Comprendre la soumission chimique pour mieux lutter contre les violences sexuelles | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et bien écoutez, bonjour à toutes et tous. Merci pour votre présence, votre intérêt pour cette conférence qui est soumise à une rue de concurrence parce que en ce samedi après-midi d'amphi blindée, vous avez de nombreux débats passionnants en même temps sur notre programme. Alors, cette conférence va porter sur un phénomène qui aura beaucoup fait parler cette année, celui de la soumission chimique, hein. une expression parfois un peu qui peut nous qui peut nous interroger et qu'on aura retrouvé dans un certain nombre de moments d'actualité de de l'année, que ce soit l'affaire Pélico du nom d'un mari ayant drogué sa femme pendant de nombreuses années pour la violer, pour la faire violer par d'autres hommes, que ce soit l'affaire le squarnec du nom d'un médecin chirurgien qui aura fait plus de 300 victimes, essentiellement des enfants, euh ces affaires ont jeté une lumière crue, une lumière nouvelle. sur ce phénomène d'administration de produits chimiques notamment de médicaments à des fins criminelles.
Un épisode aussi comme celui de la fête de la musique où s'est répandu comme une traînée de poudre. La rumeur de piqû semble lui avoir plutôt contribuer à véhiculer un certain nombre d'idées reçues, de voir de fake news, ton et à entretenir angoisse, culpabilité et sentiment chez les femmes que elles étaient sommées de se protéger elles-mêmes d'agression sexuelle, d'agression potentielle. Bref, il était tout naturel pour moi.
Sar le Grain, député donc de la France insoumise comme vous le savez et membre de la délégation aux droits des femmes, vice-présidente, même si c'est pas des médailles qui ont un sens un grand une grande un grand sens à l'Assemblée nationale, mais bon, c'est toujours ça de prix. Euh et donc intéressé à ces questions euh d'égalité fam de violence sexuelle. C'était tout à fait naturel pour moi de vouloir en en parler à la fois parce que je pense qu'il faut mieux connaître la spécificité de ce problème de santé publique majeur que recouvre la notion de soumission chimique pour mieux évidemment collectivement politiquement le combattre pour protéger et accompagner davantage les victimes.
Mais aussi parce que je suis convaincu qu'en levant les préjugés sur et les ignorances sur ce mode opératoire spécifique he celui de la soumission chimique, je crois qu'on peut mieux saisir la nature même des violences sexistes et sexuelles en général, leur dimension systémiques, les rapports de domination, les abus de confiance en réalité sur lesquels elle repose, bien davantage que sur des complexités de de dosage chimiques. Voilà. euh et les conséquences qu'elles ont sur les victimes qui vont rencontrer sur leur chemin nombre d'obstacles euh pour se protéger d'abord et puis pour se réparer quand elles ont eu à subir des violences.
Donc je suis très heureuse de pouvoir aborder ces thèmes et je suis très heureuse pour le faire d'accueillir avec moi deux femmes expertes. Sandrine Josu est députée de Loire Atlantique, la 7e circonscription si je ne me trompe pas. Elle est membre du groupe Modem.
Alors, peut-être que le public des enfis ne s'attendait pas forcément à la présence ici d'une députée du Modem à l'heure où on annonce qu'on s'apprête à censurer le budget Baïou et Baïou avec. Et en effet, bien des choses peuvent nous opposer, vous vous en doutez. Mais il m'a semblé important que la voix de Sandrine Josu qui est comme moi membre de la délégation au droits des femmes soit entendu sur ce sujet de la soumission chimique.
Elle vient de remettre au gouvernement un rapport sur le thème de la soumission chimique. Elle est aussi peut-être d'abord une lanceuse d'alerte, ce qu'on peut appeler une victime experte, puisqu'elle a parlé parce qu'elle a choisi pardon, de parler au effort de l'agression dont elle a été victime de la part du sénateur Joël Guerriot qui est aujourd'hui mis en examen après l'avoir comme elle l'en accuse drogué probablement afin de l'agresser. Elle est devenue la marine de cœur et la porte-parole de l'association Mandorpa, fondée par Caroline Darian. euh dont le nom vous dit peut-être quelque chose qui est la fille de Dominique Pélico.
Et donc Sandrine, merci beaucoup à toi d'avoir accepté de venir ici malgré tout ce qui peut nous séparer politiquement pour nous apporter tout ce que tu as aussi à nous à nous donner comme expertise sur le sur le sujet et merci de l'accueillir chaleureusement. Leila Shawashi estienne au centre d'addictto vigilance de Paris, rapporteur d'une enquête annuelle sur la soumission chimique auprès de l'Agence française du médicament. Une enquête annuelle qui existe depuis un petit moment mais fondatrice depuis 2024, elle nous en parlera du CRAFS, centre de référence sur les agressions facilitées par les substances qui est devenu maintenant une structure absolument incontournable essentielle à la fois pour l'accompagnement des victimes, pour la formation des professionnels sur ce sujet.
Euh là, vous êtes euh je crois en la plus grande spécialiste sur le de la question de la soumission chimique en France. Et donc c'est vraiment un honneur pour nous euh de vous avoir euh à nos côtés. Donc merci pour votre présence aussi.
Et donc dans cette conférence, pour donner un maximum de temps à nos à nos invités, je vous propose qu'on prenne un premier moment pour faire un peu un état des lieux pour nous débarrasser peut-être de toutes les fausses idées que nous avons nous pourrions avoir sur la soumission chimique qui est parfois agitée de façon un peu sensationnaliste dans le dans le débat médiatique et pour mieux comprendre ce qu'elle implique pour les victimes, ce qu'elle représente comme enjeu de santé publique. Et puis dans un deuxième temps, nous en viendrons aux préconisations pour se donner enfin les moyens de lutter contre ce phénomène et plus généralement contre les violences sexuelles en matière d'accompagnement des victimes et aussi en amont de prévention des violences par une vigilance collective sociale qui ne fasse pas reposer uniquement qui ne fasse pas reposer du tout sur les femmes sur les potentielles victimes la charge de leur protection. Euh et nous aurons ensuite un temps d'échange entre nous qui nous permettra de voilà qui vous permettra de poser toutes les questions que vous voudrez et d'entendre les réponse.
Juste avant de commencer à écouter nos nos invités, nos intervenantes, je voulais peut-être vous vous signifier faire un petit point ce queon appelle parfois trigger warning, c'est-à-dire qu'on n'est pas en train d'aborder un sujet tout à fait anodin et ce sujet, il peut faire écho à des expériences vécues, y compris par des personnes qui sont ici dans cette salle ou sous cette tente euh qui peut éveiller des émotions particulières. Je voulais vous dire que c'est OK euh que si euh c'est trop difficile à un moment, bah vous vous sentez totalement libre de quitter cette salle. Personne s'en offusquera.
Peut-être aussi de vous faire accompagner par une présence bienveillante à vos côtés. Et si jamais vous êtes venu dans cette dans cette conférence euh parce que voilà vous vous êtes témoin, vous êtes victime, que vous avez besoin d'aide, que vous avez besoin de parler de votre situation, je vous invite à ne pas le faire au cœur de la conférence, ne pas le faire dans le moment d'échange public parce que c'est quelque chose qui vous mettrait en danger, qui nous permettrait pas de bien accueillir votre parole. Mais je vous signale que Sandrine et Leilla vont rester un peu après cette conférence, que Leilla est pleine de ressources euh sur les endroits euh auxquels vous pouvez vous adresser, les démarches que vous pouvez avoir.
Donc on vous laissera pas seul avec euh avec ces éléments-là, mais en tout cas euh vous redire que dans cet espace qui est le nôtre qui a un espace de formation, voilà, on veille à ce que à ce que on évite que ça puisse être un moment de violence redoublée. qu'on essaie de mettre en place tous les quatre pour que la parole puisse être entendue dans de meilleures conditions que filmer dans une dans une conférence avec euh voilà plusieurs plusieurs dizaines voire une centaine de personnes. Voilà, je pense que vous le comprendrez et j'appelle chacun et chacune à la bienveillance et à la vigilance autour de vous si vous sentez que des gens se sentent pas bien.
Voilà, je voulais le dire. Alors pour commencer la question de l'état des lieux. Quand on parle de soumission chimique, de quoi parle-t-on exactement au-delà des idées reçues ?
Quelle histoire ? Quelle actualité de ce phénomène-là ? Quel phénomène spécifique sur les victimes ?
Est-ce qu'il y a des profils d'agresseur, de victimes et cetera ? Sandrine Joso, donc tu es député, tu as tout récemment rendu ce rapport au gouvernement sur la soumission chimique. Je l'ai dit, tu as fait de ton expérience de victime, un combat.
En novembre 2023, tu as subi une agression de la part d'un sénateur qui était aussi et surtout pour toi un ami, une connaissance en qui tu avais confiance. Et euh ce moment-là t'a invité à inciter à prendre la parole. Je vais pas euh je vais te laisser toi choisir ce que tu as envie de d'en raconter, mais je pense que cet événement-là lui-même dit beaucoup de choses de peut-être des idées reçues qu'on peut avoir sur le recours à la à la soumission chimique.
Et euh en tout cas, tu as à ce moment-là choisi d'en parler après avoir pu t'enfuir fort heureusement de la situation dans laquelle tu te retrouvais piégé. tu as courageusement euh dénoncé et après tu as aussi à travers l'association euh Mendorpa porter la parole de ces victimes de de soumission chimique. justement, qu'est-ce que ton parcours, tes travaux t'ont appris sur cette stratégie d'agresseur particulière qui est la soumission chimique, ses effets sur les victimes, quelles sont les difficultés spécifiques auxquelles toi tu as pu personnellement être confronté ou des victimes qui t'ont parlé parce que tu as du coup recueilli la parole de nombreuses victimes et choisi de la porter.
Quelles sont les difficultés spécifiques qu'elles t'ont rapporté et que nous apprend de façon générale ce mode opératoire spécifique sur les violences sexuelles en général ? Hop ! Merci Sarah.
Bonjour à tous. Je suis ravie d'être là. Pourquoi déjà dans un premier temps ?
Parce que c'est important de parler de ces sujets qui peuvent nous toucher de près ou de loin. Des sujets un peu parfois tabou dans notre société. Quand je me suis engagée en 2017, c'était surtout pour porter des sujets de politique sociétale et j'ai souhaité encore jusqu'à aujourd'hui être vraiment en cohérence avec tout cela. vous dire que le 14 novembre 2023, donc j'ai eu un moment de bascule dans ma vie parce que comme l'expliquait Sarah, j'ai été à une soirée pour fêter la réélection d'un sénateur de mon département que je connaissais depuis 10 ans et celui-ci a mis une substance dans mon verre.
Cette substance c'était de la MDMA. Laila pourra expliquer euh plus plus précis présent précisément ce que ce qu' induit en fait l'absorption de de ces substances. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que dans cette soirée- làà j'ai commencé à ressentir des nausées, la tête qui tournait au bout d'avoir bu tout simplement une coupe de champagne.
Peut-être le premier message que je voudrais vous transmettre ici, c'est soyez en alerte quand vous-même euh au bout d'avoir peut-être consommer consommer un plat, bu un verre, si tout à coup vous avez tous ces malaises là, que tout tourne autour de vous, que il y a quelque chose de pas normal ou que si vous observez une personne qui tout à coup change de comportement autour de vous et cette personne, elle peut avoir absorbé quelque chose qui euh est de l'ordre d'une substance. Alors, c'est quoi les substances ? Ça peut être des drogues, mais ça peut aussi être des médicaments.
Donc de là, j'ai réussi à à en en on va dire en en allant chercher toutes mes forces qui me restaient, j'ai réussi à m'échapper et heureusement, j'ai pu me réfugier à l'Assemblée nationale parce que cette cette agression m'est arrivée tout près du Sénat. Et là, j'ai eu des collègues qui ont eu des bons réflexes, qui m'ont tout d'abord tout de suite écouté, qui m'ont cru. Donc ça c'est vraiment important.
Donc euh gardez ça à l'esprit quand quelqu'un vous parle. Il faut vraiment euh investiguer le doute, croire et jamais la laisser seule. et mes collègues m'ont appelé le Samu et j'ai pu donc aller aux urgences d'un hôpital qui s'appelle l'hôpital de la riboisière et j'ai eu des prélèvements de sang d'urine qui ont donc établi effectivement le fait que j'avais été droguée à mon insu et de là dans cette nuit-là j'ai j'étais complètement bouleversée par ce qui m'arrivait en même temps dans un état euh on va dire de de malaise profond.
J'ai voulu quand même poser des questions au personnel soignant. Je sais pas si il y a des gens autour ici qui qui sont dans ce secteur d'activité. Mais vraiment merci au personnel soignant parce que eux ont pu me dire des choses très intéressantes qui ont motivé après le fait que j'ai souhaité m'engager.
Ils m'ont dit que des personnes comme moi c'était tous les jours. Et là je me suis dit mais on est passé vraiment à côté d'un fléau de santé publique. Et de là quand j'ai pu un peu récupérer mes esprits toute la nuit, donc ça a été vraiment une nuit d'horreur, mais le lendemain matin, un collègue est venu avec moi au commissariat juste à côté de l'Assemblée nationale pour que je dépose plainte.
Et là aussi, c'est important euh quand une personne voilà a été victime de pouvoir l'accompagner aussi dans tous ces moments-là. Quel que soit le moment où si elle veut, si elle veut pas porter plainte, on peut pas juger. Des fois, on a on sent le la capacité de porter plainte tout de suite et des fois pas.
Des fois c'est un jour après, des fois c'est un mois après, des fois c'est 10 ans après, des fois c'est 40 ans après. Voilà. Mais en même temps, à ce moment-là, je me disais, j'avais des personnes autour de moi qui me soutenaient.
J'ai osé le faire et cette personne a été prise en flagrant délit parce que j'ai décrit en fait l'endroit où ça m'est arrivé. J'ai décrit ce qui a ce qui m'a aidé à sortir de de cette pièce- là parce qu'à un moment donné quand tout tournait autour de moi, j'ai vu ce sénateur prendre mon verre et retourner dans sa cuisine. Et là, moi j'ai été dans le salon et j'ai voulu regarder ce qu'il faisait dans la cuisine.
Et je l'ai vu tenir un sachet. Je suis même ému quand je vous le dis, un sachet. Et je l'ai vu ranger ce sachet.
Et là, je me suis dit il y avait quoi dans ce sachet ? Et comme j'ai décrit ça au aux policiers, ils ont tout de suite pris le réflexe de se dire là il faut faire une perquisition. Et donc il y a une perquisition.
Il a été donc mis en garde à vue. Voilà comment cette histoire a commencé. Et de là, je me suis dit que pour toutes les victimes de l'ombre, c'était important que moi en tant que député, je lance l'alerte et que je puisse par cet intermédiaire donner quelque part une visibilité à toutes ces victimes.
Et après dans un second temps quand j'étais un petit peu, on va dire un petit peu plus rétabli, j'ai décidé de retourner dans l'hémicycle et de demander au gouvernement une mission gouvernementale pour qu'on regarde ce sujet de près, pour qu'on fasse des propositions et que on puisse vraiment endiguer ce ce fléau. Cette mission, elle a été donc jusqu'au bout, il y a eu une dissolution, j'ai je l'ai retrouvé et il y a un rapport qui est sorti au mois de mai avec 50 recommandations. Ce rapport, je le suis de très près.
Il y aura des choses qui vont être mises en place. par exemple dans peu de temps, dans quatre régions de France euh et une d'outre mer, et bien vous pourrez si euh vous êtes victime aller euh donc vous faire prélever du sang, de l'urine, des cheveux sans porter plainte. Et c'est intéressant parce que c'est comme une course contre la monde parce que ces substances disparaissent très vite que parfois on se rappelle plus de ce qui s'est passé et bien avec des preuves ça peut aussi nous donner le courage d'aller porter plainte.
Donc je voulais vraiment vous vous dire que je suis déterminée que c'est aussi les victimes d'hier, les victimes d'aujourd'hui qui me donne aussi cette force de continuer pour que comme le dit Giselle Pélicot pour que la honte change de camp. Voilà, je vous remercie. Merci beaucoup Sandrine de nous de nous partager cette cette expérience qui je crois doit tous toutes et tous nous convaincre. il n'y a pas de profil type ni de la victime ni de l'agresseur et que contrairement à ce qu'on peut penser, la soumission chimique est pas quelque chose qui n'intervient que dans les fêtes de d'étudiants en médecine avec des jeunes filles alcoolisées et imprudentes et que et que c'est une affaire avant tout de confiance trahie de d'abus de pouvoir.
Et on peut aussi se dire, je pense que je te trahis pas Sandrine en disant ça, que peut-être que si Sandrine n'avait pas été députée et qu'elle avait été, je sais pas, une jeune militante invitée au domicile de de Joël Gariot, elle aurait peut-être pas eu le même soutien tout de suite, pas été cru de la même façon, pas eu les mêmes moyens d'accès euh à tout ce qui a permis de récolter les preuves et d'investiguer. Et ce que montre aussi ton expérience, c'est le fait qu'il est faux de penser, que ce soit en matière de soumission chimique ou ailleurs, que en matière de violence sexuelle, ces paroles contre paroles et les preuves sont impossibles à trouver. Les preuves, ce qui elles sont là si on veut bien les chercher et si on se donne les moyens de les chercher à temps et de les chercher de la bonne façon.
Donc évidemment, il y a toute la question et on va y revenir de ces substances-là, de leur durée, de des réflexes à avoir, des moyens qu'il faut mettre derrière pour que effectivement toute personne puisse très très vite euh faire avoir accès à toutes ces tous ces tests. Euh et en même temps euh euh plus largement et bien s'il y avait pas la perquisition qui permettait ensuite de trouver le sachet de drogue. Je me permets de le dire aussi après qu'il a invoqué le fait que il avait consommé de la drogue parce qu'il souffrait d'avoir perdu son chat.
Je me permets de le de dire hein, que c'était ça la défense. Euh mais pas pas de pas de chance pour lui. 3 jours plus tard, quand ils ont parce qu'ils ont pris la peine d'investiguer dans son téléphone, ils ont trouvé des recherches euh viol euh drogue voilà dans son téléphone.
Bon donc ça veut dire aussi que quand on se donne les moyens de la perquisition, des recherches et cetera et puis maintenant il y a si je ne m'abuse une seconde victime. Il va y avoir un procès en janvier prochain. On espère aussi que Sandrine Josuo recevra tout le toute la lumière et tout le soutien dont elle aura besoin à ce moment-là parce que ce sera forcément une épreuve.
Mais voilà, quand on quand les choses sont bien faites et qu'on se donne les moyens de l'investigation, on se rend compte que oui, des preuves, il y en a, des faisceux d'indice, il y en a, des faits réitérés, il y en a. Et je pense que c'est important de le souligner à travers ton expérience. Euh je passe maintenant sans sans tarder la parole à Leilla Shawashi.
Donc vous avez, je vous ai dit, vous êtes euh rapporteur d'une enquête annuelle sur la soumission chimique. Vous avez créé en 2024 ce centre de référence sur les agressions facilitées par les substances. Donc je vais vous laisser présenter cette initiative et nous expliquer ce que c'est justement ces agressions facilitées par les les substances et cette notion de soumission chimique qui est arrivé assez récemment dans le dans le débat public qui est un peu associé dans les esprits beaucoup à la drogue dite du violeur le GHB comme si bon il fallait forcément que ce soit une drogue assimilée au milieu de la fête et pourtant on a vu avec l'affaire Pélico avec l'affaire le Squarnec que c'était pas et avec l'affaire Guario aussi que c'était pas forcément ce qu'on pensait vous vous êtes très bien placé pour savoir que ce phénomène il a beaucoup plus de enfin il est très actuel mais il a une une histoire, une antériorité, il est très répandu, très divers.
Donc vous allez nous aider à mieux le cerner et à se défaire de nos idées reçues et à mieux y faire face. Alors merci beaucoup. Euh effectivement, j'aimerais revenir d'abord sur un volet un peu plus historique entre guillemets.
On parle beaucoup de la soumission chimique en ce moment, ce qui est extrêmement bien, c'est vertueux. Euh ce qu'il faudrait pas, c'est penser que c'est un phénomène nouveau. C'est aussi absurde de dire que il n'y avait pas de soumission chimique avant l'affaire Pélico que dire qu'il n'y avait pas de droit de cuissage avant l'arvé avant la l'affaire Harvé Weinstein par exemple.
Donc c'est absurde. Il y a une libération de la parole, il y a un mouvement qui se crée et puis il y a une mise en lumière d'une thématique qui s'impose comme étant une urgence. Quelque part la société civile a imposé son urgence sanitaire en plein calendrier Covid et ça c'est extrêmement vertueux.
Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'en réalité la soumission chimique, elle elle nous imprègne tous. On a tous je pense lu des comptes.
Donc on a tous entendu parler des de la mythologie et je pense qu'en réalité elles sont infiniment plus nombreuses les affaires de soumission chimique ou les histoires que vous connaissez sur la soumission chimique et que vous n'identifiez pas forcément comme tel. Euh moi quand j'étais en classe de 4e, c'était enseigné au collège. J'avais mes cours sur Tristan isut par exemple.
Alors dans les comptes, on parle de filtre d'amour. Alors en 2025, j'ose espérer que effectivement à minima drogue du violeur et puis sinon soumission chimique. Euh alors je parle évidemment de Tristan isut mais sans vouloir faire le projecteur sur Tristan isot spécialement hein.
Ça peut être filtre d'amour, filtre de vérité. On peut parler aussi de la sorcière circée qui a tiré les marins avec la scopolamine pour les transformer en cochon. On peut parler du dieuisos qui transforme l'eau en vin quand les nympfs viennent s'abrevoir parce que c'est sa technique de drague.
Donc et on peut continuer à développer ces sujets à l'infini pour vous rendre compte que l'usage des substances dans le but de commettre un crime puisque le viol est un crime, vous le savez. Euh donc c'est vieux comme le monde. Une fois que je vous dis que c'est vieux comme le monde, j'aimerais surtout pas vous laisser penser que c'est uniquement dans la littérature et la mythologie euh à des enfin cat quatre arctiques finalement et puis c'est tout.
Malheureusement, c'est bien une réalité criminelle et en réalité des affaires de soumission chimique aussi vous en connaissez des tonnes mais vous les avez pas forcément identifié comme tel. Je pense qu'ici si on disait par exemple l'affaire polskie, tout le monde sait ce qu'est l'affaire polanski. Mais combien l'ont identifié comme une un cas de soumission chimique infantile ?
Quand on a moins de 15 ans, qu'on nous sert des flutes de champagne, qu'on nous donne un médicament hypnotique, donc qui en dort, avant de procéder au viol d'un enfant, ça s'appelle une soumission chimique infantile. Je suis un enfant, je n'ai pas besoin de l'heure, je n'ai pas besoin qu'on me piège, je n'ai même pas besoin qu'on me force. Je suis un enfant, j'obéis.
J'ai moins de 15 ans, je ne cons pas. Donc c'est une soumission chimique infantile et après on peut décliner à l'infini et ça fait un peu le pas sur la suite. Je pense que tout le monde connaît l'affaire fournirée, l'affaire du trou et j'en passe.
Peut l'identifie comme des cas de soumission chimique. Donc vous le comprenez la soumission chimique c'est des violences sexuelles essentiellement mais pas que. C'est aussi des enlèvements, des séquestrations, des infanticides et tout fait criminel ou déluel.
Parce que ce que j'aimerais que vous reteniez avec moi, en tout cas c'est le mon objectif ici, c'est de ne jamais jamais départir la soumission chimique des violences de façon général. On est en train de parler d'un mode opératoire des violences. On n'est pas en train de parler d'un phénomène.
Et donc, ce sont bien les structures qui prennent en charge les violences qui doivent prendre à bras le corps la question de la soumission chimique. Elle concerne effectivement dans la majorité des cas des femmes qui sont victimes de ces violences, mais elle concerne également des hommes et des personnes transgenres. qu'il s'agisse d'hommes assimilés femmes à la naissance ou de femmes assimilé hommes à la naissance.
Nous sommes absolument tous concernés par la soumission chimique. Quel que soit notre âge, quel que soit notre genre, quelle que soit notre orientation sexuelle, nous sommes absolument tous concernés. Je vous donne juste une idée.
Les victimes de soumission chimique effectivement c'est 82 % de femmes dans nos données 2022 mais les hommes et les personnes trangen sont présents et on a des ça s'étend dans l'âge de 1 mois à 90 ans. Donc ça vous donne une idée qu'il n'y a pas d'âge non plus pour être soumis chimiquement tout comme il n'y a pas de lieu de contexte et d'auteur sur lequel ça serait inscrit sur le front qui serait dangereux et qu'il faudrait l'éviter parce que j'ai un scope pour vous. On l'éviterait.
Voilà. Donc c'est important de d'avoir ça en mémoire. J'aimerais aussi vous dire que la soumission chimique donc qui donc là je vous ai cité par exemple tout à l'heure des affaires qui datent des années 70 donc on n'est vraiment pas sur d'effets récents.
Sur l'effet plus récent on pourrait parler du violeur de Tinder pour ceux qui ont suivi un petit peu et d'autres affaires de ce type. Mais et puis ça r en introduction s'y présenter un certain nombre. Mais la soumission chimique comme un enjeu de santé publique ça existait déjà depuis un petit moment mais il y a un tournant aujourd'hui évidemment.
Je suis pas en train de vous dire que tout a été fait, qu'il y a rien à faire. Il y a tout à faire, le chantier est immense et on est très en retard. Que les choses soient bien claires.
En revanche, c'est important de revenir à l'origine de l'enquête puisque tu me demandais de la présenter. Euh les premiers signalements, en fait, ils nous sont venus de santé publique, je veux dire, là, je parle pas des faits divers comme on les appelle, c'est venu de l'enfance maltraité. Donc c'est justement les enfants que nous on appelle dans notre jargon les enfants battus chimiquement.
Les enfants battus chimiquement, ce sont des enfants qui ont été identifiés dans des situations de léthargie. Alors eux, on les frappe pas avec des coups, mais on les assomme avec des médicaments pour se soustraire à ces obligations parentales, pour sortir le soir, pour ne pas leur raconter une histoire pour dormir, pour qu'ils arrêtent de s'agiter ou peu importe. C'est aussi des un traitement qu'on réserve beaucoup à nos aînés, aux personnes âgées et vraiment si on se concentre 2 secondes sur les aînés, on est à l'âge de pierre hein du traitement de nos aînés.
Il y a c'est on c'est vraiment un scandale le traitement qui est réservé à nos aînés. La violence et la maltraitance chimique est énorme et pour eux bien sûr les sévises sexuels existent. Je pense que l'affaire Pélico devrait vous nous convaincre collectivement qu'un village était prêt à faire le déplacement pour violer cette pauvre femme.
Mais indépendamment de de ça, évidemment qu'une personne âgée parce qu'elles sont j'insiste sur les personnes âgées parce qu'elles sont extrêmement invisibilisées et c'est pas possible. Donc les personnes âgées sont parfaitement désirables, parfaitement vulnérables et il y a bien sûr un fétichisme aussi autour des personnes âgées. Donc j'insiste énormément là-dessus.
Elles sont victimes de ces vies sexuelles également au même titre que les enfants. Elles sont victimes de maltraitance chimique au même titre que les enfants. C'est juste qu'elles elles ont un petit plus et qu'on les vole et qu'on fait de l'extorsion de l'héritage, du détournement testamentaire et autres.
Mais puisqu'elles ont de l'argent que les enfants n'ont pas. Mais globalement, ce sont les rencontres entre les extrêmes de la vie. Mais cette enquête du coup, elle a vu le jour dès 97, on va voir le premier signalement de santé publique et on apprendra que des enfants, c'est la professeure Jacqueline Jouglard qui va identifier à Marseille des enfants situation de l'étargie.
Va s'ouvrir une enquête en 97, en 82, pardon, c'était Jacqueline Jlard. En 97, c'est Chantal Bismut qui va faire cette découverte également et un état des lieux va être demandé dans les années 90. C'est là aussi que le GAG va prendre la place de drogue du violeur comme on l'appelle. on aura le temps de déconstruire tout ça parce qu'effectivement il n'y a pas que le GHP qui est utilisé en matière criminelle loin de là.
Donc un état des lieux va être fait. Effectivement qu'est-ce qui va en ressortir ? que ce sont des médicaments essentiellement qui sont utilisés, détournés de leur utilisation médicamenteuse à des fins criminelles.
Donc d'ailleurs au départ, on parlera pas de soumission chimique. Au début, on parle de soumission médicamenteuse et vous comprendrez pourquoi du coup c'est l'agence du médicament qui s'est saisie de la thématique puisque c'est l'agence du médicament qui est censée être garante justement de la protection, de limiter au maximum le risque de détournement et de mettre en place les mesures de réduction des risques nécessaires. C'est bien les médicaments qui sortent de nos usines pharmaceutiques.
C'est pas des médicaments de rue ou de la contrefaçon, hein, c'est vraiment les médicaments qui sont dans vos armures pharmacie familiale. Donc cet état des lieux va commencer et le les informations vont être tellement intéressantes qu'on va justement décider de mettre en place en France une enquête institutionnalisée. Donc tous les ans, il y a cette enquête.
Là-dessus, je pense qu'on peut quand même dire Cocorico parce qu'il y a pas beaucoup de pays qui peuvent se gargariser d'avoir plus de 20 ans de recul sur une enquête pharmaco-épidémiologique qui est institutionnalisée, je veux dire, qui est portée par les autorités. Mais une fois qu'on a dit ça, bien sûr, on est très très loin de la prise en charge des victimes. On parle uniquement de la vigilance, de la surveillance.
Cette étude, elle n'a pas juste vocation à savoir qu'est-ce qui circule et cetera et regarder comment évolue nos courbes. Elle a l'objectif de mettre en place des mesures de prévention qui soient adapté et actualisé. Et le nerf de la guerre pour nous, c'est d'identifier les modes opératoires criminels.
Ce qu'on veut savoir, c'est pour ça qu'on travaille avec les experts analystes toxicologuques, c'est qu'est-ce qu'on utilise comme substance et comment est-ce qu'on parvient à soumettre chimiquement des victimes pour essayer au maximum de de les en prémunir. Et effectivement, les idées reçues là-dessus sont très larges. Alors, je vais en citer quelques-unes parce que je pense qu'il faut que la parole circule.
Euh mais c'est important de voilà de dire que effectivement je vous ai parlé des genres, je vous ai parlé de des âges. Euh je pense que ça a été évoqué mais c'est important de le redire encore une fois. Les agresseurs oui sont majoritairement des hommes dans l'écrasante majorité des cas.
Donc c'est plus de 90 % de nos données. Les femmes peuvent être auteurs de violence. C'est important tout de même de le dire, pas pour les mêmes faits criminels et délictuelles.
Nous, dans les données qui concernent les hommes auteurs de de ce type de violence, c'est surtout des violences sexuelles, des violences physiques qui sont associées. Chez les femmes, on retrouve surtout les maltraitances infantiles et on retrouve les infanticides essentiellement avec en première position les vols. Mais globalement, c'est une écrasante majorité de d'hommes qui sont auteurs de ces violences.
Sachant que en revanche les victimes, hommes, femmes ou personnes transgenre sont toutes sans exception en au premier niveau concerné par les violences sexuelle. Donc je ne le redirai jamais assez, les violences sexuelles concernent tout le monde. Donc ça c'est très important.
Euh ça ne se passe pas que dans l'espace festif, on l'a dit, on le redira autant de fois que nécessaire. C'est dans la sphère privée, surtout dans la sphère privée, mais aussi et Sandrine l'a parfaitement démontré dans la sphère professionnelle et jusqu'au plus haut sommet de l'État. Donc, il n'y a pas non plus de classe sociale qui s'apparente à ce type de pratique.
Ça concerne absolument tout le monde. Et puis euh on a souvent tendance à penser que ce sont des drogues. Je vous ai dit, ça peut être des médicaments, mais il n'est pas question de dire que les drogues ne peuvent pas être concernées.
Elles peuvent être concernées, mais au même titre que les médicaments. Donc, on a pour les médicaments surtout des sédatifs. Donc, ce sont des substances qui endorent, qui fatiguent, qui fragilisent, qui facilitent le passage à l'acte.
Donc, des médicaments qui endorment concrètement. Mais il y a aussi des drogues. Elles sont aujourd'hui au coude à coude avec les médicaments.
Et ces drogues, elles sont tout à l'heure justement Sandrine parlait de MDMA, elles sont souvent stimulantes. Alors pourquoi je vous en parle ? Parce qu'on a tendance à dresser le portrait robot parfait de la victime qu'on veut qu'on est prête à croire.
Et la victime qu'on est prête à croire, c'est une poupée de chiffon qui est endormie, qui est clairement manipulée sans son accord sous les vidéos de surveillance ou privée. Attention, c'est pas une vidéo qui dit ce qui coule dans vos veines, encore moins si vous l'avez consommé volontairement et ça ne fait pas preuve de consentement. J'insiste beaucoup sur ce point parce que c'est même devenu une arme des criminels contre les victimes.
Maintenant, on prend soi-même les vidéos pour dire, "Regardez comme elle est consentante." Donc attention, on peut vous administrer une substance qui vous endort. On peut vous administrer une substance qui vous stimule.
Vous pouvez être une victime de soumission chimique, déchaînée sur la piste de danse et même entreprenante. Vous n'y êtes pour rien. Et puis après, on a aussi les substances qui dissocient.
Donc là, l'objectif c'est pas de comme les stimulants d'euphoriser, sensualiser et cetera, altérer le comportement. Là, ça va être de créer une distorsion audiovisuelle qui fait que vous n'avez plus de contact avec la réalité et donc du même coup, vous n'êtes plus en capacité de vous défendre. Donc, vous l'avez compris, l'objectif de l'agresseur est toujours le même.
Qu'il vous endorme, qu'il vous stimule ou qu'il vous dissocie. Son objectif, c'est réduire vos capacités de défense pour faciliter son passage à l'acte criminel ou déductictuel largement prémédité parce qu'il en faut de la préméditation pour pour ça. Merci.
Euh merci beaucoup. Je pense que ça aura vraiment contribué déjà à défaire un certain nombre de préjugés et puisque vous l'avez dit, c'est finalement ça fait un moment en France que on s'est penché, que l'agence du médicament s'est penché sur le sujet se pose un peu la question de qu'est-ce qu'on fait quoi hein parce que du coup il y a cette prise de conscience, il y a cette information bon dans la population générale qui se fait notamment grâce à vous, grâce à votre travail, mais on a l'impression qu'il y a quand même un très très long chemin à parcourir hein. C'est un phénomène ancien repéré depuis longtemps.
On se dit "Bah la France, elle a dû mettre en place tous les dispositifs. Il y a le crafts, il doit être blindé de moyens, il doit y avoir plein de crafts un peu partout dans les régions. Voilà, quels sont voilà que finalement est-ce qu'on a tout mis en place ?
Si vous avez suivi par exemple les procès pélicu et le squarnec, euh vous pouvez voir à quel point ils ont pointé des défaillances majeures et y compris des institutions qui les premières devraient être vigilantes sur le sujet. je pense aux institutions médicales et voilà dans le cas de du de l'affaire Pélico, on se on se dit bah voilà, il y a quand même des médecins qui ont été consultés pendant des années par une femme qui disait euh j'ai des je me sens pas bien, des vertiges, je comprends pas, qui se retrouvait avec quand même des infections sexuellement transmissibles et cetera, sans qu'à aucun moment la piste de la soumission chimique ne soit euh ne soit investiguée. Et c'est pas vraiment par un pur hasard parce que vous avez un policier qui a l'idée de se dire vu que cet homme a filmé sous les jupes d'une femme dans un supermarché, je vais peut-être aller, on va peut-être aller regarder ce qu'il y a dans son téléphone et dans son ordinateur qu'on se rend compte que il est en train de soumettre chimiquement sa femme depuis des années.
Voilà. et de la faire violer par une cinquantaine de personnes. Bon euh si vous regardez la faire le Squarex, c'est encore plus euh je veux dire euh saisissant parce que là vous avez l'institution médicale elle-même.
Vous avez un homme qui utilise l'autorité médicale pour commettre ses crimes dans le cadre de ses fonctions avec l'autorité de la blouse, avec l'usage des médicaments, ce qui montre bien aussi que c'est pas voilà qu'il faut pas forcément être capable de se fournir des drogues sur le marché. noir et d'avoir euh voilà cette ben voilà de pouvoir aller euh d'avoir cette ce lien avec des dealers et cetera. Bah non, en fait par exemple, vous êtes médecin, voilà, ou par exemple, vous avez dans une armoire à pharmacie chez vous et vous êtes en capacité sur internet de vous renseigner sur les effets secondaires des médicaments que vous avez.
Voilà. Euh et voilà. Et là aussi, on a bah une institution médicale qui a montré toutes ces défaillances, que ce soit ceux qui n'ont pas vu et ceux qui ont qui ont couvert hein au nom du respect.
Voilà. et avec des centaines de de victimes. Donc cet aveuglement coupable doit nous nous alerter.
Euh on a aussi pu voir que récemment, je vous ai parlé hein, je je de des des moments de rumeurs qu'il y a eu au moment de la fête de la musique, mais euh on en tire quoi ? Et d'ailleurs, est-ce que quelqu'un sait si finalement est-ce qu'il y a une femme qui a été piquée ou pas ? Voilà, en fait, il on en tire un effet de panique générale, de psychose.
Il y a eu un truc, tout plus personne ne sait si finalement il y a eu des piqures ou pas. Et puis alors du coup, qu'est-ce qu'on fait contre les piqû ? Et puis de toute façon, comme ça passe pas que par les piqû, bah mettez des trucs sur vos vers et cetera.
Bon là, j'aimerais qu'on vienne à la question des préconisations et pas des préconisations pour les supposé potentiel victime pour les appeler à la prudence. J'aimerais qu'on parle pas de prudence mais j'aimerais qu'on parle de préconisation politique pour une vigilance collective pour mieux voilà faire face à ce phénomène, aborder du coup entre nous les lacunes, les défaillances tant en matière de prévention. Et je pense qu'il faut aussi, quand on parle de prévention, parler de potentielles victimes mais aussi de potentiels auteurs, de rappeler ce que c'est euh euh ce que c'est ce qui a aussi euh euh ce que c'est exactement euh de d'avoir euh que ce que c'est exactement que des actes sexuels commis avec quelqu'un qui est sous emprise de substance, que ce soit parce que vous leur avez l'avez administré ou parce que elle se l'a administré toute seule.
Qu'est-ce que ça signifie ? et puis aussi de détection de ces agressions d'accompagnement des victimes de récoltes des preuves. Donc j'en viens à toi Sandrine puisque tu ton rapport avance 50 recommandations.
Je me permets de souligner que sur les 15 sur ces 50 il y en a 15 qui sont à mettre en œuvre en priorité dès l'année 2025. J'ai lu dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale PLFS 2026 et le projet de loi finance de PLF 2026. Donc je ne vais pas polémiquer sur les annonces que nous avons, mais j'aimerais qu'on entende pour qu'on puisse être très vigilant sur le sujet euh quels sont quelles ont été les préconisation de ton rapport pour que ce problème de santé publique soit traité à bras lecorp en matière de notamment tout ce qui coûte des mois enfin parce que c'est beaucoup des questions de d'investissement budgétaires en réalité de formation des professionnels.
C'est qui les professionnels à former ? Les structures d'accueil des victimes Quel est l'état des lieux sur le territoire et comment on doit développer ça ? le recueil d'épreuves parce que pendant un moment, on a pensé que ça pouvait se faire peut-être en pharmacie.
De ce que je comprends, on est encore loin de de ça. Donc voilà, toutes ces ces préconisations d'ordre budgétaire, d'investissement qu'on doit mettre, mais aussi peut-être est-ce que l'industrie pharmaceutique a pas aussi ses responsabilités à prendre sur le détournement des médicaments et cetera. Je te laisse la parole.
Merci Sarah. dans les 15 recommandations, je vais vous en citer quelques-unes. La première, c'est que cette année, aux alentours normalement du 25 novembre, il y aura une grande campagne de sensibilisation sur la soumission chimique, une grande campagne nationale tout public.
C'est important. C'est important parce que quand vous dites soumission chimique, beaucoup de personnes ne savent pas ce que c'est aujourd'hui. On croit que c'est un terme scientifique.
Moi, on m'a même parfois répondu aïo de d'écologie peut-être. Donc vous voyez, donc il y a quand même encore beaucoup de choses à à faire sur la sensibilisation. Donc ça ça fait partie des recommandations du rapport.
Ensuite la formation. Alors la formation de beaucoup de monde en fait hein, le monde médical, on l'a dit tout à l'heure, cette fameuse errance enfin médicale hein, cette errance de diagnostic qu'a eu Giselle Péco. Bon, je pense que malheureusement avec tous les témoignages que je reçois tous les jours, c'est pas c'est pas la seule à être dans les les rances.
Ensuite donc quand on veut bien former et bien il faut former bien sûr les médecins mais euh et également par exemple les personnes qui travaillent dans le secteur de l'aide sociale, les personnes qui accompagnent les enfants. Il faut aussi qu'on ait des formations diplômantes universitaires sur ce sujet. Euh il faut euh à tout prix qu'on puisse proposer une formation continue euh dans euh par exemple ne serait-ce que les études euh de pharmacie et puis euh intervenir donc à plein d'endroits euh bien sûr euh auprès de nos étudiants mais pas que. et également nous dire que en fait la la soumission chimique, plus on on comprendra que c'est interdit, que effectivement les symptômes ils sont ils sont variés, plus la société sera solidaire pour pour prévenir, plus on sera en capacité de de se dire que une victime, voilà, elle doit pas payer ce qu'elle a ce qu'elle a vécu.
C'est-à-dire que dans mon rapport, il y a plein de préconisations qui concernent l'accompagnement des victimes. Alors, l'accompagnement médical. Pourquoi ?
Parce que une victime quand elle vit bah ce genre d'épreuve, elle a ce qu'on appelle après un stress post-traumatique. Énormément de professionnels qui sont censés accompagner les victimes ne sont pas formés à ce qu'est le stress post-traumatique. Donc ça, il y a une des formations très importantes qui doivent se déployer à ce sujet.
C'est quoi le stress post-traumatique ? Quand vous avez vécu une épreuve comme ça, et bien vous avez plein de comportements à la suite qui sont des comportements dû au fait que en fait vous êtes le temps passe, les semaines passent, les mois passent, mais c'est comme si votre cerveau était toujours dans le moment, comme si vous étiez dans une voiture avec le pied sur l'accélérateur et la main sur le frein à main. Et les victimes pour continuer à être en vie, pour continuer à tenir en fait, elles adoptent ce qu'on appelle en fait des comportements un petit peu caméléons.
C'est-à-dire que on va dire bah c'est peut-être pas une victime parce qu'elle sourit. Euh c'est peut-être pas une victime parce qu'elle a pas l'air d'avoir une bonne mémoire. Donc quand vous arrivez dans un commissariat, que vous faites part de votre de votre vécu quand vous souhaitez porter plainte, si les policiers, si les gendarmes ne sont pas formés, si par exemple les procureurs ne sont pas formés, et bien en fait vous avez des victimes qui sont dans des situations où on les aide pas à collecter des preuves.
Donc il y a toute une formation du monde judiciaire de l'accompagnement des victimes et puis après vous savez un parcours pour déposer plainte c'est un parcours du combattant. Pourquoi ? D'une part parce que comme je vous ai dit il y a des carences de formation à tous les endroits.
Ensuite dans les tribunaux et même tout au long de des expériences de vie les victimes. Survim survictimisation. C'est-à-dire que en fait, on va on va minimiser euh voilà, on va on va dire aux victimes "Mais oh ça fait longtemps tu devrais avoir pu t'en t'en remettre." Voyez, en fait c'est tout ça.
Donc il y a euh donc dans toutes les recommandations, c'est vraiment tout le champ de l'accompagnement médical, de l'accompagnement judiciaire des victimes, de la formation des professionnels mais de tous. Ça peut être des pompiers aussi hein, parce qu'il y a un pompier euh bah souvent euh vous savez dans les endroits où euh euh il y a des déserts milicaux, on va euh faire appel par exemple aux pompiers dans certaines situations. Si les pompiers sont pas formés, bah là on va pas avoir les bons réflexes.
Et puis après euh bien sûr l'épreuve. L'épreuve c'est quand même avant tout un prélèvement de sang et d'urine le plus rapidement possible dans les heures qui suivent. Alors, si euh vous êtes loin d'un hôpital, si vous allez dans un hôpital où les services d'urgence ne sont pas formés, si vous allez bonant, mal avec toutes les difficultés du monde, voir votre médecin, mettons dans les voilà le jour suivant, si le médecin n'est pas formé, moi il y a des cas, on va dire terribles.
Le médecin il croit bien faire. Il se dit "Bon bah je vais vous prescrire un prélèvement de sang et d'urzin aller dans le laboratoire d'à côté." Et donc la victime, elle y va, elle fait confiance à son médecin qui est pas formé.
Et il faut savoir que il y a des laboratoires qui sont référencés. C'est en train de se mettre en place au sein d'un répertoire national, mais le laboratoire qui est par exemple dans votre commune, il est pas spécialement référencé. Donc après c'est trop tard.
Et après, si par exemple vous vous retrouvez dans une dans une circonscription où les procureurs ne sont pas formés, un gendarme, un policier, il a beau appelé, il dit "Voilà, je suis en face d'une victime". Si par exemple le procureur sait que bah c'est compliqué pour lui d'avoir des preuves, que ça coûte cher, enfin voilà dans sa tête hein, c'est des c'est des croyances tout ça, et bien il va pas penser que il faut un prélèvement de cheveux. Si par exemple c'est un peu trop tard, et bien il y a encore la possibilité par exemple un mois et demi après d'aller faire un prélèvement de cheveux.
Mais il faut connaître aussi toutes les les bonnes conditions d'un prélèvement de cheveux. Euh vous voyez, c'est tout ça. C'est-à-dire que bah il faut surtout pas se couper les cheveux, pas pas se faire de traitement de teinture ou en fait c'est plein de choses comme ça.
Donc c'est vraiment la formation, ça c'est indispensable à tous les endroits euh de de la bientraitance aussi des victimes, de la connaissance du psychotrauma. En fait, quand tu disais qu'on était vraiment à l'âge de pierre et vous le disiez toutes les deux, c'est vraiment ça. Donc toutes les recommandations du rapport en fait, elles vont dans ce sens-là.
Ensuite, ensuite, je pense que faut jamais rien la sécher, c'est-à-dire qu'il faut aussi vérifier que les choses sont appliquées. Je pense que quelque part, j'ai un un grand une grande responsabilité à travers cela, c'est aussi de redonner la dignité aux victimes. Ça c'est important. et de dire aussi enfin de donner un message d'espoir que les victimes elles peuvent s'en remettre si elles seulement si elles ont un environnement des amis un environnement social un environnement familial un environnement professionnel qui va être vraiment aidant et bienveillant.
Donc vous avez tous un rôle déjà à jouer. Et puis ensuite, je pense que il faut aussi tordre le coup aux idées reçues. Nous au sein de cette mission gouvernementale, on s'est dit que il fallait aussi aller vers les trous dans la raquette.
C'est-à-dire que si ça vous en général quand ça vous arrive, c'est aux heures profondes de la nuit. C'est par exemple le weekend. Donc très compliqué d'aller se faire prélever du sang et de l'urine.
Ben, il faut des personnes ressources comme par exemple des infirmières. Et donc une mission aussi qui est dans dans ce rapport, c'est mettre en place un protocole national de prélèvement de sang, d'urine et de cheveux. Quelle que soit l'heure de de la nuit, les weekends, partout pour lutter contre ce ce contre la montre et puis et puis aussi se dire que voilà, la première chose c'est que les victimes elles ne sont pas coupables et moi je veux vraiment dire que les victimes, elles ne sont plus seules.
Merci. Merci beaucoup. Et voilà au tout autant de choses qui sont, vous le voyez, une collectivisation du sujet. si je peux employer nos gros mots à nous, mais voilà, c'est pas la victime de se retrouver seul face à comment je fais pour trouver le bon laboratoire ouvert et puis qu'est-ce que je vais devoir débourser pour pouvoir faire ces prélèvements là parce que voilà aujourd'hui c'est conditionné si je me trompe pas au dépôt de plainte c'est ce qui a un vrai c'est aussi une recommandation du du rapport de dire attendez c'est pas possible de dire à une victime alors qu'elle est potentiellement encore en amnésie en en en questionnement sur ce qu'elle vient de vivre elle a juste compris qu'il y avait quelque chose qui était pas net et queelle a peu de temps pour prendre des preuves.
Déjà, c'est incroyable qu'elle l'it compris, qu'elle a eu ce réflexe là et vous lui dites "Bah bah non, vous avez pas porté plainte donc bah ce sera pour votre pomme ou ce sera même pas possible, on va vous le refuser quoi." Donc donc c'est cette idée-là, c'est que ces coûts-là et ça a un coût et les violences, elles ont un coût pour l'ensemble de la société et il faut que ce soit l'ensemble de la société qui les assume. Elles ont voilà, il y a des responsabilités, c'est à l'ensemble de la société les assumer et c'est certainement pas aux victimes ni d'assumer les responsabilités, ni d'assumer des les coûts de ce qu'elles ont subi.
Et donc je me tourne vers vous Laila Shawashi. Donc vous vous êtes confronté à cette situation euh à cette question au quotidien depuis des années. Donc vous avez constaté un peu les évolutions positives aussi.
Je voulais savoir sur quel sur quoi on pouvait s'appuyer comme point d'appui quand même. Et puis évidemment dresser un peu le tableau des besoins que que vous repérer pour qu'on agisse collectivement, qu'on les qu'on laisse plus voilà les victimes seules face à cette nécessité de se protéger et puis et puis face à la culpabilité et aux dégâts sur leur santé. Donc voilà, vous le traitez vraiment en matière en en terme de santé publique.
Je sais que c'est important pour vous de d'en parler en santé publique. Vous voyez que c'est sous cet angle-là qu'on comprend les choses. Et donc qu'est-ce que vous avez à nous dire du du point d'expertise où vous êtes sur le chemin que nous avons à parcourir ?
Euh donc déjà, je rejoins tout à fait ce qui a été dit tout à l'heure par Sandrine sur l'importance de la formation, sur l'importance de la sensibilisation. Donc aussi bien pour les campagnes que tu citais tout à l'heure, euh aussi bien pour les formations des professionnels et surtout comme tu le disais tout à l'heure de tordre le coup aux idées reçues. Euh moi quand je suis invitée pour intervenir dans des formations auprès de différents types de professionnels, j'exige, c'est ma seule exigence, de d'abord déconstruire les idées reçues avant tout.
Et déconstruire les idées reçues pour vous donner une idée, mon topo dure 1 heure et demi. Donc c'est pour vous dire qu'elles sont vraiment c'est pas cosmétique de le faire. Et pourquoi je vous dis ça ?
Je refuse de donner une conduite à tenir si on n' pas déconstruit les idées reçues parce que je je peux vous donner la plus belle des conduites écrites sur le papier comme il faut. Si vous ne savez pas que ça peut toucher une femme âgée, vous passerez à côté de Giselle Pélico. Donc il n'est pas utile de parler de conduite à tenir si on n pas déconstruit les idées reçues.
C'est c'est primordial. Et alors ces idées reçues, je voulais dire un mot sur le CRF parce que tout à l'heure justement je voulais que la parole circule, j'avais pas eu le temps de le développer parce que ça fait partie des 15 recommandations prioritaires du rapport et je t'en remercie Sandrine pour ton soutien, pour le pour le centre de référence. Euh le pourquoi est-ce que c'est important pour moi de vous expliquer pourquoi est-ce qu'il a fallu fonder le Craf ?
Parce que je vous disais tout à l'heure que finalement de la vigilance sur le sujet, ça a toujours existé. Mais là l'objectif c'est sortir de la surveillance. Je non pas qu'il faille l'arrêter, l'assurance doit être permanente et je continuerai à être expert sur cette enquête.
En revanche, de la prise en charge des victimes là concrètement sur le terrain. Et en fait la l'idée de de créer le Craf, elle est venue euh donc le centre de référence, elle est venue d'un constat de terrain tout simplement. Euh on a eu la libération de la parole en 2021, ça a été le grand tournant initial avec la libération de la parole dans la sphère festive, donc qui a démarré en Belgique et puis qui s'est répondu répandu comme une de choc sur différents territoires européens et même au-delà des des frontières européennes.
On a eu ensuite un écho tout à fait particulier en France puisque on a eu à la fois donc la sortie du livre de Caroline Darian en 2022 qui a mis le projecteur sur les violences intrafamiliales, le mouvement d'Orp qui a été lancé que nous avons tout de suite coporté avec Caroline et puis bien évidemment ensuite le l'affaire donc qui met en cause le sénateur Joël Guerriot et qui montre que ça va jusqu'aux sphères professionnelles. Donc en France, il y a un retentissement tout de même tout à fait particulier avec l'ouverture de cette mission gouvernementale et dans le mélange de de tous ces signaux, on a eu toujours en automne 2021 ces fameuses piqûes. Et donc, j'aimerais revenir très rapidement sur ces piqû pour vous expliquer pourquoi est-ce que ça a été aussi le le déclencheur de la nécessité de mettre en place le Crafs.
Nous ce qu'on a pu constater depuis la libération de la parole, c'est que les idées reçues sur la soumission chimique sont immenses, immensément nombreuses et que c'est un problème pas pour le plaisir d'étaler sa science, ça n'a aucun intérêt. C'est vraiment parce que c'est délétaire à la prise en charge des victimes. Quand vous pensez que ça concerne, comme je vous l'ai dit, qu'une femme par exemple, vous passez à côté des personnes trgen quand vous pensez que ça ne concerne que les personnes que les jeunes filles de 29 ans.
Et je pourrais rajouter par provocation jeune et jolie avec une jupe courte dans une ruelle sombre imprudente et alcoolisée. Vous passez à côté de Giselle Péico. Quand vous pensez que l'agresseur est toujours euh ce rodeur solitaire, vous ne faites pas le focus sur l'agresseur en question.
Quand vous pensez que c'est que du GHB, vous dites à une victime allez 6 à 9h dans le sang, 10 à 12h dans l'urine, le temps d'une nuit c'est parti. Tu as aucune aucun moyen de faire les preuves. C'est délétaire à la prise en charge des victimes.
Donc c'est c'est pas rien que déconstruire les idées reçues. J'insiste vraiment très lourdement là-dessus. Indépendamment de ça, les idées reçues à la limite, c'est encore gérable.
Elles sont délétaires, mais parce qu'elles ont un fond de vérité. Quand on dit c'est majoritairement des femmes, on ne m pas. Elles sont disproportionnellement représentées.
C'est partial et partial mais ce n'est pas ce n'est pas faux. Il y a pas de il y a pas d'erreur. Beaucoup plus problématique que les idées reçues, ça a été les fake news.
Donc il y a eu une avalanche de fake news, notamment pendant les les piqures. Ça ne veut pas dire que les piqûes n'ont pas existé. Ça veut pas dire que les victimes ont menti.
J'insiste profondément là-dessus. Simplement en l'occurrence, on a fait les analyses. Moi, j'avais été nommé experte sur les l'épique.
Aucune substance n'a été retrouvée et pas d'agression des cours. Je vous ai dit une soumission chimique, on vous on vous administre un produit, on vous agresse. Là, il a eu ni produit ni agression au décour des coûts et blessures si jamais c'était justement identifié comme tel.
Donc ça ne répond pas à la définition de la soumission chimique. Ce qu'il y a eu surtout, c'est une contagion mimétique d'une peur panique qui a été largement promue par les réseaux sociaux et qui ont été d'ailleurs un sacré frein pour les pour les libertés. Donc ça c'est un point qui est important.
Pire que ce frein pour la liberté et cetera et toutes les idées qu'on peut sortir autour de comme tu l'as très justement dit Sarah tout à l'heure donc il y a qu'à fa que tout est à faire de prudence finalement. Fais pas c fais pas ça et tu verras le viol c'est fini. Bon alors je pense qu'il faut être très naïf pour imaginer qu'un comme tu le disais tout à l'heure qu'un capuchon à verre qu'un vernis antiviol qu'une bandelette au he le bracelet le chouchou le enfin de tout ça qui est au frit des victimes évidemment sinon c'est pas drôle euh qui devient un business du malheur et surtout qui qui cible essentiellement les femmes.
Il faut le reconnaître. Donc ça c'est c'est des points qui ont été extrêmement importants. Pourquoi est-ce queil faut faire attention à ces à ces idées reçues ? parce qu'elles vont continuer à entretenir l'idée que les victimes sont responsables de ce qui leur arrive.
Et n'espérez pas d'une victime que vous culpabilisez qu'elle demande de l'aide parce que si je suis coupable, je mérite pas de l'aide par définition. Donc pour que vous pour que je puisse porter plainte, pour que je puisse faire les démarches, pour que je puisse sans parler de plainte parce qu'on n'est pas toujours obligé d'aller dans un parcours judiciaire, me reconstruire tout simplement. J'ai besoin de me sentir légitime dans ce que je fais et je suis légitime en tant que victime.
On l'a dit, je le répéterai jamais assez, une victime de soumission chimique, c'est une confiance trahie. Non, les victimes de soumission chimique ne sont pas des esservelés qui laissent leur verre comme ça sans surveillance et qui n'ont pas respecté les règles élémentaires de prudence, ne pas parler aux inconnus, ne pas rentrer trop tard le soir et porter des une tenue décente ou ne pas trop picoler. Les victimes de soumission chimique acceptent leur verre d'une personne de confiance, laissent leur verre sous la surveillance d'une personne de confiance ou laisse leur verre sans surveillance parce que c'est important de se le dire, c'est normal de laisser son verre sans surveillance, c'est normal.
Donc je sais pas vous, mais moi quand je vais en date, si je dois aller aux toilettes pendant le repas, je ne prends pas mon verre avec moi. D'ailleurs, j'ai toutes les chances de créer ma cartouche. Donc je pense que laisser son verre sans surveillance, c'est important.
Continuez à le faire, c'est important. Je ne dis pas ça en matière de c'est pas du tout pour vous encourager à l'imprudence. Je pense juste que vous respectez déjà les règles de prudence et je pense ça serait vous infantiliser que de vous dire que faites attention à votre verre.
Moi, mon père, il me l'a dit à 12 ans de faire attention à mon verre et je fais attention à mon verre et de temps en temps, je fais pas attention à mon verre parce que j'ai envie de danser. Donc bon, c'est important de se dire lâcher pris c'est important, on va continuer à parler de fête dans tout ça. Il faudra pas qu'on soit uniquement effrayé par le par le crime qui qui effectivement est effrayant mais qui ne doit pas faire société entre nous.
Mais en tout cas, ça c'est important de le dire parce que ce qu'on va entretenir après, c'est des outils de réduction des risques qui vont eux charier toutes les idées reçues dont je vous parle. On a eu un florilège, les clauvert claverts, les les pailles détectrices de de drogues, les euh bracelets et cetera et cetera. Je vais vous prendre plusieurs exemples juste pour ne pas focaliser sur un outil plutôt qu'un autre.
Ça serait pas juste. Ils sont tous pourris. Donc il faudrait donc il faut si on prenait par exemple les couvercles à vert.
D'accord. Les couvercles à vert. Alors, j'ai vu des chouchous par exemple qui se transformaient, mais ça peut être n'importe quel couvercle.
Euh les couvercles à ver, ça vous laisse penser par exemple euh que alors pour quand c'est des chouchous par exemple quand on a des outils genrés que ça ne peut concerner que des victimes-femmes. Donc déjà on n'est pas tellement protecteur et inclusif. Des outils inclusifs c'est le minimum syndical.
Ensuite ça vous laisse penser que c'est le rodeur puisque je me prémunis contre le rodeur et donc finalement je vais laisser mon verre couvert sous la survece d'une personne de confiance qui va remonter le capuchon parce que ce n'est pas infranchissable et va mettre la substance. et je vais avoir l'illusion d'être protégé par ce verre. Si en plus je vais plus loin, ils sont promus uniquement sur des verrs d'alcool comme si c'était le seul moyen de vous droguer à votre insu.
Inutile de vous dire que dans mes données, il y a de l'alcool, il y a du soft, il y a même sans alcool ni rien, juste du leure. Voilà, juste le produit directement que vous avalez. Chérie, j'ai pas envie de coucher avec toi ce soir, tu m'emmerdes.
Et ben prends-en. Tu verras si tu as mal à la tête, ça va te soulager. Ce n'est pas un pran.
Donc ça, c'est des choses qu'on regarde et la personne avale directement le comprimer. Donc il y a 1000 manières de droguer une personne à son insu. Je ne suis pas là pour vous livrer les recettes, mais juste pour vous dire que le promouvoir uniquement sur des verrs d'alcool, ça laisse passer aussi un message qui n'est pas le bon.
Oui, c'est majoritairement dans l'alcool mais pas que. Et puis on va aller encore plus loin parce que c'est un sujet dont on n pas parlé et qui me paraît essentiel parce qu'on pourra jamais traiter ce sujet convenablement si on considère pas cette problématique. Et justement Sandrine, tu la considères dans ton rapport et c'est important que qu'on puisse en dire un mot.
Ça laisse penser aussi que le danger est extérieur à mon verre. Alors attention, quand je vous dis ça, c'est pas dire ne picolez pas, vous faites ce que vous voulez, les choses soient bien claires. Mais je dis juste qu'il y a un sujet qui est beaucoup plus révolutionnaire encore que la soumission chimique et qu'on va devoir au bout d'un moment, il va falloir crever l'apsée, c'est la vulnérabilité chimique.
Vous avez deux modes opératoires et criminels. Moi, j'ai appelé le Crafs, c'est le centre de référence sur les agressions facilitées par les substances. Je l'ai pas appelé centre de référence sur la soumission chimique.
Voilà. Parce qu'il y a deux modes opératoires criminels en matière de d'Afs, ça s'appelle comme ça, les agressions facilitées par les substances. Soit on vous drogue à votre insu ou sous la menace, donc vous ne consentez pas la consommation de la substance et ensuite on procède à votre agression.
Soit vous avez consommé volontairement la substance, vous avez pris de l'alcool, un rail de cque, de l'extasie, peu importe. Ça vous a mis dans un état de fragilité qui va être observable par l'agresseur et il va faciliter son passage à l'acte. Il va dire c'est le moment ou jamais de commettre le crime ou le délit qui était intenté.
Ça ça s'appelle la vulnérabilité chimique. Et c'est important de le dire tout de suite. Dans les deux cas, c'est très grave.
Personne n'a le droit de vous agresser, que vous ayez consommé volontairement une substance ou qu'on voulait administrer à votre insu. Je vous assure, faites un micro trottoir et poser la question si c'est tenable de droguer quelqu'un à son insu. J'ose espérer à parler quelques personnes connectées sur Coco que on dirait que c'est quand même dégueulasse de droguer quelqu'un à son insu.
Faites l'essai en disant à une femme bourrée, on peut y aller ? Et un mec défoncé à une drogue, on peut le détrusser ? Et vous verrez que la réponse sera pas unanime.
Alors moi, j'ai des victimes et notamment des femmes qui sont alcoolodépendantes notamment et je peux vous assurer que chez ell c'est open bar et personne ne voit le problème donc la vraie révolution qui gronte c'est celle-là. Et si je vous parle de la vulnérabilité, c'est pas du tout pour faire diversion et vous parler d'autres choses. C'est là-dessus que j'aimerais vous alerter.
C'est qu'en fait vous ne pouvez pas gérer une victime qui suspecte une soumission chimique si vous ne connaissez pas la vulnérabilité chimique. Pourquoi ? Parce que vous vous ne pouvez que suspecter qu'on vous ait drogué.
Il n'y a pas de signe spécifique de la soumission chimique. Je vous prends un exemple. Je me réveille nu dans la rue sans souvenir.
J'ai le droit de suspecter qu'on m'est drogué à mon insu parce que les signes qui m' qui alertent, c'est cela. Donc j'ai un trouble de la mémoire. J'ai un trouble vraisemblant du comportement.
J'ai rien à faire nu dans la rue. J'ai et potentiellement tout m'indique que j'ai été agressé notamment sexuellement. C'est normal que je suspecte qu'on m'est drogué, mais il y a que l'analyse qui dira si est-ce que j'ai vraiment été drogué à mon insu ou est-ce que j'ai j'avais 2 g d'alcool dans 3 g dans ou de la MDMA, peu importe.
Et pour autant, l'agression a été subie. Dans les deux cas, c'est très grave. Dans les deux cas, c'est des facteurs aggravants aggravants au regard de la loi.
Et j'insiste là-dessus sur le rapport parce que justement Sandrine en a consacré une partie pour dire que ça doit être encore plus clair dans la loi, que on n' pas le droit de violer non plus les femmes et les hommes bourrés et défoncés. quand bien même avec des drogues illicites, on n pas le droit, basta. Donc là-dessus, ça me paraît très important parce que la victime que vous allez avoir au téléphone et là je vous parle du Crafs puisque nous on a un disposite de téléconseil donc on oriente, on est tout des femmes, on est toutes pharmacologue, on est experte en santé publique, on est spécialisé dans l'usage criminel des substances et on est formé sur les violences sexistes et sexuelles et sur le psychotraumatisme parce que quand vous avez un cancer, vous allez voir votre oncologue et ben quand vous êtes victime d'une soumission chimique, il faut voir des personnes qui sont spécialisées sur le sur le sujet pour vous orienter. que c'est quand on a une victime au téléphone et qu'elle nous demande des analyses toxicologiques, on va lui dire "Madame, on va rechercher les substances et s'il y a rien, vous n'y a toujours rien parce qu'on entend encore aujourd'hui les victimes vous dire parce qu'elles sont elles-mêmes imprégnées de tous les préjugés qu'on leur colle sur la peau.
S'il m'a drogué, c'est de sa faute. Si je me suis droguée, c'est de la mienne. Donc avant de déposer plainte, j'aimerais d'abord m'assurer que c'est pas moi la fautive.
C'est jamais de votre faute hein, mais on vous le dira systématiquement au téléphone. Donc si vous ne faites pas le travail de déconstruction sur la vulnérabilité chimique, vous ne prenez pas en charge convenablement une victime qui suspecte une soumission chimique parce qu'elle ne peut que le suspecter à la raison de le suspecter. J'avance rapidement sur la fin juste pour dire que bien sûr juste pour vous dire que sur les préconisations, ce qui est essentiel c'est on a évoqué les premiers les premiers points.
Mais c'est voilà, c'est très important d'avoir en mémoire qu'indépendamment des formations et cetera, si on a décidé en fait de de créer le centre de référence, c'est parce qu'il faut un contact continu avec les professionnels. Il faut que les professionnels et les victimes, le but c'est de rompre leur isolement, qu'elles puissent nous appeler et être orienté parce que c'est pas vrai qu'on pourra fabriquer des experts partout par définition et des spécialistes et tant mieux, c'est comme ça que ça fonctionne, mais il faut juste pouvoir être en lien avec eux et pouvoir avoir les réponses nécessaires. Le craft, il a été pensé pour ça parce que le parcours de la victime, c'est le parcours de l'érance.
On l'a dit tout à l'heure. L'objectif, c'est qu'elle ait un point de chute, un point de chute de bienveillance et de compréhension du phénomène pour la et on pourra l'orienter en fonction de ses besoins, en respectant sa temporalité et en sachant que oui, on va pas avoir une victime, comme on le dit parfois, très aidante parce qu'elle ne se souvient pas spécialement parce qu'elle est un peu embrouillée, mais non, on sait que c'est normal. Donc l'objectif c'est que quand on nous appelle, on va orienter les victimes en fonction de leurs besoins.
Donc on va le déconstruire ces idées reçues qu'on fait là ensemble. On va les orienter vers les structures. Si elle ne souhaite pas déposer plainte, on la juge pas.
On va l'orienter vers les structures qui vont l'encourager à le faire à moyen et à long terme. Si elle ne souhaite toujours pas franchir la la porte euh de sur le plan judiciaire, on peut aussi l'orienter vers le suivi psychologique, elle a besoin d'avoir si elle le souhaite. Si c'est encore trop difficile de franchir la porte du psychologue, ça peut l'être hein, difficile de demander de l'aide aussi auprès d'un psychologue, il existe des dispositifs d'écoute et des lignes d'écoute.
On dép systématiquement le risque suicidaire parce que ces femmes se suicident, ces hommes se suicident. Donc, c'est important de le faire. On les oriente vers les dispositifs qui peuvent leur venir en aide aussi dans ces cas-là. et cetera et cetera puisque chaque conseil est personnalisé et on va les orienter vers les structures qui peuvent les prendre en charge pour leur permettre de faire des prélèvements.
La réalité c'est que le maillage territorial est extrêmement hétérogène donc il y a beaucoup de trous dans la raquette et c'est là où l'enjeu est majeur. Et justement si on arrive à avoir des prélèvements partout parce que l'urgence c'est de prélever analyser ça peut être transféré au laboratoire référent mais le l'urgence c'est de faire les prélèvements. Voilà.
Merci beaucoup. pour qu'on ait le temps d'un échange. Je peut-être commencer à apprendre les donc les questions.
Vous pouvez lever la main et c'est Hendric ici qui a le micro qui va vouloir pouvoir vous le passer. On essaie de faire court dans les interventions pour que pour qu'on puisse prendre un maximum de questions et avoir le temps pour les réponses. [Musique] Bonjour, merci pour vos interventions de qualité et pour vos témoignages.
J'avais une question, c'est que faire et dans quelle démarche je peux et je dois mettre en place dans le cas où une personne que j'ai eu l'occasion d'aider après avoir été exposée à des substances chimiques en buvant dans un verre, dans un pub, euh alors que elle-même ne souhaite pas forcément entreprendre une démarche. En fait, ça me semble important d'alerter que la personne inv soit que les institutions soient investiguées, notamment le peuvent en question pour éviter que cet événement se reproduise et se perpétu. Voilà.
Merci. Oui, tu pourrais les répéter. Merci.
La question est concerne les mères protectrices, notamment des mères protectrices qui protègent les enfants victimes d'agression sexuelle et physique. Après le constat, effectivement euh alors d'autres mères, je parlais forcément d'autres mères puisque notamment la Réunion des laboratoires référés pour bah le prélèvement des cheveux, il y en a pas. Donc il y a une absence totale de laboratoire.
Euh ensuite, les mères protectrices, lorsqu'on porte plainte, les plaintes constituent euh une arme pour l'agresseur puisque le juge considère les plaintes être une alimentation au conflit parental. Donc ce qui veut dire que chaque plainte c'est un retrait de nos droits. Donc on parle de retrait de notre garde, ensuite de retrait de nos droits euh de visite et par la suite le dernier c'est le retrait carrément de notre autorité parentale.
Ce qui veut dire que quand une mère protectrice constate que son enfant euh est sous soumission chimique, il est difficile aujourd'hui de bah procéder à un prélèvement. Et qu'est-ce que vous pouvez peut-être aujourd'hui proposer, c'est-à-dire pour ces enfants où il y a un signalement ? Est-ce que les professionnels de santé pourraient avoir être habilité à prélever le cheveux sans passer par les parents mais en cas de suspicion et que cela se fasse directement par les hôpitaux ?
Voilà. Question d'inter. Euh oui.
Alors moi je voulais euh insister sur le fait que bon je sais que c'est le thème de la de la de la de la conférence mais la soumission chimique comme vous l'avez dit Leil n'est qu'une n'est qu'un moyen comme un autre de perpétrer en fait une ce que moi j'appelle une domination masculine par la violence sexuelle ou non. Donc là on est dans un truc plus vaste. Euh comme on est des insoumis et que on est radicaux, donc on va prendre le problème à la racine.
Comment fait-on de la prévention justement ? Quel serait les moyens ? Parce que là, on parle de prise en charge des victimes, mais comment on fait pour empêcher qui ait euh justement ces victimes-là ?
Et comment prévient-on notamment euh bon, on parlait des enfants parce que faut bien commencer à un moment. Si on si on si on prévient les enfants, ils deviendront des adultes qui font pas des tas de conneries. surtout qu'on sait que les enfants victimes ont plus de chance.
Non, on va tourner ça autrement. Les agresseurs sont plus souvent ont plus souvent été victimes dans leur enfance que des agresseurs qui sortent de nulle part. Donc donc voilà, moi je je voulais savoir OK pour insister sur le problème de la soumission chimique, mais quels autres moyens pour d'une manière générale euh ben prendre soin des des femmes et éviter des éviter les agressions quoi ?
Voilà, encore il y en a encore quelquesunes. Je pense que Bonjour Sarah, Sandrine, Leilla. Sandrine, ma question, elle va s'adresser à vous mais au travers de vous, à votre mouvement politique.
H pardon euh au-delà de ce que vous avez dit notamment, je suis un homme 6 donc je manquais de renseignement mais quand vous disiez que pour l'épreuve, il fallait il fallait se rendre le plus rapidement possible, faire des prélèvements, euh il y a une réalité très concrète, c'est que moi personnellement, je vis à à Reins et ce sera tellement certainement plus facile pour une femme femme qui vit dans ma ville de faire ce prélèvement plutôt qu'une femme qui vit dans une campagne où il y a un désert médical. Et donc il y a une réalité concrète, c'est celle certainement des manques de moyens qui sont dénoncés par des associations telles que le planning familial ou nous toutes. Alors faut rendre à César ce qui est à César. entre 2020 et 2024, le budget alloué aux violences faites contre les femmes a tripléant de 30 et quelques millions à 100 100 millions.
Mais en fait, ça reste un leur comparé aux augmentations des violences sexistes et sexuelles. parce que au final malgré l'augmentation de ce budget, il y a une baisse de 25 % de budget à louer à chaque femme victime de VSS, sachant que en plus euh toutes les femmes ne portent pas plainte. Enfin, il y a une donnée comme ça qui démontre que en fait il y a très peu de femmes qui sont reconnues en fait dans les statistique.
Et euh bah nous à la France insoumise, on a une ligne de conduite à tenir, c'est de donner la parole aux concernés et donc le planning familial nous toutes et d'autres instances demandent le euh le budget d'un milliard euh que nous on porte en mesure. Et en fait bah c'est pour ça que je me disais que je disais que je m'adressais au travers de vous à votre mouvement politique. Qu'est-ce qu'on attend en fait ?
Mettre plus de moyens dans la prévention et notamment je faisais référence au déserts médicaux. Bah certainement qu'une femme victime au fin fond d'une campagne dans un désert médical pourra pas prouver euh l'agression d'alura a été victime. Une femme migrante de soir c'est encore Ouais encore deux de encore deux.
Ouais. Après, parprès Bonjour et merci pour ce cette ces interventions et ce débat. Moi, je me pose la question quand on voit en ce moment, c'est effectivement c'est pas une libération de la parole, c'est plutôt une libération de l'écoute.
Euh les violences sexuelles, les incestes, euh les violences sous soumission chimiques. Quand on voit le nombre énormément sous-estimé d'agression qui existe en France, enfin on va parler la France à mon avis c'est sûrement pareil ailleurs, mais bon, on va parler de la France. Est-ce qu'on a une idée de l'impact de toutes ces violences détectées, pas détecté, signalé, pas signalé sur la la santé psychologique des gens globalement dans la société, que ce soit en terme de en conséquence psychologique, en conséquence de tentative de suicide, en addiction, est-ce que est-ce que c'est quelque chose qui est qui est recherché, qui est étudié parce que moi honnêtement, je me je me pose une question euh beaucoup de questions à ce sujet et quand on voit le l'augmentation des suicides des jeunes femmes, des tentatives de suicide chez les jeunes femmes, les comportements à risque dans la société, enfin je il y a il y a sûrement d'autres causes, mais est-ce que est-ce que ce nombre énorme de violence subit parfois dès l'enfance n'est pas une cause principale de de la détérioration de la santé psychologique des gens en général ?
Enfin, c'est une question que je me pose et qui m'inquiète énormément de ce côtél. Euh, bonjour, j'aurais une question sur justement vous avez pas des outils de réduction de risque et comment se sont parfois présentés comme des fausses bonnes idées, mais justement comment lutter contre ces fausses bonnes idées qui sont justement parfois vu comme salvatrices et qui remettent du coup le poids sur les victimes de à elle de se débrouiller ? Est-ce que Ouais, bon, je pense que c'est très rapidement s'il y en avait deux très rapidement pas.
Bonjour, je me parlé de prévention, de prise en charge et surtout de l'importance de collecter bah des preuves assez rapidement. Euh sauf que dans les cas de euh de violence euh enfin de viol d'agression sexuelle de tentative d'agression sexuelle, on sait que les victimes mettent parfois euh des jours, des mois, des années avant de porter plainte, qu'il y en a très peu qui portent plainte 6 % des victimes euh et que sur celles qui portent plainte, 0,6 % des plaintes aboutissent à une condamnation. Donc 03 ça a changé.
Donc ma question pour vous, c'est quid euh de la justice. Comment faire euh pour que ces personnes obtiennent réparation ? Est-ce que vous avez des pistes euh de réponse et d'action sur ce point spécifique ?
Voilà, merci. Désolé mais là, bon, je crois qu'on a pris déjà pas mal de questions puis j'espère puis après on pourra aussi rester en marge de la conférence mais pour qu'on tienne le temps et qu'on puisse libérer la salle. Attends.
Merci Sarah. Euh lors de ma mission gouvernementale, j'ai euh j'ai voyagé euh un peu partout dans le monde sur euh euh ce sujet de la soumission chimique en Argentine, aux États-Unis, en Espagne. Vraiment en fait que vous savez, il y a une expression qui dit que quand on se compare, on se console.
Je peux vous dire que quand on se compare par rapport à toutes les politiques publiques, tout ce qu'on fait depuis des années sur les violences faites aux enfants, les violences sexuelles, les violences faites aux femmes, quand on se compare à beaucoup d'autres pays dans le monde, on se désole. Faut être clair. Alors, de là, moi je pense que comme vous, il faut une vraie politique d'état.
Et ça marche les vraies politiques d'état très enfin tout près de nous en ne serait-ce qu'en Espagne, ils ont des vraies politique d'état. Aujourd'hui, on n pas ça. Donc je pense qu'il faut se battre là-dessus.
Il faut vraiment le faire. Pourquoi ? Parce que les les violences, elles ont un coût énorme.
Il y a une une chercheuse qui a écrit un livre qui s'appelle Le coût de la virilité. Lucile Petavin, elle décrit des choses très intéressantes. Elle explique par exemple que 96,3 % de la population carcérale, ce sont des hommes.
Voyez, tout ça, c'est tangible. Donc, quand aura-t-on une vraie politique d'état ? Moi, c'est ce que je demande, c'est pour ça que je me bats.
C'est [Applaudissements] lui fait pas trop d'ennui. Déjà, elle est venue ici à gauche, elle s'en soumet déjà. Mais mais en fait enfin vous voyez, il y a il y a quand même une chose à comprendre, c'est que quand on n'est pas concerné, quand on n'est pas sensibilisé, en fait c'est très loin de nous.
Mais moi quand je suis rentrée dans le vif du sujet avec mon équipe, avec l'administratrice d'État qui m'a accompagné tout au long de ce rapport, mais l'administratrice d'État, elle a été obligée d'avoir des des séances suite au rapport parce qu'elle était victime d'un traumatisme vicariant. C'est grave. Donc je me battrai avec toutes les personnes qui souhaitent jusqu'au bout.
C'est pour ça que je vais aller jusqu'au bout. C'est difficile mais vous me donnez de l'énergie. Toutes les victimes, toutes les personnes qui sont vraiment mobilisées me donnent de l'énergie.
Je sais qu'il y a il y a ce procès le 26 et 27 janvier prochain. J'aurais besoin de soutien. C'est c'est une question complètement transpartisane.
C'est c'est impératif vraiment. Moi toutes les victimes que j'entends, que je lis tous les jours qui se confient à moi, mais je me dis mais il faut arrêter ça. Donc bah comptez sur moi mais j'ai besoin de vous.
Merci. Merci. Je pense qu'on peut l'applaudir.
Et euh vous savez, juste avant cette conférence, on était avec Sandrine à la à la conférence, peut-être que certains et certaines d'entre vous y étaient aussi sur les violences en milieu scolaire. Vous avez pu voir aussi euh Violette Spilbou, y compris face à un certain nombre de pression et bien face à la réalité qu'elle rencontrait s'insoumettre un peu. Voilà.
Euh et je pense que c'est la vertu aussi de du travail parlementaire et de ce genre de moment des amphies pour de montrer que nous on nous en fait euh les combats nous tiennent tellement à cœur que les personnes qui ont envie de s'en saisir, on est prête à en discuter avec elle et puis après bah mener pied à pied puis évidemment après on met les gens aussi devant leur responsabilité. Évidemment que que je que je te croiserai un couloir en disant bah quoi c'est pour quand que tu la votes cette censure ? quand Baou quand Baou n'aura pas quand malheureusement Baerou n'aura pas accordé tous les budgets que tu demandes dans ta mission mais on se battra par tous les moyens et sachez que voilà il y a des des lieux de pression différents.
Il a été aussi question des associations. Je vais quand même laisser Leila nous apporter des réponses et puis je ferai un petit mot de conclusion après. Euh oui donc je vais regarder reprendre des petites notes parce qu'il y a eu beaucoup de questions.
Je vais essayer d'être la plus C'est pas grave. Euh je vais essayer d'être la plus précise possible pour pour vous répondre. Donc euh la première question qui a été posée, c'est comment aider quelqu'un ?
Comment alerter ? Justement c'est très frustrant, c'est sûr, quand on a une amie qu'on ou une sœur ou un frère, peu importe, qu'on aime beaucoup, qui qui a du mal à faire la démarche et cetera, je pense que en tant que témoin, ça peut être éprouvant. En tant que proche, ça peut être éprouvant.
Il faut pas hésiter à prendre attache avec le craft. Ça, je voulais vous insister dessus parce qu'on peut aussi vous aider, vous accompagner, savoir comment est-ce que vous pouvez petit à petit venir en aide. Oui, le numéro c'est le 01 405 4270.
C'est pas très sexy, mais j'espère que bientôt on aura un numéro un peu plus mémotechnique et surtout le le site c'est ww.le.com et là vous avez aussi la possibilité de prendre à attache avec nous par un formulaire électronique.
Pourquoi ? Est-ce que ce que tu peux faire pour elle par exemple, c'est d'abord, ça paraît rien de le dire mais c'est important d'être à l'écoute, de ne jamais la juger, de ne pas la juger non plus dans le fait de ne pas entreprendre les démarches. Il faut qu'elles viennent petit à petit, il faut surtout qu'elle ne se sente jamais isolée et il faut surtout qu'elle ait la possibilité que tu te renseignes pour elle juste pour que le moment où elle se sente capable d'y aller.
Euh ça c'est un travail de longue haleine mais je pense que c'est important de le dire et de le redire à chaque fois. On parle des victimes qui ne souhaitent pas déposer plainte. J'entends beaucoup ça depuis tout à l'heure.
Alors, je pense que il faut qu'on ait une hygiène lexicale pour elle et dire qu'elle ne souhaite pas déposer plainte d'emblé parce que c'est très enfin je vais je vais le dire comme je le pense hein. Donc on a quand même une manière de dire bah du coup si elle veut pas c'est pas de ma faute. Voilà, elle a pas voulu, elle a pas fait donc j'ai je peux rien faire pour elle, ça sert à rien.
Et on s'en lave un petit peu les mains, on allège sa conscience et on se dit bah de toute façon elle veut pas. C'est encore de sa responsabilité. Il y a qu'à FO que et puis euh moi je lui avais bien dit qu'il fallait déposer plainte.
Attention Sarah le rappelé tout à l'heure, on sur C'est difficile de déposer plainte, faut le dire. C'est difficile. C'est difficile parce que dans la plupart des cas, ben la personne vous la connaissez.
C'est difficile parce que vous n'êtes pas dupe des répercussions socioprofessionnelles que vous allez vous prendre dans la figure. C'est un parcours judiciaire qui est éprouvant. On le sait.
Ça veut pas dire que il faut pas s'y rendre. Ça veut pas dire qu'il faut pas le faire. Nous, on encourage forcément la judiciarisation.
On parle de faits réitérant avec potentiellement d'autres victimes. Donc bien sûr qu'on peut qu'encourager la judici n'est pas rien comme démarche et bien sûr que elles ont le droit à un temps de réflexion de savoir d'aligner un peu leur planète, de dire là je me sens, là je me sens pas, là je suis trop fragile pour y aller, puis là je me sentirai plus forte pour y aller. Et je fais le lien avec l'autre question qui m'a été posée à l'arrière sur comment aider la justice.
Il y a un point, alors je m'appirai pas trop là-dessus parce que moi je suis plutôt pharmacologue mais j'ai un avis sur certains sujets. Donc les la première question c'est la justice fonctionne avec des preuves et donc quand une victime ne souhaite pas déposer plainte, il faut qu'elle ait la possibilité de conserver les preuves. Comme ça si elle change d'avis parce qu'elle va changer d'avis très très souvent.
C'est juste que souvent elle va vous dire bah maintenant c'est trop tard, j'ai pas le moyen de le faire, est-ce que c'est vraiment intéressant que j'y aille ? Et ben nous notre responsabilité et c'est ce que fait également Sandrine par les prélèvements, par les kits, c'est ce qu'elle fait également par l'expérimentation qui va avoir lieu maintenant pour avoir pour pouvoir accéder aux éléments de preuve en dehors d'un dépôt de plainte. Euh c'est justement de dire bah vous avez le temps de réfléchir et moi je ne serai pas un agent contraire à vous.
C'estàd que je vais vous orienter vers les dispositifs qui vont vous permettre de faire les prélèvements les prélèvements conservatoires. Je vais vous dire comment conserver vos cheveux en attendant le prélèvement. Je dirais juste un tout petit mot très rapide parce que je m'en voudrais si on se le dit pas sur le prélèvement de cheveux puisque je je conduis une étude de recherche scientifique j'ai assé sur les les analyses de cheveux chez les victimes et j'insiste beaucoup là-dessus. euh de la justice qui peut être très chouette, c'est que quand bien même euh elle ait besoin de réfléchir pour décider de faire une investigation ou pas, euh par contre que les prélèvements soient faits parce que c'est facile à dire.
Ne coupez pas vos cheveux, ne vous décolorez pas les cheveux, n'appliquez pas de traitement agressif. C'est extrêmement éprouvant dans la vie réelle. Là, je vous parle des vrais gens.
Euh quand vous avez 60 ans et que vous n'aimez pas vos cheveux blancs, moi j'adore les miens, mais il y en a qui détestent. Donc du coup, c'est une souffrance. Je les appels à Noël pour me dire "Qu'est-ce que je fais de mes cheveux que vous me laissez pas teindre ?" C'est une souffrance.
Euh quand on est un homme ou une femme qui a toujours les cheveux courts et que comme j'ai dit he en particulier, moi je suis pas un mec aux cheveux longs madame. Donc qu'est-ce que je fais alors que la justice m'a pas prévé les cheveux et que tous les matins, ça me rappelle que j'ai été violée et que tout le monde me dit que ma coupe est dégueulasse et que j'ai pas spécialement envie de dire aux gens que j'ai été victime de viol. Ce n'est pas cosmétique le cheveux.
De la même façon et on peut décliner à l'infini. Là, j'ai parlé des cheveux blancs, mais on pourrait parler des teintures, des fausses blondes et j'en passe. C'est identitaire le cheveux, ce n'est pas rien.
Et quand vous avez subi des violences sexuelles et qu'en plus on vous on vous impose des injonctions sur votre physique, croyez-moi, vous avez un peu envie d'hurler. Et donc, je ne dis pas qu'il ne qu'il faille faire parce que je n'ai pas la prétention de donner des ordres au juges ou ni au procureur. En revanche, à minima, prélevez-les, juste prélevez-les pour les pour les libérer de l'injonction qui leur est faite.
Donc ça, j'insiste beaucoup là-dessus. Donc la justice, c'est la faire tourner, c'est avec des éléments de preuve et bien sûr je ne reviendrai pas sur les budgets où c'est assez évident que sans argent, faut pas rêver. Donc ensuite pour le les autres points que vous abordez, vous avez dit comment agir aussi, comment faire de la prévention.
Euh ça regroupe l'autre question qui m'a été posée sur les dispositifs de réduction des risques. Je pense que très sincèrement, Sarah l'a dit tout à l'heure et je pense qu'il faut jamais lâcher ça de tête. Pour que les victimes ne se sentent pas responsables de ce qui leur arrive, il faut que notre responsabilité soit collective.
Donc c'est c'est alors je désolé, c'est pas sexy, c'est pas glamour, c'est pas un vernis antiviol que je vous propose. Je vous propose plutôt d'être alerte. Alors alerte ça veut pas dire hyper vigilant et parano.
Ça veut juste dire on sort, on fait attention les uns aux autres. Quand on voit que quelqu'un est vulnérable, je me fiche de savoir si on l'a drogué à son insue ou pas. Elle n'est pas en état parce qu'elle a picolé, parce que peu importe, je la mets à l'abri, je m'assure qu'elle va bien et je lui parce que à défaut d'avoir pu empêcher l'administration de la substance, il faut que j'empêche au moins le crime ou le délit qui est intenté.
Alors Sandrine a eu le réflexe formidable de pouvoir s'extraire de sa zone de danger. Il s'agit pas de culpabiliser les victimes qui n'ont pas été incapables de le faire. Quand la substance a envahi l'organisme, elles ne sont elles peuvent se sidérer, elles peuvent voilà, il faut surtout pas culpabiliser les victimes.
Mais par contre, si on n pas pas intervenir en amont, il faut intervenir en aval. Et oui, c'est encore une fois c'est pas très sexy mais c'est simple hein. Des fois c'est juste bienveillance, écoute non jugement, je me renseigne et j'oriente et c'est déjà beaucoup.
Et puis il me semble qu'on a parlé également euh sur les la santé psychique. Excusez-moi si j'oublie des questions, vous n'hésitez pas. Mais sur la santé psychique, euh merci de de revenir là-dessus parce qu'on a démarré en disant que ce n'est pas qu'une affaire de société, même si ça l', c'est pas qu'une affaire anthropologique, c'est pas qu'une affaire philosophique, c'est pas qu'une affaire euh donc c'est judiciaire, c'est d'abord et avant tout une affaire sanitaire pour moi, forcément, je prche je perd ma paroisse et donc oui, les impacts sur la santé sont immenses.
Euh on ne cesse de nous rabâcher que les analyses toxicologiques coûtent cher. Euh là, j'ai un scoop pour vous, c'est les violences qui coûtent cher. la santé c'est un investissement.
Donc c'est important tout de même le dire et de le redire à chaque fois que c'est c'est possible. Je peux vous dire sans chiffre parce que malheureusement les chiffres sont largement sous-évalués mais les violences notamment par soumission chimique que je vois dans mes dossiers effectivement un impact psychique énorme. Donc c'est des réactions phobiques, c'est des dépressions, c'est des scarifications, c'est des tentatives de suicide, c'est des troubles de l'usage de substance, donc des conduites à risque effectivement.
Parce que pourquoi est-ce qu'on se réfugie dans les paradis artificiels ? parce que justement on a besoin de s'anesthés effectivement, que la souffrance est trop forte et trop compliquée. Parfois, on a des conduites à risque pour se dissocier.
Donc vous savez quand on a été victime de violence, on peut se dissocier. Donc on quitte un peu son corps et ça marche plutôt bien. On se sent bien en plane c'est physiologique hein, c'est le stress qui fait ça.
Et après, on se disjoncte. Et quand on se disjonct, on plein un peu et ben après de façon inconsciente la personne va dire bah en fait je me sens bien qu'en disjonct. Et en fait, elle va vouloir disjoncter.
Et qu'elle disjoncte quand ? C'est quand elle stresse, quand elle va mal. Et donc du coup, ben elle va rechercher ses conduites à risque.
Donc des mises en danger de façon régulière, c'est des troubles du comportement alimentaire. Donc euh je parle de boulimie, je parle d'anorexie et cetera. Et puis après les risques immédiats que vous connaissez tous, donc les risques de chute, les risques d'accident de la voie publique.
Parce que quand si je prends le volant et que je ne sais pas que je suis défoncée, il y a des fortes chances que je percute quelqu'un ou que je me fasse mal. Et puis évidemment, malheureusement parce que c'est le cas, les risques d'overdose et de décès puisque nous avons des décès. Donc moi, malheureusement, j'ai on parlait tout à l'heure des enfants, je finirai là-dessus.
Euh malheureusement, ça serait bien de de ne pas attendre qu'ils arrivent au décès parce que moi les nourrissons que j'ai, c'est parce qu'ils sont morts, hein. Donc l'alcool dans le biberon, ça tue. Voilà.
Donc c'est effectivement, il faut éviter d'attendre que la catastrophe soit là. en général quand les maltraiter chimiquement et cetera, comme ils n'ont pas d'autres signes qui les alerte qui les alèent si ce n'est que ces symptômes répétés, souvent c'est parce qu'ils finissent après un accident de la voie publique, après un accident inattendu aux urgences. Là, on leur fait les prélèvements et là, on se dit un problème, la personne était chargée d'une substance qu'elle nit consommait et cetera.
Un dernier mot et je rends tout de suite la parole. Euh, on parlait des aussi des entreprises peut-être tout à l'heure pharmaceutique et cetera, ça vaut la peine d'en d'en dire un mot. Il y a des préconisations aussi qui vont dans le sens qui ont été demandées par l'Agence du médicament à ce qu'on ait des mesures systématiques.
Euh vous savez, on peut modifier la composition des médicaments, par exemple, il y a plein d'exemples possibles mais par des colorants, des gélifiants, des traceurs, d'autres choses qui permettraient éventuellement de pouvoir identifier une substance. Je dis ça en champ de la tête parce que j'y crois moyen pour la simple raison que les modes opératoire si vous mettez une couleur, je mets un vecteur opaque ou un verre opaque. Mais en tout cas, ça réduit quelque peu les risques.
Il faut juste garder en tête, j'insiste là-dessus. Tout comme il enfin je ne vois aucun intérêt à braquer le projecteur sur les drogues sur ces questionsl braquons les projecteurs sur les violences. C'est de ça dont il est question.
Les autres c'est des modes opératoires des violences. De la même façon, s'il vous plaît, ne braquez pas le projecteur sur le médicament, c'est absurde. Euh le médicament, il est pensé pour soigner, pour accompagner des gens.
On est en au centre du quinquenage, j'ose le dire quand même. On parle beaucoup de santé mentale. Je ne veux surtout pas qu'on stigmatise les personnes qui ont des médicaments psychoactifs.
Elles n'y sont pour rien. Euh donc, c'est des médicaments dont elles ont besoin dans le casre de leurs soins. Et donc, j'insiste vraiment lourdement là-dessus.
Ce sont des armes. Le problème, c'est l'intention criminelle. Il y a un super travail qui a été fait par Camille Garbi qui est une une artiste dont je te parle souvent, Sandrine, qui a qui s'appelle Faire Face et qui justement montre les armes qui ont servi à tuer des femmes dans le casadre de féminicide, des vraies histoires documentées et vous verrez que les armes, elles sont d'une banalité déconcertante.
On a tué des femmes avec des coussins, avec des sachets en plastique, avec des fer à passer, avec des marteaux et toutes sortes de choses que vous avez chez vous. J'ai même un scoop pour vous. on peut la tuer à main nue.
Donc vous pouvez rajouter au lieu de lu faire à repasser de la cocotte minute un médicament ou une drogue. Le problème c'est ce qui c'est ceux qui l'utilisent et la les détournent pour commettre l'effet criminel délectuel. Donc nous nous trompons pas de combat, on est là pour lutter contre les violences quelle que soit leur expression.
Merci beaucoup. Ben quelques mots en Merci. Je pense que c'était vraiment précieux d'avoir vos vos expertises sur le sujet et d'avoir ces ces échanges aussi.
Puis j'essaie du coup aussi de répondre un tout petit peu enfin dans ma conclusion de déborder les les questions évoquées aussi mais ce sur quoi tu viens de de terminer sur le fait que d'ailleurs souvent moi je je j'aime bien me battre quand on parle des fémicides, on entend parfois morte sous les cou de son conjoint ce qui donne un peu l'impression que bah il était plus bon ils se sont ils sont engueulés ils se sont frappés puis il était plus fort qu'elle et voilà en fait quand on voit la diversité des armes par lesquelles se produit la violence et notamment la violence masculine on voit bien que le sujet c'est celui de la domination, c'est pas celui euh c'est pas tant celui du mode opératoire, c'est pas c'est pas une force physique, c'est pas des outils. L'outil principal, c'est celui de la domination. Et cet outil là, il est niché dans toutes les sphères de la société.
Et c'est ce qui a été dit là, c'est que évidemment la la soumission chimique, je pense que j'espère que cette conférence nous a servi à la fois à lever des idées reçues sur ce phénomène là qu'on doit bien connaître pour mieux le combattre, mais aussi à à nous éclairer la nature des violences à travers ce phénomène là. Et donc euh j'espère que ça aura abouti à ça aussi, à se dire bah voilà, il y a cette dimension de la domination, euh il y a cette dimension du coup de la vulnérabilité. Donc on a des mécanismes de domination dans la société.
L'un de ces mécanismes de domination, c'est la domination masculine. Et l'immense majorité des auteurs de ces de ces violences, notamment de ces violences sexuelles, sont des hommes. Mais derrière, c'est toute la société qui est malade de cette domination masculine.
Mais cette domination, elle croise d'autres types de domination. Et ça a été souligné. Quelqu'un évoqué les déserts médicaux.
J'aurais envie de te compléter Cavarette, je suis à 100 % d'accord avec toi évidemment. Et tu dis, ben une femme de rein, c'est une femme, je vais je vais ajouter quelque chose. Une femme migrante sans papier, euh la probabilité qu'elle aille voir la police.
Voilà. Euh une femme handicapée, il y a la probabilité qu'elle soit crue. Une femme margin marginalisée d'une façon ou d'une autre par la société.
Donc je dis une femme, mais d'ailleurs ça peut être une personne transgenre, une personne en situation de prostitution qui sait que elle est plutôt marginalisée et criminalisée que perçue comme en fait une personne victime alors qu'en fait elle peut se retrouver doublement victime des phénomènes de domination masculine. Je pense aux personnes évidemment consommatrices de drogues qui sont extrêmement et on le voit régulièrement en fait hein dans les discours publics qui sont extrêmement stigmatisés, marginalisé et qui sont jamais perçus comme des personnes étant victimes alors que ce sont des personnes qui non seulement peuvent subir leur addiction comme quelque chose dont elles dépendent et qu'elles n'ont pas choisi, mais qui évidemment sont les sont parfois ont une addiction qui est le signe de violence subi dans le passé et qui sont aussi les plus susceptibles évidemment par leur vulnérabilité propre et part la façon dont la société les rejette et les marginalise, c'est les plus susceptibles aussi de de de subir des violences. Donc c'est cette réflexion sur la domination et la vulnérabilité que je crois on doit avoir et du coup j'amène à ça parce que c'est mon rôle d'insoumise à appeler à une révolution parce que je pense qu'on a on a besoin à plusieurs niveaux de cette révolution des des mentalités.
Je pense qu'une des bonnes façons de faire et je le dis tout le temps comme ça c'est de partir des plus vulnérables. Les enfants ont été soulignés. partir des plus vulnérables et de celles et ceux qui cherchent à les protéger qui sont les lanceurs d'alerte.
C'est ce qu'on disait aussi tout à l'heure dans la dans la conférence sur les violences en milieu scolaires. Voilà, il y a il y a des personnes très vulnérables. Il y a des il faut qu'on soit toutes et tous qu'on se s'empare du statut toutes et tous de lanceur et lanceuse d'alerte et qu'en réalité on est une société lanceuse d'alerte plutôt qu'une société qui met sous le boissau, qui silencie et cetera et qu'on qu'on développe des dispositifs.
Je sais qu'on a on a déjà discuté avec madame la question des mercrices, mais à un moment d'avoir le réflexe de se dire que quelqu'un qui m'aime en pleine détresse m est en train de dire "Mais moi, je suis en train là de protéger, mon ami, elle veut pas parler mais moi je vous dis que ce bar il est dangereux, mon enfant il peut pas dire les choses comme ça, mais moi je vous dis que je sens qu'il y a quelque chose qui va pas." Il faut qu'on ait cette capacité de dire "Attendez, quelqu'un qui dit ça, c'est pas quelqu'un qui veut déranger, qui veut emmerder le monde." C'est quelqu'un qui a un doute et qui a un doute sur un truc qui est hyper répandu partout dans la société, à tous les niveaux de la société, à savoir les violences.
Donc quelqu'un qui a un douce sur une violence qu'il pourrait avoir subi ou qu'un proche pourrait avoir subi, la première des des consignes, c'est de l'écouter. Et après au niveau la première des consignes collectives qu'on peut se donner comme individu et comme société pour faire société ensemble. Et c'est ça peut-être la meilleure les meilleurs outils de réduction des risques.
J'ai envie de dire mieux que le couvercle des amis quoi, mieux que le couvercle des gens formés autour de vous qui sont bienveillants et qui voient quand vous êtes en train de vous sentir pas bien et qui du coup en fait vous isole vous pas vous isole mais vous entoure au moment où quelqu'un visiblement a cherché à vous isoler parce que quelqu'un qui met quelque chose dans votre verre c'est quelqu'un qui va essayer après de vous avoir tout seul dans un état dans un état limite à la sortie. Donc si vous avez eu autour de vous en fait la meilleure des protections, c'est quand bien même vous aurez ingéré la substance, peut-être que vous aurez les conséquences de la substance mais vous aurez eu autour de vous quelqu'un qui vous dira "Attends, tu es pas dans un état de Noël, attends je te raccompagne, attends, on va voilà" et et pas qui dit "Bon bah salut, ciao ciao" et puis en fait il y a l'agresseur qui est là tapis dans un coin. Donc c'est cette vigilance collective mais en fait on peut la collectiviser, on peut faire une révolution politique, c'est de se dire c'est quoi notre ambition dans notre société ?
à partir des plus vulnérables et dire comment on entoure tout le temps partout et comment on met les budgets là-dedans. Et du coup les budgets, ils sont à tous les niveaux. La justice a été mentionné, les classements s'ensuite ils ont deux types de raisons et c'est les deux révolutions qu'on a amené.
Ils ont une raison qui est une raison idéologique, c'est que quand tant que vous avez des professionnels de la police, de la justice qui continuent à être dans tous les préjugés qu'on vient de de dire, et bien ils vont dire il y a pas de preuve possible, donc ils vont pas aller les chercher. Ils vont euh ils vont culpabiliser la victime. Donc elle vont pas elle va pas soit elle va pas aller porter plainte, soit elle aller porter plainte et puis finalement elle sait plus trop, elle contredit ses versions et cetera.
Et en réalité, vous allez vous retrouver avec des classements sans suite qui sont profondément idéologiques. Mais vous avez des classements sans qui sont idéologiques d'une autre façon aussi, c'est par les budgets. Parce qu' évidemment que si vous dites à un procureur, "Attendez, la priorité là, ça va être la lutte contre le consommateur de drogue que vous avez là." Je je veux un maximum de manifestants anti Palestine, enfin anti génocide en Palestine là, arrêtez vite.
Bah voilà, c'est vous donner vous donnez des consignes à la police, vous dites les moyens, il y en a pas beaucoup et puis je vais les mettre là-dedans et je vais pas les mettre dans la lutte contre les violences patriarcales évidemment, je vais pas mettre les moyens pour le pour aussi éradiquer les violences patriarcales au sein des institutions judiciaires, médicales, euh policières parce queon sait qu'elles y sont aussi. Donc politique évidemment. Donc voilà, c'est les c'est c'est les moyens que vous mettez et quand plus vous baissez les moyens, plus aussi vous donnez des orientations et vous poussez à ça.
Mais mais c'est aussi une révolution de dire tout va pas se régler par la justice parce que vous pouvez avoir une victime qui qui va même réussir à porter plainte et qui va obtenir une condamnation, bah elle aura eu un parcours extrêmement difficile de de et et ça veut pas dire qu'elle est réparée. Donc c'est quoi les moyens que vous avez mis à côté pour que son psy soit remboursé ? En fait, c'est quoi les moyens que vous avez mis à côté pour que elle perde pas son boulot ? parce qu'en fait, elle va vivre des psychotramas qui vont faire que dans son que le monde de l'entreprise aujourd'hui va faire qu'elle va perdre son boulot en fait hein.
C'est quoi les moyens que vous mettez pour qu'elle perde pas la garde de ses enfants ? Parce qu'elle en fait elle elle est et bah ouais, elle est fait face à des violences et cetera. Bah ouais enf c'est quoi en fait ?
Donc donc c'est pas que la question de la justice, c'est comment on entoure les personnes qui ont été victimes et évidemment c'est pas satisfaisant de de ne parler que de ça et donc évidemment que la question de la prévention elle est majeure et évidemment que la loi sur les vares qui existe depuis 2001 et qui est pas appliquée depuis 2001 parce que personne ici dans cette salle n'a eu trois séances d'éducation à la vie sexuelle affective et relationnelle à chaque année de sa scolarité. Me faites pas croire ça. Voilà, personne ne l'a eu.
Il y a il paraît qu'il y a 15 à 20 % des personnes qui l'ont et je pense que même ça ça paraît déjà énorme. et parce que il y a jamais eu les budgets en face et qu'il y a eu des années et des années pour avoir un programme et que le programme il vient sortir de sortir là et que le programme il a fait face à des attaque d'ampleur de gens qui se disent parents vigilants et qui sont des parents qui mettent en danger les enfants ou qui veulent eux-mêmes se protéger parce qu'ils souhaitent pas qu'on puisse voir les violences qui peuvent être opérées dans leur propre famille et qui voilà sont bien inquiets qu'on aille regarder ce qui se passe dans leur dans leur foyer. Donc c'est il faut ces moyens et et vous voyez là les Vars ça ça c'est aussi l'articulation des deux.
Sans moyens ça n'a aucun sens. Donc vous faites des vœux pieux, vous racontez oui oui on a mis en place les Vars. Donc moi évidemment je vais interpeller Borne à la rentrée pour lui dire et donc du coup les profs ils sont formés où ?
Comment comment c'est quoi les lignes budgétaires ? C'est quoi la DHG que vous avez mis dans chaque établissement pour que ça ait lieu parce que pour l'instant il y a pas de profs et en plus ils sont pas formés donc c'est super. Et euh donc il y a cette question des moyens et il y a cette question de cette détermination et j'aimerais terminer là-dessus surtout parce que j'enchaîne après une avec une conférence sur la culture face à l'extrêmeation, c'est que on a des tenants de l'ordre de la des dominations et des violences.
Enfin, je veux dire, elles sont pas euh c'est pas juste un fait systémique. C'est un fait systémique et puis qui a ses ses défenseurs en fait. Il y a des gens qui prennent en fait une culture de la violence, une culture de la domination des des hommes sur les femmes, euh des personnes blanches sur les personnes euh euh racisées, euh des adultes sur les enfants.
Il y a des gens qui théorisent cette domination-là, euh qui sont embêtés qu'on qu'elle que qu'elle soit contestée cette domination-là et euh ils sont en embuscade. C'est évidemment tous ces réseaux d'extraord et donc quand on fait les vars, il faut non seulement les programmes, non seulement les budgets, mais il faut une détermination sans faille. Il faut pas mettre des évidemment des anti-choix au sein du gouvernement.
Excuse-moi de te le dire, Sandrine. Voilà, faut aussi voilà bon, c'est-à-dire qu'il faut qu'on ait des anticorps. Il faut qu'on ait des anticorps face à toutes celles et ceux qui vont prener euh de qui vont défendre cet ordre construit fait de domination.
Et nous faut dire bah toujours en tout lieu, tout le temps, on sera du côté des plus vulnérables et on mettra tous les moyens d'abord en premier lieu pour les plus vulnérables parce qu'on a une conviction quand on commence par s'occuper d'eux avec eux en les entendant en entendant leur mobilisation. Quelqu'un parlait des associations qui étaient d'ailleurs à cette je crois à cette même table hier voilà les associations féministes en étant avec celles et ceux qui se battent et avec celles et ceux qui sont les plus vulnérables, on a toutes les chances de faire les politiques qui sont les meilleures pour tout le monde et pour l'intérêt général. Oh.
Sandrine Josso