L'interview intégrale de Philippe Juvin dans la nouvelle Matinale Week-End de RMC
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
RMC, la matinale week-end. L'interview politique. Il est 8h43, invité ce matin, Philippe Juvin, bonjour.
Bonjour. Merci d'être avec nous en studio, conseiller santé auprès de Valérie Pécresse, chef des urgences aussi de l'hôpital Georges Pompidou à Paris. D'abord, peut-être des nouvelles, peut-être en avez-vous, Isabelle Balkany, hospitalisée ce matin, toujours après sa tentative de suicide.
On a appris hier soir qu'elle avait contracté le Covid-19. Elle a été testée positive, en tout cas, lors de son admission à l'hôpital. Vous avez eu de ces nouvelles ?
Vous en avez pris ? Non, j'avoue que je n'ai pas eu de ces nouvelles. Je lui souhaite bon rétablissement.
Vous étiez allé à son chevet. Vous êtes proche du couple Balkany, en particulier d'Isabelle. Vous étiez à son chevet lors de sa dernière tentative de suicide.
C'est plus que ça, mais là, c'est une information de secret médical. C'est vrai que lors de sa première tentative de suicide, je m'étais occupé d'elle. Quand Patrick Balkany évoque ce dernier chapitre judiciaire, comment vous l'entendez, Patrick Balkany ?
Est-ce qu'il fait toujours partie de votre famille politique ? Est-ce que c'est un soutien de Valérie Pécresse ? Ou est-ce que c'est devenu un homme gênant ?
Non, je pense que d'abord, moi, je ne connais pas le fond du dossier comme vous. Et c'est vrai que c'est toujours compliqué de se prononcer sur des affaires judiciaires qui, par définition, sont complexes. Moi, je ne connais pas l'alpha et l'oméga de cette affaire de bracelet électronique.
Mais Patrick Balkany, c'est quelqu'un qui a été élu et qui a, je crois, bien mené sa commune, qui était le Valois-Péret dans les Hauts-de-Seine. Juste à côté de la vôtre. Exactement.
Vous savez, il n'y a que 36 communes dans les Hauts-de-Seine. Donc, toutes les communes en sont proches. Communes qui jouxtent Paris.
Eh bien, c'est une commune qui est aujourd'hui devenue une commune où les gens ont plutôt envie de venir s'installer. Donc, ça a été un maire qui a marqué sa commune. Et je pense que maintenant, il a arrêté totalement l'activité politique depuis plusieurs années.
Et vous ne souhaitez pas son soutien ? Pas particulièrement ? Je pense que la question ne s'est même pas posée.
Ça reste quelqu'un qui, encore une fois, a eu un rôle extrêmement important dans le développement de sa commune. Et d'ailleurs, il était, malgré toutes ces affaires judiciaires qui ont animé, qui ont rythmé la vie municipale de cette ville, il était chaque fois réélu avec des scores dont, enfin, je crois qu'ils étaient assez confortables. Ce qui montre qu'en fait, il était aimé de sa population.
C'est toute l'ambiguïté de la vie politique, en particulier locale, où il y a un attachement très particulier et très fort des habitants à leur maire quand ce maire leur améliore leur vie quotidienne. La famille Les Républicains, sans Patrick Balkany aujourd'hui, avec Nicolas Sarkozy ? Écoutez, Nicolas Sarkozy, c'est lui qui a fondé Les Républicains.
C'est lui le créateur des Républicains. Et quand va-t-il dire « Je soutiens Valéry Pécresse » ? Je l'ignore.
Là aussi, moi, je n'ai pas vu Nicolas Sarkozy depuis plusieurs mois. J'ai toujours été proche de Nicolas Sarkozy parce que je pense que ça a été un grand président de la République et qui a apporté beaucoup à la droite en lui permettant de retrouver une colonne vertébrale. Voilà.
C'est vrai qu'aujourd'hui, il est silencieux. Moi, je n'ai aucun doute, contrairement à certains. Non, mais il gère son calendrier comme il le souhaite.
C'est vrai qu'aujourd'hui, il est silencieux, mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'il soutiendra sa famille politique. En fait, vous savez, il l'a toujours fait. Moi, j'étais avec lui quand il a perdu la primaire en 2016.
Mais Valéry Pécresse, dans la minute où il a perdu, et c'était compliqué pour un ancien président de perdre la primaire, il a soutenu sa famille en disant « voilà, maintenant, il faut être uni ». Donc, je pense qu'il fera évidemment la même chose avec Valéry Pécresse. Je n'ai aucun doute en réalité.
L'union, justement, parlons-en parce qu'il y a eu des défections, y compris dans votre camp. Guillaume Pelletier, pour le nommer, passé chez Éric Zemmour. Tiens, juste, on va l'écouter parce qu'il s'est expliqué et réexpliqué sur ce passage vers Éric Zemmour.
C'était cette semaine face à Pauline de Malherbe sur RMC et BFM TV. Ma boussole, c'est la droite, premièrement. Deuxièmement, oui, dans l'acte que j'ai posé, puisque j'étais numéro 2 des Républicains, je suis député de la Nation, c'est un choix de conviction plutôt que de carrière.
C'est un pari pour la France. Moi, je préfère ma patrie à mon parti. Ce n'est pas seulement l'union de la famille des Républicains, c'est l'union des droites.
Impossible à vos yeux, Philippe Juvin ? Alors, d'abord, je vais vous répondre à cette question, mais je voudrais simplement vous faire une remarque très amicale et courtoise. Mais ça fait maintenant 5 minutes qu'on parle uniquement de problèmes de personnes.
Et après, vous vous posez la question de savoir pourquoi les gens ne vont plus voter. La vie politique, c'est quoi aussi ? Ce sont des idées, ce sont des bilans.
Pourquoi on ne parle pas du bilan d'Emmanuel Macron, qui est catastrophique ? Pourquoi on ne fait pas le point sur nos propositions ? C'est ça qui pourrait réenchanter la vie politique, parler du fond.
Maintenant, j'en parle pour des raisons d'audience, vous voulez parler de tout ça, et donc je vais vous répondre. Sur les défections. Ce n'est pas pour des raisons d'audience, pardon.
Mais je vais quand même vous répondre. Je vous réponds à votre question sur les défections. Dans toutes les campagnes électorales, les présidentielles en particulier, il y a toujours des gars qui trouvent plus intelligent de changer d'un camp, d'aller de l'un à l'autre.
Dans tous les sens, d'ailleurs. Il y a un qui passe de droite à gauche, du centre à droite, etc. Donc il y a Pelletay, il y en a un ou deux autres aussi, je crois.
Mais vous verrez, en fait, tout ça, c'est l'écume. Le vrai sujet, c'est quelle société on défend ? Quel est le projet qu'on défend ?
Moi, j'ai toujours été fidèle à ma famille politique, toujours. Donc j'ai une colonne vertébrale. Je crois que le pays va très mal, est en train même de s'écrouler.
À l'intérieur comme à l'extérieur, je pense qu'il est temps de remettre de l'ordre, en réalité de reprendre le contrôle. Mais il y aura toujours des défections, vous avez raison. Parce que vous dites, Philippe Duvin, et vous avez raison, que les Français ne souhaitent plus aller voter, ne parlent pas de cette présidentielle.
Un Français sur deux s'en désintéresse totalement. Vous avez vu cette enquête ? Oui, mais vous savez pourquoi ?
Parce que justement, un certain nombre de politiques, ainsi que de journalistes, font quoi ? Du commentaire. Moi, en tant qu'homme politique, qu'est-ce qu'on me demande ?
C'est d'apporter des solutions. Alors justement, Philippe Duvin. C'est ça le sujet.
Si vous n'apportez pas de solutions, les gens se disent, ces gens ne servent à rien. Tiens, Valérie nous rejoint. Bonjour Valérie.
Bonjour. La question du handicap. Nous recevions Dominique Faroudia il y a une heure.
Qui pousse un coup de gueule ? Les candidats à la présidentielle ne s'intéressent pas à ce problème du handicap. Votre question à Philippe Duvin, Valérie.
Alors, ils en parlent de l'handicap, mais qu'en période électorale. Là, ils ont les belles phrases, les bons mots, les belles idées, comme l'accessibilité en 2005 par M. Sarkozy, qui ensuite a été rallongé de 9 ans sous M.
Hollande. Moi, je voudrais savoir pour l'accessibilité. On ne peut pas aller dans les boutiques.
Moi, je fais des boutiques avec ma copine, mes copines ou ma fille. Moi, je reste très souvent dehors, comme les chiens, vous savez. Vous êtes vous-même handicapée, Valérie ?
Comment ? Vous êtes vous-même handicapée ? Bien sûr, je suis paraplégique depuis 15 ans.
Et je me bats, j'essaye d'expliquer. Et les gens dans les boutiques me disent, ah ben oui, mais on ne peut pas aller énorme, ceci, cela. Une paire de rampes, ça coûte 500 euros.
Nous, on ne demande pas un tapis rouge. On demande simplement qu'on sorte des rampes. On peut monter jusqu'à trois marches avec des rampes.
Eh ben non, on reste dehors, à l'entrée de la boutique, comme les chiens, je vous dis, il y a les chiens et il n'y a pas personne en fauteuil roulant. Et l'autre chose que je voudrais parler, soulever, c'est les problèmes de parking, de places handicapées. Les places handicapées en milieu public, vous pouvez appeler la police et ils viennent.
Et croyez-moi qu'ils sont très malheureux de voir que des gens non handicapés se placent sur les... et ils verbalisent.
Mais sur les places handicapées, sur les copros, eh ben moi j'ai des voisins qui se font un malin plaisir de se garer devant et qui m'empêchent de rentrer. Et on n'a aucun, aucun recours. C'est-à-dire qu'on reste chez nous.
Valérie, Valérie, Valérie, la réponse de Philippe Juvin, d'abord sur l'accessibilité. Vous êtes conseiller santé auprès de Valérie Pécresse, rappelons-le. 2005, Philippe Juvin.
La loi de 2005. Nous sommes dans 2022. Écoutez, la loi de 2005, c'est nous qui l'avons voté.
C'était Chirac. Et à l'époque, qu'est-ce qu'on a décidé ? On a décidé de rendre accessibles tous les espaces publics.
Et en tant que maire, je rends accessibles les espaces publics. Depuis, qu'est-ce qui s'est passé ? On a eu François Hollande et Emmanuel Macron.
La loi était revue et ils ont repoussé l'accessibilité au calendre grec. C'est la faute des autres. Parce qu'il y a eu des tas de lobbies qui se sont mobilisés.
Non mais regardez les choses. Nous avons fait voter une loi d'accessibilité, avec une mise en oeuvre sur une quinzaine d'années. C'était possible une quinzaine d'années.
Eh bien, en fait, on est reparti au calendre grec. Alors, d'un côté, vous avez les maires qui font des efforts et qui se disent, moi, je vais appliquer la loi initiale. Et d'autres qui ne se sentent plus concernés.
Je trouve que c'est absolument fou. Moi, il n'y a pas une seule rue, pas une seule rue dans ma commune, quand je la refais, où je ne me pose pas cette question et où je ne la résous pas. Toutes les rues, tous les bâtiments publics, tous les immeubles, qui sont refaits chez moi, tous, et Valérie Pécresse, président, ce sera le cas partout en France, Philippe Duvin.
Mais la question, ce n'est pas le président de la République qui refait les rues, comme vous le savez. Les départements, les régions, les communes. Est-ce que Valérie Pécresse sanctionnera les maires qui ne le font pas ?
Ce que nous voulons, c'est appliquer la loi initiale votée par Jacques Chirac, c'est-à-dire d'accessibilité. En réalité, quand la France va mal et s'appauvrit, on essaie de trouver de l'argent et de rogner sur le dos des gens qui, malheureusement, peuvent pas se défendre. Donc oui, nous, la loi sur le handicap, on l'appliquera, on reviendra à un principe général d'accessibilité des bâtiments publics et des voiries.
D'un mot, Philippe Duvin, le Covid, le pire est derrière nous, paraît-il. C'est ce que dit Olivier Véran, on pourra bientôt enlever le masque à l'intérieur. Ça vous fait sourire ?
Non, je dis ça, je souris malheureusement et un peu tristement. Parce que ça fait deux ans qu'on est dans l'épidémie, ça fait deux ans qu'on nous refait le coup régulièrement de dire le pire est derrière nous. Souvenez-vous, on nous l'a dit dix fois.
Donc moi, je vais vous dire, la parole publique, elle doit être prudente. Je ne sais pas si c'est la dernière vague, je ne sais pas. Je l'espère, comme vous, comme tout le monde, comme tous ceux qui nous écoutent.
En attendant, ce que tout le monde attend, c'est que le problème structurel de l'hôpital se règle pour éviter de nouvelles contraintes. Et depuis deux ans, on aurait ouvert des lits de réanimation. Ce que je demande depuis maintenant deux ans, même d'ailleurs avant.
On aurait cessé de fermer des lits. Aujourd'hui, il y a 20% des lits d'hospitalisation en France qui sont fermés. La conséquence, c'est quoi ?
C'est qu'il y a des gens, à l'heure où je vous parle, qui ne peuvent pas se faire opérer, qui ne peuvent pas se faire hospitaliser, y compris de pathologies qui n'ont pas le Covid, parce que ces lits sont fermés. Il faut retrouver un système de santé robuste. J'ai l'impression de parler dans le désert.
Comme j'ai l'impression de dire à tous ceux qui disent, c'est fini, cocorico, attention aux fausses bonnes nouvelles. Parce que si dans trois semaines ou dans trois mois, il y a un nouveau variant qui apparaît, qu'est-ce qu'on va expliquer aux Français ? Qu'encore une fois, on leur a raconté des carabistouilles.
Dans trois mois, Valérie Pécresse sera peut-être à la tête de l'État. Elle fera quoi ? Eh bien, si Valérie Pécresse est à la tête de l'État, elle fera plusieurs choses.
D'abord, elle va renforcer le système de santé. Nous allons faire un choc de formation. Nous allons former des professionnels de santé dont j'aimerais qu'ils aient été formés depuis longtemps.
Ça fait des années qu'on dit, ah, on ne peut pas former plus de médecins, parce que vous comprenez, ça prend du temps. C'est vrai que ça prend dix ans. Elle-même le disait.
On aurait commencé il y a dix ans, on commencerait à avoir des médecins. Les infirmières, ça se forme en trois ans. On aurait commencé il y a deux ans, au moment de l'épidémie en mars 2020, on aurait des gens quasi formés.
Bref, ce que je veux vous dire, c'est qu'il y a des solutions, et que j'en ai assez de cette classe politique, qui ne fait que commenter. Or, j'ai un ministre de la santé qui est peut-être très sympathique, qui est peut-être un bon médecin, il est médecin lui-même comme moi, mais il est inefficace, et il fait du commentaire en regardant la courbe monter et descendre, en disant, ah, ça monte, ah, ça baisse. Un ministre de la santé, il ne fait pas ça, il prend des mesures.
Philippe Juvin, merci d'être venu nous voir ce matin sur RMC. J'ai juste une dernière question un peu rituelle. Ça ressemble à quoi le samedi chez les Juvins ?
C'est en famille ? Vous voyez, RMC le matin, ce qui est formidable, je vous permets de vous lever un tout petit peu tôt, enfin plus tard que vous, j'ai compris que vous étiez là depuis très longtemps. Puis là, maintenant, je suis maire d'une commune, donc je vais aller faire le marché.
Non, en fait, en sortant, comme l'hôpital est en phase, je vais aller saluer les équipes. C'est l'avantage de venir chez vous. Et puis ensuite, je vais faire mon marché en tant que maire, et puis j'ai quelques rendez-vous en fin de matinée à la mairie.
Eh bien, merci d'être venu nous voir encore une fois, et bonne journée à vous, bon samedi. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci.