#RDLS138 : Manif de policiers / Arctique en danger / Meeting d'Aubin et actions de campagne
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Bonjour, c'est la 138e revue de la semaine et c'est la première dans la situation magnifique où les bistrots sont ré-ouverts, générique. Je reviens sur la manifestation des organisations policières. Je ne vais pas être long parce que j'estime que je me suis déjà beaucoup et clairement exprimé. Vous retrouverez à la fois le communiqué qui expliquait les raisons pour lesquelles les Insoumis n'ont pas participé à cette manifestation et même s'y opposaient, compte tenu des revendications qui étaient présentées. Et vous pouvez aussi accéder dans la description qui est en bas au lien avec la déclaration que j'ai faite en fin d'après-midi de cette pénible journée.
Alors, que mon opinion plaise ou pas, le sujet n'était pas de séduire, mais de mettre en garde une nouvelle fois contre une situation dont j'estime qu'elle se dégrade à très grande vitesse, d'affaissement de l'autorité de l'État qui s'avère incapable de prendre en main une situation où des corps qui ont autorité, ou des groupes de gens qui ont une autorité morale qui leur est attribuée en raison de leur uniforme, en profitent pour se livrer à des activités de mise en cause de la légitimité de l'État, des pouvoirs, et ainsi de suite.
Des anciens militaires appelant les militaires d'actifs à une insurrection, des anciens policiers dont certains étaient des membres sur des listes du Rassemblement National reprenant à leur compte cette déclaration, on n'en finit plus. Et là, c'était carrément une manifestation présentée frauduleusement comme un hommage aux policiers assassinés dont vous vous souvenez les circonstances tragiques du décès, c'est M. Éric Masson, et en nous faisant croire que ce serait un hommage, en réalité, les organisations policières avaient prévu toute une série de revendications dont aucune ne porte sur la condition policière, mais toutes sont des mises en cause de l'institution judiciaire.
Alors moi aussi, comme l'actuel garde des Sceaux, il m'est arrivé de dire des choses dures sur tel ou tel juge, sur telle ou telle opération judiciaire, mais c'est une chose de critiquer, de contester, et même de protester contre certaines attitudes judiciaires, et de mettre en cause tout le système de la justice lui-même, et l'institution.
Or, c'est bien ce que nous avons entendu, et c'est pourquoi j'ai dit que c'était une attitude factieuse, alors comme vous le savez, chaque fois que j'ouvre la bouche, il y a une petite armée de gens qui passent leur temps à voir quels mots ils peuvent sortir pour dire oui, bon, mais ce mot-là n'est pas acceptable, bla bla bla bla, et ils le font d'une manière répétée, alors ils disent, ah factieux Mélenchon exagère, pardon, mais quand la police dit la justice va rendre des comptes, vous appelez ça comment vous ? Vous nommez ça comment ? Comme l'a dit le syndicat de la magistrature, comment on appelle un régime où c'est la police qui fait la loi ?
Eh bien ça s'appelle un régime policier, eh bien un régime policier, ce n'est pas la République, et j'ai donc tout à fait raison de dire que c'est une attitude factieuse, mais s'il faut aller au cœur des mots, de leur définition, de ce qu'ils veulent dire, de ce qu'ils impliquent, alors je n'aurai qu'à vous citer ces phrases du secrétaire du syndicat EFO, de la police des Yvelines, et qui dit, si cette mobilisation s'avère très forte, celle d'hier, les digues céderont, c'est-à-dire les contraintes de la constitution et de la loi. Que dites-vous d'une organisation policière qui compte faire céder ce qu'ils considèrent comme une digue, c'est-à-dire rien moins que la constitution et la loi ?
Voilà pourquoi on peut parler de l'attitude factieuse et que je déplore qu'elle n'ait pas été ni mis en cause, ni punie par ceux dont c'est le rôle à la tête de l'État.
Je voulais vous le dire parce que je suis assez déterminé, que ce soit moi qui le fasse directement ou mes amis, à ne plus laisser passer la comédie du terrorisme intellectuel auquel on s'abandonne sur maintes chaînes de commentaires, où on peut comme ça démolir pendant des heures l'honneur, la crédibilité et l'attachement républicain d'une personne, en l'occurrence moi, sans que je puisse répondre pendant que des gens racontent ce qu'ils veulent, démentent la réalité parce qu'ils ont dit qu'ils voulaient faire céder les digues, ils ont dit que la justice devrait rendre des comptes, et il y a même un syndicat qui a dit que ceux qui ne venaient pas à la Manis devraient assumer ce qui s'appelle une menace, voilà.
Alors je continuerai à dire que ce n'est pas acceptable, et en même temps je continuerai à vous dire, ne faites pas le cadeau à ces énergumènes de les prendre pour représentatifs de la police telle qu'elle est aujourd'hui, c'est-à-dire des gens du rang qui font leur boulot et qui sont républicains et qui n'aiment pas qu'on parle comme ça et qui ont trop de respect pour la loi pour la traité de digue que l'on peut faire céder à l'issue d'une manifestation policière.
Je vous le dis avec la même fermeté que je vous l'ai dit jusque-là, et je ne suis pas soucieux de séduire, mais de bien mettre en alerte et de bien faire comprendre à chacun qu'il y a des sujets sur lesquels il n'est pas possible de franchir la ligne rouge des principes, et c'est celui-ci en particulier, celui de la séparation des pouvoirs, celui du respect qui est dû à une institution en tant que telle, par-delà les polémiques que peuvent occasionner sa mise en pratique, et cela vaut aussi bien pour la justice que pour la police. Bon, maintenant, je prends un autre sujet.
Dimanche dernier, j'étais à Aubin, comme vous l'avez sans doute vu, dans l'Aveyron, pour y faire le premier meeting de plein air. Ce n'est pas le premier meeting de la campagne, à la fin, c'est presque humiliant qu'on me disent que c'est le premier meeting, quoi. Alors, vous avez oublié les deux meetings, trois meetings au total numériques, dont deux ont en réalité augmenté. Bon, pourtant, ça avait été bien suivi, hein. Et puis aussi, ma participation à la célébration de l'abolition de l'esclavage à La Réunion, qui pour moi, en tout cas, a été un moment très important.
Et d'ailleurs, puisque le 10 mai, il y a eu une cérémonie au cours de laquelle le président de la République n'a pas dit un mot, ni d'ailleurs aucun responsable politique du pays n'a pris la parole. Si vous voulez entendre quelque chose sur l'abolition de l'esclavage, dans la description, vous aurez le lien avec le discours que j'ai fait à La Réunion. Et je vous rappelle que le discours compte, mais le lieu encore plus, puisque on parlait à ce moment-là, Huguette Bellot, maire de Saint-Paul, et moi-même, sur le bord de la fosse commune, où le corps des esclaves était jeté comme des choses, sans stèle funéraire.
Et c'est en 2010, un cyclone qui a arraché la terre et a révélé les 2000 squelettes qui se trouvaient là, qui a permis que l'on sache qu'en effet, ils avaient été jetés là, à la fosse commune. Et alors, c'est donc un moment, quand, si vous décidez de m'écouter, écoutez mon discours, vous saurez que je ne cessais d'y penser et je me sentais rempli de toute cette situation. Bon, bref, alors, on a fait le meeting d'Aubin. Il y a bien plus, hein. Franchement, la veille, j'avais lu qu'il y aurait des trompes d'eau et je trouvais que c'était une manœuvre pour dissuader les gens.
En plus, jusqu'à la fin, les gens m'ont dit, mais non, ne t'inquiète pas, à 13h, ça s'arrête de pleuvoir, regarde, le ciel va s'ouvrir, je ne te raconte pas. Bref, enfin, on s'est fait doucher et bien doucher, mais on était heureux. Pourquoi ? Parce qu'il y avait du monde. Il faut se rendre compte que l'idée, ce n'est pas de refaire le rassemblement de Marseille ou de Toulouse un an avant l'élection présidentielle, il faudrait être fou pour faire ça. Et puis, ça n'a pas d'intérêt. Ce qui est important, c'est qu'on puisse, comme ça, s'approcher de lieux où on donne à voir quelque chose, où on donne à réfléchir sur ce qu'est l'histoire de notre pays et les grands thèmes.
Là, le grand thème, c'était le plein emploi. Alors, donc, le plein emploi, c'est un sujet nouveau, parce que maintenant, jusqu'à présent, tout le monde est résigné au chômage de masse ou laisse comprendre que, faute d'emploi, on pourrait vivre autrement, ce qui est une idée que je comprends parfaitement, mais qui, moi, ne me convient pas, parce que je pense qu'il y a des millions d'heures de travail à faire et que le problème, c'est de les faire. Et pas de dire, ben, le marché, comme ils disent, de l'emploi, depuis quand c'est le marché qui va diriger ou décider pour des gens comme nous ? Ça ne compte pas, hein ? Ça compte, mais ce n'est pas lui qui décide.
Si le marché n'est pas capable de faire prendre en charge les millions d'heures de travail dont on a besoin pour faire face aux changements de la production, de la consommation et des échanges pour faire face à la crise climatique, bon, ça passera, et puis c'est tout. Et on le fera avec l'État. C'est aussi simple que ça et les collectivités ou les coopératives. Alors, donc, ce meeting, ben, il a été un premier moment qui a permis aussi de se rendre compte à quel point il n'y a pas d'organisation de campagne présidentielle sans des personnes qui s'engagent, vous voyez ? Eh bien, figurez-vous qu'il y avait 90 bénévoles qui étaient au travail pour ce meeting.
Il, d'ailleurs, s'est produit un truc qu'on n'a jamais vu dans notre histoire. On a annoncé, nous, 700 personnes présentes, on était drôlement contents parce qu'il faut le faire, 700 personnes sous une pluie battante à Aubin, dans l'Aveyron, là-haut, dans la vallée de la mine, là, et puis, alors que le train, les trains, jusqu'à Albi, tout ça, c'était terminé, toute la ligne de chemin de fer était en travaux parce qu'en général, quand je vais quelque part, souvent, la ligne de chemin de fer est en travaux aussitôt après ou aussitôt avant. Bon, je dois être maudit, mais c'est comme ça. Et donc, il fallait y arriver comme on pouvait.
Alors, évidemment, les gens sont venus des environs, mais il y a des gens qui sont venus de loin. Alors, puisque je suis là en train de parler, je voudrais d'abord leur dire merci à eux tous, tous ceux qui étaient là parce qu'ils étaient là parce qu'ils voulaient faire une démonstration de fidélité à un idéal, d'attachement à certaines grandes idées, et ils savaient bien que je réaffirmerais tous ces principes et que donc, ils voulaient être là pour dire, nous aussi, nous, on pense comme ça, c'est comme ça qu'on voit les choses. Et ils sont restés sous une pluie battante.
Alors, les amis, vraiment, je vous dis toute mon admiration, ma gratitude, parce que c'est bien que ce n'est pas pour moi que vous le faites, c'est parce qu'on mène une bataille ensemble, mais comme c'était moi qui parlais, ben, figurez-vous que j'ai drôlement apprécié de ne pas être tout seul sur cette tribune sous la pluie, hein. Vous étiez là, bon, c'était formidable. Et puis, les 90 volontaires qui sont venus, ils me font un devoir, vous voyez, je ne serai pas trop long sur le sujet, c'est celui de vous dire que la campagne se fait avec des citoyennes et des citoyens engagés. Alors, que ce petit message soit un appel à contribution.
Alors, si vous pouvez, la contribution par un don, hein, mais si vous ne pouvez pas, ce n'est pas grave. On va se débrouiller. Il y en a d'autres qui ont un peu plus, qui donneront un peu plus. Vous verrez, ça va se faire. Mais surtout de vous engager en vous donnant les moyens de cet engagement. Si vous avez un téléphone portable, un smartphone, hein, je vous appelle à charger l'application Action Populaire, qui est la plateforme qui fonctionne comme un réseau social. Pour ceux qui connaissent Facebook, qui savent ce qu'est un réseau social, bon, vous pouvez vous connecter les uns aux autres, vous pouvez connaître les actions que les uns et les autres.
Et surtout, vous pouvez vous auto-organiser. Le plus important, à nouveau, dans cette campagne, c'est de ne pas attendre des consignes et d'agir par soi-même, d'aller se renseigner, voir s'il y a du matériel qui est disponible, comment on s'y prend, bref, toutes les choses qui participent de ce qu'on appelle une campagne électorale. Et puis, constituer des groupes d'action. Quand on constitue un groupe d'action, vous le faites avec vos copains, vos copines, c'est une manière aussi, bon, des fois, de passer des bons moments entre copains. Surtout, n'allez pas vous fourrer entre gens qui ne supportent pas.
Parce qu'après, ça fait des histoires, et pour finir, les histoires, c'est toujours sur mes genoux qu'elles terminent. Donc moi, je ne veux pas en entendre parler. Alors, si vous avez deux ou trois bons copains, vous faites votre groupe, ce n'est pas compliqué, vous prenez une feuille de papier, chacun remplit les noms des personnes dont il va s'occuper, soit d'obtenir un vote pour nous, pour le programme et pour votre candidat, soit pour aller, comment dire, en gagner d'autres, on se dit, oh, un tel, il pourrait bien voter avec nous, donc on va l'emmener avec nous. Voilà, c'est ça que vous faites. Et puis, vous prenez un par un, toc, toc, toc, toc, toc, un coup de fil, un machin.
Maintenant, en plus, vous pouvez les inviter en terrasse, au bistrot, pour discuter avec eux, leur passer les brochures qu'on fait, les tracts, tout ça, vous pouvez le commander. Mais vraiment, je veux vous dire, notre supériorité tactique viendra de la participation de plusieurs dizaines de milliers de personnes à l'action. Je dis bien dizaines de milliers, pour l'instant, parce qu'ensuite, ça sera encore plus. Alors, il n'y a pas besoin d'être là non plus à un aigle en stratégie électorale pour comprendre. Le dernier sondage que j'ai vu, il me place à 13 points. Alors, 12 si c'est M. Xavier Barton, je n'ai pas compris pourquoi. 13 si c'est Mme Pécresse qui est candidate à droite.
Alors, c'est le double de mes deux concurrents dans la gauche traditionnelle qui font chacun 6. Alors, je dirais que ça me donne juste le droit de vous dire que ça vaut la peine de militer avec moi, quoi, et avec mes camarades, parce que ça peut nous permettre de franchir les étapes dont on a besoin. Mais, vous savez, dans ce sondage, il a aussi un côté, bon, on se dit, toute cette énergie qu'on a déployée, bon, on devrait être plus loin. Mais, les amis, il faut bien comprendre une chose, il dit quand même une vérité, ce sondage, il dit qu'il y a trop d'abstention dans les électeurs capables de voter insoumis ou qui l'ont déjà fait dans le passé.
Alors, si vous avez 45% d'abstention ou 60% d'abstention, ben, ça diminue mécaniquement le niveau auquel on est. Alors, moi, je suis pour le prendre au sérieux et puis que chacun d'entre vous se dise, ben, est-ce que j'en connais, moi, des gens qui ont décidé d'être abstentionnistes. Et puis, pendant que vous y êtes, regardez, si vous vérifiez autour de vous, que tout le monde est bien inscrit sur les listes électorales. Parce que ça aussi, ça va compter, hein. À la fin, c'est pas seulement le choc des grandes idées, hein.
C'est aussi le choc des petites mains, ceux qui sont les plus habiles pour faire les choses, pour faire inscrire les copains-copines, pour convaincre, d'après les arguments qui conviennent aux questions que les gens se posent. Voilà, je voulais vous dire tout ça pour pas que quelqu'un ait l'impression, dans notre environnement, vous savez, il y a à peu près 100 000 personnes qui regardent ces revues de la semaine, alors des fois beaucoup plus, jusqu'à presque 200 000, d'autres fois un peu moins, c'est 80 000, mais ça fait beaucoup de monde.
Et là-dedans, je suppose que quand même, il doit bien y en avoir 90% qui sont des amis qui votent de la même manière que moi, ou qu'Antoine qui est derrière la caméra en ce moment. Donc, il ne faut pas laisser croire que ça va se faire tout seul et que, bon, on va sortir Mélenchon le dimanche, il va faire trois sauts périlleux arrière dans les cerceaux enflammés, après on remballe et il y aura des votes, ce n'est pas comme ça que ça va se passer, hein. C'est vraiment au bouton de veste. Et là, il n'y a que en s'y mettant tous qu'on y arrive. Je ne peux pas y arriver tout seul, hein, parce que ça ne colle pas, quoi. Alors, le meeting, là, il était plutôt génial, à Aubin.
Il y a une chaîne de télé qui l'a retransmis en intégrale, et je lui dis merci, c'est LCI. Et puis, alors, nous, de notre côté, sur nos réseaux sociaux, ça a fait pas loin de 200 000 personnes, maintenant ça doit les avoir atteints, qui sont passées, alors est-ce qu'ils sont restés à un moment ou pas ? Alors, on sait qui est resté à un grand moment et tout le long, il y en avait 10 000. Donc, de 10 000 à ce qu'on voit aujourd'hui, maintenant, on ne sait plus très bien, parce qu'il y a tous ceux qui, entre-temps, sont venus écouter le discours d'un bout à l'autre, etc. Mais, bon, donc, on peut être plutôt content.
C'est une belle opération à, bon, 180, mettons 100 pour LCI, ça fait un truc à 280 000 personnes, hein, bon, c'est pas mal, hein. Je trouve que ça vaut les sous qu'on a dépensés là-dedans, la peine, la fatigue, les copains qui sont venus, de tous les côtés. Je vous ai dit qu'il y avait 90 bénévoles, il faut savoir qu'il y en avait 40 rignes pour le service d'ordre, bon, c'est quand même beaucoup de monde, hein. Et puis, les copains, ils sont rentrés le dimanche soir à la maison et le lundi, reprenez le boulot, hein, il ne faut pas perdre ça de vue.
Moi, je peux dire que j'étais rincé, hein, parce que, bon, ça va peut-être vous faire rigoler, mais ça faisait un sacré moment que je n'avais pas fait un meeting en plein air. Alors, ce n'est pas du tout un meeting, en réalité, augmenté, ça n'a rien à voir, hein. Donc, il fallait retrouver un peu les habitudes, tout ça. Donc, pour résumer, disons que j'ai bien flippé de savoir si j'allais y arriver correctement, faire proprement le travail, parce que ce n'est pas seulement que je suis fier de faire bien le travail, c'est qu'il y a tous ceux qui ont bossé et dont je ne peux pas mettre le travail par terre parce que moi, je ne fais pas le mien bien.
Donc, bon, tout ça, vous le savez, vous savez que je suis assez scrupuleux et je pense que la plupart d'entre vous aussi, vous l'êtes. Allez, je parle d'autre chose maintenant. Bon, alors, je vais vous parler d'un sujet, vous n'y attendez pas du tout, mais une fois de plus, moi, ça me passionne. C'est ce qui est en train de se passer sur les pôles. Les pôles, qu'est-ce qu'il nous veut ? Alors là, je vais vous parler du pôle Nord aujourd'hui. C'est très important, le pôle Nord. Il est en train de fondre. Pour des raisons dans lesquelles je ne me lance pas, il se trouve qu'il fait plus chaud au pôle et à l'équateur qu'ailleurs sur la terre.
Donc, ça fond et il fait plus chaud là-haut que dans bien des endroits sur terre. Par exemple, l'Arctique, il y fait 30 degrés en ce moment. Vous imaginez le tableau ? Bon, comme il y fait 30 degrés, ça fond super vite, la glace. Et la situation est en train de déraper complètement parce que ça fond deux fois plus vite que prévu. Donc, ça change tout, les amis. Je vous ai déjà dit ici que le changement climatique était commencé, qu'il était irréversible. Bien, mais si ça fond deux fois plus vite, ça veut dire que le niveau de la mer va monter aussi deux fois plus vite.
Je dis ça parce qu'il va falloir peut-être un peu commencer à s'exciter sur ce qui se passe sur les côtes et en particulier pour nous Français, qu'on tient de compte du fait que la centrale nucléaire de Blaye, elle est posée dans l'estuaire de la Gironde et que tout ça, ça a à voir avec le niveau des mers parce que si la mer monte, elle monte aussi dans l'estuaire. Et par conséquent, ça change toute l'installation, le circuit de l'installation, du refroidissement de cette centrale. Je ne vous donne que cet exemple, mais je pourrais en citer bien d'autres, de conséquence du résultat de la fonte des glaces.
L'autre conséquence qui, pour nous tous, compte beaucoup, c'est que du coup, le courant qui circule, peut-être que vous ne le savez pas, mais sans doute que vous le savez, il y a un courant qui circule le long de la côte des Amériques, il passe en haut, on appelle ça un tapis roulant, il passe sur l'épaule, là il refroidit, du coup, tchouf, il passe en dessous dans l'Atlantique, l'eau chaude monte par-dessus, bref, et hop, c'est reparti pour un tour. L'eau chaude refroidit, donc elle redescend, bref, ça tourne.
C'est un tapis roulant, et ce tapis roulant, il organise le climat, c'est-à-dire suivant que l'eau est chaude et froide, peu importe quoi, eh bien, ça déclenche des vapeurs d'eau plus importantes, il pleut, il ne pleut pas, et ainsi de suite, et puis en principe, depuis des millénaires, c'est à peu près pareil partout, par intervalles réguliers, ça suit les saisons, ça suit la période où c'est plus froid, plus chaud, etc. Alors, ça, bon, c'est en train de terminer, le tapis roulant s'est mis à ralentir, et donc, on ne sait plus très bien où est-ce qu'il va faire beaucoup d'eau, où est-ce qu'il y en aura moins, où est-ce qu'il y aura la sécheresse, etc.
Mais au pôle, la situation aussi, il se dégrade. Elle se dégrade de trois manières. Physiquement, moins de glace, donc extermination de la biodiversité qui vit dans la glace, bon, maintenant que tout le monde a vu que ce n'était pas la fête des ours et des phoques, en ce moment, aggravation de quelques-uns des problèmes qu'on y rencontre, comme la présence du plastique dans la flotte absorbée par les poissons, eux-mêmes mangés par les pauvres bêtes, et ainsi de suite, donc, cette dégradation de la biodiversité, mais il y a un autre aspect qui est géopolitique, c'est-à-dire que comme la flotte fond, comme la glace fond, eh bien, on peut passer.
Et figurez-vous, ce n'est pas un petit détail, c'est que si on peut passer par le nord, on n'a plus besoin de passer par le sud, comme la terre est ronde, hein, bon. Et si on ne passe plus par le sud, c'est-à-dire par le canal de Suez, vous aurez au moins deux conséquences. La première, c'est pour le canal de Suez, pour ceux qui sont là et qui ont des recettes sur le canal, notamment l'Égypte, qui n'est pas un petit pays, un grand pays, 80 millions d'habitants, et ce n'est pas un pays spécialement calme pour l'instant, et dans une zone qui elle-même non plus n'est pas calme. ils ne passeront plus par le sud, et ça fera des recettes de moins.
Mais ce n'est même pas ça le plus grave, si j'ose dire. C'est que s'ils passent de l'autre côté, et il y a toutes les raisons de passer de l'autre côté, c'est-à-dire par le nord, par exemple pour le Japon, eh bien, ils gagnent 8000 kilomètres. Pas rien. Donc c'est plusieurs jours de navigation. Donc ça représente une économie sur le transport qui est considérable. Donc vous comprenez déjà une chose, c'est que ceux qui voient passer les bateaux, ils vont prendre les royalties, et il y a intérêt de savoir à qui appartient le guichet en quelque sorte. Je caricature un peu, mais sinon c'est sinistre à raconter.
Et donc il y a là-bas une compétition, à la fois pour qui est-ce qui contrôle les passages, et puis qui est-ce qui contrôle ce qu'il y a en dessous, c'est-à-dire dans le sol. Et le sol, il est méga riche. Si vous prenez la partie qui est en dessous, sous la mer, vous avez là l'équivalent de ce qu'est tout le sud du Moyen-Orient, hein, donc l'Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats, etc. À cet endroit-là, la même chose. Gaz et pétrole, en quantité considérable. Donc tout le monde est à cran. Évidemment, les gringos sont réveillés comme d'habitude pour dire, ah ben c'est à nous. Pas de pot, il y avait déjà des gens.
Et ces gens, c'est les Russes, qui ne sont pas non plus d'un naturel particulièrement sympa quand il s'agit de leur prendre ce qu'ils considèrent à eux. Et eux, ils sont là depuis un moment. Ils ont une base, ils ont des installations militaires, et ils disent aux Nord-Américains, il va falloir vous calmer, parce que les survols de bombardiers nucléaires, les bons, bref, vous avez compris, ils disent ça suffit. Alors tout le monde est en train de montrer les muscles. Mais vous savez comme moi, que dans l'ordre international, bon, montrer les muscles, on comprend, mais pas trop, hein, parce que ça a vite fait déraper une situation.
Et là, il y a des sujets d'inquiétude dans cette confrontation. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a eu une conférence de l'Arctique. Nous, les Français, pour une raison que je désapprouve, nous ne sommes pas dits possessionnés, nous sommes membres, observateurs, et on joue un certain rôle, puisque c'est à nous qu'il a été demandé d'organiser, nous Français, le prochain sommet de l'Arctique qui aura lieu en 2023. Bon, donc, on est content, et on voudrait, les gens que nous avons là ont déjà décidé de réunir tous les ministres considérés.
Mais il va bien falloir qu'on discute, de savoir comment les uns et les autres, on peut participer à la vie, à la surveillance, à l'exploitation scientifique du pôle. Et ça, nous, les Français, comme au pôle Sud, on est possessionnés, c'est-à-dire qu'il y a un espace qui est français, bon, nous connaissons, nous savons l'importance des pôles, et puis l'importance pour nous d'avoir des bases scientifiques.
Alors là, on est beaucoup moins content, parce que ça ne se passe pas bien, je trouve, je trouve qu'il n'y a pas assez de moyens d'engager, alors qu'on a les scientifiques du milieu polaire parmi les plus cotés du monde, parce que ça fait un moment qu'on passe là-dessus, ça fait un moment qu'on sait le faire. Alors, évidemment, il faut travailler dans la joie et la bonne humeur, et la coopération internationale, pas aller fourrer le droit dans les histoires militaires qu'il peut y avoir là, mais quand même, il faut être totalement partie prenante de toutes les discussions qu'il y a là.
On ne peut pas simplement regarder, puis de temps en temps, donner comme ça un avis, non, il faut s'en mêler, il faut faire des propositions, il faut aider les bonnes idées à avancer, aider les grandes puissances qui peuvent avoir un intérêt à s'impliquer dans cette histoire, à être présents. Bon, je sais que la Chine voudrait être une nation polaire, bon, quelle raison on aurait de lui dire non, qu'ils n'habitent pas au pôle, mais ils ne sont pas les seuls, bon, nous non plus, on n'habite pas au pôle, pourtant on y est.
Donc, c'est dire qu'on a intérêt à ce que les pôles deviennent une cause commune de l'humanité, comme ça a été le cas pour le pôle Sud, où on a fini par imposer un règlement international qui interdit l'utilisation des réserves minières, et c'est Michel Rocard qui avait joué un rôle formidable dans cette histoire-là, et bon, paix à ses cendres, mais sa mémoire mérite qu'on rappelle ce qu'il a fait là.
Alors, on était content qu'il y ait ce sommet arctique qui se tienne, j'ai dit ça débouche sur une proposition qui est faite aux Français, d'organiser la suite, et puis ils ont adopté un plan stratégique pour les dix prochaines années, et moi je trouve ça très bien, je trouve que c'est un début encourageant, alors nous Français, il faut qu'on se cramponne à ça pour amener l'affaire un peu plus loin, et commencer à constituer sur la planète, des espaces qui sont des espaces de biens communs, de causes communes à l'humanité. On a ça au Pôle Sud, on peut l'avoir là, il y a des discussions qui pourraient avoir lieu pour protéger certains grands biens communs.
Alors, ce n'est pas facile, je sais bien, parce que le pays qui a le bien commun, il dit vous êtes marrant, vous découvrez que c'est un bien commun, mais non, ce n'est pas un bien commun, c'est un bien à nous, ce n'est pas pareil, et tous les pays, par exemple, limitrophes ou parties prenantes de la forêt amazonienne, c'est un peu difficile de leur dire, écoutez, finalement, c'est un bien commun, parce qu'ils disent, ben pas du tout, c'est dans nos frontières. Alors, il faut arriver à définir un cadre de travail qui fait que un bien commun de l'humanité engage l'intérêt général de l'humanité, mais évidemment, sa gestion revient à l'État-nation qui contient ce bien commun.
Mais il y aura intérêt à se bouger et à faire quelque chose, parce qu'aujourd'hui, à l'heure à laquelle on parle, l'Amazonie, on peut dire, ah, c'est loin, non, non, c'est pas loin, l'Amazonie, c'est en France, parce que la Guyane française, elle est en Amazonie. Donc, nous sommes un pays directement concerné par le sort de l'Amazonie. Eh bien, l'Amazonie, aujourd'hui, elle recrache plus de gaz à effet de serre qu'elle en absorbe. Ça, c'est complètement nouveau, je ne sais pas si vous avez fait attention à ça ou si vous avez entendu l'info, mais moi, je vous la donne. Et puis, ce n'est pas la seule qui est de cette nature-là.
Est-ce que vous savez que l'angle, l'axe de la Terre, il a bougé 17 fois plus vite au cours des 50 dernières années que pendant des millénaires auparavant ? On peut dire, oui, ben, l'axe, d'accord, on va se désaxer. Non, non, l'axe 23 degrés 5, il est fondamental pour l'exposition de chacune des parties de la planète au Soleil suivant les périodes. Hein ?
La Terre tourne autour du Soleil et comme elle tourne avec un axe, elle est penchée, si on peut dire, de 23 degrés, Nord-Sud, hein, eh bien, ça veut dire que l'exposition au Soleil n'est pas la même suivant que vous êtes dans l'hémisphère Nord, dans l'hémisphère Sud ou même suivant l'endroit où vous êtes dans l'hémisphère Nord et dans l'hémisphère Sud. C'est un savoir qui est assez connu puisque même les périodes précédant l'ère commune, on connaissait tout ça et qu'il y a eu beaucoup de calculs de faits par aussi bien les populations d'Europe que des Amériques qui, pour certaines, ont découvert pile-poil l'inclinaison de la Terre.
Donc c'est vous dire que, eux, s'ils faisaient ça, c'était pas seulement pour le goût de la science, hein, parce que l'idée n'existait pas de la science, ça les intéressait parce que ça avait un rôle décisif sur la période à laquelle on plante, on sème, on récolte, enfin, bref, vous connaissez toutes ces étapes de la vie agricole. Donc c'est pas des sujets de rigolade, c'est des sujets qui ont à voir avec la capacité qu'on a d'alimenter la population terrienne. Bon, ça a un aspect immédiatement concret.
Voilà, donc je voulais vous parler de tout ça pour vous dire que, comme cette conférence, elle aura lieu en 2023, la nouvelle conférence, qui a un plan stratégique pour 10 ans, ben, en 2023, ça se trouve, c'est nous qui dirigeons le pays. Donc ça sera à nous de nous occuper de cette question et j'en suis bien content parce que je m'arrangerai aussi pour qu'on traite d'une autre question sur laquelle je vais finir parce que je vais aller plus vite, c'est celle des câbles. Je me suis pas trop planté dans les choses que j'écris, hein. Pour ceux qui ont lu L'ère du peuple, vous savez que j'ai parlé à la fois des pôles, j'ai parlé de la montée des eaux.
À l'époque, j'avais un peu la truque de passer pour un fou. Donc je disais, l'eau monte, alors, puis les copains me disaient, oh, ben, tu vas pas nous faire une histoire pour quelques millimètres. Ben, si, maintenant, c'est plus de quelques millimètres dont il est question, mais de plusieurs mètres. Mais, après, vous vous rappelez que j'ai beaucoup milité pour qu'il y ait du droit international sur les grands fonds. Et je vous ai raconté comment j'étais contre la militarisation du fond de la mer et de l'espace. Alors là, pour le coup, il y en a plein qui regardaient ailleurs en disant, bon, oui, d'accord, enfin, bon, quelle importance ?
Ben, je vais vous le dire, moi, quelle importance, puisque vous n'arrivez pas à le comprendre. 95% des communications Internet, vous voyez, de tout ce qui circule, des données de toutes sortes, entre, par exemple, le continent américain et la vieille Europe. Ok ? Donc, c'est pas rien, c'est les deux ensembles économiques majeurs du monde. 95% passent par où ? Par des câbles. Où sont les câbles ? Dans la flotte. Et ces câbles dans l'eau, ils posent toutes sortes de problèmes. C'est qu'on commence à se dire, ah oui, mais si quelqu'un coupe le câble, qu'est-ce qui se passe ? Eh ben, je vais vous dire ce qui se passe.
Vous pouvez dire au revoir à votre Internet parce que vous ne recevrez rien du tout. Donc, vous voyez que c'est un enjeu militaire, de souveraineté. Donc, tout le monde est descendu avec ses sous-marins pour aller voir les câbles et les surveiller. Est-ce qu'il y a des mines ? Est-ce que ceci ? Est-ce qu'il y a ceux-là ? On voit passer des sous-marins russes. Alors, on se dit, tiens, qu'est-ce qu'ils foutent là ? Qu'est-ce qu'ils ont mis dans le coin ? Alors, ah bon, on ne peut pas savoir, c'est trop profond. Ah ben, si on sait, mais on ne vous le dira pas. Enfin, vous imaginez. Donc, déjà, premier problème, la sûreté des câbles.
Deuxième problème, est-ce qu'on est toujours capable, nous, Français, de poser des câbles ? Parce que la dernière société qu'on avait, elle était dans Nokia. Bon, ça a été vendu à Nokia. C'est Alcatel, lui, ça a été très important de pouvoir mettre des câbles et de savoir le faire et pas de demander, s'il vous plaît, vous pouvez bien me poser un câble parce que le mien, il est cassé. Des incidents sur les câbles, il y en a toute l'année. Toute l'année, on répare. Mais vous vous rendez compte qu'on balance des câbles dans la mer, mais c'est comme si là, tout d'un coup, vous voyez un câble se poser dans votre coin, là où vous êtes, parce que personne ne sait au juste où ça tombe.
On le déroule, on le déroule et puis tout d'un coup, ben, toc, ça y est, il est au fond. Ça ne bouge plus. Alors, donc, on continue, on ne va plus loin. Donc, cette situation fait qu'il y a beaucoup de moyens qui sont appelés à un. Est-ce qu'on sait en poser d'autres si jamais ça va mal ? Deuxiots, comment on l'essuie ? Tertiaux, s'il y en a un qui casse, comment on répare ? Que c'est qu'il répare ? Les sous-marins dont on dispose, il n'y en a pas beaucoup. La limite, c'est 2000 mètres. Ben, ce n'est pas assez. Il faut plonger plus profond, travailler plus profond avec des robots.
Nous autres Français, on a fait les premiers robots qui permettaient de sortir sous la mer à partir d'un sous-marin. Le sous-marin, il est à Marseille. C'est Cousteau qui l'avait fait. Bon, donc, question de la flotte sous-marine, question de la protection des câbles, question à partir de là aussi que si on ne veut pas qu'on nous coupe les câbles, des fois, ça aide de couper ceux des autres pour les faire réfléchir. Je blague, hein, mais c'est pour que vous compreniez que les questions militaires, ce n'est pas toujours des questions sympas. Ce n'est pas une cour de récréation, hein.
Bon, donc, il y a un enjeu sur les câbles et en ce moment, cet enjeu, il paraît d'autant plus fort que, c'est là-dessus que je vais terminer, figurez-vous qu'il se passe un truc qui n'est pas marrant pour nous Français. C'est qu'on s'est aperçu que dans un câble, il circule de l'info, d'accord ? Et suivant l'endroit où passe le câble, les variations de température de la flotte qu'il y a autour modifient la rapidité avec laquelle ces flux ont lieu. Vous suivez ? Bon, j'espère. Enfin, vous avez compris l'idée, hein. Alors, donc, si cette température modifie, qu'est-ce qui peut la modifier ? Ben, les courants, d'accord, on a compris. Mais des fois, des mouvements.
S'il y a du mouvement dans le coin, ça va modifier l'état du liquide et donc ça va se noter dans le câble. Et alors, à votre avis, quelles conséquences ? Ça veut dire que ce qui passe par là, on le sait. Qu'est-ce qui pourrait passer par là ? Les baleines, les poissons, d'accord. Oui, puis quoi ? Puis des sous-marins nucléaires. Et les sous-marins nucléaires, les nôtres. Parce que nous, Français, la dissuasion nucléaire, elle repose sur les sous-marins. Et si on est capable de dire où sont nos sous-marins, ben, c'est comme si on n'avait rien. Parce que si on sait où ils sont, on peut les détruire. Et ça sert à quoi ?
De rester trois mois immergés sans bouger, sans faire de bruit, ou en tout cas le moins possible, à se déplacer dans les très grandes profondeurs de l'océan, si c'est pour se faire reparer par ces foutus câbles qu'on a mis nous-mêmes. Donc, il y a un enjeu. Parce que si on y arrive, si il est prouvé qu'on peut détecter par les câbles les mouvements qui ont lieu dans la mer de la taille d'un sous-marin, eh bien, nous sommes obligés de reconsidérer tout notre système de défense qui repose sur les câbles qui passent sous la mer. Voilà, je voulais quand même vous le dire pour que vous compreniez certains des aspects qui vont être évoqués ensuite dans la revue numéro 4 qui va bientôt...
Là, on a fait sortir la revue numéro 3 sur l'aspect social du programme. La numéro 4, ça sera sur les questions internationales et sur les questions de défense et de bien commun. Je vous dis toutes ces questions parce que vous autres Français, vous ne pouvez pas dire « bon, on verra bien ». Non, parce que vous êtes directement concernés. Deuxième territoire maritime du monde, nous sommes donc les voisins des grands fonds où passent tous ces câbles. Et puis certains passent sur notre territoire. C'est normal, c'est nous qui les avons mis. Alors donc, on sait qu'ils sont là.
Donc, sur tous ces points de grandes questions qui touchent la planète entière, les Français sont impliqués et sont en première ligne. Donc, on peut faire des choses. On peut faire des propositions. On a le devoir de le faire. Et c'est très excitant, non ? De savoir qu'on peut peser sur la vie du monde et y faire des propositions. Alors, il est évident que la puissance dans ce domaine, ce n'est pas juste la puissance matérielle, la capacité à accumuler du pognon et à rendre les gens malheureux. La compétition néolibérale. La puissance, c'est être capable de faire des propositions qui intéressent le monde, qui rallient un maximum de gens, qui disent « tiens, on est d'accord avec les Français.
Est-ce qu'on peut faire ? » Regardez comment Cuba, qui est un tout petit pays, parce qu'il a fait le choix de développer sa puissance scientifique avec des médecins, bon, ben, d'abord produit 5 vaccins et puis il peut se mettre à la disposition du monde et il y a plein de pays, y compris de villes, y compris en France, qui ont demandé à Cuba des vaccins. Ah, vous ne le savez pas, je vous l'apprends. Mais Cuba a dit « non, on ne vous en donnera pas » parce que si on doit en donner, on les donnera d'abord aux pays pauvres. Et c'est vous dire que la puissance d'une nation, c'est souvent d'abord sa puissance morale et culturelle et le reste vient après.
Et dans ma conception du monde, oui, ce n'est pas que le reste vienne après, peu m'importe qu'il vienne avant ou après. Ce qui m'importe, c'est qu'on ait la puissance morale et la puissance culturelle. Ça, oui, ça m'importe. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Allez, à la semaine prochaine. Sous-titrage ST' 501