Grippe : "Plus la couverture vaccinale est importante, plus on contrôle l'épidémie", souligne cette infectiologue
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« Ce qui est certain c'est qu'on voit une augmentation très rapide des consultations et maintenant des hospitalisations qui rappellent l'épidémie de l'année dernière. »
- 0:50InvitéFait
« Bien qu'il faut le dire à ce stade on n'a pas atteint le niveau de l'année dernière. »
- 1:13PrésentateurChiffre
« Il faut rappeler les chiffres de l'an dernier quand même. 17 000 personnes qui sont mortes des suites de cette épidémie de grippe. »
- 1:35InvitéFait
« En réalité la sévérité d'une grippe elle dépend de l'état de l'immunité de la population contre les virus qui circulent. »
- 1:46InvitéPromesse
« Plus la couverture vaccinale est importante et plus on contrôle l'épidémie et moins on a d'hospitalisation et de décès. »
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Et votre invitée Marion est professeure de maladie infectieuse. Elle préside la commission technique de vaccination de la Haute Autorité de Santé. Bonjour Anne-Claude Crémieux. Bonjour. L'Institut Pasteur et Santé Publique France ont prévenu cette semaine que l'hôpital allait subir un fort impact de l'épidémie de grippe pendant ses congés de fin d'année. La carte de France est tout en rouge avec un pic qui est attendu sans doute sur la dernière semaine de l'année. Alors on se souvient de cet épisode de grippe qui était très fort l'an dernier. Est-ce que c'est à nouveau le cas en cette fin 2025 ?
Ce qui est certain c'est qu'on voit une augmentation très rapide des consultations et maintenant des hospitalisations qui rappellent l'épidémie de l'année dernière. Bien qu'il faut le dire à ce stade on n'a pas atteint le niveau de l'année dernière. Mais vous l'avez dit on n'est pas encore au pic donc il y a de la marge pour l'augmentation. Et en effet l'Institut Pasteur a prévu avec toutes les précautions possibles que ce pic pourrait se situer à la fin de l'année.
Il faut rappeler les chiffres de l'an dernier quand même. 17 000 personnes qui sont mortes des suites de cette épidémie de grippe. On ne peut pas savoir aujourd'hui si on va être dans les mêmes proportions ?
Non c'est très difficile. En réalité la sévérité d'une grippe elle dépend de l'état de l'immunité de la population contre les virus qui circulent. Et bien évidemment plus la couverture vaccinale est importante et plus on contrôle l'épidémie et moins on a d'hospitalisation et de décès. Par exemple en Angleterre où il y a une couverture vaccinale de 75% chez les personnes de plus de 65 ans, il y a eu l'année dernière deux fois moins de morts.
Donc c'est un vaccin quoi qui est efficace ? Vous qui présidez la commission technique de vaccination.
Alors ce vaccin, ce qu'on demande au vaccin grippe, il faut bien le comprendre, c'est de nous protéger contre les formes sévères et les hospitalisations.
Ça veut dire qu'on peut quand même l'attraper ?
Alors et en particulier les personnes les plus fragiles, celles qui vont à l'hôpital, c'est-à-dire les personnes de plus de 65 ans et celles qui décèdent. Vous savez que l'année dernière, les personnes de plus de 65 ans étaient la majorité des hospitalisations et pratiquement plus de 92% des personnes qui décédaient. Donc le vaccin, oui, protège contre ces formes sévères, contre ces hospitalisations. Cette année, on a un variant qui est un peu moins bien neutralisé par le vaccin. Le variant K. Le variant K, qu'on appelle K.
Et ce variant, en effet, parce qu'il est moins bien neutralisé, on peut s'attendre à ce que le vaccin protège moins bien contre les infections et donc un nombre d'infections plus important. Mais encore une fois, la stratégie en France, c'est de protéger les personnes pour qu'elles n'aillent pas à l'hôpital et qu'elles ne décèdent pas, qu'elles ne décompensent pas leurs problèmes cardiaques, respiratoires, neurologiques. Et ce vaccin, d'après les données qu'on a en Angleterre, où ils ont un peu d'avance sur nous, eh bien, il protège bien contre ces formes sévères et contre l'hôpital.
Mais puisque vous dites qu'il est un peu moins efficace, le vaccin contre le variant K, est-ce qu'il y a d'autres moyens d'échapper à cette grippe ?
Alors, vous avez raison, le vaccin, c'est vraiment l'arme la plus efficace pour éviter de se retrouver à l'hôpital ou même de décéder. Mais pour se protéger contre les infections, il y a des moyens bien connus qu'on a expérimentés pendant le Covid, qui sont le masque. Et la recommandation, c'est de porter un masque quand on est soi-même malade. Ça, c'est pour protéger les autres. Mais c'est aussi porter un masque pour éviter d'être contaminé quand on va dans des lieux publics.
Il y a une étude qui est sortie il y a quelques mois, qui a redémontré, si c'était nécessaire, que le simple fait de porter un masque dans les lieux publics, vous protégez bien contre les infections et pas seulement la grippe, l'ensemble des virus qui donnent des infections respiratoires.
Mais ça veut dire que vous préconisez, vous, de remettre le masque, ce masque qu'on avait presque laissé tomber après le Covid ?
On préconise, pour les personnes qui sont fragiles, en effet, au moment où l'épidémie est intense, qui est le cas aujourd'hui et va l'être dans les semaines qui viennent, de porter un masque quand on veut ne pas se faire infecter. C'est en effet une des façons de ralentir la transmission du virus en France.
Est-ce que ça peut être utile de se tester avant une réunion de famille, par exemple, avec les tests qu'on trouve en pharmacie ?
Alors, quand on n'a pas de symptômes, non. Si on a des symptômes, oui, à ce moment-là, on peut utiliser ces tests qui permettent de faire la différence entre grippe, Covid notamment, et bien sûr, on sait que les gens qui ont un test positif, chez qui ont identifié une grippe ou un Covid, il y a un avantage, c'est qu'en effet, ils restent chez eux.
Mais ces maladies qu'on peut véhiculer lors des fêtes de fin d'année, est-ce qu'elles doivent nous y faire renoncer ? Ou est-ce que malgré tout, certaines précautions suffisent et on va s'en tenir là ?
Je crois qu'il y a vraiment, c'est au cas par cas, il est bien évident que si on est malade et qu'on va voir ses parents âgés, on risque de leur transmettre une infection qui est mortelle. Bon, à ce moment-là, je pense que les gens sont suffisamment intelligents pour faire eux-mêmes leur conclusion. C'est évident. Pareil, si on est au contact d'une personne qui est immunodéprimée. Donc oui, si on est malade, si on a la grippe, c'est vraiment le bon sens de ne pas le transmettre à toute la famille.
Voilà, tout ça, c'est du bon sens. Il faut rappeler peut-être les gestes barrières au-delà du masque, se laver les mains, quoi d'autre ?
Oui, les solutions hydroalcooliques, le bon vieil alcool qu'on a utilisé pendant le Covid, c'est important aussi, parce qu'il faut le rappeler, certains virus, la grippe, mais aussi celui qui donne la bronchiolite, eh bien, ils subsistent bien sur les objets, les portes, et donc finalement les objets qui sont souvent manipulés. Donc oui, se laver les mains avec une solution hydroalcoolique est aussi utile.
Anne-Claude Crémieux, infectiologue, merci beaucoup de nous avoir répondu ce matin sur France Inter et de nous avoir dispensé vos précieux conseils.