Municipales à Paris : Dati et Grégoire à couteaux tirés
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous attendiez à une telle publicité pour les lunettes Top Gun ?
- 4:55OuverteRéponse directe
L'avenir n'a pas été tout rose pour l'entreprise Julien ces dernières années ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Vous espérez que ça puisse relancer la production dans votre commune ?
- 10:21OuverteRéponse directe
On va parler des municipales et commencer par la campagne à Paris.
- 10:51RelanceRéponse directe
Est-ce que cette campagne locale à enjeu national dit quelque chose sur l'élection présidentielle ?
- 21:54OuverteRéponse directe
Emmanuel Grégoire dénonce la brutalité de la campagne de la France insoumise. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:44Locuteur 2Fait
« Je rencontre vendredi matin le patron qui vient d'Italie sur le site. »
- 4:34Locuteur 2Chiffre
« Rappelez que l'entreprise Julien, c'est une entreprise qui était née il y a plus d'un siècle, qui a eu jusqu'à 180 salariés. »
- 5:06Locuteur 2Fait
« Elle a été rachetée deux fois. Une fois en 2017, une fois en 2023 par le propriétaire actuel. »
- 5:11Locuteur 2Chiffre
« C'est vrai qu'actuellement, il reste peu de salariés sur le site de la ville de Lons. »
- 9:06Locuteur 10Chiffre
« avec en tête des intentions de vote au premier tour Emmanuel Grégoire, candidat de l'Union de la Gauche avec 32% des voix. »
- 9:10Locuteur 10Chiffre
« Il devance Rachida Dati pour les LR, 28% des voix. »
- 9:13Locuteur 10Chiffre
« Pierre-Yves Bournazel, le candidat du Bloc central, Horizon Renaissance avec 14% des intentions de vote. »
- 9:22Locuteur 10Chiffre
« Sofia Chikirou pour la France Insoumise, 11% des voix. »
- 9:26Locuteur 10Chiffre
« Sarah Knafo, la candidate de Reconquête, qui récolte 9% des intentions de vote dans ce sondage. »
- 10:00Locuteur 9Fait
« Le chemin naturel, ce sera que les autres candidats se rangent derrière Pierre-Yves Bournazel parce qu'il sera arrivé en tête au premier tour. »
- 10:11Locuteur 9Fait
« C'est le choix de nos élus Renaissance à Paris, encore une fois, parce qu'il a le meilleur projet pour Paris. »
- 27:26Locuteur 5Fait
« Un budget qui passe à grands coups de 49,3 à l'Assemblée Nationale et qui provoque la colère du président du Sénat. »
- 27:40Locuteur 1Fait
« Cela reste un mauvais budget, co-construit avec le Parti Socialiste et qui n'apporte pas les solutions dont le pays a besoin. »
- 28:41Locuteur 10Fait
« Est-ce qu'on a les moyens, est-ce que ce pays, notre peuple, a les moyens de supporter 18 mois de plus une politique qu'il a battue dans les urnes en juillet 2024 ? »
- 32:57Locuteur 3Fait
« Moi, je ne me retrouve pas complètement dans ce budget qui revient sur vraiment des engagements forts qu'on a portés, par exemple sur la stabilité fiscale pour les entreprises. »
Temps de parole
- Présentateur50 %
- Présentateur 226 %
- Locuteur 1012 %
- Locuteur 24 %
- Locuteur 32 %
- Locuteur 52 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et à moins de 50 jours des municipales, on continue à vous emmener à la rencontre de nos élus. Devenir maire pendant son mandat de maire. La question s'est posée pour Léonore Moncondu, élu à Poitiers en 2020. La maire a pris un congé maternité sans que cette possibilité ne soit inscrite dans la loi. Elle a dû trouver des solutions avec ses adjoints. On regarde son portrait signé Stéphane Dugueff. J'assume le fait de dire qu'on peut concilier une vie familiale, une vie parentale, y compris de jeunes parents, tout en étant maire.
Je suis devant l'hôtel de ville de Poitiers. On va rencontrer la maire de cette ville de la Vienne, Léonore Moncondu. Elle est maire ici depuis 2020 et elle a eu un enfant pendant son mandat de maire.
Quand j'ai été élue maire, j'avais 30 ans. Et donc forcément, dans ces tranches d'âge-là, c'est les tranches où on a envie d'avoir des enfants. Je ne voulais vraiment pas que ça devienne un sujet. Je suis assez pudique sur ma vie personnelle et donc, je ne dirais pas que j'ai tout fait pour le cacher parce qu'au bout d'un moment, ce n'est plus possible, mais disons que c'est plutôt une consigne
qu'on s'était donnée de plutôt faire des photos qui ne font pas de la grossesse, quelque chose de trop ostentatoire en tout cas. Là, par exemple, vous voyez, clairement, janvier 2024, je ne pouvais pas trop le cacher,
mais sur les photos, ça ne se voit pas beaucoup. Là, c'est pareil, on met le panneau devant. Pour moi, c'est très important de cloisonner le politique, on va dire, l'institutionnel et le personnel. Donc, il y a assez peu de choses qui reflètent ma vie personnelle dans mon bureau. Mais lorsque mon fils est né, j'ai eu beaucoup de cadeaux, beaucoup d'attention très gentille de la part de plein d'acteurs du territoire, d'institutions. Et donc, par exemple, on peut voir sur mon étagère un nounours qui vient de l'Association des mères de France, donc un nounours bleu, blanc, rouge, bien sûr. Concrètement, le premier problème qui s'est posé, c'est celui du remplacement.
Pour moi, la politique, c'est une fonction, ce n'est pas un virus. Donc, je n'ai pas de problème à m'en éloigner pendant deux mois. Le temps d'accueillir mon enfant, c'est clairement la priorité. Et donc, je garde la responsabilité de la ville de Poitiers même pendant ce temps-là. Mais clairement, la fonction a été occupée par mes deux-adjoints et c'était parfait. Sur les journées de travail classiques, on va dire, il est chez une nounou. Par contre, sur tous les événements, il dépasse un peu le cadre des horaires de la nounou.
Donc, en fin d'après-midi, soit le week-end, par exemple, les fêtes de quartier, certaines manifestations, ça m'arrive de l'emmener parce que sinon, je ne pourrais pas y aller. Et puis sinon aussi, je le verrais moins. Les gens viennent avec leurs enfants, donc moi aussi, je viens avec mon enfant, ce qui ne serait pas le cas si je l'emmenais en conseil municipal, par exemple. Les gens ne viennent pas avec leurs enfants en conseil municipal. Comme tout le monde, en fait. Et on va revenir sur les municipales. Toutes les dernières infos de la campagne, c'est à suivre dans quelques instants. Mais d'abord, on regarde ce qu'est la une de nos quotidiens régionaux.
Alexandre, d'abord, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. C'est la une de la Provence.
Oui, l'Assemblée nationale discute aujourd'hui d'une proposition de loi qui prévoit l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. D'ailleurs, un texte qui, s'il est voté, doit entrer en vigueur le 1er septembre prochain. Et dans ce contexte, le journal La Provence dresse le portrait de jeunes qui ont décidé d'eux-mêmes de quitter les réseaux sociaux, comme Cléa, élève de seconde, qui a désinstallé l'appli TikTok, sur laquelle elle pouvait passer 6 heures par jour. Je la cite cela, « empiéter sur ma vie sociale, mon sommeil et sur mes résultats scolaires ».
Les soins palliatifs, c'est la une du journal de Saône-et-Loire.
Le Sénat examine cette semaine la proposition de loi qui vise à développer les soins palliatifs. Et le journal de Saône-et-Loire propose un reportage au cœur du service de soins palliatifs de l'hôpital de Chani. Un petit service qui compte trois lits dédiés à ces soins dans le but est d'améliorer le confort et de soulager la douleur des malades en fin de vie. On le rappelle, dans 20 départements français, il n'y a pas de service de soins palliatifs.
Des fromages menacés de disparition, c'est la une du Dauphiné.
Et oui, il s'agit du vacherin d'abondance, du persillé de tignes, de la rigotte de Condrieux et même du reblochon. Ces fromages régionaux au lait cru font face à de nombreuses difficultés qui mettent en péril leur existence, c'est-à-dire dans le Dauphiné.
Et puis on finit par un tour en vert.
Avec le trophée Jules Verne à la une du Télégramme, le record du Tour du Monde à la voile battu par Thomas Coville et son équipage Chaudébaud en 40 jours, 10 heures et 50 secondes. Les rois du globe sont bretons, Ariane.
On se retrouve dans quelques instants pour le journal des municipales. Mais d'abord, on va parler de l'objet le plus célèbre de ces derniers jours, les lunettes Top Gun d'Emmanuel Macron. Vous les avez forcément vues, des lunettes qui étaient fabriquées en France dans le Jura. Bonjour Jean-Yves Ravier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire d'Hilaire Gauche de Lons-le-Saunier dans le Jura. D'abord, est-ce que vous vous attendiez à une telle publicité ?
C'est une vraie surprise. Effectivement, je ne m'attendais pas à ce que la ville de Lons-Saunier fasse la une au niveau national et au niveau mondial. Merci à M. le Président d'avoir mis en avant la ville de Lons. Rappelez que l'entreprise Julien, c'est une entreprise qui était née il y a plus d'un siècle, qui a eu jusqu'à 180 salariés. Malheureusement, ça a beaucoup diminué ces dernières années. Il y avait un vrai savoir-faire qui tend à disparaître. J'espère que cette exposition médiatique sera l'occasion de relancer cette fabrication et de redonner du dynamisme à cette entreprise.
Parce qu'on va le rappeler, vous allez nous le raconter, M. le maire, l'avenir n'a pas été tout rose pour cette entreprise ces dernières années, cette entreprise Julien ?
Non, elle a été rachetée deux fois. Une fois en 2017, une fois en 2023 par le propriétaire actuel. C'est vrai qu'actuellement, il reste peu de salariés sur le site de la ville de Lons. Je rencontre vendredi matin le patron qui vient d'Italie sur le site. C'est l'occasion aussi de lui demander de redynamiser un peu ce site et de profiter un peu de cette occasion médiatique pour remettre en route une activité sur le site de Lons-le-Saunier.
Vous espérez que ça puisse relancer la production dans votre commune ?
On va au moins essayer. Je pense que c'est la moindre des choses. Je pense que c'est une entreprise qui est née à Lons avec un savoir-faire, avec des employés qui avaient un savoir-faire depuis, pour certains, qui ont travaillé pendant 30 ou 40 ans dans l'entreprise. Donc c'est vrai que c'est dommage de perdre au fil des années tout ce savoir-faire local. Et quand on parle de Made in France, c'est bien de racheter une marque, mais c'est bien aussi que ce soit fabriqué en France, que c'est ça qui est important.
Merci beaucoup, merci monsieur le maire. Merci d'avoir été avec nous. Jean-Yves Ravier, maire d'hiver gauche de Lons-le-Saunier dans le Jura. Merci à vous. Et c'est l'heure tout de suite d'ouvrir notre page spéciale consacrée aux municipales. Municipales qui auront lieu, on le rappelle, les 15 et 22 mars prochains. C'est l'heure du journal de campagne, Alexandre. On commence avec Marine Le Pen qui lance la campagne des municipales à Hénin-Beaumont.
Oui, la députée du Pas-de-Calais a participé hier à la cérémonie de vœux du maire Rassemblement national d'Hénin-Beaumont, Steve Briouat. L'occasion de prendre un bain de foule pour Marine Le Pen, mais aussi de croiser Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et également conseillère municipale d'opposition à Hénin-Beaumont. Marine Tondelier qui d'ailleurs était la veille à Tours pour soutenir Emmanuel Denis, le maire écologiste de la ville, candidat à sa réélection. Plusieurs figures nationales de la gauche étaient présentes, comme Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, François Refain, Clémentine Autain et également Lucie Castet.
On va dans le Nord, Fabien Roussel a lancé sa campagne à Saint-Amant-les-Eaux.
Oui, commune du Nord dont Fabien Roussel est le maire, le patron du Parti Communiste français qui d'ailleurs avait perdu sa circonscription en tant que député et en tant bien gardé sa commune de Saint-Amant-les-Eaux.
On va parler de Gabriel Attal qui sera sur la liste du maire sortant à Venve dans les Hauts-de-Seine.
L'ancien Premier ministre et patron du Parti Renaissance figurera en bonne position sur la liste du maire centriste UDI de Venve, Bernard Goduchot, après avoir siégé 12 ans comme conseiller municipal d'opposition dans cette ville de 28 000 habitants.
Et puis la presse régionale qui évoque aussi la campagne des municipales. Ce matin, Alexandre, la une de Sud-Ouest, c'est l'enjeu de la sécurité.
La sécurité dans le viseur, titre le journal Sud-Ouest, un thème qui va beaucoup occuper cette campagne municipale dans de nombreuses villes avec cette question « Quelles sont les marges de manœuvre des maires en termes de sécurité ? » Un dossier de Sud-Ouest avec cette interview intéressante d'une sociologue spécialiste des questions de sécurité locale qui explique qu'il y a actuellement un durcissement des polices municipales qui sont de plus en plus souvent armées et qu'on va vers un modèle répressif.
Autre dossier de campagne, c'est la ligne de la Marseillaise. Cette fois, on parle de culture.
Avec un risque extrême pour la culture, titre le journal La Marseillaise, alors que s'ouvrent à Nîmes les états généraux de la culture organisés par le Parti communiste français. Le secteur culturel fait face à une baisse historique de ses moyens financiers et pourrait être un des grands oubliés de cette campagne municipale.
Et puis la doyenne des maires de la Sarthe laisse la main.
À 84 ans, Marie-France Guillon, la maire de Montreuil, le chétif, ne se représentera pas pour un nouveau mandat. À la une du Maine Libre, elle livre quelques conseils aux futurs élus municipaux qui vont lui succéder. Et puis elle part, je cite, sereinement, fière des actions qu'elle a engagées dans sa commune.
Et puis on termine par un sondage.
Un sondage sur les élections municipales à Paris, réalisé par l'Institut IFOP pour le journal Le Parisien, avec en tête des intentions de vote au premier tour Emmanuel Grégoire, candidat de l'Union de la Gauche avec 32% des voix. Il devance Rachida Dati pour les LR, 28% des voix. Pierre-Yves Bournazel, le candidat du Bloc central, Horizon Renaissance avec 14% des intentions de vote. Et puis derrière, on compte Sofia Chikirou pour la France Insoumise, 11% des voix. Et Sarah Knafo, la candidate de Reconquête, qui récolte 9% des intentions de vote dans ce sondage.
– Merci beaucoup, merci Alexandre pour ce journal des municipales. On va en parler tout de suite de ces municipales avec nos éditeurs réalistes. Ils seraient à Elisabeth Martichoux qui vont nous rejoindre. On va notamment revenir sur la campagne des municipales à Paris, une campagne des municipales avec des enjeux nationaux. On va tout de suite écouter le patron de Renaissance, Gabriel Attal, invité ce matin d'RTL.
– Le chemin naturel, ce sera que les autres candidats se rangent derrière Pierre-Yves Bournazel parce qu'il sera arrivé en tête au premier tour. C'est pour ça qu'on se bat. Donc moi je ne vais pas être là à vous dire ce qu'on va faire dans un deuxième tour alors que le premier tour n'a pas eu lieu. On se bat pour la candidature de Pierre-Yves Bournazel. C'est le choix de nos élus Renaissance à Paris, encore une fois, parce qu'il a le meilleur projet pour Paris. C'est celui qui travaille le plus sur un projet depuis le plus longtemps. Et donc on va continuer à faire campagne et on verra le soir du premier tour.
– Et on va en parler avec vous. Bonjour Elisabeth Martichoux, merci beaucoup d'être là. Et bonjour Yves Tréa. – Bonjour Auréa, bonjour à tous. – Merci également d'être avec nous. On va parler des municipales et on va commencer par la campagne à Paris. On a vu ce sondage hier qui donne les deux candidats, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI, et Rachida Dati, candidat de la droite et d'une partie du camp macroniste, au coude à coude. Le combat s'annonce serré. On parlait de ces campagnes locales à enjeu national. Là, on est en plein dedans Yves.
– Oui, alors évidemment, c'est une campagne locale à enjeu national, mais je ne pense pas qu'elle dise grand-chose sur l'élection présidentielle. Pas du tout. Je pense que chaque campagne et chaque ville a sa propre histoire, ses propres enjeux. C'est vrai qu'à Paris, c'est passionnant, parce que vous avez des têtes d'affiches qui, par définition, sont, pardon de l'expression qui est un peu facile, mais des stars, quoi. Vous avez Dati, Emmanuel Grégoire, qui n'est peut-être pas une star, mais qui a du poids, qui est un député socialiste, qui a été premier adjoint, Sarah Knafo, qui rentre dans la danse, Mme Shikiru, qui n'est pas la dernière, quand même, à donner son avis.
– Pour la France insoumise. – Pour la France insoumise. Donc tout ça, ça fait… Alors effectivement, il y a le cas Bournazel. En fait, vous avez… – Candidat d'Horizon soutenu. – C'est incroyable, parce que vous avez Dati… – Officiellement par Renaissance. – Vous avez Rachida Dati, qui est soutenu par Sébastien Lecornu, je suis bien compris. Enfin, en tous les cas, ils déjeunent ensemble. Et je crois savoir qu'il soutient, effectivement, Rachida Dati, qui fait partie de son gouvernement, duquel elle doit d'ailleurs sortir d'ici à quelques semaines.
Et puis, vous avez Pierre-Yves Bournazel, qui est soutenu par deux « héritiers », entre guillemets, parce qu'il refuse évidemment cette notion, mais héritiers du macronisme, c'est-à-dire à la fois Gabriel Attal et Édouard Philippe. Et qui peut, effectivement, être important dans la balance. Après, il y a beaucoup de rumeurs qui disent que Pierre-Yves Bournazel, dans le cas d'un deuxième tour, appellerait plutôt à voter pour M. Grégoire. Ce n'est pas pour ça que ses électeurs le suivront, d'ailleurs. Mais enfin, bon, ça rend la campagne très compliquée, avec un électorat qui n'est pas facile à saisir. Par exemple, pour Sarah Knafow.
Sarah Knafow, Éric Zemmour, donc c'est le même parti, faisait des très bons scores aux élections législatives et présidentielles dans l'ouest de Paris. Or, Sarah Knafow, prise seule comme candidate, dans les sondages, dans les études d'opinion, fait des très bons scores dans le centre de Paris, beaucoup plus que dans l'ouest. Donc, vous voyez, tout ça est assez mouvant encore. On va voir ce que ça donne. Mais, à mon avis, c'est complètement inséparé des débats nationaux sur l'avenir de la France. – Oui, ce n'est pas comme Marseille, puisqu'on en parlait il y a une semaine.
C'est vrai que si Marseille était battue par le Rassemblement national, ça dirait beaucoup de la puissance électorale du parti de Jordan Bardella, qui n'a jamais été très flambant, jusque-là au municipal. Donc, ça donnerait une dynamique, évidemment, encore plus forte que ce dont elle bénéficie. Non, Paris, c'est très particulier. Mais il y a quand même un enjeu qui est fort pour la gauche. C'est une ville de gauche. Et donc, l'enjeu, c'est l'alternance. Est-ce que Rachida Dati, qui, comme l'a dit très bien, est une star, arrivera ou pas à shipper la capitale à la gauche ? Le Parti socialiste, c'est un enjeu fort, évidemment, pour lui.
Après, c'est vrai que c'est très compliqué, parce que, comme vous disiez, alors, Bournazel, soutenu par Édouard Philippe et Gabriel Attal, Rachida Dati, par une petite fraction des macronistes, comme Sylvain Maillard ou le ministre Benjamin Haddad, Rachida Dati soutenu par le Premier ministre. – Et Maud Bréjon, pardon, Elisabeth, mais Maud Bréjon, qui a annoncé hier matin sur LCI, qu'elle soutenait Rachida Dati. – Oui, qui est une proche, elle, de Gérald Darmanin, qui lui-même doit être plus proche de Rachida Dati que d'Emmanuel Grégoire. Ça dit beaucoup de l'illisibilité, de l'éparpillement, la fraction, le fractionnement de la vie politique. – Alors, ça va être passionnant, quand même.
Mais c'est vrai que Rachida Dati, elle est un peu fébrile. Ce n'est pas une promenade de santé, c'est une battante. Donc, elle va se battre, elle multiplie les sorties médiatiques. Jusque-là, elle avait dit, je fais du terrain, je fais du terrain, elle a fait des vidéos, là, on la voit partout dans les médias. Donc, ça prouve qu'elle ne sait pas très bien comment ça va se passer, parce qu'elle est à la fois concurrencée par Bournazel, en effet. On ne sait pas très bien où ira son électorat, effectivement, au second tour. Et puis, Sarah Knafo, qui est l'espèce de… Vous voyez, c'est un peu toute proportion gardée quand Éric Zemmour avait fait irruption dans la présidentielle en 2022.
Rappelez-vous, il avait fait des scores par Amineu avant de finir à 7%. Sarah Knafo, c'est un peu la sensation. Il y a une partie de la droite qui est fascinée par cette candidature qui prône une capitale heureuse. On ne sait pas très bien quel est son programme, mais c'est l'attrait de la nouveauté. Et là, effectivement, certains disent qu'elle ringardise Rachida Dati. Donc, Rachida Dati, là, elle doit se garder de ses deux concurrents, sur sa gauche, si je puis dire, et sur sa droite. – Oui, effectivement, sur ce que disait Elisabeth, cette élection à Paris, elle met aussi en lumière les divisions au sein du camp macroniste.
– Oui, bien sûr, c'est un des principaux enseignements pour le moment, en tous les cas, c'est sûr, effectivement, avec deux candidats qui représentent, d'une certaine façon, le macronisme. Donc, M. Le Maire, c'est un peu, je dirais, l'histoire du macronisme. C'est-à-dire que le macronisme sans Macron, il s'effiloche. Donc, c'est ce qui va se passer, c'est ce qui va se produire. Effectivement, c'est la fin d'une ère. – Et puis, on voit Gabriel Attal, la stratégie de Gabriel Attal, en tant que président de Renaissance. Il soutient Louis Sarkozy à Menton. Il soutient Jean-Michel Aulas, concurrent de la gauche à Lyon. Il soutient Bournazel, qui est de centre-droit, mais qui pourrait basse...
– C'est pas très lisible, c'est pas très compréhensible. – C'est compliqué de suivre la stratégie du Parti Renaissance. – Mais est-ce que c'est révélateur du fait que Renaissance n'a pas réussi son implantation locale ? C'est-à-dire que là, ils en sont à ne pas pouvoir mettre de candidats estampillés Renaissance dans les grandes villes. – Il y a un parti qui n'a rien à perdre parce qu'il n'a rien gagné, c'est Renaissance. Là, il n'y a pas de risque pour lui, si je puis dire, de compter ses pertes. Il n'a jamais rien vraiment gagné. Il y a peut-être une perspective à Annecy.
Il y a Antoine Armand, vous le connaissez, qui a été un éphémère des livres de Bercy, qui est un député Renaissance, un économiste, un grand spécialiste de l'énergie. Il avait fait un rapport assez remarqué sur l'énergie nucléaire à l'Assemblée. Il essaye de prendre l'avis de Annecy. Peut-être que là, mais sinon, il faudra qu'il compte, je ne sais pas comment faire d'ailleurs, sa comptabilité au soir du parti verra qui l'a soutenu ici et là et est-ce que ça a gagné ou pas. – Mais est-ce que, paradoxalement, c'est pas lisible ? – Moi, je trouve ça illisible, la stratégie de Renaissance. – Oui, c'est un peu logique, puisque, de toute manière, ils n'ont jamais cherché à s'implanter localement.
Le macronisme n'existe que par Emmanuel Macron. Les députés qui ont été élus en 2017 et qui ont fait un raz-de-marée à l'Assemblée nationale n'ont été élus que sur le nom d'Emmanuel Macron. C'étaient tous des inconnus pour la plupart, qui sortaient de nulle part. Et en tous les cas, très peu des écuries politiques. Donc, Emmanuel Macron n'a jamais cherché à s'implanter. Regardez, quand il y a eu la crise des gilets jaunes, on aurait pu imaginer que montent en première ligne des élus locaux avec Emmanuel Macron. Donc, qui est-ce qui l'a réglé ? Qui a essayé de la régler, la crise ? C'est Emmanuel Macron qui est allé se déplacer lui-même dans des bourgs perdus de la campagne française.
Jamais, ça s'est pas eu. Il n'y a pas eu, et c'est le drame, d'ailleurs. Enfin, c'est pas le drame, mais c'est l'histoire du macronisme. Ça ne tient que par un personnage. On n'est plus dans l'ère du militantisme, en plus, aujourd'hui. C'est terminé. La vie politique a changé. Vous voyez bien, LR et le Parti Socialiste sont des partis qui ont bien du mal à survivre. Ils survivent que par leur implantation locale, d'ailleurs, eux. Mais est-ce que, paradoxalement, ça peut se révéler être une bonne nouvelle pour Sébastien Lecornu, ce manque d'implantation locale ? Parce que lui, le soir des municipales, on peut dire qu'il sera comptable de rien.
C'est-à-dire, son camp ne va rien gagner, ne va rien perdre. Vous le décrivez un peu comme un planqué, je trouve. Pas du tout. D'habitude, on regarde le Premier ministre, chef de son camp, le soir des municipales, en disant qu'il a gagné, il a perdu. Est-ce qu'il doit en tirer des leçons politiques ? Là, qu'est-ce qu'on dira à Sébastien Lecornu le 22 mars, ce soir ? Non, mais le camp est faible. Et Sébastien n'en est pas le chef. Sébastien Lecornu, le Premier ministre. Donc, si vous voulez, c'est difficile d'avoir cette lecture. Donc, vous dites très bien qu'elle devrait être celle-là, parce que c'est la tradition.
Sébastien Lecornu, il essaye de rester jusqu'en mai 2027 et d'assurer un peu de stabilité. Et sans doute, au fil des mois, sera-t-il tenté par la présidentielle ? Il n'y a pas beaucoup de gagnants à l'issue de ce débat budgétaire, presque issu. Il reste encore 15 jours à peu près. Mais si ça passe, on pourra quand même le compter parmi les gagnants. Et à partir de ce moment-là, on verra s'il se sent un destin présidentiel ou pas. Après tout, un de plus, un de moins. Dans le bloc central, on n'est pas à ça près. Mais non, les municipales, il pourra se prévaloir de rien. D'ailleurs, il n'aura joué en rien. Est-ce qu'il va aller soutenir beaucoup de candidats ? Ce n'est pas dans son agenda.
Son agenda, c'est de passer le cap des prochaines motions de censure et ensuite d'essayer de bâtir un programme législatif qui donne un peu l'impression aux Français qu'il y a quelqu'un qui pilote, qui est un pilote dans l'avion. Mais on ne peut pas dire qu'il y a beaucoup de textes extrêmement structurants, notamment sur le plan économique, qui ont des chances d'être examinés d'ici mai 2027. Ce qui va être intéressant à l'occasion de ces municipales, c'est la participation aussi. Parce que, alors, c'est vrai que ça ne dit rien non plus de l'état d'esprit des Français sur le plan national. Parce que c'est vraiment le bout de trottoir qu'ils défendent là.
Mais quand même, après tout ce qui s'est passé, après cette vie politique complètement hachée, où on parle beaucoup du fait que les Français sont un peu dégoûtés, ont pris de la distance avec le débat, eh bien on va voir s'ils acceptent de participer aux élections. Et ça va être intéressant. Alors que les élections municipales, généralement, la dernière fois c'était un peu particulier, parce que c'était en plein Covid, mais généralement ce ne sont pas des élections à abstention. C'est des élections où les gens participent.
Il y avait un sondage d'Ipsos qui disait, début janvier, alors c'est peut-être un peu loin, mais loin de l'élection, 7 Français sur 10 s'intéressent à l'élection municipale. Est-ce que ça veut dire qu'ils vont aller voter ? Évidemment pas forcément. Mais les enjeux quand même les concernent, comme toujours. La campagne à Paris et ses répercussions au niveau national, elle montre aussi la fracture entre le Parti socialiste et la France insoumise. On va écouter Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI, qui dénonce justement la brutalité de la campagne de la France insoumise. Je vois un peu la brutalité de LFI vis-à-vis de la gauche en général et du Parti socialiste en particulier.
Moi ce que je veux dire, c'est qu'on a construit une union qui est très large. Voilà, on a pour objectif de faire le score le plus important possible le soir du premier tour. C'est l'illustration de ces fractures. Oui, enfin cela dit, moi je trouve que Mme Chiquirou, qui représente la France insoumise, on ne l'entend pas beaucoup. Même sur les réseaux sociaux, je trouve qu'elle n'est pas très présente. Elle fait une campagne alors peut-être de proximité, je ne sais pas, dans les quartiers notamment où elle pense pouvoir avoir une chance importante. Et ce qu'on ne dit pas aussi, c'est qu'une des forces de la France insoumise est passée au Parti socialiste.
C'est-à-dire Daniel Simonnet, qui est une figure, pour ceux qui connaissent la vie politique parisienne de la France insoumise, a rompu avec la France insoumise, avec Mme Chiquirou, avec qui elle ne s'entendait pas du tout, pour rejoindre M. Grégoire. Et ça, c'est un gros caillou dans la chaussure, à mon avis, de Mme Chiquirou. Donc on va voir. Moi je pense que c'est pareil, la France insoumise, elle est exactement comme le Rassemblement national. Il faut qu'elle fasse encore ses preuves localement. Et là, je pense qu'il y a des grandes ambitions. Est-ce qu'à Paris, ça peut marcher ? Je n'en sais rien. Est-ce qu'elle peut avoir une importance dans le résultat d'Emmanuel Grégoire ?
Pour le moment, elle n'a pas bougé, Mme Chiquirou. On va voir. C'est la première fois que LFI s'investit ou investit autant de candidats dans des municipales. C'est la première fois qu'ils cherchent à s'implanter dans le cadre de ce scrutin local. Après, Emmanuel Grégoire dit « je suis frappé par la brutalité ». Effectivement, nous, elle ne va pas jusqu'à l'espace médiatique, en tout cas, cette brutalité. Mais lui, politiquement, il a tout intérêt à jouer et à vanter la prise d'indépendance du Parti socialiste à l'égard de LFI. Puisque Sophia Chiquirou peut lui prendre les points. Et vous parliez du Rassemblement national.
Yves, le Rassemblement national qui joue aussi gros dans ses municipales, qui veut acter son implantation locale. C'est ce que nous disait, il y a quelques minutes, le vice-président du parti, Sébastien Chenu. Sébastien Chenu qui est revenu sur les mauvais sondages, pour le moment, du Rassemblement national à Paris. On l'écoute. Thierry Mariani se met en route. Donc, il ne se retirera pas. Ah ben non, puisque nous avons des électeurs qui veulent être représentés. Mais est-ce qu'ils ne vont pas vers Saracnafo et Reconquête, ces électeurs ? Est-ce que ce n'est pas aussi le problème du RN à Paris ?
Je pense que Reconquête, qui fait ses voix historiquement à Paris, dans les beaux quartiers, est une candidature, j'allais dire, de beaux quartiers. Le 16e arrondissement, le 7e, c'est là où Éric Zemmour faisait ses scores les plus hauts, a plus de difficultés à toucher l'électorat populaire auquel Thierry Mariani peut parler. Est-ce que c'est une difficulté d'électorat traditionnel à Paris ? Ou est-ce que c'est la concurrence de Saracnafo qui fait que Thierry Mariani est aussi là ? Non, le RN n'a jamais fait de bon score à Paris. Ça, c'est la première des choses.
La deuxième des choses, c'est que Saracnafo est une redoutable concurrente, effectivement, qui sait parler, à mon avis, à tous les électorats, pas uniquement à l'électorat bourgeois, qui a un nouveau discours, effectivement. C'est dans la morosité actuelle qui essaye de réveiller un peu et de donner de l'espoir, d'avoir un projet qui soit un projet entre guillemets « heureux ». Ce qui n'est pas mal, d'ailleurs, pour une femme qui dénonçait la démondialisation heureuse. Enfin, c'est plein de paradoxes, tout ça. Mais enfin, bon, peu importe. Puis Thierry Mariani, c'est un petit peu comme Sarah Chikiru. Il est où ? On ne le voit pas. Il ne fait pas campagne.
Ou alors, quand il fait campagne, il n'a pas franchi l'espace médiatique, comme dirait Elisabeth, effectivement. Thierry Mariani. Et puis, je crois que les électeurs, ils ne sont pas… Écoutez, ils ont de la mémoire, ils ne sont pas idiots. Thierry Mariani, il y a quelques mois ou quelques années, il était dans le Midi, en PACA, en région PACA, pour faire campagne, pour représenter le Rassemblement National, justement. Et donc, là, les gens ne comprennent plus rien, parce que maintenant, il vient à Paris. Les Parisiens, ce qu'ils aiment aussi, c'est l'implantation. Regardez, Rachida Dati, elle n'a jamais quitté Paris. Grégoire, il a évidemment aussi une légitimité.
Sarah Knafo, sans doute, aussi. Mais il y a quelque chose qui est assez particulier chez Mariani, à mon avis. Les gens se disent, bon, c'est un parachuté, quoi. – Oui, c'est les limites du discours du Rassemblement National qui pourrait imaginer que, quel que soit le candidat, il fera un score. À Paris, ce n'est pas vrai. Et comme vous le disiez très bien, Thierry Mariani, c'est le Sud. – Ah oui. – C'est le Sud depuis toujours. Et donc, il n'est pas du tout identifié à Paris. – Paris. – Jamais. Et puis en plus, il l'a revendiqué, le Sud. Donc, si vous voulez, c'est assez curieux comme choix d'investiture, en effet.
Et pour l'instant, on ne peut pas dire que ça produise son effet, ce qui n'est pas très bon, parce qu'il aurait fallu que le Rassemblement National soit perse ou gagne de façon assez harmonieuse sur tout le territoire. Il y aura sans doute une erreur de casting à Paris, en effet, pour le parti de Jordan Bardella. – Et des municipales qui se tiennent alors qu'on est encore en pleine instabilité budgétaire. Sébastien Lecornu n'a pas vu, toujours, le bout du tunnel sur le budget au Parlement. Un budget fustigé hier par Gérard Larcher. On voit ça avec Clément Guillaume.
– Un budget qui passe à grands coups de 49,3 à l'Assemblée Nationale et qui provoque la colère du président du Sénat, le gouvernement ayant largement détricoté la dernière copie budgétaire de la Chambre haute.
– Cela reste un mauvais budget, co-construit avec le Parti Socialiste et qui n'apporte pas les solutions dont le pays a besoin. Je pense qu'il fallait utiliser le 49,3 bien plus tôt.
– Pourtant, du côté du gouvernement, pas question de parler d'un mauvais budget et encore moins de dire que les sénateurs n'ont pas été écoutés.
– Sur le fond, et on a le droit d'avoir des désaccords, c'est aussi ça la démocratie, ce n'est pas un budget socialiste, ce n'est pas un budget macroniste, ce n'est pas un budget de droite. – Je suis convaincue qu'il y a un travail possible avec le Sénat et prenez l'exemple de la contribution des collectivités territoriales. La contribution des collectivités territoriales, telle qu'elle est in fine intégrée dans ce projet de loi de finances, est essentiellement celle qui avait été demandée à la base par le Sénat.
– La semaine dernière, les motions de censure contre le gouvernement, déposées à l'Assemblée suite au 49,3 déclenchées par Sébastien Lecornu, ont été rejetées. Un échec pour le président insoumis de la Commission des finances.
– Est-ce qu'on a les moyens, est-ce que ce pays, notre peuple, a les moyens de supporter
18 mois de plus une politique qu'il a battue dans les urnes en juillet 2024 ? Il faut faire tomber une politique qui n'est pas bonne pour le pays parce que c'est ça le problème. Ce budget est une catastrophe pour le pays.
La copie budgétaire adoptée à l'Assemblée nationale devrait être transmise au Sénat pour un examen en commission mercredi et en séance jeudi. Elle reviendra ensuite à l'Assemblée pour un troisième et dernier 49,3.
– Voilà, Sébastien Lecornu qui devrait finir par faire passer son budget au Parlement, mais néanmoins, est-ce que désormais, il va devoir faire face à la fronte sénatoriale ? – Oui, parce que vous voyez l'élection du président du Sénat dans quelques années où Sébastien Lecornu pourrait très bien concurrencer Gérard Larcher, c'est possible. C'est possible qu'aujourd'hui Sébastien Lecornu n'a pas d'ambition présidentielle et s'il n'a pas d'ambition présidentielle, il a peut-être une ambition sénatoriale et qui est de monter jusqu'en haut du bureau du président. Donc on va voir ce qui est envisageable pour lui.
Là, je pense que pour le moment, ce qu'il cherche avant tout, c'est à durer jusqu'en 2017. – 27. – 27. – Retour vers le futur. – Retour vers le futur, jusqu'en 2017, effectivement. – La fronte sénatoriale, ça devrait passer, comme l'a dit Gérard Larcher, au nom de la raison, la logique, eu voulu la censure, la raison nous impose et finalement que nous votions ce budget. Non, il va passer, mais c'est vrai que du point de vue des sénateurs de droite, majoritaires ici, ce budget n'a aucun sens politique.
Et s'il en a un, de toute façon, il ne les va pas du tout dans le sens du Sénat et du président du Sénat, donc il a fait cette sortie, depuis le début, ça ne va pas entre le cornu et Larcher, entre le Premier ministre et le président du Sénat, il y a eu des tas de malentendus, des mauvaises façons, et puis je pense une exaspération extraordinairement forte à l'égard du macronisme et du président de la République.
Donc elle se manifeste par la mise sous surveillance du budget avec cette procédure qu'a dégainée le président Larcher pour une surveillance, notamment sur le maintien du 5% auxquels ils ne croient pas, ils ne pensent pas que ce budget, effectivement, maintienne le budget au niveau des 5%, donc on verra, mais ça devrait bien se passer. Juste, Elisabeth, est-ce que ça n'illustre pas aussi la difficulté des Républicains en ce moment, qui se disent dans l'opposition au gouvernement, mais qui font une campagne municipale avec les macronistes, dans quasiment toutes les villes ? – Qui sont au gouvernement aussi.
– Qui sont au gouvernement, mais ceux qui sont au gouvernement ont été exclus des Républicains. – Non, non, ils ne sont pas exclus, suspendus. – Suspendus, qui s'opposent au budget, mais qui ne votent pas la censure. – Mais les Républicains, c'est ce que j'ai écrit récemment dans un édito, c'est la droite titanique. Ils sont complètement perdus, les Républicains. Enfin, je veux dire, vous prenez l'Assemblée nationale, il n'y a pas un groupe homogène, ils sont complètement divisés. Il y a les sénateurs du Sénat, mais c'est vrai que les… Enfin, les sénateurs du Sénat, les sénateurs de LR, mais même les sénateurs de LR, je ne pense pas qu'ils forment un bloc homogène, c'est très compliqué.
– En tout cas, il reste une opposition très forte entre Bruno Retailleau au Sénat et Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez tient à peu près ses troupes, on l'a vu à l'occasion de la motion de censure. Bon, il a dit, c'est un mauvais budget, mais on veut la stabilité, c'est à peu près ce qui s'est passé. On va voir, il reste deux motions de censure. Il ne faut pas que ça s'érode si Sébastien Lecornu veut rester. Mais oui, bien sûr, vous l'avez dit, ils ont perdu hier une élection locale, LR face à la droite ciotiste. Donc oui, tout ça nous met en grande difficulté. – Ils sont derrière au premier tour. – Oui, ils sont derrière au premier tour.
– Mais effectivement, ils sont largement derrière le candidat ciotiste. – C'est extrêmement compliqué, vous l'avez dit. – Alors que Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau étaient allés… – Ils allaient de concert via une semaine. – Un dernier mot, parce que c'est compliqué avec l'LR, mais est-ce que Sébastien Lecornu, il n'a pas aussi fragilisé son camp avec ce budget ? On va écouter ce matin l'ancienne première ministre, Elisabeth Borne.
– Moi, je ne me retrouve pas complètement dans ce budget qui revient sur vraiment des engagements forts qu'on a portés, par exemple sur la stabilité fiscale pour les entreprises. Et quand on parle de l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe, on doit protéger nos entreprises et nos industries. Je note que dans le même temps, ce budget, il porte une augmentation des moyens de nos armées, de nos forces de sécurité, de la justice. Et ça, c'est important et ça répond à une inquiétude des Français. C'est dans la continuité des lois de programmation qui avaient été votées quand j'étais première ministre. Et ce budget, il a le mérite d'exister.
– Compliqué aussi avec son camp, un petit mot Yves ? – Oui, bien sûr, il n'y a pas de camp, ce n'est pas un camp, c'est les Balkans. – Oh, voilà ! – Ce budget, encore une fois, je l'ai dit, il n'y a pas d'orientation politique. – Non, pas non. – Et surtout, ça ne préserve pas du tout l'avenir. – Allez, on va terminer avec l'histoire du jour. Tout autre sujet, je vous emmène sur les traces du meilleur croissant de Normandie. C'est la une de Paris-Normandie où les élèves du lycée hôtelier de Canteleuse préparent pour le concours national des élèves en formation du meilleur croissant au beurre d'Izigny-Sainte-Mère. Ça ne rigole pas. Et fabriquer un bon croissant, c'est tout un art.
– On n'est pas n'importe où. – C'est tout un art, mais c'est aussi de la science. Il faut une belle couleur dorée, un beau feuilleté, un bon dosage de beurre. Et ce n'est pas une recette rapide. Il faut réaliser la pâte, la mettre au frais une nuit. Après, il y a l'épreuve du tourage. C'est superposer la pâte dans un rectangle de beurre, trois fois, voire plus, découper la pâte, la façonner. Bref, on souhaite bonne chance à ces élèves pour le concours qui a lieu le 31 mars. Et c'est un titre important en Normandie parce que vous imaginez bien que là-bas, le beurre, c'est quasiment une religion. – Ils vont vous envoyer une corbeille, non ? – Ah oui, vous avez raison.
– La nuit prochaine, par exemple. – À l'aise de ce concours, on aimerait bien tous les trois tester ses croissants. C'est une très bonne idée, Elisabeth.
– Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada