Incendies, canicule, budget... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon
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Bonjour Maud Bréjon, et merci d'être avec nous ce matin sur France Info, vous êtes donc porte-parole du gouvernement et depuis peu soutien officiel d'Edouard Philippe, on va parler dans quelques minutes de son premier grand meeting, c'était hier à Paris, vous y étiez, mes avancers d'actualité du jour, la canicule bien sûr, qui n'est pas officiellement terminée mais qui est déjà en train de reprendre, et également bien évidemment les incendies dans le Gard, dans la Drôme ces dernières heures, là où c'est sans doute le plus inquiétant ce matin, c'est toujours bien sûr dans les Pyrénées-Orientales, 4600 hectares brûlés depuis samedi soir, est-ce que des informations que vous avez ce matin, nous sommes face à un incendie hors de contrôle ?
En tout cas la situation est très préoccupante, 7 départements à l'heure où on se parle sont en risque incendie très élevé, 3000 pompiers sont mobilisés, je voudrais d'ailleurs bien sûr les remercier et saluer leur travail. Pour donner une comparaison, il y a 11 000 hectares qui ont brûlé en France aujourd'hui, c'était un peu plus de 5000 l'année dernière à la même période, c'est dire qu'on est face à une situation extraordinaire qui fait suite aux dernières semaines qu'on a passées, et donc la vigilance de l'État et la mobilisation des moyens de l'État est évidemment totale.
Et est-ce que, allez-y Camille ?
On sait que 10 000 personnes ont été évacuées, est-ce que d'autres évacuations sont prévues ? Est-ce que toutes les personnes ont été mises en sécurité ?
C'est possible, d'autres évacuations pourraient avoir lieu si c'est nécessaire. L'objectif principal de ces évacuations, vous vous en doutez, c'est la sécurité des personnes, et donc les forces d'intervention s'adaptent au fur et à mesure que les feux évoluent. Ce que je voudrais aussi dire ce matin, c'est d'appeler à la plus grande vigilance, au respect des règles de sécurité, c'est évidemment pour les habitants qui vivent sur place, mais plus globalement pour tous les Français, tous les citoyens qui passent dans ces zones, qui sont très à risque.
Il y a des règles de sécurité extrêmement basiques, mais on sait que les départs de feu, ça part parfois aussi d'erreurs humaines, et donc la vigilance est de mise pour toutes et tous.
Un mot également sur les renforts, il y en a qui arrivent dans les prochaines heures dans les Pyrénées-Orientales, y compris d'ailleurs venus d'autres pays européens comme la Roumanie. Est-ce que le dispositif de lutte contre le feu à l'échelle à la fois des Pyrénées-Orientales, mais aussi de la France, on avait ce matin un pompier qui nous faisait 30 départs de feu par jour en ce moment dans le Gard, juste dans un département, est-ce qu'il va falloir qu'on fasse appel à d'autres moyens, y compris venus d'autres pays ?
D'abord, le dispositif est total, les moyens de l'État sont pleinement engagés, il y a des conventions européennes, on peut aider nos voisins, et on le fait parfois, vous vous rappelez peut-être de certains incendies en Grèce lorsque c'est nécessaire, et à l'inverse, on peut leur demander de l'aide lorsque nous en avons besoin, la solidarité européenne s'exerce pleinement, les matériels sont faits pour ça, on arrive à coordonner aujourd'hui les différentes forces, et donc c'est vraiment une bonne chose, ça aide les forces engagées sur le terrain.
Est-ce que des forces d'autres pays vont être amenées à venir intervenir ?
Là encore, je ne peux pas vous le dire ce matin, mais de toute évidence, si c'est nécessaire, dans les jours, mais aussi dans les semaines à venir, c'est une possibilité qui s'offre à nous, de même que nous pourrions être amenés, nous, à prêter main forte à nos voisins européens. Encore une fois, c'est un principe de solidarité.
Votre président, vous évoquez la question des moyens.
Voilà, j'allais vous répondre là-dessus. Aussi, c'est que, contrairement à ce que je peux entendre ici ou là, les moyens des forces d'intervention ont augmenté ces dernières années. Et le budget dédié à l'intervention, et notamment l'intervention lors de risques incendies, a augmenté de 40% sur la période 2023-2026, par rapport à ce que c'était entre 2019 et 2022.
Mais sur la question des Canadaires, par exemple, parlons très concrètement des moyens. Ils ont en moyenne 30 ans d'âge. Emmanuel Macron disait vouloir renouveler la flotte en 2027. Nous, on est en 2026, et il faudra finalement attendre 2028-2033, même pour avoir non plus 12, mais 16 Canadaires comme prévu. Est-ce qu'on n'a pas trop tardé ? Comment expliquer qu'on soit en retard, y compris sur ce qui avait été annoncé par le Président ?
On a augmenté les moyens sur trois volets. D'une part, sur les volets aériens. D'autre part, sur les moyens terrestres. Et enfin, sur les moyens humains. Sur les volets aériens, effectivement, on parle beaucoup des Canadaires. Est-ce que c'est stratégique ? Quatre Canadaires qui ont été d'ores et déjà commandés en 2024 et 2026, et qui seront livrés dans les mois à venir. Après l'été. Également, je pense à ce qu'on appelle la flotte Dragon, qui va être intégralement renouvelée. Là encore, c'est des moyens qui ont été mis financiers sur la table pour pouvoir atteindre ça. Des avions bombardiers d'eau, là encore, qui ont été commandés. Donc, on augmente, on renouvelle notre flotte.
Il y a les moyens terrestres. Il y a des conventions qui sont passées avec les SDIS, avec là aussi des enveloppes financières qui sont allouées pour leur permettre d'avoir des moyens terrestres. Et notamment, je pense à des engins type camions-citernes, véhicules tout-terrain, qui là aussi a augmenté avec l'objectif d'augmenter le nombre d'engins. Donc, on avance, on se dote des moyens nécessaires. Ça prend du temps. On recrute et on forme aussi des militaires, c'est important, destinés à intervenir sur ce type d'événement. Et il y en a en ce moment qui sont engagés face aux feux de forêt que connaît le sud de la France.
On entend que ça prenne du temps, Maude Bréjon. Mais pourquoi, alors que le renouvellement était censé être bien entamé déjà en 2027-2028, on a du mal à comprendre pourquoi on est toujours avec ces vieux appareils, alors certes qui fonctionnent, mais on sait que quelquefois, certains ont besoin d'être plus souvent en maintenance, etc., donc ne sont pas toujours disponibles. Et forcément, ça crée moins de moyens de lutte.
Alors, d'abord, moi, je ne serais pas caricaturale. On a, en France, des femmes et des hommes qui sont admirablement formés, qui sont admirablement bien engagés. Ce n'était pas du tout la question à nous poser. Et on a, je sais, et on a en face des flottes, des dotations de matériel qui nous permettent de répondre, comme c'est le cas aujourd'hui, comme ça a été le cas les dernières années. Et effectivement, il y a une nécessité de renouveler, il y a une nécessité de s'adapter, de l'adaptation au changement climatique. On a beaucoup parlé de ce que chacun vivait chez soi. C'est aussi l'adaptation face aux risques de feux de forêt.
Et ça, le président de la République y a répondu, et il y a répondu depuis plusieurs années déjà, notamment via des augmentations budgétaires.
Un mot encore sur les Canadaires, parce qu'on sait que Canadaires, c'est canadien. L'Amérique du Nord, elle aussi, est régulièrement touchée par des incendies à répétition. Est-ce que vous ne craignez pas que, potentiellement, ces avions qu'on a commandés, qui doivent nous être livrés, puissent être récupérés peut-être par les Canadiens ou par les Américains, dont on connaît la tentation quelquefois de peut-être mettre un peu plus d'argent sur la table pour acheter un certain nombre d'appareils, plutôt qu'ils nous soient livrés à nous ?
Non, les contrats que nous avons passés seront des contrats honorés. Nous avons besoin de ces moyens. Nous en avons besoin pour nos forces d'intervention. Et donc, on s'assurera que l'ensemble des livraisons se fassent dans les tentes, ou du moins, le plus rapidement possible, en fonction de ce que les productions permettent.
Maude Bréjean, on a entendu le Premier ministre, la semaine dernière, tirer les leçons de ce qui avait été bien fait, ce qui n'avait pas fonctionné aussi pendant le dernier épisode de Canicule. Concrètement, qu'est-ce qui a été fait depuis la semaine dernière pour mieux préparer cette troisième vague de chaleur qui commence ?
D'abord, il est faux de dire que le gouvernement n'était pas préparé et que le système français n'était pas prêt.
Ce n'était pas l'objet de ma question.
On a beaucoup appris, notamment depuis la calicule historique de 2003, que ce soit en matière de coordination, que ce soit en matière de moyens, que ce soit en matière de services déconcentrés de l'État, que je veux évidemment remercier ce matin, je pense aux préfets, je pense aux ARS, qui ont été largement mobilisés. Le plan Orsan 3, vous le savez, est maintenu.
C'est le plan, pour que les auditeurs comprennent, qui permet notamment de rappeler des personnels soignants à l'hôpital,
de s'adapter, d'anticiper aussi les semaines à venir.
Et donc ce plan sera maintenu dans les hôpitaux jusqu'à nouvel ordre. Est-ce que l'hôpital est en mesure de tenir face à une nouvelle vague de chaleur ? Tous ceux qui ont été hospitalisés ces derniers jours, ces dernières semaines, ne sont pas forcément sortis. Est-ce que l'hôpital, en période de vacances scolaires, va tenir ?
L'hôpital français, tiens. Et c'est ce qu'on constate d'ailleurs depuis plusieurs semaines. Nos hôpitaux ont tenu. Nos EHPAD, c'est là aussi une des grandes leçons de ces dernières semaines, ont tenu. Là où en 2003, on le sait, ça avait été absolument dramatique. Donc ça, c'est des points sur lesquels on s'est nettement amélioré, parce que les organisations se sont améliorées, parce que les moyens se sont améliorés aussi. En revanche, on a des points de faiblesse qu'il faut regarder avec lucidité. Et je pense notamment à la question des personnes qui sont seules, isolées, souvent en zone urbaine, dans les grandes villes, dans les grandes agglomérations, très âgées.
On a vu cette surmortalité à Paris, notamment. Où on constate une surmortalité plus importante que ce que ça ne pouvait être il y a quelques années de ça. Je crois que ça doit nous interroger profondément, d'abord sur la manière dont on vieillit en France. Qu'on ait aujourd'hui des personnes très âgées, isolées, qui soient en dehors des fichiers de renseignement, qui listent les personnes seules et vulnérables, que personne n'appelle, dont personne ne s'enquiert de leur état de santé.
Et justement, pour ces personnes, cette semaine, ont fait quoi ? 37 degrés à nouveau prévu à Paris, par exemple ?
Ça appelle deux choses. D'abord, tout un travail de refonte des fichiers, des bases de données, qui est absolument essentiel, parce qu'il ne faut plus attendre que ces personnes s'inscrivent seules sur les fichiers qui recensent les personnes vulnérables, par exemple des CCAS dans les différentes communes. Il va falloir un travail beaucoup plus proactif, d'aller vers beaucoup plus important. Et donc, il y a toute une refonte qui va être évidemment engagée sur ce point. Et puis ensuite, je crois qu'il y a une responsabilité individuelle. Je le dis parce qu'il y a 50...
Attendez, pardonnez-moi, juste simplement, on va parler de la responsabilité individuelle, mais vous parlez d'une refonte, c'est-à-dire vous allez demander aux communes de revoir leurs fichiers ? Vous allez créer un fichier peut-être qui soit un peu plus centralisé ? Enfin, comment ça va fonctionner ? Vous allez donner des instructions ?
Oui, il y a d'abord un rôle de coordination entre les différents services de l'État, services déconcentrés, avec les collectivités territoriales, évidemment. Il y a une réflexion qui va être menée. Nous, on n'arrive pas avec une solution ficelée parfaite qu'on voudrait imposer depuis l'État ou la rue de Ségur à l'ensemble du système français. Mais de toute évidence, on a là un point de faiblesse sur lequel on doit travailler. Et donc, je crois que c'est, encore une fois, de la lucidité que d'être capable de le dire et de tirer les enseignements de ce qui s'est passé.
Et puis ensuite, je crois, et je le dis, que ça doit nous interroger en tant que société, qu'on a tous une responsabilité individuelle. Il y a 60 ou 70 ans, on vivait avec ses parents ou ses grands-parents jusqu'à très tard. Je ne dis pas qu'il faut revenir vers ce modèle-là. Mais je crois qu'en termes de, encore une fois, de chaîne intergénérationnelle, de solidarité intergénérationnelle, la façon dont on transforme nos aînés, qu'ils soient d'ailleurs de notre famille ou pas, ça doit nous interroger.
Et parce que ce n'est pas normal qu'en France, dans une société si avancée, où, encore une fois, la solidarité est censée, la fraternité, être une valeur absolument cardinale, on ait autant de personnes âgées seules qui décèdent dans leur logement du fait de la chaleur.
Nous sommes toujours avec Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement. On va continuer de parler de la canicule et de ses conséquences politiques, notamment de cette motion de censure qui a été déposée par les écologistes à l'Assemblée nationale, qui sera examinée en début d'après-midi. Elle reproche au gouvernement son inaction en matière de lutte contre le changement climatique. Inaction climatique, on a appris qu'elle serait aussi signée par Olivier Faure, le patron des socialistes. Elle vous fait peur, cette motion de censure ? Vous la comprenez ?
C'est une motion de censure de posture politique. Et je vais vous dire, le fond de ma pensée, je trouve que ce n'est pas très sérieux. On a en ce moment 3 000 pompiers qui sont mobilisés sur des incendies. On fait face, effectivement, à une crise climatique très importante qui doit toutes et tous nous mobiliser. On a des difficultés sur le plan budgétaire. On a des lois importantes, dont on ne parle plus beaucoup depuis quelques jours, mais qui arrivent à l'Assemblée nationale, notamment sur ce sujet central de la protection de l'enfance, que beaucoup ont pourtant défendu, y compris à gauche, qui pensent que face à tout ce que je viens de citer, la solution serait la censure du gouvernement.
Les oppositions n'ont pas le droit de s'opposer.
Les oppositions ont le droit de s'opposer et le Parlement est extrêmement libre. Mais vous me demandez ce que j'en pense. Je me permets donc librement de vous répondre.
Ce qu'il vous reprend sur le fond, c'est aussi de ne pas avoir pris la mesure, de ne pas avoir notamment accordé les financements nécessaires pour la lutte contre le changement climatique, pour aussi l'adaptation au changement climatique. Il y a notamment la question du fond vert qui a été victime de coupes dans le précédent budget. Sa dotation est passée de 2,4 milliards à 837 millions d'euros en 2026. Le Premier ministre a laissé entendre qu'il pourrait à nouveau être aboté pour faire des économies dans les prochains mois. Est-ce que vous vous dites, parfois, on a peut-être fait les mauvais choix établis de mauvaise priorité ?
Là encore, d'abord, le fond vert n'est qu'une partie et une petite partie de l'ensemble du budget.
Il permet aux collectivités, notamment, de rénover les écoles, de rénover les établissements. Je suis d'accord.
Mais enfin, permettez-moi de vous dire que c'est une petite partie de l'ensemble des moyens qui sont dédiés à la lutte contre le changement climatique et à l'adaptation contre le changement climatique. On pourrait parler du fond chaleur. On pourrait parler de tout ce qui est fait pour aider les ménages à opérer leur transition énergétique. Ce qui permet, par exemple, de passer de chauffage au gaz aux pompes à chaleur. Ce qui vous permet, par déduction, de rafraîchir votre logement. Donc, prenons un peu de hauteur. Le budget alloué à l'écologie a doublé depuis 2017. Il a doublé depuis 2017. Donc, il n'a jamais été aussi important en volume.
Il y a aujourd'hui davantage de moyens alloués à l'écologie que sous le mandat socialiste entre 2012 et 2017. Donc, il faut quand même repositionner quelques vérités à leur place. Est-ce qu'on peut aller plus loin ? Est-ce qu'il faudra aller plus loin ? La réponse est oui. Je note quand même, je note quand même, quelques incohérences dans le discours porté par Europe Écologie. Les Verts, je l'écide, puisque c'est eux qui ont été à l'initiative de cette motion de censure.
Lorsqu'on a présenté la programmation pluriannuelle de l'énergie, sujet que je connais bien, puisque c'est aussi mon ministère, en février dernier, qui permet de développer massivement le nucléaire, certes, mais également les énergies renouvelables, les éoliennes, les éoliennes en mer, les panneaux photovoltaïques, pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. Les écologistes ont voulu, là encore, censurer le gouvernement. Il y a, je termine un deuxième...
Il va être extrêmement stratégique, ce prochain budget. Est-ce que ces fonds dédiés à l'adaptation seront sanctuarisés ? Est-ce qu'ils sont verts, par exemple ? Les économies, vous les mettez de côté ?
J'allais précisément vous en parler. Ce que je peux vous dire, c'est que s'il y avait une censure du gouvernement, ou tout au moins une absence de budget, il n'y aurait plus de fonds verts, à partir du 1er janvier 2027. Il y a six mois, les écologistes ont là encore voulu censurer le gouvernement, ce qui aurait amené à l'annulation, le temps d'avoir un budget, du fonds vert. Donc, là encore, je crois qu'il y a un peu d'hypocrisie, et parfois un double langage de la part des écologistes, qui tiennent des discours très proactifs sur la lutte pour le climat, sur les plateaux télé, et qui, dans leur vote, agissent de manière un peu différente.
Donc, je le redis, je crois que face à la situation qu'on traverse, prétendre que censurer le gouvernement pourrait durablement, et également à court terme d'ailleurs, apporter des réponses, est un mensonge politique. Voilà, je pense que c'est une posture, qui est une posture partisane, mais qui, aujourd'hui, n'a pas de sens vis-à-vis des faits, et de ce qui devrait, pardon, collectivement réussir à nous réunir.
Est-ce que ça ne dit quand même pas, Maude Bréjon, que ce budget 2027, il va être quasi impossible à faire adopter ? Là, si on commence déjà à se crisper au mois de juillet, imaginons ce que ce sera en décembre.
Il va être difficile, je ne vais pas vous dire l'inverse. Moi, je crois qu'il serait absolument insensé de priver la France d'un budget pour l'année 2027.
En même temps, budget qui pourrait être refait après l'élection présidentielle et les législatives.
Ce qui nous amène à juillet ou août. Imaginez 6, 7, 8 mois de services votés. Ces 6, 7, 8 mois, par exemple, sans possibilité pour les collectivités territoriales d'avoir recours au fond vert pour opérer la transition écologique dont on parlait à l'instant. Ce n'est qu'un exemple. Donc, j'espère, je vous le dis, que des femmes et des hommes de bonne volonté, du Parti socialiste, républicain, arriveront à se mettre autour de la table, à construire un budget de sauvegarde, qui effectivement sera probablement un budget temporaire, mais qui est un budget dont la France a besoin.
Un budget temporaire avant la prochaine élection présidentielle et une nouvelle majorité, peut-être, à l'Assemblée nationale. Vous étiez justement hier au meeting d'Edouard Philippe, grand lancement de campagne. Vous le soutenez, vous l'avez annoncé la semaine dernière. Il a justement parlé de ses efforts. Il a surtout lancé sa campagne. Je sonne l'alerte avec gravité, parce qu'il faut se préparer à un déficit public autour de 6,5 points.
Alors, ça, c'était Sébastien Lecornu, mais je suggère que... Sébastien Lecornu, qui n'est pas candidat, en tout cas pas à ce stade, je suggère que nous écoutions Edouard Philippe, à présent, c'était hier, pour son premier meeting de campagne.
Alors, nous lançons l'effort collectif. Ce n'est pas non plus du sang et des larmes, mais c'est un effort qui sera demandé aux Français par Edouard Philippe. Est-ce qu'on embarque les électeurs avec cette promesse de difficulté, d'effort à faire ?
Je crois qu'on embarque les Français quand on tient un discours de vérité. Et je crois que toute la force d'Edouard Philippe, c'est, d'une part, sa constance. Il n'a pas varié de discours depuis des années maintenant. Et il l'a mis en œuvre lui-même avec le président de la République entre 2017 et 2020. Et puis, cette capacité de construire son projet en prenant l'ensemble des sujets principaux par le prisme de la France de nos enfants. Je crois qu'aujourd'hui, et c'est quelque chose de très fort dans le discours qu'il a tenu hier, l'ensemble des décisions que nous prenons, doivent être vues, doivent être jugées au regard du bénéfice ou pas qu'elles apportent à nos enfants.
Il a promis de trancher les noeuds gordiens, notamment dans nos sociétés.
Il disait hier quelque chose de courageux. On privilégie souvent notre confort à leur bonheur. Dans les choix qu'on peut faire, dans les choix budgétaires, dans les choix parlementaires qu'on peut faire, dans les choix parfois électoraux, on peut faire aujourd'hui. Et je crois que ça demande un peu de courage parce qu'effectivement, à court terme, c'est synonyme d'effort. Mais moi, je m'intéresse davantage à la France de mes enfants. Vous voyez, qu'à la France d'hier.
Pour la France de nos enfants, une des questions qui va être centrale, c'est la question des retraites. Absolument totale. Tout à fait. Des retraites. Il l'a évoquée très brièvement sans du tout entrer dans les détails en disant juste que, oui, il faudrait que les retraités soient davantage mis à contribution pour le système social. Il est très attendu sur cette question. Il avait évoqué un jour la retraite à 67 ans. Aujourd'hui, quel est le projet de retraite d'Edouard Philippe ? On n'a pas vraiment compris. J'ai écouté avec attention le discours hier
et je n'ai pas compris. D'abord, il est très attendu et tous les candidats seront très attendus sur cette question qui est une question absolument centrale pour l'équilibre de tout notre système social qui interroge, là encore, sur le pacte intergénérationnel. Il aura l'occasion d'en apporter les modalités. 67 ans ? Pardonnez-moi. Aujourd'hui, il y a une évidence qu'il s'impose à nous. Il va falloir qu'on soit, d'une part, plus nombreux à travailler et, d'autre part, qu'on travaille un peu plus longtemps. Est-ce que ça concerne l'ensemble des Français ? On sait qu'on n'a pas tous le même travail, qu'on n'oeuvre pas dans les mêmes conditions.
Et donc, c'est normal que des distinctions puissent se faire. Mais enfin, enfin, il y a aujourd'hui un cotisant, pardon, un retraité pour 1,7 cotisant, c'était 1 pour 4. Mais pardonnez-moi,
mais ça fait 5 ans qu'Édouard Philippe dit qu'il travaille sur son projet présidentiel, qu'il réfléchit, etc. J'imagine que sa réforme des retraites, elle est prête. Vous êtes soutien.
Vous l'inviterez. Quelle sera cette réforme ? Vous l'inviterez. On peut, si vous voulez, faire ce jeu de ping-pong, vous et moi, pendant plusieurs minutes encore.
Non, mais c'est un sujet qui intéresse aux Français et qui est au cœur de ce pacte de génération.
Par contre, madame, je ne suis pas porte-parole d'Édouard Philippe. Donc, je le laisserai en temps voulu préciser, encore une fois, ces modalités. Mais ces deux grands principes me semblent déjà donner une tonalité importante. Être plus nombreux à travailler. Et quand on voit le chômage en France qui a baissé, mais qui, pour autant, reste important et supérieur à certains de nos voisins européens, on comprend bien que là, c'est une nécessité. Et puis, travailler un peu plus longtemps, encore une fois, au regard des considérations démographiques. Il y a un dernier point que je voudrais dire, et c'est aussi pour ça que moi, j'étais là hier.
Je pense qu'Édouard Philippe est aujourd'hui le plus à même de rassembler très largement, de rassembler des femmes et des hommes qui se sentent de droite, qui se sentent centristes, qui se sentent peut-être de nulle part, qui hésitent un peu. Mais face au Rassemblement national qui est très fort dans ce pays, face à la France insoumise qui est extrêmement structurée, je crois qu'on a besoin de femmes et d'hommes, là, en l'occurrence d'un homme, d'expérience, encore une fois, lucide, porteur d'espoir, qui soit en capacité d'apaiser le pays. Je ne vous ai pas porte-parole, mais ça y ressemble un petit peu.
Demain, on connaîtra aussi le verdict dans le procès des assistants parlementaires du Rassemblement national, la capacité, normalement ou non, à Marine Le Pen à se présenter à l'élection présidentielle. Qu'est-ce que ça change pour Édouard Philippe, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, le candidat ?
C'est moins pour Édouard Philippe que pour la campagne présidentielle. De toute évidence, ça aura un impact factuel sur la campagne présidentielle, puisque de cette décision va découler le candidat du Rassemblement national. Une fois que je vous ai dit ça, moi, je ne rentrerai pas dans ce débat politico-médiatique consistant à savoir qui de ces deux adversaires serait le plus difficile ou le plus facile à battre. Je crois que ça n'a pas beaucoup de sens en politique qu'on ne choisit pas ses adversaires, on les combat.
Et moi, je combats le Rassemblement national de Jordan Bardella, de Mme Le Pen et de l'ensemble de ses élus parce que j'estime qu'ils portent un projet d'asphyxie pour le pays, extrêmement dangereux, un projet de rétrécissement, un projet d'isolement. Et que cela, quelle que soit la tête qui l'incarne, suffit à les combattre. Merci beaucoup, Maude Bréjon, d'avoir été avec nous ce matin porte-parole du gouvernement. Restez sur France Info.
Philippe Paul