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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 9 décembre 2022 30 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Coupures d'électricité : et si les riches s'en sortaient encore ? | Maxime Combes

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 23 %Attaque 58 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Coupure de courant, va-t-on fermer les écoles pendant que les remontées mécaniques seront préservées ?

  • 0:37RelanceRéponse directe

    Expliquez-nous un petit peu.

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce choix, si jamais les stations de ski étaient vraiment préservées par rapport aux écoles, est-ce que c'est pour sauver les professionnels de la montagne déjà affectés par le Covid, etc. ou est-ce que là, on a vraiment affaire à un choix de classe ?

  • 4:31FerméeÉludée

    À ça, je n'en sais strictement rien.

  • 6:52ComplaisanteRéponse partielle

    Justement, on va revenir sur les enjeux politiques juste après.

  • 12:01OuverteRéponse directe

    C'est vrai que vous ne pointez pas que le ski, etc., comme dichotomie, par exemple les ascenseurs des tours du 93 par rapport aux piscines du 16e.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47PrésentateurFait
    « Le gouvernement a envoyé au préfet une circulaire la semaine dernière pour préparer les départements à d'éventuelles coupures de l'électricité qui pourraient concerner 60% de la population »
  • 0:58PrésentateurFait
    « Olivier Véran a expliqué que nous serions informés entre J-3 et la veille à 15h des Journées Rouges avec les météos de l'énergie nommées EcoWatt »
  • 1:09PrésentateurFait
    « Pour les joindre, le gouvernement a reconnu qu'il faudrait faire le 112 et qu'il ne pourrait pas être accessible partout »
  • 1:21PrésentateurFait
    « Les coupures surviendront entre 8h et 13h pour le matin midi et le soir entre 18h et 20h et dureront 2h maximum »
  • 1:29PrésentateurFait
    « Pour les patients à haut risque vital comme ceux avec un respirateur artificiel, ils seront prévenus à J-2 mais ne pourront pas être exempts de délestage à prévenu Enedis »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « On sait qu'il y aurait une liste de 14 000 sites qui seraient préservés de ces délestages »
  • 24:08Invité politiqueFait
    « Le gouvernement a déjà prévu de rénover moins de bâtiments en 2023 que ce qu'il en a rénové et isolé en 2022 »
  • 24:58Invité politiqueFait
    « La France est le seul pays de l'Union Européenne à ne pas avoir atteint ses objectifs en termes de déploiement d'énergie renouvelable »
  • 25:00Invité politiqueChiffre
    « Elle va devoir même payer 500 millions d'euros de pénalités pour cela »
  • 25:07Invité politiqueChiffre
    « Si on avait atteint nos objectifs on aurait un petit peu plus de 60 TWh supplémentaires de production possible »
  • 28:48Invité politiqueFait
    « tous les débats qu'il y a pu y avoir sur le bien fondé des vols en jet privé »
  • 28:54Invité politiqueFait
    « le bien fondé de l'arrosage des golfs »
  • 29:01Invité politiqueFait
    « le fonctionnement des remontées mécaniques pendant que nos écoles seront fermées »
  • 29:22Invité politiqueFait
    « la sobriété c'est d'abord un débat d'émancipation individuelle et collective »
  • 29:41Invité politiqueFait
    « plus d'éducation, plus de santé »

Temps de parole

  • Invité politique79 %
  • Présentateur16 %
  • Invité5 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Coupure de courant, va-t-on fermer les écoles pendant que les remontées mécaniques seront préservées ? C'est le titre de la lettre ouverte de l'économiste Maxime Combe à Elisabeth Borne, notre Premier ministre, publié sur le Média indépendant Bastamag. Maxime Combe, économiste spécialisé dans les questions environnementales et climatiques, c'est parti pour l'entretien d'actu. Bonjour Maxime.

0:26
Invité politique

Bonsoir.

0:26
Présentateur

Bonsoir, oui, on est un petit peu dans la soirée là. Alors Maxime, vous êtes avec nous par Zoom, je le disais. Vous avez publié cette lettre ouverte à Elisabeth Borne, notre Premier ministre d'Ambastamag. Coupure de courant, va-t-on fermer des écoles pendant que les remontées mécaniques seront préservées ? Petit rappel pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi. Le gouvernement a envoyé au préfet une circulaire la semaine dernière pour préparer les départements à d'éventuelles coupures de l'électricité qui pourraient concerner 60% de la population, mais aucun site critique ou client prioritaire, santé, industrie, on y reviendra bien évidemment.

Olivier Véran a expliqué que nous serions informés entre J-3 et la veille à 15h des Journées Rouges avec les météos de l'énergie nommées EcoWatt. La grosse inquiétude, elle porte surtout sur les numéros d'urgence. Pour les joindre, le gouvernement a reconnu qu'il faudrait faire le 112 et qu'il ne pourrait pas être accessible partout. Les coupures surviendront entre 8h et 13h pour le matin midi et le soir entre 18h et 20h et dureront 2h maximum. Pour les patients à haut risque vital comme ceux avec un respirateur artificiel, ils seront prévenus à J-2 mais ne pourront pas être exempts de délestage à prévenu Enedis.

Sinon, on n'a pas plus d'informations sur qui ou où, à part cette liste des 14 000 sites jugés prioritaires, gendarmerie, carzernes de pompiers, commissariats, hôpitaux, etc., qui ne seront pas concernés par les coupures. Et encore, la liste est confidentielle. « Ce n'est pas le cas des établissements scolaires et des transports collectifs que vous ne considérez manifestement pas comme prioritaire. » Vous écrivez, Maxime, et c'est ce que vous avez d'abord voulu pointer dans cette lettre ouverte. Expliquez-nous un petit peu.

2:01
Invité politique

Cette lettre ouverte, elle vient simplement en réaction à un manque clairement de transparence. On sait qu'il y aurait une liste de 14 000 sites qui seraient préservés de ces délestages. Et on n'a ni la liste totale en détail, ni les critères qui ont permis de la mettre en œuvre. Donc, bien entendu, on a compris que les hôpitaux, que finalement ce qui est de l'ordre du régalien, de la sécurité, n'allait pas être l'objet de délestages, de coupures d'électricité. C'est bien la moindre chose qu'on peut attendre. Mais finalement, on ne sait pas beaucoup plus.

Et il se trouve qu'en parallèle, le mois de septembre dernier, les maires des stations de ski, qui étaient très inquiets pour la situation hivernale, tant du point de vue de leur facture que de la possibilité de coupure de courant, ont obtenu l'assurance, du moins c'est ce qu'ils disent, après une rencontre avec du ministre du gouvernement à Bercy, ils ont obtenu la garantie qu'il n'y aurait pas de coupure de courant dans les stations de ski. Et donc, du coup, moi, la première des choses qui me vient à l'esprit, c'est comment ce gouvernement peut justifier le fait qu'on ferme des écoles, qu'on ferme des crèches, ce qui n'est pas simplement une mesure technocratique.

Ça implique derrière des collectifs de travail, des choses extrêmement compliquées à gérer pour le quotidien des gens qui travaillent dans les écoles ou dans les crèches, qui est un des autres établissements qui seront concernés, mais également pour celles et ceux qui vivent avec ces services publics et qui en ont besoin au quotidien, quand dans le même temps, finalement, les remontées mécaniques peut-être de Courchevel, de Tignes ou de Meugeb continueront à fonctionner.

Donc là, finalement, on se rend compte qu'il y a, finalement, sur cette question-là, le même type de débat que le débat qui n'avait pas vu venir et qui avait extrêmement mal géré le gouvernement pendant la pandémie de Covid sur, finalement, quelles sont les activités jugées essentielles de celles qui ne sont pas jugées essentielles. Là, ce n'est pas le terme essentiel qui est utilisé, c'est le terme prioritaire. Et on peut très bien se poser la question, est-ce qu'il est prioritaire que les remontées mécaniques de Courchevel et Meugeb fonctionnent ou bien est-ce qu'il est prioritaire qu'un maximum d'écoles continuent à fonctionner en cas de coupure de courant ?

4:16
Présentateur

Cet engagement des remontées mécaniques et des stations de ski, est-ce qu'il va pouvoir être tenu, là, au fait de la situation ? Parce que c'est ce qui avait été promis en septembre, mais là, par rapport… enfin, maintenant, on est en décembre, il y a plusieurs annonces et circulaires qui ont été envoyées. Est-ce que ça va pouvoir être tenu, à votre avis ?

4:31
Invité politique

À ça, je n'en sais strictement rien. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, celles et ceux qui savent précisément quelle sera la situation énergétique au mois de janvier, au mois de février, alors qu'on ne connaît même pas la météo et le temps qu'il fera et qu'une différence d'un degré peut avoir des effets extrêmement notables sur la quantité d'énergie nécessaire de chaque journée. Donc, du coup, ceux-ci, on n'en sait strictement rien. Mon interrogation, elle est simplement, finalement, de nature extrêmement politique. Ce que le gouvernement définit de manière ou qu'on nous présente de manière extrêmement technocratique, sur le mode « faites-nous confiance ».

On a défini quels sont les 14 000 sites qui seraient prioritaires. Et donc, à partir de là, il ne faudrait pas attiser les peurs. C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron encore hier, ce matin, si je ne dis pas de bêtises. Il ne faudrait pas travailler ces scénarios de la peur quand, dans le même temps, tous les préfets sont en train d'organiser des réunions avec les élus locaux pour leur expliquer comment vont fonctionner les délestages.

Et si délestages, il doit y avoir, eh bien, la vision technocratique de ce gouvernement qui consiste à dire « faites-nous confiance, on a défini ce que sont les sites que nous pourrons couper et nous allons bien gérer cela », de mon point de vue, n'est pas acceptable dans la façon dont la réponse est amenée parce qu'il y a des enjeux extrêmement importants de savoir finalement qui va être coupé et que ces questions vont nécessairement surgir sur qu'est-ce qui est réellement prioritaire de ce qui ne l'est pas.

En fait, ce que l'on coupe, les activités qui vont être l'objet de délestages, en fait, en dit beaucoup sur la société dans laquelle ce gouvernement veut nous faire vivre et il nous dit beaucoup sur la société dans laquelle nous vivons déjà. Et donc, du coup, c'est ce débat-là qu'il faudrait avoir collectivement. Tous les Françaises et les Français sont suffisamment en capacité de comprendre que s'il doit y avoir des délestages, eh bien, il faut s'organiser de la meilleure manière possible.

Mais le gouvernement ne pourra pas s'exonérer d'un débat finalement sur l'utilité sociale, l'utilité économique, l'utilité écologique, des activités qui seront préservées, des activités qui seront l'objet de ces délestages.

6:48
Présentateur

Justement, on va revenir sur les enjeux politiques juste après. Une dernière question justement sur ce parallèle entre les écoles et les stations de ski parce qu'il est très intéressant et c'est vrai que l'exemple que vous avez pris est assez intéressant. Est-ce que ce choix, si jamais les stations de ski étaient vraiment préservées par rapport aux écoles, est-ce que c'est pour sauver les professionnels de la montagne déjà affectés par le Covid, etc. ou est-ce que là, on a vraiment affaire à un choix de classe ?

7:14
Invité politique

Si ce choix est confirmé, ce dont je n'ai pas aujourd'hui la preuve, donc du coup, moi j'appelle effectivement Elisabeth Borne et le gouvernement à nous expliquer quels sont réellement les 14 000 sites qui seront préservés et comment ils ont effectué ces choix-là et est-ce que la promesse qu'ils ont faite aux stations de ski au mois de septembre tient-elle encore ? Et si tel est le cas, parce que du coup, il faut comprendre que les délestages vont être organisés sur un plan géographique. Donc c'est quartier par quartier, ville par ville, zone rurale par zone rurale que ce délestage va être organisé.

Et donc du coup, à partir du moment où c'est un délestage par zone géographique, et semble-t-il qu'il n'y a pas d'autre manière technique de procéder, cela veut dire qu'effectivement, des activités absolument essentielles pour la majorité d'entre nous, notamment les plus pauvres, les plus précaires, que sont les services publics, vont être coupées au moment ou des activités sur d'autres zones qui sont des activités qu'on pourrait par ailleurs juger non essentielles, telles que les remontées mécaniques ou telles que les piscines pour un public extrêmement sélect, des piscines ouvertes, chauffées à 29 degrés, eh bien ça, on peut juger que pendant deux heures, pendant une matinée, pendant une soirée, ce ne sont peut-être pas des activités extrêmement essentielles et donc que c'est celles-là qu'il aurait fallu couper.

Et donc, à partir du moment où ils ont organisé et planifié les délestages possibles par zone géographique, nécessairement, on peut avoir un débat sur l'utilité, le bien fondé de ces délestages. Et de mon point de vue, effectivement, ça pose la question de qui vont être les plus lésés par ces délestages-là. Et on sait très bien que ce sont plutôt celles et ceux qui ont besoin des services publics au quotidien pour essayer de vivre bien. Et donc, ces services publics, ce sont les services publics de transport, les services publics scolaires, les services publics d'accès à toute une série d'administrations qui vont payer, qui vont être les plus victimes de ces délestages.

Et donc, du coup, effectivement, ce qui m'intéresse, c'est de mettre en lumière le fait qu'on pourrait très bien avoir, à partir du moment où on a décidé d'avoir des délestages géographiques, on pourrait très bien avoir des images qui nous reviennent des remontées mécaniques de stations plutôt tournées vers les classes les plus aisées, donc Courchevel et Meugève, qui fonctionnent, tandis que les écoles ou les ascenseurs de la Seine-Saint-Denis seront arrêtés. Et là, il y a véritablement un problème.

On aurait pu peut-être envisager une autre option qui aurait été de dire, eh bien, en période de nécessaire délestage, eh bien, nous demandons à telles et telles activités économiques qui sont jugées comme étant peut-être les moins absolument nécessaires ou prioritaires, eh bien, ce sont à celles-ci que nous allons demander de s'arrêter prioritairement. Et donc, nous aurons pu compter là-dedans les remontées mécaniques, mais également un certain nombre d'activités qui ne seraient pas jugées comme immédiatement nécessaires pour le quotidien des Français en période de tension.

Et donc, c'est cette question-là qui est posée et qui, finalement, vient recouper également les questions qui ont été soulevées à travers le plan de sobriété que la Première ministre a présenté, un plan de sobriété qui ne prévoyait quasiment strictement rien sur le développement des services publics, rien sur l'isolation des logements, et une sobriété qui était principalement renvoyée à une responsabilité individuelle. Eh bien, nous avons là, finalement, le décal sur la question du délestage, finalement, sur la question du rationnement de l'accès à l'explicité.

La même chose qui s'est présentée sur la question de la sobriété, c'est qu'on est renvoyé à une responsabilité individuelle et on nous explique que la technologie, avec cette application EcoWatt, va nous informer et nous permettre de prendre les bonnes décisions sur le plan individuel, alors que tout cela est le fruit de responsabilités collectives. Juste un petit mot sur l'application EcoWatt.

Selon les associations, il y a aujourd'hui 14 millions de personnes en France qui sont victimes de ce qu'on appelle électronisme, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas accès à ces applications parce qu'ils n'ont pas de téléphone portable qui le permettent ou parce qu'ils ne savent pas utiliser ce genre d'application. Et 14 millions de personnes, c'est extrêmement beaucoup et donc du coup, finalement, en rendant uniquement numérique le dispositif d'alerte sur les éventuels rationnements d'accès à l'électricité est également en soi problématique.

12:01
Présentateur

Je reviens sur ce que vous avez dit juste avant ça. C'est vrai que vous ne pointez pas que le ski, etc., comme dichotomie, par exemple les ascenseurs des tours du 93 par rapport aux piscines du 16e. Donc on va vraiment voir quelles zones, quels quartiers, quelles régions seront entre guillemets choisis ou en tout cas pointés pour avoir ces coupures de deux heures. Je me rappelle d'hier dans Toujours Debout où on a pointé, il me semble que c'était hier, où on a pointé la différence de consommation d'électricité dans les quartiers parisiens. Et c'est vrai que c'est les quartiers les plus riches qui consomment beaucoup plus que les quartiers les plus pauvres.

Donc à voir comment seront orientés les choix. En tout cas, on suivra ça aux médias et on sera ravis de vous re-recevoir pour parler de ça. Forcément, tout ça, ça agite depuis quelques jours, surtout avec une population qui n'a jamais vraiment eu l'habitude de connaître de telles mesures par l'État, j'entends, car ne pas avoir de chauffage et ou d'électricité, c'est malheureusement commun pour les Français les plus pauvres. Sur ce vent de panique, Emmanuel Macron a répondu. On l'écoute, on y revient juste après avec vous, Maxime.

12:54
Invité

Ce débat est absurde. Est absurde. Le rôle des autorités publiques, des entreprises publiques, ça n'est pas de transférer la peur ni de gouverner par la peur. Et donc, le rôle du gouvernement, des ministres, des opérateurs, c'est de faire leur travail pour fournir de l'énergie. C'est tout. Et ensuite, c'est d'appeler chacun la responsabilité pour qu'il y ait de la sobriété. C'est pas de commencer à faire peur aux gens avec des scénarios absurdes et des choses comme j'ai entendu ces dernières heures. Stop à tout ça.

13:24
Présentateur

Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration, Maxime ? Il me semble que c'était aujourd'hui ou hier par rapport aux réactions qu'il y a eues après la première interview sur TF1.

13:32
Invité politique

C'est une réaction par rapport à ce qu'a dit le porte-parole d'Enedis sur une télé en direct. Je pense que c'était BFM où ce porte-parole d'Enedis est effectivement assez peu responsable de mon point de vue en disant publiquement que peut-être que les gens qui sont aujourd'hui avec des respirateurs artificiels chez eux et dans une situation médicale extrêmement compliquée ne seront pas préservés par ces délestages et qui donc du coup pourront être l'objet de délestages. Et donc du coup, il y a un émoi qui s'est propagé suite à cette déclaration-là, un émoi justifié. Et tout cela, de mon point de vue, sans doute que le porte-parole d'Enedis n'avait pas à dire cela comme cela.

c'est un peu ridicule que des gens qui sont en situation extrêmement difficile apprennent par le porte-parole d'Enedis dans une interview sur BFM TV à quelle sauce ils vont être mangés. Mais la réaction d'Emmanuel Macron ne convient absolument pas. Cette situation énergétique, là, elle intervient deux ans après, même pas un an et demi après une pandémie où le gouvernement a fait étalage de son impréparation et de son incapacité à gérer une situation qu'il n'avait pas anticipée. À nous dire n'importe quoi sur les masques et puis, bon, je ne vais pas refaire l'histoire, tout le monde la connaît.

Et là, ce que nous demandons, ce qui serait une logique d'obtenir de ce gouvernement, c'est la totale transparence. Alors, la transparence sur les consommations d'énergie et sur, par exemple, les stocks de gaz, sur l'évolution du nombre de réacteurs nucléaires qui vont pouvoir fournir de l'électricité en France, on a bien progressé de ce point de vue-là. Mais ce sur quoi on n'a pas progressé, c'est finalement ce que viennent de décider le gouvernement et les préfets, c'est-à-dire ces 14 000 sites qui seront préservés.

Et donc, du coup, qu'ils rendent publique cette liste-là, qu'ils expliquent quels sont les critères qui ont contribué à la mettre en place et que nous ayons justement un débat apaisé, serein et général dans la société sur comment on organise ce rationnement. Là, ce rationnement, il est finalement voulu et rendu nécessaire parce qu'il y a un problème de capacité à offrir suffisamment d'électricité, de gaz, possiblement également à l'ensemble des consommateurs de ce pays.

Eh bien, en période de situation de rationnement, il n'y a pas meilleure solution de mon point de vue que de s'entendre collectivement à l'échelle d'une société sur quelles sont les activités qui sont réellement prioritaires et celles qui ne le sont pas. Et si ces activités-là ne sont pas prioritaires, parce que nous considérons qu'effectivement, à un moment donné, s'assurer que les écoles et les crèches puissent continuer à être alimentées à l'électricité et que, par exemple, toute une série d'activités qui peuvent être jugées comme non prioritaires ne le soient plus, eh bien ça, cela fait partie du débat public.

Et on va être de plus en plus confrontés à ce type de questions-là du point de vue soit du réchauffement climatique et donc de ces émissions de gaz à effet de serre disproportionnées qui relâchent les populations les plus riches et donc ces privilèges carbone dont disposent de fait les populations les plus riches par rapport au reste de la population ou en période de rationnement d'accès à l'eau, à l'électricité, à l'énergie en général ou au bien commun en général, eh bien ce rationnement-là, soit on laisse le marché opérer et ça va être la catastrophe, soit on laisse une technocratie qui est celle finalement des préfets et d'un gouvernement décidé pour l'ensemble d'entre nous et en leur faisant confiance, pourquoi pas, mais l'expérience nous a montré que ce n'était pas nécessairement la solution la plus appropriée, soit nous avons un débat de société sur finalement dans cette situation de rationnement et de lutte contre le réchauffement climatique, donc nécessairement de restrictions ou de limitations des consommations dans cette période de fin de l'abondance, de fin d'accès finalement généralisé et sans limite de toutes et tous à des ressources naturelles qui aujourd'hui soit font défaut, soit dont il faut limiter la consommation du point de vue de la lutte contre le réchauffement climatique ou de la protection de la biodiversité et dans ce cadre-là, si on est un peu sérieux, eh bien il faut un débat général, collectif et une forme finalement de démocratisation des choix qui sont effectués pour avoir une planification des rationnements et une planification écologique qui soit démocratique dans ce pays-là.

Donc c'est ça les enjeux qui sont derrière ces questions de rationnement qui sont soulevées cette semaine.

18:11
Présentateur

Comme dans beaucoup d'autres domaines ou même dans des petites crises ou grosses crises, on a affaire là à une politique qui appelle à la responsabilité individuelle, vous en avez un petit peu parlé, on va revenir dessus, on écoute juste avant Emmanuel Macron à ce sujet.

18:27
Invité

C'est la responsabilité du gouvernement en lien avec tous les acteurs compétents de préparer ces scénarios pour permettre que le pays ne soit pas en désordre complet. C'est des choses très pragmatiques, ne pas faire partir les trains si dans quelques heures après on doit couper l'électricité, des choses comme ça. Ce sont des scénarios, je vais dire, fictifs, oui, mais il faut les préparer pour que tout le monde soit là.

Mais je vous le dis avec beaucoup de clarté aujourd'hui et beaucoup de force, si tous ensemble nous tenons le plan de sobriété qui a été présenté par le gouvernement, par la première ministre et les ministres compétents il y a quelques semaines, c'est-à-dire réduire d'environ 10% par rapport à nos consommations habituelles. Et ce n'est pas arrêter de produire, arrêter de travailler, non, c'est des choses raisonnables, elles ont été détaillées.

Si on fait tous un peu attention et à côté de ça, si EDF continue le travail et j'ai pleine confiance dans l'ensemble des salariés d'EDF et son président directeur général, alors oui, nous pourrons passer même avec un mois de décembre et un mois de janvier froid, cette période. Ça dépend de nous. Et donc, mon message, c'est responsabilité mais en aucun cas panique.

19:39
Présentateur

Est-ce que tout ce qu'on vient d'entendre et les politiques qui ont été choisies, est-ce que ça ne révèle pas une politique qui est présente depuis plusieurs années ? Vous écrivez cette situation est le fruit d'années d'errance des pouvoirs publics.

19:52
Invité politique

Oui, c'est le fruit d'années d'errance sur lesquelles je vais revenir mais il faut bien se rendre compte que la situation-là est complètement nouvelle. C'est la première fois depuis des dizaines d'années dans ce pays que finalement, l'ensemble d'entre nous, nous retrouvons confrontés au fait que l'accès à l'énergie n'est pas un accès nécessairement garanti à 100% et sans aucune limite telle que nous l'avons vécu ces dernières années. Et donc ça, ça nécessite à la fois finalement des formes d'éducation populaire mais aussi de délibération collective sur quelles sont les réponses collectives que nous apportons à cette nouvelle situation.

Et de ce point de vue-là, le plan de sobriété qui a été présenté par Elisabeth Borne et dans lequel il y a des choses avec lesquelles on peut être en accord ne convient pas d'abord parce qu'il n'est pas le fruit de cette délibération collective mais quelque chose qui nous est imposé d'en haut sans que nécessairement la majorité d'entre nous ait eu la capacité à un moment donné de donner son avis là-dessus. Donc ça, c'est problématique en soi.

Et notamment ce plan de sobriété il est problématique après dans son contenu parce que nous avons aujourd'hui un plan de sobriété qui ne prévoit pas de réduire les inégalités de consommation et donc d'agir également sur le fait que ce sont aujourd'hui les plus riches qui effectivement utilisent le plus d'énergie dans ce pays et il faut bien comprendre que la sobriété sans égalité c'est comme ça que je l'ai résumé c'est en fait l'austérité pour les plus précaires et les plus pauvres. La sobriété sans le développement des services publics et bien c'est l'austérité pour la majorité d'entre nous qui avons besoin de services publics de transports et autres de manière bien plus développée.

Et le dernier élément c'est que ce plan de sobriété sans amélioration conséquente des dispositifs visant et permettant d'isoler les logements et bien c'est la précarité énergétique aggravée pour beaucoup d'entre nous. Et après la situation actuelle effectivement elle n'est pas simplement que le fruit je ne sais pas moi du fait qu'il y a plus de réacteurs nucléaires à l'arrêt que d'habitude ou que de la guerre en Ukraine et de la décision de Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine.

Cette réalité à laquelle nous sommes confrontés elle est aussi le fruit du fait qu'il n'y ait pas eu de politique de transition énergétique de politique de sobriété énergétique qui soit à la hauteur des enjeux de ces dernières années et donc du coup on paie là finalement les conséquences de politiques qui n'ont pas été suffisamment ambitieuses à la fois de Nicolas Sarkozy de François Hollande et du premier quinquennat d'Emmanuel Macron.

Un seul exemple ou un seul chiffre pour justifier cela le grenelle de l'environnement alors pour les plus jeunes d'entre vous ça ne veut pas dire grand chose mais en gros c'était la première grande rencontre ou qui mêlait l'ensemble des acteurs économiques syndicaux associatifs ou NG qui a été organisé par Nicolas Sarkozy en 2008 lors de ce grenelle de l'environnement un certain nombre d'objectifs ont été fixés notamment en termes de rénovation et d'isolation des bâtiments et il y a un petit calcul qui a été fait qui n'est pas de moi que j'emprunte qui montre que si les objectifs d'isolation des bâtiments qui avaient été pris en 2008 avaient été tenus en 2020 et bien nous économiserions déjà aujourd'hui l'équivalent de ce que nous importons de gaz de Russie avant le début de la guerre en Ukraine donc en fait si on avait simplement tenu ces objectifs-là s'ils avaient simplement été atteints en 2020 on n'aurait pas de problème aujourd'hui de rationnement de l'énergie et donc ça c'est problématique et c'est problématique parce que les leçons n'en sont pas tirées que vient de faire le gouvernement c'est de ne pas augmenter les crédits qui sont dédiés à la rénovation énergétique des bâtiments où il les a augmentés d'à peine 100 millions d'euros c'est-à-dire moins que l'inflation donc en fait le gouvernement a déjà prévu de rénover moins de bâtiments en 2023 que ce qu'il en a rénové et isolé en 2022 donc c'est pas sérieux et la deuxième donnée qu'on peut partager là-dessus si vous le permettez c'est aussi de se rendre compte qu'on pourrait avoir amélioré très sensiblement la situation si la France avait développé une politique de déploiement d'énergie renouvelable telle que au niveau des objectifs qu'elle s'était fixée aujourd'hui la France est le seul pays de l'Union Européenne à ne pas avoir atteint ses objectifs en termes de déploiement d'énergie renouvelable elle va devoir même payer 500 millions d'euros de pénalités pour cela et du coup si on avait atteint nos objectifs on aurait un petit peu plus de 60 TWh supplémentaires de production possible mais grosso modo on aurait aujourd'hui en termes de production électrique sur le territoire national suffisamment pour faire face à cette situation difficile que nous avons aujourd'hui que nous avons cet hiver et à laquelle nous devons faire face donc du coup quand on met les deux l'un à côté de l'autre et bien on se rend compte que les gouvernements passés sont responsables du fait qu'on consomme trop d'énergie aujourd'hui parce qu'on n'a pas suffisamment isolé les bâtiments et que parce qu'on n'a pas suffisamment développé les énergies renouvelables et bien on a des productions insuffisantes qui auraient permis de couvrir la difficulté dans laquelle nous sommes pour cet hiver 2022-2023

25:52
Présentateur

c'est ça en fait c'est parce qu'on a l'impression qu'on réagit à quelque chose qui nous tombe dessus sans qu'on puisse ni faire grand chose et en fait par tous ces rappels que vous nous faites on voit bien que la situation est tout à fait inverse une dernière question pour conclure est-ce que dans tout ça malgré tout ce que vous pointez est-ce que c'est pas une bonne chose qu'on parle enfin de sobriété même si là elle est un peu complètement subie

26:16
Invité politique

Moi c'est une des choses que je mets au crédit de ce gouvernement et d'Emmanuel Macron alors pendant longtemps ils nous ont limite ils ont insulté ou ils ont jeté en pâture celles et ceux qui pointaient le besoin de discuter et de remettre en cause un certain nombre de productions et de consommations pour réduire notre impact sur la planète pour économiser de l'énergie économiser des ressources on se souvient des termes amiches ou autres pour les écologistes mais il faut aujourd'hui les créditer du fait qu'ils ont ouvert un débat sur la sobriété dans ce pays et donc ça c'est extrêmement positif que nous ayons un débat de ce type là maintenant la question c'est de ne pas rester au milieu du guet à partir du moment où vous ouvrez un débat sur la sobriété et bien la sobriété ce n'est pas uniquement la chasse au gaspille ce n'est pas uniquement le fait de ne pas trop gaspiller d'énergie ça le fait de ne pas gaspiller d'énergie ce sont des politiques d'efficacité énergétique nous avons besoin de politiques de mesures d'efficacité énergétique nous avons besoin effectivement de s'assurer qu'on ne gaspille pas l'énergie pas plus qu'on ne gaspille l'eau pas plus qu'on ne gaspille finalement aucune ressource en quantité limitée sur cette planète mais la sobriété c'est en fait s'interroger sur le bien fondé et l'utilité sociale l'utilité économique l'utilité écologique de l'ensemble de nos productions et consommations sur dans un pays dans un pays donné ou à l'échelle de la planète et manifestement il y a des consommations il y a des productions sur en France et ailleurs en Europe et à l'échelle mondiale qu'il va falloir réduire qu'il va falloir même peut-être supprimer totalement et donc du coup c'est ce débat-là qu'il faudrait avoir et c'est ce débat-là que ce gouvernement et on a entendu les extraits d'Emmanuel Macron mais on a entendu également ce qu'en dit Elisabeth Borne c'est ce débat-là qu'ils ne veulent pas avoir c'est finalement dans ce qu'on a aujourd'hui en termes de production sur le territoire national d'importation des autres pays de la planète et finalement ce que nous consommons toutes et tous ici et bien qu'est-ce que nous décidons de conserver qu'est-ce que nous décidons de réduire progressivement et qu'est-ce que nous décidons d'arrêter immédiatement et donc de ce point de vue-là tous les débats qu'il y a pu y avoir sur le bien fondé des vols en jet privé mais également finalement le bien fondé de l'arrosage des golfs ou là le fonctionnement des remontées mécaniques pendant que nos écoles seront fermées tout cela est le même débat c'est quelle est l'utilité sociale économique écologique de l'ensemble des activités que nous avons sur le territoire national et quelles sont celles du coup qu'il faut s'accorder à réduire ou à arrêter plus ou moins immédiatement et c'est ce débat-là qu'il faudrait avoir aujourd'hui la sobriété c'est d'abord un débat d'émancipation individuelle et collective et se réapproprier finalement les enjeux politiques qui peuvent politiques au sens noble du terme d'organisation de la cité dans laquelle nous vivons sur finalement quelles sont les activités que nous maintenons et les activités que nous pourrons éventuellement faire croître plus d'éducation plus de santé et celles que nous consentons à réduire parce qu'il en va de la possibilité de maintenir une existence pérenne sur cette planète

29:49
Présentateur

donc c'est une lettre ouverte à Elisabeth Borne pour l'instant vous n'avez pas eu de réponse à cette lettre je suppose bon alors on se tiendra au courant si jamais Elisabeth Borne apporte une réponse à cette lettre en tout cas merci beaucoup d'être venu nous apporter votre éclairage sans mauvais jeu de mots sur ce plateau merci encore beaucoup Maxime Comte d'être venu

30:08
Invité politique

merci pour l'invitation merci

Coupures d'électricité : et si les riches s'en sortaient encore ? | Maxime Combes · Pourquijevote