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interviewBACKSEAT· 16 mars 2024 51 min

Elsa Faucillon : une communiste pas comme les autres ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Backseat, le film, c'est un documentaire exceptionnel que nous préparons. En un mot, ça raconte l'année 2023, une année d'embrasement à travers les yeux de Backseat, à travers le regard de toutes celles et de tous ceux qui ont participé à l'émission l'an passé. Tu veux voir ce documentaire en avant-première, sur grand écran, dans un MK2, avec tous les membres de l'équipe, et bien inscris-toi. En plus, si t'es abonné à Backseat, t'as reçu un code promo. A bientôt et bonne émission ! Chers amis, je vous propose que nous accueillons notre invité politique cette semaine, la députée communiste des Hauts-de-Seine, Elsa Faucillon ! Bonsoir Elsa Faucillon ! Bonsoir !

Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. On a beaucoup de questions à vous poser. On va d'abord parler de vous. Pour celles et ceux qui vous connaissent mal, j'ai écrit « Une communiste pas comme les autres ». Vous êtes députée communiste des Hauts-de-Seine. Alors, pour ceux qui connaissent mal les Hauts-de-Seine, c'est Neuilly-sur-Seine, c'est la défense. On n'a pas l'impression qu'il y ait de communistes dans les Hauts-de-Seine. Et en réalité, c'est plus compliqué que ça.

0:57
Elsa Faucillon

Oui, mais les Hauts-de-Seine, ce n'est pas que Neuilly et Courbevoie et Le Valois. C'est une bonne partie des Hauts-de-Seine, mais il y a aussi Jeunevilliers-Colombe et Villeneuve-la-Garenne. Et c'est plutôt des territoires populaires. Il y a sept quartiers politiques prioritaires de la ville. Donc, il y a encore aussi des collèges en Réplus. Et c'est une zone qui a été une zone fortement industrialisée, qui l'est encore un petit peu. Et clairement, ça ne ressemble pas à Le Valois. Mais c'est ça qui fait que c'est intéressant d'être député aussi. C'est-à-dire que les gens, ils ont vraiment des besoins.

Ils ont besoin aussi de gens qui les représentent, même s'ils ont besoin aussi de pouvoir s'exprimer et décider eux-mêmes. Mais je crois qu'ils ont d'autant plus besoin d'élus. Et on essaye aussi, en tout cas, j'essaye d'être le plus en proximité avec eux.

1:41
Présentateur

Je comprends. N'hésitez pas à parler bien dans votre micro pour qu'on vous entende bien.

1:44
Intervenant

Malek, ce n'est pas très loin de chez toi ? Oui, moi, je suis à Argenteuil, donc pas très, très loin. Et j'ai plein de copains qui ont quitté Argenteuil pour venir vivre à Gennevilliers, qui vous ont déjà rencontré en plus. Ils m'ont dit, on connaît la députée, elle est gentille et tout. Elle est sympa. Ça va, ça va. Pour l'instant, tout va bien.

1:56
Présentateur

Vous avez commencé à militer. C'était en 2005, au moment de la campagne. D'ailleurs, les plus jeunes ne s'en souviennent pas, mais c'était la grande campagne du oui ou du non au traité constitutionnel européen. Vous étiez dans le camp du non. Puis, vous avez manifesté l'année suivante, en 2006, immense mouvement étudiant et populaire également, contre un projet du gouvernement qui s'appelait le contrat premier embauche. Un truc qui précarisait les jeunes, c'était l'enfer. Et vous avez manifesté, vous avez fait partie de ce mouvement-là. Ça a été votre première manifestation. Qu'est-ce qui vous a emmené vers le Parti communiste ?

2:24
Elsa Faucillon

Alors bon, c'est clairement pas ma première manif, parce que quand on a des parents syndicalistes, CGT et PCF, généralement, vous faites des manifs super tôt.

2:32
Présentateur

Dans la poussette déjà, ça manifestait.

2:33
Elsa Faucillon

Donc, c'est clairement pas ma première manif, mais c'est ma première participation à un mouvement de mobilisation de manière, je ne sais pas, un peu investie. C'est-à-dire que dans ma fac, je participais au blocage, je participais à l'organisation des cortèges. Donc, voilà. Et c'était vraiment chouette, parce que d'abord, c'était une très grosse mobilisation. Puis en plus, désolé de dire ça à ceux qui militent aujourd'hui et qui voient un peu les défaites s'accumuler, mais c'était un mouvement victorieux. Donc, moi, ce que ça m'a dit, surtout, c'est en fait, le collectif humain, un collectif organisé, quand il se met en mouvement, quand il est déter, il peut gagner.

Et c'est ça qui m'a donné envie de poursuivre et de poursuivre en politique. Et pourquoi le PCF ? Très certainement parce que j'identifiais de manière un peu automatique que c'était l'espace où j'allais pouvoir poursuivre cette lutte de manière déterminée, que c'était l'espace politique qui pouvait m'accueillir. Je ne le cache pas. Je pense que le fait que mes parents y étaient a fait aussi que j'en ai eu une vision positive.

3:37
Présentateur

Vous avez reçu la politique en héritage comme beaucoup de personnes en politique, pas tous. Qu'est-ce que vous pourriez avoir envie de dire à des personnes qui, à l'inverse, n'ont pas du tout, mais n'ont pas du tout grandi avec la politique à la maison et qui débarquent, alors souvent sur Backseat, c'est pour ça qu'on a créé cette émission, pour s'adresser à eux, mais qui entendent parler de politique pour la première fois et qui trouvent ça compliqué, désespérant, angoissant, pas fun. Ça ne donne pas envie, la politique, quand on n'a pas baigné dedans.

4:03
Elsa Faucillon

D'abord, c'est toujours un peu compliqué de répondre à cette question, même si j'essaye de le faire. Je me rends bien compte aussi qu'aujourd'hui, la manière dont les jeunes font de la politique, parce qu'il y en a qui en font, de manière très différente de moi et de la manière dont moi, je me suis engagée en politique. Et j'aime bien voir qu'il y a des nouvelles façons de faire de la politique qui existent aujourd'hui. Donc, je ne sais pas si c'est véritablement à moi de répondre à cette question. Simplement, de manière très personnelle, j'y vois un terrain qui permet justement de dépasser un peu l'angoisse.

C'est-à-dire que quand on voit toutes ces choses un peu horribles qui s'amoncèlent, quand je voyais le jingle, je me disais, punaise, mais en fait, c'est une vision hyper terrible du monde, qui est réelle. Si on regarde ce qui se passe aujourd'hui à Gaza, si on regarde l'Ukraine. Si on regarde les formes d'autoritarisme qui se développent, les nationalismes, tout un tas de choses. Et puis, voilà, une casse sociale aussi. Tout ça est quand même super inquiétant, l'écologie. Et je me dis, du coup, c'est un espace où, avec d'autres, tu construis une grille d'analyse.

Et ça, ça te permet quand même un peu, pas simplement de prioriser, mais simplement d'articuler les choses, de te dire qu'il y a des déterminants, de te dire qu'il y a aussi des choses qui font système. Et du coup, ce collectif humain, il te sert et de grille d'analyse, et de capacité à te dire, on est quand même plus nombreux pour pouvoir y faire face. Je ne sais pas si ça donne envie, une fois que j'ai raconté ça, mais en tout cas, moi, c'est l'expérience personnelle que je fais de la politique.

5:36
Invité

Léa ?

5:37
Intervenant

En vous écoutant, lorsque Jean vous a demandé pourquoi le PCF, c'est vrai qu'on peut se poser la question pourquoi le PCF, mais je vous la pose encore, puisqu'on n'aura peut-être jamais vraiment la bonne réponse. J'ai remarqué que vous avez parlé au passé, c'est marrant. Ah, j'ai fait ça. Non, mais voilà, je soulignais juste, on y reviendra, on y reviendra. Vous avez fondé un mouvement il y a quelques temps, en 2019, si mes souvenirs sont bons, avec Clémentine Autain, qui s'appelle Le Fil des Communs, pour réfléchir un peu à comment dépasser les parties, à réfléchir sur la gauche de manière un peu plus globale.

Vous avez aussi prêté serment à Saint-Ouen, pour justement cette union de la gauche. On sent qu'il y a chez vous une volonté de dépasser la popole, un peu traditionnelle. Mais ce que je trouve intéressant, c'est que pour autant, vous vous retrouvez dans un des partis les plus anciens, les partis politiques les plus vieux, et qu'il y a quand même une structure un peu poussiéreuse. Comment vous vivez cette incohérence au quotidien ?

6:39
Elsa Faucillon

Ah, alors d'abord, sur le fait que j'en ai parlé au passé, vous n'êtes pas obligé de revenir là-dessus, il faut tout affronter, sur le fait, non, d'abord, je le dis toujours de cette manière-là, je me sens plus communiste que membre du PCF. C'est-à-dire que pour moi, c'est avant tout presque une culture politique communiste, plutôt qu'un truc très partidaire.

7:04
Présentateur

Alors ça veut dire quoi être communiste ?

7:05
Elsa Faucillon

En 2024. Alors, pareil, c'est un truc, forcément, j'espère d'ailleurs que...

7:11
Intervenant

Alors déjà, vous avez dit, ce n'est pas la défense de la viande et de la chasse.

7:15
Présentateur

Bam ! Vous l'avez dit, à bon entendeur, salut ! Ça, c'est une définition en négatif, c'est aussi le truc.

7:21
Elsa Faucillon

Non, je pense que chaque communiste aura un peu sa définition, parce que vous ne citez pas le truc de Congrès, vous ne citez pas Marx toutes les deux secondes pour dire pourquoi vous êtes communiste. Moi, en tout cas, mon engagement, il correspond à un truc qui peut peut-être se résumer comme ça. Pour moi, être communiste, c'est un niveau de détermination très haut à faire tomber les différentes formes d'exploitation et de domination. Voilà. C'est en tout cas comme ça que je me définis comme communiste. Et donc, évidemment, je pense que chacun peut voir. À la fois, évidemment, il y a le truc très... L'ADN communiste sur l'exploitation par le travail, enfin, au travail.

Donc, c'est comment cette hiérarchie patron-salarié, on la fait tomber. C'est-à-dire comment ce lieu d'exploitation, on le fait tomber. Mais c'est vrai aussi pour les différentes formes de domination. Je pense au genre et donc la domination patriarcale. Je pense au racisme. Et être communiste aujourd'hui, c'est être capable d'articuler, je crois, ces différentes formes d'exploitation et de domination. C'est-à-dire qu'il n'y a pas l'idée que la classe, ça prime sur l'antiracisme ou sur le féminisme. C'est comment on est capable, aujourd'hui, d'avoir une grille d'analyse, je dirais, qui n'en reste pas à ce qu'a été le mouvement ouvrier. Là, ça va.

C'est suffisamment clair, j'espère, et qui était très emprunt, évidemment, de lutte des classes, mais on voit bien aujourd'hui que l'exploitation et domination peuvent se mêler. Et donc, au travail, vous pouvez être exploité via votre patron, mais vous êtes doublement exploité si vous êtes une femme et si vous êtes racisé. Et comment ça, aujourd'hui, on est en capacité de l'articuler ?

8:57
Intervenant

Et pour vous, le communisme, c'est le seul mouvement politique, idéologique qui puisse peut-être contrer, justement, ces différentes formes d'exploitation, d'oppression et de domination ?

9:06
Elsa Faucillon

Non, je ne le crois pas. Et pour moi, ça correspond, peut-être qu'il faut le préciser aussi. C'est pour ça que je parlais de culture. Ça correspond aussi à une pratique, c'est-à-dire qu'il y a ce qui est annoncé dans les textes, qui peuvent être nos textes de congrès ou nos programmes électoraux. Et puis, il y a aussi comment ça vit, tout ça, la politique. Et la politique, ça vit parce qu'il y a des militants et des militantes. Moi, j'ai avant tout, et j'espère l'être encore, mais j'ai avant tout été une militante communiste.

Et j'ai été très marquée et très attachée, et certainement des petites, par cette manière de faire de la politique dans les quartiers, dans l'immeuble, parce que vous êtes un militant communiste dans votre immeuble, et que vous faites vivre la politique de manière très concrète et très simple auprès de vos voisins ou auprès de vos collègues de travail. C'est aussi considérer qu'il y a des personnes qui vont avoir des phrases qui, pour vous, sonnent comme communistes, mais vous ne leur dites pas d'abord « Prends ta carte au PCF, mais comment on milite ensemble ? » Et cette culture-là, pour le coup, je crois que j'y suis peut-être encore plus attachée qu'à nos textes de congrès.

Et c'est en ça que je me sens profondément communiste.

10:12
Intervenant

Antoine ? Vous l'avez dit vous-même, vous considérez davantage communiste qu'appartenir au Parti communiste, mais néanmoins, vous appartenez bien au Parti communiste. Et ça se passe comment, justement ? Parce qu'on sait que vous n'avez pas des positions communes avec Fabien Roussel et avec la direction du parti sur…

10:28
Elsa Faucillon

Pas toutes. Voilà.

10:30
Intervenant

Sur certains points, vous êtes en désaccord, notamment sur la stratégie à suivre d'union avec les autres partis de gauche. Comment ça se passe ? On a prévu d'en parler de l'union de la gauche tout à l'heure.

10:39
Elsa Faucillon

Léa posait déjà un petit peu cette question. Tout à l'heure, vous parliez de 2005 sur la bataille sur le traité constitutionnel européen. C'est un moment, pour moi, d'engagement aussi, parce que ce que je vois, c'est des gens à gauche qui sont capables de s'unir pour faire cause commune. Et quelque part, c'est ce qui me donne confiance aussi à entrer en politique, c'est de voir qu'il y a des gens issus de différents partis qui disent « Nous, on pense qu'il y a un truc super important, c'est de s'unir pour pouvoir y arriver. » Et pareil, c'est quand même ce qui fonctionne aussi.

C'est-à-dire que cette unité-là, elle est hyper importante pour qu'on arrive à ce que ce soit le nom qui l'emporte, même si ensuite, Sarko en a fait du papier mâché. Mais en tout cas, il y a ça. Pour moi, c'est un fil conducteur. Après, il y a eu le front de gauche, avec l'arrivée du parti de gauche, où c'était Jean-Luc Mélenchon et d'autres. Et ce que je crois, c'est qu'en fait, des gens un petit peu en... Comment dire ? Pas forcément toujours hyper bien calés sur leur parti politique. À gauche, en fait, il n'y a pas qu'au Parti communiste qu'il y a des gens comme ça. C'est vrai chez les Verts, c'est vrai chez les socialistes et c'est vrai à la France insoumise.

Et donc, on n'est pas toujours bien calés, mais en même temps, c'est aussi notre histoire, c'est notre culture politique, c'est là où on a commencé, c'est là aussi où on a des liens. Moi, j'ai des liens très forts avec les militants communistes de ma circonscription. C'est eux qui m'ont désignée aussi pour être candidate au nom du Parti communiste. Donc, ces liens-là, vous ne les rompez pas si facilement. Ce n'est pas que de l'affect, c'est aussi très concret.

Et je crois que de ma place, ça plaît aussi à des communistes, qu'ils soient à l'intérieur ou dehors, de se dire qu'il y a des personnalités au sein de ce parti qui vont continuer à militer pour des idées communistes et qui vont continuer à militer pour une union de la gauche. Parce qu'on va peut-être y revenir, mais je pense qu'il y a un impératif d'unité au vu de la situation politique.

12:29
Présentateur

On va reparler tout à l'heure de l'union de la gauche. On a des questions à vous poser sur où en est la gauche, selon vous. Mais avant ça, on voulait parler d'un dossier sur lequel vous avez été sur le devant de la scène. C'est la question de la fin de vie. Alors, je rappelle aux personnes qui nous écoutent qu'en 2005, il y a eu la loi Leonetti. C'est la première loi spécifique sur la fin de vie qui a introduit l'interdiction de l'obstination déraisonnable. Ensuite, en 2017, Olivier Falorni dépose une proposition de loi qui donne le droit à une fin de vie libre et choisie. On continue à avancer petit à petit.

Puis, en 2022, le Comité consultatif national d'éthique qui ouvre la voie à une aide active à mourir à certaines conditions très strictes. Décembre 2022 jusqu'en mars 2023, c'était assez récemment l'année dernière, Convention citoyenne sur la fin de vie. La deuxième Convention citoyenne après celle sur le climat a été sur la fin de vie. Et dimanche dernier, Emmanuel Macron a annoncé sa conception d'un modèle français de la fin de vie. Est-ce que c'est une victoire pour vous, ce pas qu'a fait Emmanuel Macron ?

13:24
Elsa Faucillon

On verra déjà à la fin, c'est-à-dire quand le texte va être discuté et qu'il sera voté. Mais en tout cas, oui, je considère que c'est une énorme avancée qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron ait fixé un calendrier. Il est connu. Le texte arrivera en avril en Conseil des ministres et en mai, fin mai, à l'Assemblée nationale. Il y a eu aussi d'autres lois. Il y a Claes Leonetti en 2016 qui déjà fait avancer aussi la question des soins palliatifs. C'était un engagement d'Emmanuel Macron depuis 2017.

Je rappelle qu'il y a eu entre deux aussi des occasions pour Emmanuel Macron ou pour la majorité d'avancer puisqu'il y a eu aussi la proposition de loi de Caroline Fiat de la France insoumise en 2018, une de leurs niches parlementaires. Et puis, beaucoup de personnalités et de citoyens en France qui la demandent de manière très urgente. Et d'ailleurs, forcément, il y a des gens qui auraient aimé depuis longtemps que cette loi puisse enfin arriver parce que c'est des souffrances qui se sont accumulées. Donc là, il parle d'un modèle français de l'aide à mourir. Les mots vont être extrêmement importants dans ce débat politique.

D'ailleurs, dans la Convention citoyenne, il y avait même une sorte d'atelier sur les mots qui était driveé par Eric Orsena sur le choix des mots. Et vous remarquez, on n'utilise pas euthanasie. On n'utilise pas suicide assisté. On utilise aide à mourir. Et tous ces mots vont avoir un sens.

14:55
Présentateur

On pourrait considérer que ça, c'est blanc bonnet et bonnet blanc. On joue sur les mots, là.

14:58
Elsa Faucillon

C'est pas seulement ça. C'est pour faire une distinction par rapport aux modèles qui existent ailleurs. Il y a des modèles qui existent en Belgique. Il y a des modèles qui existent en Suisse. Et très clairement, c'est pas vers ça que la loi française s'oriente aujourd'hui. On n'est pas, par exemple, sur le modèle... J'imagine que plusieurs... Vous avez vu des vidéos de gens qui expliquaient qu'ils allaient aller en Suisse pour pouvoir choisir la date de leur mort, même s'ils n'avaient pas, finalement, de maladie incurable, ou même si leur diagnostic vital n'était pas engagé. Leur diagnostic vital n'était pas engagé. C'est pas le modèle qui est proposé, là.

Mais c'est pas non plus ce qui était demandé largement dans la société française. Très clairement, là, le texte qui arrive, il correspond à une forme de consensus dans la société. Peut-être qu'il y a des gens qui souhaiteraient que ça aille plus loin. Je vois aussi qu'il y a des gens qui souhaitent qu'on n'aille pas jusque-là. Oui, oui, oui. On l'a vu.

15:49
Présentateur

Il y en a pour qui c'est déjà trop, oui.

15:50
Elsa Faucillon

Pour qui c'est déjà trop. Mais très clairement, pour ceux qui souhaitaient avancer vers les aspirations qui existent dans la société, il y a un consensus. Peut-être qu'il faut rappeler ce qu'ils... Allez-y. Les restrictions, les conditions qui sont requises. Parce que quand on entend aide à mourir, quelque part, pardon de le dire, mais on pense aux vieux, on pense aux personnes âgées.

16:12
Présentateur

Oui, c'est à ça que je pense.

16:13
Elsa Faucillon

Très clairement, cette loi, elle va plutôt, et je le dis malheureusement, servir à des gens beaucoup plus jeunes. La moyenne d'âge, je ne l'ai plus en tête, mais elle est très clairement plutôt sur un public jeune.

16:24
Présentateur

Alors, c'est un public qui est concerné par des maladies ?

16:27
Elsa Faucillon

Maladies incurables. La condition, ce sera aussi que cette personne ait du discernement pour pouvoir choisir. Parce que, il faut le dire, peut-être que ça semble un peu bébête de le dire comme ça, mais ça sera un choix. C'est-à-dire qu'on ne va pas vous forcer à mourir. Un choix, c'est si vous le demandez. Donc, il faut avoir du discernement pour cela. Et il faut que cette maladie provoque des souffrances importantes, très importantes. Et là-dessus, on aura du débat, mais qui les définit ? Est-ce que c'est le patient ?

16:56
Présentateur

C'est comme le discernement, qui est le juge de paix ?

16:57
Elsa Faucillon

Oui, mais en tout cas, dans la loi, la question du discernement, elle est un peu claire. Celle des souffrances, on sait tous que la manière dont on perçoit, on ressent les souffrances, elle n'est pas tout à fait claire. Et surtout, on ne sait pas si ce n'est pas le médecin qui décidera de ces souffrances. Donc, il y a ça, il y a le discernement, maladie incurable, pronostics vital engagés, à court ou moyen terme. Et pareil, là, on va avoir du débat. C'est quoi le court ou moyen terme ? Dans les lois Léonetti, le court terme, globalement, maintenant, on le pratique un petit peu, on sait que c'est en gros une à deux semaines.

Le moyen terme, dans ce qu'on entend et dans ce qu'a répondu Emmanuel Macron, c'est quelques semaines, deux mois. Voilà, ça, c'est pareil. C'est des choses qui vont être discutées dans le cadre de nos débats parlementaires. Et on aura d'autres choses. Moi, je suis pour qu'on puisse aussi, parce qu'il y a la question du discernement, c'est aussi est-ce qu'on est en capacité d'avoir des directives anticipées là-dessus ? Puisqu'il y en a pour les soins palliatifs. C'est ce qui avait fait avancer la loi de 2016. Et donc là, pareil, est-ce qu'on pourra avant faire ces directives anticipées justement sur cette aide à mourir ? Donc, c'est quand même très, très encadré.

Il y a évidemment des personnes qui pourtant sont en grande souffrance et qui aspireraient à bénéficier de l'âne à mourir qui ne rentreront pas, pardon, mais dans les clous de ce texte. Mais je considère qu'on ouvre une sacrée porte.

18:22
Invité

Léa ?

18:22
Intervenant

Oui, moi, ce qui m'intéressait aussi, c'est votre retour sur le dialogue avec l'exécutif et notamment avec l'Élysée sur cette problématique et sur le texte à venir. On a le sentiment quand même assez souvent que lorsqu'il s'agit de sujets de société, Emmanuel Macron va concerter, mais après, il va prendre ses décisions et puis il a ces petits visiteurs du soir qui viennent et qui l'influencent et qui lui murmureraient l'oreille les décisions qu'il devrait prendre. Et là, je parle plus particulièrement, je pense plus particulièrement à la PPL d'Alban Gaillot qui avait été votée en mars 2022 où il y avait eu à un moment donné la question de supprimer la clause de conscience pour l'IVG.

Et finalement, on sait très bien que l'Ordre des médecins avait poussé directement auprès de Macron pour que ça ne passe pas. Est-ce que sur ce texte qui vient en avril, qui arrive en avril, vous avez eu le sentiment que finalement votre rôle a été minimisé par l'exécutif ou est-ce que aussi le rôle, tout le travail qui a été réalisé par la Convention citoyenne, comment les choses se sont passées dans les coulisses, en quelque sorte ?

19:24
Elsa Faucillon

Oui, très clairement. De toute façon, Emmanuel Macron, c'est l'homme qui aime décider seul et qui décide seul. Donc ça, il n'y a pas tellement de doutes. C'est vrai à peu près pour tout. Donc, il choisit son calendrier aussi. Et là, on voit bien qu'on a une séquence. Moi, je le vois à l'Assemblée nationale. On a plein de petits textes un peu désordonnés qui se présentent mais qui nous demandent beaucoup de travail parce qu'en fait, il y en a plein, plein, plein.

Et puis, après la séquence loi immigration qui a été une séquence quand même, je ne sais pas, ils ont envie de la passer sous silence, mais extrêmement grave pour le pays où le gouvernement a quand même décidé de donner quittus, de valider des thèses qui sont des thèses historiques de l'extrême droite. Puis, c'est vrai que quelques semaines plus tard, on a l'IVG, on a l'aide à mourir, on a l'entrée de Missac Manouchian au Panthéon. Bon, on voit bien que... Enfin, voilà, on ne va pas nous la faire. Il choisit un calendrier qui n'efface évidemment pas toutes les conséquences de la violence sociale qu'il met en oeuvre par ses politiques, mais...

20:22
Présentateur

Mais sur la méthode, le fait qu'il ait des visiteurs du soir, le fait qu'il consule comme ça les autorités religieuses, complètement en dehors de toute forme de cadre qu'il a pourtant lui-même créé, par exemple, la Convention citoyenne, qu'est-ce que ça dit de sa volonté de chercher un consensus ? C'est une bonne manière de faire de la politique, ça, pour un président ?

20:38
Elsa Faucillon

Non, je ne vais pas vous dire que c'est une bonne manière sur tout, sur à peu près tout. Et Emmanuel Macron, c'est... Je ne sais pas, moi j'ai ce souvenir... À chaque fois, ça me rappelle la période du Covid, quoi. Cette espèce de mec qui explique devant des millions de concitoyens qui sont hyper apeurés « Nous sommes en guerre ! » Enfin, voilà, il ne lui manquait plus que le T-shirt à la Zelensky kaki, quoi. Enfin, je trouve qu'il y a un truc d'ailleurs hyper viriliste chez lui sur cette manière de faire. Et puis, c'est l'écrasement en permanence du Parlement. Là, on peut se dire... On peut aller chercher les bonnes nouvelles.

C'est-à-dire qu'il y a une convention citoyenne et que celle-ci, visiblement, en tout cas, dans les annonces qui sont faites aujourd'hui, on va respecter ce qu'elle a raconté.

21:20
Invité

OK.

21:21
Elsa Faucillon

Bon. Voilà. Mais en tout cas, on sait bien, on le voit dans les premières interviews, celle qu'il a faite à La Croix et Libération. C'était ça, La Croix et Libération, que très clairement, il a envie d'être l'homme de la situation. Celui qui va, comme il l'a fait pour l'IVG, va pouvoir dire c'est moi qui l'ai fait. Alors que derrière, il y a le travail. C'est vrai pour l'IVG. Bon, il a rattrapé un tout petit peu le coup au moment de la cérémonie Place Vendôme où il y avait Mélanie Vogel, Mathilde Panot, d'autres. Mais on sent bien que là, par exemple, le travail qui a été fait par d'autres, par Olivier Farlorny, par Caroline Fiat, par d'autres, pareil, il va être effacé.

Après, moi, je trouve que ça dit quelque chose, évidemment, toujours de là où on en est de notre régime démocratique. Et c'est aussi pour ça que je continuerai de militer pour une Sixième République parce que c'est juste impossible aujourd'hui de continuer avec un président qui décide de tout comme ça. en revanche, là, j'ai plutôt forcément un petit peu envie de me concentrer sur l'avancée que ça représente. Donc, oui, on va continuer de raconter un peu le cadre et le contexte politique, mais là, je vais surtout essayer d'avancer avec d'autres pour que cette loi, elle soit la meilleure possible.

22:40
Présentateur

Antoine ?

22:41
Intervenant

Mais justement, comment vous percevez les conventions citoyennes, pas seulement sur cette thématique-là, mais de manière plus normale, enfin, plus globale, pardon. Vous parliez du fait qu'il y avait un problème démocratique en France, l'idée d'une sixième république. Justement, les conventions citoyennes, ça va dans le bon sens ? Ça ne va pas assez loin ? C'est quoi votre opinion là-dessus ?

22:58
Elsa Faucillon

Moi, je suis pour qu'il y ait des conventions citoyennes parce que c'est des espaces pas simplement où les gens tranchent, mais c'est aussi des espaces où les gens débattent ensemble, s'approprient des sujets. Donc, c'est très bien, mais dans un système aujourd'hui qui s'autoritarise de plus en plus via une police qui réprime les mouvements sociaux, via un parlement dont même l'agenda est décidé par le président de la République. C'est lui qui a décidé l'agenda pour que le texte arrive à l'Assemblée nationale.

23:26
Présentateur

Il n'y a pas beaucoup de texte au Parlement en ce moment.

23:28
Elsa Faucillon

Non, pas du tout. Il dit que c'est le 27 mai, ce sera le 27 mai sur le fait qu'aujourd'hui les salariés dans les entreprises voient les milliards versés aux dividendes, ils n'ont pas leur mot à dire alors que c'est eux qui font les richesses. Les 49.3 sur les retraites, le 16 mars, qui est quand même, je trouve, un moment dans l'histoire du pays qui est en termes démocratiques qui nous alerte. Et d'ailleurs, dans tous les sondages d'opinion, ça a été un moment de décrochage dans la population sur la question démocratique. Pas que les gens n'aient pas envie de démocratie, au contraire, ça a renforcé une aspiration démocratique.

Donc, la convention citoyenne, c'est toujours bien, mais enfin, c'est tout petit dans ce qu'il y a à transformer pour qu'on ait un âge démocratique dans lequel les citoyens et les salariés, ils aient la parole.

24:15
Présentateur

Et sur la question démocratique... La parole, en plus,

24:17
Elsa Faucillon

c'est tout petit, c'est un vrai pouvoir de décision.

24:19
Présentateur

Sur la question démocratique, les conventions citoyennes cherchent aussi à dégager des consensus et notamment sur la question de la fin de vie, on veut absolument aller vers le consensus, le consensus, le consensus. Mais est-ce qu'il y a un moment, la politique, c'est pas d'assumer le dissensus et d'accepter de se fâcher avec des gens en disant les autorités religieuses n'ont pas d'accord ?

24:36
Elsa Faucillon

C'est un exemple,

24:37
Présentateur

ça peut être dans l'autre sens.

24:43
Elsa Faucillon

en permanence que, déjà, on projette des choses des fois sur les gens avant même de leur avoir offert la capacité de réfléchir ensemble sur une question. La convention citoyenne, pour le coup, elle le fait. Mais nous, on n'a pas arrêté de nous rabâcher pendant le débat immigration que les gens, ils étaient contre le fait qu'il y ait des immigrés dans ce pays.

25:01
Présentateur

Il y avait des sondages qui étaient favorables.

25:03
Elsa Faucillon

Mais en même temps, quand on les interroge à savoir s'ils sont pour l'accueil, ils sont pour l'accueil. Donc bon, on voit bien que...

25:09
Présentateur

Ça dépend comment poser la question.

25:10
Elsa Faucillon

C'est toujours un peu important. Mais si, on va devoir trancher. Par exemple, là, sur la question de l'aide à mourir. Je parlais des directives anticipées, je parlais du cours au moyen terme. Tout ça, il va falloir qu'on le tranche et on aura évidemment des propositions qui peut-être n'iront pas, je dirais pas, à l'encontre de la convention citoyenne et encore pourquoi pas. Il y a des députés qui vont le faire. Moi, je ne me sens pas aller... Enfin, ce n'est pas qu'il n'y a pas à le faire. C'est que là, pour le moment, dans ce qui est proposé, citoyenne. Donc, je me sens plutôt à l'aise avec ce qui a été proposé. Mais en revanche, évidemment qu'il faut affronter le débat politique.

Le meilleur exemple qui est le plus connu sur la peine de mort, heureusement qu'il y a des politiques, à un moment, qui vont vers le dissensus. Mais je dirais, je trouve que c'est d'autant plus important quand on a une crise démocratique à ce point, à condition d'organiser les espaces où les citoyens peuvent aussi exprimer leur désaccord. Parce qu'en fait, la démocratie, elle est faite aussi pour trancher les conflits. La démocratie, normalement, c'est ce qui permet la paix.

26:13
Présentateur

Oui, c'est pas censé être brutal.

26:15
Elsa Faucillon

C'est pas censé être brutal. C'est-à-dire, le dissensus, c'est aussi par la confrontation politique au sens noble du terme. Vous exprimez un désaccord, vous êtes en capacité de donner des arguments. Et il y a un moment, si chacun sent qu'il a pu être respecté dans le fait de donner son opinion, s'il sent que les règles démocratiques, elles sont suffisamment sûres, alors il y a une plus forte adhésion à la décision prise.

Et là, à chaque fois, j'en reviens à ce moment des retraites, mais quand vous avez un 49-3 qui, déjà sur un texte qui est violent par essence sur nos corps, sur nos vies, mais qui en plus s'abat de cette manière hyper violente démocratiquement, alors vous installez forcément un conflit violent dans la société. Et moi, j'aspire à la paix et donc j'aspire à une démocratie qui permet aux citoyens d'affronter cette confrontation sereinement.

27:07
Présentateur

Je reviens sur la question de la gauche et de son unité. On voulait en parler avec vous, Elsa Faucillon, parce que vous êtes une députée iconoclase, vous faites partie des députés qui défendent la NUPES, qui défendent l'union de la gauche, qui défendent le travail commun avec la France Insoumise, par opposition, donc à la direction de votre parti, Fabien Roussel, qui lui, on le sait, a été élu à la tête du Parti communiste sur un projet d'affirmation d'une identité spécifique du Parti communiste qui présentera son candidat quoi qu'il se passe, etc. Quel regard vous portez aujourd'hui sur la gauche divisée aux européennes ? Chacun y va dans son couloir de nage.

C'est quelque chose que vous regrettez ?

27:41
Elsa Faucillon

Oui, je le dis souvent, ça ne me va pas. Ça ne me va pas parce que, je ne sais pas, on le voit tous comment ça se profile les élections européennes. Je crois qu'on peut chacun déjà s'imaginer devant sa télé le soir ou sur Internet ou ailleurs avec le RN en tête à plus de 30%, la Macronie pas trop loin derrière et puis des 6, des 9, des 4 pour les candidats des gauches. Et donc, on fera le cumul

28:10
Présentateur

des gauches mais il n'y aura que les gens de gauche qui le feront celui-là.

28:12
Elsa Faucillon

Oui, et puis en plus, je ne suis pas sûre qu'il aille très haut. Moi, j'ai plutôt tendance à croire que l'unité, si on la rend dynamique, elle peut créer de la dynamique et donc, à faire un score plus haut. Mais là, très clairement, bien sûr que derrière, il faudra continuer et vous pouvez compter sur moi, je vais continuer. Mais on sent bien qu'on va ramer un peu plus quand même encore sur l'unité et un peu plus encore installer le récit installé et autoprophétique de l'ERN, il peut accéder au pouvoir en France en 2027.

28:47
Intervenant

Vas-y Malek. J'ai une vraie question. Vous votez pour qui le 9 juin ?

28:51
Elsa Faucillon

J'ai une vraie question. C'est aussi une vraie question. Je vais vous dire, c'est une vraie question pour moi aussi. Voilà. Pour être très honnête.

29:01
Intervenant

J'ai posé une vraie question.

29:03
Elsa Faucillon

C'est une vraie question. C'est une vraie question pour moi aussi parce que là, on est à peu près à 80 jours de l'élection. Ça fait quelques mois que je dis qu'il faut qu'on s'unisse parce que ce n'est pas possible. Visiblement, je ne suis pas la seule à le dire. Ça ne marche pas hyper bien.

29:20
Présentateur

Vous le dites depuis 2018.

29:21
Elsa Faucillon

Je le dis depuis un moment. À l'époque, la France Socialiste

29:23
Présentateur

était vachement moins pour l'Union.

29:24
Elsa Faucillon

Ça ne marche pas hyper bien mais j'ai quand même envie qu'ils continuent d'entendre qu'il n'y a pas que moi parce que je pense qu'il y a d'autres politiques mais il y a aussi plein de gens qui disent que ce n'est pas possible que ça se passe comme ça. Je pense qu'il faut continuer de la faire monter cette pression. Donc, non seulement je me pose vraiment la question moi encore mais en plus y répondre aujourd'hui quelque part c'est dire si j'annonce je vote pour un tel, une telle, etc. En fait, c'est dire voilà que vous acceptez j'ai accepté le truc et donc c'est trop facile.

Je vous dis ouais, je suis pour l'unité mais en même temps tout de suite derrière je fais campagne pour quelqu'un d'autre. Bon, il y a un moment c'est pas totalement peut-être que des fois je sens bien que c'est dur de faire passer la sincérité politique mais peut-être je vous demande juste de croire un truc sur ma sincérité c'est qu'il y a un truc et le fil conducteur de mon engagement politique c'est ce besoin de rassemblement et je ne crie pas unité à tout moment parce qu'il y a des fois où il n'y a pas forcément cet impératif

30:22
Présentateur

Sur la question ukrainienne par exemple ?

30:24
Elsa Faucillon

Ouais, non mais ce que je veux dire par là c'est qu'il y a des moments où en vrai que des listes se présentent séparément ça peut avoir du sens si on sait qu'il n'y a pas ce risque qui est le risque actuel d'une société préfasciste qui se développe etc. dans l'autorité dans un néolibéralisme forcené etc. Là ce que je vois c'est qu'il y a une situation qui nous oblige à le faire et que donc répondre à cette question aujourd'hui c'est déjà renoncer

30:51
Intervenant

Après avoir créé quand même un espoir en 2022

30:53
Elsa Faucillon

Avec la NUPES Avec la NUPES

30:56
Intervenant

et donc est-ce que l'union aujourd'hui est encore possible ?

31:02
Elsa Faucillon

Ah bah oui alors sinon franchement il faut tous qu'on se retourne se coucher et puis je sais pas on prépare le maquis quoi mais non mais franchement enfin Léa

31:11
Intervenant

D'après vous comme vous êtes une des chevilles ouvrières de cette union au quotidien vous devez quand même voir un peu ce qui se passe en coulisses notamment et dans les couloirs pourquoi cette union divise autant ?

31:24
Elsa Faucillon

Alors là il me faudrait peut-être beaucoup beaucoup de temps pourquoi elle divise autant ? D'abord parce qu'il y a des logiques il y a quand même des logiques d'appareil qui existent très clairement

31:38
Intervenant

Est-ce que c'est le système institutionnel aussi ?

31:41
Elsa Faucillon

Il pousse à ça ou pas d'après vous ?

Alors il y pousse mais là je dirais il faut qu'on prenne nos responsabilités voilà bien sûr qu'il y pousse il y a plein de choses qui poussent à la division on a un système qui convient pas il faut renverser aussi le calendrier électoral faire les législatives avant les présidentielles enfin il y a plein de choses mais très quand je parle de moi de ma grande crainte actuelle en plus des urgences sur lesquelles on a à répondre parce que forcément là j'ai l'impression de faire aussi un peu de popole l'air de rien mais je suis députée d'une circunscription populaire je vois le nombre de gens qui vont à la banque alimentaire je vois dans l'école où est mon fils qui est l'école de mon quartier il n'y a pas de prof pendant 5 semaines parfois l'hôpital à côté ça va pas donc il y a ces urgences là et puis il y a l'urgence très clairement moi j'ai pas de soucis à dire on est en société préfasciste il y a vraiment un risque de fascisation il y a l'extrême droite qui peut arriver au pouvoir donc en fait on prend nos responsabilités donc il y a des logiques d'appareil il y a des désaccords pas réglés parce que en fait c'était bien 2022 c'était très bien parce que ça nous laissait du temps aussi pour pouvoir apprendre à travailler ensemble apprendre à dépasser justement les divergences ou les désaccords qui existent apprendre à développer une culture d'unité parce que ça se développe c'est pas si simple en fait quand vous venez de formations politiques différentes vous avez pas les mêmes mots vous avez pas les mêmes histoires la même culture

33:08
Présentateur

le PCF avait une vraie culture d'alliance avec le parti socialiste qui s'est forgé mais ça a été long ça a été des décennies puis il y avait des militants au début qui voulaient pas s'adresser la parole ça a pris du temps Antoine t'avais une question

33:17
Elsa Faucillon

mais plus vous est-ce qu'il y a des logiques de personnes ? oui aussi et bien sûr puis bon là on va pas se mentir il y a aussi toute la question de 2027 qui sera candidat il y a le nom qu'il faut surtout pas prononcer de Mélenchon qui plane au-dessus évidemment de cette question donc tout ça évidemment que c'est présent aujourd'hui dans les logiques qui divisent l'unité Antoine

33:40
Intervenant

vous pensez vraiment qu'après la campagne qui va y avoir et le fait que les différents partis de gauche vont quand même pas mal se taper dessus en particulier parce que ce qui a lieu autour des questions européennes des questions internationales c'est quand même les sujets où il y a le plus de dissension entre les partis c'est quand même possible derrière ça de pouvoir se retrouver est-ce que c'était pas finalement un accident de l'histoire récente de cette création de la NUPES

34:01
Elsa Faucillon

moi je dis que ce sera plus dur c'est pour ça en plus les campagnes c'est clairement des moments quand vous les faites ensemble où justement vous créez du lien aussi entre les militants et les militantes entre ceux qui sont sur les listes et tout donc franchement moi je pense que c'est vraiment j'ai pas envie de dire tout de suite une occasion ratée mais visiblement il faut que je sois lucide ça va se passer ils vont se présenter séparément donc occasion ratée justement de développer cette culture d'unité donc oui ça va être plus dur mais franchement on n'a pas le choix moi je renoncerai pas à ça en tout cas à le faire ensuite pour la présidentielle et puis il faut se le dire quand même il y a quelques-uns des partis politiques ou des premiers responsables des formations politiques de gauche qu'on dit pas aux européennes mais il faudra le faire pour la présidentielle moi je m'appuie aussi là-dessus ils se sont aussi engagés d'ailleurs devant leurs adhérents devant les adhérents de leur formation politique c'est vrai des Verts par exemple les Verts ont toujours dit aux européennes on part séparés mais il faudra une candidature commune Marine Tondelier le dit il faudra une candidature commune pour 2027 ce que dit aussi Olivier Faure a dit aussi Olivier Faure à plusieurs occasions ce que ne dit pas

35:09
Présentateur

Fabien Roussel

35:10
Elsa Faucillon

ce que ne dit pas Fabien Roussel moi je suis têtu je disais qu'être communiste c'est être déter on va continuer non mais c'est vrai c'est pour ça qu'aussi c'est aussi un message envoyé à celles et ceux qui aspirent à l'unité en fait cette question elle est une question politique aujourd'hui elle est une question politique qui se relie à toutes les urgences en termes de climat de démocratie d'urgence sociale c'est à dire que si on veut à un moment pouvoir gagner sur les périls qui nous guettent il y a à mon avis une condition importante c'est la question de l'unité donc il faut des militants et des militantes de l'unité pour leur foutre la pression en fait il faut leur foutre la pression aux personnalités politiques qui aujourd'hui refusent cette unité

35:56
Intervenant

Elsa Fossion vous êtes une militante de la cause palestinienne de longue date est-ce que la parole aujourd'hui du parti communiste de Fabien Roussel sur Gaza sur la question palestinienne vous convient ?

36:11
Elsa Faucillon

alors d'abord quelques mots parce que je peux vous me poser la question sur Gaza donc je ne peux pas juste parler de comment Fabien Roussel parle de Gaza d'abord dire vous voyez tous les images vous voyez tous les chiffres vous voyez tous les visages même si on ne les voit pas assez ils ne sont pas assez humanisés mais en tout cas vous voyez tous la situation qui se déroule sous nos yeux à Gaza donc moi j'ai envie aussi de vous inviter à venir à toutes les initiatives qui se tiennent il y a des manifestations qui ont lieu tous les samedis partout dans le pays et il faut qu'on pousse notre pays et notre président de la république à des actes il y a eu une petite évolution dans le langage on le voit parce que et c'est vrai de plein de dirigeants occidentaux parce que les opinions elles font bouger les dirigeants et donc les opinions elles voient qu'il y a un massacre qu'il y a un génocide qui est en cours et donc elles disent ça doit s'arrêter et ça il faut que nos dirigeants puissent entendre et bien pareil qu'il y a une opinion qui est forte qui a le coeur avec les gens à Gaza et donc que c'est utile de se mobiliser pour ça donc il y a des manifs il y a des associations etc franchement allez-y quoi et la deuxième chose c'est que c'est vrai que le combat pour la liberté des palestiniens et des palestiniennes il est un combat de très longue date pour les communistes c'est ce qui nous pousse à être très en lien on a des villes qui sont jumelées avec des villes palestiniennes c'est le cas de Gennevilliers et c'est le cas de Colombes récemment c'est pour ça qu'on avait déposé aussi une proposition de résolution pour reconnaître le régime d'apartheid israélien et donc moi c'est vrai que j'ai eu à certains moments en tout cas le sentiment que peut-être Fabien Roussel était en deçà de la parole communiste habituelle sur la question de la Palestine je remarque que son séjour en Cisjordanie a peut-être un peu fait bouger les choses

38:13
Invité

donc j'ai envie

38:14
Elsa Faucillon

de dire tant mieux mais c'est vrai que voilà pareil je crois ça a été le moment où la division a été actée en fait après 7 octobre la division NUPES a été actée en fait après le 7 octobre alors il y en a qui étaient aussi très ravis de cette division et qui quelque part ont accéléré ça a accéléré la division ils l'ont vu

38:37
Intervenant

comme une aubaine

38:37
Elsa Faucillon

mais en tout cas s'il y a bien peut-être un endroit où ça peut pas servir de prétexte à nos volontés de démarcation de distinction les uns par rapport aux autres franchement quand il y a cette situation-là on peut pas jouer à ça donc moi quand Fabien Roussel là pour le coup il dit des mots qui me conviennent mieux je vais pas faire celle qui d'un seul coup pour se faire Fabien Roussel parce qu'on a des désaccords internes je vais me livrer à ça si c'est mieux tant mieux pareil je souhaiterais que le PCF soit signataire des appels aux manifestations parce qu'on a toujours participé très activement au collectif pour une paix juste et durable ça fait des années qu'on y participe qu'on a toujours été moteur dans ce collectif qui est à l'initiative là ça fait plein de fois qu'on signe pas pour moi c'est la honte quand on signe pas

39:29
Présentateur

Vous parliez tout à l'heure de culture politique qui dépasse et qui transcende les partis quelle est fondamentalement la différence ou les différences de culture entre le parti communiste et la France insoumise c'est la démocratie interne c'est le fait qu'il y a des congrès au PCF et pas à l'EFI Alors d'abord

39:44
Elsa Faucillon

il y a des très vieilles histoires de cultures politiques très différentes il y a les communistes les Lambertistes les Trotskistes enfin bon c'est des très très vieilles histoires C'est grand le communiste c'est une grande famille

39:54
Présentateur

c'est toujours les réunions de famille qui sont rouleuses

39:56
Elsa Faucillon

mais qui marquent des longues histoires qui se transmettent aussi donc bon en fait elles ont peut-être une vieille histoire mais elles ont souvent des actualités très présentes parfois méconnues par des jeunes générations quoique mais en tout cas elles ont des histoires je ne sais pas si c'est une différence enfin oui il y a une différence de culture moi la différence que je vois aujourd'hui oui il y a la question de la démocratie interne tout à l'heure justement Léa vous m'interrogiez aussi sur le côté poussiéreux la grosse machine il y a aussi ces avantages à la grosse machine et là parfois un peu poussiéreux c'est-à-dire le fait que justement on a un cadre démocratique ça n'a pas toujours été le cas au PCF mais aujourd'hui on a un cadre démocratique qui moi me convient plutôt bien je suis parfois en désaccord avec les décisions majoritaires mais il y a des décisions majoritaires il faut le dire donc on sait sur quoi on s'appuie on sait là où sont les lignes de fracture je vois bien qu'il y a des camarades à la FI ils ne sont même pas capables de dire si c'est une ligne de fracture puisque ça n'est pas dit il n'y a pas l'espace il n'y a pas l'espace pour pouvoir le vérifier après moi je ne suis pas là je ne suis pas membre de la FI donc je ne suis pas là pour faire le procès du manque de démocratie interne à la France Insoumise mais ça manque par exemple quand on avait le cadre unitaire NUPES le fait qu'il n'y ait pas de démocratie interne ou pas suffisamment de démocratie interne à la FI ça manquait dans ce cadre unitaire

41:20
Présentateur

c'était compliqué les discussions

41:22
Elsa Faucillon

parce que vous ne savez pas avec qui vous parlez vous ne savez pas quelles sont les lignes justement de convergence au sein de un port de force aussi exactement donc ça c'est vrai que ça a été un truc assez compliqué mais moi j'ai plutôt envie de regarder non pas par trop d'optimisme ce n'est pas trop ma nature mais tous les points aussi qui en fait ont été très simples en termes de convergence entre partis politiques représentants militants mais aussi plus largement familles politiques en fait pendant un an on a fait des intergroupes NUPES où en vrai il y a plein de trucs qu'on réglait hyper facilement

41:58
Présentateur

ouais

41:59
Elsa Faucillon

plein de enfin tout à l'heure vous citiez le cas des votes ukraines

42:04
Présentateur

ouais

42:04
Elsa Faucillon

bah en vrai on a fait des votes très différents puisque les socialistes et les écolos ont fait un vote pour et la FI et nous on a fait un vote contre mais si vous écoutez en fait les interventions

42:14
Présentateur

c'était très proche

42:15
Elsa Faucillon

on racontait la même chose et moi je crois que si on avait eu l'intergroupe NUPES on aurait été capable de caler notre groupe ensemble

42:21
Présentateur

vous pensez ?

42:21
Elsa Faucillon

ouais

42:22
Présentateur

sur un vote ?

42:23
Elsa Faucillon

ouais parce qu'en fait il fallait simplement dire il fallait simplement bah ouais

42:28
Présentateur

sur la question ukrainienne

42:29
Elsa Faucillon

sauf que s'il y avait l'intergroupe NUPES je sais pas si on en serait là sur les européennes bon donc on peut faire de la politique avec des si c'est toujours un peu compliqué mais en tout cas ce que je veux dire c'est que nos votes auraient pu avoir plus de proximité ça c'est sûr parce que en fait on répondait pas à la même question ou une abstention non mais on répondait pas à la même question on a pas pris on a pas pris le même angle pour pouvoir répondre de lecture pour pouvoir répondre à la question je pense que nos 4 groupes sont pour une aide à l'Ukraine nos 4 groupes voient bien qu'il faut accueillir encore des Ukrainiens qu'il faut mieux les accueillir non mais

43:00
Présentateur

le diable est dans les détails typiquement dans ce genre de truc sur des déclarations c'est extrêmement compliqué

43:05
Elsa Faucillon

et y compris même à la FI il y a eu des bougées sur la manière d'aborder la question depuis le démarrage ils disent plus la même chose et je pense à Jean-Luc Mélenchon il dit plus totalement la même chose sur Ukraine-Russie aujourd'hui qu'il ne disait il y a un an et demi ou en 2022

43:20
Intervenant

elle n'est pas ça marché quoi

43:21
Elsa Faucillon

je crois que ça a des effets

43:24
Intervenant

positifs Léa ?

est-ce que finalement parce qu'on voit que le peuple de gauche veut l'union ça c'est incontestable j'en parlais encore récemment avec des chevilles ouvrières du printemps marseillais qui me disait que les marseillais étaient devenus manifester devant la mairie pour qu'il y ait un accord sur l'union donc on sent qu'il y a quand même quelque chose de très fort est-ce qu'on peut se demander est-ce qu'on peut imaginer que finalement l'union de la gauche se fera en dehors des pardon des instituts des partis politiques des partis existants des appareils existants en fait est-ce qu'on va dépasser ces appareils avec peut-être une nouvelle formation qui émergerait et qui pourrait englober qui de l'AFI qui du parti communiste qui du PS et qui des verts aussi

44:14
Elsa Faucillon

alors je l'ai pensé pendant un temps parce qu'avec l'expérience par exemple du big bang alors le big bang c'est un truc qu'on avait initié avec Clémentine Autain et avec d'autres en 2019 après les européennes de 2019 parce qu'en 2019 nous le constat qu'on fait c'est qu'il y a les gilets jaunes il y a un grand mouvement

44:31
Présentateur

si ce qu'à l'époque parlait d'union c'était pas commun non non mais

44:34
Elsa Faucillon

nous ce qu'on a vu c'est la séquence où il y a les gilets jaunes il y a plein de trucs qui s'expriment et des revendications sociales et démocratiques et écologiques d'ailleurs qui s'expriment dans la société puis derrière les européennes de 2019 où la gauche et donc on s'est dit c'est bien résumé je pense qu'on va le même résumé là

44:52
Intervenant

voilà

44:52
Elsa Faucillon

et donc on se dit il y a un moment il faut voilà il faut qu'on cherche à casser tout ça et on a bien vu qu'en réalité les appareils bloquaient aussi beaucoup cette perspective d'unité donc moi je suis pas sûre qu'on puisse complètement pour le dire comme ça leur tordre le bras ce que je crois c'est qu'il faut certainement un truc un peu un peu entre les deux il faut à la fois des personnalités dans les partis politiques et en dehors des partis politiques qui vont militer et créer des espaces pour cette unité mais je crois quand même qu'il faut avoir comme en ligne de mire le fait de c'est pas forcé mais amener les appareils politiques à cette unité je pense qu'on en aura besoin en réalité et que en fait s'ils n'y sont pas du tout en fait en permanence ils vont venir quelque part s'affronter à ça je vais peut-être aller plus loin mais si on doit à un moment décider d'une candidature commune pour 2027

45:56
Présentateur

il va falloir à un moment trouver une méthode

45:57
Elsa Faucillon

il va falloir une méthode et franchement je vois pas comment on fait complètement

46:00
Présentateur

la primaire populaire

46:01
Elsa Faucillon

alors j'ai le sentiment qu'il faut plus parler de primaire que le mot fait flipper tout le monde le mot fait hurler Jean-Luc Mélenchon et je comprends mais il faudra bien un truc pour décider je sais pas alors appelons-le le truc pour décider

46:13
Invité

un congrès

46:14
Elsa Faucillon

voilà mais il faut bien quelque chose qui va permettre qu'on décide parce qu'on peut pas dire soit il y a quelqu'un qui s'autoproclame soit il y a d'autres qui à quatre s'autoproclament il faut qu'on trouve une méthode qui permet à la fois de trancher et de mobiliser

46:31
Intervenant

c'est pas une primaire c'est quoi ?

46:33
Elsa Faucillon

non non en fait la primaire un truc pour décider

46:35
Intervenant

mais non

46:37
Elsa Faucillon

mais en fait moi ce que je crois c'est d'abord il faut quand même parler du quoi on dit toujours il faut parler du quoi avant du qui

46:42
Intervenant

c'est ce qu'il y avait avec la primaire populaire j'en étais donc je me fais un peu l'avocat il y avait le quoi moi ce que je crois c'est qu'il faut tu l'as dit l'autre jour pardon excusez-nous Elsa non mais c'est

46:53
Elsa Faucillon

et puis franchement c'est quoi 450 000 ? c'est pas mal 450 000 on n'y croyait pas on n'y croyait pas aux 450 000 c'est pas si mal bon après il y a des primaires on peut penser à celle du PS ou de la droite où il y a eu 2 millions 4 millions etc c'est quand même aussi des moments de mobilisation donc moi en tout cas ce que je pense c'est qu'il nous faut à la fois un espace une plateforme programmatique de projet etc et je crois pas non plus à un truc juste pour déterminer un beau casting voilà on peut pas se retrouver avec un truc où il y a un valse et un amon quoi pour le dire comme ça non mais pour que ce soit très clair

47:32
Présentateur

c'est un bon exemple que vous prenez c'est typiquement ce truc qu'il faut pas faire

47:34
Elsa Faucillon

voilà moi je crois qu'il faut pas

47:36
Présentateur

donc déjà

47:37
Elsa Faucillon

il y a tous les trucs on est au moins d'accord sur un

47:39
Présentateur

c'est pour ça que je vous redis qu'un Gluxman et un Jean-Luc Mélenchon moi j'ai beaucoup de mal à l'imaginer

47:43
Elsa Faucillon

non mais c'est pour ça qu'il faut d'abord un quoi donc il faut un engagement sur une plateforme et à partir de cet engagement sur cette plateforme il faut une sorte de pacte aussi et à partir de là une manière de désigner

47:56
Intervenant

ou une sorte de physio à l'entrée qui dit bah toi t'as pas le droit de rentrer et voilà

47:59
Elsa Faucillon

et peut-être avant ça il faut une volonté et avant ça il faut une volonté d'y aller donc on a tout ce chemin là à faire donc il faut le commencer à mon sens très très vite

48:08
Intervenant

dernière question Antoine mais justement dans votre parce qu'on a bien compris que vous vouliez l'union de la gauche mais elle s'arrête où la gauche c'est à dire que parce qu'il y avait quand même des débats sur le périmètre de la gauche et des Bernard Cazeneuve il est docteur

48:23
Elsa Faucillon

bon d'abord ce que je crois c'est qu'il faut éviter de retomber dans ce truc de gauche irréconciliable qui globalement nous emmène quand même assez droit dans le mur donc ça

48:36
Présentateur

c'est Valls qui avait inventé ça

48:37
Elsa Faucillon

ouais et c'est quand même le truc qui fait en sorte de nous marginaliser et qui nous divise donc j'ai toujours du mal en termes de personnes à faire le périmètre comme ça à l'avance de dire Bernard Cazeneuve n'en est pas Carole Delga n'en est pas etc c'est pour ça que je parle du quoi avant le qui en gros c'est à dire que moi ce que ce que j'ai apprécié et ce que je continue d'apprécier dans ce qu'on a commencé à construire avec la NUPES parce que pour moi la NUPES c'est pas non plus l'alpha et l'oméga de l'unité quoi il y avait plein d'autres trucs à poursuivre il n'y avait pas de citoyens là dedans il n'y avait pas de place pour les militantes et les militants c'était un truc d'appareil globalement

49:16
Présentateur

ce qui a permis de se faire en deux semaines

49:17
Elsa Faucillon

et encore même pas d'appareil de député finalement

49:20
Présentateur

oui oui c'est vrai c'est vrai

49:21
Elsa Faucillon

donc on n'était vraiment pas au bout du chemin mais en tout cas il y a un truc qui me va c'est quand même que c'est un rassemblement de gauche sur des bases alors c'est pareil c'est toujours vraiment à gauche de gauche de transformation sociale de radicalité en tout cas il y a des sujets qu'on n'évitait pas on n'a pas évité de parler des violences policières on n'a pas hésité à parler de ce que vivent les gens dans les quartiers populaires ce qu'ils peuvent vivre en ruralité etc il y a plein de sujets en tout cas qu'on a traités abordés et moi il y a un truc qui est sûr c'est que l'unité elle ne se fera pas en bradant tous ces sujets là en essayant d'avoir une sorte de consensus mou pour arriver à l'unité parce que ce que je crois c'est que les gens qui aspirent à l'unité le peuple de gauche qui aspirent ils aspirent aussi à ces ruptures là pour pouvoir répondre au péril donc voilà si c'est pour répondre clairement à la question c'est pas en termes les personnes parce que franchement je pense qu'en plus globalement j'ai vu la convention de Casse-9 tout le monde à peu près s'en fiche donc on va peut-être pas se focaliser là-dessus et ça sert bien aux autres à nous diviser mais regardons plutôt comment sur ces bases là en tout cas de gauche on peut faire on peut faire un vrai chemin ensemble et gagner parce qu'en fait c'est quand même l'objectif

50:35
Présentateur

Merci beaucoup Elsa Faucillon d'avoir accepté notre invitation sur votre site merci beaucoup je vous laissais quitter le plateau je vous laissais

50:50
Locuteur

je vous laissais j'ai vu merci à vous je vous laissais j'ai vu