Sylvain SOTTON : Maire de Beaujeu et Président de l'association des maires ruraux du Rhône
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 78 %Attaque 5 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
On va partir un peu plus loin avec vous Sylvain Sauton, bonjour.
- 0:44OuverteRéponse directe
On va découvrir ce que c'est que d'être un maire rural et la ruralité avec ses spécificités.
- 1:21OuverteRéponse directe
Quelles sont les communes rurales membres de l'AMRF dans la métropole lyonnaise ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Est-ce que le conflit Israël-Hamas a impacté la vie de vos habitants et le vivre ensemble ?
- 3:04RelanceRéponse directe
Est-ce que vivre ensemble, même dans vos territoires, est devenu plus compliqué ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un choc de culture entre néo-ruraux et habitants historiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:13Invité politiqueFait
« Nous, on a beaucoup de logements locatifs, et puis des loyers très peu élevés. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Donc, ça fait des tensions, parce que c'est souvent des personnes en très grande difficulté sociale, et qu'il faut accepter. »
- 3:38Invité politiqueFait
« On a aussi des néo-ruraux, qui viennent peut-être avec des idées un peu prédéfinies de ce qu'est la ruralité. »
- 5:38Invité politiqueFait
« L'autorité qu'on doit exercer au niveau de la fonction de maire, d'autorité de police, par exemple, sur l'urbanisme, des choses comme ça, les gens ont beaucoup de mal à comprendre qu'il y a des règles et que c'est au maire de les faire appliquer. »
- 8:30Invité politiqueFait
« Toutes les semaines, on a des nouvelles normes qui arrivent, des nouvelles règles. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Le maire, il va être responsable pénalement derrière de certaines règles qu'ils ont mis en place. »
- 11:34Invité politiqueFait
« Un maire rural est au four et au moulin. C'est-à-dire qu'on n'a pas des services en dessous de nous. »
- 12:26Invité politiqueChiffre
« À la mairie de Beaujeu, on est 15 équivalents en plein. »
- 12:30Invité politiqueChiffre
« Pour un strat comme nous, on devrait être 21. »
- 13:18Invité politiqueChiffre
« C'est 1 500 euros pour une commune de 2 000 habitants. »
- 20:35Invité politiqueChiffre
« On accueille 16 cars par semaine des croisiéristes qui viennent à Lyon et qui viennent visiter. »
- 24:20Invité politiqueFait
« Les seigneurs de Beaujeu qui étaient sur la commune ont structuré toute la région beaujolaise et ont donné leur nom d'ailleurs au Beaujolais. »
- 25:20Invité politiqueFait
« Une église comme la nôtre, il faut que chaque génération prenne sa part. »
- 28:02Invité politiqueFait
« déjà nous les rénovations énergétiques c'est parti depuis le départ »
- 30:13Invité politiqueFait
« on va avoir des zones d'accélération énergétique donc il va falloir que d'ici la fin de l'année chaque commune se positionne »
- 31:31Invité politiqueFait
« on travaille aussi au niveau de la communauté de commune beaucoup sur justement le transport en vélo »
- 31:55Invité politiqueFait
« je suis vice-président et je suis en charge des IRVE donc des infrastructures de recharge des véhicules électriques »
- 34:27Invité politiqueFait
« les petites communes qui avaient été très vertueuses et bien elles avaient presque plus de droits à construire »
- 37:13Invité politiqueFait
« moi demain matin je sais que je vais préparer mon conseil d'adjoint de l'année matin »
- 38:16Invité politiqueFait
« moi je suis un peu passionné par l'histoire des seniors de Beaujeu »
Temps de parole
- Invité politique56 %
- Présentateur42 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère ! Lyon 1ère, l'invité politique du samedi, avec Lyon positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission de l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. On va partir un petit peu dans le département, on va partir dans le Beaujolais, on va voyager un peu davantage, vous avez souvent l'habitude d'avoir des élus de Lyon ou de la métropole, mais là on va partir un peu plus loin avec vous Sylvain Sauton, bonjour. Bonjour. Vous êtes le maire de Beaujeu. Voilà, Beaujeu.
Alors où est-ce que ça se situe Beaujeu ? Alors Beaujeu, c'est au nord du département, à peu près au-dessus de Belleville pour ceux qui connaissent. Pas très très loin de l'Épranche. Belleville-Macon, mais plus dans les terres.
Voilà, et on va partir avec vous à la découverte de votre commune, à peu près 2200 habitants. Ça a été un lieu important d'ailleurs dans l'histoire de la construction du département, mais vous nous raconterez tout ça. On va découvrir aussi, et c'est pour ça que je souhaitais vous accueillir, ce que c'est que d'être un maire rural, ce que c'est que la ruralité avec ses spécificités, et puis parler de l'association dont vous êtes aussi le président départemental de l'Association des maires ruraux de France.
Ça vous va ? Alors, Association des maires ruraux du Rhône, et de la métropole lyonnaise, et de la métropole lyonnaise. Car on a quand même quelques petites communes rurales, dans les Monts d'Or notamment.
C'est vrai ? Ah oui, et ça on n'imagine pas. Quelles sont les communes qui sont membres du coup dans la métropole, dans les Monts d'Or ? Vous les citez, mais enfin, vous voyez, les petites communes autour des Monts d'Or. Exactement. J'ignorais. Alors, vous le savez, on commence aussi toujours cette émission par une actualité, à la fois votre actualité et puis celle qui est dans l'esprit de toutes les Lyonnaises et les Lyonnais. Alors, c'est vrai que là, on est à la fois un peu loin et en même temps tout près de nos préoccupations habituelles.
Il est difficile dans le contexte de ne pas parler sans en parler, parce qu'on n'est pas là pour travailler sur ces sujets, les enjeux terribles du drame, de ce qui se passe en ce moment, entre le Hamas, Israël et le conflit qui déborde, dans l'horreur et dans ce qu'on peut appeler des attentats sans doute. Notre sujet, il n'est pas d'en parler, mais de se dire peut-être qu'on l'a vu, il y a plein d'endroits ou des communes où il y a des manifestations de soutien ou parfois de protestation. On sait qu'il y a un certain nombre d'établissements confessionnels qui doivent être un peu plus protégés que les autres.
Est-ce que vous, comme maire de cette commune, qui est déjà un bourg-centre, c'est déjà une assez grosse commune, vous avez l'impression que ça a impacté la vie de vos habitants, le vivre ensemble ? Est-ce qu'on est venu vous en parler, par exemple ?
Non, dans nos communes rurales, on ne va pas être sur cette thématique-là, même si chacun le ressent assez fortement, comme tout le monde, comme tout à chacun. Nous, on n'est pas impactés par cet esprit communautaire, par ces rivalités.
Ce n'est pas un sujet. Ce n'est pas un sujet, mais c'est vrai qu'on en parlait en préparant cette émission, c'est aussi, parfois, ça peut ramener ou raviver des petites tensions du quotidien. Et on a vu qu'il y a peu de communes, même dans des territoires ruraux, qui échappent un petit peu à la difficulté du vivre ensemble. Est-ce que vivre ensemble, même dans vos territoires, c'est devenu plus compliqué ?
Oui, les tensions chez nous, c'est plus des tensions peut-être d'ordre social. Par exemple, nous, on a beaucoup de logements locatifs, et puis des loyers très peu élevés. Donc, on a des populations qui viennent plutôt sur nos territoires, justement, pour profiter de ces loyers peu élevés. Donc, ça fait des tensions, parce que c'est souvent des personnes en très grande difficulté sociale, et qu'il faut accepter. Voilà, on est là, justement, pour le vivre ensemble. On a aussi des néo-ruraux, qui viennent peut-être avec des idées un peu prédéfinies de ce qu'est la ruralité.
Il y a un choc de culture, parfois, ça, on va en parler, parce que le paradoxe, je crois, c'est que, effectivement, ce qu'on appelle les néo-ruraux, c'est des personnes qui, à un moment, pour une raison ou une autre, comme vous, parce que, par exemple, vous êtes natif de votre commune, vous avez habité à Lyon, vous êtes revenus, qui reviennent parfois en campagne, mais qui s'attendent aussi, peut-être parfois, à trouver la même chose que ce qu'ils avaient en ville, tout en voulant l'avoir à la campagne. C'est ça, la difficulté ? Oui, c'est ça, la difficulté.
Puis après, il y a aussi les aléas du monde rural. Je veux dire, bon, alors, on parle souvent du clocher qui sonne, on parle du coq, du coq, etc. Du tracteur qui roule. Mais c'est plutôt ça, c'est plutôt le tracteur qui va rouler, qui va, à un moment donné, remonter du foin, et donc, il y aura un bouchon sur la route, parce que, voilà, il faut remonter le foin. C'est chez nous, au niveau des vignobles, des vendanges, des moments où il y a beaucoup de monde qui arrive, et qu'il faut faire peut-être plus attention sur la route. Enfin, voilà, c'est d'autres problématiques.
C'est ça aussi qui nous a intéressés. C'est parce que vous êtes maire depuis 2008, mais vous êtes engagé depuis très, très longtemps dans cette commune. On reviendra sur votre parcours. Sur cette notion, justement, de la difficulté ou des échanges entre les uns et les autres, vous qui êtes élu depuis longtemps, est-ce que vous la voyez aussi, parce que c'est un sujet dont on parlera, il y a beaucoup d'incivilités, de sentiments un peu parfois de provocations, même d'incidents, ou même parfois de brutalités qui ont lieu à l'encontre des élus et des maires. Il y a beaucoup de vos collègues qui parfois sont prêts à démissionner, qui ont été victimes d'un certain nombre de choses.
Est-ce que vous, qui avez une vision au niveau du département, vous sentez aussi que, j'allais dire, l'autorité, ça a évolué, le respect a un peu disparu. Est-ce que la figure du maire est en train d'être un peu contestée elle-même ?
Contestée, peut-être pas, mais en même temps, en plus, nous, en tant que natif du coin, on est quand même plus avec des gens qu'on connaît bien. Mais c'est vrai que l'autorité qu'on doit exercer au niveau de la fonction de maire, d'autorité de police, par exemple, sur l'urbanisme, des choses comme ça, les gens ont beaucoup de mal à comprendre qu'il y a des règles et que c'est au maire de les faire appliquer. Ils ne comprennent pas forcément.
On dit souvent, d'ailleurs, je crois que le président du Sénat dit ça, mais d'autres l'avaient repris, que le maire est un peu à portée de baffe ou d'engueulade. Alors, d'engueulade, c'est déjà beaucoup, ou de baffe, ce n'est pas possible. Mais vous l'évoquiez aussi, c'est peut-être presque un paradoxe. C'est-à-dire qu'est-ce qu'il n'est pas plus difficile à un moment de faire appliquer la règle ou la loi quand c'est quelqu'un qu'on connaît très bien ? C'est-à-dire que, prenons votre exemple, si vous êtes natif du village, les gens vous connaissent, à un moment, vous revenez, vous devenez maire, mais finalement, les gens continuent de penser que c'est Sylvain.
Et est-ce qu'ils font la différence entre le Sylvain et le maire ?
Alors, des fois, c'est même le contraire. C'est moi que je me retrouve dans un contexte hors de mon rôle de maire. Et je dis, attendez, là, c'est Sylvain. Vous parlez à Sylvain, vous ne parlez pas au maire. Vous arrivez où on va faire la digérance ? J'essaie de leur dire, là, tu viens me parler, etc. Mais là, je suis en train de faire la fête, par exemple, avec les autres. Je ne suis pas là en tant que maire. Donc, tes problèmes, tu viendras m'en parler à la mairie. Par contre, ce qui est intéressant quand même, quand on connaît un peu les gens, c'est qu'on est à porter, alors pas forcément de baffe, mais au moins, on est à porter pour expliquer.
Moi, par exemple, je ne suis pas sur les réseaux sociaux. J'ai choisi de ne pas être sur les réseaux sociaux pour me faire bouffer du temps par ça. Par contre, je traverse la rue, je vais faire mes achats chez les commerçants du coin. Je barre mon café tous les dimanches matins au bar du coin. Les gens peuvent venir vous parler. Ils me parlent. Et en général, même quand il y a des choses qu'ils n'ont pas compris, parce que c'est souvent de l'incompréhension ou des choses qu'ils ont vues sur les réseaux sociaux, et voilà, ça part en flanc. Et donc, du coup, on est expliqué, simplement expliquer les choses, on est à porter, voilà, on peut expliquer.
C'est bien, c'est de dire aussi qu'on est à porter de pédagogique. C'est aussi peut-être un peu, aujourd'hui, le rôle d'un maire, quelle que soit la commune, c'est d'être le garant d'un ciment collectif et aussi celui qui explique le pourquoi, qui rappelle la règle, qui explique le pourquoi, qui essaie de faire comprendre comment ça marche.
Tout à fait, tout à fait. Par exemple, des règles d'urbanisme, nous, on a l'architecte des bâtiments de France qui, donc, a des demandes spécifiques. Bon, ben, les gens, je leur explique simplement que, voilà, quand ils sont sur l'autoroute et qu'ils seront prendre à 140 km heure, ben voilà, ils ont dépassé une règle. Et bien, il y a des règles aussi qui sont aussi au niveau de l'urbanisme et qu'il faut aussi les respecter.
Alors, c'est vrai que ça a beaucoup changé. C'est une question qui revient beaucoup parmi les collègues élus ou les maires qu'on interroge. C'est aussi cette dimension de plus en plus complexe et à la fois en volume et en difficulté de compréhension de les règles. Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a de plus en plus, comme on l'entend souvent, de normes, de choses complexes ? Est-ce que votre fonction même d'élu, elle est devenue particulièrement difficile, ne serait-ce que pour comprendre ce qu'on vous demande ? Oui, tout à fait.
Toutes les semaines, on a des nouvelles normes qui arrivent, des nouvelles règles. Des règles en plus qu'on sait que pertinemment, on ne sera jamais aux normes. On n'y arrivera pas simplement parce qu'on n'a pas les moyens financiers de le faire. Et donc, par contre, on est responsable. D'ailleurs, c'est un peu le paradoxe de la France, c'est que ceux qui édite les règles, les parlementaires ou les hauts fonctionnaires, ne sont pas forcément responsables pénalement. Or, le maire, il va être responsable pénalement derrière de certaines règles qu'ils ont mis en place. Et nous, des fois, on rame pour les faire appliquer. C'est fait à un autre endroit,
mais c'est vous qui êtes responsable. Et c'est fait d'ailleurs, pas toujours en se rendant compte de la réalité du terrain. On en reparlera tout à l'heure sur les questions de transition et notamment autour de la question du ZAN, puisqu'il y a eu un certain nombre de sujets qui ont été évoqués, y compris par le président de la région, sur un sujet un peu technique, mais en fait, qui raconte bien justement cette chose-là. Alors, je disais aussi que vous êtes président départemental de l'Association des maires ruraux de France. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est que l'AMRF et à quoi ça sert et quels sont un peu les combats ou les priorités de cette association ?
Oui, alors l'association, elle est organisée au niveau départemental. Donc, on a à peu près chaque département à son association. Et justement, notre rôle, c'est d'animer ce réseau et de faire remonter nos préoccupations. L'association au niveau national peut rencontrer les parlementaires, peut rencontrer le gouvernement et quand il y a des nouveaux textes qui arrivent, leur faire remonter justement nos préoccupations de base.
Y compris parfois au niveau national. Je sais que vous avez eu votre congrès très récemment où il y avait Dominique Faure, la ministre des collectivités et de la ruralité, mais aussi Christophe Véchu qui était présent. C'est aussi un moment pour leur faire comprendre et remonter sur le terrain ce qui se passe concrètement. Tout à fait, tout à fait.
Donc, il y avait sur ce moment, il y avait trois grands thèmes. Justement, on en parlera, mais la transition écologique, voilà. Et puis, on voulait aussi lancer le programme Village d'Avenir puisqu'on pense que toutes les politiques sont vraiment centrées sur le monde urbain, mais qu'il faut aussi que les villages soient en capacité de se développer quand ils ont des projets. Et puis, on a aussi fait remonter des contributions sur une réflexion
sur le statut d'élu. Oui, et on en parlera effectivement. Et c'est très lié d'ailleurs à l'engagement des élus, la manière dont l'autorité est peut-être un peu contestée. Enfin bref, tout est lié. On va partir un peu mieux dans une deuxième partie de notre émission à la découverte d'une commune rurale. A tout de suite. On se retrouve pour une deuxième partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Sylvain Sauton. Je rappelle que vous êtes maire de Beauveu, une commune de 2200 habitants à peu près dans le nord du département. Vous êtes aussi le président départemental de la MRF et on en parlait juste avant.
Cette association qui fédère et réunit les maires ruraux. Alors justement, ma première question concrète et pratique, c'est qu'est-ce que c'est qu'un maire rural ? Parce qu'un maire, on voit à peu près, mais est-ce qu'il y a une différence fondamentale entre un maire dans une ville et un maire en zone rurale ?
Oui, alors pour moi, la plus grosse différence, c'est qu'un maire rural est au four et au moulin. C'est-à-dire qu'on n'a pas des services en dessous de nous. Bien sûr, on a des gens qui gèrent l'administratif, mais on n'a pas de personnes en dessous de nous qui vont gérer le dossier d'investissement, monter le dossier de subvention, suivre en direct. Nous, on suit en direct tous les mails qui arrivent de la préfecture, etc. On n'a pas des services autour de nous, donc quelque part, c'est la plus grosse différence et c'est très chronophage du reste.
Alors, c'est vrai que on sait ça, que le maire, aujourd'hui, même si vous êtes ce qu'on appelle un bourre-centre, que vous avez sans doute des équipements qui correspondent à une ville un peu plus importante, peut-être plus qu'à 7-8 000 habitants, vous n'avez pas forcément beaucoup de personnes qui travaillent au sein de la mairie. C'est combien d'équivalents en plein ou de personnes qui travaillent, par exemple, à la mairie de Beaujeu ? Alors,
à la mairie de Beaujeu, on est 15 équivalents en plein. Pour un strat comme nous, on devrait être 21. Sauf que si on était 21, on n'arriverait plus à investir parce que la masse salariale serait trop importante. Donc, du coup, c'est pour ça que les élus, j'ai deux adjoints qui sont là presque à temps plein, moi qui suis bien sûr à temps plein, et puis d'autres adjoints qui, en fonction de leurs possibilités, viennent le plus possible. Et puis maintenant, j'ai aussi pas mal de conseillers délégués qui s'investissent beaucoup. Mais en fait, si les élus ne sont pas là, la commune, ça ne tendrait pas.
C'est vraiment un sacerdoce, c'est un engagement, parce que les gens ont parfois du mal à comprendre tout en le devinant, mais c'est aussi à la fois par passion, ce n'est pas par intérêt ou par appât du gain, parce que souvent, on entend des choses en disant que les élus, ça doit être bien payé, mais le maire d'une commune comme la vôtre, c'est quoi l'indemnité à peu près d'un élu comme ça ?
C'est 1 500 euros pour une commune de 2 000 habitants. Mais bon, après, les gens qui viennent pour l'appât du gain, je pense qu'ils en partent vite. Mais ils ne restent pas. Ce n'est pas ça qui... Il faut être... Nous, le maire rural, je pense qu'il a plus une culture un peu comme le monde associatif. C'est la volonté du vivre ensemble, la volonté d'apporter sa pierre à l'édifice, c'est ce qui motive. Le côté politique, ce n'est pas forcément...
Vous n'avez pas l'impression d'être un homme politique ? Non,
je n'ai pas cette impression-là. En plus,
je ne crois pas que... Ce n'est pas ce qu'attendent vos habitants non plus, d'ailleurs. Non, pas du tout, je ne pense pas. Alors, on parlait de l'engagement, de la passion, et c'est vraiment un point commun chez les élus. Vous êtes natif de Beaujeu, c'est-à-dire que, comme beaucoup, peut-être, vous êtes né, vous êtes reparti faire des études, et qu'est-ce qui vous a amené à retourner dans votre village, en fait ?
Alors, c'est un peu les concours de circonstances, c'est-à-dire que, bon, j'ai suivi mes études, et je me suis orienté justement vers l'urbanisme et l'aménagement, et puis, bon, j'étais maître d'internat en même temps pour payer mes études, et du coup, par facilité, j'avais pris comme thème ma commune, qui était une ancienne ville de redevenue un village, et donc, c'était les enjeux d'une politique d'urbanisme par rapport à ce changement de statut, pour voir comment l'avenir, voilà.
Donc, j'ai rencontré un peu, bien sûr, le milieu local, que je connaissais par ailleurs, puisque l'ancien maire était mon prof, d'ailleurs, quand j'étais au collège, enfin voilà, et puis, donc, quand je suis, j'ai eu mon premier emploi, en fait, je travaillais dans l'habitat rural, et j'habitais Villeurbanne, à l'époque, je suis avec un ami, et, nos logements d'étudiants, quoi, et puis, je me suis rendu compte qu'en fait, devenir de Beaujeu, ça me prenait moins de temps que de venir de Villeurbanne à Léavez, donc, du coup, je me suis, je suis revenu dans mon village, où j'avais déjà beaucoup d'engagement associatif, et donc, j'ai continué.
Est-ce que ce n'est pas d'ailleurs un point commun, un peu, je veux dire, à tous les élus qui viennent souvent du monde associatif, parce que le monde associatif, c'est aussi, c'est le partage, c'est l'entraide, c'est au service d'eux, c'est un peu la même logique, ou pourquoi, du coup, vous avez voulu passer de l'autre côté ? C'est-à-dire qu'on a aussi pas mal de pouvoir ou d'action quand on est associatif, pourquoi tout d'un coup devenir élu ? Alors,
ça s'est fait aussi par hasard, j'étais dans huit associations, les Sarmontels, enfin bref, plein d'associations locales, et donc, à un moment donné, je trouvais qu'on ne parlait pas assez de notre vie locale, et je suis devenu correspondant de presse. Et puis, l'ancien maire partait, un nouveau arrivait, il montait une équipe, il est venu me chercher, il m'a dit, écoute, t'es très investi, donc, est-ce que tu veux devenir adjoint et rentrer dans... Voilà, donc j'avais 30 ans, et bon, je n'ai même pas réfléchi, je me suis dit, mais pourquoi pas, c'est une continuité de mon engagement.
Ça vous semblait logique par rapport à la passion et l'attachement du territoire, et en même temps, la nécessité, c'est intéressant, de rappeler que vous avez été correspondant de presse, est-ce que le fait d'en parler, est-ce que le fait de raconter, est-ce qu'aujourd'hui, par exemple, on parle mieux et plus de la ruralité, c'est un élément important de raconter les choses et d'expliquer ce qu'on fait ?
Oui, je n'arrive pas trop à suivre ce que vous voulez me demander.
Par rapport au récit, c'est-à-dire que souvent, on a une vision un petit peu réductrice de ce que c'est que la campagne de la ruralité, mais vous, dans le combat aussi de l'AMF, c'est de raconter, mais la vérité des choses, c'est de bien expliquer ce qui se passe concrètement, c'est ça, de raconter une histoire, c'est essentiel aujourd'hui. Oui, oui,
voilà, raconter une histoire, c'est essentiel, justement, je trouve qu'on est peut-être un peu trop dans la com et pas assez dans l'action maintenant. Il faut trouver un subtil équilibre. Oui, il faut trouver un subtil équilibre, qu'elle est idéalisée, ce n'est pas vraiment ce qu'on vit au quotidien.
Justement, sur ces a priori, souvent, les gens associent, j'allais dire, campagne avec agriculture ou ruralité avec campagne. Comment on définit aujourd'hui la ruralité ? D'abord,
la ruralité, je pense qu'elle est multiple. Vous avez autour des villes, des communes qui ont grossi ou avec des néo-ruraux qui sont venus s'implanter. Après, vous avez la ruralité telle que je le vis moi, qui est une espèce intermédiaire. Puis, vous avez, par exemple, le Haut-Beaujolais ou des communes plus reculées qui sont restées dans la vraie ruralité avec, qui ont connu, comme toutes les communes rurales, une désertification. Voilà. Et puis, qui maintenant peinent à se relever. Mais par contre, les gens, ils ont l'Internet partout, ils vivent comme les autres.
Mais il y a quand même un sujet, effectivement, parfois, de choix de vie ou de manière de vivre. il y a toujours en tout cas un point commun autour de la nature, des espaces protégés, de l'agriculture, souvent. C'est quand même un des éléments qui peut caractériser la campagne et les zones rurales. Oui, oui, bien sûr.
L'agriculture, ça fait partie de notre monde, de notre vécu au quotidien. Chez nous, c'est plutôt la viticulture, du reste. Mais il y a aussi les forêts, il y a aussi la sylviculture. On est peut-être plus en contact avec ce monde agricole,
effectivement. Est-ce que c'est une bonne chose parce qu'on parle beaucoup depuis notamment la Covid, un peu, il y a eu le télétravail, un changement de rapport au déplacement, on va en parler, des questions de mobilité, mais on a l'impression que les gens redécouvrent, je vais dire, un petit peu les campagnes avec l'envie de s'installer. Est-ce que c'est une bonne chose, cette attractivité ? Parce qu'on entend aussi souvent que, en fait, les campagnes se vident, qu'il y a de la désertification. Comment est-ce qu'on peut comprendre cette espèce de chose qui a l'air contradictoire entre une attractivité et puis en même temps des campagnes qui se vident ?
C'est l'organisation qui a été faite de la France. Tout a été fait pour qu'on se concentre sur les métropoles, qu'on concentre les emplois sur les métropoles. Et du coup, on n'a pas eu, je pense, ces 30 dernières années, une vraie politique d'aménagement du territoire parce qu'on est partis sur un modèle urbain. Et voilà, donc les gens ont redécouvert justement le territoire rural peut-être à l'occasion du Covid dès qu'ils ont pu un peu partir. Notamment les Lyonnais parce que les Lyonnais, ils n'ont peut-être plus l'habitude de partir sur le sud. D'ailleurs, c'est un peu une tendance générale. On part plutôt vers le sud. Mais là, on a l'impression qu'il y a des changements. Ça remonte là.
Voilà, les gens sont remontés, ont redécouvert notamment notre région beaujolaise. Et je pense que dans les monts du Lyonnais, c'est pareil. Ils ont redécouvert leur environnement.
Ça monte aussi vers l'huile.
Tout à fait, leur environnement proche et après, ils ont vu aussi que c'était peut-être plus facile d'avoir une maison et c'est un autre modèle de vie.
Alors un maire, dans une ville comme la vôtre avec un budget de fonctionnement qui peut avoir l'air impressionnant mais je crois autour de 2 millions. Ça a l'air beaucoup mais en fait, ce n'est pas énorme par rapport à tout ce que vous avez à faire. C'est quoi votre quotidien ? Qu'est-ce que vous faites pour votre commune ? C'est quoi l'enjeu ? Est-ce qu'il faut la développer ? Est-ce qu'il faut émettre des équipements ? Comme vous êtes un boursant, c'est-à-dire que vous rayonnez autour de plein de petites villes donc vous avez des équipements plus importants que nécessaires. C'est quoi vos priorités depuis 15 ans ? Qu'est-ce que vous voulez faire de Beaujeu notamment ?
Beaujeu, c'est la capitale historique du Beaujeu. Par rapport à ça, on a un enjeu touristique très fort. On a à peu près 30 000 visiteurs par an donc on essaye d'avoir un pôle touristique fort pour accueillir. Par exemple, on accueille 16 cars par semaine des croisiéristes qui viennent à Lyon et qui viennent visiter et donc ils redemandent tous les ans donc ça veut dire que ça leur plaît quand même pas mal. Donc il y a un pôle touristique. J'essaye d'avoir aussi un pôle de service donc avec une maison France Service notamment qui est donc dans la maison du département. Donc avoir un pôle de service administratif. D'avoir également un pôle de santé.
Nous, on a la chance d'avoir un hôpital local mais donc on a construit à côté avec l'aide de la communauté de communes une maison de santé qui nous a permis de fixer quand même les professionnels de santé parce que voilà on avait un peu d'érosion aussi.
Ça c'est un sujet d'ailleurs ce qu'on appelle souvent la désertification médicale. On en parle régulièrement et parfois c'est dans des villes qu'on n'imaginerait pas y compris dans la métropole de Lyon. Est-ce que ça arrive aussi chez vous ? Est-ce que vous le voyez dans le département ? Est-ce que c'est quelque chose qui va devenir une des priorités notamment par rapport au vieillissement de la population ne serait-ce que ça ?
Oui tout à fait. En plus c'est le vieillissement de la population mais aussi le vieillissement du corps médical. Ça ça va être certainement l'enjeu. Dans le Rhône on le ressent moins actuellement que si je prends mes collègues des autres départements où il y a vraiment on n'a pas de médecin à moins de 40 kilomètres nous dans le Rhône c'est pas encore ça.
En plus on a pu structurer peut-être à temps avec des maisons de santé qui fait qu'on a pu garder aussi des médecins localement mais ça n'empêche pas qu'on voit très bien notamment si je prends le cas du Haut-Beaujolais mais je sais qu'il y a aussi des cas qui vont se présenter dans les monts du Lyonnais où les médecins vieillissent et donc ça va être difficile de les remplacer. Et puis il y a aussi
je crois et c'est à la fois compréhensible mais pas très simple une sorte de concurrence entre les communes on le voit souvent parce que construire une maison de santé c'est une chose mais il faut aussi qu'il y ait des médecins dedans et qu'il y a un peu parfois une compète dans les villes pour essayer d'aller surenchérir pour accueillir un peu mieux le médecin avec des aides ça arrive aussi vous commencez à le voir ?
Alors pas dans le Rhône mais pour le vivre avec des collègues présidents des autres départements oui oui c'est vraiment une concurrence nous c'est pas encore trop arrivé dans le Rhône mais ça n'empêche pas que la collectivité a vraiment une responsabilité parce que c'est vrai qu'il faut aussi avoir des structures parce que si on n'a pas les maisons de santé on est sûr qu'on n'aura pas de médecin en tout cas c'est sûr maintenant donc il faut aussi qu'on arrive à structurer faire de l'aménagement du territoire et avoir des maisons de santé au bon endroit après c'est difficile de les remplir
c'est vrai et tout est dit d'ailleurs parce qu'il faut aussi des équipements c'est-à-dire qu'il faut aussi par exemple des commerces comment est-ce qu'on fait pour garder du commerce de proximité dans un village ou un bours centre comme le vôtre ?
On fait des choix politiques très forts notamment par exemple moi j'avais une grande surface qui devait s'implanter en bas de ma commune si je l'implantais je tuais tous mes commerces et je tuais mon développement touristique en même temps puisque une ville qui est une ville d'ortoir donc on a fait le choix de préamper le terrain et d'émettre une caserne de pompiers et une caserne de gendarmerie ça ne rapporte rien par contre à la commune parce qu'on rembourse même des emprunts mais c'est un vrai choix politique à un moment qu'il a fallu faire c'était soit on donnait une ville d'ortoir soit voilà donc c'est là que le politique peut intervenir
et puis l'attachement aussi à la fois à sa commune et à la vision on va continuer de parler de tous ces sujets y compris par exemple de la place de la culture évidemment des questions de mobilité dans une troisième partie de notre émission à tout de suite on se retrouve pour la troisième partie de notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère toujours avec vous Sylvain Sauton vous êtes toujours maire de Beaujeu on était en train de partir à la découverte de cette cité qui était historique c'est ça et c'est un sujet d'ailleurs qui vous intéresse quel est le rôle de cette commune dans l'histoire du Beaujolais notamment ?
Les seigneurs de Beaujeu qui étaient sur la commune ont structuré toute la région beaujolaise et ont donné leur nom d'ailleurs au Beaujolais donc c'était des seigneurs qui étaient très puissants puisque dès 1200 ils rentraient dans la famille royale et notre beau-frère Philippe Auguste de l'emporte Constantinople voilà c'était vraiment une famille qui était très importante au niveau du royaume de France et puis d'ailleurs notre église qui est du XIIe siècle elle a été consacrée par le pape avec Pierre le Vénérable donc de Abbé Cluny qui était aussi une sommité à l'époque donc ça veut dire quand même pour qu'il se déplace à Beaujeu ça veut dire qu'il y avait vraiment un rôle
et ça c'est intéressant si cette dimension du coup de préservation du patrimoine ou de la dimension culturelle un peu dans vos actions comme maire vous êtes aussi attentif à ça sachant que c'est pas facile de protéger un patrimoine qui est souvent soit protégé soit inscrit soit classé comment on fait quand on a peu de moyens pour entretenir son patrimoine ou développer un pôle culturel par exemple comme vous le faites
alors on fait des choix nous par exemple une église comme la nôtre il faut que chaque génération prenne sa part donc nous on a un gros programme de réhabilitation des extérieurs et des vitraux du 15ème donc qui est lancé actuellement bon on est quand même bien aidé à la fois par l'État par le département la région et la DRAC donc voilà on a quand même des aides assez importantes quand on lance mais ça n'empêche pas que c'est ça veut dire que c'est une année budgétaire qu'on passe qu'on met là-dessus voilà et on fera pas autre chose pendant ce temps-là
c'est un peu comme le budget d'un père de famille en fait à un moment c'est quand on veut faire des travaux dans la maison on est obligé de les programmer on fait une chambre à un moment un bureau ceci il faut anticiper et se préparer c'est ça
c'est le projet de mandat c'est le projet de mandat justement on essaye alors avec tous les aléas qu'on connaît actuellement par exemple la hausse du coût de l'énergie qui fait qu'on est obligé de décaler des choses qu'on avait prévu des choses qu'on ne pourra pas faire on le sait et qu'il faut se piquer parce que les gens attendent
il y a un décalage entre le moment où vous avez été élu la Covid qui est arrivée dessus l'ensemble des crises l'Ukraine le coût de l'énergie tout ce qui se passe c'est en permanence c'est quoi vous diriez qu'un maire c'est quelqu'un on le disait qui fait de la pédagogie mais qui est sans cesse agile c'est quoi la principale qualité d'un élu d'ailleurs c'est déjà
de se tenir beaucoup informé de comment on peut aller chercher les aides et puis d'être d'être engagé peut-être à un autre niveau pour justement connaître faire un réseau quelque part et puis démontrer que son projet est intéressant non seulement pour sa commune mais aussi pour tout un secteur par exemple dans ma commune moi j'ai un théâtre un théâtre donc en 2010 on a réhabilité ce théâtre voilà donc ce théâtre il est le seul dans le nord du département et si j'ai plus ce théâtre bon voilà il faut faire encore 20 kilomètres de plus pour avoir un autre théâtre voilà donc c'est c'est les choix qu'on fait moi je sais quand je suis arrivé en 2008 j'ai mis en place un programme notamment sur un ancien couvent où on a commencé à mettre la médiathèque à terme je voudrais y mettre l'école de musique à terme il y a une chapelle où on voudrait faire une salle de cinéma vous voyez on est en 2008 on est en 2023 et je sais qu'à la fin du mandat vu la conjoncture je ne serai pas au bout
mais voilà c'est la patience il faut vraiment à la fois la patience c'est se projeter avec une vision à long terme tout en faisant face à des enjeux vous le rappeliez qui sont délicats on va rentrer dans une partie là qui concerne aussi beaucoup tout ce qui va être les transitions et notamment les transitions écologiques et environnementales vous l'évoquiez le coût de l'énergie à flamber c'est valable pour le citoyen mais c'est aussi valable pour ceux comme vous qui gérez une administration qu'est-ce que ça représente concrètement sur le budget d'une commune comme la vôtre qu'est-ce qu'il a fallu faire comment est-ce que vous anticipez en termes de rénovation en termes de coupure éventuelle comment on fait face à ça
déjà nous les rénovations énergétiques c'est parti depuis le départ vous n'avez pas attendu la crise pour non par exemple l'école élémentaire où j'ai été gamin je l'ai fait en 2014 j'avais été dedans il y avait encore les vitres soufflées donc voilà on a fait une super rénovation c'est un vrai projet on a rénové tout le bâtiment mais donc voilà et puis le théâtre dont je vous parlais tout à l'heure pareil quand on l'a rénové on a fait une rénovation énergétique après on sait que nos territoires vont être des vrais enjeux pour justement la politique de demain la transition écologique notamment avec c'est là qu'on va pouvoir développer des ENR des énergies nouvelles que ça soit l'éolien que ça soit le photovoltaïque que ça soit la méthanisation voilà nos territoires vont être des territoires en jeu la ressource en eau la ressource alimentaire nos territoires ruraux sont vraiment
alimentation eau en air et c'est vrai que c'était un des sujets d'ailleurs de votre congrès et que vous avez eu une initiative au niveau de la MRF très originale de concertation de recueil d'écoute un peu de tous les élus pour faire un grand atelier sur les transitions écologiques c'est ça ? tout à fait qu'est-ce qu'il en est ressorti ? je crois qu'il y a eu une présentation qui en a été faite qu'est-ce qu'on peut dire sur ces sujets qui montrent qu'effectivement les petites communes rurales sont en fait les futurs acteurs importants de ces questions ? alors tout à fait par exemple
cette démarche c'était deux élus par département qui ont été travaillés avec des pontes des sommités de la transition écologique voilà et qui ont essayé d'en tirer donc des des enseignements de faire de la pédagogie des enseignements pour savoir comment nous on allait se positionner par rapport à ça alors par contre c'est pas encore sorti officiellement comment voilà mais tout ce qu'on sait c'est qu'on va être justement des territoires vraiment en jeu et qu'on voudrait pas que le monde rural soit voilà que ça se fasse sur notre dos quelque part est-ce qu'on va être des vrais acteurs ?
c'était à la fois d'être des acteurs mais aussi d'être bien informés vous parlez du rôle de l'information c'est que tous les élus qui participent à ça puissent être au courant des meilleures connaissances des meilleures informations pour prendre aussi des décisions en conscience c'est ça qui est important aussi
tout à fait et par exemple là on sait qu'on va avoir des zones d'accélération énergétique donc il va falloir que d'ici la fin de l'année chaque commune se positionne pour dire ici on veut du photovoltaïque ici on veut de l'éolien ou on n'en veut pas chez nous on n'en veut plutôt pas ici on veut une autre forme d'énergie et tout ça il va falloir qu'on fasse une cartographie donc ça nous tombe dessus je crois que tous les mers ne sont pas encore informés de ça mais il va falloir qu'on sorte une cartographie et cette cartographie il va falloir d'ici la fin de l'année la travailler avec les communes voisines la travailler un peu avec la population aussi pour savoir ce qu'ils veulent ou ce qu'ils ne veulent pas donc vous voyez c'est des choses qui nous arrivent d'un seul coup et qu'il faut qu'on appréhende
Alors sur les enjeux de cette transition dans les territoires comme le vôtre il y a évidemment un enjeu de la mobilité on ne peut pas échapper à cette question à cet enjeu comment est-ce qu'on gère justement pour essayer d'être dans les transitions les questions de mobilité on sait que j'imagine que la plupart de vos administrés ont besoin de leur voiture alors est-ce qu'il faut de la voiture électrique est-ce qu'on peut faire quand même des modes doux est-ce qu'il y a des systèmes de transport à améliorer qu'est-ce qu'on peut faire quand on est comme vous un maire d'une petite commune sur ces enjeux de mobilité
Alors nous on a quand même une ligne de transport en commun qui nous ramène sur la gare de Belleville donc voilà on a aussi une voie verte et donc on travaille aussi au niveau de la communauté de commune beaucoup sur justement le transport en vélo sachant que le vélo électrique est en train de révolutionner aussi les choses parce que nous on a beaucoup de relief les gens ne prenaient pas forcément leur vélo mais maintenant avec des vélos électriques on peut aussi s'affranchir un peu des difficultés les distances s'allongent mais surtout la difficulté c'est le relief et puis sur la mobilité électrique alors là je suis bien passé pour en parler puisque au niveau du syndicat d'énergie du Rhône je suis vice-président et je suis en charge des IRVE donc des infrastructures de recharge des véhicules électriques donc voilà on essaye de développer justement tout un réseau qui va permettre à terme donc à tout le monde de pouvoir accéder à une recharge
parce qu'il faut créer le problème souvent de la voiture électrique et on le voit dans les reportages c'est qu'il faut une offre claire et complète de recherche c'est que si on prend sa voiture et qu'on reste en rade les gens vont hésiter à la prendre du coup
voilà tout à fait donc justement on va essayer de développer des super chargeurs plus le long des grands axes qui voilà et puis en même temps on va essayer d'aller là-haut enfin ces super chargeurs on aura peut-être un peu plus de rentabilité et du coup on va essayer de créer un vrai service public de la recharge et d'aller se mettre même dans les petites communes alors on va décliner on va commencer par 2000 habitants et après on va descendre à 1000 mais voilà on va essayer de développer tout un réseau après c'est vrai que l'enjeu sur le monde rural peut être un peu différent parce que beaucoup de personnes en zone rurale ont un garage donc déjà on peut se charger chez soi et ça c'est un vrai avantage par rapport à la mobilité on peut peut-être aussi développer du photovoltaïque sur le toit donc si on a besoin de la voiture de la journée se recharger aussi avec le photovoltaïque voilà donc on est en train de vivre vraiment une révolution en termes de ces transports tout le monde n'est pas encore convaincu par rapport à la véhicule électrique et puis c'est cher actuellement c'est très cher ça va se démocratiser ça va voilà donc je pense qu'on va vivre une vraie révolution du transport de la mobilité
et que ça peut se faire en zone rurale parmi les questions qui sont évidemment aussi centrales sur ces questions de transition écologique et on l'évoquait en ce début d'émission il y a eu une sorte de polémique ou une actualité forte qui est liée à l'annonce faite par le président Laurent Wauquiez dans votre congrès dans l'AMRF de son souhait de sortir de ce qu'on appelle la politique ZAN c'est-à-dire zéro artificialisation nette des sols en gros c'est une manière de protéger les réserves foncières les réserves agricoles etc mais lui disait d'une certaine manière qu'en même temps il fallait permettre aux élus peut-être de se développer justement pour accueillir pour créer des équipements et que le 1 hectare qu'on était censé vous laisser ne suffisait pas qu'est-ce que vous avez comme avis par rapport à ça sans rentrer dans la polémique mais pour que les gens comprennent le débat
oui alors moi je ne vais pas rentrer bien sûr sur le champ politique en fait c'était un vrai combat quand même des maires ruraux puisqu'au départ c'était voilà en fait on regardait comment on avait urbanisé dans les 10 dernières années et ça nous donnait des droits à construire ça veut dire que les petites communes qui avaient été très vertueuses et bien elles avaient presque plus de droits à construire donc ça veut dire qu'en gros on condamnait certains villages à mourir donc on a beaucoup œuvré au niveau justement de l'association et donc le Sénat a fini par sortir une règle qui était un hectare par voilà donc 7 hectares par commune
mais normalement on devait exclure d'ailleurs les grands équipements structurants ce qui n'est sans doute pas le cas finalement voilà
on devait les grands équipements structurants à la fois au niveau des communautés de communes genre les zones de développement économique mais au niveau donc de l'État ils devaient aussi sortir leurs grands équipements les grandes autoroutes voilà et ça c'est peut-être pour ça que Laurent Moquier est intervenu parce qu'il n'avait pas la vision de très clair de ce que voulait faire l'État en réalité après sur la règle de 1 hectare par village on peut aussi le remettre en question parce qu'il y a peut-être des villages qui n'ont pas besoin de cet hectare et l'autre village d'à côté qui a un vrai projet de développement qui pourra le faire aura peut-être besoin un peu plus en France on est comme ça on met des règles un peu défaut ce que ça raconte
c'est aussi qu'il faut tenir compte du terrain c'est-à-dire qu'il y a une réalité qui est variable on l'a dit il n'y a pas une mais des ruralités il y a des villages qu'on en a peut-être besoin pas besoin vous êtes les premiers à vouloir défendre et à préserver et l'agriculture et le foncé et la nature mais il faut aussi vous permettre d'éviter de dépérir c'est aussi ça
tout à fait moi je prends le cas d'un village du Haut-Beaujolais où il ne peut presque plus construire du coup qu'est-ce qui se passe les écoles ferment les commerces ferment on dit on ne va pas mettre de lignes de transport en commun puisqu'il n'y a pas grand monde qui monte là-haut mais du coup même les agriculteurs ne veulent plus à ça s'installer puisque une famille s'il faut aller chercher tous les services à 20 km emmener les gamins tous les matins voilà donc du coup c'est des terrains qui s'enfrichent où les bois prend le dessus on ne fait plus d'agriculture donc il y a tout un je veux dire il me disait que je crois que c'est une vache c'est un hectare 4 donc un hectare 4 on fait combien de maisons sur un hectare 4 pour une vache voilà donc il y a des réalités qu'il faut aussi prendre en compte
et c'était pour ça que c'était intéressant aussi de vous entendre alors il y a d'autres sujets que porte la MRF on n'aura pas le temps de rentrer dans le détail mais qui sont importants et on y reviendra souvent sur le statut de l'élu c'est-à-dire la réalité un peu des heures travaillées des droits à la retraite une vraie rémunération on l'évoquait souvent les élus entre leur déplacement leur frais ça leur coûte presque plus cher que ce qu'ils ont comme indemnité dans certains endroits donc vous vous battez aussi pour ça vous vous battez aussi j'allais dire 7 jours sur 7 on est samedi demain c'est dimanche qu'est-ce que fait un élu et un maire comme vous le dimanche est-ce qu'il arrive un peu à décrocher ou pas est-ce que vous avez une activité ou bien une passion qui vous permet de souffler un peu
par exemple moi demain matin je sais que je vais préparer mon conseil d'adjoint de l'année matin et puis après j'aurai le choix entre deux choses alors c'est une information que je peux donner mais par exemple il y a la marche des Châtaignes dans la commune d'à côté donc c'est une association qui l'organise c'est une très belle marche voilà avec des paysages magnifiques d'automne donc soit je vais faire cette marche mais cette année je vais peut-être plutôt choisir l'AG de notre assemblée générale des classes en 4 puisque je vais être concerné les conscrits c'est quelque chose de très important dans le Beaujolais et voilà donc je vais plutôt aller
en fait c'est rarement des dimanches studieux c'est des dimanches où il faut choisir
sauf ah oui il y a peu de week-ends où on peut prendre carrément un week-end complet dans l'année c'est très très peu de week-ends par contre c'est vrai que j'essaye souvent de me réserver un sas le dimanche après-midi où je vais bricoler je vais faire un peu de jardinage et je me vide la tête et un tout petit peu de temps pour lire quel est votre livre de chevet en ce moment ?
alors une fois que j'ai passé toutes les revues professionnelles qui s'empilent et qu'il faut aussi pouvoir assimiler et bien écoutez moi je suis un peu passionné par l'histoire des seniors de Beaujeu et on travaille avec avec Cluny actuellement sur une fédération européenne pour avoir un label UNESCO voilà et j'essaye de retrouver un peu donc sur la bibliothèque de France j'essaye de voir des vieux bouquins pour essayer de comprendre cette histoire et de voir comment les Beaujeux ont influé Cluny et Cluny ont influé Beaujeux pour entre l'an 1000 et 1400 en gros être à leur apogée tous les deux en même temps
on voit il y a à la fois un aspect loisir mais toujours quand même un lien avec le territoire et votre sol natal et l'histoire c'est important de savoir d'où l'on vient toujours tout à fait alors on se quitte aussi vous le savez en musique et je vous ai demandé de choisir un morceau qui vous parlait particulièrement qu'est-ce que vous avez décidé de nous faire entendre aujourd'hui ?
Alors bon ça ne va pas être original mais je trouve que la montagne de Jean Ferrat traduit bien ce qui s'est passé ces dernières années et donc et aussi les valeurs que représente la ruralité et ces valeurs c'est le socle sur lequel il va falloir qu'on construise le monde rural de demain
et bien on se quitte avec un grand classique de la chanson française merci beaucoup d'être venu nous voir et nous parler de ces mers ruraux qui sont à travers vous un peu plus connus aujourd'hui merci à très bientôt et la semaine prochaine on partira dans l'Est lyonnais avec Daniel Valero le maire de Jeunasse merci beaucoup
je voulais juste rajouter n'hésitez pas à venir dans le Beaujolais visiter le Beaujolais et ma commune en particulier voilà beaucoup d'activités touristiques
et bien c'était aussi ça l'idée merci à très bientôt au revoir au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+. Lyon Première