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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 1 juillet 2018 58 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsImmigration & asileTransports

Simone Veil : un Panthéon pour ne jamais oublier ?

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 6 %Attaque 6 %Défensif 46 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30ComplaisanteRéponse partielle

    Merci d'être avec nous sur France Culture. Voici l'esprit public, la dernière de la saison.

  • 1:34OuverteRéponse partielle

    Quand nous voulons faire l'Europe, c'est justement pour que l'Europe soit une terre où il faut faire bon vivre sans discrimination de race, de religion, entre tous les hommes et les femmes de bonne volonté.

  • 3:04OuverteRéponse partielle

    Quelle ironie du sort, Monique Cantos-Perbert.

  • 5:18OuverteRéponse partielle

    Sylvie Kaufmann, on essaie d'imaginer Simone Veil, regardant ces derniers jours, Matteo Salvini au pouvoir en Italie, regardant des bateaux de migrants dérivés en pleine mer, regardant cette prolifération de gouvernements réclamant la fermeture des frontières, regardant cette Europe au bord du dépôt de bilan, et on imagine évidemment qu'elle ne se serait pas tue.

  • 9:12OuverteRéponse partielle

    On pourrait dire cyniquement qu'elle aubaine politique aujourd'hui pour Emmanuel Macron, après ce Conseil européen désastreux dont on parlera dans un instant, que de pouvoir parler d'Europe grâce à la figure de Simone Veil.

  • 18:03OuverteRéponse partielle

    Sylvie Kaufmann, pourquoi ce sommet nous plonge dans un profond malaise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34InvitéFait
    « Quand nous voulons faire l'Europe, c'est justement pour que l'Europe soit une terre où il faut faire bon vivre sans discrimination de race, de religion, entre tous les hommes et les femmes de bonne volonté. »
  • 2:01PrésentateurFait
    « Lors d'une cérémonie organisée par l'Elysée est truffée de symboles et de références à cette idée européenne dont elle était une inlassable promotrice. »
  • 3:32InvitéFait
    « Elle a vécu à l'âge de 17 ans la chose la plus terrible qu'une jeune femme puisse vivre, l'humiliation, la perte de ceux qu'elle aimait, le fracassement de toutes les illusions humaines, le dénuement total, la confrontation à cette obligation de ne pas vivre et une certaine indifférence, d'ailleurs, au retour. »
  • 4:18InvitéFait
    « Alors, à propos de l'Europe, en effet, Simone Veil avait l'engagement européen qu'on retrouve d'ailleurs chez beaucoup de survivants de la Shoah, qui est presque un espoir métaphysique, que l'Europe vienne réparer, si c'est possible, cet événement limite, pour reprendre l'expression de Friedlander, qui a été la volonté d'extermination des Juifs d'Europe. »
  • 5:00InvitéFait
    « Elle s'est entièrement consacrée à la mémoire de la Shoah, avec la création de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, et l'attachement à ce que persiste le souvenir de ce qui s'était passé, dans la crainte qu'après la mort des derniers témoins, on oublie. »
  • 7:08InvitéFait
    « Je lui ai dit, qu'est-ce que vous en pensez de cette idée ? Et alors, elle s'est enthousiasmée, elle a dit, mais j'espère qu'elle va y aller, j'espère qu'elle va y aller. »
  • 7:34InvitéFait
    « Et tout de suite, elle m'a dit non, parce que je n'ai jamais voulu, je n'aurais jamais voulu, peut-être même à tel qu'elle n'y avait pas pensé. »
  • 9:56InvitéFait
    « Il y avait une très belle interview dans Le Monde d'hier de Michel Perrault, dans laquelle elle expliquait que les grands hommes, bon, en l'occurrence, c'est les grandes femmes qu'il faut honorer, n'entrent pas au Panthéon pour leur souffrance, mais pour leur héroïsme, pour les valeurs positives qu'elles ont portées. »
  • 10:18InvitéFait
    « Il était, disait-il, une victime. Les victimes n'entrent pas au Panthéon. Ce sont les héros qui le font. Le héros de l'affaire Dreyfus, c'est Zola. Or, il y est déjà. »
  • 11:07InvitéFait
    « On se souvient à tous, en tout cas ceux qui étaient en âge de s'en souvenir, que c'est au moment du 50e anniversaire de la libération des camps, en 1995, que véritablement, on a découvert que toute cette génération, qu'on connaissait par ailleurs, avait pour certains d'entre eux fait l'expérience terrible de la déportation. »
  • 16:29Locuteur non identifiéFait
    « L'Autriche de Sébastien Courts avait déjà écarté l'idée d'accueillir ces centres sur son sol. »
  • 17:03Locuteur non identifiéFait
    « Le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, annonçait que les ports italiens seraient fermés tout l'été aux ONG. »
  • 22:16PrésentateurFait
    « Daniel Cohen, c'est qu'avec ce sommet le principe même des quotas est mort. »
  • 22:21InvitéFait
    « C'est la mort aussi de ce qu'Angela Merkel voulait comme principe européen : la solidarité, le partage de la tâche. »
  • 28:23InvitéFait
    « La remise en cause de ce qui avait été élaboré comme la solution, c'est-à-dire ces quotas de répartition obligatoire. »

Temps de parole

  • Invité24 %
  • Invité 222 %
  • Invité 319 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 414 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:30
Présentateur

Merci d'être avec nous sur France Culture. Voici l'esprit public, la dernière de la saison. Et quelle saison ? Émission en public, bien sûr, pour fêter cette fin d'année avec vous, chers auditeurs. Merci encore d'être venus si nombreux aujourd'hui. Auditeurs si fidèles à notre orchestre dominical, nos visiteurs du dimanche pour cette dernière, l'écrivain et metteur en scène Ouajdi Mouawad à la philosophe Monique Cantus-Perbert, l'économiste Daniel Cohen et la journaliste du Monde Sylvie Kaufmann. Et puis, c'est le musicien Ibrahim Malouf, en personne, qui jouera tout à l'heure notre générique de fin.

Lui qui nous a porté bonheur avec son Red and Black Light, le titre de ce morceau qu'on est en train d'écouter en ce moment même. Merci à lui, merci à Ibrahim Malouf d'avoir été notre parrain musical depuis septembre dernier. Voici notre sommaire du jour. Simone Veil, un panthéon pour ne pas oublier. Europe, comment en est-on arrivé là ? Et 80 km heure sur les routes, l'esprit français est-il râleur ?

1:34
Invité

Quand nous voulons faire l'Europe, c'est justement pour que l'Europe soit une terre où il faut faire bon vivre sans discrimination de race, de religion, entre tous les hommes et les femmes de bonne volonté.

1:48
Présentateur

Au moment où nous nous parlons, dans ce studio de Radio France, Simone Veil entre au panthéon. Un an presque jour pour jour après sa mort, aux côtés de son mari Antoine. Lors d'une cérémonie organisée par l'Elysée est truffée de symboles et de références à cette idée européenne dont elle était une inlassable promotrice. Référence aussi, bien sûr, ce dimanche à la Shoah qui marqua toute sa vie. Un tapis bleu sur les pavés de la rue Soufflot qui grimpe vers le panthéon pour représenter la paix, l'entente entre les peuples et l'Europe. La chanson de Jean Ferrat, Nuit et Brouillard, et puis Barbara Hendrix pour chanter la Marseillaise.

Lundi matin, Simone et Antoine Veil iront rejoindre dans le caveau numéro 6 du panthéon, Jean Moulin, André Malraux, mais aussi Jean Monnet. Le féminisme, le courage, la résistance, l'Europe, la paix, toutes ces valeurs qu'incarnait cette femme, transcendées par l'histoire, qu'il était toujours très impressionnant d'interviewer, tant sa figure était écrasante et son caractère bien trompé. Simone Veil, célébrée en ce 1er juillet 2018, au moment où l'Europe est fracturée comme jamais, où le mot « valeur » semble périmer. Mais Europe fermée, Europe réduite à son plus petit dénominateur commun, où vocifèrent les voix nouvelles des xénophobes. Quelle ironie du sort, Monique Cantos-Perbert.

3:07
Invité

En effet, l'engagement européen a été une véritable orientation de la vie de Simone Veil, dont l'histoire, la personnalité a été très profondément marquée par l'expérience de la déportation et de la guerre, d'ailleurs, comme c'est le cas de deux des femmes qui l'ont précédée au Panthéon, Geneviève Antonios de Gaulle et Germaine Tillon. Elle a vécu à l'âge de 17 ans la chose la plus terrible qu'une jeune femme puisse vivre, l'humiliation, la perte de ceux qu'elle aimait, le fracassement de toutes les illusions humaines, le dénuement total, la confrontation à cette obligation de ne pas vivre et une certaine indifférence, d'ailleurs, au retour.

Et je crois que ça a laissé en elle une très forte conviction que c'est en soi-même qu'on trouve ses propres forces. Et c'était ça, son message sur l'autonomie des femmes, beaucoup plus qu'une défense abstraite des droits des femmes. Cette autonomie qui fait que ce n'est à personne d'autre qu'à la femme elle-même de décider de quelle manière elle peut vivre libre, quelle que soit la manière dont elle cherche à l'exprimer.

Alors, à propos de l'Europe, en effet, Simone Veil avait l'engagement européen qu'on retrouve d'ailleurs chez beaucoup de survivants de la Shoah, qui est presque un espoir métaphysique, que l'Europe vienne réparer, si c'est possible, cet événement limite, pour reprendre l'expression de Friedlander, qui a été la volonté d'extermination des Juifs d'Europe. Et elle en a gardé, d'ailleurs, cette volonté de maintenir, parce que c'est dans le prolongement de son engagement, un fort rapport avec les institutions scientifiques et de recherche israélienne, d'où le rôle qu'elle a eu dans l'élaboration des liens avec l'Institut Pasteur et l'Institut Weissmann.

Juste une chose encore, quand elle a quitté ses fonctions politiques, elle s'est entièrement consacrée à la mémoire de la Shoah, avec la création de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, et l'attachement à ce que persiste le souvenir de ce qui s'était passé, dans la crainte qu'après la mort des derniers témoins, on oublie.

5:18
Présentateur

Sylvie Kaufmann, on essaie d'imaginer Simone Veil, regardant ces derniers jours, Matteo Salvini au pouvoir en Italie, regardant des bateaux de migrants dérivés en pleine mer, regardant cette prolifération de gouvernements réclamant la fermeture des frontières, regardant cette Europe au bord du dépôt de bilan, et on imagine évidemment qu'elle ne se serait pas tue.

5:40
Invité

Bien sûr, et sa voix manque, évidemment, parce que je crois qu'elle était vraiment légitime pour prendre la parole aujourd'hui, et sa voix aurait porté. Mais le fait qu'elle soit admise au Panthéon aujourd'hui montre que son héritage et son témoignage demeure, et qu'on lui attache la valeur qu'il mérite. Donc je crois qu'elle est dans la lignée de ces grands Européens, dont l'ombre est encore portée aujourd'hui. On en reparlera en détail tout à l'heure, mais je crois que son message est toujours là, et très très vivace, même s'il faut le porter nous-mêmes maintenant, à notre tour.

Et il y a une autre chose que je voudrais dire à propos de Simone Veil, bien sûr, tout a déjà été dit, Monique vient de dire des choses magnifiques sur elle, auxquelles je souscris. Mais il y a une anecdote, un épisode qui m'est revenu à l'esprit en pensant à elle, c'était un déjeuner auquel j'ai eu la chance de participer, en 2006. Je pense que c'était en 2006, parce que c'était le moment où on s'interrogeait sur la possibilité, pour Ségolène Royal, de se présenter aux élections présidentielles. Ça n'était à l'époque encore qu'une possibilité dont on rigolait beaucoup, je dois dire, dans les milieux politiques. Et j'ai posé la question à Simone Veil à ce déjeuner.

Je lui ai dit, qu'est-ce que vous en pensez de cette idée ? Et alors, elle s'est enthousiasmée, elle a dit, mais j'espère qu'elle va y aller, j'espère qu'elle va y aller. Enfin, qu'une femme se lance, ça aurait déjà dû arriver, il est grand temps, etc. Finalement, elle a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy en 2007, mais cet enthousiasme, il était temps, elle trouvait que c'était déjà trop tard et que ça aurait dû intervenir avant. Et je lui ai demandé, mais vous, vous n'avez jamais pensé à vous présenter à la présidence ? Et tout de suite, elle m'a dit non, parce que je n'ai jamais voulu, je n'aurais jamais voulu, peut-être même à tel qu'elle n'y avait pas pensé.

D'ailleurs, elle a expliqué pourquoi, parce que c'est quelque chose à laquelle il faut donner toute sa vie. Il faut y consacrer tout son temps, il faut tout donner. Et moi, je n'étais pas prête à tout donner. Et je pense que quand elle disait ça, elle pensait aussi à sa famille et à son couple. Et je trouve ça merveilleux qu'ils entrent tous les deux avec son mari, avec Antoine Veil, au Panthéon aujourd'hui. Parce que c'est vraiment, il y avait une complicité entre eux, il y avait une union, une fusion. Enfin, c'était un couple vraiment extraordinaire à regarder. Je les ai très peu connus, mais rien que de les... Ils étaient ensemble à se déjeuner et c'était vraiment assez...

C'était sympa, c'était chaleureux et c'était intelligent, une intelligence commune entre eux, vraiment extraordinaire. Et sa famille, c'est une figure maternelle, c'est une famille... Elle parlait beaucoup de son rôle de grand-mère aussi. J'ai vu récemment un document de Lina, où elle dit, on lui demande... Où elle raconte qu'elle est désolée parce que son petit dernier, qui a 20 ans, quand elle est ministre, est un peu seule à la maison. Et je trouve ça très drôle. On voit qu'elle est, même encore à ce moment-là, déchirée comme toutes les mères de famille qui travaillent entre son rôle de mère et son rôle, qui était quand même très très important, de ministre.

Et elle pense à son petit dernier de 20 ans, qui est tout seul à la maison. Voilà, je trouve ça merveilleux. Daniel Cohen, revenons à la politique.

9:12
Présentateur

On pourrait dire cyniquement qu'elle aubaine politique aujourd'hui pour Emmanuel Macron, après ce Conseil européen désastreux dont on parlera dans un instant, que de pouvoir parler d'Europe grâce à la figure de Simone Veil. Simone Veil qui aussi, d'une certaine manière, incarne quelqu'un qui transcende les partis. Elle est une icône pour la droite, pour le centre, pour la gauche.

9:31
Invité

Oui, mais on ne va pas ramener ce moment d'émotion à ce calcul. C'est vrai qu'il y a un alignement, on veut dire, bien sûr, entre les combats européens de Simone Veil et ceux de Macron aujourd'hui. Mais bon, je crois qu'il faut en effet, comme l'ont très bien fait Monique et Sylvie à l'instant, rendre hommage à cette personnalité formidable. Il y avait une très belle interview dans Le Monde d'hier de Michel Perrault, dans laquelle elle expliquait que les grands hommes, bon, en l'occurrence, c'est les grandes femmes qu'il faut honorer, n'entrent pas au Panthéon pour leur souffrance, mais pour leur héroïsme, pour les valeurs positives qu'elles ont portées.

Et dans cette interview, Michel Perrault rappelait le débat qu'il y avait eu lorsque Robert Badinter s'était opposé à ce que Dreyfus, de l'affaire Dreyfus, entre au Panthéon. Il était, disait-il, une victime. Les victimes n'entrent pas au Panthéon. Ce sont les héros qui le font. Le héros de l'affaire Dreyfus, c'est Zola. Or, il y est déjà. Donc, il n'y a pas besoin de le faire une deuxième fois. Et c'est vrai que dans la personnalité de Simone Veil, il y a cet héroïsme à avoir voulu porter des valeurs positives toute sa vie pour les femmes, pour l'Europe.

Et ça n'est finalement, mais comme pour toute cette génération, que très tard que la question de la Shoah est véritablement venue, qu'elle a été énoncée. Et d'ailleurs, Monique rappelait que c'est quand elle a cessé toute sa vie publique, sa vie politique, qu'elle s'est consacrée à cette question. Et je crois qu'on se souvient à tous, en tout cas ceux qui étaient en âge de s'en souvenir, que c'est au moment du 50e anniversaire de la libération des camps, en 1995, que véritablement, on a découvert que toute cette génération, qu'on connaissait par ailleurs, avait pour certains d'entre eux fait l'expérience terrible de la déportation.

Je pense notamment à un moment qui m'avait beaucoup marqué, qui était une émission de télévision, où on avait à la fois Simone Veil et Henri Krasucki, l'ancien dirigeant de la CGT, dont on a découvert, je crois pour beaucoup de monde, à ce moment-là, qu'il avait été déporté, qu'il avait fait avec Simone Veil la Grande Marche, et qu'il n'en avait jamais parlé. Et on lui a demandé, mais vous n'en avez jamais... On découvre, son vrai nom était Enoch Krasucki, il faisait partie de ces jeunes Polonais qui avaient fait de la résistance, qui avaient été déportés, et qui s'étaient retrouvés comme juifs à Auschwitz. Et il disait, mais on ne m'a jamais posé la question, pourquoi y répondrais-je ?

Et je crois que l'héroïsme de cette génération, c'est d'avoir voulu mener une vie normale, parmi les leurs, comme maire ou comme personnage politique ou syndical, en hommage silencieux à leurs proches, à ceux qu'ils avaient perdus, mais sans en parler, parce qu'ils voulaient incarner exactement ce que le Panthéon honore aujourd'hui, les valeurs positives.

12:32
Présentateur

Finalement, tous les trois aujourd'hui, vous parlez de cette injonction à témoigner que nous transmet Simone Veil, aussi, par cette entrée au Panthéon. Transmettre, continuer de témoigner, en même temps, quand on se retourne, on a l'impression qu'il n'y a pas grand monde, ouah, je dis-moi, ouah, derrière Simone Veil.

12:48
Invité

Moi, ce qui me frappe, en fait, c'est à la fois pour reprendre un peu ce qui a été dit, c'est l'idée, justement, que cette génération, autour de la question du témoignage, c'est-à-dire ceux qui ont pu, ceux qui peuvent témoigner, ont fait le choix parmi certains d'entre eux, et pour moi, ce sont les plus grands, je pense, par exemple, quelqu'un qui ne l'a pas vécu, mais qui l'a regardé, évidemment, je pense à quelqu'un comme Anna Arendt, qui, étrangement, avec Simone Veil, j'ai toujours fait dialoguer intimement lorsque, à chaque fois que je me suis posé ces questions, et que j'ai voulu apprendre, ça a été pour moi les deux axes, les deux voies des femmes, de grandes femmes, qui ont voulu aussi, d'une certaine façon, s'élever au-delà de la question juive, tout en rappelant le caractère de la destruction des juifs d'Europe, mais en même temps, en posant la question, à présent, comment fait-on pour continuer ensemble, entre guillemets, et que ce soit Simone Veil ou Anna Arendt, il y a eu cette idée de développer l'idée qu'à présent, il faut sortir de la malédiction des prophéties et du sang, pour accéder à la seule manière d'arriver à vivre ensemble, qu'on pourrait, d'une certaine manière, appeler la promesse de nos amitiés les uns avec les autres.

C'est-à-dire, maintenant, ce qui va nous relier, c'est les engagements, pas par le sang, mais par les promesses que nous faisons les uns aux autres, tout simplement, parce que nous sommes tous des humains, et qu'entre nous peut surgir ce que l'on peut appeler une amitié, donc une manière de penser l'humanisme qui se dégage de la question identitaire. Et ça, c'est quelque chose, pour moi, qui me sauve, entre guillemets, puisque n'étant pas juif, en plus étant libanais, cette question-là, elle a été apportée par ceux qui, justement, ont traversé cet enfer, ou qui l'ont regardé, ou dont la famille a été extrêmement violentée, et puis éliminée par cette horreur-là.

Et le fait que, là, Simone Veil entre au Panthéon, c'est aussi, à la fois, je le regarde comme une chose un peu paradoxale, étant donné la situation de l'Europe et des réfugiés, et cette question de, si on pense aujourd'hui la question de l'amitié au prisme de ce qui se passe aujourd'hui par rapport à la question des réfugiés, on voit bien qu'on est presque dans une antithèse.

Alors, l'entrée de Simone Veil au Panthéon est à la fois un rappel de cet héroïsme, de dépasser la question identitaire pour aller dans la question de, on pourrait dire, l'amitié, et en même temps, c'est peut-être, étrangement, un symbole qui nous rappelle qu'il y a un risque à ce que ces idées très fortes soient enterrées, justement, et que le Panthéon devienne le tombeau de ce pourquoi ces femmes se sont battues.

15:54
Présentateur

Merci, Ouahjdi Mouawad, merci à tous lesquels pour cet hommage à Simone Veil. Vous parliez, Ouahjdi, de cette époque antithèse que représente Simone Veil, et bien justement, venons-en maintenant spécifiquement à l'actualité européenne de ces derniers jours.

16:08
Locuteur non identifié

Les 28 s'étaient donc mis d'accord

16:19
Présentateur

sur la création de centres d'accueil sur le sol européen, sur la base du volontariat, et pour se pencher aussi sur l'instauration de dispositifs d'accueil situés en dehors de l'Union. L'Autriche de Sébastien Courts avait déjà écarté l'idée d'accueillir ces centres sur son sol. Quant au Maroc, il s'était opposé d'emblée à la constitution de ces plateformes de débarquement sur les côtes du Royaume. Les aides seraient renforcées pour Frontex, pour les pays de transit comme la Turquie ou ceux d'Afrique du Nord. Il s'agirait aussi d'éviter les déplacements de migrants entre pays de l'Union, les 28 promettant de revoir Dublin pour soulager les pays riverains de la Méditerranée.

Il avait fallu des heures pour en arriver là et l'on sentait bien que les participants se forçaient un peu pour parler de victoire. Surtout qu'en quelques heures à peine après la fin du sommet, le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, annonçait que les ports italiens seraient fermés tout l'été aux ONG. Tout juste, Angela Merkel avait-elle qualifié de positif le texte final du sommet ? Quant à Emmanuel Macron, sa déclaration avait été sobre, vaguement contrainte. En attendant, le champ lexical de l'invasion, le spectre de la submersion migratoire instrumentalisé par l'extrême droite était toujours là.

Notre continent se transformait progressivement en forteresse, du moins en continent difficile d'accès. Mais comment donc en était-on arrivé à cette Europe-là ?

17:37
Locuteur non identifié

C'est d'abord le fruit d'un travail conjoint et c'est la coopération européenne qui l'a emporté sur le choix d'un non-accord ou de décision nationale qui n'aurait été ni efficace ni durable. La solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée lors de ce sommet et notre volonté de parachever le travail pour que les sept textes en discussion soient dans les meilleurs délais décidés.

18:03
Présentateur

Sylvie Kaufmann, pourquoi ce sommet nous plonge dans un profond malaise ?

18:13
Invité

D'abord parce qu'il y a une tragédie humaine de grande dimension qui est en train de se dérouler depuis quelques années sous nos yeux et à nos rivages et puis parce qu'il symbolise la difficulté, je ne veux pas dire l'impuissance parce qu'on a ce mot trop facilement, je crois qu'on l'utilise trop facilement à propos de l'Europe qui fait quand même beaucoup de choses mais de la difficulté croissante de l'Europe à se mettre d'accord sur les sujets difficiles et cette terrible habitude qu'a l'Europe de n'avancer que par crise existentielle d'une certaine manière finalement on arrive à prendre des décisions en général imparfaites etc.

mais bon qui comprend quand même quand il y a le feu et c'est pénible, c'est très compliqué c'est très difficile c'est très compliqué à vivre pour les Européens parce que l'Europe pourrait et devrait faire mieux alors là on a je crois qu'il faut remonter un petit peu un petit peu plus loin on est une Europe à 28 qui sera bientôt 27 mais ça ne simplifie pas les choses donc c'est quand même beaucoup par rapport à ce qu'a été l'Europe à sa fondation ça a totalement changé les choses et si on reprend cet élargissement de 2004 où on a tout d'un coup absorbé 10 pays et dont la plupart des pays post-communistes d'Europe de l'Est on y reviendra puisque vous y avez consacré

19:46
Locuteur non identifié

une passionnante série dans le monde cette semaine

19:48
Invité

oui je suis retournée sur mes terres et c'est un sujet qui effectivement me hante un peu depuis j'ai eu cette chance extraordinaire de pouvoir couvrir pour le monde comme jeune reporter l'effondrement du communisme en Europe centrale et la transition vers les démocraties et les économies de marché et puis après je suis allée m'occuper d'autre chose et puis depuis quelques années j'y retourne régulièrement et je me dis j'ai cette question et je me dis mais pourquoi ça s'est passé comme ça c'est la question que vous posez qu'est-ce s'est-il passé pourquoi ça ne s'est pas passé comme on avait prévu de manière tout à fait innocente et un peu spontanée c'est la fameuse thèse de la fin de l'histoire de Francis Fukuyama à la fin de la guerre froide les idéologies occidentales avaient gagné et ça s'est arrêté là et non ça ne s'est pas du tout arrêté là l'histoire n'est pas finie elle continue à évoluer et d'une certaine manière elle se retourne un peu contre nous maintenant donc si on prend en 2004 l'élargissement à ces pays qui était inévitable qu'il fallait faire ils avaient mérité de rejoindre l'Europe ils avaient fait ce qu'il fallait pour le faire ils s'étaient révoltés et même si on ne les a pas toujours accueillis à bras ouverts il fallait les admettre et puis maintenant voilà qu'ils se retournent pas tous mais enfin une partie d'entre eux se retournent contre nous construisent veulent construire une sorte de forme différente de démocratie c'était très difficile à accepter pour nous et puis là tout ça explose nous explose à la figure avec cette crise des réfugiés des flux migratoires qui je crois qu'on a raison de le dire de le souligner ces derniers temps n'est pas une crise migratoire mais une crise politique puisque les flux se sont considérablement réduits mais il y a toujours beaucoup de monde qui est arrivé en 2014 2015 en Europe et notamment en Allemagne mais après tout tous ces gens ont circulé au sein de l'Union Européenne et maintenant on a donc on avait eu cette coupure Est-Ouest avec des partis populistes au pouvoir en Europe centrale et maintenant on en a partout à peu près enfin ils ne sont pas partout au pouvoir mais ils sont on le voit en Italie en Autriche ils font partie de coalitions ils sont ils dominent le discours politique aujourd'hui sur cette question donc le malaise

22:08
Présentateur

il est là ce qu'on voit très bien dans une carte de l'Europe qu'a fait l'Obs cette semaine qui montre en effet cela de façon patente ce qui a été beaucoup souligné cette semaine aussi Daniel Cohen c'est qu'avec ce sommet le principe même des quotas est mort c'est la mort aussi de ce qu'Angela Merkel voulait comme principe européen la solidarité le partage de la tâche

22:26
Invité

oui en réalité on peut lire et relire le communiqué de ce de ce sommet de Bruxelles et ne pas comprendre exactement ce qui a été décidé vraiment c'est à dire que tout le monde crie victoire mais c'est c'est une victoire sans bataille puisque l'Italie voulait remettre en cause les accords de Dublin et d'une certaine manière paradoxalement je pense qu'elle avait raison de le faire il n'y a aucune raison que dans un espace intégré comme celui de Schengen où tout le monde peut circuler librement les seuls qui n'aient pas le droit de le faire soient précisément ceux qui en ont le plus besoin c'est à dire les réfugiés les migrants quel que soit le nom qu'on voudra leur donner mais elle n'a absolument pas obtenu gain de cause la seule chose sur laquelle on s'est entendu c'est de faire des centres contrôlés qui auraient vocation précisément à avoir une dimension européenne mais ces centres ne se feraient que sur une base volontaire comme volontaire que la Grèce et Malte si j'ai bien compris la France immédiatement a annoncé qu'évidemment elle n'en construirait pas donc moi j'apprécie l'engagement européen d'Emmanuel Macron mais je ne le vois pas là du tout et ce qu'on comprend en lisant et en relisant les commentaires c'est qu'en réalité peut-être que c'est moi qui donne une interprétation un petit peu hâtive le seul véritable accord c'est de reporter une partie de l'argent qu'on a donné aux Turcs pour bloquer la route des Balkans pour le donner à la Libye et à la Tunisie pour qu'ils créent eux-mêmes ces centres ces camps vraiment de réfugiés en dehors de nos frontières c'est ça qui permet peut-être de donner le sentiment que tout le monde a emporté quelque chose donc c'est c'est une défaite incroyable de l'idée européenne et donc la cause tout le monde la connaît c'est cette montée du populisme alors oui c'est vrai d'abord dans les pays de l'Est ça a pris une forme tout à fait tonitruante mais c'est un phénomène qui déborde totalement les pays de Visegrad comme on les appelle c'est le coeur de la coalition allemande qui est remis en question par la Bavière qui à l'image du Nord de la Ligue du Nord veut faire sécession sur ces thèmes c'est évidemment l'Italie donc c'est l'Autriche enfin bon en France on voit à quel point nos coalitions politiques sont fragiles et soumises à cette pression donc il y a quelque chose d'énorme qui est en train de se passer alors pour les français et ça fait le lien avec Macron et ce qu'on a essayé d'en dire depuis tout à l'heure je vois une espèce d'étrange symétrie avec ce qui s'était passé au début des années 80 lorsque la vague libérale avait submergé le monde et d'ailleurs de manière assez parallèle à l'époque c'était Madame Thatcher et Reagan et Ronald Reagan qui avaient ouvert le bal libéral même si en fait en Israël c'était Netanyah c'était Begin qui avait véritablement commencé cette affaire mais disons ça s'est fait connaître au monde par l'Angleterre et les Etats-Unis de même la vague populiste aujourd'hui elle a véritablement enfoncé une porte avec le Brexit en Angleterre et avec l'élection de Trump avant de s'employer partout mais en 81 c'est mon parallélisme Mitterrand avait masqué ça parce que de manière totalement contracyclique à contre-temps de l'histoire la France avait élu un président de gauche de la même manière alors que la vague populiste s'engouffre partout nous avons élu un peu par hasard de l'histoire et à contre-temps un président pro-européen qui nous a masqué la réalité de ce qui est en train de se produire et que nous voyons sous nos yeux et en réalité donc cette vague populiste on peut la comprendre on peut la disséquer c'est une crise économique profonde qui a défait ce qu'on appelait la société industrielle qui a laissé des classes populaires en déshérence et qui ont été déçus par la gauche déçus par la droite et qui vont chercher quelque chose d'autre il y a cette crise migratoire le paradoxe peut-être je vais terminer là si vous voulez mais le paradoxe peut-être c'est qu'en effet ils prennent toute sa force au moment où c'est un peu en train de s'arrêter c'est à dire la crise économique dure que nous connaissons depuis 10 ans et peut-être depuis plus longtemps encore est peut-être en train de s'interrompre on reprend une phase plus expansionniste en termes économiques et la crise migratoire Sylvie le disait tout à l'heure aussi le grand pic de 2015 il est terminé on n'est plus qu'à 5% des flux mais en partie du fait de notre hypocrisie des accords avec la Turquie etc.

et donc il vient aux affaires au moment où les causes qui l'ont porté sont en train de s'étouffer et peut-être qu'il faut tenir justement encore un peu pour donner une chance à une nouvelle espérance de se construire mais aujourd'hui c'est une défaite en race campagne cet accord encore une fois n'en est pas un et nous sommes simplement en train de gérer notre incapacité non pas à gérer les flux migratoires mais à endiguer cette vague populiste dans notre propre coeur

27:20
Présentateur

et à rappeler également nos valeurs la philosophie même de l'Europe c'est ce qu'analysait très bien cette semaine le chercheur Philippe Derry-Barn Monique Cantos-Perbert qui montrait bien comment finalement dans cette affaire là nous avons affaire à deux perceptions de la figure de l'étranger soit individu en détresse soit envahisseur l'Europe elle est attaquée aussi sur sa philosophie même ces dernières semaines

27:38
Invité

oui tout à fait c'est une chose très caractéristique et j'ai été frappée par le fait que vous présentiez comme un échec ce que tous les gouvernants qui ont participé à ce sommet présente comme un succès et d'une certaine manière c'est un étrange succès car il a contribué à trouver un problème il a contribué à trouver une solution à un problème qui se posait en 2015 c'est à dire l'afflux massif des réfugiés c'est à dire une solution pour un problème d'il y a trois ans ça c'est tout à fait caractéristique d'un certain manque d'anticipation et puis par ailleurs avec la remise en cause de ce qui avait été élaboré comme la solution c'est à dire ces quotas de répartition obligatoire et ce type de séquences illustre parfaitement à la fois la grandeur et la faiblesse de l'Europe la grandeur parce que ce sommet tout le monde voulait qu'il réussisse donc ce qui montre qu'il y a une réelle foi dans l'Europe on considère qu'un certain nombre de problèmes nationaux et de tensions qui se posent en raison d'événements inattendus et qui frappent toute la communauté européenne doivent trouver leur solution dans l'Europe dans une union renforcée dans une prise en charge collective des problèmes tant que cet espoir perdure tant que cette conviction est présente chez tous les leaders européens même ceux qui ont pu se faire remarquer par une certaine réticence à l'égard de l'Europe c'est un espoir extraordinaire mais ce sommet illustre aussi toutes les faiblesses d'abord ce sentiment d'irréalité que donne la satisfaction alors que c'est évidemment un échec et puis par ailleurs le fait que d'une certaine façon les solutions qui ont été avancées vous les avez rappelées sont des solutions qui à l'heure actuelle sont tout de même assez irréalistes Daniel a souligné que ces centres ces centres fermés qui sont devenus des centres contrôlés étant soumis à l'accord des pays européens il est très probable qu'ils ne se réaliseront qu'en Grèce où ils existent déjà d'ailleurs et à Malte les plateformes d'accueil ou les hotspots quelle que soit la manière dont on les appelle nous savons déjà que le Maroc la Tunisie la Libye n'en veulent pas seul le Niger les accepte donc ça c'est tout à fait pour l'instant irréaliste comme solution et le contrôle des frontières par une force européenne renforcée là encore je ne sais pas si ça va être possible parce que ce n'est pas une compétence de l'Europe que de contrôler les frontières extérieures des différents pays européens à ma connaissance donc il va y avoir c'est un peu la mission de Frontex mais dont il faudrait renforcer l'émission oui mais ce Frontex si vous voulez les pays continueront à penser qu'ils sont mieux à même de contrôler leurs frontières que ne le ferait une force européenne bref alors pour en revenir à la philosophie de l'Europe vous voulez cette crise qui est bien sûr une crise politique ça a été dit maintes fois révèle les deux difficultés majeures de l'Europe l'enthousiasme européen que je partage totalement ne doit pas dispenser de la lucidité la réalité est telle qu'elle est les peuples européens sont tels qu'ils sont non pas tels qu'ils devraient être les actions volontaristes à accomplir en matière de conduite européenne doivent les amener peut-être à être ce qu'ils devraient être mais on ne devait pas commencer par nier la réalité pour trouver des solutions adaptées la réalité et les articles de Sylvie Kofman l'ont remarquablement montré dans les derniers numéros du monde pour ce qui a trait à l'Europe de l'Est la réalité est tout de même un décalage de plus en plus grand entre ce que l'Europe dit qu'il faut faire ou propose comme les bonnes solutions en particulier ces quotas obligatoires c'est véritablement un cas d'école qui ont été obtenus au forceps par l'Allemagne il y a trois ans et ce que les peuples veulent tout simplement Sylvie cite un long extrait d'une déclaration de Victor Orban qui explique de manière très claire je n'adhère absolument pas à ce raisonnement mais il est là et apparemment il est partagé par de nombreux peuples européens il explique très clairement qu'une adhésion extrêmement forte à l'Europe sincère engagée enthousiaste ne signifie pas qu'on est obligé d'accepter que l'Europe décide de quelle manière la population de son propre pays sera composée ce partage entre ce qui relève de l'Europe et ce qui appartient aux différents pays en matière de culture d'histoire d'identité de mémoire et que des crises extérieures des chocs extérieurs révèlent et rendent particulièrement vif ce partage-là cette réflexion-là n'a pas encore été conduite de manière réaliste en Europe et d'une certaine façon la crise des réfugiés a révélé les contrastes entre les différents pays européens c'est vrai que les pays de l'Est n'ont pas de passé colonial donc ils n'ont peut-être pas la même attitude à l'égard de l'accueil de ceux c'est une chose évidente en revanche ce sont des pays où la population des jeunes diplômés s'en va et c'est une angoisse véritable pour eux d'où leur crispation au fait que d'autres arrivent on peut considérer que c'est tout à fait illégitime que ce sont des fantaises mais on ne peut pas déclarer que ça n'existe pas parce que ça existe ça se traduit dans les votes et une dernière remarque à propos de la philosophie européenne je suis de plus en plus frappée par le contraste entre la réalité européenne et cette espèce de diversité complexe d'ailleurs que Simone Veil à la fin de son discours lorsqu'elle a pris ses fonctions comme présidente au Parlement européen avait totalement reconnu nous ne sommes pas d'accord nous avons des histoires des passés différents essayons de travailler ensemble dans l'amitié justement mais ne commençons pas par nier nos différences donc ce décalage de plus en plus grand entre les normes et les valeurs en 90 on disait l'Europe terre des normes et des valeurs et des réalités

33:29
Présentateur

puisque vous parlez de valeurs quand même Monique Cantos-Péreur ou Achti Moinwad est-ce que vous avez le sentiment finalement que les appelés populistes nationalistes et xénophobes nous tendent un piège c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a un peu le sentiment que lorsqu'on rétorque par nos valeurs humanistes on est quand même assez vite immédiatement traité j'ouvre des guillemets en gros de bobos bien-pensants et on est donc tenu d'une certaine manière ou forcé ou contraint de tenir le même discours que d'avoir recours au même champ lexical

33:53
Invité

Je crois qu'il y a une sorte d'inversion qui s'est passée au cours des 30 dernières années des 40 dernières années autour de cette question de la philosophie de l'Europe je me souviens quand j'avais 20 ans au moment où le mur de Berlin tombe j'aurais été avec mes amis moi je fais du théâtre donc on est en train de faire du théâtre et on se pose la question comment le théâtre peut avoir un sens à ce moment-là et on est tombé sur un texte je me souviens j'étais tombé sur un texte qui s'appelle les essais hérétiques de Jan Patochka et dans ce texte Jan Patochka qui est un philosophe tchèque se pose la question dans les années 60 existe-t-il une solidarité qui peut joindre ce que tout sépare c'est-à-dire les deux personnes qui sont en train de se tirer dessus quelle solidarité peut les unir existe-t-il une solidarité au-delà de la solidarité des intellectuels la solidarité des syndicalistes la solidarité des ouvriers y a-t-il une solidarité qui peut rassembler tout le monde et il met en place une pensée qu'il va appeler la solidarité des ébranlés il dit en fait nous sommes tous en ce moment tous ébranlés que nous soyons tous opposés les uns aux autres absolument en désaccord profond nous sommes profondément ébranlés et c'est cette solidarité des ébranlés autour de laquelle nous pourrions construire quelque chose et il dit cette phrase il dit la solidarité des ébranlés consiste au fond à faire comprendre à ceux qui sont embusqués à l'arrière de l'incommodité de leur position bien commode et celui qui trahit la solidarité des ébranlés doit prendre conscience qu'il est un embusqué qui à l'arrière vit du sang des autres je dis à peu près presque de mémoire la pensée et je crois que cette pensée a été vraiment très forte à je crois habiter les pensées politiques philosophiques et même citoyennes de l'Europe pendant un temps et c'est comme si petit à petit cette idée de la solidarité des ébranlés s'est inversée pour devenir la solidarité des embusqués et au fond aujourd'hui avec la montée du populisme et des politiques populistes l'idée c'est au fond de déstabiliser tout ce que fait Trump c'est à dire il déstabilise en changeant d'avis d'un jour à l'autre en se retirant des accords il déstabilise et qu'est-ce qui se passe lorsque on est dans une situation où tout se déstabilise il y a une idée derrière ça qui émerge c'est que à présent c'est le plus fort qui va gagner une fois que tout est déstabilisé ça va être au plus puissant au plus fort et cette idée là cette idée là crée une forme de panique je crois en Europe crée des émules et on se retrouve dans une situation où les discours deviennent des discours qui cherchent à défendre l'idée de l'embusqué nous avons raison d'être embusqué et cet embusquement et maintenant alors qu'il y a 40 ans il était il était presque une sorte de banalité de dire oui la solidarité des ébranlés contre la solidarité des embusqués aujourd'hui cette chose là s'est inversée et je crois que alors ça n'a rien à voir ça n'a rien à voir mais pour moi c'est quelque chose qui m'a énormément marqué dernièrement je me demande si ce n'est pas dans le monde il y a eu un article scientifique qui disait que voilà des scientifiques ont réussi à pénétrer dans le cerveau des souris pour leur intégrer des souvenirs qu'elles n'avaient pas c'est à dire qu'avec la manipulation génétique aujourd'hui voilà on se rend compte qu'on est peut-être capable dans 30 ans 40 ans de rentrer dans votre cerveau des souvenirs que vous n'avez pas du tout vécu par exemple vous n'avez pas du tout besoin d'aller au Japon on n'a qu'à vous intégrer des souvenirs du Japon et voilà vous avez été au Japon et je crois qu'il y a quelque chose dans il y a un lien peut-être à faire entre la puissance et la rapidité on parlera de rapidité tout à l'heure on y vient entre la puissance génétique je dirais donc une forme d'envahissement de l'intérieur c'est un peu un niveau inconscient mais c'est comme si on était à la fois envahi par l'intérieur et aussi avec cette crainte d'être envahi par l'extérieur et je me demande s'il n'y a pas aussi quelque chose un lien à faire entre cette crise migratoire et d'un point de vue totalement parallèle cette montée en puissance des progrès scientifiques

38:36
Présentateur

Merci Wajdi Mawad conclusion sur cette deuxième partie Sylvie Kaufman on va tous partir en vacances mais on sait très bien que lorsque l'on va rentrer le sujet majeur ce sera cette campagne pour les élections européennes dont on ne sait pas encore quelle tournure elle va prendre est-ce que ce sera finalement un combat entre hommes forts ou est-ce qu'il y aura de la place dans ce débat là pour les valeurs et pour la philosophie européenne

38:56
Invité

C'est tout l'enjeu et ce que dit Wajdi sur Patotska la solidarité des ébranlés ça me fait penser à une autre formule d'un autre tchèque Václav Havel le pouvoir des sans-pouvoir et pourquoi est-ce qu'on a considéré que ce pauvre sommet était un succès enfin certains ont considéré que c'était un succès pour deux raisons d'abord parce que l'Europe ne s'est pas disloquée et je crois que justement dans ce monde que vous décrivez tout le monde même ceux qui ne sont pas d'accord ont conscience du fait qu'elle ne doit pas se disloquer qu'elle doit rester unie peut-être par la solidarité des embusqués justement et puis aussi parce qu'elle a sauvé alors pour combien de temps je ne sais pas mais elle a sauvé Angela Merkel et ce danger qui menace Angela Merkel va plus loin que son je crois qu'on a un peu trop tendance à voir ça comme un problème de coalition entre la CDU la CSU etc qui est en enfin voilà Seehofer son ministre de l'intérieur chef de la CSU qui est en embuscade justement encore mais c'est beaucoup plus profond il y avait cette semaine dans le New York Times une tribune de Wolf Biermann Wolf Biermann c'était un barde un chanteur compositeur enfin il existe toujours bien sûr mais il doit avoir au moins 80 ans maintenant d'Allemagne de l'Est qui s'est retrouvé expulsé en Allemagne de l'Ouest et il dit il dit une chose je trouve formidable il dit on s'est aperçu pendant ces dernières décennies qu'il était plus facile de construire des routes et des usines que de transformer des sujets soumis en démocrates tolérants la liberté est douloureuse pour les gens formés à être esclaves et donc Merkel pour lui ça s'appelle la tragédie de Merkel son article et pour lui elle vient il ne faut pas oublier qu'elle vient d'Europe de l'Est qu'elle a connu la dictature et quand elle a fait ce choix en 2015 d'ouvrir la porte aux réfugiés elle savait qu'il n'y avait pas d'autre choix lui il dit il y avait en fait elle avait le choix entre une bonne erreur et une mauvaise erreur et elle a choisi la bonne erreur mais elle le paye aujourd'hui et c'est pour ça que le fait que ce pauvre sommet avec ses résultats hypocrites je suis d'accord mais réussit à lui donner un répit c'est important et c'est important aussi dans le contexte de ce qui se prépare l'année prochaine aux élections européennes

41:17
Présentateur

merci pour cette synthèse Sylvie Kaufmann on va terminer cette émission avec une actualité fondamentale qui passionne les français presque autant que la coupe du monde la limitation de la vitesse à 80 km heure sur les routes secondaires à double sens rentre en vigueur aujourd'hui même pour une durée d'expérimentation de deux ans

41:34
Locuteur non identifié

France Culture l'esprit public Emilie Aubry

41:40
Présentateur

on les avait entendus ouvrons birre de rage ces associations d'automobilistes et de motards manifestant bruyamment depuis des semaines avant même que la polémique ne devienne politique cette limitation de vitesse étant désormais interprétée par certains ténors de l'opposition comme la mise en oeuvre déguisée d'une nouvelle pompe afrique ignorant les territoires ruraux et de montagne dont le réseau routier serait largement concerné par cette réduction de vitesse alors on se posait la question était-il vraiment scandaleux de demander à ces automobilistes de perdre deux minutes sur leur trajet pour sauver sans doute 400 vies au moins par an et pourquoi parler de pompe afrique à moins de poser d'emblée que les conducteurs français n'allaient pas respecter la loi et donc allaient devoir en effet payer à l'état des amendes était-ce la manifestation de cet esprit gaulois frondeur, râleur pour ne pas dire uncivique pourquoi cela nous évoquait-il cette société de vélos en libre service qui avait décidé de quitter la France en mars dernier en raison du vandalisme et des vols dont ils étaient victimes voilà qui nous rappelait aussi cette étude de 2014 qui nous plaçait en avant-dernière position du classement du civisme en Europe seulement devancé par la Slovaquie fumer lorsque c'est interdit mettre ses pieds sur le fauteuil du train jeter son chewing-gum par terre marcher au beau milieu d'une piste cyclable traverser de préférence lorsque le petit bonhomme est rouge jeter ses bouteilles en verre dans la mauvaise poubelle était-ce cela l'esprit français ?

43:05
Locuteur non identifié

zéro de conduite c'est ce que vous risquez automobiliste inexpérimenté qui venait de passer votre permis apprenez d'abord à connaître votre propre voiture et ne confondez pas le démarreur avec n'importe quel autre bouton ou le frein avec l'accélérateur un démarrage trop rapide sans signalisation zéro de conduite vous doublez sur une route glissante zéro de conduite dérapage en chaîne une voiture qui semble ivre roulez comme si le piéton n'existait pas zéro de conduite roulez à fond comme on dit le pied au plancher zéro de conduite méfiez-vous de tous ces zéros de conduite là conducteur novice et vous aussi conducteur expérimenté il vous mènerait loin beaucoup trop loin

43:48
Présentateur

voilà les petites merveilles des archives INA et celle-ci date du 1er mai 1952 Daniel Cohen vous comprenez l'ampleur que prend ce débat qu'est-ce que ça dit de notre hiérarchisation de l'information en France

44:02
Invité

oui c'est une métaphore de la même chose dont on a parlé tout à l'heure c'est à dire qu'il y a à l'occasion de cette question de la limitation de vitesse on voit un nouveau conflit entre les élites et le peuple pour le dire très bêtement comme ça c'est à dire qu'il y a des injonctions à bien se comporter et il faut qu'ils partent de très bonnes intentions mais il faut toujours veiller à ce que ce soit compris et qu'il y ait une adhésion on ne peut pas simplement dire c'est bien pour vous faites-le à ce moment-là il faudrait interdire de fumer tout simplement et aucun gouvernement ne s'y est risqué on parlait tout à l'heure du populisme Trump aux Etats-Unis c'est vraiment la victoire du ça sur le surmoi pour parler dans ces termes-là c'est à dire garder vos armes tuer qui vous voulez les accords sur le climat on s'en fiche bon il y a quelque chose comme une irruption de violence que encore une fois je crois les 50 années de crise que nous avons vécues produisent aussi donc il faut à propos de cette question comprendre qu'on peut être dans le bien et en même temps ne pas être entendu et il faut prendre cette question il faut prendre cette question il y a Ibrahim Malouf qui est au piano pour ceux qui voudraient le savoir donc il faut prendre cette question

45:30
Locuteur non identifié

ce message ne vous était pas

45:31
Invité

il faudrait donc je ne vous prenais pas pourquoi je devais jouer au piano il y avait quelque chose qui m'a troublé petite pollution mais bon et donc je crois qu'il faut prendre cette question plus que jamais d'une certaine manière au sérieux on peut prendre des risques mais il faut être sûr qu'on soit suivi et ça n'est pas pour dire qu'il y a le peuple contre les élites justement et c'est une dialectique constante et juste pour revenir en arrière tout à l'heure on a parlé des pays de l'Est etc mais les Italiens étaient un peuple profondément européen pro-européen ils ont eu l'impression que l'Europe les avait abandonnés parce que l'Europe ne s'est pas donné les moyens de son programme c'est un peu la même chose il faut se donner les moyens de son programme quand on dit comportez-vous bien et il faut veiller à ce que ça corresponde à quelque chose qui s'entende alors maintenant au risque de vous ennuyer tous il faut rentrer dans le détail de cette question le détail de cette question c'est qu'on nous dit qu'il faut aller moins vite et que ça va permettre de sauver 300 à 400 vies voilà c'est ça le débat alors si je vous avais dit aller moins vite et ça va sauver 30 à 40 vies je ne suis pas sûr qu'on aurait considéré que c'était bien si je vous avais dit 3000 ou 4000 vies il fallait le faire donc on est tout de même obligé de faire quelques calculs si on fait les calculs que j'ai faits pour cette émission je vous l'ai dit très rapidement dire qu'on va réduire la vitesse de 12% d'accord pour quelqu'un c'est ça le passage de 90 à 80 12,5% pour quelqu'un qui fait une heure de trajet ça veut dire exactement 7,5 minutes perdues par jour si je multiplie ça par le nombre de jours ouvrés ça fait quelque chose entre 1 et 2 jours par an si tous les français perdaient entre 1 et 2 jours par an en pourcentage du PIB ça ferait 0,3% du PIB ça ferait 7 milliards pour 300 vies combien vaut une vie ?

et nous le savons je suis désolé de vous le dire

47:40
Locuteur non identifié

nous le savons

47:42
Invité

nous le savons parce que les calculs ont été faits de la sécurité routière pour savoir combien il faut investir pour sauver combien de vies une vie ça vaut 3 millions d'euros c'est comme ça c'est à dire que quand on est tout sort ce chiffre ce chiffre ce chiffre sort non mais je savais de la tête fatiguée de Daniel Cohen il fallait remonter cet Himalaya du calcul économique ce chiffre il sort de deux méthodes la première c'est de dire je regarde de facto les investissements qui sont faits combien ça coûte et combien ça sauve de vies je divise par le nombre d'investissements et il y a un chiffre qui émerge qui est assez stable qui est 3 millions au fond on est prêt la société révèle qu'elle est prêt à consentir 3 millions d'investissements pour sauver une vie 300 vies fois 3 millions 900 millions 7 milliards c'est pas exactement la même chose donc on est peut-être sous la barre une autre manière de comprendre ce que c'est qu'une vie humaine pour un économiste c'est de dire une vie c'est ce que je gagne fois 3 c'est ce que je gagne parce que voilà la valeur que je révèle être capable de produire à la société fois 3 parce que je vaux plus que ce que je produis je donne du bonheur à moi-même et aux autres et en durant à moi-même et aux autres et en vivant plus longtemps j'accumule plus de choses si je fais ce calcul je retombe sur 3 millions donc on est dans l'épaisseur du trait j'ai dit 7 milliards c'est beaucoup trop il faut peut-être diviser par 10 pour bien comprendre les économies qu'on réalise mais donc nos grands experts et je termine là et je vous souhaite à tous de très bonnes vacances les grands experts au fond ont peut-être franchi la ligne où leur expertise laisse en effet ces gens qui savent que ça va leur coûter du temps de l'argent du bien-être pour 300 vies

49:34
Présentateur

admirable démonstration économique Monique Cantos-Perbert est-ce que la philosophe libérale que vous êtes comprend cette râlerie française

49:43
Invité

comprendre cette râlerie peut-être pas mais enfin je peux essayer de m'interroger sur son bien-fondé évidemment c'est une privation des libertés je comprends qu'on a tout à fait raison de protester contre les atteintes à la liberté de ses comportements cela dit cela vaut pour les comportements individuels la conduite sur route n'est pas un comportement individuel c'est un comportement qui doit s'inscrire dans un système collectif et l'anomie ne peut pas régler chacun ne se prescrit pas à lui-même sa loi ça va de soi car on ne met pas simplement en danger sa propre existence mais l'existence des autres qui n'ont rien demandé pour se retrouver dans cette situation d'être menacés en conséquence que l'efficacité d'une mesure ait été prouvée que la traduction en termes de chiffres à laquelle elle permet d'accéder soit paraisse légitime est tout à fait justifiée encore une fois quand toutes les preuves ont été faites que les risques seraient diminués simplement si vous voulez des mesures de ce type ne doivent pas simplement être décrétées leur bien fondé doit être expliqué et surtout il faut faire en sorte qu'elles soient appropriées et que les personnes les intériorisent les règlements de ce type sont des règlements très bons à titre en quelque sorte de provision en attendant que les personnes les intériorisent et agissent conformément à ces normes en étant convaincus de leur bien fondé et c'est là qu'on peut faire quelques reproches à cette mesure d'abord on nous parle de 400 000 km de routes françaises concernées apparemment d'autres disent qu'il s'agirait de 900 000 si on inclut les routes communales mais la diminution de vitesse est très certainement un facteur de diminution du risque d'accident et du risque d'accident mortel en particulier mais il y a d'autres facteurs de risque aussi curieusement on n'en parle pas l'aménagement des routes par exemple puisque tous les chocs les plus graves ont lieu sur des routes sans séparateur central pourquoi ne pas avoir un programme d'investissement qui aménagerait régulièrement des zones centrales où les dépassements sont possibles c'est tout à fait qu'on se va d'ailleurs beaucoup de responsables de départements appellent ça le de leur vœu ce n'est pas du tout contradictoire ou ça ne se substitue pas à une mesure de limitation de vitesse mais puisqu'on est dans une on remet à l'ordre du jour la question de la sécurité routière ça devrait être envisagé et ensuite quand une mesure comme celle-là est proposée il faut quand on étudie son efficacité inclure les comportements libres des individus qui vont bien évidemment essayer pendant un certain temps de la détourner de multiplier les attitudes d'évitement et de faire toutes sortes de choses que alors je ne sais pas si le français est à l'heure mais en tout cas il est inventif c'est très clair avec ses radars collaboratifs et toutes sortes de systèmes qu'elle invente et puis il ne faut pas aussi tout de même méconnaître les effets secondaires que ce type de mesures peut avoir toutes les enquêtes montrent que l'ennui au volant est une cause majeure d'accident donc je constate quand même que baisser la vitesse à 80 à l'heure ça veut dire que les voitures rouleront au même rythme que les camions là il n'a pas du tout été question de baisser la vitesse des camions je ne sais pas quel type de fluidité cela va donner mais j'ai peur que nos automobilistes français avant d'être à l'heure soient surtout fort impatients

53:25
Locuteur non identifié

merci pour ce regard philosophique sur la sécurité routière une minute pour Sylvie une minute pour Wajdi

53:31
Invité

juste pour répondre à la brillante démonstration de Daniel c'était combien le coût de la vie 300 millions ou 3 millions 3 millions 3 millions d'euros le problème c'est que la personne dont la vie coûte 3 millions d'euros et qui risque de la perdre ne le sait pas qu'il risque de la perdre et si on applique cette mesure et que ça lui sauve la vie il ne le saura pas non plus parce qu'il ne savait pas si c'était lui qui devait mourir sur la route juste une petite proposition avant de partir en vacances comme vous dites j'ai constaté j'ai lu que 82% des accidents sont causés par des hommes et en réalité les assureurs le savent très bien les femmes conduisent mieux et plus prudemment que les hommes et les hommes sont beaucoup plus nombreux à prendre le volant je ne sais pas pourquoi mais quand une famille s'installe dans une voiture c'est naturellement l'homme qui prend le volant alors j'ai une proposition la limitation de vitesse à 80 km à l'heure elle devrait s'appliquer qu'aux hommes très bien fort bizarre et bien en attendant

54:29
Présentateur

ce sont deux femmes qui ont mangé le temps de parole de Ouahidi moi ouah désolé Ouahidi vous reviendrez quand même nous voir à la rentrée il est urgent de ralentir en ce 1er juillet en tout cas pour l'équipe de l'Esprit Public et je salue l'arrivée d'Ibrahim Malouf merci infiniment Ibrahim de venir jouer ce générique l'Esprit Public qui va partir en vacances alors un immense merci à mon équipe Luc Jean Reynaud réalisateur c'est une Leclerc attachée de production Marine Beccarelli qui m'ont accompagnée pour ma première saison dans cette belle maison de la radio merci aussi évidemment et avant tout à Sandrine Trenner pour sa confiance merci à mon magnifique orchestre nos visiteurs du dimanche Philippe Manière Philippe Manière Dominique Reynier Gilles Finkelstein Gérard Courtois François-Xavier Bellami Sylvie Kaufman Thierry Pech Monique Cantos-Perbert Daniel Cohen Mathieu Laine Elisabeth Roudinesco Ouahidi Mouawad Hubert Védrine Christine Okrent Pascal Perrineau rendez-vous bien sûr dimanche 26 août 11h pour la saison 2 et bonne nouvelle nos émissions en public seront désormais au théâtre de l'Odéon lieu mythique de débat d'engagement de créativité où nous pourrons vous accueillir encore plus nombreux Ibrahim Malouf merci d'être notre parrain musical vous continuez aussi la saison prochaine merci alors maintenant je vous laisse jouer à bientôt

Simone Veil : un Panthéon pour ne jamais oublier ? · Pourquijevote