Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 septembre 2025 24 min

Condamnation de Nicolas Sarkozy : "Ce n'est pas la loi qu'il faut changer, c'est le comportement des juges", estime Éric Zemmour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Éric Zemmour. Bonjour. On va parler de la situation politique, des chantiers et de la méthode du nouveau Premier ministre. Mais d'abord Nicolas Sarkozy contre-attaque après sa condamnation à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs. Toutes les limites de l'état de droit ont été violées, dénonce-t-il dans le journal du dimanche. Vous-même parlez de coup d'état permanent des juges, référence à l'expression de François Mitterrand contre De Gaulle. Vous allez nous expliquer. Il se trouve que la présidente du tribunal est menacée de mort sur les réseaux sociaux. Écoutez Ludovic Friat, président de l'USM, l'union syndicale des magistrats sur France Info.

0:36
Invité

À force de désigner les juges mais aussi les procureurs comme des ennemis politiques, c'est leur mettre une cible dans le dos et avec cette cible certains se croient tout permis.

0:47
Présentateur

Ce premier son vous fait déjà réagir. Éric Zemmour, en parlant de coup d'état des juges, est-ce que vous aussi vous leur mettez une cible dans le dos ?

0:54
Éric Zemmour

Écoutez, moi on passe son temps à me mettre une cible dans le dos. J'ai des policiers qui me protègent depuis des années. Vous voyez, chacun son tour.

1:03
Invité

Mais vous êtes un homme politique, ce qui n'est pas le cas de...

1:05
Éric Zemmour

Non, j'étais un journaliste jadis et j'avais déjà des policiers qui me protègent. Mais dans le débat politique, là, ce sont des juges dont on parle. Et les juges, là, font éminemment de la politique depuis des décennies, mais on va en parler.

1:13
Invité

Et quand le chef de l'État qui a tweeté ce week-end, les attaques et menaces de mort anciennes ou récentes contre plusieurs magistrats sont inadmissibles, est-ce que vous êtes d'accord pour ce terme d'inadmissible ? Est-ce que vous condamnez clairement ces pressions ?

1:21
Éric Zemmour

C'est une évidence. Évidemment que je n'approche pas des menaces de mort. Je vous dis simplement, il n'y a pas que. Et moi-même, je suis menacé et je suis protégé. Donc voilà, c'est tout ce que je dis. Mais évidemment que je condamne toutes les menaces de mort pour quiconque. C'est une évidence. Alors pourquoi vous parlez de coup d'État des juges ?

1:41
Présentateur

Expliquez-nous, Éric Zemmour. Est-ce que ça signifie qu'un ancien président n'est pas injusticiable comme les autres ?

1:46
Éric Zemmour

Alors, on va en parler. Vous m'avez dit que j'aurais du temps.

1:50
Présentateur

Bien sûr, je vous écoute.

1:52
Éric Zemmour

D'abord, pour bien vous faire comprendre de l'importance et du caractère exceptionnel de cette condamnation de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, à la prison, il faut que vous sachiez que dans l'histoire de France, seuls deux chefs d'État ont été en prison. Louis XVI et le maréchal Pétain. Louis XVI, c'était la révolution. Le maréchal Pétain, c'était la guerre, l'occupation, la collaboration, etc. Donc, vous voyez, ce n'est pas rien dans 1570. C'est une décision exceptionnelle. C'est exceptionnel. Deuxièmement, vous avez raison, j'ai écrit il y a maintenant près de 30 ans un livre qui s'intitulait Le coup d'État des juges et qui expliquait une chose très simple.

J'expliquais que les juges étaient en train de prendre le pouvoir sur la politique et étaient en train de détruire la démocratie pour la transformer en théocratie, c'est-à-dire où ils seraient les grands prêtres du pays. Très simplement, premièrement, les juges, comme là ça se passe avec Nicolas Sarkozy, condamnent des politiques.

Et deuxièmement, il ne faut jamais oublier le deuxièmement, ce que j'appelle les grands juges, c'est-à-dire les cours constitutionnels, conseils constitutionnels, conseils d'État, cours de justice européenne, cours européen des droits de l'homme, intime l'ordre au gouvernement de respecter certains principes qu'ils tirent des déclarations des droits de l'homme, comme des principes religieux, et qu'ils imposent au pouvoir. Vous voyez, il y a d'une part, on punit les politiques, on les sanctionne, on les délégitime, et deuxièmement, on les remplace. C'est une procédure, j'ai fini ma formule, c'est une dernière formule.

C'est simplement une formule révolutionnaire dont on disait, on ne détruit que ce qu'on remplace.

3:36
Locuteur non identifié

Voilà.

3:36
Invité

Vous pensez que les juges veulent remplacer les politiques

3:39
Éric Zemmour

pour aller au bout de votre démonstration ? Absolument, les juges veulent remplacer les politiques car ils estiment qu'ils sont immoraux, ça c'est la condamnation de Sarkozy, et deuxièmement, qu'ils ne respectent pas les droits de l'homme et que le peuple, surtout les hommes, il faut bien comprendre, que c'est le peuple qui est en cause. Les politiques ne sont que les élus du peuple. C'est le peuple qui est visé. Le peuple pense mal pour ces gens qui sont, pour beaucoup, d'une idéologie de gauche, donc il faut les empêcher de s'exprimer et en tout cas les empêcher de voir leur volonté incarnée par des politiques.

4:14
Présentateur

On a du mal à voir sur quoi vous vous fondez pour dire ça.

4:16
Éric Zemmour

J'ai écrit tout un livre il y a 30 ans et je peux continuer. Vous voulez qu'on parle des décisions du Conseil constitutionnel ?

4:22
Présentateur

Juste pour qu'on s'attarde sur le cas de Nicolas Sarkozy. Il y a eu 10 ans d'enquête, 3 mois de procès et les juges se sont appuyés, ils l'expliquent point par point, sur un faisceau d'indices pour conclure à l'existence d'un pacte corruptif noué par Nicolas Sarkozy et ses proches à l'époque pour obtenir des financements de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi en vue de sa campagne en 2007. Ce sont des accusations très graves, non ?

4:45
Éric Zemmour

Alors, parlons du fond du dossier. Moi, je ne suis ni l'avocat de Nicolas Sarkozy ni un de ses amis ni même un de ses affidés. Je ne lui dois rien. Il ne m'a pas donné de poste ministériel, de poste de direction, de siège à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Vous en conviendrez volontiers. J'ai d'ailleurs, quand j'étais journaliste, été très critique sur son mandat, ce qui m'a valu des années d'ostracisme à l'Elysée. Mais c'est de la vieille histoire. Donc vous voyez, je ne parle pas pour Nicolas Sarkozy. Je parle pour la démocratie et pour le droit.

5:18
Présentateur

Je m'explique. Mais vous-même, vous avez été condamné.

5:20
Éric Zemmour

Ah, mais si vous voulez qu'on en parle, on va en parler.

5:22
Présentateur

Non, on n'est pas obligé de rentrer dans le détail, mais est-ce que c'est pour ça que vous avez la dent dure ? Ah, pas du tout. Moi, j'ai été condamné.

5:26
Éric Zemmour

D'abord, il faut que vous sachiez, moi, contrairement à toutes ces affaires dont on parle, Marine Le Pen, Sarkozy, Ferrand, etc., moi, je n'ai pas été condamné pour des histoires d'argent. Mais pour incitation à l'aide raciale. Exactement, pour des idées. J'ai dit que la plupart des délinquants étaient rabais noirs. J'ai été condamné pour avoir appelé à Sarkozy Corrine. Et que le maréchal Pétain avait souhaité des juifs. Vous avez dit ça ? Oui, absolument, des juifs français. Ce sont des idées qui tombent contre la loi. Non, non, ce n'est pas la loi. Ce n'est pas la loi. Non, non, pas du tout. La plupart, vous avez été condamné. C'est une interprétation d'une loi liberticide.

Si vous voulez qu'on parle de tout ça, on va en parler. Parce que moi, je ne suis condamné pour des idées. Je ne suis pas un délinquant. Je suis un dissident contre un système totalitaire et liberticide où des associations, des parasites, je les appelle les parasites d'associations antiracistes, utilisent la justice avec la complicité des juges rouges pour empêcher ma parole de porter et pour, accessoirement, me ruiner, etc. Donc non, moi, je me défends, je me bats contre une invasion migratoire que je pense destructrice pour la France et je suis condamné pour cela. Donc il n'y a aucun comparaison avec les autres.

6:33
Présentateur

Sur le cas de Nicolas Sarkozy.

6:34
Éric Zemmour

Revenons au cas de Nicolas Sarkozy. Je disais donc que les juges eux-mêmes reconnaissent que toutes les accusations contre Nicolas Sarkozy n'ont trouvé aucune preuve. Ils le disent eux-mêmes, c'est écrit noir sur blanc dans leur jugement. La plupart des chefs d'accusation. Absolument. Et donc, comme ils ont, comme vous l'avez dit, mis des années d'enquête, etc. et que je comprends leur fureur, voire leur rage de ne pas trouver de preuve pour attester de la culpabilité de Nicolas Sarkozy puisque manifestement ils le prennent pour le parrain d'une organisation mafieuse, ils sont allés chercher dans le droit une vieille notion qui date de Napoléon qui est l'association de malfaiteurs.

Vous voyez, je sais que Giraudoux disait le droit est le royaume de l'imagination mais il y a des limites.

7:30
Présentateur

Mais est-ce qu'il ne faut pas

7:31
Éric Zemmour

changer la loi alors ? Non, non, ce n'est pas la loi qu'il faut changer. Ce n'est pas la loi. C'est le comportement des juges. Les juges ne font plus de droit. Là, en l'occurrence, je m'explique. En l'occurrence, des juges normaux, des juges non politisés, des juges qui respectent le droit puisque c'est cela qu'ils sont censés faire auraient dit on est très mécontents parce qu'on est persuadés qu'il est coupable mais on n'a pas trouvé de preuve donc on est obligé de se retirer et de ne pas le déclarer coupable. Vous voyez, c'était ça le droit. Ça ne veut pas dire qu'il n'est pas coupable. Vous comprenez moralement. Je n'en sais rien.

Ce que je dis, c'est que juridiquement, ils auraient dû reconnaître qu'ils n'avaient pas trouvé de preuve. C'est comme ça que ça se passait pendant des décennies en France. Et depuis quelques décennies, les juges ont décidé... Excusez-moi, il faut qu'on avance.

8:19
Invité

On va parler de ça. C'est très important ce qui dit. Justement, vous parlez donc d'un procès historique. Vous, vous parlez effectivement du maréchal Pétain de Louis XVI. C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'un président pourrait dormir en prison au nom de l'exécution provisoire. D'où notre question avec Agathe. Faut-il remettre en cause l'exécution provisoire ? On va écouter ensemble Sacha Stropkan qui est porte-parole du ministère de la Justice ce matin sur France Info.

8:39
Locuteur non identifié

L'exécution provisoire existe dans la loi parce que le législateur a fait le choix de le mettre dans la loi. Si demain, le législateur fait le choix inverse, les magistrats ne pourront qu'appliquer cette décision et constater que l'exécution provisoire n'est plus une option ou qu'en tout cas, elle n'existe plus. Et c'est là où je vous dis qu'il y a un débat démocratique sain. Est-ce qu'il faut changer la loi sur l'exécution provisoire ?

8:59
Éric Zemmour

Je ne suis pas d'accord avec ce monsieur. C'est effectivement le législateur qui a mis cette exécution provisoire. Parce que, vous n'avez pas laissé finir tout à l'heure, mais j'allais dire qu'il y a le problème des magistrats qui depuis des décennies font de la politique, en tout cas beaucoup d'entre eux qui sont à gauche au syndicat de la magistrature, qui le légitiment, qui l'assument et qui, si vous voulez, estiment qu'on ne condamne pas les gens en fonction de ce qu'ils ont fait mais en fonction de ce qu'ils sont. Ils prêtent serment les magistrats à Éric Zemmour.

9:30
Présentateur

Ils prêtent serment ils sont censés se départir de leurs opinions quand ils mettent leur robe. Par ailleurs, le syndicat de la magistrature qui est à l'origine du mur des cons qui a fait beaucoup parler d'une n'est pas représentatif de toute la profession. L'USM, l'Union Syndicale des Magistrats est un syndicat extrêmement modéré. Et c'est une décision collégiale Éric Zemmour, ils sont plusieurs.

9:46
Éric Zemmour

Laissez-moi répondre. Vous avez raison, le syndicat de la magistrature n'a pas 100% des magistrats mais idéologiquement, il y a belle lurette qu'il a gagné C'est comme pour les journalistes, ils ne sont pas tous de gauche mais tous les journalistes sont imprégnés de cette idéologie de gauche. Chez les magistrats, c'est la même chose.

10:05
Présentateur

Et on peut récuser un juge en France, on peut récuser un juge Éric Zemmour si on estime qu'il n'est pas impartial.

10:10
Éric Zemmour

Oui, bien sûr mais on aura un autre qui fera la même chose. Donc, je vous disais que les magistrats aujourd'hui, l'exécution provisoire, je vais vous répondre. Vous avez raison, c'est donc la classe politique qui a instauré ce système. Mais parce que la classe politique est coupable. La classe politique depuis 40 ans, c'est ce que j'expliquais dans le livre dont vous avez eu la gentillesse de parler il y a 30 ans, c'est elle qui a donné le pouvoir. Vous avez ressorti

10:36
Invité

votre formulation dans un tweet. On cite votre propre tweet. Sur le coup d'État, c'était aussi votre tweet. Vous l'avez repris, on ne parlait pas que de votre bouquin il y a 30 ans.

10:41
Éric Zemmour

Évidemment. Donc, sur l'exécution provisoire, ne serait-ce pas une loi ? C'est la classe politique qui est coupable. Moi, je me souviens quand on a fait cette loi qui embête tant Mme Le Pen, ça va être une autre affaire, Mme Le Pen elle-même, disait qu'il faudrait une éligibilité à vie. Donc, c'est vous dire que toute la classe politique a été coupable. Ils ont été un peu, vous savez, comme les aristocrates à la veille de la Révolution qui recevaient les philosophes des Lumières.

11:05
Invité

Vous parlez de Marine Le Pen qui serait aussi concernée par une loi sur l'exécution provisoire. Est-ce que ce ne serait pas aussi, du coup, si c'est pour Nicolas Sarkozy et pour Marine Le Pen, quelque part, une loi d'amnistie déguisée si elle est votée ? Oui, vous avez...

11:16
Éric Zemmour

Non, non, mais moi, je ne veux pas spécialement supprimer l'exécution provisoire. Je vous dis, l'exécution provisoire, j'imagine qu'elle est très utile contre des voyous qui veulent quitter le territoire ou qui menacent... Certains députés suggèrent justement

11:31
Invité

de la réserver à certains domaines comme le grand banditisme ou les violences sexuelles.

11:34
Éric Zemmour

Vous y êtes favorable aussi ? Mais bien sûr, on est d'accord. Moi, je suis pour la sévérité. Je ne vais pas vous dire subitement parce que c'est Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen que je suis contre. Vous comprenez ce que j'essaye de vous expliquer ? Que il y a... Je suis partisan d'une justice sévère et c'est ce que j'essayais de vous dire tout à l'heure. Le problème avec la justice aujourd'hui, c'est qu'en fonction de qui vous êtes, vous n'êtes pas jugé de la même façon. Je note que les voyous qui ont tabassé un policier ont eu six mois avec sursis. Pourquoi ils ont eu six mois avec sursis ?

Parce que tout simplement, ils étaient le produit de l'immigration maghrébine et africaine et que pour les juges, si monsieur... Vous avez huit en besogne. Non, non, je vous le dis, pour les juges, pour beaucoup de juges, ne faisons pas de généralité, il y en a qui échappent et d'en faire une pour ça. Les enfants de l'immigration sont des victimes, quoi qu'ils fassent.

12:25
Invité

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.

12:29
Présentateur

Avec Éric Zemmour, président de Reconquête, Sébastien Lecornu, nouveau Premier ministre, déçoit les socialistes.

12:35
Invité

Oui, le Premier ministre reçoit les chefs de parti aujourd'hui à Matignon avant une nouvelle manifestation jeudi et éventuellement un gouvernement. Ce week-end, on n'en sait rien, il poursuit ses consultations, Sébastien Lecornu, mais il ferme déjà des portes dans le Parisien, pas de taxe Zuckmann, pas de retour à l'ISF. Est-ce que vous applaudissez, M. Zemmour ?

12:50
Éric Zemmour

J'approuve, oui, évidemment. Écoutez, j'entends simplement dans sa suite de sa phrase, parce que, vous savez, c'est comme ça avec les macroniens, il y a toujours un an en même temps. Il dit, il faut entendre le besoin de justice sociale. Moi, je vais vous dire, là, je me méfie, parce que ça veut dire qu'au nom de la justice sociale, on va quand même inventer de nouveaux impôts. Il dit qu'il y aura de nouveaux impôts, certains qui vont augmenter, d'autres qui vont baisser, sans préciser.

À la grande joie, d'ailleurs, de quasiment toute la classe politique, puisque les socialistes réclament la taxe Zuckmann et que du côté du Rassemblement National, alors là, on fait assaut d'imagination pour inventer divers impôts. Moi, je vais vous dire, la justice sociale...

13:31
Présentateur

Vous ne l'entendez pas, vous, Éric Zemmour, ce besoin de justice sociale ?

13:34
Éric Zemmour

Mais je vais vous dire, moi, ce que j'entends. La justice sociale, c'est qu'on est le pays et le peuple le plus imposé du monde. qu'on a des prélèvements obligatoires qui représentent 48% de notre richesse. Ça veut dire, sur à peu près 3200 milliards de richesses produites, 1700 milliards d'impôts et de charges. Est-ce que vous vous rendez compte ? C'est ce qu'on vous prend, c'est ce qu'on nous prend. La première lutte contre la justice sociale, ce n'est pas d'inventer de nouveaux impôts, c'est de baisser les impôts de tout le monde.

14:07
Présentateur

Et pas de mieux les répartir, Éric Zemmour, parce que des études montrent que plus on est riche, moins on paye d'impôts. Est-ce que vous trouvez ça juste ? Ces études sont fausses.

14:14
Éric Zemmour

Ces études sont biaisées. Je vais vous dire. Il n'y a pas besoin de justice sociale, fiscale ? Si, il n'y a pas besoin de justice, mais il faut savoir, vous savez pourquoi on utilise les impôts. Il y a deux manières d'utiliser les impôts, il y a deux objectifs. L'objectif, c'est remplir les caisses pour pouvoir faire fonctionner les services publics et deuxièmement, réduire les inégalités. Moi, je suis pour la première, le premier principe. Je vais vous dire pour les inégalités.

Si on voit toutes les études, puisque vous aimez les études, on voit que entre le premier décile, c'est-à-dire les 10% les plus pauvres et le dernier décile, c'est-à-dire les 10% les plus riches, il y a, quand ils obtiennent et reçoivent leur revenu, une différence entre 1 à 7, voire 1 à 10 parfois. Mais, après impôts, après les politiques sociales, d'éducation, etc., la différence est entre 1 et 3. C'est-à-dire qu'on est, sans doute, avec les pays scandinaves, le pays le plus égalitaire du monde. Qu'est-ce que vous voulez de plus ?

15:18
Présentateur

Vous savez, et en général, quand on me dit... Dans les holdings, ceux, par exemple, qui se servent de certains montages via des holdings pour payer moins d'impôts, l'exécutif envisage de les taxer à 20% minimum parce qu'aujourd'hui, certains ne payent même pas 20% d'impôts. Ça, ça ne vous paraît pas juste aussi ?

15:36
Locuteur non identifié

L'homme le plus riche de France, c'est-à-dire Bernard Arnault. C'est le deuxième. Il s'est fait doubler par la famille Hermès. Vous voyez, je date.

15:47
Éric Zemmour

Fait 40% de ses revenus, le groupe LVMH, à l'étranger. Non, plutôt, il fait 8% de ses revenus en France et il paye 40% de ses revenus en France. qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, le problème est que les gens qui sont riches, les groupes qui sont riches, sont riches parce qu'ils gagnent de l'argent à l'étranger avec des salariés étrangers. C'est bien le problème. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on n'a plus d'industrie et qu'on n'a plus du chômage et grâce aux clients de l'étranger. Donc, en vérité, cet argent, c'est déjà miraculeux qu'il revienne en France. Est-ce que vous savez qu'aujourd'hui, nous avons un déficit commercial qui est à peu près de 100 milliards par an ?

Donc, ça veut dire que nous ne sommes pas compétitifs. Les Italiens ont un excédent commercial, les Allemands, j'en parle même pas. Nous, nous sommes énormément déficitaires. Et vous savez ce qu'ils compensent ? C'est les revenus de ces grands groupes du 440 qui ramènent en France 75 milliards d'euros. Est-ce que vous vous rendez compte ? Donc, quand on me dit qu'ils ne payent pas d'impôts, etc., moi, je ne suis pas un très riche, vous imaginez. Mais ce que je veux défendre, c'est que si jamais... Vous savez, ça commence toujours comme ça. On vous dit on va faire payer les très riches, les très très riches, les ultra riches. Et puis, les ultra riches, ça ne rapporte pas jamais assez.

Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On va sur les riches, sur les moyennement riches, et puis sur les moyennement pauvres, et puis sur tout le monde. Et puis, on finit par être le pays le plus imposé

17:13
Présentateur

Éric Zemmour, le Parti Socialiste menace de censurer sans changement majeur d'orientation le Premier ministre, le futur gouvernement. Est-ce que la France peut se permettre une troisième censure en quelques mois ?

17:24
Éric Zemmour

Écoutez, moi, je vais vous dire, je pense que tout ça, c'est de l'agitation politicienne. Nous sommes revenus sous la Quatrième République, c'est-à-dire avec des gouvernements instables et qui ne prennent pas de décisions. La seule façon de revenir à la stabilité et à la Cinquième République, c'est une élection présidentielle. Tout le reste, c'est-à-dire motion de censure, dissolution, nouvelle élection législative ne changeront rien.

17:49
Présentateur

Une nouvelle élection présidentielle, mais vous n'appelez pas pour autant à la destitution du président ? Vous estimez qu'Emmanuel Macron devrait démissionner lui-même ? Madame,

17:56
Éric Zemmour

je ne suis pas un factieux. Je ne veux pas mettre la tête d'Emmanuel Macron au bout d'une pique. En revanche, je dis que s'il voulait rendre un service signalé, comme disait le général de Gaulle à la France, il devrait démissionner et nous aurions une nouvelle élection présidentielle. parce qu'il n'y a que l'élection présidentielle qui peut remettre les compteurs à zéro et régler et trancher ce Neugordien

18:16
Invité

d'aujourd'hui. À propos de Neugordien, Sébastien Lecornu disait vendredi dans les colonnes du Parisien nous sommes dans une démocratie parlementaire où pour la première fois depuis bien longtemps le Parlement occupe la place centrale. C'est ce que vous dites. Donc vous voulez la destitution

18:27
Éric Zemmour

à la Quatrième République.

18:27
Invité

Mais vous êtes contre une dissolution qui pour vous ne règle rien. Ne règle rien, pardon.

18:32
Éric Zemmour

Pourquoi vous dites ça ? Je vous l'ai dit. Parce que ça ne règle rien. Parce que personne ne gagnera. Parce que dans le cadre actuel de la situation politique et du mode de scrutin on retrouvera une assemblée à peu près équivalente et donc personne n'aura la majorité. On peut... Vous savez, on a trois grands blocs aujourd'hui. Je n'ai pas inventé quelque chose là. C'est quelque chose que tout le monde a compris maintenant. On a trois grands blocs. Les blocs peuvent s'allier un à un contre le troisième mais ils ne peuvent pas gouverner ensemble. Donc le résultat c'est qu'il ne peut pas y avoir de majorité qui se dégage et donc une dissolution ne servira à rien.

Personne ne gagnera et donc personne ne gouvernera. Donc la seule solution c'est une nouvelle élection présidentielle.

19:15
Présentateur

Est-ce que vous réclamez toujours l'union des droites et avec qui précisément ?

19:18
Éric Zemmour

Vous savez, chère madame, je défendais l'union des droites quand Jacques Chirac refusait l'alliance à Jean-Marie Le Pen du Front National. Je disais à l'époque puisqu'on parlait de mes livres tout à l'heure vous avez eu la gentillesse j'ai écrit à la même époque en 98 un autre livre qui s'appelait Le Livre au Nord de la Droite et qui expliquait que ce refus allait entraîner un glissement de la droite à l'époque on disait le RPR vers le centre. Vous voyez, c'est exactement ce qui arrive. Aujourd'hui, M. Retailleau gouverne dans un gouvernement Emmanuel Macron. Donc, aujourd'hui, je suis toujours pour une grande union des droites simplement. C'est très simple.

En politique, c'est celui qui gagne qui est le plus fort qui façonne les coalitions. C'est ce qu'a fait M. Mélenchon après 2022. Il était en tête de la gauche. Il a façonné l'union de la gauche. À droite, Marine Le Pen est sortie en tête du premier tour de la présidentielle. Elle a refusé de faire la même chose. Donc, c'est elle qui ne veut pas d'union des droites. D'ailleurs, elle l'a dit, elle l'a redit. Mais vous,

20:16
Présentateur

vous seriez prêt à faire une union des droites avec Marine Le Pen qui peut qualifier de socialiste ?

20:19
Éric Zemmour

Attendez, attendez.

20:20
Présentateur

C'est cohérent ou pas ?

20:21
Éric Zemmour

Non, non, je vais vous expliquer. D'abord, je vous répète, pour avoir l'union des droites avec une Marine Le Pen qui le refuse, un rassemblement national qui le refuse et un M. Retailleau qui le refuse aussi puisque lui, il préfère l'alliance avec les centristes de Macron, il faut que Reconquête soit en tête. Donc, je dis à tous les électeurs

20:38
Présentateur

Vous en êtes très très loin.

20:40
Éric Zemmour

Oui, on en est loin, mais vous savez, on en a connu d'autres. On en a connu d'autres dans l'histoire. Vous savez, Mélanie était à 2%. Vous voyez où elle est aujourd'hui. Mais pas d'union des droites. Attendez, attendez. Si les électeurs du RN et de LR veulent l'union des droites, il faut qu'ils votent Reconquête car nous sommes les seuls à la faire. Ça, c'est la première chose. Maintenant, je réponds à votre question. Vous avez tout à fait raison, Marine Le Pen est socialiste. Je le dis depuis 15 ans. A l'époque, tout le monde se moquait de moi. Aujourd'hui, c'est devenu banal. Elle le dit quasiment elle-même puisqu'elle dit qu'elle est plus près d'Olivier Faure que de Bruno Retailleur.

21:09
Présentateur

Sur les sujets économiques, elle dit que je ne suis pas proche

21:11
Éric Zemmour

de Bruno Retailleur. C'est pas rien quand même. Vous êtes d'accord avec moi. Donc, je dis qu'effectivement, toute la direction du RN est socialiste. Sauf que les électeurs du RN, on leur demande est-ce que vous êtes de droite ou de gauche, ils répondent à 75%. Nous sommes de droite, à 5%. Nous sommes de gauche. Donc, j'appelle ces électeurs du RN à ne pas se tromper de vote. S'ils veulent un parti de droite comme eux, il y a reconquête. S'ils veulent continuer à voter pour le RN, il faut qu'ils sachent qu'ils votent pour un parti de gauche socialiste.

21:42
Invité

Votre ancien ami, Marion Maréchal, plaide pour mettre autour de la table Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez, Nicolas Depontaignan, vous Éric Zemmour et même une partie d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe, donc une partie du centre droit. Est-ce que dans l'idéal, c'est aussi votre projet ? Pas du tout.

21:55
Éric Zemmour

Moi, je vous ai dit mon projet. Mon projet, c'est que, c'est ça la politique. Marion Maréchal, si elle veut faire des goûters d'anniversaire, c'est son problème. Moi, ce que je veux, c'est la politique. La politique, c'est le parti dominant qui façonne la coalition. Je vous le répète. Mais l'encheur a fait, Marine Le Pen ne l'a fait. Moi, si j'étais sorti en tête au premier tour, c'est ce que j'aurais fait. J'aurais appelé le RN et les LR à me rejoindre et à faire une plateforme commune minimale parce que vous avez raison, nous avons des désaccords donc on fera mais comme LFI et l'EPS. Donc, il y a une plateforme minimale sur laquelle on s'entend et sur laquelle on peut gouverner.

22:35
Présentateur

On entend, Éric Zemmour, faut qu'on avance. C'est le moment de la question qui, comme tous les jours, une question à retrouver sur les réseaux sociaux de France Info. Sarah Knafo, votre compagne est votre seul élu à Reconquête, particulièrement active sur les réseaux sociaux, courtisée politiquement par certains à droite. Elle pourrait être candidate à votre place en 2027 ?

22:55
Éric Zemmour

Écoutez, d'abord, la candidature à la présidentielle n'est pas encore choisie. Et deuxièmement, je ne pense pas que ça regarde les uns et les autres. Je pense que cette candidature à la présidentielle sera choisie entre elle et moi et avec le parti Reconquête. Mais ne vous inquiétez pas, vous savez...

23:17
Présentateur

Ça se prépare quand même une présidentielle ? Ça se prépare.

23:19
Invité

Et je le prépare. Mais on sent que de nombreux médias du groupe Bolloré se mettent en ordre de match derrière elle. Si elle est mieux placée que vous, est-ce que vous pourriez la soutenir ?

23:27
Éric Zemmour

Les médias Bolloré, comme vous dites, ne se mettent pas en ordre derrière elle. Pour avoir le GDD ce week-end, pour avoir regardé les news. parce qu'elle est brillante et qu'elle est travailleuse et qu'elle est... Vous pourriez vous ranger derrière elle

23:41
Invité

si elle est mieux placée ?

23:42
Éric Zemmour

Mais vous savez, vous n'arriverez pas à mettre un coin entre elle et moi. Donc ne vous inquiétez pas. Vous pourriez faire ça par amour aussi. Comment ? Vous pourriez faire ça par amour aussi. Ne mélangez pas la vie privée avec la vie politique. Vous qui n'en avez parlé. Est-ce que la condamnation de Marine Le Pen

23:57
Présentateur

vous ouvre un espace ? Est-ce que la condamnation de Marine Le Pen vous ouvre un espace ? D'un mot.

24:01
Éric Zemmour

D'abord, Marine Le Pen n'est pas encore condamnée en appel. Deuxièmement, vous savez, s'il n'y a pas Marine Le Pen, il y aura sans doute Jordan Bardella et le candidat Jordan Bardella sera, comme je l'ai dit, le candidat du Rassemblement National et donc, il sera le candidat d'un parti socialiste. Merci Eric Zemmour. Quel que soit le candidat.

24:21
Présentateur

Merci d'avoir répondu

24:22
Éric Zemmour

aux questions de France Info. Un entretien retrouvé sur Youtube et sur l'application Radio France.