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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 septembre 2017 8 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsTravail & emploiÉconomie & entreprisesEurope & international

Nicolas Bay : "Emmanuel Macron tient des propos injurieux envers les Français"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Vous êtes-vous senti concerné hier par les propos présidentiels, les fainéants, les cyniques, les extrêmes qui s'emprennent aux réformes du gouvernement ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Est-ce que le Front National appelle à manifester contre ce texte combattu principalement par la gauche ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Protection c'est avec ce marqueur que vous souhaitez incarner mais disant mais l'alternance politique ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Vous ne vous sentez pas à l'étroit au Front National entre d'un côté les insoumis de Jean-Luc Mélenchon, de l'autre Laurent Wauquiez ?

  • 4:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que le Front National est à vos yeux aujourd'hui un parti en crise ?

  • 5:35OuverteRéponse partielle

    Florian Philippot a-t-il toujours la confiance de Marine Le Pen ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25PrésentateurFait
    « En revanche, je me sens comme tous les français visés par ce mépris absolument incroyable dont fait preuve le président de la République. »
  • 0:45PrésentateurChiffre
    « Le problème c'est qu'Emmanuel Macron aujourd'hui parle d'une majorité de français parce que toutes les enquêtes d'opinion montrent qu'aujourd'hui il est largement minoritaire »
  • 4:31PrésentateurChiffre
    « Le Front National a rassemblé, et Marine Le Pen ont rassemblé, 11 millions de suffrages à la présidentielle. »
  • 4:41PrésentateurFait
    « C'est lié notamment à un mode de scrutin antidémocratique qui a poussé beaucoup nos compatriotes à rester à la maison, à ne pas se déplacer. »
  • 6:58PrésentateurFait
    « Nous avons là-dessus l'antériorité, la légitimité. »
  • 7:27PrésentateurFait
    « nous sommes du côté des entreprises, que nous voulons baisser les charges, baisser la fiscalité »
  • 7:48PrésentateurFait
    « Nous ne sommes pas anti-européens. Nous sommes alter-européens. »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • Nicolas Bay22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux sur France Inter.

0:06
Nicolas Bay

Bonjour Nicolas Bay, secrétaire général du Front National en duplex de France Bleu Champagne. Vous êtes-vous senti concerné hier par les propos présidentiels, les fainéants, les cyniques, les extrêmes qui s'emprennent aux réformes du gouvernement ?

0:22
Présentateur

Je ne me sens pas concerné par les objectifs très désagréables qui ont été utilisés. En revanche, je me sens comme tous les français visés par ce mépris absolument incroyable dont fait preuve le président de la République. On a le sentiment qu'il désigne finalement tous ceux qui ne sont pas d'accord avec ses orientations politiques en les traitant de tous les noms, fainéants, égoïstes. Il avait déjà fait le coup avec les illettrés où il avait parlé aussi de ceux qui ne sont rien.

Le problème c'est qu'Emmanuel Macron aujourd'hui parle d'une majorité de français parce que toutes les enquêtes d'opinion montrent qu'aujourd'hui il est largement minoritaire, que sa politique ne convainc pas et qu'on a déjà, après seulement quelques mois des élections présidentielles, eh bien on a déjà un président de la République qui a perdu énormément en légitimité.

1:03
Nicolas Bay

Et d'ailleurs mardi il y aura des manifestations contre la réforme du code du travail, contre la loi travail. Est-ce que le Front National appelle à manifester contre ce texte combattu principalement par la gauche ?

1:14
Présentateur

Nous sommes un mouvement politique et donc nous portons l'opposition et un projet alternatif dans le débat public, dans le débat parlementaire. Nous n'avons pas l'intention d'aller manifester avec l'extrême gauche, qu'elle soit politique ou syndicale d'ailleurs. En revanche nous sommes évidemment opposés à ce texte parce qu'il ne règle rien des problèmes de l'économie, rien des problèmes de l'emploi dans notre pays. On voit bien que ce dont la France a besoin c'est de la simplification et de la protection. Simplification parce que l'inflation des normes, des contraintes et des règlements pourrissent littéralement la vie des entrepreneurs et des entreprises.

Et puis des protections parce que ce n'est pas en fragilisant nos salariés qu'on améliorera la situation de l'emploi en France.

2:00
Nicolas Bay

Protection c'est avec ce marqueur que vous souhaitez incarner mais disant mais l'alternance politique ?

2:08
Présentateur

Je crois que ce qui constitue une vraie opposition c'est aussi la capacité à porter un projet politique alternatif. Et c'est ce qui différencie fondamentalement je crois Marine Le Pen et le Front National de ses concurrents que ce soit les Républicains ou que ce soit la France Insoumise. Eux finalement ne sont pas capables de porter un projet alternatif. Les Républicains on voit qu'ils sont d'accord sur l'essentiel avec les orientations d'Emmanuel Macron. Et quant à Jean-Luc Mélenchon on voit bien qu'il est resté dans le logiciel daté, obsolète, caricatural même de l'extrême gauche. On est dans l'esbrouf, dans l'agitation mais pas dans un projet de société qui est rassembleur.

2:44
Nicolas Bay

Vous ne vous sentez pas à l'étroit au Front National entre d'un côté les insoumis de Jean-Luc Mélenchon, de l'autre Laurent Wauquiez qui est en train de s'approprier des thématiques chères au Front National. Entre ces deux marqueurs Nicolas Bé, comment on va se positionner ? Avec quel marqueur ? Plus identitaire ? Plus migratoire ?

3:02
Présentateur

Je crois que ce qui fait la force du Front National, ce qui a fait que Marine Le Pen est au second tour de la présidentielle, c'est précisément d'avoir un projet complet. Donc il ne s'agit pas de s'enfermer dans telle ou telle thématique, il s'agit d'être complet et surtout d'être cohérent. C'est-à-dire que les idées qu'on défend dans un domaine doivent entrer en cohérence et constituer quelque chose de complémentaire avec ce qu'on défend dans d'autres domaines. Et je crois que c'est une autre spécificité. Laurent Wauquiez certes essaye de faire du Nicolas Sarkozy au petit bras, il a sans doute les qualités de comédien en moins par rapport à l'ancien président de la République.

Je ne suis pas sûr que les électeurs pour une énième fois soient encore dupes de ce genre d'opération. Ils connaissent bien cette droite qui, en toutes circonstances, quand ils sont en campagne électorale ou quand ils ne sont pas au pouvoir, d'une manière générale, essaye un peu de parler comme le Front National. Et puis ensuite, quand ils sont aux affaires, malheureusement, ils gouvernent comme la gauche. Laurent Wauquiez est emblématique puisqu'il a été ministre de François Fillon pendant plusieurs années. Je crois que dans cette rentrée, très clairement, nous sommes à la fois une opposition déterminée, intransigeante.

Nous avons aussi enclenché à l'initiative de Marine Le Pen le processus de refondation d'un Front National qui change de dimension. Et le débat, par conséquent, au sein du mouvement, se déroule.

4:16
Nicolas Bay

On va en parler justement, Nicolas Bay. Et ce sera aujourd'hui la rentrée politique de Marine Le Pen à Brachet en Haute-Marne. Cet été, elle est restée bien silencieuse. Est-ce que le Front National est à vos yeux aujourd'hui un parti en crise ?

4:29
Présentateur

Non, il n'est pas du tout en crise. Le Front National a rassemblé, et Marine Le Pen ont rassemblé, 11 millions de suffrages à la présidentielle. C'est vrai que les résultats législatifs ont été décevants. C'est lié notamment à un mode de scrutin antidémocratique qui a poussé beaucoup nos compatriotes à rester à la maison, à ne pas se déplacer. Mais pour autant, nous ne sommes pas en crise, nous sommes en débat. Et c'est normal, c'est légitime.

Qu'est-ce qu'on dirait si on n'était pas capable, après un cycle électoral aussi important, d'avoir un vrai débat, à la fois de philosophie politique, de projet politique, de stratégie, d'organisation, en soulevant toutes les questions, y compris d'ailleurs celle du nom du mouvement. C'est parfaitement légitime. Ce chantier a été initié par Marine Le Pen, et nous y prenons donc tous part. Voilà ce qui nous amène à exprimer nos positions, et parfois nos différences de sensibilité. Mais c'est normal.

5:21
Nicolas Bay

Mais c'est normal, mais cette différence de sensibilité au sein du parti, on n'en était pas si habitué que ça. Vous êtes Nicolas Bay sur la ligne de la présidente, Marine Le Pen, à l'inverse d'un Florian Philippot, qui lui semble jouer une autre partition. Florian Philippot a-t-il toujours la confiance de Marine Le Pen ?

5:39
Présentateur

D'abord, ce n'est pas à moi de répondre à ce genre de questions, c'est à Marine Le Pen, vous pouvez lui poser la question.

5:43
Nicolas Bay

Alors est-ce que Florian Philippot a votre confiance, Nicolas Bay ?

5:47
Présentateur

Moi, je considère en tout cas qu'il a toute sa place au Front National, et que le débat doit pouvoir se dérouler à l'intérieur de notre mouvement. On n'est pas obligé d'organiser des structures à l'extérieur, on n'est pas obligé de prendre des initiatives comme ça à la périphérie. On peut mener dans les conditions qui ont été définies. C'est un chemin qui a été un peu balisé, ce chemin de notre fondation. On a eu un séminaire au mois de juillet. Il y aura une grande consultation où tous les adhérents, 100 000 adhérents du Front National vont pouvoir donner leur avis sur tous les grands sujets, sur toutes les grandes orientations et sur les questions d'organisation.

Nous aurons aussi une journée des élus le 1er octobre, qui sera un moment important, parce qu'aujourd'hui, le Front National, c'est 2000 élus locaux. Ça fait partie aussi de ces changements de dimension que j'évoquais tout à l'heure. Pour le reste, c'est normal qu'on exprime des positions qui peuvent parfois être légèrement différentes. Moi, ce que je crois aujourd'hui, la nécessité, c'est évidemment de prendre d'abord à bras-le-corps la question centrale, le défi de l'identité. Ce n'est pas seulement d'ailleurs la question migratoire, c'est d'une manière générale.

6:47
Nicolas Bay

Voilà les marqueurs dont on parlait à l'instant. L'identité, les flux migratoires, ce seront les futurs marqueurs du Front National.

6:52
Présentateur

Je crois que ça a toujours été la force et la crédibilité du Front National d'avoir été en première ligne sur ces questions. Nous avons là-dessus l'antériorité, la légitimité. Ça ne veut pas dire qu'on ne va parler que de ça, bien au contraire. Mais je crois que c'est le sujet fondamental sur lequel les Français attendent énormément et sur lequel nos idées, nos positions très fermes sont largement majoritaires dans l'opinion. Pour le reste, moi, je crois que nous avons aussi des ambiguïtés à lever ou en tout cas faire en sorte que nos positions ne soient plus caricaturées. Je pense à la question économique.

Souvent, on essaye d'enfermer notre projet économique sur la seule question monétaire. On essaye de faire croire que nous serions des hyper-étatistes alors que nous sommes du côté des entreprises, que nous voulons baisser les charges, baisser la fiscalité parce qu'aujourd'hui, c'est ce qui paralyse l'économie française. Et puis, ça n'empêche pas d'ailleurs que l'État assume ses fonctions essentielles. Il doit protéger l'économie, notamment de la concurrence déloyale. Et puis, je crois que sur l'Europe aussi, c'est un sujet fondamental. Nous ne sommes pas anti-européens. Nous sommes alter-européens. Nous voulons une autre Europe.

On voit bien que l'Union Européenne, telle qu'elle s'est construite, elle desserre les intérêts vitaux des nations. Elle est anti-démocratique dans son fonctionnement. Eh bien, il faut une Europe plus souple, plus pragmatique. Et je crois que nous aurons l'occasion, notamment avec les futures échéances européennes dans 18 mois, eh bien, de porter ce projet européen alternatif.

8:06
Nicolas Bay

Et de tout cela, nous allons reparler avec vous, Nicolas Bay, et les auditeurs qui vont vous poser des questions. Vous appelez au standard 01 45 24 7000 vos questions dans un instant à Nicolas Bay, le secrétaire général du Front National en duplex de France Bleu Champagne. D'abord la route.