Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationRMC — Face à Face (sur Podcast)· 28 mai 2020 46 minComplaisantActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesTravail & emploiTransports

Bourdin Direct du 28 mai - 8h/9h

Au micro : Jean-Jacques BourdinSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 9 %Défensif 29 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Paul Barcelone, est-ce que la limite des 100 kilomètres va évoluer ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Annulation probable de l'oral du bac de français ?

  • 10:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'épidémie est derrière nous ? Est-elle contrôlée ?

  • 10:56OuverteRéponse directe

    L'immunité croisée, c'est quoi ?

  • 14:07OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'immunité croisée pourrait expliquer que les enfants sont moins sensibles ?

  • 14:35OuverteRéponse directe

    Immunité croisée : une immunité qui durerait combien de temps ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:27InvitéChiffre
    « L'autorisation des déplacements pourrait aller jusqu'à 300 kilomètres autour de son domicile dès mardi prochain. »
  • 4:08InvitéChiffre
    « Plus de 3000 laboratoires et CHU proposent des tests virologiques. »
  • 5:45InvitéChiffre
    « Air France annonce la réduction de 40% de sa capacité sur ses vols en France d'ici à 2021. »
  • 21:44InvitéChiffre
    « À partir de lundi prochain, l'État ne prend plus en charge que 85% du chômage partiel. »
  • 24:38InvitéChiffre
    « Air France KLM veut réduire de 40% son offre sur les vols nationaux d'ici à 2021. »
  • 27:34PrésentateurChiffre
    « Chaque heure, deux Français sont encore transportés en réanimation pour Covid-19. »
  • 42:14InvitéFait
    « Les moyens, c'est arrêter de diminuer le nombre de lits d'hôpital. »
  • 42:18InvitéChiffre
    « On a bien vu, on a été obligé d'augmenter nos capacités dans certains endroits à 300% pour faire face. »
  • 42:29InvitéFait
    « Il faut qu'on ait les moyens humains, il faut qu'on ait les moyens matériels. »
  • 42:31InvitéFait
    « Il faut embaucher. »
  • 42:46InvitéFait
    « Il faut favoriser la recherche. »
  • 42:53InvitéFait
    « Il y a eu les masques, il y a eu le problème d'accès au traitement. »
  • 43:01InvitéFait
    « La recherche part beaucoup à l'étranger. »
  • 43:41InvitéFait
    « L'énorme problème que l'on a actuellement à l'hôpital, c'est que l'on n'arrive pas à recruter à l'hôpital public le personnel non médical. »
  • 43:51InvitéFait
    « Le système de rémunération du personnel non médical à l'hôpital public est bien moins attractif que dans l'hôpital privé. »
  • 44:03InvitéFait
    « 300 euros de plus, c'est même faible. »
  • 44:06InvitéFait
    « Vu les salaires actuels, une infirmière qui débute... Ça peut être plus, oui. »
  • 44:43InvitéFait
    « Le personnel et le médical se sont confondus pendant ces huit semaines de crise intense. »
  • 44:50InvitéFait
    « Une aventure humaine exceptionnelle. »
  • 44:58InvitéFait
    « Un changement radical de métier. »

Temps de parole

  • Présentateur38 %
  • Invité34 %
  • Invité 28 %
  • Invité 38 %
  • Invité 46 %
  • Invité 52 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, jeudi 28 mai. L'info sur RMC, il est 8h02. Merci d'être avec nous. Céline Kalman est là pour les dernières informations. Céline, bonjour.

0:13
Invité

Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Pourra-t-on faire ce qui nous plaît dans quelques jours ? Fini les 100 kilomètres, réouverture des bars et restaurants, plus d'élèves accueillis dans les écoles. Edouard Philippe annoncera à 17h la phase 2 du déconfinement. Paul Barcelone nous dira que certaines zones vont rester rouges. Nous aurons aussi aujourd'hui un nouvel indicateur pour savoir si et comment circule le virus. Santé publique France centralise tous les tests virologiques menés dans notre pays. Et puis un moment de grâce à la fin de ce journal où un concert a été donné hier à la Philharmonie de Paris. Pas de public mais beaucoup d'émotions. Bonjour à tous et bienvenue sur RMC.

Pour quand ? La liberté de mouvement à 17h. Edouard Philippe va préciser la nouvelle phase du déconfinement. Les derniers arbitrages sont toujours en cours. On verra cela en détail dans un instant avec Paul Barcelone. Mais d'abord, direction Lyon et ses petits bouchons. Les restaurateurs devraient rouvrir dans les zones vertes. Restent maintenant à connaître les consignes du gouvernement. Reportage pour RMC de Florence Donjon. Dernier coup de peinture pour Yves Cardone, gérant de ce bouchon lyonnais depuis 26 ans. Après plus de deux mois de fermeture, il n'espère qu'une chose, rouvrir son établissement.

1:20
Présentateur

Nous attendons avec impatience justement les ordres et les demandes de l'État. Et on n'aura plus que 5 jours pour les mettre en place. Nous avons d'ores et déjà prévu de distancer les tables de plus en plus.

1:30
Invité

En clair, 32 couverts au lieu de 67 habituellement. Un manque à gagner pour ce restaurateur qui emploie 3 personnes à temps plein. Il mise donc sur ses 25 couverts en extérieur. D'autant que l'emplacement est offert par la municipalité cette année.

1:42
Présentateur

On va compter sur notre terrasse et du beau temps pour pouvoir améliorer nos conditions de travail.

1:48
Invité

Même espoir pour Didier Chastan, la tête du faisant doré à Villefranche-sur-Saône, mais tenté d'inquiétude, notamment pour ses 11 employés. 33 couverts au lieu de 60, ça veut dire qu'il va falloir laisser des gens en chômage partiel, ce qui n'est pas évident. Mais l'envie de redémarrer est bien là pour Ludivine Guénaud, responsable de salle. On a vraiment très très hâte de pouvoir rouvrir et de pouvoir refaire le lien avec notre clientèle. Une clientèle fidèle et avide de convivialité, le restaurant compte déjà une dizaine de réservations pour le premier week-end de juin.

Autre question à laquelle le Premier ministre devrait répondre cet après-midi, c'est la limite des 100 kilomètres imposés depuis deux semaines et demie maintenant. Paul Barcelone du service politique d'RMC est avec nous. Paul, est-ce que cette mesure va évoluer ? Oui, augmentation significative, promet le gouvernement. L'autorisation des déplacements pourrait aller jusqu'à 300 kilomètres autour de son domicile dès mardi prochain. C'est l'une des pistes envisagées hier lors d'un dîner à l'Elysée, mais rien n'est tranché. L'exécutif veut faire du cas par cas, regarder département par département.

Et même si le virus circule de moins en moins, la carte de France du déconfinement devrait donc rester en partie en rouge aujourd'hui. Notamment pour certaines zones en Ile-de-France. Cela ne devrait pas empêcher la réouverture de tous les parcs et jardins, peut-être avec des masques obligatoires. Et la reprise des spectacles, potentiellement dès le mois de juin, avant la réouverture des cinémas pour début juillet. Autre interrogation, celle de l'ouverture des lycées. Avec en priorité l'ouverture des lycées professionnels. Le ministre de l'Éducation nationale planche aussi sur la réouverture des collèges dans les zones rouges.

Vous savez que les collèges en zone verte ont ouvert pour les élèves de 6e et 5e depuis 10 jours. En revanche, selon nos informations, le gouvernement envisage d'annuler l'oral du bac de français. C'est une piste. Prudence. Là encore, rien n'est acté définitivement. Réponse tout à l'heure à 17h.

3:38
Présentateur

C'est une info importante que donne Paul. Annulation probable, hein Paul ? Très intéressant. Il y a une inquiétude et une interrogation.

3:51
Invité

Les députés et sénateurs ont donné leur feu vert hier soir au lancement de l'application StopCovid. L'application devrait être disponible ce week-end. Si vous avez des symptômes du coronavirus ou que vous avez été en contact avec un malade, vous pouvez, vous le savez peut-être, gratuitement et rapidement vous faire dépister. Plus de 3000 laboratoires et CHU proposent des tests virologiques. Le taux de tests positifs doit d'ailleurs être dévoilé aujourd'hui par Santé publique France. Hier à Saint-Denis, plusieurs heures d'attente pour faire ces tests, comme l'ont constaté pour RMC, Marie Meunier et Maxime Brandstatter.

Sous un soleil de plomb, sur une place proche de la mairie, la file d'attente est interminable. 25 à 30 personnes sont testées toutes les heures. Je peux passer, là ? C'est bientôt au tour d'Église, 68 ans.

4:32
Présentateur

Ça fait 4 heures que j'attends pour faire le test du Covid. Derrière lui, Atouma est plus inquiète, même si elle a respecté à la lettre les mesures de sécurité sanitaire.

4:42
Invité

En fait, c'est surtout pour me rassurer. Sous un chapiteau, il y a Pierre, étudiant en médecine, sur blouse, masque, lunettes de protection. Il effectue les tests PCR.

4:48
Présentateur

On appelle ça un écou-vision. Mais du coup, c'est un grand coton-tige, en fait. Et du coup, on va chercher, on va aller au fond du nez, d'accord ? Pour récupérer un petit peu de ces questions qu'on va analyser derrière. Voilà, c'est le boîtier.

5:01
Invité

Pour Pierre, qui dépiste depuis un mois les populations à risque, cet élargissement au grand public est essentiel.

5:06
Présentateur

Jusqu'à maintenant, on était surtout attribués dans des endroits à risque, que ce soit EHPAD, des maisons médicalisées. C'est depuis peu de temps qu'on nous attribue des missions ouvertes à tous. Ce genre de tests est très important, notamment pour prévenir l'apparition de nouveaux foyers, pour essayer de contrôler une potentielle seconde vague.

5:23
Invité

Dans ce département très touché par l'épidémie, les résultats des tests et la proportion de cas positifs sont très attendus par les autorités. Toujours plus de vélos, le gouvernement triple la mise et porte à 60 millions d'euros. Le fonds créé fin avril pour inciter les Français à la pratique de la bicyclette, annonce de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. Plus de vélos, plus de trains, mais moins d'avions. Air France annonce la réduction de 40% de sa capacité sur ses vols en France d'ici à 2021. Plusieurs destinations pourraient être supprimées. Les lignes qui relient Orly à Bordeaux, Nantes et Lyon pourraient ainsi être concernées.

Des réductions de capacité qui doivent permettre à la compagnie de réduire de 50% les émissions de CO2. Va-t-on vers une ouverture totale des frontières pour les pays voisins de la France ? Les règles sont pour l'instant très strictes. Amélie de Montchalin, secrétaire d'État chargée des affaires européennes, était ce matin sur RMC. Elle souhaite que les restrictions soient levées à partir du 15 juin. L'objectif qu'on s'est fixé, c'est qu'au 15 juin, on puisse regarder la situation et qu'on puisse effectivement à ce moment-là, si la situation sanitaire le permet, rétablir une plus grande fluidité à nos frontières.

6:30
Présentateur

Ça veut dire que cet été, probablement même, on pourra partir en vacances en Espagne et en Italie ?

6:36
Invité

Nous, on aimerait bien. On essaie de donner des dates crédibles. Et donc la date qu'on a tous en tête, c'est le 15 juin. Il faut que ça puisse être confirmé par la situation sanitaire à nouveau. RMC 8h09, la courbe de la pandémie continue de s'accélérer au Brésil. Plus de 25 000 morts, 400 000 cas confirmés. Les États-Unis ont franchi le cap des 100 000 victimes du Covid-19. Un bilan nettement supérieur à tous les autres pays du monde. Dans le pays où des rassemblements se multiplient après la mort de George Floyd, un afro-américain d'une quarantaine d'années. Il est décédé après une arrestation brutale par des policiers dont la vidéo est devenue virale.

Sa famille demande à ce que ces policiers impliqués soient inculpés pour meurtre. Gladys Lafitte. Arrêtez-le et nous rentrerons chez nous, scandent des dizaines de manifestants, comme Ariana, réunie devant la maison de l'un des quatre policiers blancs, impliqués dans la mort de George Floyd, afro-américain de 46 ans. On en a tous marre, être ici c'est normal, on dirait que c'est quasiment tous les jours que ces faits se produisent. Et rester chez soi, poster sur les réseaux sociaux, ça ne va rien changer. Des policiers assassins pour Ariana, qui ne comprend pas qu'ils puissent être en liberté, même s'ils ont été renvoyés.

Honnêtement pour moi, ils devraient être condamnés à la prison à vie ou à la peine de mort. Ils ont pris une vie, qu'ils rendent une vie en retour. A l'autre bout du pays aussi, des centaines de personnes envahissent l'autoroute de Los Angeles en signe de protestation. Deux voitures de police sont même prises à partie. Les manifestants qui, comme les proches de la victime, demandent à ce que justice soit rendue. A retenir également, dans l'actualité, un homme a tué trois personnes de son entreprise sur le site d'exploitation d'une carrière à Saint-Varant dans les Deux-Sèvres. Un quatrième salarié a été blessé. Le tireur a retourné l'arme contre lui.

Il venait d'être déclaré inapte au travail. A présent, écoutez bien ce qui va suivre. Ça ne peut que vous faire du bien. Le premier concert donné hier soir par l'Orchestre de Paris à la Philharmonie. Il a été diffusé en direct sur Arte Concert et sur Internet. Pas de public, mais des émotions fortes pour cette formation très réduite. Rémi Hink. Dès les premières notes, la libération pour les musiciens.

8:40
Présentateur

On avait l'impression de vivre en apnée depuis un petit moment.

8:43
Invité

Et là, on a eu une grande bouffée d'air. Philippe Haïche, premier violon solo de l'Orchestre de Paris, a passé une soirée mémorable.

8:49
Présentateur

Ça a été des frissons. Ça a été une grande joie à l'intérieur. C'était irremplaçable de se retrouver sur une scène. Oui, on a eu le sentiment que c'était reparti. Un début de retour à la normale. Les instruments se répondent. La musique se mélange au point d'avoir presque la sensation de se toucher entre musiciens. Il y a un contact qui est immatériel. Qui, à mon avis, n'est pas vecteur du moindre virus. Sinon l'amour de la musique. Donc, ça marche très très bien. On a besoin de ça. Sans ça, on meurt. Le musicien a maintenant une hâte, celle de retrouver son public. Je pense qu'il y a un vrai besoin de musique, un vrai besoin de retourner au spectacle.

On fait partie de la société, on fait partie d'une économie aussi. Donc, on a besoin de reprendre.

9:33
Invité

Un nouveau concert aura lieu ce soir à la Philharmonie. Toujours pas de public, mais cette liberté retrouvée et cet espoir de jour meilleur. Reportage de Rémi Inc. Ça se passe de commentaires.

9:49
Présentateur

Oui, bon reportage. Il est 8h12. Ça fait du bien. Ça fait du bien. 8h12, merci. Merci d'être avec nous. Allez, tout à l'heure, je recevrai le professeur Karine Lacombe. Tout à l'heure sur RMC et BFM TV. Je vous invite à l'écouter. Elle est chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine. Vous l'avez vu, entendu à très nombreuses reprises depuis le début de la crise sanitaire. Eh bien, nous serons cet après-midi. Vous savez ce que le gouvernement nous réserve pour les jours qui viennent. Je vais lui demander où en est l'épidémie. Est-elle derrière nous ? Est-elle contrôlée ? C'est une course dans la durée. Nous en parlerons avec Karine Lacombe.

Je lui parlerai de l'hydroxychloroquine, évidemment. Je lui parlerai de l'immunité. Et notamment de l'immunité croisée. Mais il y a un homme qui travaille sur l'immunité croisée et qui est avec nous. Il s'agit du professeur Éric Vivier, professeur d'immunologie à l'assistance publique, hôpitaux de Marseille. Professeur Vivier, bonjour.

10:47
Invité

Bonjour.

10:48
Présentateur

Merci d'être avec nous. Ça marche très bien, professeur Vivier, ce matin. Ça va très bien. Je suis très content de vous recevoir et de parler de l'immunité croisée. Alors, je vais expliquer à l'auditeur rapidement. Mais vous, vous savez tellement mieux que moi. L'immunité croisée, c'est quoi ? Pour faire simple, pour faire simple, j'ai, il y a quelques mois, j'ai eu un petit rhume. J'ai un petit virus, un petit coronavirus qui traînait. J'ai eu un petit rhume ou petite grippette à peine, petite grippette. Et il se pourrait que grâce à ce petit rhume ou à cette petite grippette, je sois immunisé contre la Covid-19. C'est cela, professeur ?

11:30
Invité

Oui, tout à fait. Alors, peut-être que c'est important de récapituler des éléments qui sont majeurs dans l'organisation de la réponse immunitaire pour mieux comprendre ce que c'est que cette immunité croisée. Il faut savoir que dans le système immunitaire, on a des milliards de cellules. Certaines de ces cellules s'appellent des lymphocytes et qui sont responsables de notre immunité. En fait, on a deux types de lymphocytes. Comme vous le savez, des lymphocytes B qui vont faire des anticorps et des lymphocytes qui, dans le cas du Covid-19, vont pouvoir tuer des cellules qui sont infectées par les virus.

Eh bien, il se trouve que l'une des beautés du système immunitaire et de notre immunité, c'est que les systèmes de reconnaissance de ces cellules, qui vont leur permettre de reconnaître les virus et les microbes de manière générale, ils préexistent à la rencontre du microbe. En l'occurrence, vous n'avez jamais vu un microbe. Eh bien, vous avez déjà des récepteurs sur vos cellules qui vont vous permettre de rencontrer ce microbe, de reconnaître ce microbe, ce qui est quand même absolument incroyable. Et donc, grâce à ça, vous avez tout un répertoire de reconnaissance qui vous permet de reconnaître tel ou tel microbe.

Alors, dans le cas que vous évoquez, effectivement, les coronavirus, puisqu'on parle d'eux, ce sont des virus avec lesquels on vit depuis très longtemps, ce sont des agents classiques, en particulier des rhumes de l'enfant, mais pas que. Et donc, si on a rencontré un coronavirus, mais même un autre microbe, eh bien, la réponse immunitaire que l'on a montée là, elle peut nous servir pour reconnaître mieux et plus efficacement le coronavirus dont on parle à l'heure actuelle. C'est ça, l'immunité croissante. Et ça intéresse...

13:12
Présentateur

C'est formidable, professeur Vivier, c'est formidable à plusieurs titres. C'est formidable parce que ça pourrait, je dis bien ça pourrait, restons au conditionnel, comme toujours, évidemment, ça pourrait expliquer pourquoi les enfants sont moins sensibles à la Covid-19, par exemple.

13:32
Invité

Alors, c'est une des hypothèses. Encore une fois, je suis bien content que vous mettiez des conditionnels, puisque tout le monde voudrait des affirmations dans le cadre de cette épidémie, alors qu'en réalité, c'est un nouveau virus et qu'il faut prendre extrêmement de précautions avant d'affirmer quelque chose. On est dans une science qui est en mouvement. Les connaissances, on les a tous les jours un petit peu plus, mais pour autant, il faut prendre des précautions. Donc oui, vous avez raison, cette immunité croisée pourrait nous permettre d'expliquer que certains groupes d'individus, pas simplement les enfants, sont plus résistants à l'infection que d'autres.

14:05
Présentateur

Voilà. Et puis, dites-moi, c'est prometteur pour, dans le futur, un vaccin ?

14:13
Invité

Oui, de toute façon, le fait de trouver un vaccin est quelque chose d'extrêmement important. C'est évidemment le seul moyen qu'on pourrait avoir de se prévenir de cette pathologie. C'est tout ce qu'on peut dire là.

14:31
Présentateur

Oui, une autre question, quand même, professeur, qui me vient à l'esprit. Oui, bon, immunité, donc certains d'entre nous seraient peut-être, je dis bien encore une fois, conditionnels, peut-être immunisés, mais une immunité qui durerait combien de temps ? On ne connaît pas la durée de l'immunité.

14:48
Invité

Non, on ne la connaît pas pour ce nouveau virus, parce qu'encore une fois, il s'agit d'un nouvel agent pathogène. Ce qu'on espère, c'est que l'immunité que l'on développe suite à la rencontre avec le virus, elle dure effectivement longtemps. On sait que dans certains cas, par exemple, si vous rencontrez la varicelle quand vous êtes petit, eh bien, vous n'allez plus jamais faire de varicelle de votre vie, sauf une situation exceptionnelle. Et donc, on sait que l'immunité peut avoir une mémoire et donc peut garantir une protection tout au long de la vie. Là, dans le cas de ce coronavirus, on ne sait pas, on espère au moins que l'immunité puisse durer quelques mois.

Mais ce sont des données, encore une fois, qu'on est en train d'accumuler. Donc, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.

15:30
Présentateur

Quel plaisir de vous écouter. Merci beaucoup, professeur Vivier. Mais quel plaisir à un professeur d'immunologie, à l'assistance publique, hôpitaux de Marseille, directeur scientifique de la société Inapharma. Quel plaisir, parce que vous êtes clair. Et on apprend tous les matins quelque chose. J'adore ça. Merci beaucoup. Merci. Il est 8h18. Vous êtes sur RMC et RMC Découverte. Pour savoir et comprendre, vous réagissez comme Eric, par exemple. Vous savez, 3216, c'est notre lien. Vous êtes avec nous, nous sommes avec vous. Eric qui va nous parler de sa situation qui n'est pas facile. Et puis, tout à l'heure, avec Guillaume Paul, nous allons parler du chômage partiel. Avec une idée.

Une idée qui sera peut-être annoncée. Une info importante la semaine prochaine. Annoncée par le gouvernement. Vous allez tout savoir dans 2-3 minutes. C'est cela, hein, Mathieu ? C'est exactement ça. Vous avez beaucoup de messages, beaucoup. Oui, je vais vous en lire sur les frais bancaires. Tiens, dont nous parlait Marie Dupin. Un plafonnement des frais bancaires. Il est 8h18. RMC. Ce sont des sénateurs, plusieurs parlementaires qui proposent un plafonnement des frais bancaires, des agios, par exemple. Bounty nous écrit, c'est une très bonne idée parce que beaucoup de personnes en difficulté sont souvent les seules à subir ces frais des banques.

que ça va leur permettre de se refaire une santé, selon Bounty. Mathieu nous dit, je trouve que les banques devraient carrément supprimer les agios. C'est lamentable qu'elles se fassent de l'argent toujours sur les plus modestes. Valentin nous dit, c'est vrai que quand tu reçois le courrier en fin d'année et que tu vois écrit 1 600 euros de frais, tu rigoles jaune, tu changes vite de banque. Surtout que maintenant, il y a des banques avec 1 euro pour les frais de compte. Jean-Xavier nous dit, rien de plus rentable pour les banques qu'un client sans le sou. Moins il en a, plus on t'en prend. Pour Catherine, il faut faire un rappel, les frais ont été plafonnés.

25 euros pour les plus fragiles en réponse aux gilets jaunes. Ça a marché quelques mois, dit Catherine, et puis ça a été vite abandonné, malgré de nombreux courriers de justificatifs jamais remis en place. Alexandre lui est conseiller bancaire et dit, c'est pas mal aussi de faire du cas par cas, d'avoir un bon rapport avec son conseiller bancaire, selon le dossier du client.

17:32
Invité

RNP, 6h-9h, bon indirect.

17:35
Présentateur

Avec, il est quelle heure ? Il est 8h23 avec, avant de donner la parole à Guillaume Paul, l'emploi, parce que Guillaume Paul va nous parler de l'emploi. Mais, je me tourne vers Quentin Vinet, les Français sont très nombreux à craindre pour leur emploi. 9 Français sur 10 se désinquiètent par la situation économique du pays, au point d'en perdre son travail. C'est effectivement la crainte pour 4 Français sur 10, 39% exactement, selon le dernier sondage Elab pour BFMTV. Les plus touchés, les jeunes, ils sont 1 sur 6 à être privés d'emploi en raison de la pandémie, selon l'Organisation Internationale du Travail. Eric s'inquiète, Eric Etanis. Bonjour Eric. Bonjour Jean-Jacques.

Eric, dites-moi, dites-moi, quelle est votre inquiétude Eric ? Voilà Jean-Jacques, je suis Taxi Missoua, et je veux aujourd'hui témoigner, au lendemain de l'élocution de notre président, les 55 000 taxis de France ont répondu présents. Présents, le lendemain, transport gratuit du personnel hospitalier, bénévolat auprès de nos anciens. Aujourd'hui, c'est un cri d'alarme de la profession que je suis en train de pousser. J'appelle, moi, aujourd'hui, Taxi Missoua, mais ça pourrait très bien être un taxi de Lyon ou de Marseille. Aujourd'hui, le terminal 1 de l'aéroport de Nice est fermé, jusqu'en décembre.

18:56
Invité

Aujourd'hui, le terminal 2 ne reçoit que 5 vols par jour. Les prévisions pour le mois de juin sont de 15 vols par jour. Mais c'est pareil à Marseille. Les bateaux de croisière ne viennent pas. Aujourd'hui, c'est une crainte pour les locataires, Taxi, qui ne peuvent plus payer leur loyer, pour les propriétaires qui ont des crédits sur leur licence. Nous n'en avons eu que très peu d'aides. Quand je dis très peu, nous n'en avons eu que le fonds de solidarité de 1 500 euros. Nous avons eu un report de charge. Ce qui veut dire, pour moi, je parle pour moi, quand vous avez un exemple, je paye 1 500 euros d'Ursaf par mois.

Ce qui veut dire que, dans mon report, au 4 juin, je dois payer 750 euros de plus de 1 500. Nous avons eu, concernant les autos que nous avons, c'est-à-dire nos centres de commerce, c'est notre voiture, concernant les taxis qui ont les crédits dans les concessions, c'est-à-dire, maintenant, chez Marseille ou chez Renault, nous n'avons eu que des échelonnements de paiement.

19:59
Présentateur

Ce qui veut dire qu'au 4 juin, je dois payer 750 euros de crédit de mon véhicule,

20:07
Invité

plus encore 750 euros du mois de mars qu'on m'a retiré. En plus, 90 euros de frais, vous parliez de frais bancaires, 90 euros de frais par mois supplémentaires. Nous avons juste un petit point. Vite, vite, Eric, parce que le temps reste. Nous avons été exclus par le gouvernement de toute aide au tourisme. C'est-à-dire que les charistes, eux, ont eu un effacement des charges sociales. Bourdin, c'est d'être notre voix. Vous savez que tous les taxis de France vous écoutent.

20:39
Présentateur

Eric, je vais être votre voix. Je vous le promets, je m'engage à cela. Je vais être votre voix, comme je l'ai été pour les assureurs. Pas contre les assureurs, mais pour pousser les assureurs à intervenir et à faire plus d'efforts. Je vais être votre voix et vous ne serez pas oubliés. Je ne veux pas vous dire, je vous le garantis, mais je vais tout faire pour que, effectivement, parce que quand je vous écoute, j'en ai froid dans le dos. Je vous le dis, je pense que le 15 juin, les touristes européens vont pouvoir venir en France, ce qui sera pour vous un peu d'oxygène. Je l'espère. Moi aussi, je l'espère. Mais j'en suis sûr si la situation sanitaire s'améliore.

Bon, Eric, je vous promets, je vais vous reprendre. Tiens, demain, je vais vous reprendre et on complétera. D'accord ? Merci. A demain. A demain, et même qu'à la même heure. 8h27, Guillaume Paul, le chômage partiel. Tiens, on sait que les règles vont changer à partir de lundi prochain, 1er juin. Mais le gouvernement, vous avez une info, réfléchit déjà à l'étape d'après. Oui, alors, à partir de lundi prochain, l'État ne prend plus en charge que 85% du chômage partiel. Mais après, il y a une équation pour le gouvernement. D'un côté, on sait qu'on ne pourra pas maintenir le chômage partiel pendant des années et des années.

Mais on sait que si on arrête tout du jour au lendemain, vous avez des activités des secteurs, l'auto, l'aéronautique, d'autres secteurs. Si vous arrêtez du jour au lendemain, c'est une catastrophe sur le plan social. Donc, il faut trouver quelque chose d'intermédiaire. Et là, le gouvernement est en train de réfléchir à un dispositif un petit peu hybride qui consisterait à dire à toutes ces entreprises, écoutez, vous avez des salariés dont vous savez que vous n'allez les faire travailler que quelques heures ou quelques jours par semaine pendant encore au minimum plusieurs mois. Eh bien, ne les licenciez pas, ce n'est pas grave. Payez-leur les heures qu'ils font.

L'État paiera toutes les heures qui ne sont pas effectuées. L'État paiera toutes les heures qui ne sont pas effectuées. Et alors, il y a quand même quelques conditions. L'État dit en revanche, en retour, vous ne licenciez pas. C'est normal. Évidemment, mais toutes les heures qui ne sont pas travaillées, elles ne doivent pas être perdues. C'est-à-dire que là, vous devez prendre l'engagement de faire le maximum sur la formation de vos salariés pour les former aux évolutions de leur métier, pour être sûr qu'ils seront le plus réemployables. Faire de la formation et de la reconversion. Vous savez, c'est le seul dont on a parlé avant-hier dans le secteur auto-ambulé.

Tous ces sous-traitants en région qui sont restés au diesel, pardon de le dire comme ça, qui doivent accélérer sur l'hybride, voire la voiture électrique, c'est là-dessus aussi qu'on va les attendre très clairement. Donc ça, le ministère du Travail pourra en dire un peu plus là-dessus la semaine prochaine. C'est très intéressant. Donc 40% prise en charge à peu près. Là, ça doit être réglé. On va jauger. Autour de 40% de prise en charge du salaire par l'État. Ce qui est énorme quand même. Ce qui est énorme. Et l'ORES par l'entreprise, évidemment. L'entreprise aidée. Mais vous évitez les licenciements. Mais on interdit le licenciement. Absolument.

Ça, ça me paraît une excellente, excellente idée. On aura l'occasion d'y revenir. On n'en saura plus la semaine prochaine. A priori, il se fait travailler de vous rendre un peu plus. Eh bien, merci Guillaume-Paul pour cette info, vraiment. Dans un instant, merci à toute l'équipe, encore une fois, réunie ce matin. Mathieu Roux à 4h30. Et Quentin Vinet qui m'accompagne. Charles Magnin, Anaïs Castagna. Et toute l'équipe qui est là pour vous servir. Pour vous apporter cette information. 3216, notre lien. Vous êtes avec nous. Nous sommes avec vous. Et dans un instant, je suis avec le professeur Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Ça va être passionnant, croyez-moi. Nous allons faire le point sur l'épidémie. A tout de suite. Anne-Sophie Balbière est là pour les dernières informations. Anne-Sophie, bonjour.

24:09
Invité

Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Sous forte pression pour desserrer les taux, Edouard Philippe présente l'acte 2 du déconfinement à 17h. L'exécutif envisage la réouverture le 2 juin des hôtels, cafés, restaurants en zone verte. En revanche, en zone rouge et donc à Paris, ils ne pourraient rouvrir leurs portes que le 1er juillet. Le gouvernement va porter à 60 millions d'euros le fonds qu'il a créé fin avril pour inciter les Français à la pratique du vélo, annonce ce matin de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.

Et puis, Air France KLM veut réduire de 40% son offre sur les vols nationaux d'ici à 2021, avec la fermeture de plusieurs liaisons, celle où il y a une alternative ferroviaire à moins de 2h30. De son côté, EasyJet annonce une réduction de ses effectifs jusqu'à 30%. Il est 8h31, dans un instant, Karine Lacombe, chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, est l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

25:12
Présentateur

Professeur Karine Lacombe, bonjour.

25:14
Invité

Bonjour.

25:14
Présentateur

Merci d'être avec nous en studio. Nous nous sommes déjà vus à distance, mais maintenant nous sommes ensemble ici. Vous êtes chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Nous saurons cet après-midi, Karine Lacombe, ce que le gouvernement a décidé pour la deuxième phase du déconfinement. À partir du 2 juin, réunion du Conseil scientifique maintenant là.

25:39
Invité

Exactement.

25:40
Présentateur

Ça vient de commencer. Et le Conseil scientifique va donner ses recommandations. Bien. Est-ce que vous recommandez ce matin un déconfinement total ?

25:51
Invité

Probablement pas total. Alors évidemment, je ne vais pas me prononcer à la place du Conseil scientifique et du gouvernement, mais il ne sera probablement pas total. On a quand même des indicateurs qui sont plutôt verts un peu partout en France, même en Ile-de-France, bien meilleurs que ce que l'on a vu il y a quelques semaines. Donc, il est inévitable que le déconfinement va encore être allégé, mais il ne sera pas total. On peut par exemple se poser la question de ce qu'il va être annoncé pour les restaurants, les bars, etc.

26:17
Présentateur

Est-ce que vous êtes favorable à une réouverture des restaurants, des bars, franchement, en zone rouge, dans les fameuses zones rouges ?

26:23
Invité

Oui, dans ce qui persiste encore des zones, alors qu'elles sont beaucoup moins rouges. Maintenant, elles sont plutôt oranges-vertes, je pense. Oui, vous pensez à tout l'est de la France. Voilà, ça va être pour l'instant compliqué. J'espère qu'en tout cas, ce sera le cas peut-être un peu plus tard pour l'été. Ou alors, dans certaines circonstances, avec le grand air, les terrasses, etc. On va voir, on attend avec impatience nous aussi.

26:45
Présentateur

Voilà, vous attendez quoi ? Vous attendez de savoir si l'épidémie est vraiment derrière nous ? C'est ça ? Est-ce qu'elle est derrière nous, l'épidémie ?

26:52
Invité

Ça reste encore un peu compliqué. On voit bien qu'il y a encore des personnes qui sont dépistées, positives. On voit qu'en tout cas, à l'hôpital, les choses se sont extrêmement améliorées. On n'a quasiment plus de personnes qui arrivent avec un diagnostic de Covid.

27:05
Présentateur

Ah bon ? Vous n'en avez pratiquement plus.

27:08
Invité

Pratiquement plus. C'est vraiment une excellente nouvelle. Tous les dépistages qui sont faits positifs sont plutôt des dépistages faits dans les centres de dépistage en ville. Il y en a encore un peu à l'hôpital, mais ce sont souvent des personnes qui ont déjà été dépistées et qui gardent un virus pendant plusieurs semaines pour beaucoup de raisons, en particulier celles qui sont très modéprimées. Mais vraiment, on n'est plus du tout, du tout. On est très loin de la situation qu'on a pu connaître.

27:31
Présentateur

Oui, je regardais les derniers chiffres donnés hier. Chaque heure, deux Français sont encore transportés en réanimation pour Covid-19. Deux Français, chaque heure. Mais c'est extrêmement peu.

27:45
Invité

C'est extrêmement peu. Ce qu'il faut savoir, c'est que ce sont beaucoup, dans la plupart du temps, des personnes qui avaient vraiment des pathologies très lourdes auprès à là. Par exemple, des personnes qui étaient immunodéprimées dans le cas de cancer, qui prenaient des traitements pour ces cancers-là. Et qui donc avaient des... Ce n'est pas du tout ce que l'on a pu voir comme profil de risque en février-mars.

28:08
Présentateur

Alors, professeur Karine Lacombe, depuis le 11 mai, 17 jours se sont passés. 17 jours, c'est bien, ça suffit. Ça suffit pour une durée d'incubation. Exactement. Donc, est-ce qu'on a constaté un rebond depuis 17 jours ?

28:23
Invité

Non, on n'a pas constaté de rebond. Ce qui laisse quand même présager que l'on est dans une dynamique positive de contrôle de l'épidémie. Alors, attention, il y a encore des cas groupés. Vous savez, ces fameux clusters que l'on a la chance de pouvoir maintenant détecter, puisqu'on a de façon très large accès au PCR, ces outils diagnostiques, et qui nous permettent de circoncire ces clusters, de faire en sorte que les personnes dépistées puissent être isolées et éviter que l'épidémie ne se propage dans le reste de la population. Donc, on a un ensemble de clusters que l'on dépiste, que l'on isole, de façon à ce que l'épidémie ne reprenne pas avec la virulence qu'elle avait en mars.

29:04
Présentateur

Alors, les tests, il y en a aujourd'hui beaucoup. Tests de dépistage au niveau national, taux de positivité, je vous le donne, 2,3%. Quelle signification, ce chiffre ?

29:16
Invité

Alors, les tests dont vous parlez, ce sont les tests sérologiques, qui permettent de voir qu'on a été exposé il y a plus de 15 jours au moins au virus. Oui. Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Ce sont deux enseignements. Déjà que la pénétration du virus dans la population totale, dans toute la France, est assez faible. C'est quand même plus élevé dans les régions qui ont été très touchées, comme le Grand Est et l'Île-de-France. Mais de façon générale, on voit que le virus a peu pénétré dans la population. L'autre question que l'on peut se poser, c'est est-ce que toutes les personnes qui ont été en contact avec le virus ont développé des anticorps ? Ça, c'est encore une grande inconnue.

Probablement que des personnes qui ont rencontré le virus, mais qui ont fait peu de symptômes, n'ont pas forcément développé des anticorps qui sont détectables avec les sérologies. Que les sérologies ont un seuil de détection en dessous duquel elles ne vont pas détecter les anticorps, même s'il y en a. Alors, ces seuils sont très faibles. Donc, a priori, quand on a rencontré le virus, on devrait avoir des anticorps, à moins qu'on n'en ait pas fabriqué. Il y a pour plusieurs raisons qui peuvent toucher à notre patrimoine génétique ou au virus lui-même.

30:17
Présentateur

Alors, professeur Karine Lacombe, c'est très très intéressant, parce qu'on avance avec ce virus, on en sait sans cesse un petit peu plus. Et on en sait un peu plus sur un sujet, moi, qui m'intéresse beaucoup, c'est l'immunité. Cette fameuse immunité. On en sait un peu plus, les patients atteints d'une forme légère de la Covid-19 sont immunisés. C'est ce que nous dit une étude très intéressante de l'Institut Pasteur. C'est cela, professeur ?

30:43
Invité

Alors, effectivement, l'autre question que l'on se posait, à laquelle fait référence l'Institut Pasteur, c'est qu'on peut avoir des anticorps et qu'éventuellement, ces anticorps ne neutralisent pas le virus. Ça, c'était la grande question. Parce que si on a des anticorps qui ne neutralisent pas le virus, ça veut dire que si on rencontre de nouveau le virus, on ne sera pas protégé. Et en fait, ce que l'Institut Pasteur a montré, c'est que ces anticorps, finalement, sont neutralisants. Et ça, c'est une excellente chose.

31:09
Présentateur

Alors, je précise, 160 patients, si j'ai bien compris, de deux hôpitaux de Strasbourg. Ces 160, non, pas patients soignants, de deux hôpitaux de Strasbourg ont contracté le virus forme légère, le Covid-19, un mois après la maladie, présence d'anticorps. C'est ça qui est très intéressant, un mois après la maladie. Et 98%, dans 98% de ces patients, on a retrouvé des anticorps neutralisants.

31:40
Invité

Exactement.

31:41
Présentateur

Ça veut dire quoi, neutralisants ?

31:42
Invité

Donc, neutralisants, c'est-à-dire que quand on met ces anticorps in vitro, dans les tubes à essai, en contact du virus, eh bien, le virus est neutralisé, c'est-à-dire qu'il ne se multiplie plus. Ce qui veut dire que vous-même, si vous avez ces anticorps neutralisants, vous rencontrez de nouveau le virus, eh bien, vous ne développerez pas de nouvelles infections. Ces anticorps agissent comme une barrière contre le virus. C'est une très bonne nouvelle.

32:07
Présentateur

Oui, c'est une des nouvelles les plus importantes de ces derniers jours, cette étude de l'Institut Pasteur. Protection qui va durer combien de temps ?

32:15
Invité

C'est à la grande inconnue, on ne sait pas. On sait quand même que les protections, les anticorps neutralisants contre les autres coronavirus peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années, pour certains d'entre eux, 2-3 ans. Il y a des anticorps qui ne durent que quelques mois, par exemple pour la grippe. C'est la raison pour laquelle tous les ans, il faut se vacciner de nouveau contre la grippe. Donc, on ne sait pas encore, puisqu'on a très peu de recul avec ce virus. On a 4-5 mois de recul. Donc, on ne sait pas encore, on va voir.

D'où l'intérêt des études qu'on l'a dit prospectives, c'est-à-dire qu'ils vont suivre les patients qui présentent des anticorps avec des dosages réguliers pour voir pendant combien de temps ces anticorps persistent.

32:53
Présentateur

Alors justement, puisqu'on parle d'immunité, espoir aussi autour de l'immunité croisée. C'est très intéressant, j'en parlais ce matin sur MC avec le professeur Marseillais qui travaille dessus. Ce n'est pas le professeur Raoult, c'est un autre professeur. Alors, j'ai été infecté par un autre coronavirus. J'ai eu un petit rhume il y a quelques mois ou une petite grippe, mais rien de grave. Il est possible que je sois immunisé contre la Covid-19, contre ce coronavirus ?

33:23
Invité

Alors, effectivement, dans l'immunité que l'on dit croisée, il y a deux types d'immunité. L'immunité croisée, c'est quand on a des anticorps contre une autre maladie et que finalement, ces anticorps marchent un peu contre le coronavirus. Donc, parce qu'un rhume, c'est un autre coronavirus ? Absolument. Donc, effectivement, les coronavirus ont des similitudes entre eux. Ils ont des particules virales, des protéines qui sont les mêmes d'un virus à l'autre. Et quand on développe des anticorps contre ces protéines, eh bien, ça peut nous protéger contre les mêmes protéines d'un autre virus.

33:53
Présentateur

Est-ce que ça peut expliquer que les enfants... Ça peut peut-être expliquer que les enfants sont peu touchés ?

33:58
Invité

Tout à fait, ça peut être une des raisons, absolument.

34:00
Présentateur

C'est vraiment... C'est passionnant. Oui, c'est passionnant. Puis les résultats peuvent être importants aussi pour une stratégie vaccinale, j'imagine.

34:08
Invité

Absolument. Alors, c'est vrai que la recherche vaccinale sur le coronavirus est en plein essor. Il y a eu énormément d'argent qui a été investi parce que l'enjeu est très important. Évidemment. Il faut prévenir une résurgence de ce virus dans les années à venir. Donc, le fait d'avoir une immunité croisée, de développer un vaccin qui va être spécifique de ce vaccin-là, mais qui peut éventuellement protéger contre les autres coronavirus, ça peut être tout à fait intéressant.

34:34
Présentateur

Alors, professeur Lacombe, on vous a accusé de relations commerciales avec les laboratoires. Oui, ça existe, les relations commerciales. Vous avez travaillé en relation avec des laboratoires et vous avez été rémunéré pour cela. Vous l'avez dit, à propos de recherches sur le sida, je crois.

34:51
Invité

Oui, c'est ça, le VIH et les hépaties virales.

34:54
Présentateur

Est-ce que tous les chercheurs de France, tous les médecins comme vous à vos postes-là, sont parfois rémunérés ? Est-ce que le travail est essentiel, le travail entre les médecins de terrain et les laboratoires ? C'est important ?

35:06
Invité

C'est absolument essentiel. Nous leur apportons notre expertise sur ce que l'on veut au quotidien sur les maladies, sur l'évolution des maladies. Et eux mettent au point des traitements qui vont nous permettre de guérir les malades que l'on prend en charge à l'hôpital. Donc, c'est évident qu'il faut avoir des relations. Mais il faut que ces relations soient transparentes. Il faut qu'elles soient encadrées de façon à ce que ça ne soit pas de la corruption. Très important.

Il y a une énorme différence entre le fait d'avoir des liens d'intérêt, que ça se passe en toute transparence avec des lois, qui encadrent extrêmement bien les choses, et la corruption où on touche de l'argent en sous-main pour faciliter, par exemple... Est-ce que maintenant ça existe encore ? Je pense que c'est avec toutes les règles qui ont été dictées par les lois, le Conseil de l'Ordre, les employeurs des médecins... Voilà. Probablement qu'il y a longtemps avant que vraiment j'exerce dans le milieu, ça a probablement existé. C'est pour ça que ces lois de transparence, justement, existent. Mais maintenant, il est absolument impossible de cacher les liens d'intérêt que l'on peut avoir.

36:15
Présentateur

Ou comme Didier Raoult, ou comme d'autres, travaillent avec des laboratoires.

36:21
Invité

Et bien sûr, tout le monde. Tout le monde. Alors après, il y a par exemple des médecins comme moi qui déclareront directement nos liens d'intérêt en toute transparence. Et puis après, il y a d'autres mécanismes où on peut, par exemple, et c'est ce qui se passe avec certains médecins, très probablement, où les laboratoires versent de l'argent à une fondation. Cette fondation va prendre en charge différents frais des médecins. Et là, les médecins ne déclarent plus directement. Donc là, on est dans moins de transparence, on va dire.

36:51
Présentateur

Bien. L'hydroxychloroquine associée à l'azithromycine, un antipalydien associé à un antibiotique, c'est ça ? Oui. C'est ça. L'association de médicaments recommandée par le professeur Didier Raoult. Alors, compte tenu des résultats de diverses études internationales, moi, je ne vais pas entrer dans les résultats, je n'y connais rien, simplement. Le gouvernement, suivant le Haut Conseil de la Santé Publique, a abrogé l'autorisation de prescription de l'hydroxychloroquine dans les hôpitaux français. Lors d'essais cliniques, vous comprenez cette décision ?

37:24
Invité

Je pense que maintenant, en termes de sécurité d'emploi, ce que l'on dit depuis le début, quand on a déjà commencé à parler de la chloroquine, dès le début, tous les médecins qui utilisent la chloroquine ont émis un signal d'alerte, en disant, attention, ce n'est pas un médicament anodin, comme tous les médicaments. Les médicaments ont des effets secondaires. Il faut tout le temps, quand on utilise un médicament, faire la balance entre le bénéfice et le risque. Le problème de la chloroquine, c'est qu'on n'avait pas jusqu'à présent montré de bénéfice. Donc, il fallait se mettre en condition pour montrer qu'il y a un bénéfice à prendre la chloroquine.

En revanche, comme c'est un médicament qui est utilisé depuis longtemps, on connaissait parfaitement les risques d'utilisation de ce médicament. Et donc, quand le risque devient plus important que le bénéfice, évidemment, quand on est médecin, il y a un adage qui est extrêmement important à suivre, qui est primum non nocere, c'est-à-dire qu'on ne doit pas causer de tort en tout premier. Le tout premier, c'est ne pas causer de tort. Et on voit bien qu'avec la chloroquine, toutes les études... Donc, la décision est sage ? La décision est sage, bien sûr, c'est une décision de précaution.

Quand on sait que ce médicament n'a pas encore montré d'efficacité, on ne va pas le prescrire en faisant courir un risque au patient qui ne décèderait pas du Covid, mais va décéder d'un accident cardiaque. Et on a eu, avant toutes ces décisions, des signaux de l'Agence nationale de sécurité du médicament de la pharmacovigilance en zone PACA, par exemple en Bretagne, en Aquitaine, où des patients sont décédés d'effets secondaires de la chloroquine.

38:55
Présentateur

Karine Lacombe, on a beaucoup parlé d'essais cliniques. On a beaucoup parlé au mois d'avril, en pleine crise du coronavirus, et puis on a l'impression que tout a disparu. Où est-ce qu'on en est ? L'essai Discovery, par exemple, qui a cessé d'évaluer l'hydroxychloroquine au passage.

39:14
Invité

Absolument. Alors, qui a cessé, pour l'instant, c'est suspendu. C'est-à-dire que la plupart des essais internationaux, dont le grand essai de l'OMS, ont suspendu l'utilisation de la chloroquine, en attendant d'avoir une analyse plus poussée des groupes de patients qui ont été traités par chloroquine, par exemple dans Discovery, mais aussi dans l'essai de l'OMS. Alors, où est-ce qu'on en est de ces essais ?

39:40
Présentateur

Je crois qu'il y a encore plus de 800 essais cliniques, aujourd'hui, qui cherchent à évaluer des dizaines de traitements. Bien sûr. Oui, bien sûr. Mais où est-ce qu'on en est ?

39:49
Invité

Alors, où est-ce qu'on en est ? Non, parce qu'en fait, vous savez, quand on construit un essai thérapeutique, on calcule le nombre de patients à inclure dans cet essai pour montrer une différence entre la prise en charge standard et l'effet du médicament. Plus l'effet du médicament est soupçonné être faible, plus il va falloir inclure de patients pour montrer qu'il y a une différence entre ne rien faire et utiliser ce médicament. Et vous voyez la dynamique de l'épidémie, en fait. Vraiment, le nombre de patients a été important pendant 4 à 6 semaines. 4 à 6 semaines, quand les essais sont arrivés à maturité, on commençait à inclure.

L'épidémie, grâce au confinement, avait complètement perdu en intensité. Donc, on n'a pas encore réussi à inclure tous les patients dont on avait besoin pour montrer une différence entre rien et les traitements.

40:37
Présentateur

Donc, les essais ont pris du retard.

40:39
Invité

Donc, les essais ont pris du retard.

40:41
Présentateur

Voilà.

40:41
Invité

Alors, ça, ce sont avec les molécules que l'on repositionne. Voilà. Très important. Que l'on connaît. Que l'on connaît déjà. Mais on est en train de développer des médicaments qui vont être vraiment spécifiques du nouveau virus, du SARS-CoV-2. Et là, ça demande plus de temps. On a été dans l'urgence, en fait, pour essayer d'apporter une réponse thérapeutique.

40:59
Présentateur

Oui, je comprends. Bien, je voudrais terminer avec le Ségur de la Santé, professeur Lacombe. Très grand enjeu, oui. Oui. Je ne sais pas si vous êtes consulté. J'imagine que vous l'êtes. Que diriez-vous au ministre de la Santé s'il était face à vous ? Que lui demanderiez-vous ?

41:15
Invité

Alors, je pense que l'un des grands enseignements de cette crise sanitaire. On aurait pu, même dans nos rêves les plus fous, on ne pouvait pas imaginer qu'on arrive avec un exemple aussi précis qu'à représenter cette crise sanitaire pour montrer combien l'hôpital est fondamental dans le système de soins. C'est vraiment, je pense, l'un des grands enseignements de cette crise. C'est que quand on donne les moyens à l'hôpital, l'hôpital est capable de faire face à la plus grande crise sanitaire de ces dizaines de dernières années. avec force, avec cohésion.

On a montré qu'on était capable de travailler, nous, médecins, soignants, avec le personnel administratif, en très grande concordance, avec une très grande efficacité. On a complètement chamboulé le système hospitalier en l'espace de quelques jours, en l'espace de 10-15 jours. On a fait face, je pense, avec beaucoup d'humanité, avec beaucoup de professionnalisme. Donc, il faut nous donner les moyens de fonctionner.

42:13
Présentateur

C'est quoi les moyens de fonctionner ?

42:14
Invité

Les moyens, c'est arrêter de diminuer le nombre de lits d'hôpital. On a bien vu, on a été obligé d'augmenter nos capacités dans certains endroits à 300% pour faire face.

42:23
Présentateur

C'est comme un cri du cœur, ce matin. C'est ça, exactement.

42:26
Invité

Il faut qu'on ait les moyens. Il faut qu'on ait les moyens humains, il faut qu'on ait les moyens matériels. C'est-à-dire moyens humains, il faut embaucher. Il faut embaucher ? Il faut embaucher, bien sûr, en face des moyens. Il faut mettre des ressources humaines en face des besoins. Il faut également consolider les interactions entre la médecine de ville et la médecine hospitalière. Il faut favoriser la recherche. On voit bien, actuellement, pourquoi est-ce qu'on a eu autant de problèmes en France au tout début de l'épidémie ? Il y a eu les masques, il y a eu le problème d'accès au traitement. Mais aussi parce que la recherche et le développement, on a beaucoup de start-up.

Et puis ensuite, la recherche part beaucoup à l'étranger. On manque de grands mécanismes de financement de la recherche avec beaucoup d'argent mis sur la table pour aider les chercheurs à aller vite, pour trouver de nouveaux traitements, pour trouver de nouveaux outils diagnostiques et pour aider dans la recherche épidémiologique. Très important.

43:20
Présentateur

Et les rémunérations ?

43:22
Invité

Les rémunérations, bien sûr. moyens ressources humaines, ça veut aussi dire rémunération.

43:25
Présentateur

Vous le voyez, vous, dans votre service, vous voyez, toutes celles et ceux qui ont travaillé pendant cette crise ?

43:30
Invité

Évidemment, tout le monde est vraiment allé au-delà de ce que l'on imaginait. Et c'est vrai que tout le monde a trouvé en soi-même les ressources pour faire face à cette crise majeure. L'énorme problème que l'on a actuellement à l'hôpital, c'est que l'on n'arrive pas à recruter à l'hôpital public le personnel non médical, c'est-à-dire en particulier les infirmières, les infirmières, les infirmiers, parce que le système de rémunération du personnel non médical à l'hôpital public est bien moins attractif que dans l'hôpital privé.

43:58
Présentateur

Il faut absolument revaloriser les carrières. Donc, par exemple, 300 euros de plus, ça ne vous paraît pas scandaleux ?

44:03
Invité

300 euros de plus, c'est même faible.

44:05
Présentateur

C'est même faible.

44:06
Invité

Vu les salaires actuels, une infirmière qui débute... Ça peut être plus, oui. Bien sûr, une infirmière qui débute dans la carrière a un salaire qui est extrêmement faible au regard de ce qu'elle doit fournir comme compétence et de ce que l'on attend comme expertise pour la prise en charge des patients à l'hôpital.

44:21
Présentateur

J'espère que vous allez être entendue. J'espère. Carine Lacombe, parce que vous êtes une voix... C'est le bon plateau pour le dire. Oui, c'est le bon plateau pour le dire. C'est le bon moment pour le dire. Parce que vous êtes écouté, Carine Lacombe. Quelle expérience tirez-vous ? Ce sera ma dernière question de ce que vous venez de vivre. Franchement, à titre personnel et à titre médical.

44:43
Invité

Je dirais que le personnel et le médical se sont confondus pendant ces huit semaines de crise intense. Une aventure humaine exceptionnelle. Avec une cohésion à l'hôpital que l'on n'avait pas connue depuis très longtemps. Un changement radical de métier. La mise en avant de la force du travailler ensemble. De la force de l'humilité de toutes les équipes qui ont fait face. De cette transformation de chacun, en fait, au contact des patients, au contact des situations douloureuses que l'on a traversées. Et je dirais, oui, ça, la bienveillance avec laquelle on a travaillé, on a pu travailler, la grande humilité. Je pense que c'est une grande leçon d'humanité que l'on va tirer.

45:39
Présentateur

Merci, merci professeur Karine Lacombe, merci. Il est 8h54, RMC et BFM TV.