Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 juin 2024 25 min

Législatives, propos d'Emmanuel Macron... Le 8h30 franceinfo d'Éric Zemmour et Jean-François Copé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Eric Zemmour, les programmes des deux extrêmes mènent à la guerre civile, c'est ce que dit Emmanuel Macron dans un entretien, il parle de guerre civile, qu'est-ce que vous en pensez ?

0:14
Éric Zemmour

Ecoutez, je l'écoute avec un petit sourire ironique, parce que moi quand je parlais de guerre civile, tout le monde me disait, et les journalistes en premier, mais alors c'est parce que vous la favorisez, vous la souhaitez, vous vous souvenez. Moi je pense que ce ne sont pas les programmes des extrêmes qui mènent à la guerre civile, comme il dit, c'est le fait d'avoir laissé rentrer depuis 20 ans, 30 ans, et avec une accélération sous Emmanuel Macron, 500 000 entrées légales, des gens qui pour beaucoup n'ont pas nos mœurs, n'ont pas notre culture, et qui de plus en plus veulent l'imposer au pays.

0:56
Présentateur

Ce n'est pas ce qu'il dit Emmanuel Macron, il dit la guerre civile des programmes des extrêmes, il parle parce qu'elle renvoie les gens ou à une religion ou à une origine, c'est en ça que l'extrême droite divise et qu'elle pousse à la guerre civile.

1:10
Éric Zemmour

Je vous dis, c'est ce qu'il dit, moi j'emploie ce mot depuis très longtemps, parce que je pense que quand on a deux peuples qui s'érigent sur le même sol, on court inéluctablement à la guerre civile. Vous parlez de deux peuples ? Deux peuples, je parle depuis longtemps de deux peuples. Mais c'est qui ? C'est les français et les autres ? Les français et le peuple islamo-gauchiste qui est porté aujourd'hui par Jean-Luc Mélenchon, vous savez, puisque vous attaquez directement sur ce sujet. Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a dit, les français de souche posent un problème de paix civile à la France. Les français de souche.

Il a dit ça il y a quelques jours, je vous transmettrai volontiers l'intervention que j'ai évidemment sur mon téléphone. Vous voyez que là, on en est à l'aboutissement du grand remplacement. C'est-à-dire que non seulement il y a un grand remplacement, mais en plus, on estime que le fait pour les français de souche, dont je précise, je ne suis pas, et qui de ne pas vouloir être minoritaire sur leur propre sol, pousse à la guerre civile.

2:10
Présentateur

On va vérifier cette information parce qu'on n'a pas...

2:12
Éric Zemmour

Je vous prête mon téléphone quand vous voulez.

2:14
Présentateur

On va parler des législatives, parce qu'avec Reconquête, vous présentez 330 candidats. Le Rassemblement National a refusé de s'allier avec vous. Qu'est-ce que vous dites à un électeur de droite nationale ou d'extrême droite qui se demande à quoi vous, Éric Zemmour, vous, Reconquête, vous pouvez servir dans cette élection puisqu'il y a déjà des RN partout ?

2:33
Éric Zemmour

Je lui dis deux choses. Je lui dis d'abord, nous servons à dire la vérité, toute la vérité. Nous disons la vérité sur l'esclat, nous disons la vérité sur le grand remplacement, nous disons la vérité sur la dette, nous disons la vérité sur l'école. Je considère que nous sommes les seuls à dire cette vérité-là.

2:53
Présentateur

Le RN ment, du coup ?

2:54
Éric Zemmour

Je ne dis pas que le RN ment, je dis que le RN ne dit pas toute la vérité comme nous et que nous avons cette utilité-là. Deuxièmement, nous, j'ai pris soin, justement, pour répondre à ces électeurs qui veulent l'unité à juste titre, puisque moi-même, je l'ai réclamé depuis 30 ans, même quand j'étais journaliste, j'étais le seul, vous vous souvenez, à condamner le fameux cordon sanitaire. Et aujourd'hui, on voit qu'il est en train de s'effondrer. J'ai demandé au RN une alliance qu'il a refusée. Marion Maréchal elle-même est allée demander et le RN lui a refusé.

Donc à partir de là, nous devions, si vous voulez faire selon deux principes, le premier existait, c'est pour ça que nous avons présenté 330 candidats, mais sans empêcher, pour répondre à la question de votre électeur, c'est pour ça que nous n'avons présenté que 330 candidats, pour éviter, justement, dans les 247 autres circonscriptions, qu'il y ait un empêchement pour un candidat du camp national, comme on dit, d'être au second tour.

3:56
Présentateur

Vous avez présenté des candidats reconquêtes face à des candidats RN ?

3:59
Éric Zemmour

Non, non, pas du tout. Il y a aussi des candidats... Mais vous savez, il y a des endroits où le RN est plus faible que nous. Ça existe. Et puis, il y a des endroits où il n'y a pas de risque. Et puis, il y a tout simplement des endroits...

4:09
Présentateur

Du coup, Nicolas Bay, que vous avez exclu, dit que vous avez agi comme ça pour préserver votre petite boutique.

4:16
Éric Zemmour

Nicolas Bay est un spécialiste. Il passe de boutique en boutique. Donc, moi, si vous voulez, je me bats pour mes idées. Je me bats pour mes convictions. Tout le monde le sait. Donc, si vous voulez, je ne répondrai même pas. Allons-y sur les idées. Je continue simplement. Nous avons 330 candidats et nous avons des candidats de grande valeur. Vous n'y êtes pas allés, pourquoi, d'ailleurs ? Comment ? Vous n'y êtes pas allés, vous. J'ai dit au tout début, dans le cadre des négociations, que si ma personne était un obstacle à cette union avec le RN et avec LR, parce que moi, j'approuve la démarche de M. Ciotti, et avec LR, je pouvais me retirer...

Mais dès lors qu'il n'y avait pas d'alliance, pourquoi ne pas y être allé ? Parce que, vous savez, ça se fait dans l'urgence, tout ça. Donc, évidemment, après, je me dis, je dis, je n'y vais pas, je n'y vais pas. Non, mais la crainte, ce n'était pas de perdre, tout simplement ? Mais en l'occurrence, ça n'a aucune importance. J'ai perdu en juillet, en juin 2022, de 800 voix. Voilà, je n'en suis pas mort. La défaite, ça fait partie du jeu.

5:10
Présentateur

Alors, vous disiez, parce que le temps tourne, que vous étiez là pour défendre vos idées. Et sur France Info, on entend toutes les idées. Et votre programme, notamment, votre programme d'urgence, qui tient en cinq mesures, rétablissement des frontières. Ça veut dire, on sort de l'espace Schengen, on sort de l'Europe, donc ?

5:26
Éric Zemmour

Ah non, on ne sort pas de l'Europe. Vous savez, il y a des pays qui ne sont pas dans Schengen et qui sont dans l'Europe. Mais je voudrais donner mes cinq mesures, d'abord. Avant tout, pour bien faire comprendre... On va aller prendre une pari de suppression. On va aller vite. Un, rétablissement des frontières nationales. Deux, suppression de toutes les allocations sociales aux étrangers. Les allocations sociales de solidarité, évidemment. Je rappelle, par exemple, c'est votre question de tout à l'heure, que Reconquête est le seul parti, je dis bien le seul, à proposer cela. Puisque le Rassemblement National, lui, donne les allocations sociales de solidarité aux étrangers. On va y revenir.

Troisième mesure, interdiction du voile. Quatrième mesure, baisse, suppression de la CSG pour les basses salaires, pour permettre à ses salariés d'avoir un 13ème mois, une sorte de 13ème mois, et baisse du taux de l'impôt sur les sociétés de 25% à 15%. Et cinquième mesure d'urgence, instauration immédiate à la rentrée des classes de niveau au collège et au lycée.

6:15
Présentateur

Allons-y sur la première des mesures. Contrôle aux frontières comme avant. Vous dites aux travailleurs français frontaliers qu'ils vont se faire contrôler tous les matins, tous les soirs ?

6:25
Éric Zemmour

Vous savez, les travailleurs frontaliers, comme vous dites, il y a des moyens modernes aujourd'hui pour qu'ils ne soient pas contrôlés matin et soir. Il y a, vous savez, on passe au péage et il y a une carte magnétique et on passe immédiatement. Vous l'avez fait, on l'a tous fait. Donc ils feront la même chose et on passera très vite et ils ne seront pas spécialement contrôlés. Maintenant, vous savez, les frontières, tous les pays en ont. Il faut arrêter avec ça. Quand vous allez aux Etats-Unis, il y a des frontières. Quand vous allez en Algérie, il y a des frontières.

6:50
Présentateur

Sauf que vous connaissez les règles de l'Union Européenne. Éric Zemmour, selon l'accord, seule une menace grave pour l'ordre public ou pour la sécurité intérieure peut justifier la suspension de Schengen.

7:01
Éric Zemmour

Eh bien, j'estime que nous sommes en urgence, mais urgente urgence. Si j'ose m'exprimer ainsi, je veux dire par là que, je le répète, nous sommes en voie de destruction. Notre pays, je le répète depuis des années, maintenant le Président de la République parle à son tour de guerre civile, ça ne tombe pas du ciel, ça ne tombe pas de programme politique, ça tombe de fondamentaux beaucoup plus profonds, qui sont l'émergence de deux peuples sur les mêmes sols. Et le nouveau Front Populaire n'est que l'incarnation politique et personnelle de ce nouveau peuple islamo-gauchiste, je vous l'ai dit tout à l'heure.

Donc, si vous voulez, l'affrontement est inévitable si on n'arrête pas cette immigration folle. Et pour arrêter cette immigration folle, il faut restaurer des frontières physiques.

7:45
Présentateur

Je ne suis pas sûr que nos voisins européens l'acceptent, parce qu'il y a l'histoire aussi de la circulation libre des marchandises. Schengen, ce n'est pas que la circulation libre des personnes.

7:53
Éric Zemmour

Je rappelle que Nicolas Sarkozy, en 2012, pendant la campagne de 2012, proposait déjà ce retour des frontières et la renégociation de Schengen. Donc, nous proposons la même chose. Il n'a pas pu le faire, il a été battu.

8:06
Présentateur

L'une de vos mesures, vous l'avez dit, c'est l'interdiction du voile islamique dans la rue. Comment vous faites concrètement ? Il y aura des contrôles ?

8:11
Éric Zemmour

Il y aura des contrôles. Vous savez, on a interdit aux gens de sortir pendant un an de Covid. On leur a dit comment s'asseoir dans un café, être resté debout ou pas assis. Franchement, c'est...

8:21
Présentateur

Donc, on va voir dans la rue, Éric Zemmour, des policiers qui vont contrôler des jeunes femmes, ou des femmes plus âgées, parce qu'elles portent le voile.

8:28
Éric Zemmour

Absolument. Elles auront une amende.

8:29
Présentateur

Et elles auront une amende.

8:30
Éric Zemmour

Absolument.

8:31
Présentateur

Comment vous faites la distinction entre les différents voiles ?

8:33
Éric Zemmour

Je ne fais pas la distinction. Le voile islamique est interdit. Point.

8:36
Présentateur

Il y a différentes manières de le porter. Il y a le voile catholique. Oui, d'accord, mais je ne parle pas du chien d'or. Il y a des femmes aussi, pardon, qui mettent un voile sur la tête parce qu'elles peuvent avoir un cancer et elles ne veulent pas avoir montré la tête nue. Il va y avoir une police du voile.

8:50
Éric Zemmour

Je compte sur le sens des policiers qui sauront très bien faire la distinction. Ce n'est pas le sujet. Vous savez, l'interdiction du voile dans l'espace public, c'est simplement pour bien montrer que nous ne sommes pas un pays islamique et que nous n'allons pas islamiser la rue et que la religion est à la maison. Ce ne sont pas les signes religieux. La kippa, par exemple ? La kippa, moi, je vais vous dire. Alors là, vous touchez un sujet très simple puisque moi, j'ai été élevé dans la religion juive et que ma mère m'interdisait de garder la calotte, comme on dit à l'époque. Mais ça, c'est un choix personnel. Non, non, ce n'est pas personnel. C'est un choix personnel.

Non, cher monsieur, non, cher monsieur, ce n'était pas un choix personnel. C'était la laïcité à la française. On savait très bien, nous, que la laïcité à la française, ça voulait dire pas de religion dans l'espace public.

9:32
Présentateur

Et donc, vous dites aux juifs de France, pas de kippa dans la rue.

9:34
Éric Zemmour

Je leur dis, mais je leur dis depuis 30 ans.

9:38
Présentateur

Juste, vous savez que c'est contraire à la constitution. Est-ce que vous proposez sur le voile islamique ?

9:41
Éric Zemmour

Ce n'est pas du tout contraire à la constitution, cher madame. Ici, puisqu'elle garantit. Attendez, attendez. C'est important ce que vous dites. Non, c'est très important.

9:46
Présentateur

La mesure serait retoquée par le conseil constitutionnel.

9:49
Éric Zemmour

Ce n'est pas la même chose. Vous avez raison et vous avez tort. Ce n'est pas contraire à la constitution. Le général de Gaulle et Michel Debray n'ont jamais entendu écrire ça dans la constitution. En revanche, c'est que le conseil constitutionnel, depuis des décennies, a érigé une jurisprudence qui, sous prétexte d'articles dans la déclaration des droits de l'homme dont on fait dire absolument ce qu'on veut, et qui n'était une déclaration philosophique, qui n'avait aucune intention d'être du droit juridique positif, La jurisprudence du conseil constitutionnel a érigé un mur qui interdit, en vérité, de se défendre contre le grand remplacement. Nous devons faire tomber ce mur.

10:24
Présentateur

Une dernière question, puisque l'heure tourne. Vous avez sans doute vu la séquence d'envoyé spécial, Eric Zemmour, qui a beaucoup tourné. On voit une femme lunette soignante noire qui assure être victime régulièrement de cris de singes, d'insultes, comme Bonobo. La voisine qui est mise en cause lui dit devant la caméra, on fait ce qu'on veut, on est chez nous, va à la niche. Marine Le Pen dit que ce n'est pas forcément du racisme. Est-ce que c'est du racisme, selon vous ?

10:46
Éric Zemmour

Écoutez, je n'ai pas vu cette séquence. Vous ne l'avez pas vue ? Je n'ai pas vue. Je vous le dirai si je l'avais vue. Je ne l'ai pas vue. Deuxièmement, si c'est ça, c'est de la bêtise et du racisme, je le dis, aujourd'hui, il ne faut pas prendre un élément unique par rapport à la règle générale. Aujourd'hui, la vérité, c'est que ce sont les Français de souche qui sont agressés en permanence, ce sont les Français blancs qui sont insultés, ce sont les bolos, comme on dit, qui sont agressés. Ce n'est pas fréquemment que les gens, les racisés, comme on dit, les gens de l'immigration arabo-musulmane sont agressés. C'est plutôt l'inverse. Donc il faut arrêter de faire croire...

Il n'y a pas de racisme en France. Comment ? Il n'y a pas de racisme en France. Il y a un racisme anti-Français et anti-Blanc. Et il y a, vous savez, des meurtres innombrables, les Lola, les Thomas, vous savez, eux, ils étaient Français et Blancs, et ils ont été massacrés par des gens de l'immigration arabo-musulmane.

11:41
Présentateur

Éric Zemmour, je précise d'ailleurs, puisque c'était sur votre propre compte X, les propos de Jean-Luc Mélenchon, je les cite précisément, « Ceux qui s'appellent Français de souche posent un sérieux problème à la cohésion de la société ». Et voilà exactement la citation. On est précis. Merci d'avoir retenu. Et c'était au cours d'un meeting le week-end dernier. Merci Éric Zemmour d'avoir été sur France Info ce matin. Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Et un deuxième invité dans ce 8.30 France Info, c'est Jean-François Copé. Bonjour. Bonjour. Maire les Républicains de Maud, ancien patron de l'UMP, devenu LR, ancien ministre de Nicolas Sarkozy.

Est-ce que, comme Emmanuel Macron, vous craignez la guerre civile en France face au programme des extrêmes ?

12:22
Jean-françois Cope

J'ai une différence avec lui, c'est que moi je considère que c'est la décision qu'il a prise, qui de manière inéluctable ne pouvait que conduire à une accumulation des tensions, à une radicalisation des positions, vu les conditions absolument lamentables dans lesquelles se déroule cette campagne. Nous avons en tout et pour tout deux semaines pour inviter les Français à choisir le destin de notre pays. Je parle avec gravité de tout ça, parce qu'un président de la République tout seul a pris une décision irresponsable.

12:53
Présentateur

Mais il dit avoir entendu la colère des Français, il dit aussi que la manière de gouverner doit profondément changer. Vous le croyez ?

12:59
Jean-françois Cope

Ça fait combien de fois qu'il le dit depuis 2017 ? Il n'arrête pas de le dire. Tous les six mois, on nous annonce qu'il a compris qu'il fallait changer la manière de gouverner. De toute façon maintenant le lait est renversé, nous sommes tous confrontés à une décision historique pour la France et je vois malheureusement tous les jours la montée en puissance des deux extrêmes et nous qui essayons depuis des années de proposer une politique responsable face à des sujets extraordinairement difficiles. Nous avons le plus grand mal à convaincre nos concitoyens que tout ce qui a été fait, et rien n'est parfait, permet de préserver un pays face au désordre du monde.

13:39
Présentateur

Et justement Jean-François Copé, les législatives elles sont cruelles. Oui parce que le mode de scrutin favorise toujours les deux ou trois premiers. Tout se passe comme si LR aujourd'hui était déjà quasiment effacé. Les Républicains d'ailleurs ont annoncé avoir saisi le Conseil d'État en référé pour être invités au débat de ce soir sur TF1. Il y a Gabriel Attal, Jordan Bardella, Manuel Bompard. Pourquoi insister alors que l'ARCOM a déjà refusé de mettre TF1 en demeure ?

14:01
Jean-françois Cope

Bon écoutez je ne sais pas, ça c'est la décision des instances du parti. Moi je crois que le problème malheureusement il n'est même plus là. LR depuis des années poursuit sa descente aux enfers compte tenu des choix qui ont été faits. Mais vous vous savez je ne les ai pas approuvés. Pour autant il y a une minorité, une majorité, je n'étais pas majoritaire.

14:18
Présentateur

Mais vous êtes en train de vous dissoudre vous aussi ?

14:20
Jean-françois Cope

Mais ça fait un certain temps vous savez. Mais c'est un autre sujet. Là tout de suite je vais vous dire, pardon mais le problème il n'est même plus de savoir ce qu'il en est de la situation des Républicains. Et aujourd'hui pour une raison simple, nous avons des candidats des Républicains qui se battent hyper courageusement partout où c'est possible. J'en porte témoignage à mot dans des conditions terribles. Parce que nous avons des candidats d'extrême gauche et d'extrême droite qui sont extraordinairement brutaux. Dans leur comportement, dans leurs propos. Ce que j'entends notamment de l'extrême gauche dans certaines circonscriptions est incroyable.

Et puis je suis effaré surtout des programmes que j'entends. Aussi bien du Rassemblement National que des Mélenchonistes. C'est effarant, effarant de voir leur programme en particulier économique.

15:05
Présentateur

Vous avez beau dénoncer les programmes de chaque parti, on n'arrive pas à vous définir, à comprendre la spécificité des Républicains. Entre l'ERN et Renaissance, on a l'impression que vous-même vous n'arrivez pas à exister. Et dans le fond, qu'est-ce qui vous différencie véritablement du REN ? On se rappelle d'Éric Ciotti qui avait dit « pas de différence avec le REN à part notre capacité à gouverner ».

15:28
Jean-françois Cope

Ben c'est pas vrai. Là-dessus vous dites quoi aux électeurs qui disent « il y a quelle différence entre les deux ». Mais là on peut répondre. Quand vous avez le Rassemblement National qui annonce qu'il va baisser la TVA sur les carburants, qu'il va revenir sur la réforme des retraites, qu'il propose plus de 20 à 25 milliards de dépenses publiques sans jamais proposer une économie. C'est pas avec ça qu'on remet de l'ordre dans les comptes. Quand il ne propose rien sur la lutte contre le trafic de drogue, qui est le premier sujet, c'est le maire de mots qui vous le dit, rien sur le trafic de drogue. Il ne va donc pas remettre de l'ordre dans la rue.

Lorsqu'il dit que la manière de régler le problème à l'école, c'est d'expérimenter l'uniforme et de virer des élèves qui sont récalcitrants. Ben on le fait déjà. Et c'est pas avec ça qu'on a remis de l'ordre dans l'école. Loin s'en faut. Ou remettre le vouvoiement. Bon, je suis désolé, ça ne va pas suffire pour l'ordre à l'école. Et enfin, je suis désolé, sur ces sujets-là, c'est là qu'on voit les énormes différences. Et nous, nous proposons effectivement une politique qui n'a rien à voir avec tout ça. Alors elle est moins spectaculaire, mais elle doit se faire dans la durée.

Et ce que j'ai reproché à Emmanuel Macron, c'est que le en même temps fait qu'il n'a rien fait pour personne parce qu'il a gouverné au centre. Et quand j'entends Éric Ciotti dire que rien ne le choque dans ce qu'il a vu du programme RN, c'est pas vrai. C'est pas possible que ça ne le choque pas. Il est libéral. Il est libéral. Je le sais en économie. Donc en réalité, il avale son chapeau comme toujours. Il est le premier à le faire. Comme tous ceux qui vont s'allier avec le Rassemblement National et qui vont pour un portefeuille ministériel, pour un poste, pour je ne sais quoi, vont faire croire qu'ils sont d'accord avec des propositions. Mais la question est-ce que c'est raisonnable ?

C'est pour Renaissance.

17:04
Présentateur

Parce qu'on a entendu ce qui vous distingue, y compris d'ailleurs, si j'ai bien compris, sur le régalien du Rassemblement National. Mais c'est inefficace. Mais sur l'économie, qu'est-ce qui vous distingue de Renaissance, enfin d'ensemble ?

17:15
Jean-françois Cope

On n'est rien de spécial. Et pour cause, puisque... Enfin, écoutez... Mais du coup, c'est ça. Mais ce que vous appelez Renaissance, c'est parce que moi je m'y perds, c'est le truc de... C'est le parti de Macron. C'est camp présidentiel, ouais. Oui, c'est ça. Et ses alliés. Non, parce que tous ces trucs, c'est des trucs de gens qui savent ce que c'est que la politique. Ils nous ont donné des grandes leçons. Ensemble pour la République. C'est la dénomination du camp présidentiel dans cette législative. Alors, qu'est-ce qu'il vous dit ? Vous savez, moi j'aime bien RPR, UMP, je comprends ce que c'est. Mais le passage, le marcheur... L'UMP a changé beaucoup de nom.

Non, honnêtement, on est beaucoup plus cohérents là-dessus. On a d'autres défauts, mais pas celui-là. Donc, simplement là-dessus, ce qui nous distingue, ça dépend. Quand Emmanuel Macron fait des mesures de gauche pour plaire aux bobos, on n'est pas d'accord. Quand il fait des mesures de droite qui correspondent à ce qu'on peut souhaiter pour moderniser l'économie, pour attirer, par exemple, les investisseurs de la tech, quand il s'agit de moderniser notre pays en faisant le choix enfin du nucléaire, on est d'accord. Voilà. Donc, ça veut dire

18:08
Présentateur

qu'il y a une configuration politique, on ne sait pas encore ce qui va sortir des urnes le 7 juillet au soir, mais dans laquelle des élus, les républicains, peuvent entrer au gouvernement dans une forme de coalition avec ce qui est actuellement la majorité présidentielle ?

18:23
Jean-françois Cope

C'est une blague. Mais vous pensez que Macron va gagner, là ? Non, mais attendez, arrêtez. Le sujet, il n'est pas de savoir si on va faire une coalition avec Macron. Le sujet, il est surtout de sauver la France dans une situation qui est catastrophique. Enfin, écoutez, vous savez, moi, j'ai une petite expérience des campagnes électorales. Celle-ci est la pire que j'ai jamais vécue parce que je vois le toboggan infernal. Je vois comment, de part et d'autre, il est acquis y compris dans les groupes de presse, qu'on va défendre totalement l'extrême-gauche ou totalement l'extrême-droite. On raconte n'importe quoi.

On met sous le tapis les insuffisances évidentes, pour ne pas dire les propositions scandaleuses, des deux extrêmes pour essayer de montrer que tout ça est parfaitement vivable. Alors, du côté de l'extrême-gauche, on dit qu'il faut empêcher le fascisme. Du côté de l'extrême-droite, on dit qu'il faut empêcher le trotskisme. Génial ! Mais c'est vraiment tout ce qu'on ne voulait pas voir. Vous considérez

19:13
Présentateur

que les jeux sont faits, qu'il y aura une chambre ingouvernable ou une majorité rassemblement insérable. Voilà, exactement. Mais la question est de savoir si vous êtes clair.

19:21
Jean-françois Cope

Mais écoutez, on va arrêter de faire de la langue de bois. Racontez n'importe quoi. Aujourd'hui, le sujet, il n'est pas que les macronistes vont prendre la majorité absolue. Ils n'ont même pas été capables de le faire en 2022. Le sujet, il est de dire aux Français ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Essayez de voter pour le maximum de députés LR ou de députés modérés pour éviter que la France se trouve bloquée pour des années dans des processus de violence. À vous entendre, c'est déjà fait. À vous entendre, c'est déjà fait. Ce n'est pas que c'est déjà fait.

C'est que je dis aux Français jusqu'au dernier jour, posez-vous cette question des conséquences dramatiques de l'arrivée au pouvoir d'un parti extrémiste. C'est quand même dans ce pays qui est politisé au possible où les Français connaissent leur histoire. C'est maintenant qu'il faut leur dire attention, le risque est là pour vos enfants.

20:11
Présentateur

Jean-François Copé, vous aviez dit après le ralliement d'Éric Ciotti au RN, c'est bien, c'est la clarification. Maintenant, on voit qui sont ceux qui veulent aller vers le RN, le Rassemblement National. On est OK. Sauf que quand on entend François-Xavier Bellamy, par exemple, dire qu'il votera Rassemblement National en cas de duel avec la France Insoumise au second tour, ce n'est pas une nouvelle faveur pour le Rassemblement National. Ça n'ébrouille pas davantage les cartes ou là où vous dites qu'on est totalement indépendant. Non, ce n'est pas du tout le cas. On voit que vous n'êtes pas tout à fait clair là-dessus.

20:39
Jean-françois Cope

D'abord, je n'ai jamais dit à propos d'Éric Ciotti que c'est bien, c'est la clarification. Je ne m'en suis pas du tout réjoui. Il était président des Républicains. Il ne nous a parlé de rien du tout. Nous avons une approche qui est complètement différente. D'ailleurs, on a été unanime à refuser cette approche. Mais ça, vous étiez déjà venu le dire. Oui, mais d'accord. Mais attendez, il ne faut pas dire que c'est bien, c'est la clavier. Je n'ai jamais dit ça. Deuxièmement, j'ai regretté évidemment comme tous mes amis que Bellamy donne cette position avant même le premier tour. On verra bien ce qu'il en est dimanche soir et du rapport de force.

Moi, je fais jusqu'au bout le pari que nous arrivions tout de même à avoir suffisamment de parlementaires pour empêcher l'irréparable. Face à LFI,

21:20
Présentateur

vous pourriez dire votez RN ?

21:22
Jean-françois Cope

Mais attendez, si vous voulez bien, je vous parlerai de tout ça dimanche soir. Voilà. On va finir le premier tour puis après on parlera...

21:29
Présentateur

Hier sur France Info, il y avait des auditeurs qui interpellaient notamment le ministre de l'économie pour nous le maire qui était à votre place et qui disaient nous on a besoin pour se décider de savoir ce que les gens pensent avant le deuxième tour. Voilà. Donc vous considérez que vous n'avez pas à dévoiler votre décision d'entre nous. J'ai notamment à dévoiler

21:47
Jean-françois Cope

que moi je fais campagne pour nos candidats républicains. Le cas échéant, de la majorité présidentielle s'il n'y a pas de candidats républicains jusqu'au soir du premier tour. Enfin bien sûr. Et on verra les rapports de force ensuite. Enfin je suis désolé, je ne vois pas au nom de quoi. On parlerait du deuxième tour avant d'avoir fini le premier. On n'est même pas capable de connaître la photographie au soir du premier tour. Donc on va laisser passer ce premier tour et voir ce qu'il en est.

22:13
Présentateur

des candidats LR qui ont été pour la moitié de 65 circonscriptions préservées par le camp présidentiel puisque pas de candidats de la majorité présidentielle en face. Ce qui fait dire à Éric Ciotti qu'il y a des alliances secrètes entre Renaissance et certains LR. Il a raison ?

22:32
Jean-françois Cope

Il y a des accords bien sûr. Heureusement. Heureusement qu'il y a un certain nombre d'endroits où on essaie de ne pas diviser nos forces face aux extrêmes.

22:39
Présentateur

Mais ces candidats une fois élus ils vont devoir quelque chose à Emmanuel Macron du coup.

22:44
Jean-françois Cope

Mais vous croyez qu'Emmanuel Macron va être créancier de quoi que ce soit pour les mois qui viennent ? Mais vous plaisante ou quoi ? La réalité c'est que ce n'est plus lui le sujet. Tout le monde l'a bien compris. Emmanuel Macron il est sorti de l'histoire avec une décision pareille. Le vrai problème c'est qu'il soit encore garant des institutions qui veuillent bien continuer d'être à son poste pour essayer de faire en sorte que le pire n'arrive pas. Le pire du pire n'arrive pas. Voilà. C'est tout ce qu'on peut lui demander à ce stade.

Quant à nous on a bien compris qu'il fallait essayer le mieux possible de sauver les idées que nous défendons les valeurs qui sont les nôtres je le répète le programme rien que le programme économique de l'extrême droite comme de l'extrême gauche est fou délirant délirant là où il faut de l'ordre dans les comptes j'entends des annonces de dépenses publiques dingues que personne ne pourra payer

23:30
Présentateur

personne ne pourra les payer. Puisque vous parlez de l'histoire il y a un moment d'histoire récente qui revient parfois dans les commentaires vous connaissez bien David Cameron qui avait pris l'initiative du référendum sur le Brexit en 2016 qui s'est retourné contre lui certains font la comparaison est-ce que la France selon vous vit un moment Brexit ?

23:46
Jean-françois Cope

Elle vit en tout cas l'erreur que peuvent connaître des chefs de gouvernement ou des chefs d'état prisonniers de leur hubris qui ne veulent rien entendre et qui sont persuadés qu'ils gagneront à chaque fois.

Voilà la baraka c'est pas éternel en politique et Emmanuel Macron avait magnifiquement gagné pour lui en 2017 dans des conditions de facilité et d'audace que tout le monde lui a reconnu et il a pensé qu'il avait du coup une assurance vie pour toute sa vie et que les français continueraient de voter pour lui toute sa vie malheureusement en politique il peut se trouver que les histoires se terminent mal même en général sorti de l'histoire définitive comment voulez-vous comment voulez-vous que on puisse ne pas mesurer la folie de cette décision à l'aune de ce qui est en train de se passer bon enfin je veux dire et alors le pire c'est qu'il continue d'expliquer qu'il avait raison mais ça pose la question de son éventuelle démission à ceci près que maintenant on va lui demander de faire preuve de responsabilité voilà et donc de ne pas démissionner parce que la gravité de la situation étant ce qu'elle est il est paradoxalement le seul au titre de sa fonction avec le conseil constitutionnel à pouvoir éviter le pire voilà donc si c'était possible que chacun reprenne un peu ses esprits après cette folle décision je pense que ce serait bien Jean-François Copé et tout ça on aura l'occasion d'en parler croyez-moi après le premier et même le deuxième tour parce qu'il va falloir tout reconstruire après et bien on aura l'occasion de vous entendre merci Jean-François Copé maire Les Républicains de Maux invité de France Info ce matin merci Jean-François Copé