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interviewyoutube.com· 25 août 2025 8 min

Discours de rentrée, vote de confiance… L'interview en intégralité de Marine Tondelier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Merci d'être en direct avec nous en duplex dans cette édition spéciale secrétaire nationale des écologistes. Question très simple, que feront les députés écolos le 8 septembre ?

0:10
Invité

Écoutez, les députés écologistes, je pense que c'est sans surprise, ils n'ont pas confiance dans ce gouvernement, qu'ils ont d'ailleurs censuré à chaque fois qu'ils en avaient l'occasion. On avait dit dès le premier jour du Premier Ministra, comme on dit, de François Bayrou, que si nommer Bruno Retailleau au ministre de l'Intérieur, ça voudrait censure à lui tout seul.

Et non seulement il l'a fait, mais chaque journée depuis nous a donné davantage de raisons de le censurer, dans beaucoup de domaines, mais évidemment vous avez en tête les rescules environnementaux scandaleux, irresponsables auxquels nous avons assisté juste avant les grandes vacances et qui s'apprêtent à continuer dans le budget.

0:47
Présentateur

Mais vous n'essayez même pas de négocier, il n'y a rien à négocier pour vous. François Bayrou dit, on peut s'entendre sur le constat, on verra après pour les mesures à faire, à ne pas faire. Vous, vous ne négociez rien, vous dites, tant pis, le gouvernement doit tomber tout de suite.

0:59
Invité

Non, attendez, ces mesures, il les a données. Il a déjà donné ces mesures en juillet, donc on voit bien sur quoi ça part. Et tout à l'heure, il fait une très très longue conférence de presse pour nous dire tout ce qui est envisageable. Et à aucun moment, à aucun moment, il n'envisage d'aller regarder du côté des recettes. Alors, leçon d'économie de base pour celles et ceux qui n'en ont pas fait, une dette ou un déficit, c'est la différence entre les recettes et les dépenses de l'État. Et puis, déficit après déficit, ça donne une dette. Et donc, quand on veut éviter la dette ou le déficit, on regarde à ce qu'il y a une meilleure adéquation entre les recettes et les dépenses.

Ce qui s'est passé dans le mandat d'Emmanuel Macron, et ce n'est pas moi qui le dis, c'est la cour des comptes, donc c'est très sérieux, voilà, encore plus que les écologistes, il y a eu 40 milliards de cadeaux fiscaux pour les plus riches par an. C'est-à-dire que quand je parle de 40 milliards de cadeaux fiscaux pour les plus riches, je ne compte pas, par exemple, la suppression de la taxe d'habitation, qui a coûté plus de 10 milliards, mais qui, elle, s'est appliquée à tous les Français. Donc, c'est des gens qui n'ont pas besoin de cadeaux parce qu'ils en ont déjà plein les poches et qu'ils ne se sont jamais autant enrichis que sous le mandat d'Emmanuel Macron.

C'est les cadeaux qu'on leur a fait à eux, ce qui était injuste socialement, qui ont aussi été très très dangereux budgétairement. Et donc, là, aujourd'hui, on est dans une situation catastrophique. Il a raison. Je suis d'accord avec lui là-dessus. Mais, par contre, il faut bien se rappeler de comment on en est arrivé là et il remédiait dans ce sens-là.

2:20
Présentateur

Question d'Yves Tréhard. – Marine Tordelier, il y a quelque chose que je ne comprends pas parce que, là, il a exposé sa méthode cet après-midi. Il n'a pas donné de pistes précises. Il a dit, bon, ben, voilà la méthode. Vous êtes d'accord ou pas sur le fait de faire des économies et après, on discute. Ça veut dire que vous êtes fermés à la discussion. Vous êtes fermés au dialogue. Parce que vous auriez tout ce que vous dites là, vous auriez très bien pu le faire valoir. – M. Tréhard, je sais que c'est la légende que vous avez envie. – Vous auriez très bien pu le faire valoir dans un dialogue au Parlement, voyons.

2:49
Invité

– Et M. Tréhard, c'est le récit que vous avez envie d'imposer. C'est votre droit le plus parfait. Mais si je peux me permettre de vous répondre. Premièrement, M. Bayrou, il découvre le parlementarisme. C'est-à-dire que, normalement, il aurait dû demander le vote de confiance en devenant Premier ministre. Il ne l'a pas fait. S'il le demande là aussi tardivement, c'est finalement une forme de démission. Vous le savez, je le sais, le vote interviendra le 8 septembre, deux jours avant les mouvements du 10 septembre, dont il ne sait pas comment ils vont tourner, auquel il ne sait pas répondre. C'est ça qui est en train de se passer.

Mais quant à m'expliquer à moi que ce seraient les écologistes qui bloquent, on va se le dire très clairement, ceux qui bloquent tout, aujourd'hui, sont au gouvernement. Ils ont demandé, en tout cas à leur président de la République, une élection. Ils ont posé aux Français une question très simple. Voulez-vous ou pas changer de cap politique ? Les Français ont répondu de manière très très massive et très simple. Et depuis, tout n'a été qu'obstruction au changement de cap demandé aux Français. Alors m'expliquer à moi ce soir que ce serait un problème d'irresponsabilité des écologistes qui se passe aujourd'hui, c'est fort de café. Ces gens nous gouvernent depuis bientôt 10 ans.

Je ne connais pas beaucoup de Français qui vivent mieux depuis ce moment-là. Si peut-être quelques-uns qui sont au gouvernement ou dans leurs amis très proches, c'est ça qui se passe. Et donc les Français ont le droit d'être en colère, ont le droit de demander que ça change. François Bayrou ne veut pas que ça change. Vous dites, il a fixé des lignes générales, il a proposé d'aménager des dépenses. Oui, c'est bien ça que je vous dis. Nous, nous voulons agir sur le volet des recettes.

Il n'a à aucun moment accepté de regarder ce côté-là, alors que même les rapports de la Cour des comptes démontrent que si nous nous en arrivons là dans le déficit public et donc dans la dette publique, c'est à cause des 40 milliards par an de cadeaux faits aux plus riches.

4:24
Présentateur

Alors, je ne veux bien, mais c'est un peu fort de café. Marine Tondelier, question de Marie Chantret en plateau également pour vous.

4:33
Marine Tondelier

Bonsoir Marine Tondelier. Aidez-nous à décrypter l'Olivier Fort dans le texte. Le socialiste n'est pas toujours très clair. Il dit ce soir à nos confrères de TF1, le PS ne votera pas la confiance au Premier ministre. Mais il ne dit pas que le Parti socialiste votera contre. Comment comprenez-vous les propos ce soir d'Olivier Fort ? Est-ce que vous dites qu'ils voteront avec vous finalement contre le Premier ministre ? Ou on est dans la subtilité peut-être de l'abstention du Parti socialiste ?

5:05
Invité

Alors premièrement, je vous souhaite la bienvenue à BFM parce que je l'ai appris là en direct que vous travaillez maintenant à BFM. Deuxièmement, écoutez, ce n'est pas moi qui vais me faire l'interprète. Franchement, voilà, il y a des priorités au direct toutes les minutes aujourd'hui. Donc deuxièmement, ce n'est pas à moi de traduire les propos d'Olivier Fort, mais ce que je peux vous dire, c'est que le Parti socialiste, comme le Parti écologiste, comme le Parti communiste, sont des partis d'opposition au gouvernement. Et que quand on est dans l'opposition au gouvernement, oui, on ne vote pas la confiance. C'est bizarre de dire on vote contre la confiance. On ne vote pas la confiance.

Pas voter la confiance, ça ne veut pas dire tergiverser et s'abstenir. J'ai entendu beaucoup de responsables du Parti socialiste ce soir dans beaucoup de médias dire clairement que ce sera un vote contre. J'étais moi-même en réunion avec d'autres responsables du PS qui m'ont dit aussi que ce sera un vote contre. Donc voilà, je ne vois pas comment ça se profile autrement.

5:51
Présentateur

J'ai encore une question, Marine Tondelier. L'étape d'après, est-ce que vous considérez qu'il faut désormais, si le gouvernement tombe, dissoudre l'Assemblée nationale ?

6:02
Invité

C'est cocasse parce que normalement, on dissout quand on considère que l'Assemblée nationale n'est plus légitime. Mais l'Assemblée nationale est très légitime. Ceux qui ne sont plus légitimes, c'est le gouvernement et voire le président de la République. Donc vous voyez, il va falloir regarder tout ça sereinement. Mais nous, ce que nous disons avec nos partenaires politiques, c'est que nous sommes prêts à gouverner ce que les Français ont demandé dans les urnes le 7 juillet dernier. Alors on peut me dire, oui, tout ça a été compliqué. Est-ce que tout ça aurait duré ?

Écoutez, avec ses arguments, puisque Emmanuel Macron avait fait de l'obstruction tout l'été pour finir par nommer quelqu'un de son camp, c'est ce que j'appelle dans son langage par le gaulois réfractaire, il a tenté, il a même tenté deux fois, et c'est deux échecs. Alors est-ce qu'il continue dans le même sens en klaxonnant, ou est-ce qu'enfin, il se rattrape au moins démocratiquement, en nommant quelqu'un issu des rangs de la force politique qui a gagné les législatives, comme l'aurait fait n'importe quel dirigeant dans n'importe quel pays d'Europe qui fonctionne démocratiquement ? Ça avait beaucoup choqué à l'époque.

On nous a dit que c'est parce que notre gouvernement, soi-disant, ne tiendrait pas. Bon, ben, on aurait pu au moins nous en laisser l'occasion. Les deux autres n'ont pas tenu. Pour moi, c'est vers là qu'il faut retourner. Et en tout cas, je vous le redis, nous sommes prêts. J'entends les leçons de responsabilité, d'irresponsabilité, etc. Ceux qui nous gouvernent depuis des années nous ont amenés là. Ils n'ont plus de solution. Ils ont eu des politiques environnementales qui s'approchent de l'écocide. Tout ça est en plus extrêmement injuste socialement. Donc voilà, je ne vois pas beaucoup d'autres solutions que celles que je vous propose ce soir. Il faut nous laisser gouverner.

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