Face à Face : Alain Fontaine - 01/11
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08ComplaisanteRéponse directe
Bonjour Alain Fontaine. Et d'abord, félicitations, puisque vous venez d'être réélu en tant que président de l'Association française des maîtres restaurateurs.
- 0:19OuverteRéponse directe
Et si on vous reçoit ce matin, c'est pour parler de main d'œuvre et d'immigration.
- 0:23OuverteRéponse directe
Vous alertiez sur le manque de bras au sein de vos restaurants, que ce soit en cuisine ou en salle.
- 0:30OuverteRéponse directe
Vous lanciez à l'époque déjà un appel à la régularisation des sans-papiers, qui sont déjà des milliers à travailler en France, notamment dans les restaurants.
- 0:56OuverteRéponse directe
Alain Fontaine, ça y est, vous avez l'impression d'être entendu ?
- 1:23RelanceRéponse directe
Parce qu'ils sont mineurs isolés, ou en tout cas des mineurs étrangers, qui jusqu'à 18 ans ne sont pas expulsables, qui pendant ce temps-là sont formés en France, notamment dans les lycées hôteliers, qui apprennent des métiers, mais qui à 18 ans, potentiellement, ne peuvent plus travailler, parce qu'ils n'ont pas de papier.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Locuteur 3Fait
« vous lanciez à l'époque déjà un appel à la régularisation des sans-papiers, qui sont déjà des milliers à travailler en France, notamment dans les restaurants. »
- 0:51Locuteur 3Fait
« au sein même du gouvernement, plusieurs ministres plaident désormais pour cette régularisation, pour faciliter les démarches de régularisation des sans-papiers qui travaillent aujourd'hui en France. »
- 1:12Locuteur 2Fait
« On sait qu'il y a des gens, et c'est le plus grave, qu'on a formés dans nos lycées hôteliers, dans nos CFA et tout cela, parce qu'ils étaient mineurs, donc ils n'étaient pas inquiétés par le problème de ne pas avoir de papier. »
- 1:34Locuteur 2Fait
« C'est exactement ça. Et plutôt bien formés d'ailleurs, parce qu'on a quand même, en matière d'écoles hôtelières et de centres de formation d'apprentis, les meilleurs du monde. »
- 2:08Locuteur 2Fait
« Disons-le clairement, il y a des sans-papiers dans beaucoup de cuisines de restaurants aujourd'hui en France. »
- 2:12Locuteur 2Fait
« Il y a des sans-papiers qui sont déclarés, au niveau de la sécurité sociale, qui ont des fiches de paye qui sont payées à travail égal, salaire égal. »
- 2:44Locuteur 2Fait
« Et je rappelle quand même la loi, à travail égal, salaire égal. »
- 3:09Locuteur 2Fait
« On a aujourd'hui des demandes d'emploi qui ne sont pas pourvues parce que la société de loisirs est en marche. »
- 3:25Locuteur 2Fait
« des Français qui préfèrent, alors ça, c'est politique, ça ne me regarde pas, qui préfèrent rester au chômage plutôt que de venir travailler dans nos entreprises. »
- 3:33Locuteur 2Fait
« Et c'est clairement le Covid qui a accéléré ça. »
- 4:11Locuteur 2Fait
« Alors, les salaires ont été augmentés. »
- 4:55Locuteur 2Fait
« Non, on n'est pas à ce point-là, mais on remplit les papiers. »
- 5:05Locuteur 2Fait
« Il faut aider le sans-papier. Parce que le sans-papier a des barrières de langue, a plein de barrières. »
- 6:05Locuteur 1Fait
« Mais je rejoins à 300% M. Fontaine sur le sujet. »
- 6:13Locuteur 1Fait
« Bien sûr, moi, j'ai l'avantage d'être aussi dans l'immobilier. Donc, je loge mes sans-papiers. »
- 6:26Locuteur 1Fait
« C'est faux. C'est faux. C'est faux. Ces gens-là gagnent très bien leur vie. »
- 6:41Locuteur 1Fait
« La loi, en France, nous oblige à prendre des risques. »
- 7:12Locuteur 1Fait
« Aujourd'hui, un sans-papier, il arrive en France quand il a un savoir-faire. Il sait se valoriser tout seul. »
- 8:45Locuteur 2Fait
« L'aspect politique, c'est effectivement un problème comme les réformes de retraite. Ça fait partie des débats de la société. »
- 8:56Locuteur 2Fait
« Mais de l'autre côté, il y a un problème d'entreprise. Il y a un problème économique. »
Temps de parole
- Locuteur 242 %
- Locuteur 337 %
- Locuteur 121 %
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview. Bonjour Alain Fontaine. Bonjour. Et d'abord, félicitations, puisque vous venez d'être réélu en tant que président de l'Association française des maîtres restaurateurs. Je précise que vous êtes également le patron du restaurant Le Mesturé à Paris. Et si on vous reçoit ce matin, c'est pour parler de main d'oeuvre et d'immigration. Puisqu'on vous avait reçu, je me souviens très bien avant l'été, Alain Fontaine, et vous alertiez sur le manque de bras au sein de vos restaurants, que ce soit en cuisine ou en salle.
Et vous lanciez à l'époque déjà un appel à la régularisation des sans-papiers, qui sont déjà des milliers à travailler en France, notamment dans les restaurants. Et votre appel semble aujourd'hui entendu. De plus en plus de patrons prennent la parole pour aller dans votre sens. Et surtout, d'après les infos du service politique d'RMC, au sein même du gouvernement, plusieurs ministres plaident désormais pour cette régularisation, pour faciliter les démarches de régularisation des sans-papiers qui travaillent aujourd'hui en France. Alain Fontaine, ça y est, vous avez l'impression d'être entendu ?
Je crois qu'on finit par être entendu parce qu'il y a vraiment un sujet dans nos restaurants, mais pas que dans notre activité, dans beaucoup d'activités, vous en avez parlé, où effectivement, on a un besoin de personnel considérable. On sait qu'il y a des gens, et c'est le plus grave, qu'on a formés dans nos lycées hôteliers, dans nos CFA et tout cela, parce qu'ils étaient mineurs, donc ils n'étaient pas inquiétés par le problème de ne pas avoir de papier.
Parce qu'ils sont mineurs isolés, ou en tout cas des mineurs étrangers, qui jusqu'à 18 ans ne sont pas expulsables, qui pendant ce temps-là sont formés en France, notamment dans les lycées hôteliers, qui apprennent des métiers, mais qui à 18 ans, potentiellement, ne peuvent plus travailler, parce qu'ils n'ont pas de papier.
C'est exactement ça. Et plutôt bien formés d'ailleurs, parce qu'on a quand même, en matière d'écoles hôtelières et de centres de formation d'apprentis, les meilleurs du monde. On a vraiment un ADN sur la formation. Eh bien, on ne peut pas les employer, ils restent sur les trottoirs. Donc, évidemment, à un moment donné, quand même, on les fait rentrer dans nos établissements, et on les aide. On les aide auprès des préfectures pour qu'ils puissent avoir leurs papiers. C'est vraiment un travail. Mais ça nous met quand même dans des situations borderline, au niveau de la régularité. Et donc, il va falloir... On est dans des situations illégales.
Disons-le clairement, il y a des sans-papiers dans beaucoup de cuisines de restaurants aujourd'hui en France. Il y a des sans-papiers qui sont déclarés, au niveau de la sécurité sociale, qui ont des fiches de paye qui sont payées à travail égal, salaire égal.
J'aimerais qu'on comprenne. Quand vous avez un sans-papier dans votre cuisine, je dis dans votre, mais parmi tous vos adhérents, dans un restaurant, le restaurateur qui a un sans-papier dans sa cuisine, il le déclare, il a une fiche de paye, il cotise. Tout à fait.
Tout à fait. Il ne faut pas confondre le travail dit au noir...
Oui, mais on ne parle pas d'un salarié qui serait payé avec un billet à la fin de la journée. Là, c'est une fiche de paye, des cotisations. Il vous coûte autant qu'un salarié en situation régulière. Mais bien sûr.
Et je rappelle quand même la loi, à travail égal, salaire égal. Et je ne voudrais pas que les restaurateurs mettent d'autres activités. Nous passions pour des gens qui profitent d'une situation contraignante pour la personne qui n'a pas de papier. J'ai envie de vous dire,
pourquoi, quand vous cherchez un cuisinier, un serveur, pourquoi prendre un sans-papier alors qu'on nous dit qu'il y a 3 millions de chômeurs en France ?
Alors, la situation est très simple, si vous voulez. On a aujourd'hui des demandes d'emploi qui ne sont pas pourvues parce que la société de loisirs est en marche. Nous avons des métiers qu'on travaille le soir, on travaille le week-end et vous avez des gens qui ne veulent plus faire ce travail-là et des Français qui préfèrent, alors ça, c'est politique, ça ne me regarde pas, qui préfèrent rester au chômage plutôt que de venir travailler dans nos entreprises. Et c'est clairement le Covid qui a accéléré ça. Il y a eu un avant et un après. On sentait ça avant et après, là, oui, on a une disparition. Je dis bien une disparition. Ils n'ont pas disparu. Ils sont dans d'autres activités.
On a une disparition d'un grand nombre d'employés qui étaient dans la restauration depuis des années et qui ne veulent plus faire ce métier-là, qui veulent profiter des soirées, des week-ends et de leur famille.
Oui, mais c'est votre responsabilité aussi. Les questions de conditions de travail, de salaire. On a eu beaucoup de témoignages, pas tant au 316, qui disaient que si les salaires étaient plus élevés, peut-être qu'il y aurait plus de Français ou en tout cas de personnes en situation régulière qui postuleraient au poste de cuisinier, de serveur ?
Alors, les salaires ont été augmentés. Alors, il est clair qu'on a notre part de responsabilité. On ne s'est pas assez occupé de tous ces gens-là. On a travaillé avec des salaires qui n'étaient peut-être pas suffisants par rapport à l'amplitude horaire. Les salaires augmentent, mais même avec des salaires augmentés, on n'arrive pas à trouver. Parce que si vous voulez, à un moment donné, vous avez quand même le confort de vie qui prend le dessus avec, je vous dis, les soirées, les week-ends et puis la famille. Et donc, par conséquent,
de plus en plus de restaurateurs ont recours à des sans-papiers. Vous nous disiez, ils font eux-mêmes les démarches en préfecture ensuite. C'est-à-dire que... Il faut les aider. Le patron aide son salarié qui n'a pas de papier. C'est le patron qui va à la préfecture dire, dans ma cuisine, j'ai un salarié sans-papiers ?
Non, on n'est pas à ce point-là, mais on remplit les papiers. Et ça, moi, je conseille à tous les chefs d'établissement, tous les patrons, de faire très attention à cela. Il faut aider le sans-papier. Parce que le sans-papier a des barrières de langue, a plein de barrières. Et il faut vraiment le soutenir. Si on fait cette démarche-là, il faut l'aider. Et il faut aussi démontrer à la préfecture qu'on en a un grand besoin. Et j'entends ce que vous avez dit, que vous avez de bonnes informations concernant le gouvernement. J'espère qu'elles se feront. Mais il faut aussi encadrer la chose. Parce qu'il y aura donc des abus. Il y aura de fausses entreprises qui font des régulations de son papier.
Donc tout cela doit être parfaitement encadré pour ne pas que ça soit opposable.
En tout cas, c'est votre message au gouvernement. Et c'est ce qui semble être en discussion. Faciliter ces démarches quand un patron va en préfecture, en tout cas remplit des papiers, en disant j'ai un salarié que j'ai formé, qui travaille bien, qui n'a pas de papier. Que les démarches soient facilitées. On va voir, ça fait réagir beaucoup. Vous imaginez, à la Fontaine, ce matin au 32 16, on va accueillir Dominique, qui est dans le Val-de-Marne. Bonjour Dominique. Oui, bonjour à vous tous. Alors, Dominique, avec Alain Fontaine, on était dans la restauration. Vous, je vois que vous êtes dans le BTP, Dominique.
C'est un secteur dans lequel il y a aussi beaucoup de travailleurs sans papier, Dominique, non ? Exactement. Mais je rejoins à 300% M. Fontaine sur le sujet. C'est-à-dire que nous, aujourd'hui, dans le BTP, bien sûr qu'on n'a pas envie de travailler dans les régularités. Bien sûr qu'on fait des surfables. Bien sûr, moi, j'ai l'avantage d'être aussi dans l'immobilier. Donc, je loge mes sans-papiers. Et aujourd'hui, il faut les aider. Il faut les encourager, les embaucher. On ne veut pas être dehors de la loi, que ce soit dans le BTP. Il faut enlever l'image qu'on paye ces gens-là très peu. C'est faux. C'est faux. C'est faux. Ces gens-là gagnent très bien leur vie.
Dominique, un salarié, parce que vous nous dites j'ai des sans-papiers, vous le dites comme ça. Vos sans-papiers, vous coûtent autant qu'un salarié français en termes de charge de l'utilisation ? Mais bien sûr, on n'a plus l'âge. Aujourd'hui, quand vous êtes un vrai professionnel, vous n'avez plus l'âge de prendre des risques. On nous oblige ici. La loi, en France, nous oblige à prendre des risques. Ça veut dire qu'on ne nous aide pas. Aujourd'hui, on ne veut que ça.
Quelqu'un qui a 30 ans de métier comme j'ai moi et sans aucune prétention, en l'espace de 5 ou 10 minutes ou d'une heure de travail, j'arrive à voir quelqu'un qui a des compétences, qui a envie de travailler, qui sait ce que c'est le métier manuel. Là, je suis en train de vous parler. À 6h du matin, je déchargeais une machine à chape ce matin. J'étais avec mon associé. On est sur le terrain. Et aujourd'hui, on a besoin de ces gens-là. Il faut que tout le monde le comprenne. Il faut enlever l'image de M6, zone interdite. Désolé, je fais de la pub. Mais de bas de corps, qu'on paye les gens. Ce n'est pas vrai. C'est faux.
Aujourd'hui, un sans-papier, il arrive en France quand il a un savoir-faire. Il sait se valoriser tout seul. Ne vous inquiétez pas pour eux. Ils sont là. Ils savent imposer leurs prix. Ils sont dans le vrai. Et on a besoin d'eux pour travailler, pour produire. Mais Dominique, je vous repose la même question qu'à La Fontaine. Il y a 3 millions de chômeurs inscrits en France qui sont en situation régulière. Eux-mêmes, ils ne viennent pas quand vous avez des postes à leur proposer ? Ils ont les ficelles. Ceux qui ont des papiers, ils ont les ficelles. Ils vont faire deux bricoles au black qui sont aux acédiques. À un moment, on ne va pas se voiler la face.
Il faut dire les choses comme elles le sont. Ils vont faire leur salaire en un week-end. Soyons tous conscients de ça. À arriver le travail au black, il est dissimulé mais par les salariés français. À arriver un moment, soyons tous conscients de ça. Durcissez un peu peut-être les acédiques. Durcissez certaines choses. Mais à un moment, il faut qu'on ne sait pas parler. Mettez-vous autour d'une table avec des gens du terrain qui parlent et qui disent des vraies choses. C'est ça qui me dérange un petit peu. C'est qu'à chaque fois, c'est gentil tout ce qu'on entend. Mais regardez la réalité. Moi, j'ai 30 ans d'entrepreneuriat. Vous parlez à quelqu'un qui a vécu 40 contrôles fiscaux.
Je suis en place. Je remercie les contrôles fiscaux. Je remercie la France. Ma femme est institutrice. Je suis d'origine portugiaise. Je construis des immeubles. Je suis promoteur et fier de vous dire tout ça. Maintenant, à un moment, aujourd'hui, vous êtes dans un beau pays comme la France. On a besoin de ces gens-là. Mes parents ont immigré. Il y a eu des vagues d'immigration. Il y a eu des Roumains qui sont venus qui aujourd'hui ne veulent même plus de la France. Les Roumains, moi j'en ai une quarantaine. C'est difficile de faire plus concret avec votre témoignage, Dominique. Vous êtes dans le BTP mais vous nous dites je partage le combat d'Alain Fontaine.
On a besoin des sans-papiers aujourd'hui pour faire tourner l'économie française. C'est votre appel ce matin à La Fontaine, au gouvernement. Facilitez les démarches.
Oui, bien sûr, il faut faciliter les démarches. Il ne faut pas confondre l'aspect politique. L'aspect politique, c'est effectivement un problème comme les réformes de retraite. Ça fait partie des débats de la société. L'immigration, on a bien compris que ça s'invitait aux élections municipales, législatives et présidentielles. Mais de l'autre côté, il y a un problème d'entreprise. Il y a un problème économique. C'est-à-dire que nos entreprises, si elles veulent développer, faire de la croissance, on a besoin d'employés. Si les employés ne viennent pas à nous, il faut vraiment qu'on aille les chercher parce que ce monsieur-là dont il parle, il a besoin de développer son entreprise.
Merci beaucoup Alain Fontaine d'être venu faire passer votre message ce matin. Je rappelle que vous êtes restaurateur, un patron du restaurant Le Mesturé à Paris et président réélu de l'Association française des maîtres restaurateurs. Ça fait beaucoup réagir depuis ce matin à cette question de la régularisation des sans-papiers qui travaillent déjà aujourd'hui en France. Ça fait beaucoup réagir au 32-16.