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interviewC dans l'air· 2 mars 2026 63 min

Municipales : les Français reprennent la parole ! - C dans l’air - 03.02.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci d'être venue sur ce plateau. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". C'est comme si toute la classe politique était soulagée d'en finir enfin avec ce budget, tourner la page d'une discussion qui aboutit à un compromis que personne n'assume réellement. Les patrons mis à contribution ne décolèrent pas.

L'ensemble de la classe politique est pressée d'ouvrir une autre séquence, celle des municipales les 15 et 22 mars prochains. C'est l'élection préférée des Français. Près de 70 % d'entre eux se disent intéressés par ce scrutin.

Tous les partis s'apprêtent à entrer dans le combat de la présidentielle. Ce vote fait figure de répétition générale et dessinera les rapports de force. Sur quoi vont se jouer ces élections?

Sur quels thèmes? L'enjeu est-il national ou local? Quelles sont les villes à suivre?

On va faire le point ce soir. Avec nous pour en parler, J.Jaffré, politologue, chercheur associé au Cevipof.

F.Guinochet, vous êtes éditorialiste économique à franceinfo. M.Siraud, vous êtes rédactrice en chef du service politique au "Point".

J.Fourquet, vous êtes directeur du département opinion à l'Ifop. Je rappelle votre ouvrage "Métamorphoses françaises".

Enfin, un budget! - J.Jaffré: Oui.

Dit comme ça, effectivement...

C'est, sinon l'enthousiasme, au moins la fin d'une séquence assurément trop longue. Il faut distinguer le plan politique et le plan économique, certainement. Sur le plan politique, il y a quand même un succès et un échec à la fois, incontestablement.

Le succès...

Imaginons que nous soyons encore sous l'empire de la loi spéciale. Le budget n'aurait pas été voté, on serait toujours dans des discussions. Un certain nombre de choses, je pense à l'augmentation du budget de la défense dans cette période internationale si troublée, ne seraient pas possibles.

Imaginons que la censure ait été votée, que les socialistes aient décidé que les concessions n'étaient pas suffisantes. Il aurait suffi d'une pichenette du PS pour envoyer monsieur Lecornu dans le décor de la défaite. On se dirait: "Quel gouvernement!" Il n'y aurait pas de budget ni gouvernement.

Le fait que finalement, le budget ait été voté...

Enfin, que le 49-3 ait permis que le budget soit considéré comme adopté car le gouvernement n'est pas renversé...

Sur le plan économique, d'autres sont mieux équipés que moi pour donner leur opinion. On voit bien que ça aboutit à un mécontentement général, en particulier au sentiment qu'il y a à la fois ni justice fiscale...

C'est le sentiment qui est répandu dans la gauche, largement. Il n'y a pas de remise en ordre des comptes ni de l'état du pays, même en prenant la direction d'aller dans ce sens. Il y a une révolte des chefs d'entreprise.

Le bilan est vraiment clair-obscur. - C.Roux: S.Lecornu dit ceci: "Ce texte est le résultat d'un compromis parlementaire intégrant des amendements de tous les groupes.

Ce n'est pas mon budget." On rentre dans la campagne des municipales. En gros,"j'assume, mais uniquement la partie que j'ai faite." - F.Guinochet: C'est vrai.

Je ne pense pas que S.Lecornu aurait mis d'emblée la suspension de la réforme des retraites. C'est le fruit d'un compromis.

La surtaxe sur les grandes entreprises, là aussi, c'était une façon de boucler le budget. Le gouvernement s'était engagé à ce que cette surtaxe ne dure qu'un an. Elle a été prolongée une 2e année.

Sur un certain nombre de sujets du quotidien des Français...

La franchise médicale, l'histoire des retraités, de leur participation à un effort budgétaire...

Finalement, ils passent au travers. Ca a donné lieu à des débats. Ce budget est un budget qui a le mérite d'exister.

Beaucoup disent, du côté des économistes, que sans budget, on aurait perdu des points de croissance. On est à 0,9 % de croissance. La Pologne est à plus de 3,5 %.

Ce n'est pas glorieux. Si on avait perdu 0,1 % de croissance parce qu'on n'avait pas de budget, c'était dommage. Ce budget arrive tardivement.

Il a le mérite d'exister, de rassurer un peu les marchés. Depuis qu'il a été adopté, ça s'est un peu calmé, provisoirement, du côté de la dette. Il a aussi un autre mérite.

Il permet, dans une situation internationale tendue, d'avoir au moins un budget pour les armées avec une enveloppe budgétaire augmentée du côté des armées. - C.Roux: Jean-Pierre, en Loire-Atlantique, est d'accord avec vous.

Ce qui est très étonnant, c'est que ce budget ne satisfait personne. Même ceux qui ont contribué au compromis prennent une distance polie avec cet objet non identifié. - M.Siraud: Chacun cherche à s'en distancer.

On pense à se positionner pour 2027. Surtout, on veut paraître le plus loin possible de cette photo, de cette saison budgétaire. Elle a été pénible, longue.

Ca a été beaucoup de débats sur la fiscalité, Alors que le point de départ était de faire des économies. Sur ce point de vue, il ne règle rien. Surtout, c'est un budget de non-choix.

Quel est le message politique? Quelle est la vision? Il n'y en a pas vraiment, si ce n'est celui de la stabilité.

Pour les acteurs du bloc central, c'est le renoncement à tout ce qu'ils ont pu défendre et à la ligne politique du macronisme depuis 2017. - C.Roux: S.Lecornu a dit que c'était un budget qui contient la dépense publique, qui n'augmente pas les impôts pour les ménages et les entreprises.

Ce texte est le résultat d'un compromis. Sur le bilan économique, il a l'air de dire qu'on ne s'en sort pas si mal. - M.Siraud: Ca va creuser la dette.

Ce budget ne règle pas le problème de nos finances publiques. Celui de 2027, encore moins parce qu'on sera encore plus proches de l'échéance présidentielle. Tout ça va peser sur la campagne présidentielle et sur les candidats.

On va poser la question des tabous que sont les retraites et la protection sociale en France. - C.Roux: J.Fourquet, à l'heure du bilan, les Français se disent qu'ils ont réussi à se mettre d'accord tant bien que mal. "On est sortis avec un budget de compromis".

Est-ce qu'ils vont sanctionner le spectacle de ces dernières semaines? - J.Fourquet: Tout dépend des électorats.

Deux camps se sont dessinés. Le camp qui a participé à ces tractations, donc le bloc central, le PS et Les Républicains. Les 2 autres grandes formations qui sont restées à l'écart et qui l'ont bien signifié, LFI et le RN.

Hier soir, M.Panot, cheffe du groupe LFI à l'Assemblée nationale, a indiqué, à l'issue de ce non-vote par les socialistes de la censure, qu'il y avait une clarification politique. "Les socialistes ont rallié le camp macroniste et participent au maintien au pouvoir d'E.Macron.

Nous sommes la vraie gauche qui restons fidèles au programme du NFP." Idem pour le RN qui dit que ce n'est pas un budget courageux, qu'aucune économie n'a été faite. Ces 2 camps se dessinent.

Les forces qui ont voulu assumer leur part de responsabilité en disant qu'elles ne pouvaient pas laisser le pays dans l'incertitude et qu'il fallait faire des compromis, et qui ont été globalement suivies par leurs électeurs qui comprennent cette démarche. Beaucoup d'électeurs sont assez mécontents. Tout ça a permis de faire baisser la température.

En septembre, S.Lecornu démissionne aussitôt nommé à Matignon. Plus de 60 % des Français souhaitaient des élections législatives anticipées.

Un ancien Premier ministre avait appelé à une présidentielle anticipée. Le cours des choses a été remis dans son axe. On a des municipales.

Les Français vont aller aux urnes. Ensuite, on va rapidement basculer vers la présidentielle. Les Français prennent leur mal en patience.

Ils ont tous en tête que les vraies discussions, notamment économiques, budgétaires et politiques, ce sera la campagne présidentielle. On a caché tout ça sous le tapis. Le Premier ministre se targue d'avoir un budget qui respecte les équilibres économiques.

On est un déficit de 5 points de PIB. La charge de la dette va devenir le 1er budget de l'Etat. Les Français, sans avoir tout compris...

Il y a eu des compromis. Ils se disent qu'on a colmaté à un moment et que tout est devant nous. - C.Roux: On verra dans un instant si tout ce qu'on vient de se dire peut peser sur le scrutin des municipales et comment. 400 heures de débat, des semaines de discussions pour arriver à un budget de compromis qui ne satisfait personne à part peut-être nos partenaires européens.

Dans la catégorie des mécontents, les chefs d'entreprise, qui ne décolèrent pas. - Mes chers collègues, la séance est reprise. - Après 5 mois et demi de débats, 2 Premiers ministres et 6 motions de censure... - Y.Braun-Pivet: Aucune des 2 motions de censure n'ayant été adoptée, le projet de loi de finances pour 2026 est considéré comme adopté. - La fin d'un calvaire pour des ministres presque surpris.

Cette fois, oui, c'est fini. - R.Lescure: On entre en 2026, enfin.

Il était temps. Le budget tourne. La France tourne.

Beaucoup de travail pour continuer à la développer. - Parmi les principales mesures de ce budget 2026, le gel du barème de l'impôt sur le revenu qui évite à 200 000 foyers modestes de devenir imposables mais aussi de nouvelles taxes. 2 euros sur les petits colis, notamment en provenance de Chine, et 20 % sur certaines holdings pour les hauts patrimoines.

Généralisation des repas à 1 euro pour les étudiants mais suppression de 4000 postes dans l'Education nationale. Côté dépenses, peu d'économies in fine et une réduction Du déficit limitée. - S.Lecornu: Oui, nous tiendrons les 5 % de déficit cette année comme nous avons tenu les 5,4 %. - Le gouvernement se félicite d'avoir bouclé un budget de compromis qui ne satisfait pourtant personne. - G.Attal: Ce budget ne prépare pas l'avenir.

Il ne prépare pas grand chose. - A droite et au RN, on dénonce un texte final trop à gauche. - C'est triste pour la France, ce qui vient de se passer à l'Assemblée.

Les socialistes n'ont pas voté la censure. C'est un budget socialiste. - Budget d'austérité, estime au contraire LFI qui dénonce une trahison de la part du PS. - M.Panot: Nous n'avons plus d'alliance avec le PS.

Aujourd'hui, le PS a trahi les engagements pris devant les électeurs et les électrices. Le programme du NFP commençait par cette phrase "le NFP regroupe des femmes et des hommes qui s'unissent pour rompre avec la politique d'E.Macron". - La politique budgétaire que nous avons désormais, ce n'est pas celle que nous avait proposée monsieur S.Lecornu dès le départ. - Une copie améliorée, ce n'est pas l'avis des entreprises, en tout cas les plus grandes, qui vont fournir l'essentiel des efforts en termes des recettes fiscales.

La surtaxe sur les bénéfices est maintenue. Elle doit rapporter à l'Etat 7,3 milliards d'euros en plus du gel de la CVAE. La ponction est estimée à 1,3 milliard d'euros. - On va le payer très cher.

On se dit que ça ne concerne que 300 entreprises. D'abord, ce sont les entreprises les plus exposées à la concurrence internationale. Elles alimentent tout le tissu économique.

Elles ont des dizaines de milliers de sous-traitants. Ces sous-traitants vont souffrir de cette mesure ciblée sur les grandes entreprises. - Réponse de la ministre des Comptes publics: non, il n'y a pas de matraquage. - A.de Montchalin: Il n'y a pas de hausse de charges, pas de hausse d'impôt pour les TPE, les PME, les artisans.

Les grandes entreprises payeront en 2026 le même impôt que ce qu'elles ont payé en 2025. - Le budget à peine adopté, se profile déjà le chantier du prochain pour éviter un nouveau retard pour la 3e année d'affilée. Les réunions préparatoires commenceront dès le mois d'avril. - C.Roux: Nous allons évoquer les conséquences que tout cela pourrait avoir sur les élections municipales. - F.Guinochet: Les relations avec les chefs d'entreprise étaient nettement refroidies depuis la dissolution et le précédent budget.

La plupart des milieux d'affaires n'ont pas compris qu'E.Macron ait ce geste de dissolution. Ca a coûté cher à l'économie.

On entendait P.Martin. Il est dans sa posture de défense.

Il défend les grandes entreprises. Ce sont surtout elles qui sont sollicitées une nouvelle fois. Ca pèse sur 300 grands groupes qui, certes, sont importants pour ruisseler...

Ils font travailler des sous-traitants. Mais quand on regarde du côté des petites entreprises, le budget ne bouge pas par rapport à l'année dernière. P.Martin est aussi pris dans des discussions patronales entre des organisations patronales comme la CPME, qui sont beaucoup plus offensives, qui apparaissent plus modernes, et un Medef plus proche de l'Association des grandes entreprises françaises qui défend les grands groupes.

Il faut se souvenir d'où on partait. La taxe Zucman n'était pas loin. La taxe sur les holdings est réduite à portion congrue.

Le pacte Dutreil est maintenu... - C.Roux: Il y a beaucoup de postures? - F.Guinochet: Oui.

Vu d'où on partait...

Pour 2027, je pense que ça va être compliqué. Un certain nombre de ministres disent que vu comme rament les chefs d'entreprise, il faudra faire des économies et la marche va être haute. Les aides aux entreprises, ce sont des dizaines et des centaines de milliards d'euros. "On devrait se pencher sur la copie." Ca se trouve, pour les entreprises, ce sera pire l'année prochaine. - C.Roux: Question.

Je vous pose cette question, J.Jaffré. Je mets dans la discussion ce sondage publié dans "La Tribune". 58 % des Français pensent qu'un patron ferait un bon président de la République.

Y a-t-il des velléités, chez certains, de se lancer? - J.Jaffré: Il y a plusieurs questions que vous abordez.

D'abord, il y a un constat simple des députés: les entreprises ne votent pas. Comme elles ne votent pas, on peut toujours demander un effort aux entreprises, surtout en parlant uniquement des grandes entreprises. Ce que les chefs d'entreprise ont entendu, c'est un discours anti-entreprises, anti-confiance économique, anti-redressement de l'économie française.

On continue de creuser la dette. Comme M.Siraud le disait il y a un instant.

On ne prend aucune mesure. 5 % de déficit, c'est-à-dire plus de 150 milliards de déficit, en disant que c'est formidable...

On est dans une situation où les chefs d'entreprise sont très mécontents. Ils l'expriment à leur façon. Le Medef sortant un contrat pour les jeunes consistant à reprendre le projet Villepin du CPE en 2006...

Ca avait mis toute la jeunesse dans la rue. Ca avait mis fin aux velléités de candidature de D.de Villepin à l'élection présidentielle de 2007.

Que le Medef fasse cette proposition dont il sait, à 2 mois des municipales, au surplus, pour créer un climat dans le pays...

J'y vois un signe de vengeance. Le Medef a sorti son idée, il fallait pouvoir licencier les jeunes plus facilement et les payer moins cher. C'est un vif mécontentement...

La question que pose notre téléspectateur...

Il y a une hostilité fondamentalement politique et ça, c'est grave. Les politiques, ce sont les Français qui les choisissent. A partir du moment où on dit que la démocratie ne peut plus fonctionner parce que n'importe qui ferait mieux, nous sommes dans un phénomène d'amplification de la crise démocratique.

Un patron ferait-il mieux? Un ouvrier ferait-il mieux? Toute catégorie qui sort de la politique serait jugée meilleure que les politiques.

Un patron...

Ceux qui ont parfaitement réussi dans leur domaine sont des modèles. Est-ce que ça en fait des personnalités capables de conclure des alliances politiques? C'est rare, comme profil. - C.Roux: La campagne des municipales a tardé à se lancer en raison du débat budgétaire.

Un mot sur S.Lecornu. Dans la série des gagnants et des perdants, est-ce qu'il a tiré son épingle du jeu?

Est-ce qu'il peut faire quelque chose de ce compromis? - M.Siraud: Oui et non.

La promesse de départ, c'était un budget avant les fêtes de fin d'année et un déficit en dessous de 5 % du PIB, sans 49-3. Le compte n'y est pas sur ces 3 objectifs. Malgré tout, ce qu'il réussit contrairement à ses prédécesseurs, c'est qu'il évite la censure.

Il a instauré une forme de dialogue très imparfait, un début de culture du compromis. Il est bien parti pour durer. - C.Roux: Il a des ambitions? - M.Siraud: Sauf accident majeur à l'Assemblée et sauf changement d'humeur présidentielle, il va rester à Matignon pour un moment.

Est-ce qu'il a des ambitions? Il dit que non, jamais de la vie. Par défaut, comme on cherche un candidat, une incarnation dans cet espace politique, il a une carte à jouer évidente.

Personne ne tire vraiment son épingle du jeu. En tant que Premier ministre, il aura des choses à faire valoir. De quelle manière pèsera-t-il?

Est-ce qu'il sera candidat? On en est loin. - C.Roux: Est-ce qu'il va s'engager dans la bataille des municipales? - M.Siraud: Il n'en donne pas l'air.

Il va se mobiliser à Vernon. Il sera numéro 3 sur la liste. Est-ce qu'il va faire le tour de France pour aller ici ou là soutenir des candidats?

Je ne pense pas. C'est assez frappant de voir que les maires sortants et les candidats aux municipales ne sont pas en demande d'avoir des figures politiques nationales pour mener leur campagne. Au contraire. "Surtout pas de nationalisation.

On veut parler local." - C.Roux: La campagne part tard. - J.Fourquet: L'actualité internationale est très chargée.

Les Français n'étaient pas très disponibles pour cela. On voyait les audiences que vos émissions peuvent recueillir sur ce type de sujets. Les Français étaient préoccupés.

Sur le front intérieur, il y avait la question du budget. La campagne municipale commence maintenant. Là où elle n'est pas aidée, c'est que, contrairement à ce qui s'est passé avant l'élection première d'E.Macron en 2017, il y avait une dimension nationale très forte dans ces municipales.

Il y avait des listes de gauche et des listes de droite. En général, le camp qui était au pouvoir au niveau national partait avec un sérieux désavantage au niveau municipal. Il payait localement le prix de l'impopularité nationale.

Ca rejoint le rôle que pourrait jouer le Premier ministre. Les candidats macronistes, notamment les sortants, sont quasiment inexistants dans les villes. Cette impopularité de l'exécutif ne peut pas se matérialiser sur un petit nouveau local, un maire sortant.

Quand ils ne sont pas sortants, ils partent dans des listes en alliance avec Les Républicains, par exemple. La lisibilité de ce scrutin, au plan national, est moins évidente que par le passé. Cela renforce la dimension locale du scrutin. - C.Roux: On ne se décidera pas en fonction de la discussion budgétaire, des enjeux nationaux? - J.Fourquet: Ca peut jouer, mais pas contre l'exécutif.

C'est par exemple LFI qui dit qu'ils sont la vraie gauche aujourd'hui. LFI dit qu'il ne faut pas voter pour des maires sortants socialistes qui se sont alliés aux macronistes pour le vote du budget. - C.Roux: C'est une élection qui intéresse les Français?

C'est l'élection préférée des Français? - J.Jaffré: La présidentielle est quand même la 1re.

C'est le scrutin roi à la fois par l'ampleur de la décision et par le taux de participation. Mais c'est un grand point d'interrogation, le taux de participation. Il y a 6 ans, les municipales ont eu lieu en plein covid.

Le 1er tour a eu lieu l'avant-veille du confinement. On s'était demandé si on allait annuler le scrutin. Le 2d tour n'a pas eu lieu dans les 8 jours qui suivaient, comme c'était toujours le cas.

On a voté en mars pour le 1er tour et en juin pour le 2d. C'est ahurissant. On a eu un taux d'abstention à ces municipales... 55 % au plan national.

Plus de la moitié des Français ne sont pas allés voter aux municipales de 2020. Aux élections précédentes de 2014 et 2008, c'était 35 %. La question est de savoir où nous allons nous retrouver. - C.Roux: La question de Jean-Pierre est intéressante.

La voici. - F.Guinochet: On comprend pourquoi un certain nombre de maires qui sont en campagne aujourd'hui n'ont pas envie d'être ramenés au débat qui a eu lieu au sein de l'Assemblée, avec des invectives, des alliances parfois contre-nature.

On ressort de ce débat avec beaucoup de confusion, quels que soient les camps. Peut-être que les extrêmes se sont démarqués. Ils ont endossé la posture de "on rejette tout, on est contre l'ordre établi, on va dans des postures clivantes".

Pour d'autres électeurs, au nom de la stabilité, "on a avalé des couleuvres". On a accepté une suspension de la réforme des retraites quand on était macronistes alors que pendant des années, on nous a juré que non. - C.Roux: C'est le compromis. - F.Guinochet: Oui.

Mais il en ressort quelque chose qui n'est pas satisfaisant. On n'a pas envie d'endosser ce compromis, cette pseudo-victoire ou ce pseudo-échec. - C.Roux: Les responsables politiques aussi se disent qu'ils ne vont pas assumer la séquence?

Il y a une volonté de faire table rase? Quel est leur état d'esprit? - M.Siraud: Personne ne veut endosser ce budget, personne ne veut en être comptable.

Quel va être l'effet de toutes ces discussions sur les uns et les autres? Est-ce que ça va être un carburant pour les forces extrêmes, notamment pour le RN? Ils ont échoué à faire tomber le gouvernement, à la fin.

Il n'y aura pas de censure ni de dissolution. Est-ce que ce sera favorable pour les forces du compromis? De LR au PS, cette espèce de magma informe de personnalités qui ont cherché à faire des arrangements pour ne pas retourner aux élections...

Ca peut compter dans l'esprit général. Les effets seront peut-être à effet différé sur les gagnants et les perdants de cette longue saison budgétaire. - J.Jaffré: Il y a une complète divergence entre ce que sont les municipales et ce qu'est la politique nationale.

La politique nationale est aujourd'hui largement dominée par les extrêmes. La possibilité du RN arrivant au pouvoir en 2027 est réelle. Il y a aussi une forme de radicalité dans les échanges et les comportements.

Les municipales, c'est le contraire. C'est pas du tous les extrêmes qui dominent les villes. Le RN n'a quasiment rien.

Il a gagné Comme grande ville Perpignan, point final. Il espère en gagner 2 ou 3. LFI n'a rien. - C.Roux: On peut faire un bilan de ce qui s'était passé en 2020.

Il y avait eu une vague verte. - J.Jaffré: Ils ont gagné des mairies très importantes, mais pas en si grand nombre.

Ils sont très menacés. Ce sont les forces centrales qui dominent, aux municipales. Les forces centrales avec une volonté de rassemblement dans la ville.

C'est l'opposé de la radicalité au plan national et des extrêmes qui dominent. La divergence est énorme. - C.Roux: Ce que je voulais ajouter pour aller dans votre sens, comme toujours...

Le PS en 2020 avait conservé ses grandes villes. LR était le parti le plus représenté dans les mairies à l'issue de ces élections 2020. C'est loin de la photographie qu'on a aujourd'hui au niveau national. - J.Fourquet: Il y a peut-être une dichotomie supplémentaire qui s'opère entre le national et le local.

Avec le principe de non cumul des mandats, beaucoup de députés ne seront pas candidats alors qu'ils l'étaient quasiment systématiquement par le passé. Certains vont tenter leur chance, notamment chez les insoumis et le RN, pour tenter de se faire élire maire dans les communes qui relèvent de leur circonscription d'élections. Est-ce qu'ils vont endosser ce qui s'est passé à l'Assemblée?

Beaucoup de gens qui vont être têtes de liste ne seront pas ceux qui participent aux négociations à l'Assemblée nationale. La 2e différence, c'est peut-être que certaines listes, notamment conduites par des sortants, auront à coeur que si le pays est à l'arrêt, dans la ville, ils ont fait des choses. Ils vont essayer de montrer qu'au niveau local, les choses continuent d'avancer et qu'ils ont des projets.

Les Français peinent à voir le dessin apparaître au niveau national. - C.Roux: Un mot sur S.Lecornu avant le 2e reportage.

Est-ce qu'il a des leviers pour peser sur le scrutin des municipales dans le mois qui vient? On va parler du logement dans un instant. Est-ce que les 2 actualités...

On va avoir des candidats qui vont faire campagne sur des enjeux très locaux et le Premier ministre qui va tenter d'avancer sur des dossiers nationaux? - J.Fourquet: C'est compliqué.

Le déficit est à 15 %. Il n'y a pas de marge de manoeuvre. S.Lecornu, sur sa prise d'ampleur au niveau politique...

Il a été annoncé qu'il y aurait sans doute un remaniement gouvernemental. Ca ne va pas changer la face des municipales, mais c'est pour montrer qu'il assoit son autorité, qu'il se passe des choses. - M.Siraud: Si on s'interroge sur l'ouverture de cette campagne, on peut se dire que les enjeux partisans vont prendre d'autant plus de place.

Les élections municipales peuvent être le top départ de la précampagne pour la présidentielle. Ca va être pour lui un élément supplémentaire de difficulté. Il a la volonté de tourner la page et d'enclencher un nouvel agenda.

Mais ses contraintes restent les mêmes: pas d'argent, pas de majorité et un temps très limité. Le Parlement, d'ici fin février, va suspendre ses travaux pour la campagne. - C.Roux: Remaniement parce que certains vont partir faire campagne. - M.Siraud: Quelques ministres sont candidats, à commencer par la ministre de la Culture, R.Dati, à Paris. - C.Roux: On va parler de ce choc parisien dans un instant.

J.Fourquet, je vous demanderai ce qui peut jouer dans la détermination du vote en termes de priorités. Je ne sais pas Si vous allez me contredire, mais c'est l'un des sujets de préoccupation des Français: le logement. 7 Français sur 10 estiment qu'il est difficile de se loger dans leur commune.

Nous nous sommes rendus à Montpellier, dans une famille où, malgré le divorce, les parents cohabitent sous le même toit faute d'offre et de moyens. - C'est une ville où il fait bon vivre. Montpellier séduit toujours plus d'habitants mais il est devenu très difficile de s'y loger.

A une dizaine de kilomètres du centre-ville... - Tu prends quoi? - Mandy, 45 ans, vit avec ses 4 enfants dans cette maison qu'elle cherche à quitter.

En instance de divorce, elle doit cohabiter avec son ex-conjoint. - Il y a une très bonne entente avec mon ex-mari. Pour le bien de tout le monde, ce serait bien d'avoir chacun un bien pour acter le fait qu'on est séparés.

C'est dur psychologiquement au quotidien. - Je trouve que c'est injuste qu'une mère avec 4 enfants ne puisse pas avoir un logement. Elle se réveille parfois à 6h et finit à 18h. - Il faut qu'on vive la séparation de nos parents.

Si on continue, à cause du système, de vivre avec eux ensemble mais séparés, à un moment donné, ça va peser sur tout le monde. - Depuis 5 mois, impossible de trouver un logement à Montpellier et ses alentours malgré un CDI et un salaire net de 1800 euros. - Voici une annonce sur laquelle je suis tombée sur Montpellier.

Un trois-pièces de 66 m2. Il y a un loyer de 1113 euros. Ils demandent la garantie loyers impayés.

Il faut gagner 3 fois le montant du loyer pour accéder à ce logement. Je gagne 1800 euros net par mois. Ce n'est pas possible pour moi. - Elle a le sentiment de faire partie d'une classe moyenne qui s'appauvrit. - Le Smic se rapproche de plus en plus de mon salaire.

Mon salaire n'augmente pas car je ne suis pas au Smic. La vie a aussi augmenté. Ne serait-ce que les courses...

C'est devenu très compliqué. - En 10 ans, le prix des loyers a bondi de près de 17 % en France. A Strasbourg, cette femme souffre aussi de la crise des logements.

Elle vit dans cet appartement de 80 m2. Il ne compte que 2 chambres qu'elle doit partager avec ses 4 filles. - Elles sont toutes dans la même chambre.

Il faut apprendre à être minimaliste. C'est tous les soirs la même routine: préparer le lit pour que les petites puissent dormir. - L'an prochain, elle envisage de dormir dans son salon pour laisser une chambre à son aînée, au lycée. - C'est le sacrifice d'une mère à ses enfants pour leur donner la chance de réussir et d'avoir un peu d'intimité. - Cela fait 3 ans qu'elle est sur liste d'attente pour un logement social. - Quand vous voyez les statistiques pour mon quartier.

Il y a 504 demandes pour un cinq-pièces. Il y a 151 logements disponibles. Il n'y a que quelques attributions.

Tous les jours, on se lève, on travaille. Je paye mes factures. Je respecte les règles.

J'éduque mes enfants dans ce sens. Les politiques ne nous écoutent plus. Ils nous disent qu'il faut remplir les documents et attendre.

Attendre quoi? Quels sont les critères? Pourquoi je n'ai pas la possibilité que mon dossier passe?

Mon dossier n'est pas passé une seule fois en commission. Je me sens abandonnée. J'ai l'impression d'être seule à me battre. - Près de 3 millions de personnes sont en attente d'un logement social.

Un chiffre encore jamais atteint en France. - C.Roux: Si on fait le classement des priorités des Français pour les municipales, qu'est-ce qui arrive en premier? - J.Fourquet: Sécurité et santé.

L'état des finances publiques locales, aussi, même si la taxe d'habitation a été supprimée pour beaucoup de Français. Beaucoup regardent quand même. Dans ce climat fiscalement incertain, beaucoup redoutent qu'on leur présente à un endroit ou à un autre la facture.

Curieusement, le logement est assez bas dans le classement, même si, comme on le voit, c'est un sujet très important. Ce paradoxe s'explique par le fait qu'on retrouve sans doute de manière indirecte le logement dans la priorité numéro 1 au niveau national: le pouvoir d'achat. Le logement tout compris, loyer, remboursement d'emprunt, l'électricité, l'eau et le gaz, c'est à peu près 30 % du revenu des ménages, contre 12 % pour l'alimentation.

Par comparaison, au milieu des années 70, le poste de dépenses pour le logement était à 13 ou 14 % et à 17 % pour l'alimentation. Votre reportage le montre bien. Il y a une crise du logement.

On n'a pas construit suffisamment, notamment pour le logement social. On a des réglementations sur les normes de construction qui ont renchéri le coût de fabrication des logements. On a des évolutions sociétales.

On le voit avec ces 2 familles, une en instance de séparation et la dernière personne qui vit à Strasbourg avec ses 4 filles. Manifestement, elle vit seule. Vu le niveau moyen des salaires en France, si vous avez un seul revenu pour assurer ou déposer un dossier dans le parc locatif privé, c'est mission quasi impossible dans les grandes villes. - C.Roux: Ca veut dire que pour un scrutin, dans les situations qu'on vient de voir dans ce reportage...

Les gens qu'on a vus ne vont pas se tourner vers leur maire en disant "c'est à vous que je demande de nous aider pour le logement"? C'est déconnecté? - J.Fourquet: Ca pourrait.

On revient à New York, aux Etats-Unis...

Avec la victoire du candidat Mamdani qui a fait toute sa campagne sur le gel des loyers...

Il commence, à Paris notamment, à être repris, copié par certaines listes qui sont en compétition pour les municipales. Elles disent qu'elles vont essayer d'envoyer un message, notamment pour tout l'électorat jeune, les catégories moyennes et populaires qui n'arrivent plus à se maintenir dans les logements dans les grandes villes. - C.Roux: C'est très présent. - J.Fourquet: Faisons bien le distinguo entre les grandes villes et d'autres endroits où la zone n'est pas tendue et les prix du mètre carré n'ont rien à voir. - C.Roux: J.Jaffré, sur ce reportage...

On a bien compris le classement des priorités. Le logement est un sujet qui préoccupe les Français. C'est très étonnant...

C'est très présent dans la bataille parisienne aussi. Dans le même temps, on a un Premier ministre qui a fait un de ses premiers déplacements post-discussion budgétaire sur le logement, en disant qu'il faut construire. Il y a plus de 600 000 personnes qui sont hébergées en France de façon contrainte chez un tiers.

C'est un chiffre de la Fondation pour le logement des défavorisés. - J.Jaffré: Pour les municipales, bien sûr, ce n'est pas le maire qui décide de la politique de logement.

C'est plus compliqué que ça. Mais il y a un transfert des demandes des priorités des Français du national vers la commune. Ca joue.

C'est pour ça que les priorités, sécurité, santé...

Quand je vois dans les sondages la place que prend la lutte contre le narcotrafic dans les grandes villes, c'est saisissant. Ce n'est pas les maires qui vont régler ce type de problème. Pourtant, les habitants réclament et attendent que ça soit intégré dans les politiques municipales.

Que font les maires? Le Premier ministre lui-même a pris des engagements forts pour les 4 prochaines années. Ca laisse entendre qu'il croit vraiment qu'il va rester très longtemps ou que ce type d'engagements ne conduiront pas jusqu'à son terme.

D'ici 2030, il veut 2 millions de logements nouveaux. C'est 400 000 par an. Je vais faire mon J.Fourquet un peu.

Pour donner un chiffre précis, l'année dernière, il y a eu 270 000 logements construits. Dès 2026, il faudrait passer de 270 000 à 400 000. Ca paraît difficile, comme marche.

Les élus locaux réclament beaucoup de simplification, moins de normes. Par exemple, gérer la mixité sociale dans leur commune pour les logements...

Les maires réclament de retrouver le droit d'attribution des logements sociaux, qu'ils ont perdu. Ils l'ont perdu car c'était une grave accusation de clientélisme. Si le maire distribue les logements, c'est un pouvoir très important qu'il exerce. - F.Guinochet: Pour le coup, ça ne va pas s'arranger tout de suite, la crise du logement.

C'était un impensé de la politique d'E.Macron. C'est un angle mort.

On est en déficit de logements. Ca pèse pour l'avenir. Ca pèse au présent.

Des foyers n'arrivent pas à se loger. Pour l'avenir, c'est un des points qui explique la baisse de la natalité. Quand vous êtes extrêmement contraint dans votre logement, que vous n'avez pas la possibilité d'en changer, vous faites moins d'enfants.

Le gouvernement a essayé de changer la donne. Il y a quelque chose de positif, le statut de bailleur privé. C'est un statut qui doit permettre à ceux qui ont des logements de les louer plus facilement, donc de détendre ce marché de la location. - C.Roux: Revenons à la bataille des municipales, avec la question du logement qui est très présente à Paris.

Ce sera la bataille capitale, sans mauvais jeu de mots. La succession d'A.Hidalgo aiguise les appétits.

Un combat qui s'annonce serré et qui a déjà commencé. - Paris vaut bien une bataille. Et pour ses municipales, c'est sur les réseaux sociaux...

Que tout se joue. - Et en la matière, tout est permis. - Même s'inspirer de ses concurrents.

En tête dans les sondages avec 30 % d'intentions de vote, E.Grégoire, candidat de l'union des gauches hors LFI, pas toujours reconnu dans la rue... - Qui vous êtes? - E.Grégoire.

Je suis candidat. - Contrairement à celui qui l'accompagne ce jour-là, un certain B.Delanoë. - Oh! - Un candidat qui a un bilan à défendre. - E.Grégoire: Je suis fier de l'action de la gauche à Paris, qui est une action en faveur du logement, des actions de proximité.

Les Parisiens et Parisiennes le savent et le voient. Ils en profitent. - Face à lui, une concurrence féroce, l'actuelle ministre de la Culture, qui prépare sa revanche depuis 6 ans, R.Dati. - R.Dati: Grégoire, c'est Hidalgo en pire!

Applaudissements. C'est la reconduction d'une équipe municipale qui a failli dans tous les domaines. - Elle impose son style tonitruant à coups de vidéos sur les réseaux sociaux. - Mais il y a un problème: elle n'a pas réussi à unir sous son nom la droite pour le 1er tour. - R.Dati: Il y a des candidatures qui seront des candidatures du naufrage.

Si vous prenez le bloc de la droite et du centre, nous sommes majoritaires. Il faut, dès le 1er tour, que les Parisiennes et Parisiens votent utilement pour cette alternance. - En 2e position avec 26 %, R.Dati voit s'évaporer sa réserve de voix pour le 2d tour, car dans les sondages, 3 candidats dépassent le seuil pour se qualifier, à commencer par le candidat Horizons investit par Renaissance. - Nous montons en puissance.

La confiance est de plus en plus forte sur le terrain. Les Parisiens cherchent une solution pour ne pas subir le match de 2 clans du passé, celui des sortants qui sont au pouvoir depuis un quart de siècle et qui ne cherchent qu'à conserver le pouvoir, et de l'autre, une régression en arrière pour Paris. - Mais il y a aussi S.Knafo, candidate Reconquête! qui atteint désormais 10 %. - S.Knafo: Ce que je vais faire dans cette campagne, c'est mobiliser des électeurs qui n'auraient peut-être pas voté, mobiliser des abstentionnistes, des déçus du macronisme, que je vais amener au vote.

C'est mon objectif. - Vous ne répondez pas à la question. Est-ce que vous vous déciderez s'il y a un risque pour R.Dati? - S.Knafo: Jamais je ne ferai perdre la droite. - Sa stratégie: de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux. ...

Cri de femme. - En partie créées par IA. Une candidate d'extrême droite qui assume de reprendre les codes du candidat démocrate élu à la mairie de New York. - Z.Mamdani, un exemple aussi pour S.Chikirou, mais politique cette fois. - S.Chikirou: Nous allons faire de Paris la plus grande ville insoumise de France, mais j'ai aussi envie de dire du monde!

Applaudissements. Après New York, après Z.Mamdani! - La candidate de LFI est créditée de 12 % d'intentions de vote. 3 autres candidats sont également en lice.

T.Mariani, soutenu par le RN et UDR, B.Chauvel du NPA et M.Saulnier de Lutte ouvrière. - C.Roux: Est-ce qu'il y a des dynamiques qui se jouent à Paris? - J.Fourquet: Pour l'instant, on rentre juste en campagne.

Ca s'agite sur les réseaux sociaux. Les différents sondages montrent une forte stabilité des blocs, avec néanmoins l'émergence des deux dernières listes qui ont été évoquées dans le reportage, LFI et S.Knafo pour Reconquête!.

Elles tangentent les 10 %. Pour les municipales, il faut faire 10 % des suffrages exprimés pour se maintenir. Le seuil de qualification est assez bas.

Dans cette bataille parisienne, les 2 grandes forces peinent à occuper tout le terrain. Il faut ajouter le candidat du bloc central qui fait aussi des voix. - C.Roux: Dans un scrutin comme celui-ci, comment se projeter dans le résultat de mars prochain?

Il faut surveiller les dynamiques? On a vu ce qui s'est passé en Savoie avec le candidat UDR qui l'a emporté dans un bastion de la droite traditionnelle face au LR. Faut-il surveiller ces dynamiques qu'on voit dans les sondages de J.Fourquet?

Ou est-ce que ce sont autant de cas particuliers qu'il y a d'élections? - J.Jaffré: La dynamique nationale n'est pas évidente pour les raisons qu'on a dites.

Le pouvoir en place ne joue pas le fait de défendre des mairies en grand nombre. Ca crée une multiplicité d'élections locales. Ca ne nous empêche pas de tout surveiller tout de même.

A Paris, d'abord, comme à Lyon et à Marseille, il faut souligner le changement du mode de scrutin. Il y a une personnalisation à outrance. C'est une liste pour tout Paris, tout Lyon, tout Marseille, avec un seul leader.

Ce n'est plus les secteurs ou les arrondissements. Ca faisait que c'était plus compliqué. Pour un électeur de droite dans l'Est parisien ou un électeur de gauche dans l'Ouest parisien, on se disait que son vote ne servait pas à grand-chose pour nous.

Le vote de chaque électeur compte. Comme il y a moins de meetings, moins de mobilisations politiques classiques, c'est vrai que les réseaux sociaux jouent un rôle plus important. Mamdani a permis une progression fulgurante.

Dans l'émiettement de notre vie politique...

Le seuil pour se maintenir avait été décidé il y a longtemps. Maintenant, on peut se retrouver avec 4 ou 5 listes se qualifiant dans certaines villes pour le 2d tour. Le principal ennemi, concurrent, adversaire pour chaque liste, c'est le voisin.

C'est pas du tout le camp d'en face. Pour Grégoire, ce n'est pas R.Dati, son principal problème au 1er tour.

C'est LFI, Chikirou. S.Knafo, son idée principale, c'est d'expliquer qu'elle fait tout pour que Paris passe à droite.

Pour cela, elle veut piquer le maximum de voix à R.Dati au 1er tour. C'est un jeu de voisins dans lequel on pille le voisin si on peut. - C.Roux: Quelles villes allez-vous surveiller?

Paris, OK...

Il y a d'autres villes qui peuvent être des villes-tests? C'est un peu une répétition générale avant la présidentielle? - J.Fourquet: Il y a les grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, notamment Marseille, où le RN, aujourd'hui, dans les sondages, devance nettement l'alliance de droite macroniste.

Dans le scénario d'une éventuelle union des droites, il faut regarder ces villes du sud de la France. Il y a également Nice. Il y a un duel au sommet entre C.Estrosi et E.Ciotti, 2 anciens de l'UMP.

Il y a certaines villes écologistes dont vous avez parlé. Il y a le cas de Lyon, mais on ne pourra rien extrapoler au phénomène J.-M.Aulas. - C.Roux: Le phénomène J.-M.Aulas, c'est l'ancien patron de l'OL, qui est donné largement au-dessus dans les sondages. - J.Fourquet: Ses opposants...

On a le maire sortant, G.Doucet. On a également d'autres listes.

Il y a une autre ville à suivre, de taille plus modeste: Roubaix. C'est en périphérie lilloise. On a un candidat insoumis qui veut essayer de montrer que cette stratégie insoumise d'implantation dans les quartiers populaires, notamment dans des villes où la population issue de l'immigration est importante, va porter ses fruits. - C.Roux: Je suis sûre que vous allez souligner une ville en particulier...

Question. C'est un combat à surveiller? - M.Siraud: Evidemment.

L'ancien Premier ministre repart à la conquête de sa mairie, Le Havre. Il a vraiment suspendu quasiment intégralement sa campagne présidentielle pour ces quelques semaines. Ce sera regardé.

Sa dynamique...

Est-ce qu'il est mis en difficulté? Cette fois-ci, il y a la gauche qui est assez forte au Havre, mais il y a aussi la possibilité que le RN soit en triangulaire. Ce sera un sujet à surveiller pour cet entre-deux-tours qui sera plein de suspense, d'alliances, de configurations différentes.

Il y a aussi F.Bayrou, l'ancien Premier ministre, à Pau. On se demande si ce qui s'est passé au niveau national pèsera dans cette élection, à la mairie de Pau.

Des figures nationales qui vont jouer un rôle pour la présidentielle...

On ne peut pas calquer le résultat des municipales sur la présidentielle. Sinon, Les Ecologistes auraient fait un bon score, A.Hidalgo aussi.

Mais ça va dessiner un paysage politique. Ce qui est nouveau dans cette élection, c'est si cette dynamique forte du RN va se traduire par un nombre conséquent d'élus locaux, de maires élus, notamment dans des villes importantes. On pense à Toulon.

Est-ce que LFI, à l'inverse, qui veut jouer un rôle pour dégager le paysage de la gauche, quitte à faire perdre des maires sortants socialistes...

Vont-ils réussir? J.-L.Mélenchon va forcément s'en servir. - C.Roux: LFI a investi des candidats dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants et 85 % des villes de plus de 30 000 habitants.

C'est une offensive de leur part. Et du côté du RN, énormément de candidats avec la volonté d'avoir une implantation locale. Ca peut compter dans l'implantation locale, les sénatoriales? - J.Jaffré: Vous avez tout à fait raison.

N'oublions pas les sénatoriales. Ce scrutin a lieu fin septembre de cette année. L'objectif de LFI comme du RN, c'est d'arriver à obtenir un groupe au Sénat.

Jusqu'à présent, ce n'était pas le cas. - C.Roux: Nous revenons à vos questions. - J.Fourquet: C'est assez serré.

On voit que la fin de mandat d'A.Hidalgo est assez compliquée. Mais comme l'a rappelé J.Jaffré, elle doit faire face à une concurrence sur sa gauche, avec P.-Y.Bournazel, et sur sa droite maintenant avec S.Knafo.

C'est une difficulté pour elle. Vu la sociologie parisienne, le RN, historiquement, fait des très faibles scores à Paris. Sur sa droite, était relativement tranquille, jusqu'au surgissement de cette liste Knafo, qui l'oblige à se battre sur les 2 côtés. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: Alors...

Notre téléspectateur a raison. Il y a une dimension de vote personnel lié aux têtes de liste, aux maires sortants ou aux candidats au poste de maire qui joue un rôle très important aux municipales. Les gaullistes qui ont tout raflé au début de la Ve République, la présidence, la majorité à l'Assemblée nationale...

Ils n'ont jamais réussi une forte implantation aux municipales. Les partis de l'ancien monde, l'ancêtre du PS, l'ancêtre du parti modéré, le MoDem, gardaient une forte implantation aux municipales. Ils tenaient le coup.

Ca a été un élément important pour la reconstruction du PS. Mais à l'époque, il y avait le cumul des mandats. Cela faisait que les maires, comme G.Defferre à Marseille, P.Mauroy à Lille, pouvaient se présenter à la députation avec l'avantage d'être le maire sortant de leur ville.

Ca leur donnait une dynamique. Nous n'avons plus ce genre de dynamique. - C.Roux: Question. - J.Fourquet: Il y a une dizaine de villes, pas énormément.

C'est souvent des villes de taille relativement modeste. J.Jaffré a évoqué Perpignan tout à l'heure.

Il y a également Fréjus. C'est des villes de taille modeste. Il faut le souligner, elles ont reconduit leur maire dans les quelques villes où le RN était déjà présent en 2014.

Ils ont été réélus. Ils ont un peu augmenté leurs stock de municipalités. Là, l'enjeu, c'est transformer l'essai au niveau local. - C.Roux: Question. - F.Guinochet: Oui, Bercy travaille déjà.

La marche va être élevée. Il y avait des municipales dans la dernière ligne droite pour calmer un peu le jeu. Chose qu'on n'aura pas l'année prochaine.

Il y aura la présidentielle, mais ça ne calmera pas le jeu! Ca risque au contraire de chauffer les esprits. Je pense que l'exercice va être encore plus ardu pour S.Lecornu. - C.Roux: Question.

C'est une référence au reportage de tout à l'heure. - J.Fourquet: Dans certaines régions très touristiques, sans doute en partie, mais pas dans d'autres endroits en France. - C.Roux: Question. - F.Guinochet: On peut le penser, quand on a regardé tous les débats budgétaires.

C'est pourquoi, à mon sens, les Français ont une distance vis-à-vis de leur classe politique et se disent qu'ils vont regarder ailleurs, comme un chef d'entreprise, une personnalité un peu plus ancrée dans le réel. C'est souvent ce qu'on voit. Dans les sondages, c'est souvent le côté "ils font leurs petits arrangements entre amis et ils sont déconnectés des réalités, le pouvoir d'achat, la sécurité". - C.Roux: Question.

On a évoqué le vote qui n'avait pas été voté...

Bref! Il faut revoir l'explication de J.Jaffré. ... - F.Guinochet: Il va en faire, si.

Il assure qu'il va en faire dans les ministères, chez les opérateurs publics...

Mais globalement, les grandes masses du budget que sont la retraite, la protection sociale, l'Assurance maladie, c'est ce qui pèse le plus, on ne voit pas du tout d'économies pour le moment. - C.Roux: Question. - J.Fourquet: On verra si dans l'Essonne, le maire ou les candidats donnent envie aux téléspectateurs de se déplacer, a minima pour les municipales. - C.Roux: Au moins, les Français ont la parole dans un mois et demi. - J.Fourquet: Et puis, on est sur du concret.

On dit que la Sécu, c'est compliqué à réformer. Beaucoup de députés à la fin du mandat ont choisi plutôt leur mandat de maire plutôt que celui de député. "Au moins, on a la main et on peut faire des choses pour la population." - C.Roux: Question. - F.Guinochet: Le contribuable...

Il n'aura pas d'augmentation manifeste des impôts. L'année blanche n'a pas eu lieu. Le barème des impôts va suivre l'inflation, même si celle-ci a tendance à ralentir.

Mais elle va coûter aux Français. On creuse encore notre dette. On remet à plus tard un coût inévitable. - C.Roux: Encore une question sur le budget!

Décidément, ça les passionne. - M.Siraud: Les seuls ministères, Les seuls domaines dont les budgets sont voués à être augmentés, c'est les ministères régaliens et surtout la défense.

Tout le reste, il y a des économies malgré tout, mais ce n'est pas majeur, surtout sur la santé. Le budget de la Sécurité sociale, c'était surtout davantage de dépenses, plutôt que des économies. - C.Roux: Question. - J.Fourquet: Ca peut jouer aussi. - C.Roux: Bon.

Merci à tous les 4. C'est la fin de cette émission. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine et toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Au programme: quelle peine requise contre M.Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du RN? Analyse de P.Cohen à suivre.

L'affaire Epstein éclabousse la future reine de Norvège et menace là-bas la monarchie. Une nouvelle attaque au couteau dans un collège. Une professeure d'arts plastiques poignardée par un élève.