Séparatismes, crise sanitaire, concertation avec les élus... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher
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Bonjour Gérard Larcher. Bonjour. On va revenir dans un instant sur votre élection, on peut dire triomphale, à la tête du Sénat.
En tous les cas, marque de confiance.
En tous les cas, marque de confiance. Mais ce matin, l'actualité, c'est surtout ce discours très attendu du président de la République, cette conférence de presse en tout cas, et ce déplacement dans votre département des Yvelines, dans la ville des Mureaux plus précisément. Il va prononcer un discours sur les séparatismes avant un projet de loi qui sera débattu cet hiver, notamment au Sénat. Est-ce que d'abord, c'est le bon moment de parler de séparatisme, alors qu'on est en pleine crise sanitaire et économique ?
J'allais dire, enfin ! Il y avait déjà eu un discours à Mulhouse, vous vous souvenez, cet hiver. C'est un sujet que le président a repoussé depuis maintenant plus de deux ans et demi, et le sujet essentiel, c'est le sujet de la laïcité dans la République. Vous savez, pour moi, le fondement, c'est la loi de 1905, une des quatre grandes lois qui fondent la République. Souvenez-vous, l'école, la loi de 1901, la loi municipale et la loi de 1905.
Mais alors, est-ce qu'il faut un projet de loi supplémentaire, alors ?
Je pense qu'il y a sans doute nécessité, il y a eu de nombreux rapports, mais le principe, c'est Aristide Briand qui nous le rappelle. La loi doit protéger la foi, tant que la foi n'entend pas dicter la loi. Tout est dit, et à partir de cela, on peut décliner, décliner, j'allais dire, ce qui doit être au cœur des valeurs de la République, et donc refuser tout ce qui sépare, tout ce qui fragmente la République et la communauté nationale.
Un discours sur les séparatismes, vous validez ce mot, les séparatismes ?
Je ne vais pas me lancer dans un débat sémantique. Maintenant, après les incantations, il faut qu'on passe aux actes.
Mais est-ce que c'est l'islamisme qui est visé ?
L'islamisme radical, je crois que c'est le professeur Aubin qui disait ça à votre micro. Hier, tout à fait. C'est pas une religion. Il disait, je crois, m'en souvenir, il disait, c'est une idéologie et un projet politique. Et politique au pluriel. Et donc, lutter contre l'islam radical, c'est lutter tout simplement pour la République. C'est prendre des décisions concrètes, quand il y a des lieux qui soient de prière, d'école ou autre, dans lesquels, j'allais dire, on ne partage pas les valeurs de la République, ce qui fait commun, ce qui fait communauté nationale. Et en même temps, l'islam est une religion qui doit trouver sa place dans la République.
J'en suis même certain qu'elle peut trouver sa place dans la République, comme les autres religions, le droit de croire, de ne pas croire.
Il y a donc une ligne de crête, là. Il faut faire très attention à ne pas stigmatiser une partie de la population.
Bien sûr, il y a une ligne de crête. Cette ligne de crête, mais arrêtons de ne pas en parler. Il faut traiter ce sujet, parce que la République est une et indivisible.
Il y a déjà quelques pistes qui ont fuité sur ce que devrait contenir ce projet de loi. On parle d'imposer une charte de la laïcité aux associations. On parle d'interdire les certificats de virginité. Et on parle d'avoir un contrôle plus important, tous les ans, au lieu du moment de l'ouverture actuellement, pour les écoles privées qui sont hors contrat. Tout ça, ce sont des mesures qui vont dans le bon sens, selon vous ?
C'est d'ailleurs au Sénat qu'est né le contrôle des écoles privées hors contrat. La loi qu'on a appelée Gatel, voulue aussi par une sénatrice des Yvelines, Sophie Prima. Qui contrôle le contenu des cours. Non, qui... D'abord, l'ouverture de l'école. Et ensuite, l'inspection. Mais aujourd'hui, déjà, tout ceci est possible. Il faut le renforcer.
Aujourd'hui, l'origine des financements n'est contrôlée qu'au moment de l'ouverture de l'école. Mais pas ensuite.
On a besoin d'un texte. Il y a eu des rapports sénatoriaux. Il y a eu des rapports des députés. Et il y a eu des livres sur les territoires perdus de la République. Maintenant, on passe, j'allais dire, de l'incantation aux décisions et aux actes. Ce sera le rendez-vous que nous aurons. Une question de Salia Braclia.
Alors, le recteur de la grande mosquée de Paris a écrit dans Le Monde que pour vraiment combattre le séparatisme islamiste, il faut cesser de tolérer la ghettoïsation. Vous êtes du même avis ?
Je crois que rien n'est pire que le ghetto. Je vous rappelle, l'origine n'a rien à voir avec l'islam. Mais avec la situation qu'on faisait aux juifs en Europe. Tout ce que... Faire communauté dans une commune, c'est être capable de se retrouver. On ne se sépare pas par quartier. Je crois que c'est tout le travail qu'on doit faire. Le Président va aux Mureaux. Je pourrais parler du travail des Mureaux. Je pourrais vous parler d'une commune très difficile avec un maire extrêmement courageuse d'une femme, Chanteloup-les-Vignes. Je pourrais vous parler de Sartreauville, d'un village très très complexe qui n'est pas loin des Mureaux, Équeville, tout ceci.
Est-ce qu'il y a des ghettos ethniques et religieux en France ?
Je ne pense pas que le mot doit être appliqué comme tel, parce que ça voudrait dire qu'on l'ait organisé. Mais...
Il n'y a pas eu de défaillance des pouvoirs publics à ce sujet ?
Nous devons en permanence réintégrer, réinsérer.
Alors quoi, ce sont des enclaves où la République n'est plus présente ?
Il y a la réalité de territoire perdu de la République. Pour ne pas qu'on se cache derrière quelques grandes déclarations, c'est là où il ne faut jamais céder. Quand l'inspecteur général Aubin parle d'endroits où même les enseignants se sont en quelque sorte auto-censurés, ça démontre que quelque part la République a perdu du terrain.
Mais alors du coup, il n'y a pas une défaillance, M. Larcher, il n'y a pas une défaillance des autorités dans ces fameux territoires liés à la République ?
C'est du courage, vous savez, parfois, pour être enseignant, quand ils avaient le sentiment de ne pas toujours être soutenus. Je parle du pouvoir politique. Oui, oui, non, mais vous savez, j'ai un souvenir très précis. François Hollande demande à Claude Bartholone et à moi-même de réfléchir après les attentats.
Claude Bartholone était alors président de l'Assemblée nationale.
Vous étiez déjà président du Sénat. Eh oui. Et à ce moment-là, j'ai parlé d'une France d'à côté, d'une France qui était en dehors. Mais aussi qu'on ne disait pas la vérité. Je me souviens d'une enquête sur le respect de la minute de silence après les attentats. Et il n'était pas exact qu'elle avait été respectée partout. C'était aussi un signal d'alarme pour la République.
Mais la réponse, pardon, elle doit être uniquement sécuritaire, cette réponse, parce que là on parle de beaucoup...
Non, éducative, citoyenne, c'est d'abord une citoyenneté pleine et entière. Je me rappelais les quatre lois qu'ont fondé la République. Il y a la loi sur l'école. L'école, laïque, obligatoire. Nous revenons à la laïcité. Revenons à Aristide Briand. C'est tellement d'actualité.
Il faut faire plus sur l'égalité des chances aussi.
Mais aussi, c'est un travail avec lequel nous avons travaillé avec Jean-Louis Borloo dans une vie antérieure, au moment de la création de l'Agence nationale de rénovation urbaine, parce que nous savions que ça n'était pas qu'une affaire d'architecte, d'urbaniste. Il faut décloisonner les esprits, mais il faut donner une espérance.
Et l'espérance ne peut pas être portée que par la République. Il faut qu'Emmanuel Macron fasse nation, c'est ce que dit justement ce matin Jean-Louis Borloo dans les colonnes du Parisien. Nation singulier.
Et j'ai dit un jour à Emmanuel Macron, c'était au moment de la crise des gilets jaunes, crise des gilets jaunes qui révélait ses autres fractures du pays. Fractures métropolitaines, communes rurales, villes moyennes, fractures entre nord et sud. N'oubliez jamais, on a quelques différences d'âge, mais vous êtes le père de la nation.
Alors une autre crise est en train d'ébranler la France. Elle vient s'ajouter à toutes celles que vous avez citées, c'est celle du coronavirus. On va en parler dans un instant avec vous Gérard Larcher, président du Sénat. Juste après, un coup d'œil sur le fil. Info à 9h moins 20 avec Stéphane Milhomme.
Et Donald Trump est confiné à la Maison Blanche depuis quelques heures. Il continue à assumer ses fonctions. Le président américain et son épouse testé positif au Covid-19. Le président candidat doit stopper ses meetings de campagne. Un mois maintenant de la présidentielle. Paris et sa couronne obtiennent un sursis au moins jusqu'à lundi. Mais aussi Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne. Face à la recrudescence de cas de Covid-19, le gouvernement prête à attendre quelques jours avant de placer ses territoires en zone d'alerte maximale. Emmanuel Macron présente son plan contre les séparatismes ou comment renforcer l'arsenal légal contre l'islamisme.
Un projet porté aussi par le CFCM, le culte musulman. Son président, Mohamed Moussaï, le dit sur France Info. Les musulmans de France doivent prendre toute leur part dans ce combat qui est le leur. Et puis les Alpes-Maritimes en vigilance rouge face à la tempête Alex. Et le risque de pluie-inondation. 13 autres départements en orange. La Côte d'Or, la vallée du Rhône, les Alpes du Sud, mais aussi le Finistère et les Côtes d'Armor.
France Info. Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Laurent Sénéchal. Gérard Larcher, président du Sénat, invité du 8.30 France Info. Vous vous êtes fait tester au coronavirus ? Oui, bien sûr. C'était il y a longtemps ?
Non, régulièrement. Vous avez droit à... Parce que tout le monde sait, mais je vois, ça n'était pas arrivé jusqu'à vous, que je pense l'avoir été contracté après un voyage en Afrique. C'est le fameux test sanguin. À la fin du mois. J'ai fait les deux, mon général. Et naturellement. Parce que je pense que c'est une crise sanitaire majeure. Et que dans cette crise sanitaire majeure, on doit prendre tout cela au sérieux. D'ailleurs, les sénateurs l'ont montré hier, dans une assemblée où nous étions plus de 340 dans l'hémicycle. Et c'est une crise dans laquelle il faut, j'allais dire, être très attentif à ce qu'il nous est demandé.
Est-ce bien prudent d'être à 340 dans un lieu clos, même si vous portez un masque ? Est-ce qu'il ne faudrait pas que les sénateurs, par exemple, comme les députés, soient en télétravail ?
Non, je pense que la démocratie nécessite la présence.
Mais dans d'autres pays européens...
Nous avons organisé, pendant la période du confinement, le télétravail, mais aussi une présence, parce que la démocratie, c'est aussi la continuité du contrôle. J'avais eu cette expression, nous n'allons pas nous suspendre la dernière fois au Parlement. C'est suspendu dans l'histoire. C'était un moment dramatique, c'était en 1940.
Mais sans suspendre, il faut à tout prix la présence pour que ce contrôle est lieu.
En tous les cas, nous avons organisé pour qu'il y ait une présence proportionnelle, et cette présence proportionnelle permet d'assurer tout simplement la fabrique de la loi.
Le contrôle du gouvernement. Il y a des cas Covid-19 au Sénat qui ont été détectés ?
Non, nous n'avons pas eu le cluster qu'a connu l'Assemblée nationale, mais nous avons eu des collègues, nous avons eu des agents. Il y a un suivi très attentif de prévention.
Alors plus généralement, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a fait un certain nombre d'annonces, ou de pré-annonces en tout cas, hier dans son point hebdomadaire. En l'occurrence, pas de nouvelle fermeture de bars ou restaurants. Pour l'instant, à Paris, Lille, Toulouse, Grenoble, Saint-Etienne, qui sont des villes avec Lyon où l'épidémie est en train de progresser. Est-ce qu'il a eu raison d'attendre ?
Je pense qu'on est sur une craie très étroite. D'un côté, protéger la santé, de l'autre côté, permettre à la vie économique, sociale, de se poursuivre. Les enfants vont à l'école, les étudiants étudient, les entreprises doivent pouvoir fonctionner. Je voudrais peut-être poser un principe. Les scientifiques nous éclairent, mais la décision appartient aux politiques. Voilà pourquoi, étant arrivé à Aix-Marseille, en pleine décision, prise sans concertation, je me réjouis que le Premier ministre ait pris l'initiative d'un dialogue avec les élus.
Vous savez, on ne réussira face à cette crise sanitaire, bien entendu en respectant ce qui est demandé en termes de gestes barrières, de prévention, mais que dans cette relation très étroite entre les élus qui assurent le quotidien des citoyens et les représentants de l'État, le couple maire-préfet, tout à fait essentiel, renforcé par le président du département et le président de la région.
Mais les maires vont jouer le jeu, parce qu'on a vu à Aix-Marseille qu'ils ont attaqué l'État pour avoir pris des décisions que Jean Castex a le Premier ministre. Il a précisé que c'était mieux que l'État prenne ces décisions difficiles.
Non, je pense que, considérons les élus comme des adultes, ils sont capables d'assumer des décisions. Mais ce sont des opposants de l'État ? A Aix-Marseille, le dialogue a commencé le lendemain de la décision. Ce n'est pas ma vision de la concertation. Voilà pourquoi je me réjouis de l'initiative prise hier par le Premier ministre. On ne réussira cela...
A la fin, c'est toujours l'État, le gouvernement qui doit trancher ?
En tous les cas, la décision, elle appartient aux politiques.
Et c'est aux politiques. Les politiques, il y a les maires et il y a aussi le gouvernement.
Et bien sûr. Voilà pourquoi ce débat est indispensable.
Alors le gouvernement prime sur les maires.
Ce n'est pas une affaire de primauté. L'État est représenté dans le territoire. Il faut territorialiser aussi la réponse à la crise sanitaire.
Alors en tout cas, vous essayez de savoir si le gouvernement a jusqu'ici bien fait son travail, notamment en mars, puisque vous avez lancé une commission d'enquête au Sénat. C'est quoi le but ? C'est de savoir a posteriori ce qui s'est passé à l'époque ? Ou c'est de nous éclairer, y compris sur le présent ?
C'est de nous éclairer sur le présent et pour l'avenir. C'est le sujet. La commission d'enquête est totalement indépendante du président du Sénat. Ce que je sais, parce que les chiffres ont été publiés il y a quelques jours, c'est que c'est absolument incroyable, suivi par les Français, des travaux de cette commission d'enquête. Encore plus qu'une commission d'enquête qui avait défrayé la chronique après une journée de contre-escarpe. Donc, c'est dire que les Français sont à la fois inquiets, ils attendent de l'information. Vous parlez des audiences. Et c'est très important qu'ils aient de l'information et non pas uniquement une information anxiogène.
Vous parlez des téléspectateurs qui ont suivi les auditions.
Oui, mais aussi sur les Facebook, sur l'ensemble, c'est absolument incroyable. Des auditions qui, rien que sur un site comme Facebook, a 250 000 personnes touchées.
Et alors, quel est le premier constat qui est fait par cette commission d'enquête ?
Je n'en ai pas plus que vous, d'autres éléments que les éléments publics. Nous avons eu la crise des masques, souvenez-vous. Nous avons eu la crise des tests. La priorisation des tests est un vrai sujet. Je l'ai dit au Premier ministre au début septembre. Les choses semblent s'améliorer. Mais il va falloir que nous tirions les conséquences et que nous nous préparions à d'éventuelles autres crises sanitaires il y a bien longtemps. Pas tant que ça. Il y a plus de 10 ans, un peu plus de 15 ans. Il y a eu un sénateur, Francis Giraud, d'ailleurs marseillais, professeur de médecine, qui avait tout écrit.
Il faut tester uniquement les gens sur ordonnance, simplement pour régler cette question des tests ?
C'est à définir par les autorités sanitaires priorisées. Salia Barclia.
Ces commissions, Gérard Larcher, c'est un moyen pour vous de contrôler l'action du gouvernement ?
C'est notre fonction constitutionnelle.
C'est ça. Hier, lors de votre discours, vous avez critiqué le pouvoir en place en parlant de crise de l'autorité, de crise de la verticalité du pouvoir, de crise de l'absence de résultats. En gros, rien ne va, rien de bon chez Emmanuel Macron.
Non, parce que l'absence de résultats, si ça n'avait commencé qu'il y a 3 ans, ça se saurait. Je pense notamment à la lutte contre le chômage. C'est depuis bien longtemps. Même François Mitterrand avait dit, on a tout essayé contre le chômage. C'est d'ailleurs ce sur quoi, il y a quelques années, avec Jacques Chirac et Jean-Louis Borneau, nous avons essayé de faire face.
Laurent disait, le chômage a baissé juste avant la crise. Donc il y a eu des résultats.
La crise des résultats, c'est aussi lié à cette verticalité. Au fond, tout vient d'en haut. Souvenez-vous, on parlait de Jupiter, au point que tout venait quasiment de l'Olympe. Je pense qu'il faut qu'on retrouve cette proximité avec les citoyens sur le territoire.
Et Jean Castex, il est capable de l'apporter puisqu'il vient du territoire, justement.
En tous les cas, dans sa déclaration de politique générale, il l'a annoncé. Je lui ai dit, passons aux travaux pratiques. Les travaux pratiques, ça va être les textes sur la décentralisation. Ce mois-ci, premier examen de proposition de loi, la semaine du 19 octobre, sur cette nouvelle génération de la décentralisation. Le 2 novembre, nous examinerons la différenciation, c'est-à-dire comment gère-t-on de manière adaptée chacun des territoires de ce pays sans porter atteinte à l'unité de la République. Maintenant, on passe là aussi
du discours à la mise en œuvre. Ça veut dire que localement, les collectivités pourraient avoir des pouvoirs plus importants.
Oui, je vais prendre un exemple santé. Un exemple santé, je pense que l'Agence régionale de santé dans l'analyse qui a été faite dans les observations, il y a un certain nombre de régions où ça n'a pas bien fonctionné. Il faut que ce soit, nous semble-t-il, le président de la région qui est la présidente du conseil de surveillance de l'Agence régionale de santé. Nous avons vu les difficultés des EHPAD, les établissements médico-sociaux. La double tutelle sur ces établissements s'est révélée assez paralysante. Il faut que ce soit le conseil départemental.
Ces réalités-là, ces proximités-là, elles visent à répondre non pas du tout à une espèce de coup de pouvoir qui serait démesuré de la part des élus locaux, mais tout simplement de répondre concrètement en proximité. Vous savez, la situation des EHPAD, en dehors de m'avoir touché personnellement, elle est un vrai révélateur de l'état de notre société. Quelle situation faisons-nous à des aînés qu'on a quand même, pardonnez-moi, vraiment enfermés, y compris pour protéger leur santé, avec des dégâts considérables ?
Gérard Larcher, président du Sénat. On va parler de votre famille politique dans quelques instants, les Républicains et même la droite plus généralement. Juste après, un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 10 avec Stéphane Milhomme.
Et 80 000 habitants du Morbihan commencent ce vendredi sans électricité selon la préfecture à cause de la tempête Alex. Pas de victimes, mais des arbres sur la chaussée ou des poteaux arrachés dans certains secteurs de la Bretagne. Les vents violents se déplacent maintenant sur le sud-est où les Alpes-Maritimes passent en rouge avec de fortes pluies et inondations redoutées par Météo France. Avec un brassard noir sur leur tenue blanche de cuisinier, les restaurateurs mais aussi les cafetiers responsables de discothèques appelés à manifester à 11h45 avant le service. Un appel lancé sur France Info par Philippe Echebest.
Le chef dénonce la fermeture de ses bars et restaurants après 22h à Bordeaux et dans une dizaine d'agglomérations. Donald Trump en quarantaine. Le président américain est contre les positifs au Covid-19. Son épouse Mélania également. Il va bien selon son médecin mais doit rester confiné deux semaines et faire une croix pour l'instant à ses meetings et de campagne. Nous sommes à un mois de la présidentielle. Le début aujourd'hui du troisième tour de Roland-Garros avec sur le coup Raphaël Nadal, Dominique Thiem, Simona Alep, mais aussi un français Hugo Gaston face à Wawrinka et une française Caroline Garcia opposée à la belge Élise Mertens.
France Info Le 830 France Info Salia Brakia Laura Sénéchal Gérard Larcher président du Sénat invité du 830 France Info président réélu donc hier dans un fauteuil ça colle avec le Sénat 231 voix seulement 60 pour le premier le principal de vos adversaires le socialiste Patrick Cannaire
oui c'est un score soviétique presque non non pas soviétique le score de la confiance le score du territoire mais aussi je salue vraiment avec respect mes compétiteurs parce que nous sommes une assemblée démocratique une assemblée renouvelée ça y est nous avons dépassé plus du tiers de nos collègues sénateurs sont aujourd'hui des femmes
vous êtes encore en retard sur l'assemblée oui enfin
on n'est pas dans une compétition mais je crois que c'est et la moyenne d'âge est de 58 ans et 8 mois le plus jeune à 26 ans et on a 45% de nouveaux sénateurs en fait depuis 2014 plus de 60% des sénateurs sont nouveaux à l'intérieur de cette assemblée il y a profond renouvellement autour de quoi de la vitalité de la démocratie de la force des territoires on vient de l'évoquer mais en même temps au service de la république dans ce pays fracturé fracturé aux mureaux mais parfois fracturé dans la ruralité qui a le sentiment d'être abandonné
Gérard Larcher vous dites c'est la confiance est-ce que ça peut être une rampe de lancement c'est plus une boutade à moins d'un scoop mais une rampe de lancement pour la présidentielle Gérard Larcher 2022 non
c'est une rampe de lancement pour un Sénat encore plus efficace dans son rôle de contre-pouvoir nous sommes la seule assemblée qui ne procédons pas de l'élection présidentielle nous sommes une assemblée libre autonome et indépendante
Gérard Larcher chez les républicains vous êtes tous pendus aux lèvres de François Baroin qui doit annoncer ou pas son désir de s'engager pour la présidentielle de 2022 franchement est-ce que vous comptez encore sur lui ?
écoutez on a gagné les municipales sinon on n'aurait pas gagné les sénatoriales la famille des républicains et les familles du centre avec un certain nombre d'indépendants nous avons devant nous les départementales et les régionales je dois vous dire que nous allons nous y engager pleinement et il y a bien sûr la présidentielle moi je me suis fixé un objectif un objectif qui est que nous devons proposer aux français une alternative et que cette alternative c'est pas uniquement Emmanuel Macron et Marine Le Pen
elle doit être incarnée elle doit être
d'abord incarnée par un projet dans un espace politique et incarnée par une candidate et un candidat voilà pourquoi j'ai dit que je prendrais mes responsabilités pour mettre en place un processus de départage ça veut dire une primaire ou une autre formule parce que c'est un gros mot mais de départage j'ai repris cette formule de notaire parce que dans les héritages ça évite les conflits
il y a un problème parce que le patron de votre parti Christian Jacob il est contre la primaire il dit que ça met en exergue les divisions
il a totalement accepté il n'y a pas longtemps à ce que nous parlions de départage et de toute façon moi je le dis que nous devons prendre totalement nos responsabilités y compris vis-à-vis les français de leur proposer une alternative ça dépasse le seul parti politique ou les partis politiques c'est une responsabilité pour nous parce que le projet que nous avons c'est pas le projet d'Emmanuel Macron
très bien mais vous avez un problème de casting une primaire avec qui ?
et bien nous le verrons
il y a beaucoup de candidats pour l'instant à part François Baroin qui hésite Rachida Dati s'est lancé on a Rachida Dati Bruno Retailleau et même en dehors du parti Xavier Bertrand et Valérie Pécresse
cette richesse en un projet qui soit incarné par une candidate et un candidat
Xavier Bertrand ça pourrait être un bon candidat pour nous représenter
c'est un bon candidat comme Valérie Pécresse peut l'être comme Bruno Retailleau porte un certain nombre de choses comme François Baroin peu encore il n'a pas totalement signifié
il n'a pas l'air très motivé
écoutez ça n'est pas de sujet moi je l'ai vu parlons sur l'affaire Veolia Veolia Suez parce que on parle beaucoup de capital c'est d'abord un bien commun on a fait une convention sur le climat la question Veolia Suez c'est d'abord l'eau et les déchets un bien géré par les collectivités territoriales un bien majeur quand on parle de politique de développement durable d'économie circulaire on n'entend parler que de problèmes capitalistes et pas de ces sujets du quotidien qui pour un président du Sénat sont majeurs
alors il nous reste très peu de temps je voudrais juste qu'on aborde un dernier sujet avec vous Gérard Larcher Salia Braclia
une enquête a été ouverte Gérard Larcher pour provocation à la haine raciale et injure publique à caractère raciste contre Éric Zemmour il a qualifié les migrants mineurs de voleurs d'assassins et de violeurs sur la chaîne CNews il y a deux jours sachant qu'il a déjà été condamné par la justice est-ce que vous demandez aux dirigeants de CNews de le retirer de l'antenne ?
écoutez c'est aux dirigeants de CNews nous sommes dans un régime de liberté de prendre leurs décisions je ne partage aucune des idées et des propos d'Éric Zemmour que les choses soient claires je l'ai souvent dit je pense qu'il y a des sujets à traiter mais que ça n'est jamais en opposant en opposant les hommes et les femmes et en opposant les origines je pense que la république c'est bien une manière de transcender tout cela à une seule condition de faire une seule communauté nationale
mais si vous vous étiez patron de CNews je ne suis pas patron de CNews
et je serais soumis alors au contrôle du CSA auquel je me plierai
merci beaucoup Gérard Larcher président du Sénat d'avoir été l'invité de France Info ce matin merci beaucoup à Sadi Abraki
merci de m'avoir invité et une bonne journée à vous
Gérard Larcher