on veut dans le pays, quelle place pour les trains, quelle place pour les modes doux, quelle place pour l'automobile dans demain. Et donc, ça ne peut pas être une gestion au cas par cas. Enfin, vous dites ça. Moi, j'ai adressé sur le fait que la condition, ça va être que ça soit produit en France. J'ai adressé, il y a maintenant plus de six mois, en novembre 2019, une question au gouvernement auquel il ne m'a toujours pas répondu. Sur Valeo. Puisque Macron se rend sur un site Valeo aujourd'hui.

J'ai demandé comment ça se fait que l'usine d'Amiens avait un grand centre de recherche et développement qui a inventé des tas de trucs. Je peux vous les citer, mais il y a des tas de trucs qui ont été inventés. Il y a le clutch assistant, le pendule, le volant flexible. Et tout ça part en Corée pour être produit, à Mondovi, en Italie, ou part en Turquie. Alors que juste en face, à Amiens, vous avez un centre de production. Donc, on a un centre de recherche. Et les inventions sont produites à l'autre bout du monde. Mais est-ce que la production ne coûte pas trop cher en France ?

11:43
Présentateur

Non, mais c'est le vieux débat, François Ruffin.

11:46
François Ruffin

Si on fonctionne comme ça, jamais on sera compétitif avec la Corée. Jamais on sera compétitif avec l'Assemblée.

11:55
Présentateur

Est-ce qu'il faut aller jusqu'à nationaliser une partie de Renault ? Est-ce que l'État doit augmenter sa participation au capital ? Renault et Air France, même chose.

12:03
François Ruffin

Ou Valeo, vous savez, le premier actionnaire de Valeo, c'est l'État. Simplement, moi, je demande que l'État joue son rôle de direction. qu'il dirige, qu'il nous dise qu'est-ce que c'est l'automobile de demain. Mais de la même manière, on voit une grande contradiction de la même manière que je vous l'ai dit sur l'agriculture. Il n'y a pas de cap, il n'y a pas de boussole. D'un côté, on nous dit qu'il faut relocaliser. De l'autre côté, on signe des accords de libre-échange à l'échelle internationale.

12:24
Présentateur

Bien, vous devez être satisfaits puisqu'hier, ici même, Bruno Le Maire nous dit oui, on imposera l'abandon par Air France des vols intérieurs lorsqu'il y a moins de 2h30 de vol.

12:33
François Ruffin

Ça vous a satisfait ou pas ? Écoutez, c'est du vernis. Et vernis, je l'écris V-E-R-T trait d'union N-I-S. C'est-à-dire que ça, ça concerne trois lignes sur toute la France. Si on veut nous faire croire que le grand changement écologique demain, c'est qu'il y a trois lignes intérieures d'Air France qui vont être supprimées, c'est du bidon. D'accord ? Et moi, je le dis avec un sentiment de tragédie parce que la grande question, c'est quel monde je vais laisser à mes enfants ? Voilà ma question. Et je suis convaincu qu'on risque de leur laisser un monde terrifiant et je souhaite l'éviter.

13:02
Présentateur

Bien, François Ruffin, vous avez vu ces rencontres, ces coups de téléphone d'Emmanuel Macron ? Je ne sais pas, moi, à beaucoup. Il ne vous a pas appelé. Non, il ne m'a pas appelé.

13:12
François Ruffin

Vous savez, M. Bondin, je vous dis la vérité, je ne viens pas pour parler de ça, je viens pour parler des femmes de ménage.

13:17
Présentateur

Vous savez. Alors, parlez-moi des femmes de... Non, non, mais je sais que vous allez déposer une proposition de loi. Je le sais.

13:23
François Ruffin

Il y a des choses sur lesquelles je suis engagé

13:25
Présentateur

dans ma conscience et dans mon ventre. Je vous parlerai des présidentielles, mais les femmes de ménage qui vont être prioritaires. Allez-y. J'ai là. Allez-y.

13:35
François Ruffin

J'ai là. Alors, oui. Ça n'est d'une rencontre, un coup de fil qui m'est passé dans ma circonscription par Géraldine qui me dit voilà, moi, j'interviens à l'hôpital d'Amiens pour un sous-traitant honnête et est-ce que je vais toucher la prime Covid ? Et a priori, elle me dit non, je ne vais pas la toucher parce que je ne suis pas salarié de l'hôpital. Mais par ailleurs, elle nous raconte comment elle travaille. Elle se lève à 5h du matin, elle prend deux bus, elle intervient sur un premier chantier à 6h, entre 6h et 9h, elle reprend deux bus pour revenir chez elle et ensuite, elle retourne travailler entre 16h et 19h.

C'est le quotidien de millions de personnes dans ce pays qui ont nettoyé le micro ce matin, qui ont nettoyé les tables pour qu'on puisse parler et ainsi de suite. Est-ce que c'est normal ? Et qu'ils gagnent moins du SMIC. Et qu'ils gagnent moins du SMIC. Parce qu'elles ne font pas les heures. J'ai là les salaires des personnes de l'Assemblée nationale. Donc, un député touche 5800 euros par mois quand même. Et on est à 740 euros, 780 euros, 780 euros, 780 euros, 950 euros, 950 euros, 780 euros. Est-ce que c'est normal ? Et qu'elles viennent travailler comme des invisibles entre 6h et 9h du matin et qu'elles repartent... Qu'est-ce que vous demandez ?

Alors, j'ai déposé une proposition de loi qui sera discutée demain en Commission des Affaires Sociales. Je demande deux choses. D'abord, que toutes les personnes qui interviennent comme ça, comme sous-traitantes, bénéficient des mêmes avantages que les salariés. C'est-à-dire que, par exemple, ici, on est dans une entreprise de presse. Il y a un 3e mois dans la Convention collective. Et qu'elles touchent aussi le 3e mois. Le 3e mois. Qu'elles bénéficient de tous les avantages dont bénéficient les salariés qui sont intégrés. Et la 2e chose, c'est qu'il y a une surtaxation des heures entre 18h le soir et 9h le matin. Pourquoi ?

Pour qu'il y ait une incitation des entreprises, des donneurs d'ordre à réintégrer ces salariés-là dans les heures normales et non plus à les invisibiliser. Il faut savoir que sur un dossier comme celui-là, c'est comme la relocalisation. Il y a grosso modo un accord général. J'ai eu des patrons, et y compris le patron des patrons de la propreté, la Fédération des entreprises de propreté, qui est d'accord sur ça. Maintenant, il faut qu'il y ait une loi qui arrive et qui serve de point d'appui à toutes les bonnes volontés qui veulent améliorer un peu ce qu'Emmanuel Macron a évoqué longuement dans ses discours en disant que voilà, ils étaient ceux qui avaient tenu le pays pendant ce temps-là.

Donc il faut que ça se traduise aujourd'hui et que ça se traduise par des lois.

15:55
Présentateur

Bien, François Ruffin, avant de revenir sur Emmanuel Macron et la politique politicienne, François Ruffin, Camélia Jordana, vous avez vu ce débat autour de ses déclarations. N'est-ce pas un peu facile un raccourci de sa part, non ? Je n'ai pas vu. Vous n'avez pas suivi sans recul ? Non, je n'ai rien vu. Rien vu. Je n'ai rien vu. Je n'ai rien vu. Je ne sais pas. Je suis peut-être le seul du père. Je suis peut-être le seul du père. Non, est-ce que vous avez peur quand vous rencontrez un policier ? C'est ce qu'elle dit. Elle dit qu'on peut avoir peur. Il y a un sentiment d'insécurité en présence des policiers. On a un sentiment d'insécurité.

16:28
François Ruffin

Il se trouve qu'avant le déconfinement, j'avais produit un rapport pour une police de la confiance. Et en effet, il y a une confiance qui a été cassée dans le pays. Il faut l'entendre, de toute façon. Il y a une confiance qui a été cassée dans le pays entre la police et un certain nombre de personnes. Cette confiance, il faut absolument la rétablir. C'est documenté statistiquement. C'est documenté statistiquement par un certain nombre de sociologues qu'aujourd'hui, on a une confiance qui a été brisée. Et je pense que la police... Est-ce qu'elle vous fait peur, la police ? Non, moi, elle ne me fait pas peur. Elle est raciste ? Est-ce qu'il y a des policiers racistes ?

Je ne dis pas qu'il y a des policiers racistes du tout. Enfin, il peut y en avoir après tout, comme dans toutes les corporations, je veux dire. Mais ce n'est pas ça. C'est qu'on peut avoir un fonctionnement. On a un fonctionnement, il faut le dire, qui fait que les contrôles d'identité sont ciblés, par exemple. C'est documenté statistiquement. C'est montré que la France est l'un des pays où il y a l'une des plus grosses distorsions en termes de contrôle d'identité, le fonctionnement, qui est aussi lié à d'autres choses et qui peut nous ramener à ce qui s'est passé dans le problème de la santé, qui peut nous ramener même à la carzène dans le pompier que je visitais hier à Ville.

Attendez, c'est quoi ? C'est quand on fait la politique du chiffre, quand aujourd'hui on nous parle d'optimisation, de rationalisation, d'efficience et que c'est avec SAF qu'on fonctionne, qu'on enjoint aux policiers de faire du contrôle, faire du contrôle, de ramener des statistiques, de faire des petits bâtons.

17:53
Présentateur

Le policier est obligé de contrôler, non ? Non ! François Ruffin, non ? Il peut y avoir une part... Les rodéos, que vous connaissez bien, il y en a partout, à la ville, comme à la campagne... Les rodéos, en l'occurrence,

18:03
François Ruffin

ce n'est pas du contrôle, c'est de l'intervention. S'il y a des choses qui... Il faut bien donner un sentiment d'insécurité aux dealers, aussi, aux délinquants. Mais c'est une chose, mais c'est pas... Là, vous confondez deux choses, M. Bonin, s'il vous plaît me permettre. Allez-y. C'est l'intervention lorsqu'il y a une infraction. Oui. Et évidemment qu'il doit y avoir intervention lorsqu'il y a une infraction et le contrôle d'identité sur des gens qui se baladent dans la rue et qui n'ont rien fait, en l'occurrence.

18:29
Présentateur

François Ruffin, oui, je disais tout à l'heure, Emmanuel Macron appelle tout le monde, Philippe Devilliers, Jean-Marie Bigard, Éric Zemmour, ils rencontrent Didier Raoult, donc pas vous, il ne vous a pas... Vous êtes une voix un peu discordante, un peu iconoclaste. Est-ce que vous pouvez affirmer ce matin que vous ne serez pas candidat à la présidentielle de 2022 ? Il paraît qu'il a peur d'un candidat qui serait un peu différent. Est-ce que vous pouvez l'affirmer ce matin ? Non.

18:55
François Ruffin

Non, je laisse la porte ouverte. Je laisse la porte ouverte à ce qui peut se passer dans le pays. Et si jamais, je l'ai déjà dit, mais si jamais c'est moi qui dois ramasser le drapeau, j'irai ramasser le drapeau. Ça ne veut pas dire que je me lève tous les matins en me rasant mal parce que je me suis gratinien. Oui, on se rasse toujours mal le matin. Donc voilà. Donc c'est pas ça du tout. Je ne suis pas du tout... Avec inquiétude,

19:15
Présentateur

je me dis parfois que... Certains disent même voilà un homme qui pourrait faire le lien entre l'extrême gauche et l'extrême droite.

19:22
François Ruffin

Vous savez, moi je suis de gauche. Je le dis, je l'ai dit et je l'ai répété tout le temps, je suis de gauche. C'est-à-dire que je suis un partageux. Je suis pour le partage. Je considère que notre société, elle vit dans une indécence. Une indécence qui est celle des femmes de ménage, c'est l'indécence par le bas. Une vie de galère pour un salaire de misère et c'est pareil pour les auxiliaires de vie sociale. C'est pareil pour les assistantes maternelles. C'est pareil pour des millions de personnes dans ce pays. Et il y a une indécence par le haut.

Oui, quand il y a des milliards qui sont gagnés, y compris pendant la crise, il y a une indécence et ce sont les nouveaux seigneurs et ils sont servis. Moi, voilà ma matrice. Voilà ce qui me motive. Voilà ce qui fait que je me lève le matin. Ce n'est pas 2022 et ce n'est pas aller chercher... Mais à l'occasion, si l'occasion se présente, vous serez là. Si jamais il y a nécessité, si jamais le drapeau est à terre et qu'il faut le ramasser et que pour le partage, je dois être l'une des personnes... Maintenant, moi, mon objectif, c'est juste... Franchement, je ne pense pas être aujourd'hui l'homme de ça, mais ce n'est pas grave.

Moi, mon objectif, c'est d'ouvrir un chemin d'espérance entre l'extrême droite et l'extrême argent. C'est d'ouvrir un chemin d'espérance entre Macron et Le Pen. Et pour ça, je me bagarrais. Je me bagarrais pour que les femmes de ménage, elles puissent espérer que demain, il y ait un vivre mieux pour elles dans ce pays. Et pour mes gosses, pour que demain, ils puissent espérer vivre. Vivre sans que l'eau soit imbuvable, l'air irrespirable

20:51
Présentateur

et la vie invivable. Merci François Ruffin, 8h54, vous êtes sur RMC et BFM TV. Merci d'être là tous les matins. RMC, 6h-9h, Vos Indirect.