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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 2 février 2026 27 min

Christine Lavarde : « Le Sénat ne sera pas comptable du budget porté par le gouvernement »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

É parler du budget avec vous. On va en parler avec vous. Christine Lavarde.

Merci beaucoup d'être notre invitée sénatrice à l'air des Hig présidente de la délégation sénatoriale à la prospective. C'est la dernière ligne droite aujourd'hui pour le budget qui devrait donc définitivement être adopté cet après-midi. En cas d'échec des motions de censure.

On va longuement y revenir mais d'abord on regarde ensemble les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une du télégram et c'est l'Iran.

Pourquoi les États-Unis hésitent ? Donald Trump qui dit, on l'a vu dans le journal encore espérer un accord. La deuxième une, c'est celle de la dépêche narcotrafique les mères en première ligne.

Il narcotrafic désormais aux villes moyennes, aux zones rural. Les maires réclament une réponse collective pour enrayer la spirale de la drogue. Et puis autres sujet municipal à la une de Varmatin, ce sont la les politiques locales à l'épreuve du climat, sécheresse, inondation, canicule.

En première ligne face au réchauffement, les maires doivent lutter localement contre le changement. De quelle avez-vous envie de nous parler ? Alors, disons que celle qui fait plus écho à mes travaux, c'est la dernière.

M'en doutez un peu. [rires] Euh et d'ailleurs, je regrette que la proposition de loi qui a été votée euh sans aucune voie défavorable au Sénat ne soit toujours pas inscrite à l'Assemblée nationale, hein. Euh très régulièrement, on m'en parle euh dans les différents milieux professionnels concernés, hein, par justement les effets du changement climatique et surtout toutes ces conséquences sur le système assurantiel.

Et c'est vrai que aujourd'hui les élus locaux et on peut le voir he dans les différentes initiatives idées qui sont proposées dans les dans les programmes électoraux doivent alors est-ce qu'ils peuvent vraiment agir contre le changement climatique à leur échelle ? On parle de petites unités de vie. Par contre ce qui est sûr c'est qu'ils ont tout le pouvoir d'adapter leur territoire justement au changement climatique que ce soit par des mesures de résilience.

Je pense par exemple au territoire littoraux où il y a pas mal d'endroits, il va falloir réhausser des digues, prendre des mesures pour essayer de lutter contre le recul du trait de côte. En zone urbaine, ça va plutôt être pour créer des zones de rafraîchissement collectif pour justement donner un cadre de vie euh plus agréable pendant les épisodes de de pic de température. Donc effectivement, voilà, il y a encore plein de choses à faire.

Il y a des travaux qui sont de nature législative et puis après il y a vraiment des idées de terrain euh à promouvoir et vous en parliez un peu he difficultés supplémentaires pour les maires face à ce réchauffement climatique, c'est qu'ils ont de plus en plus de mal à assurer leur collectivité. les assurances ne veulent plus se porter garant effectivement et c'est tout l'enjeu justement de la de la proposition de loi que que je porte, c'est de constater alors pour le domaine spécifique des collectivités, on avait finalement un double écueil de premièrement en fait un marché qui était très concentré avec quasiment un seul assureur. Donc il faut déjà remettre un peu à plat de l'assurance des collectivités mais c'est vrai pour les risques climatiques et en fait pour les autres risques.

Et après, il y a le deuxième volet qui est aussi vraiment d'améliorer les politiques de prévention pour essayer de diminuer la vulnérabilité que ce soit des bâtiments publics ou des bâtiments individuels pour ensuite diminuer la sinistralité le jour où un événement d'intensité forte se produit sur la zone concernée. Avant de parler du budget, on va parler de l'actualité dominée ces dernières heures par ce qui se passe en Iran. Vous présidez vous ici au Sénat le groupe d'amitié France-Liban.

On imagine que vous regardez ce qui se passe dans la région. Est-ce que vous êtes inquiète ? Amé menace d'une guerre régionale en cas d'attaque des États-Unis ?

Vous la redoutez ? Moi ce que j'observe he depuis quelques mois c'est que finalement tous les alliés de l'Iran dans les différents pays que ce soit au Liban avec le Hbola, au Yémen ont quand même été pas mal touché affaibli si on pense au Hamas aussi par les différentes initiatives américaines et parfois aussi israéliennes. Donc finalement aujourd'hui l'Iran se trouve un peu isolé puisquil n'a plus ses relais régionaux ou en tout cas des relais regéaux qui sont qui sont beaucoup plus faibles et surtout qui étaient financés par du trafic qui qui venait d'Iran.

Après, ce qui est certain, c'est que globalement aujourd'hui, on est quand même dans un environnement géopolitique très instable. Et en fait quand on ouvre le journal, on se demande quelle partie du globe va faire l'objet d'un nouveau sujet puisque là on est parti au confin au confin du Moyen-Orient. Mais si on regarde de l'autre côté, on voit qu'en Amérique centrale, ce matin, je disais que c'était Cuba qui s'inquiétait aussi de ce que pourrait faire les États-Unis après leur action au Venezuela.

Euh et puis euh la Russie continue à tirer sur l'Ukraine euh dès lors que le le CC feu était levé euh sur la région de de Kiev. Donc on est vraiment dans un dans un environnement géopolitique très incertain et on ne sait pas finalement où le prochain conflit va advenir. En Afrique, il y a aussi pas mal de choses qui se passent.

Alors là, c'est plus à l'intérieur des pays avec une Europe spectatrice notamment de ce qui se passe au Moyen-Orient. Ah bah avec une Europe qui aujourd'hui n'a pas encore réussi à devenir vraiment une Europe de la défense. Aujourd'hui, on on arrive à travailler ensemble mais souvent on travaille ensemble dans des organisations qui sont même supraeuropéennes si on pense à l'OTAN.

Euh dans l'OTAN, le poids des États-Unis est quand même extrêmement fort. Et puis après, pour ce qui concerne l'Europe, le nerf de la gare va être le financement. Ouais.

Et ça, est-ce que quand parce qu'on on va parler évidemment longuement du budget, est-ce qu'au moment de voter le budget, de décider de ne pas examiner le budget au Sénat, vous avez eu en tête cette situation géopolitique en disant dans le monde dans lequel on se trouve, c'était un peu l'argument de le renvoquer pour les LR. vu la situation géopolitique, il faut pas affaiblir la France un peu plus en faisant en sorte qu'elle n'ait pas de budget. Alors juste, je voudrais corriger parce que le Sénat est quand même la seule chambre qui a étudié le budget dans sa totalité, a fait toute la partie pas en deè lecture.

Alors en deuxième lecture, on a rejeté mais enfin pour le coup on a vraiment discuté. Je pense que aucun député par exemple n'a discuté de la mission défense. Nous on a eu le travail à la fois en commission enfin dans la commission des finances, dans les commissions pour avis.

Ensuite, on a eu le débat dans l'hémicycle et en fait pourquoi le Sénat a a rejeté en seconde lecture la semaine dernière, c'est que le la copie qui nous a été présentée ne correspond absolument pas à la vision que le Sénat apportait en écrivant son texte de première lecture. On a un déficit qui est supérieur au déficit qui était celui du texte du Sénat parce que on ne se sent pas comptable des décisions du gouvernement sur le projet de loi de finance et la sécurité sociale qui a des conséquences très fortes sur l'équilibre budgétaire. Et d'ailleurs, le Sénat avait euh complètement soutenu l'augmentation du budget de la défense notamment bah pour conforter les moyens de notre armée.

Sachant qu'on le dit pas assez mais en fait aujourd'hui on fait de la cavalerie budgétaire sur la mission défense depuis plusieurs années avec des reports de factures qui sont conséquents. Donc les moyens supplémentaires vont déjà servir à à [rires] payer nos arriérés avant de commencer à investir dans dans de nouveaux moyens. Vous l'avez eu en tête cette situation géopolitique ?

De toute façon, on l'a quand même toujours en tête parce qu'on sait bien que les conflits internationaux ont aussi des conséquences après sur les mouvements migratoires, sur les demandes d'asile. Le le monde est un monde en mouvement. Donc on voit bien aussi comment les conflits géopolitiques ont des conséquences sur les prix de l'énergie qui se traduisent directement bah sur notre sur notre quotidien. le la la hausse très forte des prix de l'énergie était pas tant la suite de la COVID que le déclenchement de la guerre en Ukraine.

C'est aujourd'hui que le Parlement devrait en finir avec le budget hein, sauf énorme surprise, les motions de censure devrait être rejetée. Déjà, est-ce qu'il y a un peu de soulagement vous qui pensez budget matin, midi et soir depuis 4 mois ? Alors, soulagement euh non, je veux dire, on va pouvoir passer à à autre chose et continuer euh nos autres travaux, mais soulagement pas du tout puisque finalement euh comme je le disais tout à l'heure, on a un budget qui pour nous est une suite de renoncement.

Euh alors je pense que la la déception doit être encore plus forte pour les députés euh qui et les sénateurs qui appartiennent au groupe Renaissance parce que c'est vraiment le renoncement à finalement toute la politique qu'il portait depuis 2017. Euh en quelques mois, on est venu euh arrêter et même revenir en arrière sur toute la politique de l'offre de soutien aux entreprises pour les rendre compétitif puisque aujourd'hui avec les sur le niveau de la surtaxe d' on se retrouve de nouveau avec un voilà un niveau de fiscalité sur les entreprises au plus haut par rapport à nos voisins européens. On va venir sur le fond de ce budget dans quelques instants.

Christine Lavarde, mais est-ce que quand même budget de la sécurité sociale adopté, budget de l'État adopté, vous reconnaissez que Sébastien Lecnu a gagné son paris ? Enfin, si c'est son paris de rester longtemps à Matignon, oui, il l'a gagné. Mais objectivement, il a absolument rien gagné pour les Français. il a rien gagné pour l'avenir.

C'est-à-dire qu'il a fait adopter un projet de loi de financement de la sécurité sociale en revenant sur le tout début d'embryon de réforme euh de la sécurité sociale. Donc finalement, il a juste reporté le problème là plus tard. dès l'année, dès le budget prochain, il va déjà falloir commencer à construire un budget de la sécurité sociale avec moins de recette que ce qui était prévu si jamais on avait gardé euh l'augmentation de l'âge de départ à la retraite.

Donc en fait, il a voilà repoussé tous les problèmes. Donc effectivement l'année 2026, on a un budget avec un déficit qui est beaucoup plus élevé que ce qu'on avait annoncé à nos partenaires européens. Il va falloir aussi régler ce problème et après en amputant vraiment nos capacités pour l'avenir puisqueon a moins de recettes et on a commencé pourant les alertes il sont pas opposés notamment à l'assemblée.

Les alerts s sont pas opposés et là ils votent pas les motions de censure. Vous le regrettez ? Je le regrette.

Vous les auriez voté vous ? Non, en tout cas, je regrette que les que les LR n'aient pas soutenu des dispositions peut-être plus courageuses qui étaient les dispositions du Sénat de dire que dans l'état de nos finances publiques, il est nécessaire que tout le monde fasse des efforts et suivant bah la nature de ces revenus, les efforts ne sont différents. Pour certains, ça aurait été finalement des services publics pour lesquels on on revient sur certaines dispositions donc qui bénéficie bah peut-être à ceux qui ont moins de revenus et pour les ménages avec le plus fort potentiel de contribution par exemple.

Ils sont trop lâchés, ils se sont pas assez battus les depuis tout à l'heure. C'est ce que je pense. En tout cas, ils se sont pas assez battus pour l'avenir.

Et on va parler justement du du fond de ce texte hein, puisque après des mois de discussion, que contient finalement ce budget et que va-t-il changer ? Pour les Français, on fait le bin final avec vous Alexandre. D'abord, est-ce que les impôts vont augmenter et pour qui ?

Alors, il n'y aura pas de hausse d'impôts pour une majorité de Français, sauf pour les plus aisés de notre pays avec une contribution supplémentaire des plus hauts revenus, c'est-à-dire un taux d'imposition de 20 % minimum pour un ménage qui gagne plus de 500000 € par an. Ensuite, pour les entreprises, ce budget prévoit la hausse de l'impôt sur les sociétés, mais uniquement pour les grands groupes qui ont réalisé des bénéfices, cette surtaxe devrait rapporter 7,3 milliards d'euros dans les caisses de l'État. Et puis on peut citer un impôt de production sur les entreprises, la CVAE qui devait être progressivement supprimée, mais cela a été annulé dans le budget 2026.

Une fiscalité des entreprises dans ce budget qui est dénoncée par la majorité de droite du Sénat. Jean-François ils sont Jean-François son le rapporteur général du budget ça devrait arriver. La surtaxe à l'impôt sur les sociétés qui devait être exceptionnelle en 2025, c'était votre engagement madame le ministre, sera finalement reconduite ce qui va fortement nuire à moyen terme à l'emploi.

Ces entreprises représentent en effet un/art de l'employé de l'emploi salarien en France. néfaste pour l'emploi mais également l'industrie à la croissance économique dont elle représente plus de la moitié des exportations. Mais face à ces critiques des sénateurs les républicains, le gouvernement assure que globalement les impôts ne vont pas augmenter notamment pour les entreprises françaises.

Les ménages français, les françaises et les français ne connaîtront pas de hausse d'impôts. Je veux le dire ici avec force. Les artisans, les commerçants, les toutes petites entreprises, les TPE, les PME ne verront pas leur charges sur le travail ni leurs impôts augmentés.

Je veux le dire avec force, les entreprises de taille intermédiaire industrielle verront même leurs impôts baissés entre 2025 et 2026. Christeline, je vous ai vu réagir pendant l'extrait d'Améchain. Pourquoi vous n'êtes pas d'accord avec elle sur cette non hausse d'impôts pour les Français et pour les entreprises ?

Juste regardons ce qu'on a fait dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. On a augmenté la CJ sur le sur les produits financiers. Aujourd'hui, il y a quand même la plupart des Français ont à un moment un produit financier.

Voilà. Donc rien que ça et après oui, j'avais envie de réagir à plein de choses parce qu'effectivement comme je le disais tout à l'heure l'année 2026 quand on parle des grands groupes, ils ont déjà prévu leurs investissements, ils ont déjà prévu leurs projets. Mais c'est en 2027 et en 2028 qu'on va voir les conséquences économiques de cette hausse de fiscalité.

Il y a des travaux d'économistes récents qui montrent qu'en gros quand on met 1 € de fiscalité supplémentaire sur les entreprises à moyen terme, c'està-dire horizon de 2 3 ans, on perd 2 € de croissance économique. Donc là en mettant 8 milliards de fiscalité sur les entreprises, on s'empute de 16 milliards de croissance à horizon de de 2 3 ans. Donc voilà, ils seront plus aux manettes donc il pas ils seront plus comptables en fait de ce qui va se passer dans de 3 ans.

Mais on parle des grands groupes qui ont réalisé des profits. Est-ce qu'un moment vu notre déficit, il n'y a pas certaines entreprises qui doivent faire un effort ? Alors euh là, on parle d'impôts, l'impôt sur les sociétés, c'est un impôt euh qui est aussi sur le euh Non, on parlait de la taxe sur les holdings.

Alors, la taxe sur les holding, elle est bien elle est encore enfin elle est restreinte mais il y a quand même pas mal de de sujets sur la taxe sur les holdings parce que elle prend pas en compte la nature de la construction des groupes. Elle prend pas en compte finalement le le le bénéfice réel, elle est sur le chiffre d'affaires. Donc voilà, il y a encore pas mal de de petits billets qui font que ça va pas être complètement neutre pour les entreprises.

Mais au Et sur cette hausse d'impôt sur les sociétés, sur les grands groupes qui ont réalisé des profits, pourquoi ne pourrait-il pas faire un effort pour diminuer le déficit du pays ? Alors déjà parce que il y a 6 mois, la ministre devant la commission des finances du Sénat a bien dit qu'il n'y aurait pas de nouveau de surtaxe. Ces grands groupes quand ils réalisent des profits, ils les réinvestissent.

Donc là, en fait, on vient aussi de retirer finalement un transfert euh vers des entreprises dites de second rang qui peuvent faire euh de la recherche et développement, qui peuvent faire euh de de la communication, enfin voilà, tout ce qui est aussi quand on a un peu de moyens, on on fait autre chose. Quand on est restreint, bah on travaille plus que sur son cœur de métier. Et là, c'est pour ça que je dis qu'il va y avoir des conséquences indirectes qui vont se voir assez assez vite.

Et puis tout à l'heure, vous présentiez aussi l'augmentation de fiscalité sur les 10 plus hauts revenus. Il faut juste regarder ce qui s'est passé l'année dernière. On a finalement un rendement donc un retour d'impôts plus faible sur le prélèvement forfaitaire unique et des recettes de cette fameuse contribution plus faible qu'estcomté.

Donc qu'est-ce que ça veut dire quand le capital est mobile ? quand il sait s'organiser, bah en fait il sait contourner de l'impôt qui est considéré confiscatoire. Et vous en parliez un peu Christine Lavarde.

Alexandre, la droite sénatoriale dénonce l'absence d'économie dans ce budget. Oui, les sénatorialaires considèrent que c'est un mauvais budget car il ne prévoit pas de baisse de dépenses publiques suffisantes. Et là encore, la ministre des comptes publics se défend.

Effort de rétablissement de nos comptes publics en 2026 est équivalent est réparti de manière égale entre baisse et dépenses et ajustement de fiscalité. Cela est permis principalement grâce aux efforts de nouveau très importants de l'État avec des crédits ministériels qui baisseront en valeur en dehors du ministère de la défense. Alors là encore, si on regarde les chiffres, les dépenses publiques vont baisser légèrement l'an prochain.

En 2026, elles représenteront 56,6 % de la richesse nationale contre 56,8 % du PIB en 2025. Hormis la hausse du budget des armées, certaines politiques de l'État subissent effectivement des coûts budgétaires. Quelques exemples, moins 1 milliard d'euros sur le programme d'innovation France 2030, 800 millions d'euros en moins pour le fond vert qui accompagne la transition écologique dans les territoires ou encore par exemple 4000 postes d'enseignants supprimés.

Christine Lavarde, on voit quand même qu'il y a certaines coupes budgétaires, une baisse de dépenses publiques même si elle est légère, on peut pas dire que ça soit un budget dépensier. Ah bon ? Alors là en fait juste ce que vous avez montré c'est que les dépenses qui sont réduites, c'est les dépenses d'avenir, c'est les dépenses d'investissement.

Donc en fait on ne fait strictement rien sur le fonctionnement courant de l'État. Par ailleurs, nous on a quelques doutes sur certains chiffrages de dépenses, notamment les dépenses cadeaux qui ont été fait aux députés socialistes. Quelques doutes, ça veut dire quoi ?

Que c'est mensongé de la part du on a on pense qu'il y a certaines dépenses qui sont sous-évaluées volontairement. Je sais pas si c'est volontaire ou pas mais par exemple si on pense à l'augmentation de 50 € de la prime d'activité dans le passé il y a une augmentation de 100 € de cette même prime d'activité ça avait enclenché 4 milliards4 de mémoire de dépenses supplémentaires. Là les 50 € supplémentaires, ils sont pas chiffrés à hauteur de 2 milliards.

Ils sont chiffrés à un montant beaucoup plus faible. Si on pense au repas à 1 € dans les crousses, il est chiffré à 40 millions. Les crousses eux-mêmes disent que ça leur coûtera au minimum 70 millions d'euros denré.

Et après, il y a toute la logistique. Si tous les étudiants veulent manger dans des crouses, il va falloir qu'on construise plus de restaurants universitaires. Donc il y a plein enfin voilà, il y a plein de choses sur lesquelles on est vraiment assez dubitatif sur la qualité des inscriptions de dépenses.

Donc d'ailleurs, on exercera avec beaucoup de vigilance notre mission de contrôle de l'action du gouvernement. Autre point de ce budget, c'est la question des collectivités plus épargnées dans la version finale que dans la version initiale. On va voir ce qu'on pensent les élus locaux.

On va à Bordeaux. Bonjour Jean-Luc Glaise, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le président socialiste du département de la Gironde.

Est-ce que vous êtes satisfait de la copie finale de ce budget ? Ben écoutez, côté département, puisque je parlerai plus largement des départements de France, euh il y a un point positif qui est le passage du fond de sauvegarde de 300 à 600 millions d'euros. dans une période où les départements sont en grande difficultés financières et budgétaires.

Je rappelle que nous n'avons plus d'impôts local à lever et donc aucune capacité à générer de la recette alors que nos dépenses ne cessent d'augmenter. Donc il y a au moins cette augmentation du fond de sauvegarde qui est une bonne nouvelle. Le fameux Dilico a été maintenu dans des conditions qui étaient les conditions euh précédentes au niveau des critères antérieur avec un petit peu moins de départements qui sont touchés vu la situation globale des départements de France.

En revanche, nous avions sollicité d'autres points d'amélioration qui n'ont pas été accordés. Je pense notamment à une part de la contribution sociale généralisée, mais on aura peut-être l'occasion d'y revenir. Et puis je pense aussi à l'augmentation de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance pour mieux financer nos sapeurs pompiers puisque nos 10 sont de plus en plus soumis et ça a été le cas ce weekend dans la commune de Mios en Gironde avec une violente tornade et bien nos pompiers sont de plus en plus sollicités au titre du dérèglement climatique.

Donc il y a des points positifs d'avancé, d'autres qui ne sont pas encore actés, mais nous continuons à penser que le Premier ministre au regard de ses propos aux assises des département de France à Alby en octobre dernier va engager véritablement le chantier de la réforme structurelle des recettes des départements de France. Et c'est ce que nous attendons, c'est ce que nous demandons tout parti politique confondu. Je vous laisse répondre Christine Lavarde.

Bon bien mais peut mieux faire. Mais j'ai envie de dire heureusement que le Sénaté là parce que je pense que si le budget n'avait été discuté qu'à l'assemblée sur la la partie des collectivité à mon avis il y aurait eu absolument aucune avancée puisque finalement l'augmentation du fond de sauvegarde initiative du Sénat redéfinition du dilico initiative du Sénat qui est le dispositif de lissage des des collectivités enfin de voilà de de la mise en de la contribution obligatoire des des collectivités mais la question des départements est un véritable sujet et voilà monsieur Glaise le dit très justement aujourd'hui on a quand même un certain des collectivités qui n'ont plus de pouvoir fiscal donc en fait elles sont complètement tributaires de ce que l'État décide pour ell on leur a vendu dans le passé notamment quand on a été supprimé la taxe d'habit enfin la taxe foncière enfin la taxe d'habitation et donc on l' on a retiré pour les départements leur recette de taxe foncière qu'on le transférait par une recette dynamique à savoir l'attribution d'une fraction de TVA mais bien souvent l'état qu'est-ce qu' vient faire, il vient renier sur la dynamique de la recette. Donc finalement, les départements se trouvent avec quasiment une recette figée.

Alors que le temps passant, leur dépenses, elles continuent à augmenter comme l'inflation. Et il faut avoir en tête euh par exemple quand on parle de l'inflation communale, elle est supérieure à l'inflation des ménages. Donc déjà rien que quand on revalorise par exemple le panier de recette comme l'inflation dite des ménages, et ben en fait on vient en quelque sorte diminuer les recettes relatives des collectivités pour faire face à des dépenses qui vont directement vers les citoyens.

Là c'est vraiment de l'argent que les gens investissent directement pour eux pour leur cadre de vie. Il y a il y a un autre sujet euh Jean-Lucis puisque lors de vos assises départementales he Alby, vous l'avez rappelé, Sébastien Lecornu, il a annoncé la mise en place d'une allocation sociale unifié pour regrouper notamment le RSA, la prime d'activité, certaines aides au logement. Il en est où ce chantier depuis Alby ?

Alors, pour l'instant, il n'est pas très avancé. Nous avons été euh sollicités par le par le gouvernement mais dans une perspective 2030 donc qui est quand même un temps relativement long pour mettre en œuvre donc ce type d'allocation. Est-ce qu' peut s'entendre parfaitement au regard des questions fondamentales que pose cette allocation sociale unifiée ?

En réalité, le vrai sujet c'est celui de la protection sociale aujourd'hui. C'està-dire quel est qu'est-ce que nous envisageons nous en France dans notre République pour améliorer la protection sociale et notamment à l'égard des plus fragiles et des plus précaires ? Donc aujourd'hui, le vrai sujet qui est posé au titre du RSA par exemple est le sujet de du non accès au droit.

Nous savons qu'il y a et ce sont des études notamment de l'OFCE qui en qui en témoignent, nous savons qu'il y a euh plus de 30 % de personnes qui pourraient être à locataire du RSA et qui n'en bénéficient pas pour diverses raisons, soit euh euh connaissance du dispositif, soit euh difficulté administrative, soit aussi par pudeur et on connaît notamment certaines professions comme par exemple des agriculteurs qui veulent se trouver en grande difficulté et qui ne vont pas solliciter le RSA. Donc il y a un vrai sujet de protection sociale aujourd'hui dans le pays. Que le gouvernement pose la question de cette protection sociale et de sa capacité à véritablement être précisément protectrice pour l'ensemble de celles et ceux qui en ont besoin est plutôt une bonne chose.

Après, il faut voir ce que l'on veut faire de cette allocation sociale unifiée. Euh fonder fusionner euh la le RSA et la prime d'activité, c'est déjà un premier sujet peut-être intéressant à traiter. y ajouter des allocations liées au logement pose quand même question parce que l'approche n'est pas tout à fait la même et nous savons que suivant les territoires, le prix du loyer n'est pas forcément le même et donc il peut y avoir des disparités qui sont importantes.

Donc ces sujets-là doivent être traités avec beaucoup de finesse, mais pour nous, il y a une vraie question de solidarité nationale qui d'ailleurs dépasse la question de l'AZU puisque elle pose la question tout simplement de la manière dont notamment les départements qui sont financeurs du du RSA, à part quelques-uns qui ont fait le qui ont assuré l'expérimentation de recentralisation, comment les départements sont correctement financés et on vient de l'évoquer à l'instant, madame la sénatrice vient de de le dire. Nous nous pensons nous que nous avons besoin d'un socle de recette qui soit à la fois cohérent avec nos missions, les solidarités humaines et territorial, robuste, pérenne et évolutive. C'est ce que département de France réclame depuis plusieurs mois au travers d'une résolution unanime que nous avons voté aux assises d'Alby.

Et je laisse Christine Lavard vous répondre. Ben ce qui est intéressant, c'est que donc si on se rejoint sur le début hein euh du constat puisque c'est d'ailleurs laallocation sociale-unique, c'est aussi une proposition que porte le parti les Républicains, c'est peut-être sur la fin qu'on va avoir une certaine divergence puisque l'idée derrière aussi cette allocation sociale unique et je suis d'accord, elle va permettre d'avoir un meilleur accès au droit pour un certain nombre de bénéficiaires qui n'ont pas qui ne touchent pas certaines prestations, mais à la fin, il faudra quand même que cette allocation sociale unique, elle soit toujours moins favorable. que de travailler et puis elle doit aussi permettre voilà c'est là où on est plus d'accord mais en tout cas voilà il faut qu'il reste une incitation au travail pour ceux qui peuvent travailler j'entends bien que la personne qui est en situation de handicap elle bien évidemment elle doit avoir des revenus de solidarité qui lui permettent de vivre dignement après pour le reste on a besoin d'avoir des gens qui travaillent sinon notre modèle social ne pourra pas tenir dans la durée.

Merci Jean-Luc Glaise, merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis Bordeaux, président socialiste du conseil départemental de la Gironde.

Christine Lavarde : « Le Sénat ne sera pas comptable du budget porté par le gouvernement » — Christine Lavarde · Pourquijevote