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interviewBFMTV· 30 janvier 2026 50 min

Lucie Castets dévoile son plan pour une victoire de la gauche à la présidentielle en 2027

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il me dit "Bon voilà, donc tout ça pour te dire qu'on a pensé à toi. À partir de ce moment-là, ma vie a basculé, c'est-à-dire mon téléphone a littéralement explosé. J'ai mon visage en une de [musique] des tous les quotidiens nationaux.

Je pense qu'il y a une responsabilité immense d'une partie de la droite qui aujourd'hui a laissé tomber toutes les digues entre ell [musique] et l'extrême droite. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Je suis Marie-Pierre Bourgeois, je suis journaliste politique abfmt.com.

Bienvenue sur notre chaîne YouTube. On reçoit aujourd'hui Lucy Castet. Lucy Castet, bonjour.

Bonjour. Lucy Castet, vous êtes passé de l'ombre à la lumière en quelques heures en juillet 2024 quand vous êtes devenu la candidate pour Maton au nom du nouveau Front populaire. Depuis, vous êtes entré en politique, vous êtes candidate au municipal à Paris en mars.

On va en parler ensemble. On vous a beaucoup vu ces derniers mois, Lucy Castet et en même temps, j'ai l'impression qu'on vous connaît finalement assez peu. Si vous deviez vous présenter en quelques mots, qui est Lucy Castet aujourd'hui ?

Moi, c'est une bonne question. Je suis euh ben je suis toujours la même. Je suis quelqu'un j'ai j'ai toujours eu envie de travailler pour l'état et la fonction publique.

Donc j'ai rejoint la fonction publique après mes études et j'ai toujours eu en même temps ce rôle travailler cette envie travailler pour l'État, servir servir l'État, servir la fonction publique. Et puis j'ai toujours été aussi active dans des associations dans le milieu associatif et j'ai notamment été active dans un collectif qui s'appelle nos services publics. Et donc c'est ça, c'est un peu disons la plusieurs années de ma vie d'adulte.

Le site professionnel. Exactement. professionnelle et militante.

Et ensuite, comme vous l'avez dit, ma ma vie a basculé, je dirais même pas en quelques heures, je dirais en quelques secondes à l'été 2024 où là bah je suis arrivée dans l'arène politique. J'avais toujours eu des contacts avec l'univers politique parce que quand vous faites quand vous êtes militante associative que vous travaillez sur un sujet qui est par nature politique évidemment vous avez des contacts et des rencontres des échanges mais j'ai jamais été aussi près de la politique et à partir de l'été de 2024 en effet je suis devenue beaucoup plus proche de cet univers là. Alors, votre vie a basculé.

Je rembobine un peu pour celles et ceux qui n'ont pas tout suivi. On a en juillet 2024 eu des législatives anticipées et à la surprise général, la gauche sort en tête avec plus de 180 députés. La logique institutionnelle veut que normalement ça soit le parti qui emporte les élections qui envoient quelqu'un à Matignon.

Il faut un peu de temps pour que la gauche se mette d'accord puisqu'il y a les socialistes, la France insoumise, les communistes, les écologistes au sein de nouveau Front populaire et puis en fait ça chope, on n'arrive pas à se mettre d'accord et puis finalement il y a un nom qui sort du chapeau, c'est le vôtre, le sicast vu vous vous êtes pas du tout élu, vous faites pas ce momentl de politique. C'est Olivier Fort qui a pensé à vous, qui vous a appelé. Comment ça s'est passé ce jour-là ?

Qu'est-ce que vous faisez quand vous avez Scoutfield qui va changer votre vie ? Déjà, il faut se remettre dans les circonstances. Moi, j'étais comme beaucoup de gens qui votent à gauche, qui ont une sensibilité de gauche, j'étais extrêmement inquiète avant les élections.

Entre les deux tours, on disait quand même entre les deux tours, on voyait le Rassemblement national gagner et envoyer quelqu'un à Matignon. On voyait Jordan Bardella à Matinon, on voyait Jordan Bardella à Matignon. Ça faisait l'effet enfin ça c'est évidemment ça a fait un un séisme chez tous les gens qui votent à gauche et qui ont une sensibilité de gauche.

Et donc moi, j'étais à ce moment-là pas tétanisé. J'ai été très active entre les deux tours avec le collectif Nos Servic Public et avec plein d'autres gens de cette galaxie de la société civile organisée, des syndicats, des association et cetera. Euh on a on a beaucoup travaillé, on s'est beaucoup mobilisé entre les deux tours.

Donc moi, j'étais dans cette état d'esprit là. J'étais là-dedans à ce moment-là, j'étais très mobilisé mais avec ma casquette associative. Donc il y a eu le second tour et le second tour, le résultat du second tour a été un immense soulagement.

Et ensuite pendant la période qui a suivi, moi je suivais comme tout un chacun les discussions qui semblaient avoir lieu à gauche mais auxquelles évidemment je n'avais pas accès. Donc il y a plusieurs noms qui sortent du chapeau. Il y a Olivier Fort en fait c'est le premier secrétaire du Parti socialiste.

La France insoumise met son véau. Il y a Marine Tondelier de la même façon elle est écologiste. Ça grince un peu des dents chez les insoumis.

Et puis il y a votre nom qui est proposé par Olivier Fort. Bah donc en fait donc le un lundi, je j'étais à mon travail, j'étais à l'époque directrice des finances de la ville de Paris. Donc les bureaux sont dans le 13e arrondissement.

J'avais un déjeuner euh de prévu mais comme souvent quoi. Et donc classique, une journée classique et je suis dans le garage à vélo du du de cette de mon bureau quoi de de du bâtiment de mon bureau. Je m'enfourche, j'enfourche mon vélo pour partir à ce déjeuner et là mon téléphone sonne et je sors mon téléphone de ma poche et je vois le nom d'Olivier Fort.

Il se trouve que j'avais le numéro d'Olivier Fort dans mon téléphone et donc son nom inscrit qui s'affiche parce que un an plus tôt dans un endroit qui s'appelle le festival des idées qui est un endroit la charité sur loi, c'est un rendez-vous de la gauche et des intellectuels des assa et des voilà des associations des collectifs et cetera, des syndicats pour discuter de fond. Euh et donc j'avais animé le débat de clôture un an plus tôt avec tous les leaders de la gauche. Donc j'avais dû les appeler un par un pour un peu leur raconter comment le débat allait se dérouler et tout.

Donc il se trouve que c'est pour ça que j'avais tous leur numéros dans mon téléphone. Et donc mon téléphone sonne, je le sors et je vois le nom d'Olivier Fort. Je m'arrête, je décroche.

Vous avez aucune idée de la raison pour laquelle il vous appelle à ce momentlà ? Aucune Aucune. J'ai aucune idée.

D'autant plus que enfin moi je suis à ce moment-là, je suis citoyenne engagée. Je suis inquiète. Je me demande quand ils vont enfin arriver à avoir un nom pour qu'on puisse avancer et qu'il propose quelqu'un.

Et donc là, il commence à me dire "Oui, je voulais juste enfin je voilà, tu as vu la situation politique." Et donc Olivier, il est c'est quelqu'un qui est très calme et qui et voilà, c'est c'est souvent son temps pour s'exprimer. Il prend son temps et donc il me raconte ça et donc moi dans ma tête, je me dis "Mais je sais tout ça, qu'est-ce que pourquoi tu m'appelles ?" Et donc au bout d'un moment, il me dit "Bon donc voilà, donc je voulais te consulter sur quelque chose.

Donc moi je me dis mais sur quoi il peut bien vouloir me consulter à ce momentlà ça ça n'est toujours pas arrivé à mon esprit que c'est ça qui va me proposer. Et puis en fait, il me dit "Bon voilà, donc tout ça pour te dire qu'on a pensé à toi." Et là, moi je lui dis "Mais enfin, je sais plus exactement ce que j'ai dis, mais je crois que j'ai dit quelque chose quand même.

Mais vraiment, vous en êtes là et c'était pas un c'était pas un signe de dépréciation de moi-même." Enfin, je veux dire, mais c'est juste que je m'attendais pas du tout à ça et que c'était pas évident du tout que ça. Quand on vous propose ça, est-ce que parez-moi l'expression, est-ce que le ciel vous tombe un peu sur la tête ?

Est-ce que vous dites "Ou là là, mais pourquoi on a pensé à moi ?" Est-ce que je peux être à la hauteur pour un poste de cette envergure-là ? Est-ce que je suis légitime ?

Bien sûr, on se pose toutes ces questions-là. En tout cas, moi je me les suis posé euh et je pense que c'est sain de se les poser. Je pense que la parfois euh enfin je pense que on devrait plus souvent se poser ce genre de questions euh quand on est aux responsabilités.

Euh bien sûr, je me pose ces questions. Je à ce moment-là, je suis pas du tout élu, je suis pas voilà, je suis une simple militante et une citoyenne engagé, mais je je je me pose bien sûr c c ces questions-là. Euh sur le coup, immédiatement, je je n'y crois pas vraiment.

Euh et puis après, je me dis bon, je me ressaisis très vite en me disant mais euh qu'est-ce qui va se passer ensuite ? Je trouve peser un peu quand même le pour et le contre parce que j'ai pas le temps à ce moment-là et je lui dis d'ailleurs, je lui dis moi à ce moment-là, je crois encore qu'il y a plusieurs personnes que ils sont en train de faire une liste et donc de tester des noms un petit peu. Voilà, moi j'ai l'impression qu'il me demande l'autorisation de mettre mon nom sur une liste et donc je lui dis "Écoute, laisse-moi quand même un peu y réfléchir.

Euh je t'autorise à envisager mon nom avec les autres mais laisse-moi y réfléchir et dis pas que je t'ai donné mon accord puisque je ne te le donne pas tout de suite." Et il m'a dit "OK, on fait comme ça, ça marche". Donc on se parle à fait assez pas assez peu de temps.

Vous en parlez à quelqu'un ? Vous en parlez à votre proches ? J'en parle alors j'en parle à ma compagne.

En fait ce qui est très drôle c'est que juste avant le moment où je prenais mon vélo, j'étais en train d'échanger des des SMS avec ma compagne en lui pour des trucs très pratiques de la vie courante et je lui dis "Ah il y a Olivier Fort qui m'appelle et elle me répond un truc comme ah, il va te proposer d'être premier ministre." Et donc moi j'ai dû répondre genre "Ahha." [rires] Donc vraiment c'était de l'ordre de la blague totale enfin et donc évidemment elle je lui en parle, j'en parle aussi à mon cousin dont je suis très proche et à quelques amis mais on se dit tous bon c'est quand même peu crédible.

Oui c'est c'est enfin surtout on sait on ne sait pas enfin dans moi ce que je leur retranscrit de cette histoire je ne pense pas que c'est la que il me le propose à moi seulement à ce stade de l'histoire. Je sais qu'il y avait plein de noms qui ont été envisagés avant, mais à ce moment-là, moi je crois encore qu'il y a plein de noms sur la table. Finalement, Olifor propose votre nom.

Vous faites l'unanimité. Moi, la question que je me pose, c'est est-ce que vous avez fait l'unanimité parce qu'entre guillemets, vous n'aviez pas d'ambition présidentielle et que vous ne faisiez d'ombre à personne ? Ah oui, je pense qu'il y a de quelque chose de cet ordre-là.

J'ai jamais été naïve sur ce pourquoi ils en arrivaient là. Et je savais que ils ont à choper sur plein de noms avant le mien. Euh je pense qu'en effet le fait que je suis inconnu du grand public euh et surtout que je suis membre d'aucun parti est de nature à les rassurer et à se dire que il n'y a dès lors pas ce type de concurrence et c'est vrai et je pense que en fait c'est assez sain d'ailleurs cette situationlà.

Euh et puis ensuite s'ouvre une période complètement complètement folle. Votre nom va fuiter dans la presse le lendemain, quelques heures avant qu'Emmanuel Macron parle et explique que il y aura pas de Premier ministre tout de suite qui veut attendre la fin des Jeux Olympiques. Quand votre nom sort dans la presse, qu'est-ce qui se passe ?

Est-ce que c'est votre téléphone qui vibre ? Est-ce que c'est un pou sur votre téléphone où vous voyez votre photo ? Qu'est-ce qui se passe quand votre nom est un peu pardonnez-moi l'expression mais lâché dans l'arine ?

Bah je savais qu'il allait sortir juste avant 19h pour la prise de parole pour juste avant la prise de parole d'Emmanuel Macron. Euh à ce moment-là, moi je suis à l'hôtel de ville, je finis un entretien en visio avec quelqu'un dans le cadre de mes fonctions. Moi, j'ai continué à travailler tous ces deux jours là parce que non, je me suis pas arrêté.

Moi, je puis j'aime bien faire correctement mon travail. J'avais aucune raison d'arrêter de travailler. J'avais des réunions, j'ai tenu les réunions que j'avais à mon agenda et je suis dans un bureau en train de travailler et en fait j'avais pas oublié que ça sortait à 19h mais j'avais oublié qu'il était 19h et je raccroche avec quelqu'un et là je vois un pouche en effet sur mon écran avec ma tête qui se met qui s'affiche quoi.

Et là effectivement bah à partir de ce moment-là ma vie a basculé. C'est-à-dire mon téléphone a littéralement explosé parce que ça n'arrêtait pas d' vibrer. Bah oui, enfin ouais, j'ai reçu je pense qu'en fait j'ai reçu aussi énormément de messages de gens qui m'étaient proches qui n'étaient pas au courant.

Évidemment, j'avais pas eu le temps eu l'occasion de de prévenir les gens autour de moi que ça allait arriver. Se passe quoi dans votre tête à ce moment-là quand on sent que là on bascule dans une autre dimension ? Je pense que j'ai pas eu le temps de réaliser exactement ce qui allait se passer.

Je pense que c'est impossible de réaliser en fait parce que c'est trop vertigineux. Euh et puis en fait surtout très vite, on me dit "Tu vas faire la matinale sur France Inter demain matin ?" Et à ce moment-là, il est 19h.

Donc c'est alors il y a une rumeur à ce moment-là d'une armée de communiquants qui débarquerait chez vous pour ce qu'on appelle en bon français vous médiat trainez. Donc ça veut dire un peu vous expliquer comment on est censé s'exprimer sur un bateau de télévision. Vous faites France Interre, vous faites dans la foulée BFM TV, c'est quand même pas rien d'arriver sur un plateau de télévision ou sur un plateau de radio.

Comment est-ce qu'on se prépare en peine une nuit pour cet exercice là qui est quand même pas extrêmement naturel et voilà qui est pas un exercice facile ? Alors déjà un, il y a eu zéro communiquant qui a débarqué chez moi. Les partis en fait je pense que les partis n'avaient pas pensé la minute d'après la révélation de mon nom.

Je pense qu'ils étaient soulagés d'arriver à mettre d'accord. C'est déjà passé. Voilà.

Et je pense que c'est je pense que eux c'est pas du tout péjoratif dans ma bouche de dire ça. Eux ils ont eu des semaines et des semaines et des semaines de discussion pour se mettre d'accord sur le programme sur la sur comment la stratégie électorale enfin c'est ça a été très lourd pour eux et très intense. Enfin et je pense queon il faut pas sous-estimer ce qu'ils ont réussi à faire en peu de temps le la création du NFP et cette victoire électorale qui n'a pas été couronné de succès ensuite mais la victoire elle était là.

C'est énorme et je pense que évidemment la société civile organisée, les associations, les collectifs et cetera ont eu un grand rôle à jouer dans cette dans cette victoire et dans l'issue victorieuse. Mais il faut pas minimiser ce que les partis ont fait aussi à ce moment-là. Et donc je pense qu'à ce moment-là eux, ils sont leurs militants, leur cadre et cetera.

Ils sont très fatigués, ils sont c'est l'été, on est en voilà. Personne vous briefe sur comment ça va se passer le lendemain sur personne me briefe dans les parties mais mais en revanche j'ai la chance d'avoir une petite équipe autour de moi qui se forme très vite euh autour notamment de de d'amis et de proches du collectif dans lequel j'étais impliquée qui se forment autour de moi très vite et euh vous qui vous dit quand on va vous aider des gens Oui. C'est c'est des proches, c'est des copains, des amis donc qui dont certains se retrouvent.

On se retrouve effectivement chez moi régulièrement le soir, le premier soir et puis ensuite beaucoup en viso. Il y en a qui sont déjà par confiance en soi quand même pour faire des pneu de télévision parce que vous auriez pu aussi vous dire "Oh là là, en fait c'est trop gros pour moi la matinale de France interne ou d'être sur BFM TV." Alors le truc c'est que moi j'étais avant quand même porte-parole du collectif No services public.

Donc j'avais eu j'avais fait plusieurs plusieurs plusieurs matinales de radio. J'avais fait la la matinale de France Culture, j'avais déjà fait France Inter dans d'autres circonstances. J'avais déjà fait plusieurs plateaux télé notamment c'est ce soir plusieurs fois.

Et donc j'avais un peu l'habitude de ça. Donc ce que j'ai découvert ensuite c'est qu'on n pas du tout le même traitement quand on intervient en tant qu'expert ou en tant que témoin, ce qui était mon cas avant comme porte-parole d'un collectif qui vient apporter des éléments de fond et comme personnalité politique euh à laquelle on réserve un traitement qui est de l'ordre plutôt de j'essaie de faire déraper, j'essaie de faire dire la petite phrase la petite phrase sur l'un ou sur l'autre. Vous avez l'impression qu'on était un petit peu là pour vous déstabiliser quand vous avez commencé à avoir cette casquette de comp.

Oui, bien sûr. Enfin, je veux dire, disons la posture dans les médias, les discussions sont d'une autre teneur et d'une autre nature. C'est pas du tout voilà, c'est c'est quelque chose qu'il faut apprendre mais c'était pas totalement inconnu pour moi.

Et puis surtout moi je me suis dit j'ai cette cette machine est lancée et donc il faut faire tout ce que je peux pour honorer le contrat. J'ai voilà à ce moment-là, moi je me sens une responsabilité d'une part vis-à-vis des partis euh parce qu'ils m'ont choisi, ils m'ont demandé de de d'honorer cette mission, mais aussi surtout vis-à-vis des électeurs qui ont mis un bulletin de vote pour les parties du nouveau Front populaire pendant les élections. Là, pendant cet été-là, on va vous voir dans les médias, vous allez faire un Tour de France.

Est-ce qu'on commence à vous reconnaître dans la rue ? Ah oui oui oui. Ouais.

En fait, il se trouve que très vite les jours qui suivent, enfin même le lendemain, euh j'ai mon visage en une de des tous les quotidiens nationaux. Ça c'est extrêmement troublant. Euh c'est enfin voilà, c'est on est il y a en fait je pense qu'il y a rien qui prépare à ça et je pense que c'est pas que c'est en fait c'est très c'est très violent he dans un sens neutre.

C'est très violent euh dans ça a été dur pour vous, ça a été dur pour vos proches. Alors déjà, c'est épuisant évidemment parce que c'est une c'est une course de quand vous faites un média national par jour, il faut le préparer. Faut pas dire n'importe quoi.

Il faut vérifier les chiffres que vous allez avancer. Il faut il faut construire vos argumentaires. C'est voilà, il faut il faut savoir de quoi vous parlez.

C'est pas c'est du c'est beaucoup de travail et c'est personnellement une très grosse pression et bien sûr que c'est dur pour les proches. D'un coup ma famille a été exposé ma famille qui n'avait rien demandé qui n'avait rien demandé moi non plus j'avais rien demandé en fait. Enfin, moi j'ai j'ai en fait j'ai à peine dit oui simplement il en fait la machine s'est lancée un peu voilà et donc oui c'est très c'est très violent c'est très c'est une c'est une surexposition soudaine en fait c'est quelque chose auquel on n'est pas on ne peut pas se préparer.

Vous faites ce Tour de France vous rencontrez des citoyens que ça redonne un peu de l'énergie dans des moments peut-être aussi qui sont pas toujours faciles et puis on a la fin de l'été ça y est les sont passés Emmanuel Macron a promis nommé un premier ministre vous êtes reçu à l'Élysée il y a cette photo. On vous voit avec tous les chefs du NFP, tous très déterminés arrivés pour cette rencontre avec Emmanuel Macron. Comment on se prépare un rendez-vous avec le président d'abord ?

Est-ce que vous aviez déjà vous rencontrer Emmanuel Macron avant ce rendez-vous ? J'avais jamais rencontré le président de la République avant ce rendez-vous. Non.

Et comment on se prépare ? Et ben en fait, c'est un exercice à la fois collectif et solitaire. Collectif dans le sens où on a prévu une forme de chorégraphie.

On a eu des discussions sur qui parle, comment comment on s'organise et cetera. Et en réalité à la fin euh le plus simple c'était que c'était moi qui parle euh qui engage la discussion avec le président qui répond aux questions du président et ensuite dans un second temps, on s'était mis d'accord pour que les chefs de parti euh qui étaient là, on était à peu près 12, il y avait les chefs de parti et les présidents de groupe à l'Assemblée nationale et au Sénat pour chaque parti qui était là. Et donc on s'était mis d'accord sur le fait que c'était moi qui tenait un propos introductif, qu'ensuite j'avais un échange avec le président et et que à la suite de cela les chefs de parti pouvaient poser des questions au président.

Il vous demande quoi Emmanuel Macron quand vous le rencontrez pour la première ? Emmanuel Macron, il me pose plein de questions. Donc d'abord je parle, je sais pas, je dirais entre 5 et 10 minutes.

D'accord. Pour lui donner un peu mon état d'esprit dans quel Donc vous redites à nouveau que vous êtes disponible pour Matignon. Voilà, on lui dit que on a gagné les élections, que on a bien conscience qu'on a une majorité relative et non une majorité absolue.

Je lui dis euh comment moi je vois une éventuelle future cohabitation notamment sur les sujets qui relèvent du domaine réservé de la du président de la République en lui disant que je serais bien sûr respectueuse de ça. Je voilà, je lui montrer aussi que que je connais les institutions, que je sais comment ça fonctionne. Voilà.

Et lui me pose beaucoup de questions thématiques. D'accord. Il me parle de la Corse, il me parle de Nouvelle-Calédonie, il me parle c'était quoi ?

C'était un peu un grand oral où on vérifie vos connaissances. C'était quoi ? Alors ça, ça a été beaucoup présenté comme ça par les journalistes et je crois qu'il y a quelques participants à la Réunion qui ont pu décrire ça comme ça.

Donc peut-être qu'il y avait quelque chose de cet ordre chez le président de la République. Moi, je l'ai pas du tout vécu comme ça parce que moi à ce moment-là, je me quand je suis rentré dans son bureau, je me suis dit que j'étais investi euh de la force qui avait été donnée par les millions d'électeurs qui avaient voté pour le nouveau Fopulaire, que j'étais pas dans une posture de d'élèves face à un professeur. Vous étiez légitime avec les 180 députés NFP ?

Ouais. Voilà. Et donc et donc j'étais plutôt dans une posture un moment, il m'a dit "Et comment vous voyez le budget ?" Et je lu ai dit "Je je monsieur le président euh respectueusement je me permets de vous retourner la question.

Enfin c'est vous qui avez décidé d'ou l'assemblée. Euh comment vous vous envisagez les choses quelques les choses y compris avec votre camp et avec les députés qui représentent votre camp ? Et donc mais ça s a été extrêmement courtois et ça s'est très bien passé et je pense que je lui ai donné en tout cas c'était mon objectif aucune excuse pour considérer qu'il n'était pas possible de me nommer.

Vous lui avez donné aucune excuse malgré tout. Quelques heures plus tard il y a un communiqué de presse de l'Élysée où Emmanuel Macron annonce que vous ne serez pas nommé parce qu'il estime que si c'était le cas, vous seriez censuré dans les jours qui suit. Est-ce que vous vous avez vraiment cru qu'il pouvait vous nommer à Maton ou dès le départ vous avez senti qu'il avait pas envie de nommer quelqu'un de gauche ?

C'est quoi votre sentiment ? J'ai jamais pensé que l'option la plus probable était qu'il me désigne. Mais mon travail et mon rôle en tout cas tel que je me l'étais défini, c'était que je devais lui donner aucune excuse pour ça.

Ne pas le faire exactement. Et et je voulais lui montrer qu'on était prêt à la fois qu'on savait ce qu'on voulait faire et qu'on avait compris les conditions dans lesquelles ça s'inscrivait. C'est-à-dire qu'on avait compris qu'on avait une majorité relative et pas une majorité absolue et que pour autant on était quand même résolu à vouloir mener une politique de gauche en allant chercher des accord texte par texte à l'Assemblée.

C'est aussi pour ça que j'avais préparé le terrain en faisant un courrier à tous les parlementaires signé de tous les présidents de groupe du Nouveau Front Populaire. Ça c'était l'initiative que j'avais prise pendant l'été par exemple. Donc je sincèrement je pense qu'on a été c'était difficile d'être plus constructif et de donner plus de gagon était prêt à gouverner ce pays.

Vous êtes déçu, soulagé, peut-être un petit peu les deux en même temps. Peut-être un peu des deux. Bah c'est je suis déçu, enfin honnêtement moi je suis déçu pour la France parce que je pense que la gauche a beaucoup offrir à la France et et évidemment sinon je croirais pas en ces idées-là.

Moi, je sincèrement, j'ai une j'ai une aspiration sincère à améliorer le sort de mes concitoyennes et mes concitoyen. Et donc, je pense que les mesures qu'on était prêt à proposer et à mettre en œuvre sont bonnes pour notre pays. Donc évidemment, j'ai cette déception là de pas pouvoir poursuivre dans cette voie-là.

Et à titre personnel, bien sûr qu'il y a une forme de soulagement parce que c'est une période très difficile, très intense, dans laquelle ma famille est très exposée et mise à rue d'épreuve. Et puis je sais par ailleurs, enfin et on l'a vu ensuite que c'est un exercice extrêmement périeux d'être premier ministre premier ministre en l'espèce dans un dans un espace où il y a pas de majorité absolue. C'est très difficile de gouverner un pays dans ces conditions et on l'a vu ces derniers mois.

On va revenir là-dessus mais je voudrais juste un instant revenir quelques semaines après du coup le fait que ce ne soit finalement pas votre nom. C'est Michel Barnier qui sort du chapeau de l'Élysée. Ça veut dire que c'est les LR avec moins de 50 députés qui se trouvent avec un premier ministre.

Très vite Michel Barnier chute. Est-ce que vous vous dites euh honnêtement on aurait pas fait pire et peut-être on aurait même fait mieux ? Est-ce que vous êtes dit ça quand Michel Barnier tombe en fait fin novembre ?

Mais moi je me dis pas ça quand il tombe, je me dis ça quand il est nommé. Je me dis mais quelle mascarade de nous avoir refusé Matignon au prétexte que on aurait pas une majorité absolu et ensuite il va chercher comme vous le dites quelqu'un qui a une poignée de députés à l'assemblée puis par ailleurs, quel signale enfin le président de la République choisit d'écarter une femme assez jeune qui peut représenter autre chose dans le paysage politique pour aller chercher un homme âgé. Je crois pas que c'est lui toute une carrière derrière lui.

Je crois que c'est pas lui faire insulte de dire ça qui a effectivement beaucoup d'expérience mais c'est enfin voilà c'est un signe supplémentaire si on en avait besoin que le président est pas féministe, que le président est pas très en fait malgré tout ce qu'il a pu dire notamment dans le cadre de sa première élection présidentielle qu'il est pas très ouvert à la nouveauté. Michel Barnier premier ministre mais il y a une nouvelle porte qui s'ouvre pour vous c'est éventuellement législative en Iser. Il y avait un député LI à Grenoble qui va démissionner parce qu'il a accusé d'agression sexuelle et puis votre nom circule pour être candidate.

Finalement ça ne se fait pas. Ça aurait pu être une piste d'atterrissage pour vous pour arriver à l'Assemblée nationale. Pourquoi est-ce que cette opportunité finalement n'a pas pris ?

Bon, déjà moi je cherchais pas une piste d'atterrissage. Je cherche pas à me caser personnellement. Enfin, c'est pas du tout comme ça que j'ai pensé les choses.

Ouais. Moi, j'ai toujours pensé que j'avais eu une vie avant ce fameux 23 juillet. et que j'en aurai une après.

Et ma vie bah avant elle était pas en politique et donc j'ai plein d'autres choses à faire de ma vie et j'étais très heureuse et je serai encore heureuse après. C'est ça que je me dis à ce moment-là. Mais en effet la question pas de regret, pas d'amertume.

Non et et mais surtout pas l'idée que il faut absolument que je m'accroche, que je me casse, enfin c'est pas du tout mon état d'esprit. Mais effectivement, l'opportunité se présente à ce moment-là et c'est vrai que moi je enfin vu que la vie politique m'intéresse et je suis voilà, c'est je trouve que de d'être élu, de se frotter au suffrage universel, de d'être dans un scrutin, je trouve ça très intéressant. Je me pose cette question à ce moment-là et euh il se trouve que c'est une circonscription qui est fléchée dans le cas de la de l'accord entre les parties du Nouveau Front populaire qui est fléché vers la France insoumise.

Euh et moi, j'ai eu comme mission euh pendant tout l'été d'essayer de trouver un point d'équilibre entre toutes les forces politiques du Nouveau Front populaire. Et vous savez, tout le monde sait que c'était pas la tâche la plus facile. J'ai pas voulu moi siéger avec les insoumis parce que je considérais que les insoumis étaient du coup les insoumis vous disent ça pourrait être vous, vous pouvez être candidate mais en échange, il faut que vous ayez l'étiquette LFI et qu'à l'assemblée vous siégé dans notre groupe.

Ex. Eux, ils m'offrent cette enfin, il me il m'offre la possibilité d'être la candidate de la gauche dans cette circonscription, mais il considère que le fait de siéger avec eux à l'Assemblée n'est pas négociable. Et moi, je leur dis à ce moment-là que ça ne me semble pas possible de siéger avec eux parce que ça me semble pas possible de siéger avec dans un un des groupes polaire de cet espace politique qui est le Nouveau Front populaire.

Euh vous avez un envie de faire une sorte de trait d'union, si je puis dire, entre c'est le bah c'est ce que j'ai un peu c'est ce que j'ai fait pendant tout l'été et donc ça me semble pas possible à ce moment-là de siéger avec la France insoumise indépendamment de mes opinions à moi. Enfin tout ça voilà c'est pas possible de faire ce geste là à ce moment-là. Euh donc à ce moment-là, on envisage plein de choses.

J'envisage de faire une sorte de siège tournant euh euh pour continuer dans cette posture un peu de trait d'union et et des coups distance entre les différentes forces politiques du Nouveau Front populaire. J'envisage aussi de siéger dans le groupe où il y a les écologistes parce que c'est le groupe le plus composite, c'est-à-dire où il y a plusieurs il y a pas que des écologistes écologistes làprès qui sont des anciens insoumis. Exement.

Voilà. Et les insoumis ne souhaitent pas ça. Et donc dans ces conditions bah je leur dis je propose qu'on s'en tienne là et c'est pas grave.

Enfin voilà, moi je je cherche pas à tout prix une position politique. Est-ce que vous êtes quand même pas dit ? C'est dommage parce qu'on a réussi sur mon nom à faire une sorte d'alliance et puis là finalement sur une candidature législative, on n'y arrive plus.

Bah eux ils présentaient pas les choses. Enfin les choses ne se peuvent se raconter autrement. C'està-dire eux ils étaient ils disaient qu'ils étaient très contents de me soutenir.

Moi, je pensais par ailleurs queélectoralement c'était pas la meilleure stratégie et donc voilà. Donc on s'est on s'est pas mis d'accord là-dessus. C'était c'est resté courtois.

Voilà. J'en ai pas. Est-ce que quand vous voyez aujourd'hui l'atmosphère dans l'hémicycle qui est très électrique pour ne pas dire plus, est-ce que vous dites bah finalement peut-être que j'ai échappé à un mandat très usant et très difficile moralement et physiquement ?

Bon, je c'est pas comme ça que je me formule les choses. Oui, je trouve ça difficile mais en même temps c'est le combat politique est difficile. Servir ses idées c'est difficile.

Donc j'étais prête à me frotter à ça. Donc non, je c'est pas à cet égard que enfin je me dis pas ça particulièrement. Non.

Si on avance un petit peu aujourd'hui, c'est Sébastien Lecornu, le premier ministre. Il a dû, lui aussi, en l'absence de majorité absolue, aller un petit peu arracher avec les dents certains compromis avec les socialistes. Est-ce que vous dites-vous que peut-être vous auriez pu faire pareil, vous aussi, aller chercher un petit peu les voies un petit peu partout ou est-ce que vous dites ouf, j'ai un petit peu échappé à ce job infernal, certains appellent même Matignon l'enfer.

Est-ce que voilà, il y a un petit moment quand vous voyez Sébastien le Cornier, vous dites "Bon bah peut-être qu'en fait c'était aussi bien que ce job n'est pas été le mien. Bah non, je me dis pas que c'est bien parce que encore une fois, moi je pense à mon pays et moi je pense que on aurait fait passer des mesures qui sont plus utile et plus nécessaire à nos à nos concitoyens que ce qui est en train de faire Sébastien Lecnu. Moi, je je trouve que le projet de budget qu'il a, c'est pas du tout le projet de budget que j'aurais porté et donc j'aurais fait les choses différemment.

Bien sûr, j'aurais été chercher des compromis mais sur la base de ce que je pensais être le mieux pour la France. Donc non, je me dis pas ça, je suis pas soulagée quand je vois que on augmente pas le budget des hôpitaux alors que on a des lits qui sont fermés parce qu'on a pas assez de soignants. Quand je vois que il y a pas assez de profs devant les élèves tous les jours dans les écoles, non, je peux pas me dire que je suis heureuse de ne pas avoir fait ça puisque j'aurais j'aurais fait les choses autrement ou en tout cas, j'aurais essayé.

Je je j'ai pleinement conscience que de l'ampleur de la tâche et que c'était pas facile, mais je seraiis en tout cas pas partie de la première de la même du même document initialement initial. On parlait du budget de l'État. Il y a quelque chose qui est beaucoup revenu quand votre nom a été annoncé pour aller à Mat, c'est le budget de Paris.

Vous à l'époque du NFP pendant l'été, vous êtes directrice des finances et des achats de la ville de Paris. Le budget parisien c'est énorme, c'est 11 milliards. En face de ce budget, il y a aussi une dette qui est importante qui est de 9 milliards.

Et beaucoup de gens, notamment à droite disent "Bah voilà, vous avez envie de vous occuper du budget de la France, mais dans la ville que vous dirigez, l'endettement est très important." Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que ce profil là est pas forcément de bonne augure pour aller sur des sujets budgétaires ? Alors, la première réponse qui est peut-être le petit bout de la lorniette, c'est je réponds à ces gens-là, soit ils sont de mauvaise foi, soit ils sont incompétents et ils savent pas comment fonctionne une collectivité.

Euh par exemple, on reproche pas la direction du budget en dans l'état d'être la direction des pensières. En fait, la direction du budget ou la direction des finances dans une collectivité traditionnellement, c'est celle qui dit "Attention, il faut dépenser moins, il faut suivre notre trajectoire d'endettement". Voilà.

Donc quand dans mes fonctions administratives, mon rôle c'était de faire en sorte que on s'endettete dans de bonnes conditions quand on décide de s'endetter et puis de dire "Attention, ce projet peut-être coûte un peu trop cher, il pourrait être décalé ou" ou voilà. Donc le rôle euh dans l'administration d'une direction des finances, c'est plutôt un rôle de modération. Ça c'est le premier point.

Et puis le second point qui est pas le petit bout de la Lornielette, mais qui est le point le plus important à mon sens, c'est que la politique budgétaire de la ville de Paris, elle a consisté à s'endetter pour investir dans l'avenir. Et d'ailleurs, les collectivités ont une règle qui est qu'elles ne peuvent s'endetter que pour financer de l'investissement et pas pour financer leur train de vie quotidien, c'est-à-dire leurs dépenses de fonctionnement. Et donc en réalité pour payer le traitement des fonctionnaires.

Exactement. Exactement. Ou les fluides, c'est-à-dire vos factures d'électricité par exemple.

Elles financent de l'investissement et ça c'est très important. L'investissement c'est l'avenir de nos enfants. Quand on construit une école, quand on construit des pistes cyclables, et ben évidemment on s'endettete parce qu'on n'est pas en mesure de payer tout l'année où on le construit.

Et on le et et c'est très c'est de bonnes politiques de s'endetter pour construire quelque chose qui va durer des décennies. C'est normal et c'est de bonnes politiques. Donc je n'ai aucun problème avec ça.

En fait, ceux qui sont contre l'investissement, c'est ceux qui sont contre les services publics. Donc j'ai aucun problème à assumer ça. Mais en réalité, c'est pas en tant que directrice des finances que je l'assume, c'est en tant que personnalité de gauche.

Parce que la directrice des finances, elle fait en sorte euh quand un projet politique qui aboutisse. Oui. Et elle répond aux instructions de de l'exécutif parisien.

Elle le fait avec loyauté dans la direction politique qu'on lui demande d'appliquer et c'est normal. Vous êtes sorti du bois, vous allez être candidate au municipal à Paris sur la liste d'Emmanuel Grégoire donc qui est ancien adjoint d'Aine Dalgo et qui est aujourd'hui député socialiste. Je trouve ça intéressant que vous alliez sur cette liste parce qu'on le disait, vous êtes considéré comme un trait d'union puis finalement là c'est chez les socialistes que vous engagez.

Alors je précise que c'est une liste socialiste avec des communistes et des écologistes mais sans la France insoumise qui présente sa propre candidature avec Sopia Chikirou. Est-ce que vous vous avez quand même une frustration de vous dire que sur la ville de Paris, ce qu'on a réussi à faire pour le NFP pour Matignon, on narrive pas à le faire euh sur la ville de Paris. Est-ce que bah moi mon point de vue, c'est que il faut essayer d'être la gauche la plus unie possible partout et après je comprends les réalités politiques et je vois bien que c'est pas possible partout.

Euh j'ai fait le choix de m'engager dans la liste d'Emmanuel Grégoire à Paris parce que c'est la liste la plus unionniste et je l'ai dit depuis le début, je m'engagerai dans la liste qui est la plus unionniste possible. Il y a non seulement le Parti socialiste, vous avez dit, il y a les écologistes, il y a les communistes et puis il y a l'après. Euh donc c'est c'est une liste qui est très unionniste, qui rassemble des divers des opinions de de gauche qui sont très diverses.

Et donc je suis vraiment ravi et honoré de pouvoir rejoindre cette liste qui va porter un projet qui à mon sens respond répond aux aspirations des électeurs de gauche à Paris. Vous si la liste d'Emmanuel Grégoire l'emporte, vous aimeriez bien devenir maire adjointe sur quelle délégation ? Ça on verra.

C'est pas des discussions qu'on a encore. Moi, je pense que c'est une campagne difficile et que l'enjeu est majeur pour l'avenir de Paris. Et donc pour l'instant, moi je mets toute mon énergie à ce qu'on gagne au premier tour.

Donc on aura ces discussions bien plus tard, mais c'est pas du tout mon cas personnel en ce moment qui me qui m'intéresse. Vous présenter à Paris, est-ce que c'est pas un petit peu la facilité ? Vous vous avez grandi à quand ?

Après tout, vous auriez pu vous présenter dans une petite ville de Normandie. Vous parliez des services publics, il y a beaucoup beaucoup de territoires en France qui ont de gros problèmes de services public. Vous auriez pu aussi faire cet engagement municipal ailleurs.

Oui, mais je trouve ça vraiment important de s'engager pour un engagement municipal, de s'engager là où on vit. Moi aujourd'hui, j'habite à Paris, j'ai un enfant qui est dans une crèche municipale, un enfant qui est à l'école maternelle. Je suis une utilisatrice heureuse des services publics tous les jours à Paris.

Je trouve ça important de s'engager là où on habite. Quelques semaines après votre candidature annoncée pour Matino, il y a une couverture de Paris match et le titre c'est ce que j'ai envie de vous dire. Et dans cette couverture là, vous me parlez de vos enfants et vous parlez notamment dans cet article de votre couple avec une femme.

C'est très très rare un des coming out en politique chez les femmes. Il y en a eu quelques-uns. Le dernier, c'est Sarah Elaéri qui à l'époque était ministre délégué à l'enfance.

Est-ce que c'est une évidence pour vous de parler de votre famille, de votre compagne ? à l'époque vous avez un fils, vous en avez deux aujourd'hui. C'est une évidence où vous dites "Bon, c'est pas évident, on en parlait, je vais exposer ma famille qui a rien demandé." Euh comment vous sentez les choses ?

Est-ce que vous dites "C'est aussi ma vie privée ? J'ai peut-être le droit de garder cette ce jardin secret." C'est pas du tout évident.

Euh il y a un peu deux deux vagues contradictoires en moi à ce moment-là. La première, c'est évidemment que j'ai envie de protéger ma famille, de protéger mes enfants, enfin mon enfant puisqueà l'époque j'ai un enfant, un fils. Et l'autre vague, l'autre vague qui va dans l'autre sens, c'est que je pense que il faut surtout pas se cacher et que je trouve que c'est très important et j'ai vécu moi-même ça, d'avoir des points de référence, des modèles, l'existence de personnes publiques qui vous montre que on peut être très heureux et on peut faire de la politique, on peut faire plein d'autres choses dans la vie et des choses super quand on est homosexuel.

Et donc j'ai cette vague de contradiction. Voilà, je suis pas je suis pas quelqu'un qui est trop du genre à exposer sa vie privée et tout mais qui mais en revanche, je pense que c'est très important et que c'est très politique de pouvoir dire bah oui, je je suis en couple avec une femme et ça ne pose aucun problème. Et puis ensuite, il y a eu une contrainte très matérielle en fait, c'est que dès que mon nom est sorti, tout enfin plein de journalistes ont commencé à enquêter sur ma vie.

Et un soir, il y a mon meilleur ami qui m'appelle, mon meilleur ami qui est prof de bio dans un dans un lycée de banlieu parisienne et qui m'appelle et il me dit "J'ai une journaliste qui vient de m'appeler et qui m'a demandé si c'était toi qui avait porté ton enfant." Waouh ! Qu'est-ce qu'on se dit euh quand vous quand on entend ça ?

Et là, lui il me dit en plus il enfin lui il est pas du tout dans ce monde là. Enfin comme moi, je n'étais pas avant et donc il me dit j'ai pas répondu, j'espère que j'ai bien fait. Je lui dis "Oui oui, c'est super, merci." Et en fait bah à ce moment-là, je me dis il faut que je le dise dans mes mots parce que ça va sortir et j'ai pas envie qu'on me prenne ça et qu'on et qu'on le disent dans des mots que je maîtrise pas.

Et donc on a eu une discussion avec ma compagne et je lui ai dit voilà et il se trouve que euh un journaliste de Paris Match avait demandé s'il pouvait nous suivre dans le déplacement à Duralex euh on a visité l'usine et donc à ce moment-là on lui a dit qu'on allait dire ça en une phrase pour que ça soit dit sans aucune voilà sans aucune fioriture. Enfin on en a pas fait toute une histoire. C'est une phrase dans un portrait de deux ou trois pages.

Ça vous a étonné que ça fasse encore l'événement en France ? Complètement. Ça m'a beaucoup Ouais.

Ouais. Ça m'a beaucoup parce que donc moi dans quand on lit l'article, c'est une phrase et le j'ai été furieuse en fait du titre parce que le titre, je crois que c'était je veux dire qui je suis alors que c'était pas et puis et c'était il y avait je crois un sous-titre sur ça. Et donc moi je pensais pas du tout que le portrait allait être axé là-dessus.

Euh enfin que la la le titre allait être axé là-dessus. Moi, à ce moment-là, je découvre encore la magie des titres de presse et tout ça. Donc euh et ensuite surtout ce que j'ai trouvé incroyable, c'est tous les articles qui ont suivi qui ont été qui ont titré "Lucy Casté fait son coming out" alors que c'était pas l'objet de l'article.

Simplement, moi je voulais pas me cacher et je voulais le dire en mes mots mais assez sobrement quoi. Et donc ça m'a complètement enfin c'est ça m'a échappé et ça m'a enfin ça a pris une ampleur que j'ignorais. Ça a été violent pour vos proches, pour vous, pour votre femme, pour vos enfants ?

Bah pour mon fils qui a il avait 2 ans à l'époque, il a pas je pense qu'il l'a pas perçu. Enfin, il a perçu peut-être chez nous la le trouble que ça a pu susciter. Non, ce que j'ai trouvé fou, c'est que c'est que ça crée encore quelque chose en France, mais c'est aussi le signe que c'est pas si courant et donc d'une certaine manière, c'était bien de le faire.

Ce que je trouve très intéressant, c'est quelques mois plus tôt, Gabriel Atal avait évoqué son homosexualité à la tribune de l'Assemblée nationale lors discours de politique générale et on l'a finalement assez peu relevé. Ça veut dire qu'on traite pas de la même façon pour vous l'homosexualité féminine et masculine. Euh oui, peut-être.

Je pense qu'il y a moins de de référence de modèles effectivement de de femmes qui font leur coming out en politique et même dans d'autres sphères médiatiques. Peut-être euh peut-être. Oui, c'est peut-être une forme aussi de misogynie.

Je reviens sur la ville de Paris. Euh vous vous êtes aussi engagé en politique, vous en avez beaucoup parlé pour lutter contre l'extrême droite. C'est quelque chose qui vous tient à cœur à Paris aujourd'hui dans les sondages de l'extrême droite est assez forte.

Sarah Knafo qui est la candidate reconquête et sur le papier en tout cas en mesure de se qualifier au second tour. Éric Zemour avait fait plutôt des bons scores dans l'Ouest parisien. Il y a aussi un candidat Thierry Mariani pour le RN.

Est-ce que ça vous étonne qu'à Paris l'extrême droite soit aussi forte ? Vous vous pensez beaucoup que l'extrême droite en France est puissante parce qu'il y a un délitement des services publics. On le voit à l'école.

On voit dans les hôpitaux, c'est pas forcément le cas à Paris autant que dans le reste de la France. Et pourtant, il y a là aussi une extrême droite forte. Comment vous vous l'analysez ?

Moi, je l'analyse aussi en ayant lu des livres qui parlent de ça. Euh, je pense notamment au livre d'un chercheur qui s'appelle Félien Fory qui s'appelle des électeurs ordinairire qui lui a eu un terrain de travail plutôt dans le sud-est de la France mais plutôt des classes pas très des classes sociales pas très défavorisées et qui montrent que il y a une adhésion croissante à des à des théories racistes enfin à des pensées racistes et je pense que c'est en partie le cas enfin c'est ce qui explique en partie la montée de l'extrême droite à Paris. Euh moi je suis euh étonné certes, effrayé et aussi je pense qu'il y a une responsabilité immense d'une partie de la droite qui à une époque pouvait se faire appeler droite dite républicaine mais qui aujourd'hui a laissé tomber toutes les digues entre elle et l'extrême droite pour épouser des théories de l'extrême droite, des idées d'extrême droite et qui en fait a fait le lit volontairement ou pas mais plutôt volontairement je pense de l'extrême droite et pour la laisser entrer partout y compris dans une ville comme Paris quand on a un ministre comme monsieur Casbarian qui dépose avec d'autres membres du camp présidentiel Casparian ministre ancien ministre du logement.

Ouais. Qui dépose il y a quelques semaines un amendement avec d'autres membres de la majorité présidentielle un amendement qui vise à exclure les personnes qui sont en situation irrégulière de l'hébergement d'urgence. On est dans une situation où la droite épouse des idées racistes en fait.

Ça fait sortir des gens, ça met ça met des familles entières. Je crois que le l'estimation est à 100000 personnes des familles entières dans la rue, des enfants dans la rue sur la base de présupposés racistes euh et xénophobe. Donc je pense que il y a une responsabilité immense de la droite d'avoir laissé ça advenir.

Alors pas toute la droite mais quand même une grande partie de la droite. Quand on a un premier ministre François Baou qui parle de submersion migratoire. François Beirou il vient du centre.

Je pense qu'il y a quelques décennies c'était inconcevable que quelqu'un qui vient du centre puisse dire ça. Et donc moi ça me choque énormément. quand il dit submersion migratoire, il sait que je pense qu'il sait que c'est faux.

Il n'y a pas de submersion migratoire, c'est faux. Enfin, quand on regarde les chiffres, c'est faux. Et donc il fait la place, il il prépare la place à des idées d'extrême droite qui sont ensuite qui sont ensuite incarnées par le Rassemblement national et par Reconquête.

Il y a le contexte français, vous en parliez, mais il y aussi un contexte européen où on voit que l'extrême droite est de plus en plus forte partout. Ça comment vous vous l'expliquez ? Comment vous l'analysez ?

Bah, je l'analyse en partie. Je pense que les diges, elles ont sauté pas que en France entre la droite et l'extrême droite. Je pense qu'il y a il y a du mensonge dans les idées qui sont portées par ce bord de l'échiquier politique qui propose des solutions et qui et qui parfois se présentent alors c'est plus vrai pour le Rassemblement national que pour conquête mais qui se présente comme une forme de partie en mesure de venir au secours des classes défavorisées des classes les plus populaires.

En fait, c'est complètement mensongé. Et là, les masques tombent par exemple en France, quand vous avez Jordan Bardella qui va se faire ovationner aux universités d'été du MDEF, les masqueton, on se rend compte qu'en fait le Rassemblement national n'est pas un parti qui va venir aider les classes populaires. Le Rassemblement national s'augmente se s'oppose à toute augmentation d'impôts pour les ultra riches en France.

Donc, on commence à à percevoir que c'est un un parti au service euh non pas des classes populaires mais des personnes les plus riches et des entreprises les plus importantes. Euh mais effectivement les dig commencent à sauter, enfin commencent d'ailleurs, les dig ont sauté depuis un bon moment. Évidemment, il y a les États-Unis, il y a aussi il y a aussi Mil en Argentine, il y a aussi Orb en Hongrie.

C'est une vague à laquelle il faut résister et c'est en grande partie lié à des enjeux de désinformation. Et je pense et c'est pour ça d'ailleurs que j'ai décidé moi de de me de dans le domaine professionnel de travailler sur la question de l'influence des des acteurs des géants de la tech sur la démocratie notamment la main mise sur les algorithmes, sur la maîtrise de la diffusion de l'information et cetera. C'est je pense le combat de cette décennie et il faut le mener tous ensemble.

Est-ce que c'est une de vos craintes pour 2027 qu'il y ait une manipulation des réseaux sociaux comme on a peu peut-être pu le voir en Roumanie en vous disant voilà peut-être des algorithmes qui vont pousser des candidats reconquête, des candidats ern ? Ça pour vous c'est une angoisse pour les prochaines années ? Bah oui, c'est une angoisse immense mais pas que pour 2027.

On a vu que déjà il y avait eu des tentatives et des ingérences étrangères pour pousser des idées d'extrême droite. On l'a vu en France dans les années passées hein. Donc évidemment c'est une menace, c'est pas une menace hypothétique, c'est une menace qui est là et c'est un enjeu immense.

Il faut réguler les géants de la tech et il faut empêcher ces ingérences à la fois des ingérences extérieures. On sait qu'il y a eu des ingérences russes notamment, mais on sait d'ailleurs qu'il y a une porosité très forte entre les entre ce que la Russie et les intérêts de la Russie et les intérêts de l'extrême droite en France. Donc bien sûr, c'est une menace immédiate et ça ça appelle une régulation beaucoup plus forte à l'échelle non seulement nationale mais aussi européenne.

Est-ce que vous si vous aviez été à Matignon, vous auriez accepté de parler avec des députés du Rassemblement national ou pour vous c'était vraiment quelque chose qui était du domaine de l'impossible ? Moi je l'ai toujours dit. Je pense qu'il y a une digue et qu'il faut pas la faire sauter.

Je et c'est pour ça que j'en veux énormément à une partie de la droite de l'avoir de l'avoir fait sauter et de et de maintenant laisser laisser les idées de l'extrême droite se répandre partout en France. J'aurais j'ai toujours dit que je travaillais avec tout le monde mais pas avec l'extrême droite. Est-ce que vous pensez que quand on est premier ministre, on peut accepter par exemple de ne pas parler avec son homologue italienne Georgia Méloni ?

Est-ce que pour vous ça vous semble quelque chose de vraiment réaliste ? Mais c'est pas pareil. Là, je là je parle de la manière dont on discute à à l'Assemblée nationale de de d'aller chercher des compromis.

Donc on parlerait pas avec les 140 députés RN. Alors déjà un, je parle pas avec les députés d'extrême droite, mais en revanche, je pense qu'il est absolument nécessaire de s'adresser aux électeurs qui peuvent se tourner vers l'extrême droite, parfois avec des besoins légitimes qui se sentent délaissés par les par les services publics, par l'État, par les médias. Je pense qu'il y a un sentiment parfois d'exclusion et de solitude euh qui peut conduire à un vote vers l'extrême droite qui évidemment que évidemment je ne soutiens pas mais il faut pas mépriser les gens qui votent à l'extrême droite.

Mais en revanche, les élus d'extrême droite, ce ne sont pas des partenaires politiques. Euh jamais. Euh mais bien sûr quand on est premier ministre, à fort quand on est président parce que on on a on est compétent en matière d'affaires étrangères, on doit parler à ses homologues.

Mais ça empêche pas du tout d'avoir un une discussion extrêmement franche et et extrêmement exigeante euh avec ces personnes qui sont nos homologues. Vous dans le contexte actuel où on a un endettement important de la France où vous dites il faut aller chercher des sous, c'est les ultra riches pour financer plus les services publics. Comment vous voyez les choses ?

On entend beaucoup parler de la dette, on entend peut-être moins parler de la qualité des services publics. Comment pour vous on pourrait renforcer la qualité de l'école par exemple ou des hôpitaux ? Comment vous sentez les choses ?

Ah, je pense qu'il y a je pense qu'il y a besoin de plus de moyens. Donc, il faut je pense revoir la façon dont notre système fiscal fonctionne. On sait aujourd'hui, c'est très documenté qu'on a un système fiscal qui est injuste, c'est-à-dire que vous avez au bout de la distribution, c'estàd parmi les plus riches à la fois chez les ménages, donc chez les gens et dans les très grandes entreprises, il y a une inégalité majeure quand on est tout au bout.

C'est-à-dire quand on est ultra riche ou une très grosse entreprise, on paye moins d'impôts que les petites entreprises ou que les ménages moyens. C'est inacceptable sur le plan de la justice fiscale et en plus ça fait que on que l'État récupère moins d'argent dans les caisse pour financer les services publics. Donc ça c'est quelque chose qu'il faut absolument corriger.

C'est une première chose. Et la deuxième chose c'est que bien sûr il faut regarder comment est organisé notre système social, comment sont organisés nos services publics et il y a toujours des choses à faire pour améliorer même à dépenses constantes. par par exemple notre système de santé, on a un système de santé qui est assez absurde où on a une pression sur les hôpitaux publics qui est énorme.

On a des hôpitaux publics qui sont, je le disais tout à l'heure, en déficit chronique. On n pas assez d'argent pour répondre aux besoins et soigner correctement les gens. Mais en fait, c'est aussi parce que on investit pas du tout suffisamment dans la prévention.

Si vous investissez plus dans la prévention, si vous investissez plus dans la médecine de ville, que vous donnez plus de moyens à cette médecine, je dirais d'amont, et bien il y a des pression une pression plus faible sur l'hôpital public. Et donc on a moins besoin de combler le déficit de l'hôpital public. Donc il faut que on ait une approche qui est beaucoup plus long termiste et beaucoup plus d'ensemble de nos politiques publiques.

Ce qu'on fait pas aujourd'hui dans le domaine de la sécurité par exemple, on va investir des moyens colossaux pour lutter contre pour aller démanteler des points de deal en terme de trafic de drogue. Mais on sous-investit dans la police judiciaire qui va faire des enquêtes complexes pour faire tomber des têtes de réseau. Ça n'a aucun sens.

Ça c'est comme si vous cherchez à vider la mer à la petite cuillère. vous démantez un point de deal et il y en a un autre qui va se rouvrir 100 m plus loin. Pendant ce temps-là, vous faites pas tomber les têtes de réseau.

Donc c'est ça a pas de sens. C'est pour ça que je pense qu'il faut toujours réfléchir à la à améliorer l'efficacité et la cohérence de notre action publique. Et ça peut ça peut permettre de mettre les moyens là où ils sont les plus efficaces.

Je suis quand même très frappé en vous écoutant. Lucy Castet, vous êtes très calme, on vous sent très construite idéologiquement. Euh si jamais vous faites votre rentrée au conseil de Paris, ce qui est assez probable, euh [rires] vous allez vous retrouver euh au conseil de Paris avec Rachid Adati, même si elle perd, elle sera au conseil de Paris.

Euh probablement Sarah Knafo probablement Thier Marian le candidat du RN. Moi, j'ai des souvenirs d'échanges extrêmement vifs entre Annie Dalg et Rachidati. Je ne vous sens pas vraiment dans la culture du clash.

Est-ce que vous vous sentez prête au conseil de Paris à devoir vous faire attaquer sur l'endettement de la ville, à devoir vous faire attaquer sur les services publics ? Est-ce que vous avez envie de vous glisser dans ce moule là qui là quand on échange ne me semble pas être forcément quelque chose qui de première à bord vous plairait. Moi je le prends comme un compliment.

Je non je suis pas prête à me glisser dans ce moule mais moi je pense qu'on a besoin de faire de la politique en s'adressant à l'intelligence des gens et donc c'est ce que je compte faire. Et donc c'est pas parce que je rentre au conseil de Paris ou ailleurs que je j'irais adopter les travers de mes ennemis politiques. Moi je pense qu'il faut faire de la politique en s'adressant à l'intelligence des gens. en ayant des arguments rationnels, en argumentant et en étant extrêmement ferme sur ce son ce qu'on croit juste.

Et donc c'est ce que je ferais euh si j'entre au Conseil de Paris, si j'ai cette cet honneur et cette chance-là. Donc euh ça m'empêchera pas d'être ferme sur les idées, mais je serai pas euh dans l'invective gratuite ou dans l'attaque personnelle. C'est une réponse de femme politique là que vous me faites ça y est, vous êtes une femme politique.

Non, pourquoi ? Qu'est-ce que vous pensez que j'aurais dû dire d'autre ? Enfin, je veux dire, c'est vraiment sincèrement ce que je crois.

Je je pense que je peux être très pugnas et très et offensive mais sur le terrain intellectuel euh et c'est et enfin je pense qu'on sert mieux ces idées et on est plus efficace en politique au sens noble du terme quand euh on s'adresse à l'intelligence des gens et quand on utilise des arguments rationnels et pas des fake news. Peut-être une dernière question Lucy Cassel la présidentielle approche- vous. On le disait, vous avez envie de continuer à faire le trait d'union à gauche.

Pour l'instant, on a du mal à imaginer une candidature unique au premier tour. Jean-Luc Mélenchon ne veut pas de primaire. Raphaël Luxman non plus, Olivier Fort et Marine Tondelier sont plutôt partants, mais on expliqué qu'il la ferait pas s'il n'y avait que deux sur la ligne de départ.

Est-ce que ça pourrait pas être vous le trait d'union après tout Lucy Castet ? Bah, ça peut pas être moi puisque je me suis portée euh d'une certaine manière garante et volontaire pour construire ce projet de de procédure de désignation d'une candidature commune euh à l'ensemble de la gauche ou en tout cas au spectre entre Mélenchon et Gluxman et en fonction des gens à qui vous vous adressez. Peut être arbitre et ex on peut pas être joueur et arbitre.

Enfin, sauf Emmanuel Macron a essayé de le faire et ça ça a pas trop marché. Euh enfin ça ne marche pas trop à mon sens. Donc non, c'est pas possible.

Il faut que je sois dans une posture de tir de confiance. Euh c'est ce que j'essaie de faire mais vous disiez on n'y croit pas trop et tout ça. En fait euh ça peut pas être simple.

Ce sont des appareils politiques qu'on essaie de mettre ensemble. C'est euh en fait c'est un parcours. C'est c'est quelque chose qui se construit.

C'est une démarche, c'est une dynamique à à lancer. Moi, j'espère que ça va marcher. Peut-être que ça marchera pas.

J'y mets euh j'y mets mes trip et mon cœur. Vous y vous y croyez ? Vous crois ?

Oui, j'y crois. En fait, je La question c'est pas c'est pas une question de croyance, c'est une question de nécessité. Moi, je pense que s'il y a plusieurs candidats à gauche sur la ligne de départ, que plus il y aura de candidats à gauche sur la ligne de départ au présidentiel, plus le risque d'avoir la droite et l'extrême droite qui s'allie de fait au pouvoir et ça je peux pas le supporter, je peux pas l'accepter et donc je fais tout ce qui est en mon pouvoir, à ma position, à moi pour faire en sorte que ça n'arrive pas et je crois que c'est c'est l'option la plus constructive pour éviter ça.

Et donc c'est pour ça que j'y mets toutes mes forces. Comment on se détend quand on est licast ? on essaie de faire l'union à gauche, ce qui est pas gagné, qu'on se retrouve prochainement probablement au conseil de Paris, qu'on a une vie familiale bien occupée.

Comment est-ce qu'on débranche ? Comment est-ce qu'on se trouve un petit grain de folie, un espace de respiration dans un monde politique qui est quand même assez dur ? Bon, déjà, moi j'ai gardé tous mes amis, mes copains, tout mon monde, il est resté avec moi.

Donc on se détend comme ça en voyant en voyant ses amis. Euh, j'essaie de continuer à faire du sport. Donc, je me détends.

Moi, j'ai toujours fait beaucoup de sport dans ma vie. Donc, attendez que vous étiez fan de foot. J'aime bien, je suis pas fan de foot au sens je regarde pas les matchs et tout mais j'aime bien jouer au foot.

J'adore jouer au foot et d'ailleurs je joue souvent au foot avec mon fils de 4 ans sur la place en bas de chez moi. D'accord. Donc voilà comment on se détend et puis sinon je bouquine, je fais comme plein de gens quoi.

Je regarde des séries. Merci beaucoup Lucy Castet d'avoir été avec nous, d'avoir répondu à nos questions. On se retrouve très prochainement pour un nouvel entretien.

À très bientôt.