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Podcast / conversationRadio France (sur Site radio)· 17 septembre 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Crise sociale : "Je ne crois pas à la convergence des luttes" assure Claude Poissenot, sociologue lorrain

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29InvitéFait
    « on a des contraintes objectives qui pèsent sur les ménages »
  • 0:35InvitéFait
    « On a un ensemble de dépenses contraintes qui s'accumulent et qui augmentent »
  • 2:20InvitéFait
    « moi, je ne crois pas à cette convergence »
  • 4:51InvitéFait
    « Les retraités étaient très pauvres il y a 50 ans »
  • 4:56InvitéFait
    « La place des femmes, il y a 50 ans ou plus, n'était pas forcément enviable »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Invité 213 %
  • Présentateur7 %
  • ?5 %

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0:00
Présentateur

Le réveil 100% local,

0:03
Locuteur

ici

0:04
Présentateur

matin. 8h moins le quart, la colère gronde en France, la vie chère est au centre de tous les mécontentements. Carburant, gaz, électricité, pour ne citer que ses postes de dépense. Alors, la France est-elle au bord de l'explosion sociale ? Pour en parler, nous recevons Claude Poissneau, sociologue, enseignant-chercheur à l'université de Lorraine. Il est au micro de Mathieu Bardier.

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Invité

Claude Poissneau, bonjour. Bonjour. La France est-elle dans un contexte inflammable

0:28
Locuteur

?

0:29
Invité

Disons qu'effectivement, on a des contraintes objectives qui pèsent sur les ménages. On a un ensemble de dépenses contraintes qui s'accumulent et qui augmentent. Donc, effectivement, on peut imaginer que ça suscite des réactions.

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Locuteur

Des

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Invité

réactions de colère.

0:45
Locuteur

Et

0:45
Invité

des réactions de colère qui sont compréhensibles parce que

0:49
Locuteur

ces

0:49
Invité

dépenses font que les individus doivent renoncer à une partie de ce qui les définit. Ils veulent de l'autonomie. Ils veulent pouvoir faire ce qu'ils voudraient être. Et ces dépenses contraintes les en empêchent. Donc,

1:06
Locuteur

la

1:07
Invité

colère, on peut en faire une sociologie. C'est un phénomène social. C'est-à

1:11
Locuteur

-dire

1:11
Invité

qu'à partir du moment où on est porté par une société qui nous dit qu'il faut être autonome, quand on n

1:19
Locuteur

'a

1:19
Invité

pas les moyens de l'être, la colère est assez vite arrivée.

1:23
Locuteur

C

1:23
Invité

'est de la même nature, selon vous, que les Gilets jaunes en 2018

1:26
Locuteur

? Alors,

1:27
Invité

il y a des éléments qui sont communs. Un des éléments communs, c'est la question de la défiance, la question de la relation

1:36
Locuteur

entre

1:37
Invité

les gouvernés et les gouvernants, la question de l'exemplarité. C'est-à-dire qu

1:41
Locuteur

'on

1:42
Invité

voit bien que quand des personnages publics se retrouvent devant la justice, ça crée les conditions d'un désordre, au sens où les individus se disent qu'on n'est pas égaux. Or, on est dans une société des égaux, nous dit Pierre-Rosan Vallon, c'est-à-dire une société

2:04
Locuteur

dans

2:05
Invité

laquelle les gens à la fois veulent être eux-mêmes, mais aussi veulent être égaux par rapport aux autres.

2:10
Locuteur

L

2:11
Invité

'extrême-gauche rêve du grand soir, vous entendez souvent cette fameuse convergence des luttes, elle ne vient jamais, y croyez-vous cette fois-ci

2:19
Locuteur

?

2:20
Invité

C'est-à-dire que moi, je ne crois pas à cette convergence, c'est-à-dire que je pense qu

2:26
Locuteur

'il

2:27
Invité

y

2:27
Locuteur

a

2:27
Invité

une contradiction. On fait comme si la société était un champ de guerre, d'affrontements permanents, ce n

2:40
Locuteur

'est

2:40
Invité

pas vrai en fait. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les familles, ce qui se passe

2:44
Locuteur

au

2:45
Invité

sein des espaces professionnels, ce qui se passe même dans la rue, dans les trains, dans l'espace public. On a des relations qui ne sont pas toujours tendues. Évidemment, il y a des tensions, mais ces tensions sont inévitables. Et d'une certaine façon, c'est le propre de la démocratie que de permettre une tension entre les membres d'une société. Dans les régimes totalitaires, il y a moins de tensions.

3:13
Locuteur

Parce que

3:14
Invité

tout le monde marche au part. Voilà.

3:16
Locuteur

Mais est-ce

3:16
Invité

que ça signifie que pour vous, il y a plus de choses qui nous rassemblent, qui nous y visent ? En ce moment, je parle.

3:20
Locuteur

Alors,

3:21
Invité

c'est justement ça le problème.

3:23
Locuteur

C

3:23
Invité

'est-à-dire qu'on insiste et notre société est porteuse de cette colère.

3:31
Locuteur

C

3:31
Invité

'est-à-dire qu'on voit bien, certains médias se nourrissent de cette colère. Le populisme, lui-même, recueille ces émotions qui sont légitimes. Il ne

3:42
Locuteur

s

3:42
Invité

'agit pas de les remettre en question. Mais on ne gouverne pas avec les émotions. Et surtout, il faut aussi penser que si nous sommes des individus autonomes, nous sommes aussi des citoyens. Et nous avons besoin de penser que nous appartenons à un ensemble et qu'il faudra bien être ensemble pour affronter les défis. Les défis, on les connaît. La dette, la menace russe, le réchauffement climatique. Donc, si on est divisé, si on insiste sur ce qui nous divise, on va avoir du mal à résoudre ces problèmes. Donc, si vous voulez, cette approche-là qui exagère les tensions est néfaste. Enfin, à mon sens, elle pose

4:28
Locuteur

problème.

4:29
Invité

N'empêche, 90% des Français, selon un sondagiste Ipsos,

4:32
Locuteur

s

4:32
Invité

'estiment que le pays est en déclin. Donc, il y a quand même un certain défaitisme.

4:37
Locuteur

Oui,

4:38
Invité

mais parce qu'on se raccroche à un monde passé qui est un mythe, en fait. Ce monde passé, c'est un mythe. On peut le repérer. Les retraités étaient très pauvres il y a 50 ans. La place des femmes, il y a 50 ans ou plus, n'était pas forcément enviable. Ce déclin, je ne sais pas de quoi il est. Enfin, on nous nourrit de mythes.

5:09
Locuteur

Et

5:09
Invité

je pense que l'enjeu, c'est qu'il faut penser le présent et l'avenir. Et pour ça, il faut penser qu'on a un territoire commun. Et ce que je veux dire, c'est que, par exemple, on aura besoin d'une assemblée. Et on va être là, animé sur la présidentielle. Là où l'enjeu, c'est qui va voter les lois, finalement. Les législatifs

5:31
Locuteur

suivront

5:31
Invité

cette élection présidentielle.

5:33
Locuteur

On

5:33
Invité

vous remercie. Vous parlez des médias qui ne cessent de se nourrir de cette colère uniquement, non pas en l'expliquant, mais en la constatant. Ça fait du bien, ce matin, sur ICI Lorraine, de l'expliquer

5:45
Locuteur

et

5:46
Invité

tenter de la comprendre avec vous. Claude Poissonneau, sociologue, enseignant-chercheur à l'Université de Lorraine.

5:50
Locuteur

Une

5:50
Invité

bonne journée. Vous aussi.