Assemblée, Matignon, Jeux olympiques... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron
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C'était ce soir ou jamais avant que les premiers applaudissements ne résonnent dans les stades des Jeux. Demain, Emmanuel Macron a donc choisi de briser le silence qui est le sien depuis plus de deux semaines et le second tour des élections législatives qu'il a lui-même provoqué en décidant la dissolution de l'Assemblée nationale. Interview dans quelques minutes, six minutes précisément sur France Télévisions et sur les antennes de Radio France. Interview que nous allons suivre en direct, une trentaine de minutes environ. L'analyser également avec nos invités.
Analysez aussi ce soir la nouvelle donne politique à gauche avec le nom de cette personnalité qui est proposée par le nouveau Front Populaire. Il s'agit de Lucie Casté. Nous allons parler de cette personnalité, parler aussi des mots choisis par le Président de la République. Ce soir nous sommes ensemble jusqu'à 21h.
France Inter, édition spéciale, Jérôme Cadet.
Ensemble avec Maxence Lambrecq. Bonsoir Maxence. Bonsoir Jérôme. Service politique de France Inter, j'accueille également Virginie Martin. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes politologue, professeur de sciences politiques à la Kedge Business School. Merci d'être avec nous ce soir sur Inter. Maxence Lambrecq. On va évidemment s'approcher très rapidement de l'interview du Président de la République dans quelques minutes.
La première depuis les élections législatives, mais d'abord la surprise du chef, si je puis dire, et le nouveau Front Populaire des chefs qui met la pression sur Emmanuel Macron avec ce nom qui sort du chapeau, Lucie Casté, haute fonctionnaire qui travaille à la mairie de Paris, qui est donc proposée pour Matignon.
Oui, elle a 37 ans. Elle est inconnue du grand public, inconnue aussi du service politique de France Inter. Nous l'avions reconnaître. C'est le plus petit dénominateur commun que le nouveau Front Populaire a réussi finalement à trouver en se disant que la page serait définitivement tournée ce soir si un nom ne sortait pas de ces multiples réunions depuis 16 jours de négociations. Jean-Luc Mélenchon s'est donc effacé, Huguette Bellot aussi. Laurence Tubiana a jeté l'éponge hier. Toute une série de tests, de tentatives pour aboutir à un profil très particulier finalement.
Parce que c'est une jeune, 37 ans, énarque, qui a travaillé uniquement à la mairie de Paris, à la ville de Paris, qui était engagée collectif des services publics, pour la défense des services publics. Et d'ailleurs, elle dit, ce sont ses premiers mots dans un communiqué, que sa priorité, ce sera d'abroger la réforme des retraites. C'est la proposition de loi d'ailleurs qui a été déjà déposée par le Nouveau Front Populaire à l'Assemblée. Donc voilà, Lucie Casté, nouvelle personnalité politique qui sera demain matin dans ce studio invité de France Inter à 8h20. On aura mille questions à lui poser.
Et donc, évidemment, Emmanuel Macron sera confronté à cette proposition et dès ce soir, il devra dire si demain, il peut nommer, il est tout à fait libre de le faire, la Constitution ne donne aucun délai, il peut nommer demain matin Lucie Casté, mais on en doute fortement.
Jean-Luc Mélenchon dit à l'instant, Emmanuel Macron ne doit plus tergiverser et nommer Lucie Casté à Matignon. Il la double donc ce soir. Virginie Martin, vous êtes avec nous. Ça veut dire que les équipes d'Emmanuel Macron ont dû travailler en vitesse, si je puis dire, pour réagir, parce qu'il va fatalement, le président de la République, être interrogé sur ce profil et sur cette proposition de la gauche.
Inévitablement, inévitablement, la prise évidemment de parole d'Emmanuel Macron a certainement aussi accéléré la décision du Nouveau Front Populaire. Il fallait, bien entendu, avant justement 20h10, ce soir, trouver un nom, proposer quelque chose de concret et de crédible à Emmanuel Macron. C'est fait, c'est chose faite. Et c'est vrai que du coup, le Nouveau Front Populaire reprend un peu du poids, du poids politique, après pas mal d'errances ces derniers jours. Là, véritablement, Emmanuel Macron doit réagir, il doit dire quelque chose.
Alors après, évidemment, bien sûr que le Nouveau Front Populaire, qui est bien uni derrière cette candidature, tout de suite, vous l'avez dit, Mélenchon, Roussel, Ruffin, les députés PS, LFI, etc. Tout le monde est derrière cette candidature, donc c'est intéressant. Ce nom, en tout cas, de Lucie Casté, donc ça, c'est intéressant. Néanmoins, est-ce qu'en 24-48 heures, il est raisonnable, juste avant les Jeux Olympiques, avec les questions de sécurité, c'est le ministère de l'Intérieur, et j'en passe, de changer les équipes, aujourd'hui, ministérielles en place.
En tout cas, c'est quand même la volonté du Nouveau Front Populaire qu'il n'y ait pas de trêve, absolument pas de trêve, quelles que soient les circonstances.
On peut difficilement envisager, c'est même inenvisageable, Maxence Lambrec, qu'Emmanuel Macron dise, dans quelques minutes, Banco, je vais donc appeler Lucie Casté à Matignon. Le 9 juin au soir, depuis 15 jours, rien n'est un peu surpris.
On a été surpris quand même le 9 juin au soir, il avait dit qu'il n'y aurait aucune conséquence nationale à ces élections européennes, et on a vu ce qu'on a vu, donc moi, je ne ferme aucune porte, en tout cas pas à cette heure-ci, à une minute de l'interview. Évidemment que l'Elysée travaille davantage à une union avec la droite, le pacte législatif a été regardé de près, celui qui a été proposé hier par Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau. Il cherche évidemment une solution au centre droit et beaucoup de ministres vont aussi dans ce sens. Bien sûr que la France insoumise à la table du Conseil des ministres, c'est le pire cauchemar d'Emmanuel Macron, c'est ce qu'il va éviter.
Et évidemment, s'il nomme Lucie Casté, il y aurait des ministres insoumis, si on peut dire. Donc, bien sûr qu'il va sans doute chercher une porte de sortie. En effet, le fait que les Jeux olympiques arrivent dans trois jours et qu'il y a beaucoup d'enjeux, et en effet, ça reste très difficile de composer un gouvernement en trois jours. On l'a vu, lui a eu du mal et Lucie Casté aura sans doute aussi des difficultés pour le faire. Donc, est-ce qu'il faut absolument un ministre de l'Intérieur le 26 juillet au soir ? Sans doute que oui.
Ça sera peut-être son argument principal pour dire, laissons le temps faire son œuvre, laissons les deux semaines des Jeux olympiques passer, retravaillons cette question au milieu du mois d'août. Et donc, bien sûr que l'hypothèse privilégiée à cette heure, c'est une temporisation d'Emmanuel Macron. On l'a vu, il a souvent temporisé pour nommer Elisabeth Borne, pour remercier Jean Castex, pour nommer Gabriel Attal. Il a souvent pris beaucoup de temps avant de prendre ses décisions. Et maintenant,
on va écouter Emmanuel Macron qui répond aux questions pour Radio France de Nathalie Yaneta et pour France Télévision de Thomas Soto. avec ce plateau et cette vue imprenable.
Sur cette scène, M. le Président, qui dans trois jours deviendra une scène, celle d'un spectacle hors normes, avec également le plus grand stade du monde. Alors d'abord, pour commencer, on est d'accord ? Plus de plan B, plus de plan C, tout va se dérouler comme prévu depuis le début par les organisateurs ?
Oui, c'est bien le scénario qui avait été décidé au début qu'on peut maintenant assumer. Et toutes les vérifications de sécurité ont été faites. Il y a un immense travail et je veux vraiment rendre hommage aux organisateurs mais aussi à tous les services de sécurité qui ont fait un immense travail depuis des mois. Mais c'est bien cette cérémonie qui est confirmée. Je dis souvent, les Jeux Olympiques, c'est une fois par siècle qu'on les accueille. Une cérémonie d'ouverture comme celle-ci, c'est la première fois dans l'histoire des Jeux.
Oui, ça sera unique. Alors, on aimerait d'ailleurs s'emballer un petit peu, M. le Président, mais il y a des contraintes très fortes pour les Parisiens, les Franciliens, les touristes aussi. Et puis, vous l'avez évoqué, il y a un défi sécuritaire hors normes et il y a des craintes. Est-ce que vous comprenez l'inquiétude des Français ?
Il y a un défi sécuritaire et c'est vrai pour toutes les capitales qui organisent des Jeux. C'est vrai pour cette cérémonie d'ouverture, ce sera vrai tout le long des Jeux. Et donc, il y a en effet des contraintes pour les spectateurs qui vont venir et pour les riverains. Et donc, je veux vraiment remercier ici tous nos compatriotes qui sont impactés dans leur quotidien parce qu'ils habitent les quartiers qui sont les plus concernés. Les commerçants, les artisans, les restaurateurs, je sais combien ils ont été impactés. Il y a des commissions qui ont été mises en place, ils seront aussi accompagnés. Mais ce sont ces contraintes qui permettent d'assurer aussi la sécurité.
Et donc, je pense que vendredi va s'ouvrir une nouvelle page. On a besoin de se réenthousiasmer, de se réunir autour d'une France qui accueille le monde, ses Jeux olympiques et paralympiques. Et je pense qu'on verra tous à partir de vendredi soir pourquoi ça valait la peine. Et ces hélicoptères qu'on entend tourner autour de nous font partie de ces contraintes que vous évoquiez. Monsieur le Président, l'actualité, elle est double. Elle est olympique, on va largement y revenir. Elle est aussi politique. Et vous avez appelé à une trêve politique avant les JO, sauf qu'en ce moment, les Français ont davantage l'impression d'être dans un chaos politique.
Monsieur le Président, c'est votre première interview depuis les législatives, depuis le second tour des législatives. On va se dire les choses franchement, les Français n'ont pas compris la dissolution. Vos opposants n'ont pas compris la dissolution. Votre propre famille politique n'a pas compris la dissolution. Quel bilan, pour commencer, vous tirez de ces élections législatives et des résultats ? Écoutez, j'ai fait ce choix en conscience avec beaucoup de gravité parce que l'Assemblée nationale ne correspondait plus à la société française.
Et après deux ans de majorité relative, on voyait les difficultés qui s'accumulaient, mais surtout, et je le rappelle ici parce que tout le monde semble l'avoir oublié, tout le monde nous disait qu'à l'automne, la motion de censure arriverait qui me conduirait à la dissolution. C'est-à-dire en plein budget. Et en quelque sorte, on voulait passer les jeux dans l'insouciance et puis se dire, après, la crise politique allait arriver. Et donc, j'ai pris mes responsabilités. En précipitant la crise politique ? J'ai pris mes responsabilités. Non, pas du tout. En demandant aux Françaises et aux Français de choisir. Donc, j'ai pris mes responsabilités comme président en décidant cette dissolution.
Ce n'était pas un choix facile. Vous savez, j'ai demandé beaucoup de sacrifices aussi aux députés de la majorité sortante et je l'ai fait avec beaucoup de gravité. Les Françaises et les Français ont pris leurs responsabilités parce qu'ils sont allés voter massivement comme il n'y avait pas été depuis de nombreuses élections. Et qu'est-ce qu'ils nous ont dit ? J'essaie de tirer les conclusions les plus sains. D'abord, au premier tour, ils ont placé le Rassemblement National en tête. Presque 11 millions de voix. 11 millions de voix. Donc ça, on doit l'entendre et on doit le respecter.
Mais ça n'a pas été entendu à l'Assemblée Nationale, par exemple, M. le Président. C'est 11 millions de Français qui ne se sentent pas représentés puisqu'il n'y a aucun poste, ne serait-ce que de vice-président à l'Assemblée. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Mais il y a une séparation des pouvoirs, donc je ne suis pas en charge des règles à l'Assemblée Nationale. Mais je pense... Elle est relève. Mais je pense que c'est... Ça n'est pas une bonne chose. Je pense que... Je combats les idées du Rassemblement National. Mais un député qui est élu ou une députée qui est élu, il a une légitimité. Il n'y a pas de sous-député à l'Assemblée Nationale. Et donc je pense qu'il est légitime que ce qui est aujourd'hui le premier parti à l'Assemblée soit représenté dans les instances. Et je pense que la civilité conduit aussi... On a tous été choqués par des images.
Quand on se met à ne pas serrer la main à notre député, je pense qu'on habitue nos compatriotes à une société où la civilité se perd. C'est les élus LFI qui ont refusé et je crois qu'on ne prend pas qu'eux et je pense que ce n'est pas du tout une bonne chose. Et donc je pense qu'il n'y a pas de sous-député. Il faut le respecter. Donc ça, c'est l'enseignement du premier tour. Ensuite, il s'est passé quelque chose d'inédit dans l'histoire de la cinquième.
C'est que toutes les forces politiques je dirais du champ républicain ont décidé des désistements réciproques en disant ce qui nous rassemble est au fond le plus important et on ne veut pas que le Rassemblement National accède aux responsabilités. Et donc, en quelque sorte, ils ont dit on a suffisamment en commun pour décider de ces désistements les uns avec les autres et éviter ce qu'on appelle des triangulaires pour pouvoir l'emporter. Et les Français au deuxième tour ont fait un choix. Le choix de ne pas confier les responsabilités au Rassemblement National. Ils l'ont fait en conscience. Ils sont allés voter même un peu plus qu'au premier tour et ils ont composé cette assemblée.
Mais ce faisant, ils ont donné une responsabilité à toutes ces forces qui se sont mis d'accord en l'entre-deux-tours. C'est de travailler ensemble. C'est ce que j'ai dit dans la lettre que j'ai ensuite écrite aux Français quelques jours après le vote. Et puis, il y a eu un troisième tour. Les votes de la fin de semaine dernière à l'Assemblée. Et qu'est-ce que ça nous a enseigné ? D'abord, je me dis, la majorité sortante, elle a perdu cette élection. Vous reconnaissez la défaite ? Bien évidemment. Mais personne n'a gagné. Mais vous espériez une clarification. Il n'y a aucune clarification. Il y a une clarification. C'est pire qu'avant. C'est la responsabilité des forces politiques.
Comme dans toute grande démocratie et des groupes parlementaires. Les Françaises et les Français ont dit quoi ? Il y a une colère. Il y a des choses qui ne nous vont pas. Je reviendrai, on va parler du fond et de ce qu'il faut faire pour le pays. Et ils ont dit on veut que vous travailliez ensemble à toutes ces forces qui se sont mis d'accord au deuxième tour. Ensuite, la clarification de la fin de semaine dernière elle est assez simple. Le nouveau Front Populaire avait un candidat. Il n'a pas été élu. Et donc, contrairement à ce qu'on nous dit depuis des semaines,
André Chassaigne à l'Assemblée nationale.
Monsieur Chassaigne qui est un élu de la République depuis de nombreuses années, tout à fait estimable, un élu communiste, il n'a pas eu la majorité. Et au troisième tour, c'est Mme Ronne-Pivet qui a été élu. Ce qui montre très clairement qu'il serait faux de dire que le nouveau Front Populaire a une majorité quelle qu'elle soit dans cette Assemblée.
Même en arrivant en tête assez législative, Monsieur le Président.
Alors, le parti qui est arrivé en tête assez législatif, c'est le Rassemblement national. Une coalition a ensuite eu plus de voix, mais elle est à 100 voix de la majorité absolue. Et c'est bien ce que je vous dis, c'est que ces partis, les partis de gauche, du centre et de droite, se sont mis d'accord dans l'entre-deux-tours par ces désistements. Les Français, en leur faisant confiance, leur ont dit on a entendu votre message, on ne veut pas que le Rassemblement national gouverne, mais vous allez vous mettre d'accord entre vous. Mais comment on sort de là, Monsieur le Président ? Comment on sort de là ? C'est très simple. Quand est-ce que vous allez appeler un homme ou une femme à Matignon ?
Ce soir, le nouveau Front Populaire que vous évoquiez, qui a donc un programme, qui a donc une candidate depuis ce soir qui s'appelle Lucie Casté, est-ce que vous allez l'appeler demain pour lui dire venez me voir, on va voir si vous pouvez composer un gouvernement ? Le sujet n'est pas là. Un peu ? Non, le sujet n'est pas un nom donné par une formation politique. L'exemple que nous venons d'avoir avec Monsieur Chassaigne a d'ailleurs dit tout cela. C'est un candidat tout à fait estimable, expérimenté, et il n'a pas eu la majorité, il n'a pas été élu au perchoir à la présidence de l'Assemblée nationale.
Et donc, la question n'est pas un nom, la question c'est quelle majorité peut se dégager à l'Assemblée pour que un gouvernement de la France puisse passer des réformes, passer un budget, et faire avancer le pays. Et donc, dans ce contexte, je vais essayer de vous dire comment je vois le chemin. Moi, ce que j'attends aujourd'hui des forces politiques, c'est qu'elles soient à la hauteur de ce qu'elles ont fait dans l'entre-deux-tours. Toutes les forces politiques qui se sont mises d'accord pour ces désistements. Mais ce n'était pas la même chose, c'était un barrage. Non, pardon, ce n'est pas un programme commun.
Ce n'est pas un programme commun, mais personne, l'enseignement, c'est que personne ne peut appliquer son programme commun. Et donc, ne peut appliquer son programme qui soit commun ou pas, pardon. Et donc, c'est d'ailleurs la promesse qui a été faite dans l'entre-deux-tours politique. On dit aux Français, au fond, nous sommes capables de nous entendre parce qu'on ne veut pas que le Rassemblement National gouverne. Et c'est comme si, le jour d'après, chacun reprenait ses billes et disait, non, non, non, non, moi, je vais faire tout mon programme, rien que mon programme. Aucun d'entre eux ne peut le faire.
Ni le Nouveau Front Populaire, ni la majorité sortante, c'est-à-dire Ensemble pour la République avec le Modem au horizon, ni la droite républicaine.
Mais on va prendre un instant, M. le Président, si vous voulez bien.
Au bout de ce raisonnement, ce que les Français européennes font, qui n'est pas dans notre tradition, mais qui est, je le crois, ce que nos compatriotes attendent, parce que c'est être à la hauteur du moment et des responsabilités que les Françaises et Français ont données à ces partis. C'est de sortir, en quelque sorte, de leurs évidences. C'est de savoir faire des compromis, ce n'est pas un gros mot. Et de se dire comment on se met d'accord ensemble sur les choses qui sont importantes et accessoires chez chacun d'entre nous. Et de se dire on va voter ensemble des textes là-dessus, on va voter ensemble un budget et on va essayer d'avancer.
Alors, je vais vous donner un exemple concret. Aujourd'hui, par exemple, LFI a fait une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites. Le Rassemblement National a dit qu'elle voterait cette loi. Là, si on additionne les deux blocs, ça fait une majorité, M. le Président.
Est-ce que vous avez le sentiment ? Oui, mais c'est une bonne question que vous devez poser à la France Insoumise. La France Insoumise, d'ailleurs, pour répondre encore plus explicitement à votre question, elle-même samedi s'est déclarée comme toutes les formations de nos fonds populaires dans l'opposition à l'Assemblée Nationale. Elle a demandé la présidence de la Commission des Finances parce qu'étant la première force d'opposition. En disant que s'ils sont au gouvernement, ils la rendraient. Donc, on marche sur la tête, ce n'est pas sérieux. On marche sur la tête, M. le Président. Chacun doit prendre ses responsabilités.
Et donc, par rapport à ce que vous dites, je n'ai pas le sentiment que la France Insoumise, quand elle a parlé à ses électeurs, elle a dit je vais voter des textes avec le Rassemblement National pour le pays. Ce n'est pas ce qui a été dit. Donc, on s'en sort en étant tous au niveau des responsabilités qui sont les nôtres. Quand est-ce que vous appellerez un Premier ministre ? Est-ce que ça sera avant la fin de l'été, avant la fin des Jeux ? Je vais répondre aux deux questions. On s'en sort, chacun en prenant ses responsabilités. La responsabilité des groupes parlementaires, c'est de savoir bâtir des compromis et de sortir des évidences.
Sinon, et je le dis très clairement, sinon, ils auront trompé les Françaises et les Français. Ils ont dit aux Français entre deux tours de cette élection de manière inédite on va se désister les uns pour les autres. On n'est pas pareil. Mais aujourd'hui, vous avez des dizaines de députés socialistes qui ont été élus avec des voix de droite et du centre. Vous avez des dizaines de députés du centre élus avec des voix de droite et de la gauche. Ça, c'est le constat. Pardon de vous reposer la question. Non, mais ça oblige. Ce n'est pas un constat. C'est une responsabilité qui est la leur. Et donc, je les enjoins de travailler ensemble. C'est ce que les Français veulent.
Et je suis le garant de cela. Et donc, je leur demande de travailler ensemble durant cet été. Ensuite, le choix...
Tout l'été, M. le Président ?
De le travailler durant les semaines qui viennent. Ensuite, ma responsabilité, c'est d'être le garant du vote des Français et d'assurer la stabilité au pays. Vous avez un gouvernement qui a préparé ces Jeux. Notre responsabilité, c'est que ces Jeux se passent bien, d'accueillir les athlètes, d'accueillir le monde, d'un grand événement et d'avoir pour nos Jeux olympiques et paralympiques les meilleures conditions. Et donc, j'ai choisi la stabilité. Le gouvernement en charge des affaires courantes avec des ministres qui ont eu un engagement remarquable sur ce sujet sous l'autorité du Premier ministre, eh bien, ils seront aux affaires courantes durant les Jeux. C'est normal.
Jusqu'au 8 septembre ? Dès que je le pourrai. En tout cas, il est clair que jusqu'à la mi-août, nous ne sommes pas en situation de pouvoir changer les choses parce qu'on créerait un désordre. Et tout le monde... Donc, c'est ça ce que j'appelle cette trêve. Ensuite...
Donc, elle n'est qu'olympique, elle n'est pas paralympique, la trêve, M. le Président.
Écoutez, je ne rentrerai pas dans ces détails. D'abord, parce que les Jeux olympiques et paralympiques, c'est un tout et c'est aussi important pour nous. Et je le dis ici avec beaucoup de force. Ma volonté, c'est dès qu'on le pourra, prendre les décisions pour le pays. Et donc, de manière évidente, jusqu'à la mi-août, on doit être concentré sur les Jeux. Et puis, à partir de là, en fonction de l'avancée de ces discussions, c'est ma responsabilité de nommer un Premier ministre ou une Première ministre et de lui confier la tâche de constituer un gouvernement et d'avoir le rassemblement le plus large qui lui permette d'agir et d'avoir la stabilité.
Donc, des ministres de droite, des ministres de gauche, des ministres de tous bords ? La logique. Quelle est pour vous la limite de cette coalition et quel est le plus petit dénominateur politique commun ? Par exemple, la réforme des retraites, est-ce qu'elle peut être mise en cause ? La hausse du SMIC, est-ce que c'est un sujet ? L'urgence du pays n'est pas de détruire ce qu'on vient de faire, mais de bâtir et d'avancer. De quoi, me semble-t-il, a besoin le pays et que nous ont dit nos compatriotes ? Notre pays, il a besoin de continuer à être plus fort et plus juste.
Et quand je regarde les choses autour de nous, les chiffres, ils ont encore été donnés par l'OCDE pour les pays développés ces derniers jours, la France est l'un des pays où la quantité de travail par habitant est la plus faible. On n'a pas besoin de continuer à la réduire. On a besoin de continuer à créer de la richesse, à avancer. À cet égard, les réformes faites ces dernières années, elles sont importantes pour l'indépendance du pays, pour avoir sa force productive. Donc, il faut continuer de réindustrialiser, d'avoir de la compétitivité, d'être le pays le plus attractif d'Europe. Ce qui est notre fierté depuis cinq ans, c'est le fruit de ce travail.
Donc, ça, il faut le consolider en même temps qu'on a beaucoup réinvesti sur nos armées, nos forces de sécurité intérieure, notre justice, notre école, notre centre. Mais ça, c'était avant quand vous aviez une majorité. C'est tout à fait vrai, mais je pense que ça, c'est bon pour le pays tout court. Après, nos compatriotes nous ont dit nous, on veut que vous alliez plus loin, collectivement, aux décideurs publics. Nous, on a besoin que vous alliez beaucoup plus loin sur la sécurité, une justice plus ferme, une sécurité, qu'il s'agisse des incivilités du quotidien aux multirécidivistes, beaucoup plus ferme, beaucoup plus nette, plus rapide, plus efficace.
Les mineurs violents, on veut que vous réagissiez plus nettement. L'immigration, vous ne la maîtrisez pas assez bien. Les 13 propositions du pacte de LR, ça vous va par exemple ? Mais il y a une partie... Mais tout ça montre déjà un chemin qui a été fait en 15 jours. Et donc, ça va dans la bonne direction à mes yeux. Et ça permet d'aller vers quelque chose et il faut que toutes les forces, encore une fois, qui ont travaillé ensemble dans l'entre-deux-tours, fassent collectivement d'eux-mêmes. Mais les Français nous ont dit qu'on a besoin d'avoir une réponse plus ferme sur les questions de sécurité et de justice. Et de l'autre côté... Donc vous êtes plutôt Xavier Bertrand que Lucie Casté.
Non, attendez. De l'autre côté, les Français nous ont aussi dit qu'on a un problème d'accès aux services publics. Même si on a fait beaucoup de choses, je pourrais ici vous les défendre depuis 7 ans. Ils nous disent qu'on n'a pas encore nos rendez-vous pour le médecin suffisamment rapidement. On a un problème d'accès à la santé qui existe encore sur nos territoires. On a encore en effet des services publics qui ne sont pas à la hauteur de ce qu'on voudrait et on ne vit pas assez bien du travail. Et ça, c'est ressorti quand même très nettement. Et donc nous devons aller plus loin à cet égard.
Il appartiendra au gouvernement et aux responsables politiques qu'ils soutiendront de faire des propositions. Donc au fond, c'est un peu comme ça que je vois les choses. Les éléments qui rendent la France plus forte, plus juste, qui ont été bâtis ces dernières années, il me semble que la priorité n'est pas de revenir en arrière. Par contre, il faut entendre ce que les Français nous ont dit sur plus de fermeté, plus de sécurité, et plus de justice, plus de simplicité, débureaucratiser et mieux vivre de son travail.
Est-ce que vous avez aussi entendu la colère que les Français ont exprimée aussi en 2017 lorsque vous avez été élu, vous avez été élu sur une promesse de réconciliation et sur un front national, un rassemblement national qui devait baisser. Sept ans plus tard, M. le Président, c'est pas totalement ça le bilan ?
Non, c'est vrai. Et ils vous en veulent les Français, vous le savez. Écoutez, j'en prends ma part et de toute façon, je dois l'assumer. Partout en Europe, les extrêmes montent. Partout. La France n'a pas l'exclusivité de cela et elle a pu gagner dans certains pays européens ces dernières années. Elle monte dans des pays où elle était très marginale, beaucoup plus que chez nous, comme en Allemagne ou ailleurs. Et donc, c'est un phénomène qui dit le malaise des sociétés occidentales et en particulier européennes. Moi, je salue l'esprit de responsabilité des Français qui, néanmoins, ont décidé de ne pas confier au Rassemblement National et à l'extrême droite les responsabilités.
Mais c'est pour ça que je vous le redis ce soir. La responsabilité des forces politiques qui ont contribué à ce barrage est immense. Elle est immense. Parce que les Français ne feront pas deux fois ce chèque. Pas deux fois. Et ça, c'est une responsabilité qui est dans la main.
C'est pour ça que vous faites le front républicain. ce sera fini pour vous ?
Mais écoutez, il y a 11 millions de nos compatriotes qui ont envoyé un message clair et qui est aussi un message d'adhésion. On doit d'abord le respecter. Vous l'avez dit, je le partage dans les instances, en particulier à l'Assemblée. Monsieur le Président. Donc, on doit répondre aux causes qui ont suscité ce vote. Mais derrière, la responsabilité, c'est que toutes les forces politiques qui ont dit nous, on sait s'entendre pour pas qu'ils gouvernent, mais qu'elles le fassent. Et pas qu'elles reviennent au monde d'avant, si je puis dire. Bon, parce que ça, ce ne serait pas à la hauteur. Après, je pense que ces sept dernières années, on a fait beaucoup de choses.
On a baissé le chômage à un niveau inédit. On a réindustrialisé le pays, ce qui était un des grands échecs français. On l'a re-rendu attractif. On a rendu une France plus forte en Europe. Et on a eu une Europe plus forte. Et donc, il y a beaucoup de choses. Mais je dois le dire ici avec beaucoup d'humilité. Je pensais très sincèrement qu'en commençant à régler la question du chômage de masse, eh bien, on réconcilierait la France avec elle-même. Ça n'est pas suffisant. Monsieur le Président, juste avant de passer... Et donc, moi, je pense que c'est une chose. D'ailleurs, plus personne n'a parlé de chômage pendant cette campagne. Alors, ça me pourrait dire... Il faut dire qu'elle était rapide.
Oui, mais même... Plus personne... D'ailleurs, dans les débats, plus personne ne propose rien sur le chômage. Or, on n'a pas fini le travail. Mais ça montre quand même qu'on a ses résultats. Par contre, maintenant, la priorité, ça doit être de continuer à libérer et protéger. Mais il faut unir. Monsieur le Président, juste avant de passer au sport, deux questions très rapides, s'il vous plaît. Est-ce que vous pensez qu'une nouvelle dissolution est inévitable dans un an ? Et est-ce que vous vous êtes posé ou vous vous poserez, si ça peut débloquer les choses, la question de votre démission ? Non, moi, je suis... Vous savez, républicain. Les Françaises et les Français m'ont confié un mandat.
Je l'ai sollicité pour la deuxième fois. Ils me l'ont confié pour la deuxième fois. Je l'assumerai dans sa plénitude. Jusqu'au bout ? Bien sûr. Et ensuite, mon souhait, c'est la stabilité pour le pays. Je vous ai dit, j'ai décidé de cette dissolution en mon âme et conscience avec beaucoup de gravité parce que l'Assemblée ne correspondait plus à la société et parce qu'une majorité à l'Assemblée avait annoncé qu'elle ferait une motion de censure à l'automne. Si les forces qui peuvent dégager une majorité veulent la stabilité, il n'y aura pas d'autre dissolution.
Et ma volonté, c'est plutôt qu'on avance et qu'on ait pour trois ans, pour cinq ans même, parce que le mandat a été confié aux parlementaires pour cinq ans, une chambre qui puisse avancer et décider des réformes pour que le pays soit plus fort, soit plus juste, répondre aux colères et aux demandes de nos compatriotes dans le respect de chacun. Vous savez, il faut plus de respect, d'écoute mutuelle. C'est ça aussi que veulent nos compatriotes.
Réunir les Français, c'est aussi pour ça que la France a été candidate à l'organisation de ces Jeux Olympiques il y a dix ans maintenant. Monsieur le Président, on a parlé du défi sécuritaire de cette cérémonie. À l'intérieur, il y a un autre défi. ce sont les Israéliens, la délégation israélienne qui est arrivée dans le plus grand secret sur notre territoire. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui ne comprennent pas la différence de traitement avec les athlètes russes, par exemple, qui ne pourront pas participer à cette cérémonie d'ouverture ?
Parce que la situation est profondément différente. Israël a répondu à une attaque terroriste du 7 octobre, celle du Hamas. Et nous avons tous condamné cette attaque, son caractère terroriste, le droit d'Israël à se défendre. Elle mène depuis lors des attaques que nous avons aussi condamnées à Gaza. Et la France fait partie des premiers pays en Europe qui ont demandé le cessez-le-feu. Et nous pensons que la réponse, elle est politique. Donc nous, nous condamnons pour autant. Ce n'est pas une guerre d'agression. Et après, c'est simple, nous sommes le pays haut de ces Jeux.
Mais depuis le premier jour que nous avons obtenu la confiance en septembre 2017 du comité international olympique, j'ai toujours dit c'est le mouvement olympique qui décide.
Et c'est le CIO qui a décidé
que les Russes défileraient sous Badi
et ne défileraient pas.
Vous faites bien de le rappel. Et à un moment, la question s'est posée, rappelez-vous, il y a un an, il y avait des débats parce que certaines fédérations étaient pour que les Russes puissent venir. Moi, j'ai toujours dit c'est le CIO qui décidera. Et nous, on ne fait pas de politique avec les Jeux. Et donc, je veux le dire ici,
on va s'envoler.
Les athlètes israéliens sont les bienvenus dans notre pays. Ils doivent pouvoir concourir sous leurs couleurs parce que c'est ce que le mouvement olympique a décidé. Ils le feront. Et la responsabilité de la France, c'est d'assurer cette sécurité. Et je condamne avec la plus grande fermeté tous ceux qui, en quelque sorte, font courir un risque à ces athlètes et implicitement les menaces. Oui, c'est inadmissible. C'est inadmissible. Est-ce que Benyamin Netanyahou sera là vendredi à la cérémonie d'ouverture ? Je ne crois pas qu'il ait confirmé sa présence. Je crois comprendre qu'il est aux Etats-Unis et qu'il sera au Congrès. Et donc...
Et s'il venait, est-ce qu'il serait le bienvenu en France ? S'il venait, il serait accueilli comme un Premier ministre de l'État d'Israël et il serait accueilli comme chacune et chacun, il serait le bienvenu. Avec nos désaccords. Et ils sont profonds. Mais avoir des désaccords, essayer de trouver des solutions utiles, ça ne veut pas dire que pour autant, on rend toutes les relations. Voilà. Donc moi, je continue. Je suis en profond désaccord avec le Premier ministre Netanyahou. Je suis très attaché à la sécurité de l'État d'Israël. Mais je suis aussi très attaché à la solution des deux Etats et à ce qu'il y ait un cessez-le-feu. Car ce qui se passe à Gaza aujourd'hui est inadmissible.
Ce qui se passe d'ailleurs aujourd'hui dans tous les territoires occupés.
Une cérémonie d'ouverture, c'est aussi l'image d'un pays renvoyé au monde entier. Il y aura plus d'un milliard de téléspectateurs qui vont assister et regarder à travers le monde cette cérémonie. Quelle image de la France allons-nous renvoyer vendredi soir ? Quelle philosophie ? Quel récit, Monsieur le Président ? On sait que les auteurs, par exemple, ont dit qu'on voudrait de la joie, on voudrait de l'humour et surtout pas de leçon de morale et d'arrogance qui est parfois un peu français. Est-ce que vous partagez ça ?
Non. D'abord, la France, elle va accueillir des athlètes dans des jeux qui sont les jeux les plus durables de l'histoire. On a divisé par deux les émissions de CO2. Les jeux les plus inclusifs, les jeux les plus paritaires, totalement paritaires. Pour la première fois. Pour la première fois. Et donc, on va accueillir le monde. C'est une immense fierté. Donc, c'est une France accueillante. Ensuite, c'est une France audacieuse. Avoir l'audace d'organiser cette cérémonie d'ouverture sur la scène comme on l'a fait. Aucun pays ne l'avait tenté avant. C'est une France fière ensuite de son histoire, de son récit. Et le long de la scène, je ne veux rien dévoiler, mais on aura...
On aura des artistes
du monde entier et de la France, d'immenses artistes de variétés classiques qui vont dire un peu d'une histoire française qui est une histoire universelle.
Donc, il y a Nakamura, mais aussi Céline Dion, par exemple, qui est arrivée à Paris cet après-midi. C'est un hasard, évidemment.
C'est formidable. Est-ce qu'elle participera à la cérémonie, Céline Dion ? Maintenant, on peut se le dire, là où on est maintenant. Ce serait une formidable nouvelle parce que c'est une immense artiste et je serais immensément heureux si elle pouvait être à cette cérémonie d'ouverture comme tous nos compatriotes. On la refait sans conditionnel ? Non, mais je ne vais rien dévoiler parce que je pense que ce que Thomas Joly, avec toutes ses équipes, ont préparé, il y a aussi de la surprise. Elle n'est pas là pour faire les soldes. On est d'accord, Céline Dion.
Elle aime Paris, certes.
Je ne suis pas responsable de son âge. Mais peut-être vendredi soir. Mais ce serait formidable. Non, mais au-delà de ça, le récit, je veux saluer aussi toute l'équipe des auteurs qui ont accompagné et puis tout le travail qu'a fait Tony Estanguet et son équipe, celle du comité d'organisation, c'est que cette cérémonie d'ouverture, elle va raconter notre histoire et elle va raconter, vous savez, ce qu'est notre pays. Et moi, je crois qu'on ne donne pas de leçons, comme vous dites. Mais la France, elle est toujours elle-même quand elle fait quand même des choses assez singulières.
Et on ira de la Bastille, même avant, ça commencera au pont d'Austerlitz, mais on parlera de notre histoire révolutionnaire mais qui a quand même éclairé aussi le monde et qui a été très tumultueuse. Jusqu'ici au Trocadéro où a quand même été inventée la Déclaration universelle des droits de l'homme et quelque chose qui a profondément changé le XXe siècle d'après la Deuxième Guerre mondiale. Et dans notre pays qui est parcouru de tellement de fractures qu'il faut regarder en face, qui disent des choses très profondes et respectables, la France et son identité, c'est aussi cela. Son identité, c'est un grand récit d'émancipation, de liberté.
Et vous savez, je vais vous dire, moi je suis très fier qu'on soit une démocratie vivante qui a su tenir des élections inédites, qui ressort avec un paysage politique inédit, des responsables qui vont devoir s'élever au-dessus d'eux-mêmes, nous tous, et qui va se voir organiser des jeux uniques. C'est ça la France. Et donc c'est une France vous n'avez pas une vision un peu accueillante, un peu idyllique de la situation. J'imagine les oppositions qui vous regardent, qui vous écoutent, qui doivent se dire mais on ne vit pas dans le même monde avec Emmanuel Macron. Mais pourquoi ?
Parce que c'est le bazar à l'Assemblée, parce qu'il n'y a pas de gouvernement, parce qu'il n'y a pas de perspective. Mais il y a un gouvernement en charge des affaires courantes qui sera là. Il y a des forces politiques qui sont le fruit de la confiance des Français et de leur vote, qui doivent donc être à la hauteur de leurs responsabilités. Et donc, je ne suis pas du tout idyllique. Je dis juste, c'est nous. Soyons fers de ça, soyons à la hauteur des événements et donc on va être à la hauteur de ces jeux. Et vous savez, ces jeux, c'est une bonne métaphore de la situation politique. On a été ensemble en juillet 2017 à Lausanne convaincre. On a eu les jeux en septembre 2017.
Si je raisonnais comme tout le monde aujourd'hui, je vous dirais impossible d'organiser des jeux avec une maire de Paris qui est élue socialiste, avec une présidente de la région Île-de-France qui est élue de droite et un président qui a une force du centre. On l'a fait. Donc c'est le modèle pour l'Assemblée en fait. Non mais pardon, quand les gens, quand les responsables politiques, quels que soient leurs désaccords du moment, se disent c'est l'intérêt du pays.
Mais pour ça, il faut avoir un intérêt supérieur. Les jeux olympiques étaient un intérêt supérieur.
Et vous ne croyez pas que la vie des Français, c'est un intérêt supérieur aussi beau que les jeux. Moi je crois. Et donc, je dis juste, chacun s'est élevé au-dessus. On a travaillé en harmonie avec un mouvement olympique, un mouvement sportif que je veux saluer qui a été exemplaire. J'ai salué Tony mais je veux saluer les différents présidents et présidentes du comité national olympique et paralympique français. Et puis, toutes les collectivités locales à Paris, en Seine-Saint-Denis, à Marseille, à Tahiti, à Lille.
Avec ce parcours de la flamme qui a été une réussite populaire incroyable sur tous les territoires. Je voudrais quand même qu'on parle un peu des sportifs. Mais il faut ! parce que c'est leur fête, c'est leur moment. C'est la fête du pays. Vous avez raison
de parler de la flamme parce que depuis le 8 mai dernier, la flamme est arrivée à Marseille sur le Bel-Ème. Elle a parcouru la France entière avec un enthousiasme qu'on a vu partout. Et c'est ça. Et cette flamme, elle ne s'éteindra pas le jour d'après.
Alors, je voudrais vraiment qu'on parle des sportifs. D'abord, le dernier bateau qui s'élancera, ce sera le bateau, évidemment, de l'équipe de France. C'est la plus grande délégation qu'on ait jamais alignée sur des Jeux Olympiques. La deuxième en nombre derrière la team US. Deux petites questions. D'abord, sur les portes-drapeaux qui ont été choisies par l'équipe de France elle-même. Mélina, Robert-Michon, la disco-ball et Florent Manodou, le nageur. Est-ce que vous aussi, vous auriez fait ce choix ?
Je ne vais pas commencer à rentrer. J'ai déjà suffisamment de choix à faire.
Ils vont en tout cas. Ils sont magnifiques.
J'ai assez de choix à faire. Je connais l'un et l'autre. Vous avez utilisé votre joker sur Céline Dion. Il n'y en a plus. Non, écoutez, les deux sont des très grands athlètes avec, je crois aussi, un record de participation.
Pour Mélina, ça sera ses septièmes.
C'est incroyable. Donc oui, je pense que c'était assez peu contestable. De toute façon, je trouve que c'est formidable que ce soit fait par le choix des athlètes entre eux. Et puis après, j'ai compris qu'il y avait aussi des choix qui seraient faits pour les derniers porteurs de Slam.
Là, il y a eu une élection qui n'a fait aucun débat.
Il y a eu moins de débats, c'est sûr. Quel est l'objectif pour l'équipe devant ? Tony Estanguet disait le week-end dernier qu'il faut être dans le top 5. C'est assez ambitieux ou pas ? Écoutez, je voyais les pronostiqueurs britanniques qui sont souvent assez bons. Top 3, ils ont dit. Oui, alors là, ils nous mettent la pression.
27 médailles d'or, ce qui serait pulvériser le record d'Atlanta, qui était à 15.
Moi, j'ai mis la pression après les derniers Jeux à Tokyo. C'était mon travail. Il y a eu honnêtement que le Donesta, toutes ses équipes, ont fait un travail extraordinaire.
ce qui est à la tête de la haute performance.
Exactement, de la haute performance. On a aussi investi ces sept dernières années comme la France ne l'avait jamais fait. C'est-à-dire, on a réinvesti sur les entraînements, l'accompagnement de nos sportifs de haut niveau, leur revenu, leur stabilité. On avait tellement d'athlètes de haut niveau avant qui étaient sous le seuil de pauvreté. Il n'y en a plus à ces Jeux. Et donc, on a fait beaucoup de réformes pour eux. On a investi sur la haute performance. Claude, ses équipes ont continué. On va avoir là, justement, une maison juste au village olympique qui va permettre à nos athlètes de s'entraîner dans les meilleures conditions juste à côté de l'endroit où ils vivent.
Quelques pays autres l'avaient fait, on ne l'avait jamais fait à ce niveau. Donc, on a fait le maximum.
C'est l'avantage maison.
C'est l'avantage maison, exactement. Mais après, pas de pronostic. Non, il faut qu'on soit dans le top 5.
Les Jeux paralympiques, peut-être ? Parce que quand même, est-ce qu'ils vont susciter autant d'intérêt de votre part, Monsieur le Président, de l'État français ? L'accessibilité, on ne va pas se mentir. Vous aviez employé une expression un jour, vous aviez dit je ne peux pas dire que c'est un échec, on va dire que ça n'a pas marché. C'est un peu ça quand même pour l'accessibilité, malheureusement. Parce que c'est au-delà des sportifs, bien sûr, c'est d'immenses champions qui vont s'engager. Mais c'est aussi la vie de millions de Français qui ont des difficultés colossales à se déplacer dans la ville. Qu'est-ce que vous répondez à ça pour les Jeux paralympiques ?
D'abord, je veux vous dire que les Jeux paralympiques, et je l'ai dit depuis le premier jour, pour nous, c'est aussi important que les Jeux olympiques. Et donc, je serai présent à la cérémonie d'ouverture de clôture à plusieurs épreuves. On a aussi une délégation record côté français et on aura une cérémonie d'ouverture inédite aussi pour nos Jeux paralympiques à la place de la Concorde. Et qui a été aussi conçu par Thomas Jolie et ses équipes et qui sera, je peux vous dire, incroyable. Ensuite, vous avez raison de le dire, moi, j'aurais voulu qu'on fasse beaucoup plus. On a fait le constat tous ensemble. Pourquoi ?
Parce qu'on a des transports aussi en commun qui sont une force parce qu'ils ont été conçus bien avant les autres, qui ont un maillage qui est inédit mais dont une bonne partie compte tenu de son caractère historique a des problèmes d'accessibilité. Le niveau des investissements n'était pas faisable là. Concrètement, ça veut dire qu'une personne handicapée qui veut aller voir des épreuves ne peut pas y aller en métro aujourd'hui à Paris ? Oui, mais il y aura des solutions pour tout le monde. Et ça, ça fait partie de ce que les organisateurs ont conçu.
Et je veux aussi remercier l'ensemble des collectivités engagées, la région, la métropole et la ville parce qu'il y a un très gros travail qui a été fait collectivement. Mais ce qui compte aussi, c'est le 9 septembre, le 10 septembre et tous les mois et les années derrière. On a démontré des choses qui auront aussi un caractère irréversible. On a amélioré l'accessibilité. Tout ce qu'on a fait en infrastructure de transport qui sera dans l'héritage de ces jeux, le RERE, la ligne 14, j'ai ouvert il y a quelques semaines la station Pleyel qui va permettre en Seine-Saint-Denis de raccorder encore mieux ces territoires. Là, l'accessibilité est au rendez-vous.
Ensuite, on a mis en place des systèmes de bus, de taxis aussi accessibles et ça, il faut qu'on le garde après. Et donc, il y a aussi un héritage dans l'accessibilité. Et ensuite, il y a un investissement, ça fait partie de ce que je me suis engagé à faire au Conseil National du Handicap il y a plusieurs mois. Il y a un investissement de la nation qui doit continuer dans la durée et de s'engager aux côtés des commerces, parce que c'est beaucoup que là, ça se joue. C'est les commerçants, c'est les artisans, c'est le quotidien où il faut aider parfois aussi des professionnels qui n'ont pas les moyens de faire les investissements à améliorer l'accessibilité et le faire avec les collectivités.
C'est un effort qui continuera après ces Jeux. Monsieur le Président, on arrive dans le temps additionnel ? Oui, parce que vous m'avez fait une transition en parlant de l'inclusivité. Je veux dire pour tous nos compatriotes qui nous écoutent, évidemment, ces Jeux, ce sera la cérémonie d'ouverture, les cérémonies d'ouverture. Ce sera la France qui accueille, ce seront des médailles et nos sportifs et on est à fond derrière eux. Mais c'est aussi un héritage. C'est-à-dire que grâce aux Jeux, depuis 7 ans, on a fait rentrer le sport à l'école, les 30 minutes de sport quotidien en primaire, les 2 heures de plus au collège et on n'est pas au bout de la bataille parce qu'on doit encore continuer.
On part de très loin. On n'est pas du tout un pays de sport par rapport à nos voisins. Vous avez raison.
On est moins parfois que d'autres, même si je ne serai pas aussi pessimiste que vous, ça dépend des sports. Mais on a construit le sport à côté de l'école. Là, dans l'héritage de ces Jeux, il y aura ça. Le sport maintenant est rentré à l'école. Pourquoi ? Parce que c'est un formidable facteur pour améliorer l'apprentissage. C'est un formidable instrument pour la confiance des élèves et pour lutter contre une des épidémies rampantes du siècle pour nos jeunes, l'obésité. Donc ça, je veux que ce soit irréversible et on va le faire tous ensemble. Ensuite, on a créé 5000 infrastructures sportives dans nos villes, partout en France et on va continuer d'en créer.
Il y a un programme de 5000 additionnels avec nos villes et je salue tous les maires qui ont fait un effort formidable mais là aussi dans nos écoles, dans nos collèges, dans nos lycées. On a complètement transformé certains de nos paysages et de nos villes. On a recréé des ponts sur la Seine grâce aux JO. On a créé des stations de métro. On a créé au village olympique plus de 3000 logements et des bureaux qui resteront. Tout ça, c'est pérenne. On a recouturé le territoire et on l'a fait avec ce qui a été le plus grand chantier de création d'habitation et de bureau d'Europe dans un temps record. Et ça, c'est la leçon des jeux pour moi aussi.
Vous savez que le temps additionnel, ce n'est pas la troisième étape. Quand tous les gens nous disent qu'on ne peut pas créer assez vite de logements, quand il y a un intérêt supérieur de la nation, on sait le faire. Appliquons la recette des jeux au pays le jour d'après. Savoir se mettre d'accord pour l'intérêt supérieur, savoir faire vite, bien et fort. Les jeux, c'est une leçon de vie. Dernière question ?
On est d'accord ? C'est Marie-José Péret qui va allumer la vasque.
Écoutez, moi ça fait partie des athlètes qui ont été parmi mes plus beaux et mes plus grands souvenirs
de jeu.
Je suis d'accord. Maintenant, je ne veux pas mettre plus de pression à Tony. Je veux saluer ce soir Tony. Vous le savez ? Il vous l'a dit ou pas ? Qui allumera la vasque ? C'est Tony Estanguet qui le dira en temps voulu. Est-ce que vous le savez ? C'est Tony Estanguet qui le dira en temps voulu. On a une relation de confiance donc je ne trahis pas sa confiance. Non, mais je ne vous demande pas de la trahir. Mais il y a d'immenses champions qui seront là, y compris des champions qui seront en compétition. Oui. Pédi Riner et plusieurs autres, olympiques, paralympiques, qui je pense seront dans les derniers porteurs. On le sait bien.
Et même des grandes stars internationales, monsieur le Président.
Mais il y a des grandes légendes. Je pense que Marie-Jo, c'est clair que... On sent que vous votez Marie-Jo quand même. Il y a un petit... Et puis je trouve que dans ce moment-là où la France se réunit, nos territoires ultramarins ont quand même une place inédite. Voilà, c'est la grande école d'athlètes de nos territoires ultramarins. Il y aura la vague dans le Pacifique. A Thiopo. Ce ne serait pas bête qu'il y ait la dernière porteuse de flammes dans les Caraïbes, non ? Non, non, non. Il nous embrouille. Il nous embrouille. Merci beaucoup, monsieur le Président. Non, je ne vous embrouille pas du tout. Je vous dis que je suis fier d'être là.
Je vous dis que j'ai confiance dans tous ceux qui l'ont organisé et que c'est le moment de nos athlètes et qu'il faut leur laisser ce moment-là. Et ça va être un moment de plaisir partagé qui va faire du bien au pays. On va à nouveau être enthousiastes et unis. Le pays, on a besoin. Voilà. Mais n'oublions pas ces leçons des jeux que j'évoquais.
Là, on est sur les cireaux buts carrément. Merci, monsieur le Président.
Laurent Louillat est arrivé pour nous prendre le relais. Bonsoir.
Interview du Président de la République en direct sur les antennes de France Télévisions et de Radio France que vous avez pu suivre à l'instant pendant une grosse demi-heure, quasiment 40 minutes, avec la directrice des Sports de Radio France Nathalie Iannetta et le journaliste de France Télévisions Thomas Soto pour l'interroger. Le Président de la République Maxence Lambrecq, vous êtes toujours avec nous. Service politique de France Interne, nous sommes également toujours avec Virginie Martin, politologue qui était avec nous juste avant la prise de parole du Président de la République qui a commencé par ses mots Maxence Lambrecq.
Vendredi, va s'ouvrir une nouvelle page mais il ne parlait pas de la vie politique française puisqu'il a annoncé ensuite pas de changement, pas de nouveau gouvernement jusqu'à la mi-août.
Et oui, il se donne du temps, il se donne quasiment plus de trois semaines au-delà des Jeux Olympiques qui se termineront le 11 août. Il fixe la mi-août pour une nouvelle échéance pour refaire le point, voir si une majorité peut être constituée, peut être trouvé un nouveau candidat pour Matignon et balaye d'une phrase la candidature du nouveau Front Populaire émise ce soir, celle de Lucie Casté en disant que le sujet n'est pas là. Emmanuel Macron veut une parenthèse pour les Jeux Olympiques.
Il referme cette page qu'il a lui-même ouverte et considère que le temps n'est pas à une nomination d'un gouvernement puisque Gérald Darmanin, par exemple, ministre de l'Intérieur sortant, a été très impliqué dans la préparation et que c'est à lui, finalement, de porter les enjeux sécuritaires de ces Jeux.
Il reconnaît tout de même que, je le cite, la majorité sortante a perdu cette élection.
Oui, c'est la première fois en effet que le Président emploie ce terme.
La défaite de son camp, il la reconnaît, mais l'histoire n'est pas finie et quand on le pousse à chercher les sujets de consensus, il va sur son programme et finalement, il répète presque le discours de politique générale de Gabriel Attal de janvier dernier en parlant de débureaucratisation, de simplification, d'un travail qui doit mieux être rémunéré, d'une plus grande fermeté, d'une lutte contre l'immigration plus forte, enfin bref, tout un programme qui ne ressemble pas du tout à celui de Lucie Casté et du Nouveau Front Populaire, en fait, une sorte de centre-droit et donc c'est bien au centre-droit qu'il espère trouver un jour un compromis alors qu'évidemment, on le sait, les voix de LR plus les voix de sa majorité sortante ne suffiront pas à une majorité absolue.
Il a été interrogé le Président de la République sur cette annonce donc faite en fin de journée des partis qui composent le Nouveau Front Populaire de proposer aux fonctionnaires qui travaillent actuellement pour la mairie de Paris, Lucie Casté d'être donc la candidate de la gauche pour Matignon, Virginie Martin, il a évacué le sujet extrêmement rapidement le Président de la République avec cette formule « Le sujet n'est pas là ». Fin de citation.
On a l'habitude de dire depuis sept ans que souvent, Emmanuel Macron s'est formidablement bien enjambé les sujets quand ça les gêne ou qu'il veut les ignorer. Là, ça a été d'une rapidité telle que l'éclair. Lucie Casté était dans toutes les bouches à 20h. Trois quarts d'heure après, on dirait qu'elle a eu ses cinq minutes de gloire et le Président a balayé ça extrêmement vite. certainement trop vite parce qu'évidemment, le nouveau Front Populaire va certainement rétorquer qu'ils ne veulent pas de trêve, etc. C'est très important. Après aussi, son raisonnement, c'est de dire si nous, nous avons perdu, c'est vrai, ça vient d'être dit, les autres n'ont pas gagné pour autant.
Et finalement, il retravaille avec une analyse du vote, il retravaille à la légitimité des partis politiques en lice. Et finalement, il dit qui est légitime. Finalement, tout le monde tire sa légitimité d'une opposition commune au RN et c'est là-dedans, c'est dans ce creuset qu'il faut aller chercher ce gouvernement à venir. Donc, il change un peu, vous voyez, il change de lumière en fait et il cornerise quelque part un petit peu le nouveau Front Populaire qui ne va évidemment pas manquer de réagir, c'est bien normal.
Plusieurs réactions politiques ce soir, et bien notamment de la France Insoumise. Bonsoir Aurélie Trouvé.
Bonsoir.
Députée France Insoumise et donc nouveau Front Populaire de Seine-Saint-Denis, le président de la République qui vous appelle aux compromis, c'est la responsabilité des groupes parlementaires de bâtir des compromis. Comment vous accueillez cette demande ?
Eh bien, ce que je vois, c'est que le président de la République est toujours dans le déni et en l'occurrence dans un déni démocratique puisque nous avons eu des élections législatives le 7 juillet. Le 7 juillet, le nouveau Front Populaire est devenu la première force de l'Assemblée nationale et a gagné donc ses élections législatives avec un programme de rupture avec la politique d'Emmanuel Macron en effet. Et en fait, le président fait comme si les gens n'avaient pas voté.
Donc nous sommes 16 jours après le vote, nous avons toujours le même gouvernement, la même politique en place et il utilise maintenant les Jeux olympiques et il instrumentalise les Jeux olympiques pour faire comme si ce vote n'avait pas eu lieu. Et j'ai envie de dire que c'est terrible pour la démocratie.
Que comptez-vous faire ? Vous comptez attendre fin août, mi-août, l'échéance mi-août plutôt, l'échéance donnée par le président de la République pour remettre ce nom sur le tapis. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Finalement, le président de la République, il est libre ou pas d'appeler votre candidate Lucie Casté à Matignon ?
Eh bien, comme vous le voyez, d'abord nous sommes au rendez-vous puisque nous proposons une première ministre et nous attendons évidemment du président de la République qui la nomme, en l'occurrence Lucie Casté, qui est garante de ce programme du nouveau Front Populaire, garante aussi d'un programme qui change la vie des gens, bien sûr. Et ce que nous lui disons aussi, c'est que les gens, en tout cas, continuent de souffrir, si vous voulez. Ils parlent de trêve politique, mais enfin, il n'y a pas de trêve pour la souffrance des gens. Les gens continuent à souffrir.
Ils n'ont pas le temps d'attendre l'augmentation du SMIC de 200 euros comme nous le portons et comme nous voulons faire dès les premières semaines. Ils n'ont pas le temps d'attendre qu'on remette à flot enfin l'école et les hôpitaux publics. Il est temps aussi que nous abrogions la retraite à 64 ans et que nous redonnions ces deux ans de retraite volés aux Français. Il est temps d'agir. Nous, nous sommes prêts à gouverner puisque nous sommes la première force de l'Assemblée nationale. Maintenant, il est temps que le président de la République sorte de ce déni démocratique.
Et vous allez déposer une proposition de loi pour revenir et abroger cette réforme des retraites. Merci à vous. Vous l'avez annoncé ce matin. C'est Mathilde Panot qui l'a annoncé ce matin sur Inter. Merci Aurélie Trouvé en direct sur Inter ce soir, députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Autre réaction du Rassemblement National. Bonsoir Edwige Diaz.
Bonsoir.
Députée RN du département de la Gironde. Même question pour vous. Emmanuel Macron qui annonce que ce gouvernement va rester en poste jusqu'à la mioute. Est-ce que vous comprenez le discours du chef de l'État ce soir ?
De toute façon on n'attendait pas autre chose de la part d'Emmanuel Macron. Il n'a tiré aucun enseignement des élections européennes de sa défaite. Là il ne tire aucun enseignement de sa défaite aux élections législatives. Il joue la montre puisqu'au lendemain des élections législatives il a présenté sa lettre aux Français. Ensuite il a indiqué qu'il nommerait un Premier ministre en fonction des résultats des élections du bureau de l'Assemblée nationale et maintenant il prétexte la présence des Jeux Olympiques pour retarder encore sa décision.
Est-ce qu'il devrait appeler à Matignon la candidate sur laquelle s'est mise d'accord ? Ce soir se sont mis d'accord les partis de gauche selon vous ?
Je vais vous répondre qu'ils se débrouillent entre eux. Pourquoi ? Parce qu'ils ont été très amis les macronistes et les candidats du nouveau front populaire quand il fallait se désister les uns au profit des autres pour essayer de faire barrage au Rassemblement national. Donc il n'a qu'à s'arranger avec ses faux ennemis mais surtout ses meilleurs amis pour redonner un cap à la France. En tout cas moi ce que je vois ce soir c'est qu'Emmanuel Macron n'a pas tiré l'enseignement principal c'est que je pense qu'il ne se rend pas compte le degré de détestation qu'il a atteint dans la population.
Je rappelle qu'il bénéficie seulement de 25% en matière de cote de confiance et ce soir il a annoncé qu'il n'envisageait pas de démissionner. Donc je pense que son interview qui a peut-être été pas tellement suivie en tout cas qui n'a pas fait beaucoup de bruit dans la journée je pense que les quelques personnes qui ont dû regarder son interview doivent être très déçues d'apprendre qu'Emmanuel Macron non malgré le bourbier dans lequel il a placé la France a décidé de s'accrocher au pouvoir et de ne pas démissionner.
D'ici là est-ce que des choses peuvent avancer ? Proposition de loi déposée ce matin par annonce de dépôt de proposition de loi pour abroger la réforme des retraites est-ce que vous voteriez ce texte proposé par la France Insoumise Edwige Diaz au RN ?
Oui mais c'est pas comme ça qu'il faut prendre la question. Là Mathilde Panot ce matin a lancé un effet d'annonce. Les candidats du nouveau Frop populaire avaient promis à leurs électeurs que s'ils arrivaient en tête des élections législatives ils abrogeraient dès cet été la réforme d'Emmanuel Macron. Donc ils sont en train de faire la démonstration qu'ils ont menti aux Français donc là ils essayent de se raccrocher aux branches et de dire qu'ils ont déposé une proposition de loi. Alors une proposition de loi comment ça se passe ? Il faut que la mettent à l'ordre du jour. Donc vous voyez c'est pas pour tout de suite on n'a pas de date non plus.
Et par contre ce qu'il faudra poser comme question aux collègues du nouveau Frop populaire c'est qu'il y a une fenêtre de tir. Cette fenêtre de tir c'est le 31 octobre. C'est le jour de la niche parlementaire du Rassemblement National. Et nous au Rassemblement National nous allons mettre à l'ordre du jour l'abrogation de la réforme d'entraide d'Emmanuel Macron. Donc c'est-à-dire le groupe politique qui a la possibilité de proposer aux autres groupes politiques de se positionner clairement sur la réforme d'entraide c'est le Rassemblement National. Mais d'ici là
si un texte est déposé est-ce que vous le voterez ? Non mais en fait
ça peut être déposé mais tant que c'est pas présenté à l'ordre du jour ça n'est pas votable. Vous voyez ? Donc moi je dis que le 31 octobre le groupe Rassemblement National présentera au sein de sa niche l'abrogation de la réforme d'entraide et donc la question qu'il faudra poser c'est est-ce que les élus du nouveau Frop populaire iront jusqu'à voter l'abrogation de la réforme d'entraide d'Emmanuel Macron si elle est présentée par le Rassemblement National ça nous permettra de mesurer leur degré de détestation de cette retraite.
Merci Edwige Diaz pour cette réaction après l'interview ce soir d'Emmanuel Macron député Edwige Diaz Rassemblement National de Gironde Maxence Lambrec le président de la République a de nombreuses reprises dans cette interview c'était un peu couru d'avance j'allais dire fait le parallèle entre les Jeux Olympiques qui s'annoncent et puis la situation politique du pays appliquer la recette des JO au pays a conclu le chef de l'État.
Oui en disant que Valérie Pécresse Anne Hidalgo et lui-même ont réussi à s'entendre pour organiser ces Jeux même si ça a eu beaucoup de crispations il y a eu beaucoup de bras de fer en coulisses sur l'organisation de ces Jeux Olympiques de fait oui ils ont réussi à organiser un tel événement évidemment diriger un gouvernement ça n'a rien à voir avec organiser des épreuves sportives mais ce qu'on voit ce soir c'est que le brouillard s'épaissit encore finalement puisque Emmanuel Macron espérait à la fin des fins que le nouveau front populaire explose en vol qu'une partie de la gauche s'en détache et que dans quelques semaines au fur et à mesure que le chaos d'une certaine manière en tout cas l'absence de solution se renforce et bien une partie du parti socialiste allait trouver un terrain d'entente et allait discuter avec lui avec une partie de la droite et que finalement un consensus allait être trouvé à la fin de l'été une fois que tout le monde aura saisi l'ampleur du problème bon là c'est pas ce qui se passe du tout ce soir le parti socialiste reste lié au nouveau front populaire propose un nom et donc l'équation se complique puisqu'il n'a pas les forces en présence pour détacher une partie du PS et essayer de construire autre chose
Merci Maxence Lambrec d'avoir été avec nous ce soir pour cette édition spéciale je salue également Virginie Martin qui était en ligne avec nous également professeure de sciences politiques et je vous annonce et je vous redis que demain à 8h20 la candidate du nouveau front populaire pour Matignon Lucie Casté sera donc l'invité de Simon Lebaron sur Inter et je vous remercie
de Simon Lebaron et je vous remercie de Simon Lebaron
Emmanuel Macron